Et si tout était différent

Chapitre 88

Surprise !

15 juillet, chambre de James.

La main posée sur la poignée, James poussa la porte de sa chambre avoir vérifié une ultime fois que Harry était dans sa chambre. À peine eut-il passé le pas de porte qu'il se sentit faussement agressé par son meilleur ami.

-On avait dit 23h ! T'es en retard Jamie !

-Siri ! Tu n'es pas à quinze minutes près, grommela James en levant les yeux au ciel.

-Moi pas, mais Remus veut retrouver sa dulcinée, répliqua ledit Siri, amusé.

-Je ne m'abaisserais pas à répondre à ça, marmonna le loup-garou.

-Tu l'as un peu fait quand même, rétorqua Sirius.

James les écouta, amusé. Il observa les squatteurs tout en prenant place sur son propre lit. Sirius avait repris son côté habituel du lit. Appuyé contre la tête de lit, il avait caché ses jambes sous l'épais duvet. À l'opposé se trouvait Glorfi aux côté de Remus, assis en tailleur. James souleva Neve Nere qui avait osé prendre sa place et s'assit de son côté du lit. Il garda le félin contre lui tandis qu'il s'installait confortablement, tirant à son tour un peu de la couverture qu'avait volé Sirius.

-Bien maintenant que nous sommes tous là, commença Sirius en jetant un regard pesant à James, la séance des Maraudeurs peut commencer car l'heure est grave, nous n'avons que quinze jours…

-Seize, rectifia automatiquement James.

-Quinze ou seize jours, quelle différence ! Ne m'interromps pas ! Bref nous avons peu de temps pour préparer un anniversaire mémorable à Harry. Quand ? Où ? Comment ?

-Quand ? Le 31 juillet ! Où ? Ici ! se moqua le maître des lieux.

-Il faut faire quelque chose digne des Maraudeurs ! Pas juste une petite fête qu'avec nous mais un truc incroyable.

-Que proposes-tu, Sirius ? Tu as quelque chose en tête, non ? demanda Remus.

-Je pensais que James pourrait nous amener quelque part. Hors de l'Angleterre, précisa-t-il.

-Harry va se douter de quelque chose comme ça, rétorqua James. Il doit se douter que quelque chose aura lieu pour son anniversaire et qu'on sera dans le coup, ainsi que Kingsley et Tonks. Il faut le surprendre. Faire quelque chose de vraiment « Maraudeur ». Une vraie fête digne de nos capacités de Maraudeurs.

-Jamie, tu as une idée derrière la tête. Je reconnais cette petite lueur dans ton regard.

-Il se pourrait. Et mon idée reste très « Potter ». Un anniversaire, c'est toujours fêté ici. Des décorations animées, un gâteau avec seize bougies, de la musique mais surtout des invités.

-Des invités ? coupa Remus. Mais on ne peut pas organiser une fête avec d'autres personnes que nous-mêmes, voire Ron et Hermione. Sauf si tu…

-Jamie, je sais que tu ferais n'importe quoi pour Harry mais ne crois-tu pas que te révéler au monde magique est un peu risqué ?

-Pas au monde magique dans son ensemble mais il y a bien des gens autre que nous qui pourront tenir leur langue, non ?

Une simple grimace de Sirius lui répondit.

-Il faut être très prudent dans notre choix, commenta Remus. Mais dans ce débat, nous n'avons pas notre mot à dire. C'est à toi de voir si tu veux te montrer à certaines personnes.

-Pas son mot à dire ? coupa Sirius. Je ne suis pas d'accord. Certaines personnes peuvent sembler dignes de confiance mais qui sait si elles n'iront pas le répéter à « je ne sais qui ».

-Sirius, je ne ferais pas l'erreur de donner ma confiance à n'importe qui cette fois. Je te le promets.

-D'accord. Pour Harry, marmonna-t-il, abandonnant devant la détermination explicite de James.

-Tu lui as enlevé toute sa motivation, se moqua Remus. Quel dommage, il en avait tellement.

-Et à qui comptes-tu te révéler ? l'interrompit Sirius après avoir tiré puérilement à Remus.

-Euh… Ça, c'est une bonne question…

31 juillet, fête d'anniversaire de Harry.

James observa son fils. Ses émeraudes reflétaient une réelle surprise à la grande joie des Maraudeurs qui avaient réussi leur coup. Il ressentit la même fierté qu'autrefois, lors des réussites des Maraudeurs à Poudlard. Il resta légèrement en retrait de son fils à qui la vedette appartenait pour cette soirée. Pourtant, il pouvait quand même sentir des regards curieux sur lui. Pour la plupart des personnes, il restait un mort dont le retour à la vie était difficile à accepter et à concevoir. Enfant, il aurait adoré sentir tous ces regards se braquer sur lui mais aujourd'hui, il avait changé. C'est avec soulagement qu'il laissait la place centrale à son fils, pour ce qu'il est et non pour ce qu'il avait accompli. Avant même que Harry ait eu le temps de réaliser la présence de toutes ces personnes proches de lui, son parrain s'approcha d'eux.

-Alors croyais-tu vraiment pouvoir deviner le plan des Maraudeurs ? se moqua-t-il en faisant une accolade à son filleul.

-J'ai tout imaginé, avoua Harry, sauf ça.

-On est doué, se vanta Sirius. James est doué, rectifia-t-il devant le regard noir de son meilleur ami. Joyeux anniversaire, Harry.

Il abandonna Harry qui se retrouva emprisonné dans les bras d'une furie brune. Sirius avança vers son meilleur ami qui observait son fils. Appuyé sur l'embrassure de la porte, ils échangèrent un regard complice.

-Ça a été ? demanda Sirius tout en gardant son regard posé sur les retrouvailles du trio.

-Ça va, avoua James. Une petite fête nous fera du bien. C'était vraiment étrange de se retrouver là-bas, de voir ma propre tombe. Ou celle de Lily, murmura-t-il. Tout s'est bien passé pour vous ? demanda-t-il, préférant changer de sujet.

-Tranquille. Comme prévu je me suis occupé de la déco' avec Rem', Tonks, Ron et Hermione. Ils ont aidé Glorfi et je ne suis pas entré dans la cuisine, précisa-t-il faisant apparaître un sourire amusé sur le visage de James.

-Mon chéri, comment vas-tu ?

La voix de Mrs Weasley coupa leur conversation. D'un même mouvement, le père et le parrain se tournèrent et fixèrent d'un œil noir cette femme qui osait parler à leur Harry de manière si maternelle. James dut reconnaître que la description faite par Sirius n'était pas exagérée. Cette femme surprotégeait trop son fils alors que c'était son rôle de parent. Elle prenait en quelque sorte sa place à lui. Il savait au fond de lui que la générosité et l'amour qu'elle avait donné à son fils le dérangeait car lui rappelait son absence. Elle avait donné l'amour d'un parent que lui n'avait pu donner à son propre fils. La gratitude qu'il devait ressentir était dérangée par la culpabilité qui l'assaillait. Il sentit une main se poser sur son épaule et le ramena à la réalité. Il se tourna vers Remus qui regardait ses deux amis, un air moqueur peint sur le visage.

-Je sais que vous n'aimez pas les manières de mère poule de Molly mais jouez-la discétos, conseilla-t-il. Et je vous rappelle que ces démonstrations excessives prouvent la valeur de la confiance qu'on peut lui donner. Elle fait partie de l'Ordre pour Harry et a promis…

-De ne pas divulguer mon identité à quiconque, on sait.

Un sourire amusé resta collé sur les lèvres de Remus tandis que le couple Weasley venait saluer James. Ce dernier se devait de reconnaître tout ce qu'il avait pour son fils et leur en était grandement reconnaissant même si aujourd'hui il ne voulait plus partager son rôle de parent, excepté peut-être avec Sirius qui en plus d'être son meilleur ami, son frère, était le parrain de Harry.

17 juillet, 12 Square Grimmaurd

Tout avait été organisé. Les détails insignifiants avaient été préparés avec minuties. Aucun n'incident n'était possible. Ron devait faire monter ses parents dans la seule pièce où aucune information ne pouvait être filtrée : la chambre de Sirius. La confiance des parents Weasley fut un sujet souvent abordé par Sirius, Remus et Ron. Les deux premiers voulaient être sûrs qu'il n'existait aucun risque que cette confiance soit rompue. Les maraudeurs avaient jugés le couple Weasley digne de confiance car leur entrée au sein de l'Ordre s'était faite dans le but premier de pouvoir protéger leurs enfants et Harry. Mais maintenant, il allait falloir tout leur expliquer. Pour ce faire, quoi de mieux que de leur apporter la preuve elle-même ? Sirius détestait cette maison mais surtout il détestait l'idée de révéler l'existence de James, ici plus qu'ailleurs. Révéler l'existence de James à des gens dignes de confiance selon les avis de Remus et de James ne lui plaisait pas. Personne n'était digne de confiance quand il s'agissait de confiance et de Maraudeurs. La trahison de Peter, choisi par lui-même, l'avait trop tourmenté pour qu'il puisse redonner un jour sa confiance aussi facilement. Il n'avait pas la foi que James avait en la vie, pas pour ce genre de choses. De plus, faire venir James ici dans la maison des Black était une provocation, une tentation à la trahison. Mais il avait promis de feindre d'être du même avis que les deux autres Maraudeurs et par conséquent de trouver l'idée grandiose. Il tentait de se convaincre qu'il faisait ça pour Harry et que son meilleur ami était sûr de son coup. Ce fut dans cet état d'esprit tourmenté qu'il retrouva Remus, Ron et Hermione dans les couloirs.

-Je vais attendre Jamie dans ma chambre. Montez et toquez cinq fois à la porte.

-On sait, Sirius. J'étais avec toi et Ja…

-Chut, les murs ont des oreilles dans cette maison de merde.

-N'en rajoute pas, Sirius. On a pris toutes les précautions, je te le rappelle. Il a pris toutes les précautions. Monte.

Alors qu'il montait les marches, il entendit vaguement la voix de Ron dans la cuisine.

-Papa, maman, on aurait quelque chose à vous dire.

N'écoutant pas la réponse, Sirius continua à monter en direction de sa chambre tout en maugréant des paroles incompréhensibles contre l'idée « brillante » de James. Il pénétra dans sa vieille chambre. Il ne fut pas surpris d'y retrouver son meilleur ami assis sur son bureau tout en fixant la rue où trois moldus jouaient avec un ballon.

-Ils arrivent, dit-il après avoir fermé la porte. Tu es sûr de toi ?

-Sirius, ils ne me trahiront pas. On était d'accord pour dire que les Weasley se battaient pour être aux côtés de leur fils et de Harry, n'est-ce pas ?

-Je sais. Mais…

-Ce n'est pas parce que Peter nous a trahis que toutes les personnes sont susceptibles de le faire. Je n'ai pas écouté mon instinct il y a vingt ans. Aujourd'hui, c'est différent.

-Si tu le dis, marmonna Sirius en prenant place sur l'autre partie du bureau. Il tira la chaise et appuya un pied dessus tandis que James prenait la même position que lui et le même appui sur la chaise.

-Les choses ont changé depuis, Sirius. Si les choses se passent mal, c'est à cause de la prophétie et tant qu'il ne vous arrive rien à Harry, toi et Remus, je m'en fou. Voldemort et Dumby peuvent apprendre mon existence, tant pis.

Cinq coups à la porte les interrompirent. Sirius répondit un vague « entrez ». La porte s'ouvrit pour laisser passer Ron et Hermione qui saluèrent rapidement James, ce dernier échangeant un dernier regard entendu avec Sirius avant de se retrouver devant Molly et Arthur Weasley, qui le voyait pour la première fois.

-Ron, j'ai commencé le soupé, pourquoi ne pas me dire ce que tu as à dire dans la cuisine ?

Ils passèrent tous le pas de porte. Remus, qui fermait le petit groupe, se retrouva à devoir s'arrêter net devant le brusque arrêt d'Arthur et Molly. Il ferma rapidement la porte avant que le moindre mot ne soit dit et entendu par un quelconque portrait de la famille Black. Il vit le discret geste de la main de James qui insonorisa la pièce.

-Harry ?

La question un peu idiote de Mr Weasley fit sourire James.

-Le pauvre Ry, il fait vingt ans de plus, rigola Sirius malgré tout.

-Ou alors je fais vingt ans de moins, répliqua James amusé.

-Qui êtes-vous ?

La question d'Arthur les ramena à la réalité.

-Je vous conseille de vous asseoir, commença Sirius en montrant son lit d'un signe de tête. Je n'ai pas utilisé le lit depuis longtemps, vous pouvez vous y installer sans crainte, ajouta-t-il en souriant, surprenant d'autant plus le couple Weasley qui fixait James sans comprendre.

-Non, c'est sur mon lit que tu baves.

-Que sur mon coussin, rétorqua Sirius.

-Insortables, marmonna Remus qui était appuyé contre la porte.

-Cesse de marmonner dans ton coin mon petit loup. Je suis celui qui aurait le droit de râler aujoud'hui, ajouta-t-il tout bas.

-Siri, arrête de râler et fais-moi confiance, le réprimanda faussement James.

-Que se passe-t-il ? demanda Mr Weasley en fixant James sans comprendre.

-Maman, papa, ce qu'on va vous raconter ne devra jamais sortir de cette chambre. Vous n'en parlerez même pas entre vous, ou du moins devant personne.

-Si quelqu'un vous entend dire quoi que ce soit à propos de James, je vous promets que je vous… commença Sirius.

-Gentil le chien, se moqua James. Avant de me présenter, êtes-vous prêt à mentir par omission à Dumbledore, Maugrey et toute autre personne et être exclusivement du côté « Potter » ?

-Bien sûr. Mais Dumbledore…

-Est un menteur maman, l'interrompit Ron.

James reprit ensuit la parole et expliqua tout ce qu'ils avaient à savoir. À la fin de son récit amélioré et abrégé, il les invita à l'anniversaire surprise de Harry où seront toutes les personnes au courant de la vérité. Rassuré de leurs promesses, James put souffler un peu avant de se présenter aux prochaines personnes.

-E di due (et de deux !), soufflèrent James et Sirius.

31 juillet, Manoir Potter, terrasse.

Dans un mouvement de groupe, invités et hôtes sortirent sur la terrasse où boissons et amuse-gueules préparés par l'elfe de maison les attendaient. Des ballons au couleur multiples s'agrippaient le long de la paroi tandis que les serpentins se faufilaient autour des colonnes doriques. Le majestueux jardin magnifié au fil des siècles par les générations de Potter impressionnait quiconque le découvrait pour la première fois. Arrivés à l'extérieur, les parents Weasley laissèrent Luna et Neville venir saluer leur ami.

-Bonjour Harry. Tu as changé, commença Luna.

-Elle me fera toujours rire, cette fille, murmura James aux deux autres maraudeurs tout en observant son fils.

-Euh merci Luna, tenta Harry, ignorant si la remarque de sa condisciple était un compliment ou une critique.

Tandis que Harry échangeait quelques mots avec ses condisciples, Glorfi en profita pour mettre dans toutes les mains une flûte de champagne. Harry ne réalisa pas qu'un verre lui était posé entre les doigts. Il ne prit conscience de ce fait que quand la voix de son parrain le coupa.

-À Harry ! déclara Sirius en levant son verre.

-À Harry, fit l'écho dans un même mouvement.

Harry échangea un regard reconnaissant avec les maraudeurs tandis qu'il buvait le liquide mousseux. Il se retourna vers ses amis tout en se promettant de remercier plus calmement son père qui avait accepté de se révéler à tous ses amis et son parrain.

25 juillet, village au nord-est de l'Angleterre

Les Maraudeurs, accompagnés de Ron et Hermione, s'installèrent sur une petite terrasse moldue. Habillés à la mode moldue, personne n'aurait pu deviner que cinq sorciers se trouvaient là. Neville et Luna, à qui Ron et Hermione avaient donné rendez-vous, arrivèrent peu après. Vêtu comme un parfait moldu, Neville passait inaperçu dans ce village où les touristes se promenaient. Mais au contraire de la banalité du jeune Gryffondor, Luna avait gardé son excentricité et portait une robe rouge et orange parsemé de fleurs mouvantes bleues. James et Sirius échangèrent un regard peu rassuré par ce manque de camouflage.

-Bonjour, Hermione. Bonjour, Ron. Bonjour, professeur Lupin. Bonjour, inconnu qui ressemble à Harry en plus âgé. Bonjour, Mr Black, déballa Luna à toute vitesse, ne laissant la possibilité à personne de répondre.

Ils s'installèrent tandis que Neville offrait un vague salut général, gêné de se retrouver devant son ancien professeur, un soi-disant criminel et un inconnu, étrangement familier.

-Alors qu'avez-vous à nous dire de si secret qui ne pouvait attendre la rentrée ? demanda-t-il, curieux.

-Ce n'est pas nous qui allons vous raconter la raison de votre présence, expliqua Hermione. On leur a juste dit que vous étiez digne de confiance envers Harry et que vous, surtout toi, Luna, n'aviez pas confiance en Dumbledore.

-Il paraîtrait que tu serais d'ailleurs convaincu que Dumbledore aurait attaqué Harry si l'inconnu n'était pas intervenu pendant les évènements du ministère ? questionna James à la jeune femme.

-Oui et je le pense encore. Son regard était rempli d'une méchanceté que je n'avais jamais remarquée. Mais vous, vous ressemblez à l'inconnu.

-Merci, marmonna James, ignorant comment réagir après avoir été démasqué si rapidement.

-Tu as dit que tu avais vu de la méchanceté dans son regard que tu n'avais jamais remarqué, reformula Remus en appuyant sur le dernier mot, tu penses que cette lueur machiavélique est toujours présente dans son regard ?

-Oui, professeur Lupin. On peut voir dans le regard de chacun si on est bon ou méchant. Chez Mr Black, je ne vois pas de lueur machiavélique et pourtant il est accusé d'avoir tué treize personnes. Vous êtes l'inconnu ? demanda-t-elle brusquement, laissant pantois les Maraudeurs qui n'était guère habitué à tant de sincérité.

-Elle est surprenante, on sait, se moqua Ron devant leur air béat.

-Je suis l'inconnu, confirma James, confiant sur la valeur de la parole des deux adolescents. Mais avant de vous expliquer quoi que ce soit, êtes-vous prêt à garder cela secret et de suivre les consignes que l'on vous donnera ?

-Oui Mr l'inconnu.

-Bien sûr, promit Neville.

Les maraudeurs, et plus particulièrement James, purent alors recommencer leur récit, évitant de se faire entendre par les moldus ou un sorcier qui se serait trouvé par là. Convaincu de la vérité qui venait de leur être expliquée, les deux étudiants promirent de garder tout cela secret et de venir à l'anniversaire de Harry.

31 juillet, manoir Potter.

Lorsque Harry vit Ginny s'approcher de lui, sa dernière conversation avec Hermione sur les sentiments que Ginny aurait à son égard lui revint en mémoire ainsi que les doutes qui l'accompagnait à l'idée de revoir son amie. Il tenta de masquer son trouble. Elle s'approcha de lui et, en lui faisant la bise, lui murmura :

-Je suis au courant pour Judith. Tu es plus qu'un frère pour moi, Harry mais c'est aussi ce que tu représentes qui me plaît. Sois heureux. Je dois accepter que le rêve de petite fille ne se réalisera pas.

-Ginny, commença Harry alors qu'elle s'écarta de lui.

-Je ne suis pas triste. Je voulais juste depuis toute petite sortir avec le célèbre Harry Potter et je suis trop restée centrée sur cette idée là au lieu de voir que tu es comme un frère pour moi.

-Merci Ginny, murmura-t-il en sentant un poids disparaître en lui.

18 juillet, 12 Square Grimmaurd

-Qu'avez-vous à me dire qui doit être dit dans la chambre…

-Chut, coupa Hermione. Ginny, c'est important mais il ne faut pas en parler dans les couloirs, les tableaux ou quelqu'un pourraient nous entendre.

Ron et Hermione guidèrent Ginny vers la chambre de Sirius où, comme pour le jour précédent, les trois maraudeurs s'y trouvaient déjà. Depuis le matin-même, quand Hermione était venu lui annoncer à son entrée de la salle de bain, afin d'être sûr de n'être entendu par personne, qu'elle et Ron avaient quelque chose d'important à lui expliquer concernant Harry, elle sentait sa curiosité monter. Dès son enfance, elle voulait rencontrer le célèbre Harry Potter, puis elle avait voulu qu'il la remarque. Maintenant, elle avait oublié ce qu'elle pensait réellement de lui et vivait dans ses rêves de petite fille. Curieuse, elle suivit son frère et la meilleure amie de ce dernier dans la chambre du parrain de Harry. Elle se doutait que Sirius devait être dans le coup de cette histoire secrète concernant Harry. D'ailleurs, depuis le début de l'été, Harry et Ron n'avaient que très peu échangés de lettres malgré tout ce qu'ils vivaient en ces temps difficiles. Ginny espérait enfin comprendre le comportement étrange de son frère. Dans la chambre de Sirius, les maraudeurs les attendaient. Assis au bureau, Remus discutait avec Sirius et James, affalés sur le lit. Aux cinq coups contre la porte, James ouvrit la porte et les trois étudiants s'y engouffrèrent rapidement.

-Je fais toujours cet effet, avoua James en souriant devant l'incompréhension qui se lisait sur le visage de la jeune femme.

La porte se ferma automatiquement et la pièce fut insonorisée. Ginny se tourna vers son frère, un regard noir sur le visage.

-Toi. Explique ! grogna-t-elle en le pointant du doigt.

-Calme-toi Ginny ! On leur avait promis de n'en parler à personne.

-Ce n'est pas leur faute, Ginny, tenta de l'apaiser Remus.

-Vous allez tous m'expliquer ce qui se passe avec Harry. Je ne suis pas idiote. Vous étiez bien plus inquiet l'année dernière quand Harry était chez les Dursley que chez cet auror en qui aucun membre de l'Ordre n'a confiance, à part vous deux peut-être, ajouta-t-elle en désignant Sirius et Remus.

-Kingsley et Tonks aiment bien Tellerino, coupa James, amusé.

-Et lui, qui c'est ? reprit Ginny en ignorant le maraudeur. Harry ? demanda-t-elle brusquement comme si elle venait de comprendre quelque chose.

-Est-ce que j'ai l'air d'avoir seize ans ? rétorqua James.

-Bien sûr que non ! Mais… Harry vieillit ! Je ne sais pas… Un Harry du futur ! Un Harry qui aurait raté une potion et aurait vieilli. J'ignore quoi mais tu… vous ressemblez trop à Harry.

-Sauf les yeux. J'ai les yeux marrons, précisa-t-il, amusé. James Potter, se présenta-t-il en quittant le matelas et en tendant une main que Ginny, trop estomaquée, regarda sans la serrer.

-Ce n'est pas possible…

-Si c'est possible, mais il faut que tu promettes de ne rien dire de ce que tu vas entendre entre ces murs. Surtout pas à Dumbledore.

-C'est vraiment important, Ginny, mais on a besoin que tu fasses cette promesse, rajouta Hermione.

-Oui, je promets, murmura la jeune fille de plus en plus perdue.

Amusé, James recommença son discours en tentant de masquer une certaine monotonie dans le ton de sa voix. C'est ainsi que Ginny se retrouva dans le secret. Elle écouta avec attention et eut enfin l'impression de comprendre ce qui lui avait échappé ces dernières semaines. De plus, elle avait la preuve qu'elle pouvait être rassurée pour Harry. Elle avait l'impression de retrouver cette intimité qu'elle s'était toujours imaginée vivre avec Harry. Elle retrouvait la proximité de celui qu'elle croyait être plus qu'un frère. Mais après la révélation de James, Hermione ne put s'empêcher de raconter lors de leur soirée entre filles que Harry avait rencontré une fille et que pour lui, elle n'était qu'une amie, une petite sœur. La révélation d'Hermione avait conduit à une réflexion et à la compréhension de ce que représentait réellement Harry pour elle.

31 juillet, Manoir Potter.

Ginny se détacha de Harry. En reculant, elle échangea un regard entendu avec Hermione. Toutes deux virent arriver la prochaine personne sans que Harry, en pleine conversation avec ses condisciples, ne vit s'approcher.

-Salut Harry, le salua Tonks. Joyeux anniversaire.

-Merci, remercia-t-il sans remarquer la personne derrière elle.

Il ne fit pas attention au sourire légèrement retenu de la jeune aurore qui attendait avec impatience de voir la surprise sur le visage du jeune homme à la vue de la personne qu'elle avait à lui présenter. Elle remarqua l'observation des maraudeurs qui guettait la réaction de leur petit protégé. Elle se décala sur le côté, offrant le passage à la jeune femme derrière elle.

-Bonjour, Harry.

-Judith ? s'étonna Harry en la fixant sans y croire.

Pourtant, devant lui se tenait bel et bien sa dulcinée. Vêtue d'une belle robe claire, les cheveux retombant en cascade dans son dos, elle lui semblait irréelle, comme sorti d'un rêve.

-Oui, c'est bien moi, avoua-t-elle, avec amusement.

-Qu'est-ce que… ? Comment… ? Pourquoi es-tu là ? bégaya-t-il ne comprenant comment la jeune moldue avait put se retrouver au milieu de cet anniversaire remplie de sorciers auxquels il ne s'attendait pas.

-Ton père et ton parrain m'ont invité à ton anniversaire, expliqua-t-elle simplement.