Anonyme: La fic comptera 106 chapitres dont l'épilogue. Bonne lecture!


Et si tout était différent

Chapitre 100

Retour à Poudlard

L'enfant rigolait. Assis sur les genoux de son père, il tendait sa petite main en direction de ses lunettes rondes. Avec peine, l'homme tentait de reculer afin d'éviter d'avoir ses lunettes brisées sur le sol sous les rires de son fils et sa femme. Plus il essayait d'esquiver les plans du garçonnet et plus les regards qu'il échangeait avec sa jeune épouse le faisaient rire. Jeune père, sa chevelure indisciplinée l'était d'autant plus que quelques instants auparavant, l'enfant avait détruit son long travail capillaire qui était censé lui avoir donné un air un peu plus ordonné. Le bambin ne semblait intéressé que par la monture argenté qui attirait son attention au grand dam de son père qui préférait éviter d'avoir à nouveau des petites traces de doigts sur ses lunettes. Son visage se crispa en une grimace lorsque son père lui enleva son bonnet de Père Noël, révélant ainsi quelques petites mèches noires qui se bataillaient sur sa tête.

La jeune femme soupira face au constat évident qu'il lui serait probablement impossible d'avoir une photo convenable pour Noël avec son fils et le père de ce dernier. Elle passa une main dans sa longue chevelure, leur redonnant un volume décontracté. Plongée dans un échange avec le photographe invisible sur la photographie, elle ne vit pas le regard d'amoureux transi de son mari qui sauva de justesse ses lunettes d'un vol à l'arrachée. Avec son sourire maternel et son regard émeraude qui faisait tant fondre l'homme à ses côtés, elle attrapa le petit garçon pour le poser bien assit sur les genoux de son père et pour qu'il regarde l'appareil photo. Elle lui remit ferment son bonnet rouge au pompon blanc puis elle se pencha vers lui et lui expliqua en lui montrant l'appareil qu'il devait rester bien sage pendant la photo. Alors qu'elle se blottissait contre son mari avec qui elle échangea un regard plein de tendresse, elle ne remarqua ni le flash de la photographie, ni l'attrait que le bambin avait trouvé à son bonnet auquel il essayait d'attraper le pompon blanc et pelucheux. Elle n'avait yeux que pour l'homme qui lui souriait avec son air charmeur.

-Cette photo me donne toujours les larmes aux yeux, intervient Glorfi en fixant la photo de Harry attrapant son bonnet et du regard amoureux de James et Lily.

L'elfe de maison posa son regard globuleux sur la photographie mouvante encadrée dans le vestibule du manoir Potter sans remarquer la grimace de l'homme en noir à ses côtés qui détourna rapidement les yeux du visage heureux de Lily. Il se racla la gorge, s'estimant heureux qu'aucun Potter ne l'ait vu se perdre dans les émeraudes et amoureux de Lily. Il aurait tout donné pour recevoir ce regard-là. Cependant, malgré tout l'amour qu'il avait eu pour sa belle, c'était à James Potter qu'elle dédiait cette étincelle qui pétillait dans son regard. Il aurait tout donné pour la rendre heureuse, pour être celui qui la rendrait heureuse.

-Où est Potter ? Demanda sèchement Rogue, pour se redonner son air insensible.

-Mes maîtres sont sur la terrasse avec Maître Sirius et Maître Remus ainsi que les amis de Maître Harry, expliqua l'elfe qui tendit son doigt en direction de la terrasse lorsqu'il la cita. Glorfi se souvient quand on a fait cette photo, c'était lors du premier Noël de Harry. Il avait que cinq mois mais il était déjà comme son père, intenable ! On a tout essayé pour qu'ils regardent tous les trois l'appareil photo en même temps. Mais, il n'y avait rien à faire, et pourtant on a tout fait avec Maître Sirius, mais quand Harry regardait, Maître James et Lily se regardaient avec leur regard plein d'amour puis…

Les noms de James et de Lily associé au mot « amour » firent fuir Rogue du vestibule. Un petit sourire attendri face aux paroles de Glorfi se dessina légèrement sur ses lèvres. Pour rien au monde il ne l'avouerait mais au fond de lui Rogue savait qu'il aurait tout donné pour vivre la place de James, du moins cette période-là. Il chassa sa nostalgie et sa tristesse et quitta l'elfe de maison dans une grimace dédaigneuse que Glorfi ne remarqua pas, trop occupé à commenter la photo de ses souvenirs. En arrivant sur la terrasse du jardin, il ne fut pas surpris de découvrir le célèvre trio de Poudlard et les maraudeurs assis autour de la table.

-Severus, le salua Remus en premier.

Les deux maraudeurs lui firent écho tandis que les trois étudiants le saluaient d'un vague « Professeur Rogue ». Il leur répondit d'un signe de tête. James fit apparaître une septième chaise aux côtés de Remus. Il refusa poliment lorsque James lui demanda s'il voulait également une coupe de glace plus que majestueuse.

-Pourquoi ta marraine s'est-elle vendue elle-même à Voldemort ? demanda-t-il sans préambule.

-J'espérais que tu répondrais à cette question, grimaça le maraudeur. J'ignore pourquoi elle a fait ça. C'est… Ravenna est un mystère. Et vu qu'elle n'a pas encore compris que si elle partageait ses idées, les autres pourraient tenter de la comprendre... Je peux encore être content que Diego continue de voler au-dessus de la maison, termina James en montrant d'un geste de la main un rapace perché en haut d'un arbre dans la forêt d'à côté.

-Diego ? répéta le Serpentard.

-Son aigle. C'est comme Neve Nere et moi. Si l'héritier meurt, l'animal meurt aussi.

-On comptait sur toi pour nous en apprendre un peu plus et pour essayer de comprendre ce que Ravenna a prévu, ajouta Remus en rappelant le sujet premier de la conversation.

-Elle a dit à Bellatrix qu'elle avait des informations sur l'inconnu qu'elle ne dirait qu'en présence de Voldemort. Elles sont arrivées au manoir comme deux amies et pas comme si l'une d'elles était une prisonnière. Elle a expliqué à Voldemort qu'elle était ta marraine, la marraine de l'inconnu, qu'elle venait d'Italie… ce qui fait qu'à présent tout le camp de Voldemort, ainsi que Voldemort lui-même, est persuadé que l'inconnu et Tellerino ne font qu'un.

-Mais Tellerino a démissionné et personne ne sait où il vit !

-Elle réfléchit quand même, ironisa Sirius à la suite de James, elle se souvient que tu as démissionné hier.

-Elle a dit s'appeler Ravenna, continua Rogue.

-Mais n'a pas précisé son nom de famille ?

-Non. Du moins pas quand les mangemorts étaient là. Je ne peux pas garantir qu'elle ne le dira pas à un autre moment.

-Si elle donne son nom de famille, elle peut directement dire qu'elle est la marraine de James Potter. Ce n'est pas parce qu'elle vivait sans papiers…

-Sans papiers ? répéta Hermione.

-Ouais. Elle n'avait pas de passeport. Depuis plusieurs générations, les trois héritiers n'ont plus d'identité dans un pays pour éviter qu'une généalogie puisse être faite. Mais quand Ravenna est devenu ma marraine, elle a dû signer dans un registre civil ce qui fait que le ministère l'a dans ses papiers maintenant, expliqua James.

-Vous êtes tordus chez les Gryffondors, ne pas avoir d'identité, ricana Rogue.

-Les héritiers de Poufsouffle et Serdaigle ont agit de la même manière.

-Ils sont aussi tordus que vous, alors.

-Sous-entendu que seuls les Serpentards ne sont pas tordus ? répliqua Remus, amusé.

-Ce n'est pas moi qui l'ai dit ! Pour en revenir à ta folle de marraine – la folie est de famille, murmura-t-il en fixant James – elle a dit à Voldemort que tu l'aideras contre Dumbledore.

-Quoi ? Elle a dit que j'allais aider Voldemort ?

-Oui.

-Moi ? Aider Voldemort ?

-Qu'est-ce que tu ne comprends pas, Potter, dans ces trois mots ? ironisa le Serpentard.

-Je ne comprends pas comment associer les trois mots ensembles, dans une même phrase. Je ne vais pas aider Voldemort.

-C'est tout ce qu'elle a dit en présence des mangemorts. Elle dira peut-être d'autres choses à Voldemort en privé, ajouta-t-il arrachant une grimace à James. Quand elle a dit être ta marraine, elle a dit qu'elle était celle qui t'avait tout appris sur la magie…

-Tout ? Elle a pris la grosse tête ou quoi ?

-Elle a insisté sur le fait que tu étais plus puissant que ce que l'on pourrait croire mais surtout que tu pouvais l'aider là où il échouait contre Dumbledore, continua Rogue, ignorant la remarque de James. C'est ce point qui a surtout intéressé Voldemort. Mais elle n'a pas dit ce qu'elle attend de toi.

-Il faut jouer aux devinettes avec elle, maintenant ? râla Harry qui n'avait pas oublié la raison pour laquelle son père avait été absent durant toute son enfance.

-Elle veut que je le désarme… murmura James en réfléchissant. Dumbledore a la baguette de Sureau, il ne peut pas perdre un duel de baguettes, mais contre ma magie sans baguette, il peut être désarmé. Voldemort n'a jamais pu le battre parce qu'il a la baguette invincible mais Dumbledore ne peut pas le vaincre non plus vu que je suis le seul à pouvoir le faire.

-Sauf que Dumbledore croit que l'arme ultime est Potter Junior.

-L'arme ultime ? Merci professeur, ironisa Harry.

-Ça se tient, concéda Remus. Tu peux désarmer Dumbledore, laissant la possibilité à Voldemort de gagner ce combat afin de vous retrouver juste vous deux l'un contre l'autre sans l'intervention de Dumbledore. Et elle t'évite de devoir te battre contre Voldemort et Dumbledore.

-Pourquoi ne pas avoir expliqué ce plan avant ? s'étonna Hermione.

-Parce que nous laisser galérer doit lui sembler plus drôle, répliqua Sirius avec ironie.

-Je ne peux pas raconter tout ça à Dumbledore lors de la réunion de l'Ordre. Je ne vais pas aller lui dire que l'inconnu pourra le désarmer malgré sa super baguette... Je ne suis même pas censé être au courant de la baguette de Sureau.

-Dis simplement que Ravenna s'est rendu auprès de Voldemort volontairement, qu'elle a entraîné l'inconnu, qu'elle est sa marraine, qu'elle vient d'Italie et que je suis très puissant.

-L'Ordre aussi doit penser que l'inconnu est Tellerino, conclut Rogue. Je vous ai tout dit. Je te vois à la réunion, Remus, salua le maître de Potion.

-Ouais.

-Les personne qui sont de notre côté vont sûrement passer au manoir après le départ de Dumbledore pour avoir la vraie version, tu peux venir pour discuter avec nous, si tu veux, proposa James un peu mal à l'aise d'inviter son ancien camarade honni.

-Je vais y réfléchir mais me retrouver entouré par des Gryffondors ne fait pas parti de mes projets, ironisa-t-il avant de disparaître.

-Ce n'est pas ce qu'il fait lorsqu'il vient aux réunions de l'Ordre ? Où on est majoritairement des Gryffondors ? fit remarquer Sirius. Ou alors, il ne parlait pas des Gryffondors mais de nous trois, corrigea-t-il.

Peu après le départ du Maître des Potion, Remus se rendit au quartier général et en profita pour ramener Ron et Hermione. Dans le ciel, le soleil commençait à décliner gentiment lorsque peu à peu les membres de l'Ordre quittèrent la réunion pour se rendre au manoir Potter. Toute la famille Weasley arriva. Les jeunes, qui n'étaient toujours pas autorisés à participer aux réunions ordonnées par Dumbledore, purent apprendre ce qui s'était passé durant la journée. Sans surprise, Rogue ne revint pas au manoir. Kingsley, Remus et Arthur relatèrent rapidement les paroles du Serpentard à James et Sirius ainsi qu'aux adolescents. Lorsque le discours indirect de l'ex-mangemort les avait informés de l'origine italienne de l'inconnu, toutes les hypothèses sur son identité s'étaient arrêtées sur celle de Tellerino. Désormais, l'auror italien était passé de l'homme à renvoyer dans son pays à celui qu'il fallait absolument retrouver.

-Maugrey et Dumbledore n'ont pas apprécié que je leur rappelle que je les avais avertis que Tellerino était plus puissant que tout ce qu'il laissait paraître. Je croyais en la puissance de Tellerino bien avant de savoir qu'il s'agissait de l'élu de Gryffondor, ajouta Kingsley. Selon Dumbledore, pour ne pas montrer qu'il aurait pu commettre une erreur en refusant de me croire sur Tellerino, la présence de Ravenna chez Voldemort est la preuve-même que Tellerino et l'inconnu sont du mauvais côté.

-Du mauvais côté ? répéta James. Je suis intervenu contre Voldemort et ses partisans à chacune de mes apparitions.

-Du mauvais côté pour lui ! Pour Dumbledore, les camps opposés sont le nôtre – celui de l'inconnu – et celui de Voldemort. Car dans les deux cas, James et Voldemort l'empêchent de prendre le pouvoir et de manipuler à sa guise le monde sorcier. Mais pour Voldemort, Dumbledore et James sont le mauvais côté… expliqua Remus.

-Et pour nous, Dumbledore et Voldemort sont les camps ennemis. Le ministère et toutes les personnes qui ne sont au courant de ce qui se passent que par la presse, elles sont de quelle côté ? ironisa Sirius.

-Ils n'ont pas encore de côté, répondit James. Que sont les plans de Dumbledore ?

-Retrouver Tellerino, apprendre tout ce qu'on peut sur lui, et Rogue doit en apprendre encore plus sur Ravenna.

-Rogue a raconté tout ce qu'il sait à Dumbledore ? Est-ce vraiment bien que Dumbledore sache tout ce qu'il se passe dans le camp de Voldemort ? s'étonna Arthur.

-Rogue est passé plus tôt au manoir, répondit Remus. C'est pour ça qu'il n'est pas venu avec nous maintenant. Il nous a déjà donné les informations complètes.

-Mais on a décidé de ne pas tout dire à Dumbledore. Juste le minimum pour que Rogue puisse jouer son rôle d'espion, ajouta James. Ravenna a donné son nom à Voldemort et elle s'est engagé auprès de lui en promettant que j'aiderais Voldemort contre Dumbledore.

-Toi et Voldemort, ensemble ? répéta Kingsley.

-Ouais, pour éviter que je doive combattre Voldemort et Dumbledore. Mais Voldemort ne pourra pas gagner contre la baguette de Sureau. Seulement, elle ne m'a rien expliqué alors on se base essentiellement sur des hypothèses...

Glorfi interrompit la discussion en apportant deux grandes assiettes rempli de cookies chocolatés et un pichet de limonade. Il servit discrètement les adultes et les adolescents qui étaient restés étonnement silencieux pendant la conversation.

-Et pour les enfants ? coupa Molly en désignant les quatre étudiants.

-Les enfants ? répéta Sirius, sans comprendre.

-Oui. La rentrée a lieu dans un peu plus d'une semaine. Les laisser retourner à Poudlard n'est-il pas dangereux ? expliqua-t-elle en regardant James.

-Je pensais laisser Harry y retourner. Poudlard reste Poudlard.

-Le contrôle total de Dumbledore sur Poudlard ne t'inquiète-t-il pas ? insista-t-elle. Ne crois-tu pas que Harry pourrait se retrouver en danger ?

-Il y a passé six ans, répondit James dans un haussement d'épaule.

-Mais les choses n'ont-elles pas changées ?

-Molly a raison, Dumbledore a la pierre de résurrection depuis cet été. Qui te dit qu'il ne voudra pas la cape de Harry pour avoir la dernière relique ? appuya Kingsley.

-La cape restera au manoir.

James passa une main dans ses cheveux, empirant son désordre capillaire. Il songea que ses réflexions faites durant toutes les vacances allaient devoir bientôt se fixer. Il ne pouvait attendre le jour précédent la rentrée pour en parler avec son fils concernant sa scolarité. Cependant, il ne pouvait pas s'imaginer interdire Poudlard à Harry car c'était le passage obligé de tout apprenti sorcier, d'autant plus pour l'héritier de Gryffondor. Mais surtout, il n'avait jamais été présent auprès de son fils et devoir lui interdire quelque chose de si important le rendait mal à l'aise. Il lui semblait que la décision ne lui appartenait pas. Harry avait son mot à dire.

-Speri che tutto potrebbe essere finito prima che ritorna a scuola? (Tu espère que tout pourrait être fini avant qu'il retourne à l'école?)

-Le cosa possono cambiare molto rapidamente. (Les choses peuvent changer très vite), répondit James. Ma non hanno bisogno di sapere che è possibile che questa storia sia finita prima il primo settembre. (Mais ils n'ont pas besoin de savoir qu'il est possible que toute cette histoire soit finie avant le premier septembre).

-Lo so. So anche che hai una speranza che può ritornare a una scuola con nessuno pericoloso. E in questa situazione potrei avere solo delle preoccupazioni di scuola. (Je le sais. Je sais aussi que tu espère qu'il puisse retourner dans une école sans danger. Et dans cette situation, tu pourrais n'avoir que des soucis scolaire), ironisa Sirius.

-Harry ira à Poudlard s'il le veut, répondit James en se tourna vers Molly. Je crois qu'ils sont tous les quatre capables de savoir s'il est préférable de ne pas y retourner, ajouta-t-il en désignant son fils, Ron, Hermione et Ginny d'un signe de tête. De plus, trouver une excuse à donner à Dumbledore ne l'empêcherait pas de s'interroger sur ce refus d'envoyer les jeunes à l'école. S'ils ne vont pas à Poudlard, Dumbledore va se poser des questions…

-Et répondre que Poudlard n'est plus l'endroit le plus sécurisé ne serait pas une bonne réponse, termina Tonks. James a raison, laissez les jeunes choisir. Ils sont capables de choisir par eux-mêmes.

-Qu'en pensez-vous ? demanda Remus alors que toutes les têtes se tournaient vers les quatre étudiants assis en bout de table qui s'étaient montrés discrets pendant toute la discussion.

-Il est vrai que Poudlard reste Poudlard, que c'est important qu'on ait terminé notre formation, décréta Hermione. Mais en même temps, Poudlard, comme le reste de l'Angleterre, n'est pas sûr. Poudlard n'est pas sûr car Dumbledore maîtrise tout là-bas et qu'il voudra la cape de Harry. Si Harry refuse de la lui donner, on ignore ce qu'il fera. Mais s'il répond que c'est Sirius qui l'a, Dumbledore ira la demander à Sirius, voire même à Remus. Cependant, si on refuse d'aller à Poudlard, qu'est-ce qu'on va dire à Dumbledore ? Qu'on n'a pas confiance en lui ? Aucune excuse valable n'est plausible. Et on vous mettrait aussi en danger.

-On ira à Poudlard, conclut Harry en coupant sa meilleure amie qui voulait encore argumenter. Si on a un problème, tu peux te téléporter dans le château, n'est-ce pas ? ajouta-t-il en direction de son père.

-Bien sûr. Je l'ai fait plusieurs lors de ta dernière année scolaire.

-Créer une fausse cape, serait-ce une possibilité ? coupa Hermione, le visage illuminé par une soudaine révélation.

-Une fausse cape ? D'invisibilité ? Ses propriétés d'invisibilité ne tiendraient pas longtemps ou n'auraient rien de comparable à la vraie.

-On va à Poudlard – ainsi, pas de soupçons de la part de Dumbledore – et Harry lui donne une cape d'invisibilité s'il le lui demande. Une fausse cape.

-Il le remarquera. Ce n'est pas la vraie, contredit James.

-Pas avec un sort d'illusion bien exécuté et le fait que la cape vienne de Harry. Il lui fera croire que c'est la vraie. Harry ira même la lui redemander quelques jours plus tard en insistant que c'est un objet familial et qu'il y tient pour prouver sa valeur.

-Je suis d'accord avec le plan d'Hermione, accepta Harry. On va à Poudlard. Et on prend Neve Nere, ajouta-t-il. Tu pourras me surveiller tout le temps.

-On y retourne aussi, approuva Ron après avoir échangé un regard avec sa petite sœur.

-Vous êtes sûr ? s'inquiéta Molly.

-Maman, si on n'y va pas, on poussera Dumbledore à s'interroger et ça sera encore plus dangereux, la rassura Ginny.

Molly, peu rassurée à l'idée de laisser ses enfants partir à Poudlard dirigé par Dumbledore, se força à accepter le choix des étudiants. Elle ne répliqua rien et tenta de se convaincre que si son mari pouvait laisser leurs enfants quitter la maison pour l'insécurité et que si James approuvait le départ de son fils unique, qui se retrouverait sans aucun doute sous la surveillance de Dumbledore, elle devait pouvoir le faire également. Leur dire au revoir allait être encore plus douloureux que lors des autres années où elle était sûre qu'elle les retrouverait sain et sauf.

Plus les jours approchaient du départ pour l'école et plus James redoutait ce moment. Les mois passés avec son fils avaient été si précieux que devoir le laisser repartir sans savoir dans quelles circonstances il le reverrait l'angoissait. Il avait préféré ne pas l'avouer devant Molly qui s'affolait avant même le départ, mais l'idée de laisser Dumbledore pouvoir s'en prendre aux adolescents le dérangeait. Avouer que lui-même craignait ce qui pouvait arriver à son fils aurait augmenté ses craintes de mère. Seul Sirius et Remus étaient conscient de ce que pensait réellement James. Son seul espoir qui était en même temps celui qu'il redoutait le plus était que le combat entre Voldemort, Dumbledore et lui-même se déroule avant le départ de Harry. Dumbledore démi de ses fonctions de directeur de Poudlard, le château retrouverait sa sécurité légendaire et sa magique majesté. Mais plus les jours arrivaient et plus il devait se rendre à l'évidence que Voldemort ne préparait rien.

Le jour précédent la rentrée arriva enfin, au grand désarroi de l'héritier de Gryffondor qui aurait souhaité que Ravenna fasse bouger les choses avant le retour sur les bancs de l'école de son fils. Judith vint passer une partie de l'après-midi au manoir, le dernier jour que Harry et elle pouvaient passer ensemble. Préférant se dire au revoir loin des regards des deux maraudeurs, Harry la conduisit dans le jardin fleuri du manoir où ils se baladèrent, d'abord en silence, préférant ne pas aborder le sujet tabou du départ. Prenant son courage à deux mains, il lui prit la main et la guida vers un banc en pierre claire. Ils s'assirent côte à côte et Harry garda ses doigts enlacés aux siens. Son regard quitta la vision de leur main unie pour plonger ses émeraudes dans ses yeux aussi profonds que l'océan. Son cœur accéléra la cadence. Il déglutit avec peine tout en cherchant les mots pour lui dire au revoir même s'ils pouvaient se revoir lors de ses prochaines vacances.

-On se reverra. D'ici quelques mois, mais on se reverra, déclara-t-elle, le coupant dans ses pensées.

-J'ignore ce qu'il va se passer avec la guerre qui se déroule chez les sorciers, avec Dumbledore, Voldemort…

-Harry, votre guerre touche toute l'Angleterre. Les morts ne sont pas que sorciers, des moldus sont aussi tués. Mais ce n'est pas ça qui me fait peur. Je sais que tout va bien se terminer. Tu dois y croire encore plus que moi.

-Ça me fait plus peur de me dire que je ne pourrais pas te voir pendant plusieurs mois, avoua Harry. C'était plutôt une excuse de citer la guerre pour éviter de m'avouer que ne pas te voir va être difficile.

-On pourra s'écrire.

-La poste moldue ne peut pas trouver mon école. On s'écrit par hibou dans mon monde. Mais je peux t'écrire avec Hedwige.

-Je vois bien la tête de mes parents si tu m'écris avec ta chouette ! Mais tu n'es pas autorisé à rentrer chez toi lors des weekends ou au moins pendant les vacances ? Je rentre tous les weekends à la maison.

-Je ne rentre qu'à Noël pour deux semaines et après je reste à Poudlard jusqu'aux vacances d'été. Mais tu peux amener les lettres ici à mon père et Glorfi et ils me les feront parvenir. Moi, j'envoie mes lettres ici et ils te les donneront.

-D'accord. On se verra à Noël et on s'écrira, promit Judith en serrant un peu plus encore ses doigts autour de la main de Harry.

-Je me réjouis des vacances de Noël alors, murmura l'adolescent.

De sa main droite, il lui caressa la joue tout en gardant son regard braqué dans le sien. Du bout des doigts, il replaça une mèche derrière son oreille. Puis, traçant une ligne invisible depuis son oreille jusqu'à la commissure de ses lèvres en la longeant, il effleura la peau douce de son visage. Délicatement, il passa son pouce sur ses lèvres tout en les fixant de son regard émeraude. Se rapprochant peu à peu, il pouvait sentir son souffle contre sa bouche tandis qu'il posait sa paume sur sa joue qui avait légèrement rougie. Son cœur tambourinait à toute vitesse dans sa poitrine. Dans sa tête, toute réflexion était abolie. Son corps dictait ses mouvements. Il releva les yeux pour voir que la jeune femme avait fermé les siens et que sa bouche était légèrement entrouverte.

Ses lèvres touchèrent avec délicatesse et hésitation celles de Judith. Malgré le fait qu'il connaissait la douceur de ses lèvres, les quelques baisers qu'ils avaient déjà échangés étaient chastes et rapides. Symbole de leur peur initiale de l'amour et de l'autre, leurs baisers se métamorphosaient en une allégorie parfaite de la profondeur que prenait leur relation. Aucune pensée rationnelle ne pouvait prendre le dessus sur le désir qui enflammait leur corps. Timidement, la langue de Harry se heurta aux lèvres féminines pressées contre sa bouche. Sa main descendit lentement vers la base de son cou tandis que leurs langues se rencontraient.

Les joues rougies, ils se détachèrent l'un de l'autre pour reprendre leur souffle. Se plongeant dans le regard de l'autre, Harry appuya son front contre le sien. Sa main suivit la chaîne argentée du collier dans une caresse aérienne pour s'arrêter sur le pendentif en forme de croix posée sur le sternum de la jeune fille.

-Tu vas me manquer.

Elle posa ses lèvres à nouveau sur celle du jeune homme, évitant de répondre et de dire à haute voix ses craintes de ne plus se voir. Il répondit avec fougue. Sa main se détacha de la sienne pour aller se poser dans son dos et pour la rapprocher un plus de lui. Il sentit ses fins doigts venir se perdre dans sa chevelure indisciplinée. Préférant ne pas parler de leur future séparation physique, ils profitèrent de leur dernier après-midi pour se témoigner leur sentiment sans user de la moindre parole. Lorsqu'il fut l'heure de se dire au revoir, ils se quittèrent à contrecœur. Ils prirent le chemin en sens inverse, n'oubliant jamais ce dernier jour d'août où ils avaient échangé leur premier réel baiser au milieu des fleurs du jardin Potter.

C'est main dans la main que James et Sirius les virent arriver. Assis par terre sous le parasol, des feuilles éparpillées entre les deux maraudeurs étaient parcourus d'écriture rouge ou bleu. Harry ne les remarqua pas, l'esprit perdu dans son départ proche pour Poudlard et la séparation avec cette nouvelle vie. Les deux meilleurs amis échangèrent un rapide regard amusé en remarquant la chevelure du jeune homme encore plus indisciplinée que d'habitude, leurs lèvres rougies et leur regard assombri par le désir qu'ils venaient de ressentir. Judith les salua.

-Aux vacances de Noël, j'imagine, répondit James.

-Sûrement, avoua-t-elle. Au revoir.

-Bye, répliquèrent les maraudeurs en les suivant du regard alors que Harry la raccompagnait vers le portail.

-Je vais faire ma valise, décréta Harry sans leur laisser le temps de répondre lorsqu'il revint après avoir dit un dernier au revoir à Judith.

Il monta rapidement dans sa chambre. Son cœur était serré. Nerveusement, il donna un coup de pied contre sa table de chevet. En grimaçant, il rattrapa sa lampe de chevet qui avait tenté de s'enfuir de son poste. D'un geste rageur, il attrapa sa grosse malle et la posa sur son lit. D'un mouvement brusque, les portes de son armoire furent ouvertes. Balayant rapidement les tablettes remplis d'habits, il songea avec tristesse que c'était la première fois qu'il ne souhaitait pas retourner à Poudlard. Il avait aimé ses vacances, retrouver sa famille, avoir une vie normale, rencontrer Judith. Il prit sa pile de tee-shirt et réalisa qu'en un été il avait refait sa garde-robe, que le souvenir des Dursley constamment rappelé par les habits trop grands et usés qui avaient appartenu à son cousin n'étaient plus là. Dans sa main, les vêtements qu'il tenait lui avaient été offerts par son père. Il fixa sa chambre qu'il allait devoir quitter. Le lustre au dessus de son lit l'impressionnait toujours autant. Un bruit contre la porte le ramena à la réalité.

-Je te dérange ? demanda James appuyé contre l'embrassure de la porte.

-Non. Pas du tout, répondit Harry en acceptant d'un geste de la tête que son père entre dans sa chambre.

D'un simple regard, la malle se décala à l'autre bout du lit et James s'assit là où elle se trouvait quelques minutes auparavant. D'un signe de tête, il montra la place à côté de lui à son fils qui vint le rejoindre, le sourire effacé.

-Ça va ?

-Je ne pensais pas que retourner à Poudlard pourrait aussi peu me réjouir. Même l'année passée, j'appréhendais d'y retourner après le retour de Voldemort, la mort de Cédric... et je ne voulais pas quitter le 12 Square Grimmaurd. Mais ce n'est pas comparable à ce que je ressens cette année. J'ai toujours voulu avoir une famille. Maintenant que je l'ai, je ne veux pas repartir.

-C'est la maison que tu ne veux pas quitter ou c'est le village ? demanda James avec un petit sourire.

-Les deux. Même si je ne pensais pas que ça serait aussi dur d'imaginer quatre mois sans Judith.

-Mais vous vous êtes bien dit au revoir, remarqua-t-il avec un air entendu.

-Ce n'est pas ce que tu crois, s'empressa de répondre son fils dont le visage avait pris une couleur rouge.

-Je n'en crois rien. J'ai eu seize ans et je suis aussi tombé amoureux. Je sais ce que c'est. Tu as le miroir à double sens ?

-Oui. Il faudra répondre si je vous appelle. Aux dernières nouvelles, toi et Sirius n'êtes pas en même temps dans la douche. Il y en aura toujours un qui pourra me répondre, rétorqua ironiquement Harry.

Soudainement, le second miroir apparut entre les mains de James. Il le tendit à Harry, qui le prit sans comprendre.

-Amène-le à Judith. Vous voulez vous voir, vous parler… Il vous sera plus utile. Vous ne pourrez pas vous embrassez mais c'est mieux que rien, ajouta-t-il.

-Mais… Et nous ? Ils sont à vous ! Je ne peux pas accepter…

-On les a piqués dans le bureau du concierge quand on était à Poudlard. Ils ne sont pas réellement à nous. Et pour parler avec nous, tu demanderas à Neve Nere de m'appeler, de me dire où on se retrouve et à quelle heure, et je me téléporterai à Poudlard. Pour me dire quelque chose, passe par Neve Nere. Je viendrais à Poudlard si on doit parler. Si tu es en danger, je le saurai avec la gourmette.

-Merci, accepta Harry en montrant les miroirs. Tu vas me manquer, papa.

-Toi aussi, mon fils, répondit James en passant son bras autour des épaules de son fils. Ne grandis pas trop jusqu'à Noël. Je ne me sens déjà pas très grand alors si même mon fils devient plus grand que moi, ça ne le fera pas !

-J'essaierai, promit l'adolescent en souriant. Mais je ne pense pas que tu aies à t'en faire.

-Ça fait parti du jeu de la vie. Les jeunes partent un jour ou l'autre de la maison. Poudlard est juste une transition entre l'enfance et le monde des adultes. Je me souviens comme si c'était hier du jour où je suis parti à Poudlard, ton grand-père tentait de ne rien montrer mais je voyais bien que l'idée de me voir partir durant quatre mois ne lui plaisait pas.

-Dumbledore était déjà directeur, rétorqua Harry.

-Ce n'est pas que Dumbledore et ses plans machiavéliques... C'est le fait de devoir laisser son enfant prendre son envol qui fait peur aux parents. Toi et moi, on a eu un été pour apprendre à se connaître et on vit ce que tes camarades ont vécu quand ils avaient onze ans. À la différence près qu'on pourra se voir quand je viendrais à Poudlard.

-Ces vacances ont été les meilleures de ma vie. Je me sens vraiment chez moi même si parfois j'ai de la peine à réaliser que c'est vraiment chez moi.

-Le manoir t'appartient. C'est ta maison et ses portes te seront ouverte dès le 22 décembre.

-Tu connais la date à laquelle je reviens, se moqua faussement Harry pour ne pas montrer que cela le touchait.

-Bien sûr. Pour savoir jusqu'à quand on peut partir en vacances avec Sirius quand Voldemort et Dumbledore seront morts. Bon, on la fait cette valise ?

-Ne me presse pas ! répliqua Harry en se levant d'un bond avant de tirer sa valise et d'aller chercher ses habits. Il ne faudrait pas que je grandisse trop sinon je vais devoir me racheter des habits prochainement. L'avantage avec ceux de Dudley, c'est qu'ils n'étaient jamais trop petits !

-Et ? On retournera faire les magasins si tu as grandis. Tu les as essayé tes robes d'école que j'ai été te chercher ?

-Oui. Et j'ai vérifié, j'ai toutes mes affaires, tu n'as rien oublié, ironisa l'adolescent.

James regarda son fils s'affairer autour de sa valise, la remplissant d'habits, de livres et autres. James ne pouvait s'empêcher d'imaginer la difficulté que William avait eu de le laisser partir. Après un été, il peinait à voir son fils partir et pourtant, ils avaient vécu durant si longtemps séparés. Le dernier repas en famille se passa silencieusement. Harry ne voulait pas quitter le manoir, James ne voulait pas voir son fils partir du domaine familiale, Sirius ne voulait pas imaginer ce que Dumbledore pourrait faire à son filleul et Glorfi ne voulait plus quitter son jeune maître qu'il venait de retrouver. Le repas était délicieux, l'elfe de maison s'était surpassé, recherchant peut-être un moyen de convaincre Harry de ne pas retourner à l'école. Il avait toujours redouté les rentrées scolaires, déjà quand James était adolescent. Après souper, Harry s'éclipsa dans le village avec l'autorisation des maraudeurs pour amener le miroir à Judith. Pour sa sécurité, Neve Nere l'accompagna mais ne transmit pas à James le langoureux au revoir qui se déroula sous ses yeux.

-Tu ne viens pas la gare, j'imagine ? demanda Harry en fixant son père le matin du premier septembre. Les tartines de Glorfi vont me manquer.

-Je pensais venir. Sous la cape.

-Sérieusement ? Sous la cape ?

-Ouais. Je ne peux pas te laisser partir d'ici sans te dire au revoir là-bas.

-Et ça te rassure d'être avec nous dans une zone bondée, propice à une attaque de Voldemort malgré la présence exagérée d'aurors, traduisit Sirius.

-J'avoue.

Quelques heures plus tard, James passait avec nostalgie la cape sur ses épaules sous le regard de Harry qui réalisait alors que pour la première fois, il n'aurait pas la cape d'invisibilité avec lui.

-Je te la rendrais quand Dumbledore ne pourra plus te la voler.

-J'ai toujours la carte du maraudeur, rétorqua Harry.

James se téléporta avec Sirius et Harry à ses côtés. Il resta avec eux. Tous les regards se braquaient sur eux. Les murmures peu discrets se faisaient remarquer le long de leur passage. Ils se rendirent rapidement sur la voie 9 ¾. Ils repèrent les Weasley et Hermione qui les attendaient.

-Vous voilà enfin ! s'exclama Molly.

-Il est 10h52, Molly. Pas de panique.

-Harry n'est habituellement pas le dernier à être prêt pour partir, contrairement à d'autres, ajouta-t-elle en se tournant vers son fils cadet.

-Hey ! Je n'étais pas en retard ce matin ! se vexa Ron sous les sourires de ses meilleurs amis.

-On a préféré venir à la dernière minute que trop tôt.

-Pour éviter tous ces regards, ajouta la voix de James.

-Il est temps de monter, coupa Hermione.

-D'accord, j'arrive. Je dis vite au revoir. Montez, ajouta Harry avant de se tourner vers Sirius. On se voit à Noël.

-Sûrement avant, avoua Sirius.

-Bien sûr que ça sera avant. Je peux me téléporter à Poudlard, je vais évidement aller rendre visite à mon fils, contredit la voix de James.

-Ne me crie pas dans l'oreille, Jamie, siffla Sirius en se retenant de tourner la tête.

-C'est plus logique que Harry regarde dans ta direction quand je lui parle. Et je ne criais pas dans ton oreille. Va voir ce que signifie le mot crier dans un dictionnaire, grogna-t-il.

-Soyez sages, ordonna Harry. Pas de bêtises durant mon absence, précisa-t-il avec un petit sourire en coin avant de détaler dans le train.

-Je n'aime pas du tout ce petit sourire qu'il avait. On dirait qu'il sous-entendait des choses fausses, souffla Sirius.

-Je crois que c'est ce qu'il sous-entendait.

-Faut vraiment qu'on voit des femmes quand tout cela sera fini. Sinon ton fils va continuer ses insinuations douteuses.

-Si tu ramènes une femme au manoir, trouve-toi une chambre autre que la mienne, grogna James.

Un son strident les interrompit. Le train bougea dans un roulement mécanique et quitta la gare, emportant les adolescents pour une nouvelle année. Dans le train, Harry regarda à travers la fenêtre. Le train quitta la ville pour s'aventurer dans la campagne anglaise. Plongé dans ses pensées, il caressait machinalement le chat allongé sur sa cuisse.

-Ça va Harry ? s'inquiéta Hermione en posant une main sur son genou.

-C'est juste bizarre de quitter la maison. Avant j'avais l'habitude de rentrer à la maison à Poudlard. Mais cet été, je me sentais vraiment à la maison.

-Peut-être parce que c'était ta vraie maison, rappela la jeune femme.

-Mais on est tous passé par là. On sait à quel point c'est dur de quitter sa famille la première fois, expliqua Ron.

-Vous aviez onze ans quand vous aviez quitté votre famille pour la première fois et pour quelque chose que vous ne connaissiez pas.

-Mais cette fois on s'embarque dans quelque chose d'inconnu aussi. Poudlard sera différent. Une guerre a lieu, ajouta Ginny. Je vais retrouver Luna. À plus tard.

-Vous pensez que Dumbledore va te demander la cape ? demanda Ron après avoir vérifié que sa sœur avait bien fermé la porte.

-Logiquement, oui, répondit Harry. Il sait que j'ai la dernière relique et selon Ravenna, il a les deux dernières.

-Que va faire ton père des reliques ?

-Comment ça ?

-Il va désarmer Dumbledore donc sera le propriétaire de la baguette de Sureau, il a déjà la cape et il ne sera pas difficile qu'on puisse trouver la pierre. Que penses-tu qu'il en fera ? demanda Hermione.

-On ne peut pas les garder. J'imagine qu'on va les détruire.

-Détruire la cape ? répéta Ron.

-Peut-être pas la cape. C'est un symbole de la famille. Je m'y opposerais s'il devait vouloir la détruire même si c'est une relique. C'est la seule chose que j'avais de lui pendant très longtemps.

Un miaulement le coupa. Les trois adolescents regardèrent Neve Nere surpris.

-Sirius m'a expliqué que pour communiquer avec, il lui posait des questions où la réponse devait être oui ou non. Un miaulement c'est oui et deux miaulements signifient non, expliqua Harry. Papa ne détruira pas la cape ?

Neve Nere répondit par deux miaulements, à la grande surprise des adolescents !

La porte s'ouvrit, coupant court à leurs questions. Apparut, sur le seuil de la porte, Neville.

-Neville ! Comment vas-tu ?

-Bien et vous ? répondit-il en fermant soigneusement la porte. Ginny m'a dit que je vous trouverai ici.

-Tout va bien.

-Harry vit son premier départ nostalgique loin de la maison, ajouta Ron.

-Hey ! s'offusqua Harry qui baissa alors les yeux sur le félin ronronnant sur ses genoux, se demandant s'il racontait à James ce qu'il ressentait.

-Tu as vu Luna ? coupa Hermione.

-Oui. J'étais dans son compartiment avant. Elle va bien. Tu as repris ton chat ? remarqua Neville en désignant Neve Nere.

-Ouais. Il est chargé de surveiller.

Quelques heures plus tard, le soleil commençait à décliner. Hermione partit rejoindre Ginny et Luna pour se changer, laissant les trois garçons ensemble.

-Toi et Hermione, vous en êtes où ? demanda Neville innocemment en direction de Ron, provoquant un sourire amusé chez Harry.

-Comment ça ? s'étonna Ron. Pourquoi tu ris, Harry ?

-Je pensais à une histoire que m'a raconté Sirius l'autre jour, inventa Harry pour ne pas devoir avouer que la naïveté de son meilleur ami sur sa relation avec Hermione l'amusait.

-Et avec Judith, t'en est où ? rétorqua ledit meilleur ami qui avait compris l'allusion qui était faite concernant sa relation avec Hermione.

-Ce n'est pas drôle, se vexa Harry. Imagine dire au revoir à Hermione pour quatre mois.

-Je suis sûr qu'Hedwige acceptera de lui amener tes mots doux, le rassura Neville.

-J'ai mieux ! Mon père et Sirius nous ont donné les miroirs à double sens pour parler de vive voix.

-Le miroir que tu avais utilisé à la fin de l'année dernière ?

-Oui.

-Tu ne l'utiliseras pas avec eux ?

-Non. Si je dois leur parler, je dois demander à Neve Nere de les appeler et ils viendront à Poudlard.

-Ça nous évitera des évènements comme ceux du ministère, se moqua Ron.

Le train s'arrêta dans la gare de Pré-au-Lard. Ils se dirigèrent vers les calèches où ils retrouvèrent les trois jeunes femmes. La lune en forme de large croissant avait déjà pris place dans le ciel. Ils montèrent tous les six. En prenant place, Harry prit Neve Nere sur ses genoux pour éviter de l'écraser dans le capuchon. Il réalisa alors que le félin venait ici pour sa neuvième année.

-Plusieurs élèves de Serpentard ne sont pas là, leur apprit Hermione. Des élèves comme Malefoy.

-Les mangemorts en herbe ou déjà mangemorts, constata Ron.

-Vous pensez que ça signifie quelque chose ? demanda Harry.

-Sûrement rien. Vous-Savez-Qui doit sûrement préférer éviter d'avoir de futures nouvelles recrues sous l'observation et les manipulations de Dumbledore.

Ils sortirent de la calèche et le félin en profita pour retourner se cacher dans la capuche de l'uniforme de Harry. En voyant le château face à lui et en repensant à ce qu'il avait appri au début de l'été, il réalisa alors que l'école qui se dressait devant lui avait été fondée par son ancêtre. Il se sentit encore plus fier face à la majestueuse du château. Ils passèrent les portes du portail. Un peu plus loin, ils virent la maison de Hagrid, Hagrid qui avait tant fait confiance en la mauvaise personne.

Marchant dans l'herbe en direction des grosses portes en bois, une détonation derrière eux les fit soudain sursauter. En effet, autour d'eux, des mangemorts transplanaient les uns après les autres, encerclant les élèves qui entraient par le portail ouvert et qui n'avaient hélas pas eu le temps de se retrouver derrière les murs rassurant du château. Lorsqu'ils se retournèrent, ils virent au loin les débris des battants du portail ouvert. Bellatrix éclata d'un rire témoignant de sa folie en regardant l'état du portail et l'ouverture aux mangemorts qu'elle avait faite.

-On ne peut pas transplaner dans l'enceinte de Poudlard ! siffla Hermione en regarda un homme masqué apparaître face à eux.

Harry observa le nombre exubérant de mangemorts présent sur la pelouse de l'école et tous les élèves entourés par eux. Il se retourna légèrement vers la forêt interdite derrière lui et vit que là encore des hommes s'y trouvaient. Il n'eut pas le temps de se demander ce que faisaient les professeurs que Voldemort se matérialisa devant lui. Il déglutit en voyant le sourire satisfait qui s'étirait sur ses lèvres en le voyant face à lui.

-Harry Potter ! Nous nous retrouvons. Ton parrain t'a laissé quitter votre petite cachette, ironisa-t-il. Quel dommage ! De plus, l'inconnu ne pourra pas venir te sauver cette fois, il n'aura pas le temps d'arriver, décréta-t-il en pointant sa baguette sur l'adolescent. Avada Kedavra !

En le voyant viser, Harry n'eut que le réflexe de poser sa main gauche sur la gourmette en espérant que cela appellerait James et il ferma les yeux, priant le ciel.

James ! Attaque à Poudlard !