Et si tout était différent

Chapitre 97

Pardon

-James !

Le ton suppliant de Peter fit comprendre à James que ce dernier l'attendait. Son corps se tendit quand il sentit les mains tremblantes s'accrocher à lui. La pièce était toujours aussi sombre. James ne pouvait que regarder autour de lui. Il était incapable de fixer son regard sur son ancien ami. Il savait que la vérité devait être dite mais dans son cœur, il sentait une certaine culpabilité à l'idée de le voir mourir. Il le repoussa gentiment. Il s'assit sur la banquette et se força à tourner la tête vers Peter. Ce dernier l'avait imité et était également assis. Il le regardait, comme attendant une réponse. Avec peine, James déglutit.

-Tu vas… Tu vas arrêter de… de me hanter ? N'est-ce… N'est-ce pas ?

-Oui, répondit James en se forçant de ne pas lui faire remarquer que de toute façon, il allait bientôt mourir.

-C'est stupide, hein ? s'exclama Peter en fixant le mur devant lui.

-Stupide ? répéta James.

-Je vais mourir demain. Et je m'inquiète que le fantôme de mon ancien meilleur ami parte. Qu'est-ce que ça fait de mourir ? demanda sérieusement Peter en tournant la tête vers James.

-C'est s'endormir et ne jamais se réveiller.

-Ça fait mal ?

-Non, murmura James en baissant le regard, honteux de ses mensonges.

-Seras-tu là ?

-Non. C'est la dernière fois qu'on se voit. Je t'ai promis de ne plus te hanter. Je ne suis là que pour accepter ton pardon.

-Chez les morts, commença Peter avec un petit rire nerveux, on se verra ? Ou tu es au paradis et moi je vais brûler en enfer ? termina-t-il ironiquement.

James ne répondit pas. Il ne pouvait répondre à ça. Mais la question de Peter réveilla autre chose en lui. Il ignorait quoi lui répondre car il n'était simplement jamais mort. Cependant, il ne put s'empêcher de s'interroger sur sa mort probable et prochaine. Si Voldemort gagnait, rejoindrait-il Peter dans le royaume des morts ? Le paradis clinquant l'attendait-il ? Ou son destin le condamnait-il à souffrir éternellement ? Est-ce que Peter subirait cela ? Est-ce que s'il échouait, il retrouverait Lily ? Il tourna la tête vers Peter et y lut la peur dans ses yeux. Cette peur lui donna le courage de donner son maximum pour calmer les peurs de son ancien ami.

-L'enfer et le paradis n'existent pas. Il n'existe pas de mots pour exprimer à quoi ça ressemble. Ça n'est pas comparable à tout ce que les connaissances terrestres peuvent décrire. Ce n'est pas quelque chose dans lequel tu vis avec ton corps, que tu peux exprimer rationnellement. C'est l'âme qui continue.

-Pourtant tu es là !

-Je suis là parce que ton esprit m'appelle.

-Tu n'es pas réellement là ?

-Je suis mort, assura avec aplomb James. Tu n'as plus à culpabiliser, Pet'. Tu as assumé tes actes.

-Je me suis condamné à mort tout seul, il y a quinze ans. J'aurais dû laisser Sirius me tuer, grommela Peter, énervé contre lui-même.

-Les évènements ont eu lieu. On ne peut plus revenir en arrière. On a fait nos choix. Il faut les assumer et ne pas vivre…

-Je ne vivrai bientôt plus ! Toi, tu as toujours fait les bons choix ! Pourquoi certaines personnes font les bons choix et d'autres les mauvais ?

-Il n'y a pas de bons ou de mauvais choix. Les termes « bon » et « mauvais » sont subjectifs. Il faut écouter son cœur. Et assumer ce qu'on a fait.

-J'ai écouté mon cœur, il y a quinze ans, rétorqua Pettigrow en lançant un regard noir à James. Tu parles comme quand on était à Poudlard. On est dans le vrai monde. Pas le conte de fée « Potter » où tout est rose, où tout est possible.

-Tu me voyais comme quelqu'un qui avait tout ce que je voulais ? répéta James en plissant les yeux.

-Tu avais une grande maison, plein d'argents, des gens autour de toi, tout le monde t'admirait, tu avais un destin tout tracé…

Il fut interrompu par le rire nerveux de James.

-Ouais, un destin tout tracé. Tu sais, Peter, ce qui est drôle, c'est que moi j'ai toujours aimé ce que tu représentais quand on était à l'école. Tu avais des parents…

-Je vivais dans un appartement minable…

-La taille ne veut rien dire. Quand on était à l'école, je voyais chez toi ce que je n'avais pas. Tu vivais avec tes deux parents qui n'avaient peut-être pas un travail important et qui pouvait donc profiter d'être avec toi. Moi, je rentrais, je retrouvais seulement mon père, vu que j'ai « tué » ma mère à ma naissance. Mais depuis l'avènement de Voldemort, je passais la plus grande partie de mon temps sans lui. Mes grands-parents sont partis, l'un pour mon anniversaire et l'autre pour mon retour à Poudlard. J'aimais l'anonymat que tu avais. J'aimais l'idée que personne ne te courais après. Tu étais libre.

-Je passais peut-être du temps avec mes parents mais toi, ton père pouvait t'acheter ce que tu voulais. Les gens à Poudlard te connaissaient pour qui tu étais et non pour être le copain de Potter et Black.

-Personne ne me connaissait pour ce que j'étais. J'étais le grand joueur de Quidditch, le fils du chef des aurors…

-Tu ne bossais jamais et tu étais le meilleur de la classe !

-Les notes ne veulent rien dire. On peut avoir de bonnes notes et avoir une vie qui ne nous correspond pas. À l'école, j'avais un don, je dois le reconnaître. Je remercie le ciel de m'avoir donné ce don. Mais on a tous un endroit dans lequel on excelle.

-Et dans quoi j'excellais moi ?

-Toi, tu savais t'extasier devant les choses que les autres considéraient comme acquis. Tu savais rire aux blagues que personnes ne trouvaient drôle, tu savais te réjouir d'un cours annulé, tu savais montrer ta joie quand le repas du soir te plaisait énormément. Tu savais vivre simplement. Tu ne te laissais pas emporter par le regard des autres, tu ne te battais pas pour montrer ta différence ou tu ne devais pas être à la hauteur de ce que les gens attendaient de toi. Tu étais simplement toi.

-C'est comme ça que tu me vois ?

-Voyais. Désolé Pet'. Tu avais ton truc à toi mais tu t'es laissé bouffer. La peur, cette énergie négative a pris le dessus sur toi. Tu t'es tellement refusé à voir tes qualités, tu t'es mis une pression impossible à gérer et tu t'es laissé détruire.

-… Mais tu t'entendais mieux avec Sirius et Remus, n'est-ce pas ?

-Toute relation est différente. On est deux dans toute relation. Sirius et moi avons partagés quelque chose d'intense, une peur profonde quand on était petit. J'ai été tellement choqué de voir que des enfants de mon âge pouvaient vivre l'opposé ce que je vivais moi, qu'il m'a amené à me faire une réflexion. Remus, c'est là encore différent de ce que je vivais avec toi. Remus se donne à fond quand tu lui donnes un minimum. Il fait toujours les choses de son mieux, pour le bien des autres. Il s'oubliait tellement, que je voulais lui offrir ce que lui offrait aux autres, ce que tout le monde m'offrait à moi.

-Et moi, alors ?

-Toi, tu m'apprenais que je vivais dans le monde réel, que tout n'était pas toujours acquis. Vous m'apportiez tous quelque chose. On s'apportait tous quelque chose. On n'était pas juste amis comme on l'est avec un quelconque camarade. On vivait quelque chose de plus profond car tout nous séparait à la base.

-Et j'ai détruit tout cela, marmonna Peter. Tout a l'air si simple quand tu parles. Même quand c'est ton fantôme qui me hante, je me sens mieux.

-Le passé est le passé, Pet'. Tu ne peux pas le changer. Mais tu peux tout en apprendre, ajouta James en songeant que lui-même avait appris de leur relation passée et avait évité de lui offrir sa réelle confiance sur la vérité. Je vais partir.

-D'accord, murmura Peter. Et bien, on se reverra peut-être dans le monde des morts, ironisa-t-il.

James lui lança un sourire désolé avant de disparaître de la pièce. Il se laissa tomber dans le canapé du salon du manoir Potter et enfouit son visage dans ses mains. Il ferma les yeux. Apparut alors dans sa tête le souvenir du garçon grassouillet et toujours joyeux, optimiste qu'était Peter. Il se concentra sur sa magie qui vibrait en lui, créant la sphère magique si apaisante afin d'éviter que son esprit virevolte dans ses souvenirs. Il resta dans le silence jusqu'au moment où Harry vint le ramener à la réalité.

-J'ai fait ma valise, ajouta Harry avec un petit sourire amusé.

James sourit, tentant de ne pas montrer les diverses émotions qui l'habitait. Il s'approcha de son fils, devenant soudainement Tellerino. L'adolescent regarda le visage tracassé de son père mais ne fit aucun commentaire. Il attrapa sa valise et accepta la main tendue de Tellerino main sur laquelle se trouvait la fine cicatrice qu'il avait déjà aperçu en quittant la gare de King's Cross, un mois auparavant.

Ils se retrouvèrent dans une petite rue londonienne. Harry remarqua rapidement Kingsley d'un côté de la rue ainsi que Maugrey de l'autre. Se retenant de soupirer, l'adolescent aurait voulu leur faire remarquer que la discrétion concernant la présence de l'Ordre n'était pas parfaite. Avec joie, il remarqua son parrain qui l'attendait au coin de la rue, dans un angle peu visible. Il vit avec amusement que son regard ne se posa pas en premier lieu sur lui-même mais que les deux maraudeurs échangèrent un bref échange visuel.

-Sirius !

-Harry, mon grand ! Tu vas bien ? s'inquiéta Sirius en jetant un regard noir à l'auror.

-Oui. Maintenant oui, précisa-t-il en baissant la voix.

-Merci Tellerino. Je me charge de mon filleul maintenant.

-Bien sûr. Et bien au revoir, Harry.

-Au revoir. À une prochaine et merci de m'avoir accueilli.

-C'était un honneur.

Harry serra la main de Tellerino avec amusement. Jouant parfaitement la comédie, Sirius et James se saluèrent froidement. L'auror fut le premier à quitter les lieux. Sous les regards de Kingsley et Maugrey, Harry et Sirius échangèrent quelques mots, heureux de se retrouver enfin, après tant d'années. Puis ils disparurent à leur tour. Ils se retrouvèrent au manoir où James était déjà arrivé. Ils se regardèrent quelques instants tous les trois. Soudainement, Harry et les deux maraudeurs éclatèrent de rire.

-Je crois qu'on a bien joué la comédie, se félicita Sirius.

-T'es conscient du regard que tu m'as jeté quand t'as demandé à Harry s'il allait bien ? Maugrey t'a vu me regarder méchamment, il est donc loin de se douter que tu viens d'emménager officiellement chez moi.

-Dumbledore était d'accord pour qu'on n'habite pas au quartier de l'Ordre ? coupa Harry, surpris.

-Il n'a surtout pas eu le choix. J'ai dit que j'avais une maison à disposition – où ai-je dit qu'elle se trouvait déjà ? s'interrogea Sirius en grimaçant – et que je voulais qu'on ne vive que toi et moi, en famille.

-En famille, répéta l'adolescent. Ouais, vraiment, accorda-t-il en regardant les deux maraudeurs. On est en famille.

-Remus est la seule personne au courant de l'endroit où l'on est. Normalement, j'irai toujours aux séances de l'Ordre pour pouvoir mieux te protéger.

-Pour mieux tout répéter à papa, traduisit Harry.

-Kingsley aurait pu nous faire le contre rendu. Mais il était plus logique que Remus et moi continuons d'y assister. On n'est pas censé être en contact avec Kingsley hors des séances.

Pour fêter la liberté retrouvée de Sirius, Glorfi proposa de faire un grand souper proposition acceptée par son maître qui connaissait les envies de grandeur de l'elfe de maison. Quelques heures plus tard, Remus et sa petite amie – pas encore sa fiancée – ainsi la famille Weasley, Hermione, Kingsley et même le professeur McGonagall étaient présents autour de la grande table. La délicate et ancienne vaisselle aux armoiries Potter non-utilisée pendant quinze ans était à nouveau sorti de son placard. N'ayant pas eu le temps nécessaire à l'élaboration d'un festin comparable à celui de l'anniversaire de Harry, l'elfe de maison resta dans quelque chose qu'il nomma « simple » mais que d'autres auraient qualifiés de raffiné et recherché. Connaissant le nouvel habitant officiel du manoir, Glorfi prépara une grande quantité de sa mousse au chocolat si réputée.

Tandis que l'elfe de maison sifflotait joyeusement en nettoyant la salle à manger, le manoir était rempli de discussions multiples. Il donna avec allégresse son coup de chiffon sur la table au bois brillant, rangea une à une les assiettes blanches aux fins dessins rouges fraîchement lavées. Il chantonnait gaiement entre la cuisine et la salle à manger. Glorfi était simplement heureux. Il retrouvait l'atmosphère positive propre au manoir. Il sourit en voyant le jardin parsemé de groupes aux éclats de rires, aux visages attentifs et aux paroles innocentes. L'insouciance semblait être retrouvée malgré les temps sombres qui étaient vécus à l'extérieur.

Il s'accouda à la fenêtre de la cuisine et sourit en remarquant la séparation entre hommes et femmes. Kingsley et Arthur discutaient autour de la table de la terrasse tandis qu'à la lisière du jardin fleuri, le professeur McGonagall et Molly jacassaient comme deux pies. Glorfi sourit en imaginant parfaitement le type de conversation auquel ils devaient prendre part. Avec nostalgie, il songea aux nombres de conversation qu'il avait entendu dans ce manoir. Il connaissait parfaitement les sujets que deux hommes comme Kingsley et Arthur pouvaient avoir. Il avait entendu – écouté pour être exact – si souvent celles de William et de ses amis. Les rumeurs soufflées au ministère ne pouvaient pas ne pas être un sujet abordé, mais le Quidditch ne pouvait pas être exclu quand un match avec les Canons de Chuddley avait eu lieu trois jours auparavant.

Mais les conversations féminines le faisaient plus sourire. À la fois plus profondes, personnelles mais également plus superficielles que celles propres aux hommes qui n'échangeaient jamais sur des sujets qui les touchaient profondément. Ils ne parlaient pas d'eux, de leur vie privé tandis que les femmes ne se privaient pas pour raconter des détails que les hommes n'oseraient jamais imaginer dire. Excepté peut-être James, Sirius et Remus discutant ensemble car selon Glorfi, les maraudeurs n'entraient dans aucune catégorie. L'elfe de maison se demanda alors si elles parlaient de Sorcière Hebdo, de leur nouvelle recette fétiche ou de leur problème capillaire. Il éclata de rire aux souvenirs du nombre de conversation auxquelles il avait eu droit lorsque Marguerite Potter prenait le temps avec ses amies et discutaient des derniers potins de la présence sorcière ou des derniers petits exploits de James, enfant.

Il plissa les yeux en essayant de deviner les conversations des plus jeunes. Les maraudeurs n'ayant jamais été une réelle référence, Glorfi ne pouvait pas imaginer les thèmes généraux habituels des maraudeurs adolescents pour Harry, Ron et les jumeaux Weasley. Il laissa exclamer un cri de victoire en reconnaissant le visage amoureux qu'arborait Harry en parlant. Il le vit se pencher et plonger ses doigts dans la piscine au bord de laquelle ils étaient assis. Son regard pétillant prouvait qu'il ne pouvait parler que d'une seule chose : Judith. Glorfi se souvenait de ce pétillement qu'arborait James lorsqu'il rentrait de Poudlard et racontait à William ou à lui-même ce que Lily avait fait de si exceptionnellement banal.

Dans un même mouvement, les quatre garçons se retournèrent vers Hermione, Ginny et Tonks qui bavardaient un peu plus. Le visage de Ron devint aussi rouge que sa chevelure tandis qu'Hermione détournait rapidement la tête. L'hypothèse de l'elfe fut que les trois jeunes femmes devaient discuter d'amour et de garçons. D'après leurs attitudes, des mots liant Ron et Hermione avaient été dits dans le clan des filles et entendus par le groupe masculin. Pariant avec lui-même, il supposa que le fait que tout le monde savait que quelque chose se passerait entre Ron et Hermione sauf eux-mêmes, était le sujet central de la conversation féminine. Cependant, il ignorait de quel garçon pouvait bien parler Ginny.

Se penchant un peu plus contre la fenêtre, Glorfi rechercha du regard les maraudeurs qui avaient disparu. Haussant les épaules, il retourna à ses tâches ménagères et sifflota gaiement, heureux de ce nouvel espoir qui s'offrait à sa famille. À quelques mètres de là, les trois inséparables s'étaient réfugiés au milieu du jardin, sur un banc sous la lune décroissante. Leur visage était sérieux, loin des conversations pleines d'allégresse de Harry et ses amis.

-Qu'as-tu dis à Petti… Peter ? demanda Sirius, ignorant s'il devait utiliser son prénom ou son nom, ignorant quelle distance il voulait mettre dans ce qu'il ressentait.

-Il m'a demandé si j'étais un fantôme et j'ai dit oui.

-D'où son obstination sur l'idée que tu étais là, ajouta Sirius.

-Ouais. J'ai dis oui sans réfléchir. Je ne pouvais pas lui dire que je n'étais jamais mort, que j'étais l'élu, expliqua James en grimaçant sur le dernier mot. La seule fois où je lui ai confié quelque chose, il… Je ne pouvais pas prendre le risque qu'il laisse échapper quoi que ce soit au ministère.

-Sans te voir, comment les gens auraient-ils pu croire une telle histoire ?

-Peut-être pas le ministère, sûrement pas même. Mais ne serait-ce que Dumbledore voire Voldemort... Je voulais juste qu'il parle un minimum. Le fait de me voir a fait remonter toute sa culpabilité et il a tout avoué.

-Je n'ai rien eu besoin de dire. Je m'attendais à devoir argumenter. J'avais préparé dans ma tête de belles phrases.

-Je l'ai revu après le procès. Il m'avait dit qu'il avouerait tout si j'arrêtais de la hanter.

-Tu lui as pardonné ? s'étonna Remus.

-Je ne sais pas. Je lui ai dit que j'arrêtais de le « hanter ». Mais…

-Merde, James ! s'énerva Sirius. Tu ne peux pas culpabiliser, toi. Ne me dis pas que tu ne culpabilises pas, coupa-t-il en voyant son meilleur ami ouvrir la bouche. On le sait tous les deux ce que tu penses de la trahison de Peter, de la mort de tes parents, de Lily… Jamie, la prophétie t'oblige à prendre conscience du bonheur et de l'amour qui existe sur terre en te faisant vivre l'inverse, la tristesse, l'abandon…

-Il n'empêche que Peter avait l'impression que j'étais plus proche de vous, qu'il se sentait à l'écart…

-Les relations sont toujours différentes selon les personnes, dit Remus. Sérieusement James, tu ne peux pas comparer ton amitié avec Peter et celle que tu as Sirius. Je n'aurais jamais l'idée de le faire.

-Peut-être parce qu'en deuxième année je t'ai confié mon secret quand j'ai découvert le tien.

-Pet' t'a dit qu'il avait l'impression d'être à l'écart car tu étais plus proche de nous ? répéta Sirius. N'avait-il rien compris à l'amitié des maraudeurs ? On n'était pas James et ses trois toutous ! Tu es peut-être l'Élu, l'héritier de Gryffondor, enfant unique et blabla…

-Le meilleur joueur Quidditch à Poudlard selon certaines et le meilleur élève de notre promotion…

-Ou simplement le meilleur élève que McGo n'ai jamais vu – je n'arriverais jamais à l'appeler par son prénom, grogna Sirius. Évidemment, ce que toi et moi on avait, et qu'on a toujours, est exceptionnel parce que notre amitié est exceptionnelle. Peter n'avait simplement pas l'impact que toi tu avais sur moi, tu es le seul à avoir cet impact sur moi. Peter… il…

-Il nous montrait la réalité, la banalité, termina James. Il était « banal » ! Moi j'étais l'Élu sans le savoir, Remus, tu te transformais en loup une fois par mois, et Sirius avait une pression familiale impossible à imaginer pour nous.

-Peter a voulu montrer qu'il valait quelque chose en trahissant ses amis ? Avoir son « truc », premièrement on ne le choisit pas et deuxièmement, les « trucs » négatifs sont assez dur à porter comme ça. Mais être considéré comme le traître est pire que d'être le loup-garou ou le Black de la bande. Et en plus, quand on n'était pas tous les quatre ensemble, vous étiez toujours ensemble. Je traînais plus souvent avec Peter qu'avec l'un de vous, termina Remus.

-Les choses se sont passées ainsi. On ne peut pas les changer et les comprendre ne nous amènera à rien. Il avait peut-être toutes les raisons du monde de vouloir trahir ses amis mais il ne t'a pas juste vendu à Voldemort. Il était mangemort avant. C'était la taupe dans l'Ordre. Il passé douze ans sous forme de rat. Pettigrow va mourir demain mais Peter est mort à la fin de notre scolarité quand il a fait son choix, conclut Sirius. Et toi, tu n'es pas le centre du monde, tu ne peux pas vivre pour les autres. Ne nous a-t-on pas dit que l'on est maître que de nos propres responsabilités, de nos propres choix ? La vie de Peter lui appartient. Les choix que l'on a faits, nos actes l'ont peut-être conduit à ça mais la réception chez lui de nos actes ne nous appartient pas.

-Je sais. Mais il ne va pas « juste » mourir. Ce n'est pas son corps qui se sépare de son âme qui, elle, continuera le chemin de la vie. Les détraqueurs vont la lui voler…