Hello ! J'espère que vous allez bien et que votre mois de décembre a bien commencé !

Pour ma part, ça va, j'ai réussi le Nanowrimo avec 58 567 mots écrits pendant de mois de novembre et je suis maintenant aussi heureuse que fatiguée. Je voulais continuer sur cette lancée pendant le mois de décembre mais j'ai accumulé beaucoup de fatigue et mes examens arrivent.

Je vais donc rester à un chapitre par semaine (et par histoire) et reprendre mon rythme habituel.

Bref, assez parlé de moi : je réponds aux reviews et je vous laisse lire le chapitre.


Réponse à Katatsu-chan
Ta review me fait super plaisir, surtout de la part de quelqu'un qui écrit aussi bien ! J'espère que tu continueras à suivre cette histoire et qu'elle te plaira ! Merci pour tes mots encourageants !

Réponse à Wonderinn
C'est vrai que ce n'est pas le chapitre avec le plus d'action.
J'adore écrire le RyuKeru.
Ces pauvres bladers légendaires qui ne savent montrer que leur force destructrice mais incapables de se témoigner de l'affection.
Je vais suivre tes conseils (mais le lemon est déjà écrit !)

Réponse à Komachu
Je travaille encore sur la réaction de Kyoya, mais la scène où il l'apprendra est imaginée.
Je vais essayer. J'ai écrit le lemon (il faut juste le relire et le modifier au cas où) mais le reste va attendre au moins que mes examens soient passés.

Answer to Coolio
Yeah I love RyuKeru ! They will see them in a few chapters.
Ryuga and Kyoya are too proud to talk about our feelings. But I think it's necessary.
Yeah I will do that. "La part d'ombre" and "Le temps d'une vie" are a priority.


Bonne lecture !


Chapitre 29 : Un pouvoir grandissant

Les ténèbres l'entouraient.

Il n'arrivait pas à leur échapper. Bien que ses jambes l'avaient porté sur des kilomètres, le paysage autour de lui n'avait pas changé d'un pouce, lui donnant l'impression de faire du sur place. Il se sentait suffoquer, ses jambes pesaient lourd, fatiguées par les efforts fournis, un mal le rongeant au niveau de sa clavicule, lui donnant l'impression qu'elle allait traverser la peau. Son corps lui hurlait de s'arrêter. Mais son esprit, lui, continuait de lutter. Malgré la douleur qui lacérait son corps, il lui ordonnait de ne pas s'arrêter. Seule sa course effrénée lui permettait de tenir encore. Les endorphines produites par l'adrénaline le rendaient encore capable de se mouvoir. S'il avait le malheur de s'arrêter, il s'effondrerait à la merci des ténèbres qui se rapprochaient de lui.
Il redoubla d'efforts, cherchant à s'en tirer. Le corps meurtri, mais l'esprit intact, il poursuivait son chemin tant bien que mal. Il ne sombrerait pas, il ne céderait face à personne, pas même au nuage d'obscurité qui le poursuivait depuis qu'il était dans cet endroit.

Il était seul ici. Lorsqu'il s'était retrouvé face à l'obscurité, il avait voulu utiliser son partenaire pour qu'il l'aide. Mais il n'était pas là et sa lumière ne pouvait donc traverser l'abîme de ténèbres qui menaçait de l'engloutir. Il avait donc préféré courir pour leur échapper.

Mais l'obscurité était accrochée à lui. Elle le poursuivait et il ne parvenait même pas à la distancer. Elle le suivait de près, impatiente d'engloutir son corps, son esprit et son âme. Elle allait dévorer sa lumière, laissant exploser sa puissance, sa fierté, son ambition et sa rage pour qu'elles ravagent tout sur leur passage. Il était temps de faire ressortir les ténèbres de son cœur. Ils dissimulaient une puissance monstrueuse qu'on ne pouvait brider. Il lui fallait sa force.

Ressentant une nouvelle énergie sur son territoire, visiblement affaiblie, la masse d'obscurité s'arrêta. Mais celui qui jouait le rôle de la proie continua sa route. Si elle stoppait sa course, il était hors de question pour lui d'en faire autant. Alors il continuait de courir, aussi vite qu'il le pouvait. Il ne voyait toujours rien autour de lui, tout n'était que noirceur. Il avançait à l'aveuglette et n'arrivait pas à réfléchir, oppressé par toute cette obscurité qui broyait ses sens et lui causait une douleur aiguë dans tout l'organisme. Sa motivation et sa force lui permettaient encore d'avancer et son manque de prudence habituel l'incitait à continuer sa route.
Plusieurs fois, il trébucha, se rattrapant in extremis avant de tomber au sol. Il ne savait même pas où il mettait les pieds, ni où il allait. Chacun de ses sens était brouillé, incapable d'être utilisé. Il n'entendait que les sons de ses propres pas, il ne sentait que l'air glacé qui mordait sa peau, en opposition avec la chaleur que produisait son corps, il ne sentait aucune odeur particulière et il ne discernait que du noir autour de lui.

Forcément, il n'avait pas pu voir le ravin. Il tomba et eut le réflexe de mettre ses bras devant son visage pour se protéger.

Mais la chute fut moins grave que ce qu'il pensait, bien que douloureuse. Il se retrouva étalé au sol et resta ainsi plusieurs minutes : les côtes meurtries, les jambes ankylosées, les bras douloureux et la clavicule en feu. Le front appuyé sur ses bras, il ne prenait même pas la peine de relever la tête, les yeux clos. Il se contentait de reprendre sa respiration, s'autorisant une maigre pause.

Mais il ne pouvait pas rester ainsi trop longtemps. Allongé ainsi, il n'était qu'une cible. Prenant son mal en patience, il se releva lentement. Cette fois, ses orbes bleues purent voir plus loin que le bout de son nez. Si sa perception était bonne, il pouvait voir à une dizaine de mètres devant lui. C'était toujours mieux qu'avant qu'il ne tombe. Il put voir le sol fait de terre et le mur semblable à une petite falaise d'où il était tombé.
Il fronça les sourcils. Vu d'où il était tombé, il aurait dû se faire plus mal que ça, surtout dans son état. Mais il ne s'en plaint pas. A la place, il recommença à marcher, puis à courir, loin de cette falaise. Capable de voir devant lui, il n'y avait rien d'autre qu'une étendue plate et sombre.

Morte.

Il n'y avait rien d'autre que lui au milieu d'un calme oppressant.

Faisant abstraction de cette ambiance, il rassembla toutes ses forces et son mental avant de continuer sa route. Il voulait sortir d'ici, quitter cette ambiance malsaine et cette douleur qui tiraillait chacun de ses muscles. Il se contentait de marcher droit devant lui, se préparant à faire face aux ténèbres qui pourraient le poursuivre à nouveau.

"Kyoya."

Il ne sut combien de temps il avait marché lorsqu'il entendit cette voix semblable à un murmure prononcer son prénom. Son instinct hors du commun n'avait pas pu être berné. Il ne se sentait pas observé par quelqu'un. Même s'il n'était pas au meilleur de sa forme, il savait lorsque quelque chose se passait non loin de lui. L'interpellé releva les yeux et les agita dans tous les sens pour chercher l'origine de ce son.

"Qui est là ?" Demanda t-il.

Mais seul le silence lui répondit. Alors il continua d'avancer, plus motivé pour quitter cet endroit et rejoindre le propriétaire de cette voix. Il y avait quelqu'un ici, il n'était pas seul. Cette personne était certainement la seule qui pouvait le renseigner sur sa situation et surtout, l'aider à sortir de cet endroit.

Il pesta. Il détestait avoir à compter sur les autres. Lui qui ne comptait que sur sa propre force, il se retrouvait à espérer trouver quelqu'un pour l'aider.

Pitoyable. Pensa t-il.

Il finit par apercevoir une faible lueur verte qui perçait l'épais nuage d'obscurité. Symbole d'espoir, il redoubla d'efforts pour l'atteindre. Il s'élança à sa poursuite, cherchant à la trouver.

Plus il avançait, plus la lueur se distinguait du reste et malgré l'obscurité étouffante, il parvenait à la voir de plus en plus nettement. Son éclat semblable à l'émeraude perçait le nuage de ténèbres. Parfois, elle disparaissait l'espace de quelques secondes, comme si l'obscurité tentait de l'avaler. Mais elle finissait par réapparaître. Il percevait la difficulté évidente que cette lueur avait à s'illuminer, tel un phare dans la nuit. Cet endroit regorgeait d'obscurité et cette lumière s'en retrouvait affaiblie.
Peut-être que c'était un piège, mais c'était actuellement la seule piste qu'il avait. Cela avait assez duré, il voulait sortir d'ici. De toute façon, même s'il était du genre ingénieux, il préférait nettement l'action et négligeait la prudence. Il comptait sur sa force brute.

Même si dans son état, il aurait certainement mieux valu la jouer plus calme.

Toutefois, après nombre de kilomètres parcourus, il arriva devant la lumière. A ce moment-là, ses yeux s'écarquillèrent et son cœur se serra.

"Leone !" Cria-t-il.

Il s'élança vers l'esprit du lion qui étincelait, mais qui était dans une position de faiblesse évidente : allongé à terre, le pelage maculé de sang, ses yeux semblaient peiner à rester ouverts. Malgré les durs combats qu'il avait mené, jamais l'esprit du lion n'avait été blessé à ce point. Pourtant, il continuait de briller, comme si tout cela n'avait pour objectif que de guider son maître jusqu'à lui.
Lorsqu'il arriva devant lui, le nouvel arrivant s'agenouilla à côté de lui. Il passa lentement sa main sur le pelage de son compagnon qui grogna sous la douleur provoquée par un geste si doux. Il la ressentit. Il sentit la douleur dans ses côtes le tirailler à nouveau lorsqu'il effleura le flanc blessé du lion.

"Oh Leone… Qui t'a fait ça ?"

Il se sentait désemparé. Il ne savait pas quoi faire pour soulager la douleur de Leone. Jamais il n'avait vu de telles blessures sur quelqu'un. Comment son partenaire pourtant si fort avait pu être malmené à ce point ? Depuis combien de temps était-il ici ?
Le lion releva la tête vers lui et son aura disparut. Il était épuisé, tout comme son blader. Lentement, il posa ses mains dans sa crinière pour la caresser, récompensant le courage de l'esprit du lion qui avait tout donné pour le ramener à lui.

"Tu es faible." Intervint une nouvelle voix.

Focalisé sur l'état du lion, il n'avait pas senti la présence de quelqu'un d'autre. Peut-être même que s'il ne s'était pas annoncé, il aurait pu l'approcher plus encore et même le toucher.
Pourtant, cette voix ne lui plaisait pas. Il savait à qui elle appartenait. S'il était là, cela signifiait qu'un nouveau duel pour la domination de l'autre allait débuter.
Malgré la douleur dans ses jambes, il se releva et se posta devant Leone, comme pour le protéger. Fier, il bomba le torse, ne montrant aucune trace de faiblesse. Il fit face à son adversaire, puisque c'était bien le terme qui le définissait. Le voir ici l'irritait.

A chaque fois qu'il le voyait, il avait l'impression de regarder son reflet dans un miroir : même silhouette, mêmes cicatrices, même coupe de cheveux… Seules les couleurs étaient différentes, la plus marquante étant le rouge de ses orbes. Il le toisait d'un sourire supérieur, presque dément, les yeux brillants de haine. Il vit sans mal la marque sur sa clavicule. Mais contrairement à la sienne, elle ne s'était pas limitée à cette zone. En effet, elle recouvrait également son bras et son épaule gauche du même symbole. Les marques sur les parties visibles de son corps étaient rougies, comme lorsqu'il ressentait la douleur de sa marque s'éveiller pour l'affaiblir. Mais chez lui, elle ne semblait pas lui poser de problème. Au contraire, il avait l'air d'être au meilleur de sa forme.

Peut-être qu'il s'agissait de la personnification même de l'obscurité qui le traquait.

De plus, il n'était pas seul. Derrière lui se tenait un lion semblable à Leone, bien qu'il était également très différent : plus grand et imposant, le pelage violet, l'air menaçant. C'était sûrement lui qui avait fait du mal à Leone.
Kyoya serra les dents. Ce type le répulsait. Il s'appropriait tout ce qui faisait de lui un champion hors pair.

"Tu m'entends Kyoya Tategami ? Tu es faible." Cracha celui aux yeux rouges.

Il accompagna sa remarque d'un pas amorcé en sa direction alors qu'il le fixait. Kyoya ne baissa pas le regard, il le soutint et s'approcha lui aussi. Les deux garçons se retrouvèrent face à face, se jaugeant du regard.

"Tu es faible.

- Tu n'as que ces mots à la bouche ? Rétorqua Kyoya, agressif.

- Je ne dis que la vérité. Tu te crois fort, mais regarde toi. Tu fais peine à voir. T'es incapable de protéger Leone. Comment pourrais-tu vaincre Gingka Hagane ?" Le nargua l'autre.

Voyant le corps du blader du printemps se tendre, l'autre continua.

"Le plus absurde, c'est que tu serais bien plus fort si tu t'alliais à l'obscurité ?

- Tu veux plutôt dire que je la laisse me contrôler. Je ne serai jamais un pion ou un second rôle ! Affirma Kyoya.

- Si tu refuses de coopérer. Je vais employer la force." Répondit calmement l'autre.

Autour du blader aux yeux rouges se déploya une aura violette, sombre, avant de s'éloigner de Kyoya qui s'efforça de déployer la sienne, verte. Cette même aura sombre entoura le corps du lion derrière celui aux yeux rouges. Puis, il bondit en direction du blader du printemps qui porta sa main à sa ceinture.

Mais il n'avait ni propulseur, ni toupie.

A la place, Leone, bien qu'affaibli, rugit avant de se jeter sur l'autre pour protéger son propriétaire. Même s'il était blessé, il était hors de question de rester sans rien faire face à la force obscure. Son aura l'entourait à nouveau, comme elle entourait Kyoya.
Mais la force de l'autre était évidente et si Leone réussit à bloquer la première attaque grâce à l'effet de surprise, la seconde lui donna du fil à retordre. Son adversaire était aussi maléfique que puissant.
Kyoya regarda les deux lions s'affronter : se donner des coups de pattes, tenter de se griffer et de se mordre, roulant l'un sur l'autre, rugissant. Le blader était profondément inquiet pour Leone dont les défenses commençaient à céder. Ses plaies saignaient et le faisaient sûrement souffrir et Kyoya avait l'impression de ressentir la douleur de Leone aux mêmes endroits, partageant ses blessures. Il ne savait pas quoi faire pour l'aider. Il ne serait pas capable d'arrêter une telle force, pas sans sa toupie.

Il secoua la tête, ce n'était pas le moment d'abandonner. Il était connu pour sa motivation, il ne pouvait pas laisser tomber maintenant qu'il avait rejoint son partenaire. Il lutterait jusqu'au bout, même s'il devait en payer le prix fort.

"Leone !" Cria le blader du printemps alors qu'il rejoignait l'esprit du lion.

Le lion redoubla de férocité et poussa un rugissement qui fit reculer le lion violet, encouragé par son blader. Voyant qu'il préparait quelque chose, celui aux cheveux noirs étendit son aura. Elle prit la forme de lianes qui se dirigèrent vers Kyoya. Il réussit à esquiver les premières à coup de sauts et de roulades sur le côté. Mais les forces lui manquaient. Courir, tomber, marcher pendant des heures et supporter la douleur, tout ça l'avait épuisé. Il se sentait de plus en plus lourd, moins rapide et agile qu'il ne l'était à la base. Mais il refusa de s'effondrer. S'il se laissait faire, son égo en serait entaché.
Une première liane d'aura entoura son poignet. Criant de rage, Kyoya tenta de s'échapper en tirant dessus et en s'aidant de son deuxième bras, sans succès. Très vite, il se retrouva immobilisé au sol, les lianes du pouvoir obscur entourant ses poignets, ses chevilles et son cou, sous le regard jubilant de l'autre dont les lèvres s'étiraient en un sourire teinté de sadisme. Sa proie était enfin prisonnière et même si elle se débattait, l'aura obscure qui l'entourait aurait raison de ses dernières forces.

Voyant son maître en danger, l'esprit de Leone voulut lui porter secours. Mais l'autre l'immobilisa au sol. Leone rugit de douleur, impuissant face au spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Kyoya n'était toujours pas prêt à abandonner. Malgré ses poignets et ses chevilles attachés, ainsi que la douleur lacérant son corps, il tenta de se libérer, tirant sur ses liens avec toute la force à sa disposition.
Mais rien n'y fit. Plus il se débattait, plus il avait l'impression que ses forces étaient absorbées, lui causant au passage une horrible douleur. Mais Kyoya refusait catégoriquement de crier.

"Je te l'avais dit. Tu es faible. Le dragon n'est pas là, il ne viendra pas t'aider." Clama calmement la voix de l'autre.

Il jeta un regard rempli de mépris à l'autre, mais ce n'eût comme résultat que l'agrandissement de son sourire, satisfait de le voir dans une position de faiblesse. De son côté, Kyoya se sentait insulté que celui qu'il décrivait comme son double lui parle de Ryuga. Kyoya n'avait aucunement besoin de lui pour s'en tirer, ni de personne d'autre. Celui aux yeux rouges s'abaissa et posa un de ses genoux sur l'abdomen de Kyoya, y exerçant une forte pression. Une de ses mains tira sur ses cheveux pour que leurs orbes se fixent.

"Si tu veux t'en sortir, utilise la force obscure."

Pour toute réponse, Kyoya cracha au visage de l'autre la salive accumulée dans sa bouche. Une grimace de colère déforma son sourire alors que le blader du printemps eut un rictus en voyant la réaction de l'autre.

"Tu peux essayer si tu veux. Mais je ne suis pas du genre à m'avouer vaincu pour si peu.

- C'est ce qu'on va voir."

L'autre appuya son genou, coupant le souffle que Kyoya alors qu'il sentait la douleur le brûler de l'intérieur. Il se sentait de plus en plus faible, mais il n'avait pas abandonné pour autant. Il se tortilla dans tous les sens, cherchant à ce que son ennemi le lâche. Mais il était en grande forme et Kyoya sentait qu'à mesure qu'il devenait plus faible, lui devenait plus fort.
Puis, son autre main entourée d'aura se posa sur la clavicule de Kyoya. De justesse, il se retint de hurler tant la douleur était intense par ce simple contact. Il gesticula d'autant plus, cherchant à ce qu'il le lâche. Mais il restait maintenu au sol, incapable de se défaire de l'emprise du pouvoir obscure.

Kyoya finit par être incapable de bouger, le moindre mouvement lui causant une douleur sans pareil. Il luttait pour rester conscient. La douleur n'avait rien à voir avec les précédentes, elle le déchirait.
Leone était dans le même état : à la merci du gigantesque lion violet, il ne pouvait que regarder son blader se faire malmener.

La dernière chose qu'il sentit fut une pression autour de son diaphragme, lui coupant le souffle, avant qu'un voile blanc se pose sur ses yeux, entendant le dernier rugissement de son Leone, affligé par la situation de faiblesse dans laquelle il s'était trouvé.

"Tu ne peux lutter Kyoya tategami." Entendit-il avant de perdre connaissance.


xxx


Kyoya ouvrit les yeux, serrant les dents à cause de la douleur localisée dans sa clavicule. De justesse, il s'était retenu de crier. Ses mains avaient agrippé les draps et son corps s'était tendu jusqu'à être douloureux, particulièrement au niveau de ses côtes. Il transpirait, sa tête lui faisait mal et Kyoya prenait de grandes et lentes inspirations pour reprendre ses esprits en se ménageant autant qu'il le pouvait.

Petit à petit, Kyoya prit conscience de l'endroit où il était. Malgré l'heure, ses yeux réussissaient à discerner la chambre de Ryuga, les rayons de l'astre lunaire traversant la fenêtre. Le blader du printemps regarda à côté de lui. Il vit son fang Leone, comme neuf.

Troublé par la lucidité de ce rêve, Kyoya se massa les tempes. Il avait mal partout : dans sa clavicule et ses côtes, mais aussi dans tout le corps, la tête, les bras, les jambes… Il avait des sueurs froides qui parcouraient tout son corps et l'impression d'être vidé de ses forces.

Il avait besoin de prendre l'air pour se changer les idées et vider son esprit. Il voulait propulser Leone pour s'assurer qu'il allait bien.

Nauséeux, il se redressa pour s'asseoir sur le lit avant de se lever. Sa tête tourna et Kyoya dut s'appuyer contre le mur pour ne pas tomber. Il se sentait pris de vertiges alors que la douleur restait accrochée à tout son corps. Durant quelques secondes, il resta immobile avant de se mettre à marcher vers la porte de la pièce.
Plus lentement qu'il ne l'avait désiré, il quitta la chambre pour se diriger vers la salle de bain. Il avait chaud, trop chaud. Il ressentait le besoin de prendre une douche, de se rafraîchir un peu. Il traversa le couloir aussi silencieusement que possible, entra dans la salle d'eau, se déshabilla et retira le strap sur ses côtes aussi vite qu'il le put. Il cligna plusieurs fois des yeux avant de se rendre dans la baignoire. Il s'adossa contre une des parois de cette dernière et bascula la tête en arrière.
Il resta un moment ainsi à ne rien faire, attendant que ses vertiges se calment. Une fois que ce fut réglé, il s'occupa de se doucher. Le contact de l'eau froide sur sa peau brûlante le fit frissonner, mais il lui fit aussi un bien fou. Il essayait de se détendre et de ne se concentrer que sur l'eau qui parcourait son corps, mais son esprit était happé par ce rêve. Kyoya s'était réellement senti mal durant ce moment. La douleur lui avait semblé si réaliste, tout comme son impression de malaise et la sensation de ses forces qui l'abandonnaient.

Il ne devait plus y penser. Après tout, c'était passé. Il devait aller de l'avant, ignorer les événements, même si cela s'avérait difficile étant donné que la douleur était là pour le lui rappeler. Mais elle s'atténua un peu lorsque son corps se retrouva sous l'eau, bien qu'il était encore tendu.

Une fois lavé, le vert se sécha et regagna la chambre après avoir mis ses vêtements. Il ne prit pas la peine de se faire un nouveau pansement. Tout son corps et son esprit lui hurlaient de faire sortir la rage qu'il avait à extérioriser. Bien que ce n'était qu'un rêve, il avait été totalement dominé par ce minable aux yeux rouges. Sa fierté de blader s'en retrouvait entachée et seule la propulsion de Leone réussirait à la calmer. Dans cet état, il ne pourrait pas se rendormir.
Une fois ses chaussures mises et son propulseur ainsi que sa toupie accrochés à sa ceinture, Kyoya quitta l'appartement après avoir vérifié que Ryuga dormait. Il avait besoin d'être seul pour prendre l'air.

Une fois dehors, Kyoya prit une grande inspiration qui lui fit autant de bien que de mal, notamment à cause de ses côtes douloureuses. Il s'engagea ensuite dans les rues désertes de Metal Bey City, éclairées par la lumière artificielle des lampadaires et celle des astres. Toutefois, le blader légendaire resta sur ses gardes.
Kyoya marcha un moment, circulant dans les petites ruelles. Il n'avait jamais aimé les rues principales, elles étaient souvent bondées de monde. Il ne voulait être interpellé par personne et même si l'heure tardive laissait penser que tout le monde dormait chez soi, Kyoya ne pouvait prendre les rues principales, sûrement par habitude.

Mais aussi parce que la Nébuleuse Noire le cherchait.

Et s'il croisait Gingka qui avait entrepris de regarder les étoiles, il ne pouvait se résoudre à se montrer dans cet état. Il ne voulait pas que son rival le voit dans un état aussi lamentable. Et surtout, il ne voulait pas discuter avec lui de son alliance avec Ryuga.

Il était un lion solitaire après tout.

Le chemin ne fut pas de tout repos. Le vert le trouvait difficile, notamment parce que la douleur dans ses membres ne s'amenuisait pas. Si la douche lui avait fait du bien, se mouvoir à nouveau fit revenir la douleur. Et Kyoya n'avait rien trouvé de mieux à faire que d'aller se promener alors qu'il était affaibli et mal en point.

Cependant, il était bien trop fier pour le reconnaître. Le roi des animaux ne pouvait s'abaisser à une telle faiblesse.


Voilà pour ce chapitre ! A ma relecture, je ne le trouvais pas terrible, mais finalement, je crois qu'il n'est pas mauvais.
Je vous dis à la semaine prochaine pour la suite !

Prenez soin de vous !