Et si tout était différent

Chapitre 105

Discours

Lorsque Harry quitta l'infirmerie, il se vit harcelé par les journalistes, avides de nouveaux scoops. Il réussit à leur échapper et rejoignit ses amis dans la salle commune. Assis dans leur coin près du feu, Hermione était blotti dans les bras de Ron et en face d'eux se trouvaient Ginny et Neville.

-Comment va ton père ? demanda Hermione lorsque Harry se fut affalé entre Neville et Ginny.

-Bien. Ils comptent partir en Nouvelle-Zélande, annonça-t-il après avoir vérifié que personne ne les écoutait.

-En Nouvelle-Zélande ? répéta Ron.

-Oui. La Nouvelle-Zélande. Pourquoi là-bas ? Je l'ignore. Mais ils m'ont dit qu'ils seraient de retour pour les vacances.

-De toute façon, tu es à Poudlard, remarqua Neville. Ça ne change rien pour toi.

-Ca me fait un peu bizarre de me dire qu'ils ne seront pas tout près. Mais vu que les problèmes Voldemort et Dumbledore sont réglés, ils n'ont aucune raison d'être « papa poule ».

-Qui est-ce que tu regardes avec ce sourire niais, Ginny ? tonna Ron en se retournant brusquement. Seamus ? Si tu flirtes…

-Vu les baisers qu'on a échangé hier, on ne fait pas que flirter, répondit la jeune fille en rougissant.

-Quoi ? Je vais aller lui casser la gueule, se fâcha le rouquin qui fut retenu par son meilleur ami.

-Ron, Ginny est assez grande pour savoir ce qu'elle fait. Laisse-la faire son expérience.

-S'il te fait du mal, il va regretter d'être né.

-Tu n'as pas de soucis à te faire, le rassura Ginny.

-Tu sais ce qui est prévu pour cette nouvelle cérémonie ? interrogea Hermione en tentant de changer les idées de Ron.

-Aucune idée. Mon père va parler devant tout le monde. J'espérais que le coup « James Potter est toujours vivant » me ferait un peu oublier, avoua Harry. Mais vu la courte poursuite que j'ai dû faire pour échapper aux journalistes, ils vont encore moins m'oublier…

-Impossible ! confirma Ginny.

-Euh Ginny ? Est-ce que tu serais d'accord pour descendre à la Grande Salle avec moi ? les interrompit Seamus en rougissant. La cérémonie va bientôt commencer…

-Volontiers, accepta vivement Ginny qui remercia d'un rapide regard Harry qui avait réussi à maintenir le rouquin qui bouillonnait de protection envers sa petite sœur.

Après leur départ, Harry et ses amis descendirent à leur tour. Ils y retrouvèrent Luna auprès de qui ils s'installèrent, ignorant le fait de ne pas s'asseoir à leur propre table. Les jumeaux Weasley les rejoignirent.

-Alors Harry, tu ne te sens pas trop seul avec des couples ? ricana George. Entre Ron et Hermione, Luna et Neville…

-Ginny et Seamus, ajouta Ron.

-Seamus, sifflèrent les jumeaux en tournant la tête vers ledit Gryffondor assis aux côtés de la rouquine qui rougissait de plaisir sous les paroles qu'il lui contait.

-Surveille-le, Ron, ordonna Fred. Dis-moi Harry, où sont les maraudeurs ? ajouta-t-il en baissant la voix pour éviter que les personnes autour d'eux ne viennent les écouter.

-Ils seront là pour la cérémonie. Pourquoi ?

-Ils ont été nos modèles pendant toutes nos années à Poudlard, alors évidemment, on s'inquiète pour eux.

-D'autant plus qu'une horde de journalistes en furie doit les poursuivre, ajouta George.

-Très bon sortilège d'ailleurs celui qui les empêchent pour l'instant d'entrer dans la Grande Salle. Idée de la nouvelle directrice ou d'un des maraudeurs ?

-Aucune idée, avoua Harry. Hey, petit chat. Où étais-tu passé ? murmura l'adolescent en attrapant le félin.

Il plongea son regard dans le sien et se demanda où son père se trouvait. Au bout de la salle, derrière la longue table des professeurs à laquelle des chaises avaient été ajoutées, McGonagall, Kingsley et Random discutaient. La cérémonie allait bientôt commencer et son père n'était toujours pas présent. La directrice regarda furtivement sa montre et interrogea tout bas Tonks pour savoir où se trouvaient son fiancé et ses deux acolytes. Harry sentait le poids des regards peser sur lui. Même lorsqu'il n'était plus considéré comme l'élu, il restait le centre de l'attention.

-Monsieur Potter, comment vivez-vous… commença un journaliste lorsque la barrière les empêchant d'entrer se fut dissipée.

Il attrapa l'adolescent par le bras, l'obligeant à se retourner vers lui. Cependant, avant que Harry n'ait le temps de répondre quelque chose, une voix autoritaire le coupa et obligea le journaliste à se détacher de lui.

-La directrice a ordonné qu'aucune question ne soit posée aux élèves. De plus, James Potter va venir tout vous expliquer dans quelques instants et répondre dans la mesure du possible à vos questions. Ne vous approchez pas des élèves, susurra Rogue d'un ton menaçant.

Le journaliste déglutit devant le maître de potion et détala sans demander son reste. Les élèves échangèrent des regards incrédules.

-Merci, professeur, le remercia Harry alors qu'il repartait déjà en direction des autres professeurs.

-Ce sont les ordres de la directrice, Potter. Aucune question aux élèves, sans exception, ajouta-t-il d'un regard perçant.

-Quelle chance qu'il n'y ait pas d'exceptions. Sinon je l'aurais plaint, « l'exception », répondit Harry, amusé, surprenant son professeur qui ne répliqua rien mais dont le visage laissa entrevoir un sourire.

Lorsque Rogue arriva à la hauteur des professeurs et personnages politiques, les trois maraudeurs entrèrent par la porte de derrière, celle réservée aux enseignants et aux membres de l'école. Sans surprise, les photographes affluèrent devant eux afin d'immortaliser leur héros. James se retint de ne pas exploser tous les appareils aux flashs éblouissants. Toutefois, il savait qu'une fois leur curiosité satisfaite un minimum, il allait devoir mettre des limites. Sa première apparition en James Potter depuis sa mort sans compter son combat du jour précédent allait faire la une des journaux. Avec un faux sourire, James avança tant bien que mal avec ses béquilles, son bras bandé vers le ministre, la directrice, le chef des aurors et quelques autres personnes.

-Profite, Jamie, on est des célébrités. Ils nous veulent tous en première de couverture. Souris !

-Je suis la célébrité, répliqua James.

-Sirius est ton fidèle toutou, ironisa Remus.

-Vous n'êtes pas drôles, les gars.

-Ah Potter, vous voilà. J'ai presque cru que vous alliez disparaître à nouveau, tenta de plaisanter le ministre.

-N'essayez pas de plaisanter avec eux. Ils n'ont aucun goût, même pour les plaisanteries, conseilla Rogue.

-Nous ? Pas de sens de l'humour ? Tu t'es vu, Servilus ? siffla faussement Sirius.

-Il a raison. Vous êtes lourd, les gars, renchérit Remus, amusé, en s'approchant de sa fiancée.

-Tu es prêt ? s'inquiéta Minerva.

-Ouais. Une foule d'élèves, de parents et de journalistes m'attendent au tournant mais j'ai battu Voldemort et Dumbledore, je peux tout faire, tenta de se convaincre James.

Chacun prit place autour de la table du personnel de l'école excepté le ministre, la directrice et James qui restèrent sur l'estrade.

-Commencer mon nouveau travail de directrice devant une telle foule et dans de telle circonstance n'est de loin pas ce à quoi je m'attendais, avoua-t-elle en se penchant vers James.

-Vous vous imaginiez directrice, Minerva ? s'étonna-t-il, moqueur.

-Si le poste de directeur devient vacant, normalement c'est à son adjoint qu'il revient.

-Qui est votre nouvel adjoint ?

-Tu ne veux pas le savoir.

-Servilus ?

-N'aviez-vous pas décrété que c'était fini, ces surnoms ?

-On a fait la paix, oui. Ça se voit, non ?

-C'est un choc de vous voir plaisanter entre vous. Toute cette histoire tient du miracle. Un discours m'appelle.

-Le mien ensuite, murmura James lorsque la directrice s'avança pour prendre la parole.

-Bonjour à tous. Tout d'abord, la bienvenue à vous tous, parents, employés du ministère et journalistes à Poudlard. Avant de laisser la parole au ministre de la magie et à Mr Potter – à peine eut-elle prononcé ces quelques mots que tous les regards se tournèrent vers James – je tiens à rappeler que toute question est interdite aux élèves, insista-t-elle en fixant les journalistes. Je vous laisse la parole, Monsieur le ministre.

-Merci Minerva, répondit-il avec un sourire avant de prendre sa place à l'avant de l'estrade avec assurance et aplomb. C'est au nom de l'entière communauté magique britannique que je vous remercie, Mr Potter, commença-t-il, ne recevant qu'un maigre sourire de la part de James. Après toutes ces années de terreur et de tristesse, une nouvelle voie s'ouvre à nous, loin de la guerre et de la mort. Toutefois, je l'avoue, je suis dans la même ignorance que la majorité d'entre vous. Pourquoi la mort de Dumbledore ? Comment Mr Potter a-t-il pu survivre il y a quinze ans ? Une série d'interrogations que l'on se pose tous et auxquelles Mr Potter a eu la gentillesse d'accepter de bien vouloir y répondre. De ce fait, je lui laisse la parole, termina-t-il en applaudissant.

James s'avançant en se retenant de grimacer devant l'éclat éblouissant des flashs. Il se força à se planter devant cette foule qui n'attendait que ses explications.

J'ai battu Voldemort, j'ai accompli une prophétie vieille de mille ans, je peux bien parler devant tous ces gens…

-Il y a 1 000 ans, une prophétie a été faite par la fille de Rowena Serdaigle juste après la mort des fondateurs de Poudlard. Dans sa prophétie, elle faisait référence aux héritiers de Gryffondor et de Serpentard qui se retrouvèrent un millénaire après la mort de leur ancêtre pour l'ultime combat qui ne laisserait qu'un seul héritier vivant. Pour arriver à ce combat, les héritiers de Poufsouffle et de Serdaigle devaient mourir par la main de l'héritier de Serpentard. L'héritier de Poufsouffle a disparu il y a plusieurs années, celui de Serdaigle était Ravenna et Voldemort et moi étions les héritiers de Serpentard et Gryffondor.

Plusieurs regards d'étudiants se tournèrent vers Harry qui resta impassible.

-Une nouvelle prophétie a été faite avant ma naissance par une des héritières de Serdaigle m'annonçant comme l'héritier né 1 000 ans après, expliqua-t-il omettant de parler de la « malédiction » qui allait lui enlever tant d'êtres chers. Lors de la prophétie, il était précisé que lors du dernier combat opposant l'héritier de Gryffondor et Serpentard, ni ceux de Poufsouffle ou de Serdaigle ne pouvaient être encore en vie. Il y a quinze ans, lors de l'attaque de Voldemort, j'ai survécu car Ravenna était toujours vivante…

-Vous-Savez-Qui connaissait-il la prophétie ? Ne visait-il pas votre fils ? coupèrent des journalistes.

-Voldemort visait mon fils, oui à cause d'une mauvaise compréhension de la prophétie. Ravenna a fait croire à ma mort et m'a appris à utiliser la vieille magie et la magie sans baguette…

-Votre fils savait-il que vous étiez vivant ou vient-il de l'apprendre ?

-Cela ne regarde que mon fils et moi.

-Pourquoi ne pas être intervenu lorsque Sirius Black a été condamné pour vous avoir trahi ?

-Là encore les raisons sont personnelles et ne concerne que Sirius et moi, répliqua James, mal à l'aise. Il y a cinq ans, je suis revenue en Angleterre sous les traits de Vincenzo Tellerino…

-Tellerino ? L'auror ?

-Sauf si vous connaissez un autre Tellerino. Hier soir, Ravenna est morte et j'ai pu gagner contre Voldemort.

-Pourquoi Dumbledore ?

-La partie concernant Dumbledore n'est pas liée aux fondateurs et à cette vieille prophétie. Les Reliques de la Mort décrite dans le conte de Beedle le Barde ont vraiment existées. Dumbledore les a recherchées. Depuis plusieurs années, il avait la baguette de Sureau, la baguette invincible. C'est pour cette raison que je l'ai détruite hier, le désarmant et mettant fin au pouvoir de la baguette invincible.

-Avait-il d'autres reliques ?

-Il possédait la pierre de résurrection. Quand a la cape, elle est introuvable, aux dernières nouvelles, mentit-il avec assurance. Ce sont les seules explications que je peux vous donner concernant la mort de Voldemort et Dumbledore.

-Qu'allez-vous faire par la suite ?

-Serez-vous à la tête du ministère ? enchaîna un autre journaliste.

-Chef des aurors ?

-Ce que je vais faire par la suite ne concerne que moi. Je ne travaillerai pas au ministère, c'est la seule chose que je puisse répondre.

-À Poudlard ? tenta un curieux.

-Non.

-N'allez-vous pas modifier les défauts politiques du ministère ?

-Je ne suis pas politicien et les vrais changements commencent par chacun d'entre nous. Il s'agit de la responsabilité de chacun si l'on veut changer quelque chose de global. C'est par se changer soi-même, apprendre à respecter l'autre que les choses pourraient être améliorées. Le ministère doit apprendre à écouter toute sa communauté magique et non juste les anciennes familles. C'est pas à pas que les choses peuvent évoluer sans juger, condamner ce qui s'est passé. Le passé est parfois douloureux mais on a tout à en apprendre. À nous de faire en sorte que les erreurs de notre passé ne se reproduisent plus.

-Comment feriez-vous cela ?

-Je ne peux changer les choses de manière globale. Je peux changer ce qui est à mon niveau. Je ne peux prendre ma responsabilité. Face à tout ce qui s'est passé, il nous faut prendre du recul et assumer nos actes, chacun d'entre nous. Assumer ce que nous sommes dans le respect de l'autre. Mais tout cela ne se fait pas en suivant une loi ou des règles, ces changements doivent commencer par chacun de nous, dans nos vies. Le ministre a sûrement plus de réponses à vous fournir à ce sujet, conclut James en se décalant sur le côté, montrant au ministre que c'était bel et bien à lui de prendre la parole pour conclure son discours où il estimait avoir expliqué l'essentiel.

Comprenant que James avait terminé, Random s'avança. Un profond soulagement s'empara de James. Le minimum avait été explicité. Le reste ne regardait personne d'autres que l'héritier de Gryffondor et ses proches. Il n'écouta pas les paroles du ministre. Tout cela ne le concernait plus. Il s'assit aux côtés de son meilleur ami et de son ancienne directrice de maison sous les flashs des photographes qui n'avaient pas changés de cible lors du passage de paroles. Un tonnerre d'applaudissements retentit, concluant les discours qui s'étaient succédés. Les tables se couvrirent de mets plus alléchants les uns des autres.

-Ça, c'était un résumé, nargua Sirius, amusé. Tu as vraiment dit le minimum du minimum.

-Et ses réponses aux questions, ajouta Remus. Tout est personnel.

-Personne n'a besoin de savoir quelque chose de plus, répliqua James sous leur ricanement.

-Mais qu'allez-vous réellement faire Mr Potter, coupa le ministre assis en face du professeur McGonagall.

James jeta un regard en biais pour voir le visage interrogateur de Random. Il vit avec amusement le visage de Kingsley en face de lui grimacer pour se retenir de sourire d'amusement.

-Pour l'instant, j'ai ordre de l'infirmière de rester tranquille à la maison pendant deux semaines.

-Et après ?

-J'ai le temps pour y réfléchir, réellement, ajouta-t-il en échangeant un regard entendu avec son meilleur ami.

Durant le restant du souper, le ministre tenta de se rapprocher de James dans le but de faire monter sa cote de popularité auprès de la population magique. Mais en vain. Le nouveau héros du monde magique gardait pour lui ce qu'il estimait personnel.

-Si vous permettez Mr le Ministre, vous perdez votre temps. Potter ne parlera de ses projets futurs et n'accepte une quelconque amitié qu'avec Black et Lupin. Ils vivent en autarcie, se moqua faussement Rogue.

-Tu as oublié Harry, Servilus. Il sait ce qu'on va faire maintenant que tout est fini.

-Tu parles en ton nom et celui de Potter, comme c'est mignon, un vrai petit couple.

-Stop ! coupa la directrice avant que Sirius n'ait eu le temps de répliquer. Severus, tu es directeur adjoint maintenant, cesse de te conduire comme un enfant quand Sirius est là. James, ajouta-t-elle en se tournant vers les maraudeurs, essaie de contenir Sirius. J'ai déjà assez avec tous les élèves de l'école sans vouloir m'occuper des querelles d'anciens élèves.

Des rayons du soleil éclairaient la Grande Salle de Poudlard à travers son plafond magique. Seuls quelques nuages emmitouflés dans un manteau blanc parsemaient le ciel bleu. Cette vision paisible transmettait un calme et un sentiment d'allégresse. Des rires raisonnaient. Les tables étaient devenues un mélange de couleurs, de rouge, de bleu, de jaune et de vert. Les différences avaient disparus en une soirée. La table des Serpentard restait majoritairement une table verte argentée mais parsemée de couleur que jamais elle n'avait connue auparavant. Les sourires peints sur les visages rendaient hommages aux personnes qui avaient donné leur vie pour un monde nouveau, pour une société où le non-jugement et le respect deviendraient priorité.

La fin des différences au sein de l'école fut représentée par un échange de regards entre Harry Potter et Drago Malefoy. Ce dernier leva spontanément son verre lorsqu'il croisa le regard vert de son ancien rival. Conscient d'avoir fait partie du camp des perdants, des vaincus, il ne pouvait être que reconnaissant envers sa mère qui avait écouté le conseil de Sirius et qui avait changé de camp durant la bataille et envers les proches de Harry pour qui tout étudiant devait finir sa scolarité. Les actes commis avant leur majorité étaient effacés, offrant la possibilité de montrer un changement, une nouvelle facette de leur visage celle cachée sous le masque de l'hostilité et de la peur de se montrer intrinsèquement et réellement. Evidemment, une rivalité entre les deux stars de Quidditch de l'école, entre les deux célébrités devait exister mais elle avait lieu dans de nouvelles valeurs. Ils ne jugeaient plus l'autre et leur bataille devenait bataille d'élèves et non plus celle transmise par les adultes qui leur brisaient leur enfance.

À la table des professeurs, la nouvelle directrice surprit ce regard qui enterrait la hache de guerre et acceptait la rivalité estudiantine avec grand plaisir et grande fierté. Néanmoins, elle devait reconnaître que les différents entre les maisons s'effaçaient même après plusieurs années. En effet, à ses côtés, les maraudeurs et Rogue riaient malgré les blessures profondes infligées. Les trahisons, les mots, la jalousie devinrent les atouts d'une certaine complicité. Sirius et Severus apprirent à jouer de leur ancienne guerre verbale. Le maraudeur en rajoutait exprès et acceptait les vannes avec reconnaissance. Les mots n'étaient plus accompagnés de cette lueur moqueuse et mauvaise dans leur regard. Les paroles n'avaient plus pour but de blesser l'autre mais d'accepter les faits passés sans les juger. C'était une manière de se pardonner ce qui avait pu être dit ou même pensé l'un envers l'autre.

Mais malgré leur nouvelle relation, le nouveau directeur adjoint et finalement professeur de défense contre les forces du mal était soulagé d'avoir Remus comme collègue. En effet, la nouvelle directrice ne pouvant plus assumer ses obligations professorales avait su trouver la personne idéale pour l'enseignement, ignorant tous les préjugés que cela pouvait engendrer. Elle avait eu besoin d'un nouveau professeur de métamorphose et son esprit avait directement engagé Remus, ne lui laissant pas le choix. Il savait s'y prendre avec les élèves, même les plus difficiles… De plus, elle savait que désormais les parents n'oseraient pas venir se plaindre qu'un loup-garou soit professeur, du moins pas les premières années car jamais ils ne pourraient remettre en cause l'amitié entre leur nouveau héros et son meilleur ami.

La guerre entre les deux grandes maisons fut officiellement terminée dans le sang des héritiers et officieusement dans la tradition qu'élèves avaient suivit depuis trop longtemps. L'école put redevenir lieu de rire, de sécurité et d'apprentissage malgré quelques discordes d'adolescents. Poudlard retrouva son âme d'enfant, ouvrant les portes du paradis terrestre. L'insouciance de la jeunesse est protégée entre les murs réguliers de l'école tandis que l'enfant perdu que sont les adultes cherche solution qu'il ne peut trouver qu'en retrouvant qui il est profondément. Poudlard doit rester à jamais l'enfant qui sommeille en chacun et que le monde extérieur enferme dans une prison de règles. L'âme brisée par la peur de l'enfant s'envole pour vivre à nouveau…