Bonjour,

Ce chapitre a été le plus compliqué à écrire et je n'en suis pas pleinement satisfaite. Mais bon, il a bien fallu m'y résoudre, je n'arrive pas à faire mieux. L'avarice donc, pour l'ange Sanji. Zoro va-t-il réussir à le faire céder sur ce thème là ? On reparle aussi du rôle des conseillers dans ce chapitre.

Merci Gabakato pour ton soutien et tes encouragements ! Sanji avance lentement mais surement vers sa prochaine nouvelle place. Encore une fois les choses avancent pour eux. Je délaisse un peu Usopp et Luffy mais ils reviendront au prochain chapitre. On revoit aussi les conseillers de Roger dans ce chapitre.
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Bonne lecture.

Chapitre 5

L'avarice

Zoro

J'entre dans la pièce en silence et referme derrière moi. Cook est assis au milieu de son lit et il observe les billets qu'il a étalés devant lui. Sa première paie. C'est moi qui ai demandé à Luffy de nous donner un salaire. C'est moi aussi qui ai insisté pour que l'auréolé soit payé en petites coupures. Faire tomber un ange dans le péché de l'avarice n'est pas chose aisée. Il n'est même pas certain que j'y arrive. C'est la première fois de sa longue vie qu'il est rémunéré pour son travail et qu'il possède quelque chose qui soit à lui. Comment va-t-il y réagir ? Même s'il voulait garder cette somme sans la dépenser, ça ne serait probablement pas être avare. Néanmoins, je veux observer sa réaction face à l'argent. On ne sait jamais.

Je me glisse derrière lui sur le lit et il ne dit rien. Une jambe de chaque côté, je me colle dans son dos et passe mes mains sur son ventre. Il est torse nu, c'est pratique. Moi même, je n'ai pas pris le temps de fermer complètement ma chemise et j'apprécie le contact de sa peau contre la mienne. Je caresse doucement ses abdominaux et pose un baiser dans sa nuque avant de venir humer son odeur derrière son oreille.

« Ça va ?
- C'est à toi que je dois ça, n'est-ce pas ?
- Quoi donc ?
- Un salaire et tous ces billets. Je sais ce que tu essaies de faire et cette fois-ci tu n'y arriveras pas.
- Ah oui ? »

L'une de mes mains remonte jusqu'à son téton que je caresse sans y penser alors que l'autre glisse sur son pantalon, le long de l'intérieur de sa cuisse. J'aime ses jambes musclées. Qu'elles s'opposent à moi ou qu'elles soient sous mes doigts, je les adore. Je dépose plusieurs baisers sur son épaule alors qu'il sort une cigarette avant de l'allumer. Il me laisse faire sans me répondre. C'est frustrant mais c'est déjà ça.

« Je n'ai que faire de cet argent. Je n'en ai pas besoin si ce n'est pour payer les frais de loyer.
- Déduits.
- De bouche ?
- Déduits aussi. Tout comme la blanchisserie.
- Mes cigarettes ?
- Aussi. Luffy prend en charge toutes nos dépenses, les seules qui n'ont pas été couvertes sont les dégâts que nous avons faits dans le palais mais… nos deux salaires ne suffiraient pas… Ceci n'est que de l'argent de poche.
- Je n'en ai pas besoin. Je n'ai envie ni besoin de rien.
- Vraiment ?
- Vraiment… Je n'ai connu jusqu'à présent qu'une vie immatérielle et je ne souhaite pas que ça change. Pour apprécier les biens, il faudrait que j'apprécie cette vie sur terre… Et ça n'est pas le cas.
- Pourtant tu aimes la cuisine.
- Oui, mais je n'en ai pas besoin. Je vais rendre cet argent à Luffy.
- Il sera blessé…
- Le donner à Nami alors.
- Elle sera ravie. »

Nous rions de concert alors que mes mains continuent à errer sur son corps. Il ne s'arrête de rire que quand je glisse ma main dans son boxer. Il laisse sa tête plonger en arrière sur mon épaule en soupirant. Sa main droite tient toujours sa cigarette qui se consume toute seule. J'empoigne son sexe déjà tendu d'une main et son poignet de l'autre. Alors que je commence à le caresser, j'approche sa main de mon visage jusqu'à poser mes lèvres sur le bâton de nicotine pour aspirer une taf. Pouah ! C'est dégueulasse, ce truc. Je lui enlève des mains et l'écrase dans le cendrier de sa table de nuit avant de lécher son oreille.

« J'ai mieux à te mettre dans la bouche…
- Tu n'as aucune classe, tronche de gazon…
- Râle pas, je sens bien que ça t'excite, ma main est placée de telle manière que ça ne peut pas m'échapper…
- Tu es désolant…
- Tu n'aimes pas ? Tu préfères que je te dise carrément que j'ai envie que tu me suces ?
- Non, je préfère que tu fermes ta gueule et que tu continues ce que tu fais si bien : me pervertir.
- Pas question, c'est à ton tour de t'occuper de moi. »

Je retire ma main de son vêtements et me laisse tomber en arrière dans les oreillers, attendant qu'il réagisse. Il lui faut quelques instants pour reprendre sa respiration et gérer la frustration du vide que j'ai laissé sur son sexe. Puis il se tourne vers moi et me lance un regard amusé. Sans me quitter des yeux, il regroupe la liasse de billets et la fait tomber par terre avant de retirer son pantalon et son boxer. Il est nu devant moi et je me mords la lèvre. Il a vraiment intérêt à me faire du bien sinon je vais me servir de son corps, ma patience atteint ses limites. Il s'installe entre mes jambes et détache ma ceinture avant de retirer mon pantalon et mon sous-vêtement. Je ne l'ai pas quitté du regard une seule seconde mais je vois bien que je ne le mets pas mal à l'aise. Ça marche avec une nana qui se prétend sûre d'elle comme Nami mais pas avec mon ange orgueilleux et colérique.

« Pourquoi tu souris, Marimo ?
- Pour rien. Mets toi dans l'autre sens, je vais m'occuper de toi en même temps. »

Il se penche vers mon visage et m'embrasse. J'adore que ça vienne de lui ! Quand il se redresse, j'attrape ses deux joues et plonge mon regard sérieux dans le sien. Il semble surpris et me lance une œillade interrogative.

« Je ne veux plus te voir pleurer.
- Acceptes-tu l'idée que je ne pécherai pas par avarice ?
- Je n'ai pas le choix. Je savais que ça serait difficile de toutes façons…
- J'ai besoin de savoir qu'il reste des tentations auxquelles je ne succombe pas… ça m'aide à accepter les autres… je ne vais pas culpabiliser, promis.
- Alors mets-toi au travail. »

Il sourit avec un petit mouvement de gauche à droite de sa tête, il semble dépité et je ris encore. Il se penche sur moi et embrasse mon torse, caresse mes muscles, lèche mon nombril… je m'impatiente et ça l'amuse. Comme quoi, les anges aussi peuvent être joueurs et tentateurs. Finalement il se retourne, posant ses genoux près de mes épaules et il empoigne délicatement mon sexe dressé alors que le sien frôle mon menton. Je pose mes mains sur ses fesses et il se penche en avant.

« Marimo ?
- Quoi ?
- Tu es vraiment amoureux de moi ?
- Personne n'est parfait…
- Dis le moi.
- Tu déconnes ? Je n'fais pas ça sur demande, ça n'a pas de sens.
- Alors appelle moi par mon prénom… Au moins en privé.
- D'accord… Maintenant, suce-moi, Sanji.
- Abruti. »

Ses lèvres se referment sur mon gland et je laisse échapper un long gémissement de bien être. Il lèche mon sexe, caresse mes bourses, suce, mordille, presse, embrasse… Et je soupire d'aise. Je sens bien qu'il est hésitant, qu'il teste, qu'il explore. Mais le fait que ça soit lui qui me touche comme ça me rend digue. Je bouge inconsciemment mes hanches pour l'encourager et il presse fermement sa main dessus pour m'immobiliser. Son sexe tendu vient caresser ma joue quand il change d'appuis et je me dis qu'il est temps que je lui montre comment faire. L'une de mes mains quitte alors ses fesses pour venir empoigner son membre afin de le guider entre mes lèvres. Je me referme sur lui et je le sens sursauter. D'un geste sûr, j'aspire son sexe jusqu'au fond de ma gorge et il gémit avant de se remettre à s'occuper de moi avec un peu plus d'ardeur. Lui aussi me prend en bouche et il tente de suivre mon rythme. Je m'amuse à ralentir et accélérer pour lui faire perdre ses repères alors qu'il tente, de son côté, de rester régulier. Je le ressors de ma bouche, léchant avidement la peau lisse de son gland, et j'en profite pour humidifier l'un de mes doigts avec le pré-sperme qui s'écoule déjà. Je le reprends entre mes lèvres et dirige mon index vers son anus. Il ne réagit pas, trop concentré sur le plaisir qu'il me donne et qu'il reçoit. Pourtant, il a un sursaut quand mes phalanges s'enfoncent en lui. Il semble hésiter mais ma langue s'enroulant sur son membre a raison de ses doutes et il continue sa fellation alors que mon doigt va et vient dans son corps.

Soudain, il relève la tête, hésite, se cambre, soupire et prononce mon nom d'une manière lascive. C'est la première fois qu'il le fait. Jamais jusqu'à présent ce mot n'avait franchi ses lèvres et je sens un frisson parcourir tout mon corps. J'ai envie de mettre un autre doigts en lui, de le préparer convenablement et de le prendre… Mais il soupire et me reprend en bouche, m'enfonçant jusqu'au fond de sa gorge. Putain ! Comment un néophyte peut-il faire un truc comme ça ? J'accélère le rythme de mon doigt en lui et aspire goulûment son sexe dans ma bouche. Je sens son corps être parcouru d'un frisson et il déglutit autour de mon gland, me provoquant des sensations un peu trop forte pour que je garde le contrôle de moi même. Nous nous libérons en même temps dans la bouche de l'autre.

Je retire mon doigt de son corps et il se laisse tomber près de moi dans le lit, la tête contre mes hanches et les jambes repliées à côté de ma tête. Sans hésiter, je caresse ses cuisses musclées et embrasse sa peau tremblante. L'orgasme a encore été puissant et il lui faut un peu plus de temps qu'à moi pour s'en remettre. Je me redresse et l'observe. Il a encore les yeux clos, la bouche entrouverte et le souffle court. Aucune goutte de sperme ne coule de ses lèvres, il a tout avalé, comme moi. Je l'embrasse doucement et quand je tente de me relever pour m'en aller, il me retient, me forçant à m'étendre près de lui. Ce type est un romantique, j'avais oublié…

Luffy

J'entre dans la pièce et viens m'installer face à mon père, entre Zoro et Sanji qui sont déjà là. Je suis surpris de voir le premier conseiller de mon père, Rayleigh, assis à la gauche de celui-ci. Le thême de la réunion étant les chuchoteurs comme il s'amuse à les appeler, je ne m'attendais pas à ce qu'un membre de son conseil soit présent. Sanji m'a toujours dit que je devais garder leurs existences secrètes. Mais peut-être est-ce une réponse à la question que je me pose : il est possible d'en parler aux personnes qui nous sont les plus proches. Quand mon regard se pose de nouveau sur mon père, je me rends compte que Shanks et Dracule Mihawk me sont visibles.

« Luffy, nous devons parler de tes conseillers. Nous aurions dû avoir cette conversation il y a longtemps et c'est ma faute si ça n'arrive que maintenant. Seul le roi et son héritier ont droit à ces petits emmerdeurs moralisateurs alors je surveillais Sabo et je n'ai pas deviné que c'était tombé sur toi. »

Petits emmerdeurs moralisateurs. Il y va fort… Mon rire lui coupe la parole et je vois que mon oncle rit aussi, bien que je ne puisse pas l'entendre. Sanji semble offusqué, Zoro amusé. Rayleigh sourit aussi et Mihawk… n'exprime rien d'autre que la sévérité. Le rire de mon père rejoint le mien un bref instant puis il reprend.

« Tu m'as dit qu'ils étaient là depuis cinq ans, c'est ça.
- Oui. Au moment de la mort d'oncle Shanks, à peu près quand Sabo a rencontré Koala, je suppose.
- Comment leurs supérieurs savent qui sera le prochain roi ? Je l'ignore mais si tu t'es vu affublé que ces deux énergumènes, c'est que tu es définitivement mon héritier.
- Père ?
- Oui ?
- Pourquoi… heu… pourquoi le conseiller Rayleigh est-il présent à cette réunion ? »

Je n'aime pas trop parler des gens devant eux comme s'ils n'étaient pas là mais je n'ai pas trop le choix, là. Et puis, mon père le fait bien avec Sanji et Zoro et je suis trop curieux. Comme je ne peux pas poser la question directement à l'intéressé sans manquer de respect à mon père, c'est la seule façon que j'ai d'avoir une réponse. Près de moi, Zoro a un petit rire et tous les regards convergent vers lui. Mon père sourit et fait un signe vers lui pour lui donner la parole.

« Cet homme était le précédent locataire de l'épaule gauche du Roi, à mon avis. »

Hein ? Rayleigh était le démon de mon père ? Mais comment se fait-il qu'il soit humain, maintenant, et… vivant ? Je pensais que la chute impliquait la mort. Je vois le lèvres de Miwahk bouger alors qu'il fronce les sourcils. Je n'entends toujours pas mais il semble assez réprobateur. Son regard est planté sur celui de Zoro qui n'a pas l'air impressionné du tout. Mon père rit et Rayleigh acquiesce. Quant à moi, je suis perdu.

« Mais… comment est-ce possible ?
- Tes deux chuchoteurs sont tombés sur terre, fils. Tu as bien compris qu'un seul pourra reprendre sa place, n'est-ce pas ?
- Oui.
- Sais-tu déjà lequel ?
- Heu… Ça sera probablement Zoro. »

Je baisse les yeux et je vois Sanji en faire autant. J'espère vraiment que le plan de mon démon va marcher parce que je ne vais pas tenir encore bien longtemps à tripoter Usopp sans pouvoir aller plus loin… On se saute dessus à la moindre occasion et ça commence à devenir vraiment frutrant. J'ai envie d'approfondir notre relation mais je n'ose pas. Je ne veux pas être responsable de la mort de mon ange. Mon père demande le sujet de la discorde et je me sens carrément rougir. C'est Zoro qui répond à ma place.

« Il s'agit de luxure, Majesté… et ça concerne Usopp.
- Ah ! Je devine aisément les détails. Sais-tu ce qu'il va arriver à ton ange, fils ?
- Vous m'avez dit qu'il allait… mourir. »

Rayleigh explose de rire et je reste un long moment interdit devant cette réaction. Je cherche de l'aide du regard auprès de Zoro qui a un sourire narquois et auprès de Sanji qui détourne les yeux. J'ai comme l'impression qu'il me manque une donnée. Les conseillers de mon père semblent aussi amusés et il fini par m'expliquer.

« Oui, il finira par mourir, c'est ce qui arrive à tout mortel.
- Pardon ?
- Il restera sur terre jusqu'à sa mort naturelle.
- Oh ! Je croyais que…
- Mais ton ange ne semble avoir aucune envie d'une existence matérielle, il est attaché à son immortalité. »

Je regarde Sanji qui semble toujours très mal à l'aise. Visiblement l'explication de mon père est juste. Zoro m'a dit qu'il avait échoué avec l'avarice car Sanji n'a aucun intérêt pour l'argent ou la richesse. Tout ceci n'est utile qu'ici et ça n'est pas ici qu'il souhaite vivre. Cet échec ne remet pas le plan en question parce que Sanji semble céder de plus en plus à Zoro mais ça confirme les déductions de mon père : il serait malheureux s'il restait coincé dans notre plan de l'existence.

« Mais père… votre ange a… enfin… il est mort.
- Edward s'est jeté entre moi et nos agresseurs, ce jour là. Quand un chuchoteur touche le sol, il devient mortel et perd ses attributs, tu l'as bien vu quand tu as fait tomber ces deux-là.
- Oui…
- Edward a fait le choix de donner sa vie pour sauver la mienne. En fait, Rayleigh a fait pareil mais il y a survécu. Shanks et Mihawk agiraient de la même manière et je suis persuadé que Zoro et Sanji aussi.
- Évidement ! »

Ils ont répondu d'une même voix et je reste un instant interloqué. Sanji qui refuse une vie mortelle donnerait sa vie pour moi ? Zoro qui semble se jouer de tout aussi ? Mon regard passe sur eux avant de revenir sur mon père et je réalise que c'est l'une des raisons d'être des chuchoteurs, ça fait parti de leur mission.

« Père, je ne comprends pas… Si oncle Shanks a pu devenir votre ange après sa mort, est-ce que Edward…
- Rare sont les mortels à avoir cette chance. On nait mortel ou immortel, on ne peut pas passer de l'un à l'autre aussi facilement et un immortel qui meurt en tant qu'humain n'aura pas cette possibilité. Il est probable que Edward soit retourné dans le royaume des anges mais pas en tant que tel et si Shanks a pu revenir auprès de moi c'est parce que sa volonté de me protéger était particulièrement forte.
- Père, vous m'avez dit que celui qui ne reviendrait pas serait… remplacé et que je ne devais pas y apporter trop d'importance… N'avez vous pas de peine que votre premier ange soit mort pour vous ?
- Bien sûr que j'en ai. Mais je n'ai pas la possibilité de m'apitoyer là dessus. Et toi non plus. Quand Zoro aura repris sa place et que Sanji aura été remplacé, tu devras rester concentré sur ton rôle, sur ta tâche. Rayleigh a fait le choix de rester au château à m'épauler depuis la terre. Il a surtout fait le choix de rester avec Shaki et Nami, cela dit… Si Sanji souhaite rester ici et continuer à te servir, tu te dois de l'accepter.
- Sanji va rejoindre Zoro. »

Mon père et ses conseillers me dévisagent avec surprise et c'est finalement Rayleigh qui prend la parole en regardant Zoro.

« Déchoir un ange pour qu'il conserve l'immortalité ? Partager ta place avec celui auquel tu es censé t'opposer ? Pourquoi fais-tu ça ?
- Parce que j'en ai envie. Sanji sera mien et Luffy attendra que ça soit fait avant d'aller plus loin avec son ami.
- C'est ridicule !
- C'est ainsi. »

Zoro se renferme, butté, et je vois Shanks rire sur l'épaule de mon père. Sanji est toujours rouge à ma droite et je l'entends murmurer que si il nous gène il peut se barrer. La conversation le met franchement mal à l'aise et je n'ai pas peine à le comprendre. Je crois qu'il n'apprécie pas le ton si sûr de lui de Zoro… Mon père sourit doucement avant de poser sa main sur l'épaule de son ami et conseiller.

« L'amour ne s'explique pas, Ray. Ton choix d'abandonner l'immortalité aurait paru ridicule à n'importe qui ignorant tes sentiments pour ta femme.
- Hein ? Un démon amoureux d'un ange ?
- Il sera bientôt aussi démon que moi… »

Zoro a répondu avec un air de défi et Sanji le fusille du regard sans se départir de ses rougeurs. Mon père et moi explosons de rire en même temps. Après un temps qui me semble assez long, je reprends contenance. Cette question ayant été éclaircie, j'en ai d'autres à poser moi aussi et, si j'ai bien compris, c'est le but de cette réunion de répondre à mes interrogations.

« Père. Qui connaît, dans votre entourage, l'existence de vos chuchoteurs ?
- A part les personnes présentes ici, tu veux dire ?
- Oui.
- Personne. Mais ta mère l'a su. Quand tu vis aussi proche de quelqu'un, il est compliqué de les cacher sans paraître fou.
- Je pourrais donc en parler à la princesse Vivi ?
- Si tu pouvais attendre votre mariage, ça serait mieux.
- Et… à Usopp ?
- C'est à toi de décider, Luffy. Mais plus le secret est ébruité, plus il y a de risque pour toi. L'un de nos ancêtres a été brûlé vif pour sorcellerie et un autre a dû abdiquer parce que son conseil n'avait plus confiance en lui. C'est un risque à mesurer attentivement.
- Je vois…
- Tu ne vois rien du tout, mais tu comprendras plus tard. »

Cette fois, Zoro et Sanji se mettent à rire en même temps à la remarque de mon père et je finis par les rejoindre. La suite de la réunion dérive sur mes fiançailles avec Vivi qui ne devraient pas tarder. Je sais que mon père va demander une belle dot, c'est normal pour une princesse, mais il devra aussi signer des accords commerciaux et une alliance militaire avec Alabasta. Le mariage n'est pas pour maintenant mais je vais passer de plus en plus de temps avec Vivi, ce qui ne me pose pas de problème, je l'adore. En attendant, je compte bien profiter des moments que je peux partager avec Usopp.

Est-ce être avare que de vouloir le garder pour moi sans le partager ?