Nanouche: Merci pour ta review! A la prochaine et bon dimanche!
Mimine: Merci de tes encouragements dans ta non review! Bonne lecture!
Et si tout était différent
Chapitre 94
Capturé !
-Tu as dit que j'étais gay ! répéta James.
Il jeta un regard noir à ses meilleurs amis qui étaient écroulés de rire avant d'offrir ce même regard à son fils qui lui répondit par un sourire d'excuse.
-Personne n'a été choqué, James, tenta de le calmer Tonks.
-Tu m'étonnes, maugréa-t-il. Maugrey et Dumby sont gays, ajouta-t-il en grimaçant. À part ma prétendue homosexualité, qu'as-tu…
-Quoi ? Maugrey et Dumbledore sont… ? coupa la jeune femme.
-Ouais, affirmèrent James et Sirius dont le visage exprimait le dégout créé par le souvenir de cette découverte.
-Vraiment ? C'est bizarre de les imaginer avoir des relations amoureuses.
-Non, ce qui est bizarre c'est de les surprendre ensemble, entrain de se bécoter et plus encore, précisa Sirius.
-Quoi ? Parce qu'ils sont… ? Les deux ensembles ? Wahoo ! Je ne les verrai plus jamais de la même manière !
-Le regard qu'on a d'eux change, oui, ajouta Harry.
L'adolescent continua son histoire racontant comment les personnages de ce dimanche avaient parfaitement joué leur rôle. La sincérité l'avait tellement touchée que l'ironie teintait sa voix en relatant les détails de la journée. Parler de cette journée dans la peau d'un autre avait conduit à plusieurs éclats de rire. Tous les cinq, attablé sur la terrasse, décompressaient dans le rire et la joie. Harry était soulagé de retrouver la sécurité que lui offraient le manoir et la présence de James. L'idée de devoir quitter ses amis n'avait pas été aussi pénibles qu'il l'avait fait croire. Après tout, il savait désormais que les gens proches de lui pourraient revenir le voir. Harry était heureux d'être de retour à la maison, loin des manipulations et questions indiscrètes de Dumbledore.
À côté de lui, James éclata de rire à la remarque de Sirius qui ne concernait même plus la journée écoulée. Laisser partir son fils loin de son contrôle l'avait stressé. Cependant, il refusait de se l'avouer, du moins jamais devant Harry. Bien que Sirius et Remus avaient remarqué le stress que ce départ avait causé chez leur meilleur ami. Retrouver son passé avait créé une peur de le perdre à nouveau et avait ainsi développé chez James une paranoïa paternelle encore plus présente. Sa journée, il l'avait passée comme il passait ses week-ends en Italie, en s'entraînant. Il avait dû occuper son cerveau pour éviter de songer au risque qu'il pouvait imaginer concernant son fils.
-Je peux enfin être là sans me préoccuper que quelqu'un remarque mon absence, souffla Sirius, affalé sur son siège.
L'annonce aux Weasley concernant l'existence de James avait provoqué la fin de la partie de cache-cache. Sirius ne devait plus feindre d'être éternellement dans sa chambre. Il était libre de venir au manoir, dans son réel chez lui quand il le voulait et avait réussi à organiser une fête digne de ce nom à son filleul. Sirius était soulagé de ne plus mentir à ses colocataires. Il sourit devant le regard amoureux que lançait Remus à sa petite-amie. Cependant, le couple profitait de ce moment de détente pour oublier leurs propres soucis, ignorant comment en parler à l'autre.
Le lendemain parut insignifiant comparé aux deux derniers jours vécus par Harry. Il se leva lorsque les rayons du soleil l'empêchèrent de se rendormir. Il retrouva de nouveau son rythme. Il profita de la piscine avant que le soleil ne devienne trop brûlant, de l'ombre du parasol en lisant un livre sorti tout droit de son immense bibliothèque privée. Soudainement, un bruissement d'aile le fit sursauter. Il releva la tête et croisa le regard jaune d'un hibou qui le fixait, une lettre dans le bec. Il tendit la main et attrapa ladite lettre. À peine le papier eut-il quitté le bec que l'oiseau s'envola. Ignorant de qui provenait cette missive, l'adolescent fut surpris de découvrir le blason de son école cacheté derrière. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il parcourait le contenu inscrit dedans. Fier de lui, il garda précieusement l'enveloppe près de lui afin de la montrer dès l'arrivée de James. Mais incapable de garder la nouvelle pour lui, il ne put s'empêcher de la partager avec Glorfi qui le félicita grandement. Lorsque James apparut, il fut surpris de découvrir le visage fier de son fils et de son elfe de maison.
-J'ai eu les résultats de mes BUSE ! s'écria Harry avant que son père n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche. J'en ai réussi sept !
-Félicitations !
Fier de son fils, James accepta la lettre sur laquelle les résultats étaient inscrits.
-Je vais pouvoir suivre les cours qui me permettront de devenir auror ! ajouta Harry alors que son père avait à peine posé les yeux dessus.
Ce dernier esquissa un sourire en entendant la voix fière et heureuse de Harry. Il était heureux de pouvoir partager ce moment avec lui.
-Pour quelqu'un qui me disait avoir de la peine en potion, tu as eu un « Effort Exceptionnel », ce qui est une bonne note.
-Pas assez bonne pour faire partie des élèves de Rogue en sixième et septième année... Il ne prend que ceux qui ont eux des « Optimal ».
-On lui parlera ! Il faudra fêter tout ça !
-Tout est bon pour faire la fête ? se moqua Harry.
-Non. Ton anniversaire et tes bons résultats méritent amplement d'être fêtés.
-Ron et Hermione les ont aussi reçus, non ?
-Sûrement. Tu demanderas à Sirius ce soir et tu lui diras tes résultats.
Harry sourit en voyant la fierté qui se lisait dans le regard que son père lui lançait. Peu habitués à tant de félicitations, il tenta de convaincre plusieurs fois son père durant le repas qu'il n'était pas le seul à avoir réussi et qu'il n'avait pas des « Optimal » partout. Cependant, tous les arguments qu'il trouvait pour cesser cette pluie de félicitations ne faisaient qu'augmenter les compliments de son père.
-En plus d'avoir un fils qui a réussi ses BUSE, il est trop modeste et refuse de voir ses qualités…
-Harry ! Tu as reçu tes résultats ? coupa la voix d'Hermione qui venait d'arriver accompagnée de Ron et Sirius.
Surpris, Harry regarda arriver ses meilleurs amis et son parrain. Dans la main des deux adolescents se trouvait une lettre identique à la sienne. Il sourit en voyant le visage heureux de ses camarades qui devaient également avoir réussi leur BUSE. Sirius félicita son filleul qui leur montra ses résultats puis les trois adolescents oublièrent les deux adultes pour parler vivement de leurs notes. Comparant, débattant sur leurs notes, ils ne remarquèrent pas qu'ils étaient désormais seuls sur la terrasse. Ils vivaient comme les étudiants qu'ils étaient, loin du stress des adultes, et fiers de leur réussite. Le retour à la réalité se fit lorsque James, rentré du ministère, Sirius, Remus, Tonks ainsi que la famille Weasley leur proposèrent d'aller fêter ça.
-Tout est occasion pour la fête, avait affirmé Sirius affirmation que les jumeaux partageaient amplement.
C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent tous sur une terrasse d'un restaurant italien. Afin d'être sûr de ne pas faire de mauvaises rencontres, la décision de quitter l'Angleterre avait été rapidement acceptée. Les soucis furent laissés en Angleterre. Personne ne parla de Voldemort, de Dumbledore. Fred et George parlèrent de l'avancement de l'ouverture de leur futur magasin de farces et attrapes.
-Tout semble simple, ici, non ? murmura Hermione à Harry.
-Comment ça ?
-C'est comme si Voldemort n'existait pas, comme si Dumbledore ne cherchait pas les Reliques de la Mort, comme si on était de simples étudiants à qui un repas était offert pour les féliciter pour leur BUSE.
-Dire qu'il y a plus d'un mois, on s'organisait pour savoir ce que vous deviez faire pour trouver l'identité de l'inconnu et que moi, je craignais de devoir vivre avec Tellerino...
-Tout est si simple maintenant.
-Comme si on était des étudiants normaux, termina malicieusement Harry.
Leur conversation fut interrompue par Fred qui appela Harry afin de lui parler d'un arrangement, étant donné que le jeune homme avait droit à une partie des intérêts du magasin de farces et attrapes vu la somme qu'il y avait investi.
Les jours passèrent et Harry commençait à réaliser à quel point il aimait cette vie d'adolescent normal. Jamais il n'avait connu cette normalité. Enfant, il dormait dans un placard à balai car il n'était pas désiré par sa famille, puis il était devenu une célébrité. Inconnu de tous, ignoré par ses camarades de la petite école, à Poudlard son nom était connu de tous. Enfant, il demandait à ce qu'on le remarque un minimum. Dans le monde magique, il aurait voulu devenir transparent, se fondre dans la masse. Mais maintenant qu'il avait cet entre-deux, il avait abandonné son placard pour une chambre de prince. La pression sur ses épaules venant de son statut d'élu avait disparu, étant donné que ce rôle ne lui appartenait plus. Il avait une immense piscine rien que pour lui, un terrain de Quidditch, une énorme bibliothèque… Il était devenu un étudiant comme les autres mais dont l'ascendance lui offrait des choses qu'il n'aurait pu imaginer.
Depuis plus d'un mois, il était réveillé par les rayons du soleil lui caressant le visage après une nuit à dormir dans un lit aux draps rouges et soyeux. Quand il daignait quitter son lit et descendre prendre son petit déjeuner, il n'avait qu'à s'asseoir au bar de la cuisine pour avoir droit à ses deux tartines, son jus de citrouille et son bol de céréales chocolatés le tout préparé soigneusement par son elfe de maison. Puis, il se baignait sous l'œil vigilant de Glorfi, faisait ses devoirs, tentait de contrôler son flux magique, discutait avec son parrain, avec ses meilleurs amis qui pouvaient venir quand ils le voulaient maintenant que toute la famille Weasley était au courant de l'existence de James, recevait la visite de Judith avec qui il allait se promener dans son magnifique jardin, s'entraînait au Quidditch avec son père…
-Comment les choses se passent-elles dans le monde magique ? demanda Judith alors qu'elle et Harry discutaient tous les deux prêt de la piscine du manoir.
-Elles se passent, répondit Harry dans un haussement d'épaules. Toujours des problèmes avec Voldemort. Mais je ne dois pas m'en occuper. Les adultes se chargent de tout.
-Tu as refait du Quidditch ?
-Un peu hier soir avec mon père.
-Tu n'as pas oublié ta promesse de me laisser faire un tour avec toi sur ton balai ?
-Bien sûr que non. C'est quand tu veux.
La jeune fille lui sourit. Répondant à son sourire, l'adolescent se rapprocha légèrement et prit la main de Judith dans la sienne. Assise au bord de la piscine, elle gloussa lorsque le pied de Harry caressa le sien. Réalisant le geste qu'il venait de faire, Harry se mit à rougir.
-Que c'est mignon l'amour, murmura James qui venait de s'asseoir sur une des chaises longues aux côtés de son meilleur ami. Je sais, tu n'es pas un romantique, ajouta-t-il en voyant une grimace se peindre sur son visage.
-Ils sont tellement dans leur monde tout rose et plein de bisous qu'ils ne m'ont même pas entendu aller me chercher à boire. Je leur ai dit : « Vous voulez quelque chose à boire ? »…
-Non merci, coupa Harry qui venait d'entendre son parrain parler. Salut p'pa ! Tu veux quelque chose, s'enquit-il en se tournant vers Judith sans laisser le temps à son père de lui répondre.
-C'est bon, merci.
-Il t'a entendu cette fois, se moqua James lorsque son fils et sa copine furent à nouveau rendu dans leur monde tout rose et pleins de bisous comme le décrivait Sirius.
-L'amour rend pathétique, rétorqua-t-il faussement vexé. Tu faisais pareil !
-Pareil ?
-Ouais ! grommela Sirius. Quand tu étais avec Lily, je pouvais te raconter tout ce que je voulais, tu ne m'écoutais pas. Vous n'écoutiez rien !
-Ah, l'amour !
-Je croyais que l'amour rendait aveugle, pas sourd !
-Dans le monde tout rose et pleins de bisous, tu oublies tout le reste.
Ils furent interrompus par le rire des deux adolescents puis par un « plouf ! ». En recevant quelques gouttes d'eau, ils tournèrent la tête pour voir les amoureux dans la piscine, le sourire aux lèvres.
-Tu savais qu'Hermione avait des sentiments pour Ron ? Elle en parlait hier avec Judith et Ginny pendant que Harry et Ron étaient au terrain de Quidditch.
-Tu les écoutais ? s'étonna James.
-Elles étaient à cinq mètres de moi ! Bon, elles devaient croire que je lisais un magasine mais c'était… différent comme discussion. Je me sentais rajeunir. Et je peux te rassurer, Harry et Judith n'ont rien fait de…
-Sirius… Ça se voit qu'il y a quelque chose entre Hermione et Ron. Ils doivent être les seuls à ne pas l'avoir remarqué, coupa James en sentant le rouge lui monter aux joues.
-Et Ginny est intéressée par un Gryffondor. Je sais plus son nom. De la même année que Harry mais il n'était pas là à son anniversaire. Je sais, la prochaine fois, j'interviens dans leur discussion et je leur donne les conseils de Sirius le Séducteur !
-Non !
-Mes conseils fonctionnaient très bien sur moi, pourtant… Alors, tu as vu Maugrey et Dumbledore ensemble ? Ou ta journée a été ennuyeuse et pleine de paperasse ?
-C'est dégoûtant... et non, je ne les ai pas vu, par chance. Mais Tellerino a fait de la paperasse. Moi, je suis intervenue sur une petite attaque. Voldemort n'arrive pas à comprendre que je serais toujours là quand il y a une attaque. Ça n'avancera pas si les Mangemorts doivent fuir dès qu'ils me voient.
-Il n'a sûrement pas envie que tous ses mangemorts se fassent enfermer. Je peux comprendre, il ne veut pas se retrouver tout seul.
-Alors pourquoi planifier d'attaquer ? Il me fait quitter mon fauteuil juste pour que je vienne faire fuir ses mangemorts ?
-Il a sûrement l'espoir qu'un jour, tu ne viennes pas.
-Il peut rêver. Le jour où je n'interviendrais plus, c'est qu'il sera mort.
-Au revoir, coupa la voix de Judith les faisant tourner la tête.
-À la prochaine, répondirent les maraudeurs.
-Je l'accompagne au portail, précisa Harry.
-Bien sûr ! Avoue Sirius, qu'ils sont mignons, insista James alors que Harry et Judith venaient de disparaître.
-Bien sûr qu'ils sont mignons. Mais ils sont mignons parce que Harry est mon filleul et qu'il n'est pas pathétique comme toi tu l'étais avec Lily.
-Je n'étais pas pathétique.
-Tu étais niais pire qu'une fille !
-Qui est niais ? demanda Harry en prenant place aux côtés de son père.
-Personne, répondit son père en fusillant son meilleur ami du regard. Tu as passé un bon après-midi, Harry ? Harry ?
-Il est parti dans son monde tout rose et songe au plein de bisous, rétorqua Sirius, amusé.
Cependant, Sirius n'avait pas si tord. Harry réfléchissait à la chance qui lui avait été donné depuis le début de ses vacances. Il revoyait tout ses instants passés en compagnie de sa dulcinée, des heures qu'il pouvait passer en compagnie de ses meilleurs amis et de sa famille. Depuis son anniversaire, il prenait conscience de l'ampleur du changement que cet été allait amener dans sa vie. Depuis cet été, sa vie était différente et il le réalisait peu à peu. Il apprenait à être un adolescent normal mais dans une famille exceptionnelle.
Toutefois, le monde extérieur surgit soudain dans sa petite vie tranquille. Ce retour en force dans son nouveau monde paisible fut comme une claque. Mais une claque qui ne lui était pas seulement destinée.
Le soleil brillait dans le ciel et créait une atmosphère étouffante. Le passage par la piscine fut obligatoire pour ne pas trop souffrir de cette chaleur. Ron, Hermione et Ginny étaient également heureux de pouvoir profiter de l'eau fraîche et de pouvoir prendre des couleurs au lieu de rester enfermés dans le quartier général de l'Ordre du Phénix. C'est pourquoi ils profitaient ensemble de ce bel après-midi d'été. Mais leur joie fut coupée net par l'arrivée de Tonks.
-Pettigrow a été arrêté, annonça-t-elle.
La bombe lâchée fit tourner tous les regards dans sa direction. L'étonnement se lisait sur les visages.
-Quoi ? rugit Sirius.
-James a capturé Pettigrow, souffla la jeune femme.
Plusieurs expressions se dessinèrent sur le visage du maraudeur. La surprise tout d'abord, puis la compréhension prit place tandis qu'il réalisait ce que cela pouvait engendrer pour lui.
-Tu dois être au quartier général. Pettigrow attrapé, les accusations contre toi, Sirius, sont nulles…
-Si Peter avoue avoir été le Gardien du Secret... Sinon je serais toujours accusé de traîtrise...
-Kingsley m'a demandé de venir te dire de rentrer. Rentrez tous les quatre, ajouta-t-elle en regardant les trois adolescents. Un procès va être ouvert. Un membre de l'Ordre ou Dumbledore lui-même va passer t'en parler.
-D'accord. On va aller attendre sagement que quelqu'un daigne venir m'expliquer tout ça.
-J'essaierai de vous tenir au courant, promit-elle.
L'annonce faite, Tonks put rapidement repartir au ministère afin de savoir où les choses en étaient, laissant un Harry seul et perdu au Manoir Potter.
