C'était censé être un OS, nom de nom !

Bonsoir.

Mais bon, j'ai bien senti que vous ne pouviez pas vous satisfaire de cet unique chapitre. Tant pis pour vous, j'ai passé l'histoire en explicit sur AO3 mais ce n'est pas possible sur FF.
Je poste le chapitre 2 pour faire la transition, mais la suite (oui, oui) va être salée.

J'espère que ça va vous plaire.

Bonne lecture !


Il avait chaud. Tellement chaud et pourtant, c'était bien des petits nuages opaques qui s'échappaient de la bouche de Drago et disparaissaient dans la nuit alors que ses pieds étaient résolument fixés dans la neige. Sortir du bar avait été la première chose qu'il avait essayée pour calmer le feu qui semblait le consumer, mais force était de constater que cela n'avait eu aucun effet. Parce que tout se passait dans sa tête. Alors l'homme passa une main lasse dans ses cheveux impeccables et rentra à nouveau dans le bar.

Elle était toujours là, à la même place, elle n'avait pas bougé. Pire que tout, elle avait enlevé son pull, visiblement sensible aux vagues de chaleur diffusées par les gros radiateurs. Drago recommanda un verre alors qu'une voix dans sa tête lui soufflait que cela ne pouvait faire qu'aggraver la situation. Depuis qu'ils s'étaient installés dans ce coin de salle, depuis qu'il l'avait vue, revue après toutes ces années, il ne cessait de superposer son image à celle qu'il avait découverte plus tôt. Son visage rougi par la différence de température entre l'extérieur et l'intérieur, peut-être aussi un peu par l'alcool, sa nuque, ses bras, son dos ; tout s'effaçait pour être remplacé par ce corps nu et vaporeux, dégoulinant d'eau et de sensualité.

Hermione Granger.

Drago se rendit compte qu'il n'avait pas cessé de la fixer, elle et ses amis, quand il fut extirpé de sa torpeur par Ginny qui se levait pour aller aux toilettes. Il n'avait d'ailleurs pas touché à son verre. En même temps que sa compagne, ou était-ce sa femme, Harry se leva et revint vers lui pour reprendre une autre commande. Drago observa du coin de l'œil Hermione suivre son meilleur ami du regard, fronçant imperceptiblement les sourcils.

« Malfoy, le resalua Harry après s'être maladroitement raclé la gorge.

Ils avaient déjà échangé les politesses quelques minutes plus tôt alors Drago se contenta d'un hochement de tête. Un silence étrange s'installa.

– Euh…, reprit Harry après un moment, en fait, on se demandait ce que tu faisais là.

Drago haussa un sourcil et se tourna complètement vers le brun.

– Là dans ce bar moldu ou là dans cette ville moldu ?

Harry resta muet un instant.

– Ouais, voilà, bredouilla-t-il.

Les lèvres fendues d'un petit sourire en coin, moqueur, le blond lui expliqua.

– Je suis dans la ville pour le travail. Un partenariat avec la station thermale, éluda-t-il rapidement. Et je suis au bar pour me détendre après une rude journée. Que tout cela soit moldu, eh bien, je n'y peux rien, conclut-il avec fermeté. »

Le serveur disposa les trois pintes sur le comptoir et Harry rapprocha les trois verres qui tintèrent en se touchant. Mais sans sa baguette, il ne pouvait pas les attraper tous les trois avec seulement deux mains, craignant que la fine couche de condensation ne cause un glissement fatal des bières entre ses mains. Il jeta un œil à Drago qui le regarda sans broncher bien qu'il ait parfaitement compris la situation.

Ils restèrent ainsi quelques instants, l'un attendant que l'autre demande son aide avant de la lui proposer. Derrière eux, Ginny revint des toilettes et Harry se résolut à ouvrir la bouche pour demander à Drago de prendre le troisième verre. À peine le premier son fut sorti que le blond hocha la tête, prétentieusement satisfait que le brun ait cédé en premier. Harry leva les yeux au ciel alors que Drago attrapait son verre et la pinte, affichant un sourire narquois.

Et il avança, derrière Harry, en direction de la source des flammes. Car si sa courte discussion avec le Survivant avait distrait son esprit quelques minutes, il se dirigeait maintenant droit vers le danger. Harry déposa une bière devant Ginny et garda la seconde alors que Drago jetait un œil à celle qu'il tenait entre ses doigts, se concentrant sur la fraîcheur qui s'échappait du verre et saisissait sa peau. Alors qu'il se penchait par-dessus la table pour poser la pinte devant Hermione, il plongea son regard dans le sien.

Que faisait-il là, exactement ? Hermione ne pouvait cacher sa surprise de le voir s'avancer vers elles avec Ginny avec Harry. De le voir pour la première fois depuis si longtemps et ne pas savoir qu'en penser. Et Drago accrocha ses yeux aux siens alors qu'il lui donnait sa boisson et comme plus tôt, elle avait l'impression de lire des centaines de choses et en même temps, rien du tout. Ce qu'elle aurait donné pour être une Légilimens et lire ses pensées. Ce qu'elle aurait donné pour savoir ce qui se passait derrière ce visage impassible, ce masque légèrement moqueur. Parce que s'il ne semblait rien exprimer et rien ressentir à l'extérieur, Hermione voyait dans le regard de Drago qu'il y avait en réalité tout un monde de l'autre côté de ses pupilles sombres.

Elle attrapa sa bière et la ramena vers elle, détournant les yeux. Allait-il rester là ?

« Tu veux t'asseoir ? proposa Harry, faisant l'effort d'ignorer le passé lourd qui planait au-dessus d'eux.

Ginny sembla surprise, contrariée, puis fit mine d'ignorer la présence à côté d'elle avant même que Drago ne réponde positivement. Hermione jeta un coup d'œil à Harry qui sourit doucement, puis haussa les épaules. Alors Drago tira une chaise et prit place. Ainsi, il allait rester.

– Si vous n'êtes pas pressés, dit Hermione en direction de ses meilleurs amis après un moment de silence pour reprendre la discussion qu'ils avaient avant d'être rejoints, vous pouvez venir manger à la maison demain midi et on ira se promener après.

Harry et Ginny s'enthousiasmèrent, mais Drago ne prêtait plus attention à rien. Il imaginait comment Hermione quittait sa maison, chaudement habillée. Comment elle se faufilait dans la forêt, marchant secrètement vers son petit paradis. La façon dont elle enlèverait ses vêtements, un par un, les abandonnant dans la neige en se rapprochant de l'eau fumante. Les courbes de son dos rejoignant ses reins, ses seins, ses hanches…

– Tu restes longtemps, Malfoy ? demanda soudain Harry pour briser le moment devenu largement étrange.

Drago se rendit alors compte qu'il avait ostensiblement fixé Hermione depuis de longues minutes, qu'elle en avait rougie, gênée et déstabilisée, et que Ginny et Harry se demandaient bien ce qu'il était en train de se passer.

– Eh bien, répondit-il en se redonnant une contenance, ça dépend de l'efficacité du commercial du spa. Mais ils ne me feront pas rester au-delà de la fin de semaine. J'ai autre chose à faire.

– Qu'est-ce que tu fais là, exactement ? interrogea Hermione en gigotant légèrement pour se reprendre également.

– Je représente mon entreprise de fabrication de potion auprès de la station thermale. Pour les sorciers évidemment.

– Évidemment, répéta Hermione en levant ses yeux au ciel avec dédain.

Oh comme il s'imaginait parfaitement ce qu'elle pensait ; qu'il méprisait toujours autant les Moldus. Drago laissa un petit sourire naître au coin de ses lèvres.

– Je travaille avec les sorciers uniquement parce que la loi interdit de vendre des potions aux Moldus, Granger. Mais je t'assure que si c'était possible, je le ferais depuis longtemps parce que ça ferait de moi un homme riche, rétorqua-t-il avec sarcasme.

Hermione ouvrit la bouche pour répondre avec verve, mais Harry prit la parole à sa place.

– Tout bien réfléchi, je pense qu'on va aller se coucher, nous, dit-il, regrettant presque son excès d'hospitalité envers l'ancien Serpentard.

Cela eut le mérite de détourner l'attention d'Hermione de l'insupportable blond et de faire une percée dans l'atmosphère lourde de la table.

– On se voit demain ? Vous venez quand vous voulez.

– Sans faute, sourit Ginny en se levant pour attraper le bras d'Harry.

– À demain, alors, fit-il d'un signe de main. »

Et ils sortirent du bar, laissant une boule d'électricité derrière eux. Hermione et Drago s'affrontèrent du regard de longues minutes dans un silence terrible. Puis le jeune homme attrapa son verre et le termina d'une traite avant de se lever. Hermione se leva à son tour, attrapant son manteau et ses gants. Elle jeta un regard en biais au sorcier près d'elle et se dirigea d'un pas assuré vers la sortie. Mais après seulement quelques pas dans la neige, elle soupira et se retourna.

« Qu'est-ce que tu veux, Malfoy ? demanda-t-elle, agacée.

– Rien.

Il planta ses yeux dans les siens quelques secondes. Il imagina un instant comme elle réagirait s'il lui disait ce qu'il avait vu et s'il lui disait ce qu'il en pensait. Drago secoua la tête, lâchant un petit rire qui s'envola dans l'air frais.

– Qu'est-ce qui te fait rire ? renchérit Hermione sur la défensive.

– Absolument rien, Granger, répondit Drago sans pourtant se départir de son sourire.

– Eh bien, Malfoy, si tu le permets, je souhaiterais rentrer chez moi.

Et Hermione tourna les talons, enfonçant ses mains gantées dans ses poches. Elle se dirigea vers le bout de la rue pour quitter le village et rejoindre la maison de ses grands-parents, mais elle s'arrêta de nouveau, tournant légèrement la tête pour regarder derrière elle.

– Je peux savoir ce que tu fais ? attaqua Hermione sérieusement contrariée. Tu me suis ?

– Non, Granger, se défendit Drago en parcourant la distance entre eux.

Il s'avança jusqu'à arriver si près qu'Hermione recula d'un petit pas, surprise par cette proximité inattendue. Un pas que Drago s'empressa de combler, se demandant si elle allait continuer de reculer.

– Je ne te suis pas, reprit-il, je rentre à l'hôtel. Il se trouve que tu marches justement sur le même chemin que moi. »

Hermione retint sa respiration alors qu'elle que le souffle de Drago formait un petit nuage blanc qui venait s'échouer contre son visage. Elle leva ses deux mains lentement, hésitant un moment, puis elle les approcha de son torse. Drago la laissa faire, maîtrisant son expression mais incapable de contrôler son cœur qui s'emballait. Et elle posa ses mains sur lui, libérant une décharge électrique dans tout son corps bouillonnant.

Hermione songea un instant qu'il aurait tout simplement pu l'envoyer valser d'avoir osé le toucher, mais il n'en fit rien. Alors elle augmenta la pression de ses mains et poussa doucement mais fermement sur son torse pour l'éloigner d'elle. C'était définitivement une pulsation déchaînée qu'elle sentait sous sa main droite, mais elle n'y pensa qu'une seconde car déjà, Drago reculait d'un pas.

Il passa une main dans ses cheveux ordonnés et la jeune femme secoua les épaules sous un frisson. Était-ce vraiment le froid ? Elle se reprit et poursuivit sa marche, sentant Drago sur ses talons. Ils ne dirent rien de plus et continuèrent de marcher, leurs pas étouffés dans la poudreuse.

« Granger, entendit la concernée derrière elle.

Elle se retourna et constata que Drago s'était arrêté quelques mètres avant, devant le parvis de l'hôtel. Perdue dans ses pensées, elle n'avait même pas fait attention qu'elle était passée devant.

– Malfoy, dit Hermione qui en réalité, ne trouvait rien d'autre à répondre.

Il eut ce sourire en coin qui lui était propre et la jeune femme s'inquiéta de trouver dedans un brin de malice en plus de d'habitude.

– J'ai visité le coin cet après-midi, déclara-t-il.

– Et tu t'es bien amusé ? ironisa Hermione qui ne voyait pas bien où il voulait en venir.

– Oh oui, sourit Drago, taquin. Il y a des sources plus intéressantes que d'autres. »

Et sans un mot de plus, il tourna sur lui-même et disparut dans le hall de l'hôtel.

Dans la rue, Hermione sentait maintenant son cœur à elle s'emballer. Elle ne voulait pas croire ce que son cerveau lui disait, Drago avait certainement dit cela sur le temps de la banalité. Peut-être qu'il avait effectivement trouvé les sources intéressantes, d'autres sources, mais pas la sienne. Merlin, faites que ce n'était pas la sienne.

Mais plus elle y pensait, plus elle ne parvenait pas à faire taire son imagination. Il fallait qu'elle se rende à l'évidence : elle l'avait compris, d'une façon ou d'une autre, dès le moment où elle l'avait vu au bar. La manière dont il la regardait expliquait à elle seule ce qu'il venait de dire.

Hermione se rendit compte qu'elle était restée immobile dans la rue enneigée, incapable de calmer son cœur et la rougeur exagérée qui lui montait aux joues. Elle savait, parce qu'elle avait entendu quelque chose et c'était forcément lui. Merlin, répéta-t-elle intérieurement en passant une main sur son visage. Il l'avait vue nue. Drago Malfoy l'avait vue nue. Quand elle s'endormit ce soir-là, Hermione ne cessa de se répéter cela.

.

« Salut ! Je vous présente mes grands-parents, Jane et Philip, sourit Hermione en accueillant Harry et Ginny dans le salon.

– Bienvenus ! s'exclama le grand-père d'Hermione en se levant pour leur serrer franchement la main.

– Merci. Vous avez une très belle maison, complimenta Ginny. Vous ne devez pas être beaucoup dérangés ici.

– Non, c'est vrai, approuva Jane. Mais c'est tant mieux. On est très bien hors de la ville.

– Tout va bien ?

Hermione se tourna vers Harry qui venait de murmurer en sa direction. Elle resta figée une seconde avant de sourire en hochant la tête.

– On peut passer à table, enchaîna-t-elle pour évincer la question. »

Ils se dirigèrent tous vers la salle à manger et Hermione se démena autant qu'elle le pu pour effacer ce visage blond et narquoisement souriant de son esprit. En réalité, depuis son réveil ce matin, elle avait choisi le déni. Elle voulait oublier ce que Drago lui avait dit et croire que ce n'était que son esprit qui lui jouait des tours. Il était de toute façon impossible qu'il soit tombé sur la source par hasard et personne ne savait comment y aller depuis les bois. Alors elle passa le repas à converser vivement, tentant de remplacer son souci par la bonne humeur qui régnait autour d'elle.

« Amusez-vous bien ! s'écria Jane en secouant la main alors que les trois anciens Gryffondor s'enfonçaient dans la forêt. »

Ils répondirent à son signe et Hermione continua de marcher à travers les arbres, Ginny et Harry sur ses talons. La brune se souvenait parfaitement du jour où elle était venue avec ses parents, encore toute petite, et où ils avaient passé une après-midi entière à déposer des pierres plates tout au long du sentier qui menait à la source. Et cela rendait le paysage encore plus féerique ; un chemin qui s'en allait dans les profondeurs de la nature pour déboucher sur les trois bassins successifs sortis de nulle part et irradiés par lumière.

« C'est magnifique ! s'extasia Ginny alors qu'ils arrivaient à la source.

En dehors de leurs voix, seuls les clapotis de l'eau et le ronronnement des bulles résonnaient dans le silence de la montagne.

– Vous n'êtes pas près de me voir dehors, rit la cadette Weasley en retirant ses vêtements. »

Harry et Hermione sourirent et se déshabillèrent à leur tour et quand ils furent tous les trois en maillot de bain, ils s'immergèrent dans l'eau chaude. Hermione dit qu'elle aurait aussi pu y passer la journée et la nuit et ne jamais s'en aller tellement elle se sentait détendue. Mais ce n'était pas pareil aujourd'hui. Dès qu'elle entendait un bruit dans les buissons, un bruissement trop fort dans les arbres, elle sentait ses muscles se tendre et elle ne pouvait s'empêcher de regarder tout autour d'elle pour scruter la forêt.

Harry sembla s'en rendre compte puisqu'à une énième observation compulsive autour d'eux, il la rejoignit en quelques brasses.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il.

– Rien, pourquoi ? répondit Hermione.

– Pas à moi, fit Harry en secouant la tête, amusé. Tu es sur tes gardes, on dirait que tu t'attends à te faire attaquer.

– J'aurais préféré, marmonna Hermione en soupirant.

Cela eut pour effet de faire franchement pouffer Harry.

– Allez, dis-moi ce qui peut bien te faire regretter la guerre. Ou alors…, Harry fronça les sourcils puis les leva d'un coup, dis-moi qui ! Comment ça s'est terminé avec Malfoy hier ?

Hermione leva les yeux au ciel, mais ne put s'empêcher de sourire. Il n'était pas Aurore pour rien, c'était certain.

– C'était bizarre, expliqua-t-elle. On est partis à peine quelques minutes après vous et vraiment… c'était bizarre. Il m'a dit quelque chose qui me tracasse.

– Quoi donc ? interrogea Harry soudain soucieux.

– Rien de grave, enfin… j'espère que je me fais des idées. Hier, j'ai passé l'après-midi ici à me baigner. Malfoy m'a dit qu'il s'était promené et qu'il avait trouvé des sources plus intéressantes que d'autres.

– Et qu'est-ce que tu crois ?

– Je ne sais pas, soupira Hermione. Il a dit ça comme si ce n'était rien d'autre qu'une remarque, mais j'ai eu l'impression que c'était ciblé. Qu'il était tombé sur cette source et qu'il m'avait vue. J'ai entendu du bruit dans les bois hier et je me dis que c'était peut-être lui.

– Et alors ? répliqua Harry. Il t'a vu te baigner, ce n'est pas bien grave.

Hermione rougit légèrement

– Je pensais que j'étais seule, précisa-t-elle. J'étais nue.

Harry se figea un instant alors qu'un sourire fleurissait sur ses lèvres, de plus en plus amusé, puis il éclata de rire.

– Oh, non, Mione, rit-il. Malfoy…

Et il reprit son fou-rire alors que sa meilleure amie se renfrognait davantage. Mais son rire était communicatif alors elle se contenta de l'éclabousser sans retenue en pouffant doucement.

– Harry Potter, ce n'est pas drôle, sermonna Hermione en se défoulant sur l'eau entre eux.

Harry se calma, le visage dégoulinant d'eau et les lunettes couvertes par ses mèches trempées.

– Qu'est-ce qu'il vous arrive ? demanda Ginny qui sortait du bassin au-dessus d'eux pour les rejoindre.

– Je lui dis ! coupa Hermione alors qu'Harry s'apprêtait encore à se moquer d'elle. Je crois que Malfoy m'a vu me baigner nue hier ici.

Ginny fronça les sourcils, dubitative.

– Comment c'est possible ?

– Je ne sais pas. Il m'a dit qu'il avait trouvé des sources plus intéressantes que d'autres, mais je me fais sûrement des idées.

– Il est gonflé quand même, s'offusqua Ginny. C'est bien le genre à se rincer l'œil sans bruit, un pervers.

– Mais vous n'avez pas des sortilèges autour de la propriété ? demanda Harry.

– Si, mais seulement des Repousse-moldu et des sorts assez ciblés. Mais je ne crois pas qu'il y ait des choses contre les sorciers.

– Ne t'en fais pas, Hermione. Ce n'est même pas sûr qu'il soit vraiment venu et même s'il t'a vue, dis-toi que ce n'est pas la fin du monde, tenta de la rassurer Harry. Je suis sûre qu'il a déjà vu d'autres paires de fesses que les tiennes.

Hermione écarquilla les yeux, choquée, alors qu'Harry éclatait de rire à nouveau. Et elle se jeta sur lui.

– Je ne vous…

– Aïe !

– … permets pas, Harry Potter !

Mais elle n'avait pas la force de son meilleur ami et Harry finit par la retourner et la plonger dans l'eau, hilare.

– Merci bien, marmonna Hermione en ressortant sa tête dégoulinante et ses cheveux imbibés. »

Mais elle n'était pas fâchée pour le moins du monde, au contraire. La bonne humeur d'Harry était communicative et ils passèrent une après-midi extraordinaire sans plus qu'elle ne s'inquiète de savoir si Drago se cachait dans les fourrés ou non.

Cela ne dura malheureusement pas longtemps. Le soir même, Harry et Ginny avaient cédé à leur envie et étaient restés un soir de plus. Ils étaient allés au restaurant tous les trois et s'étaient retrouvés dans le même bar que la veille. Et si tout avait bien commencé, Hermione avait déchanté en voyant trois hommes entrer dans le bar, dont un terriblement blond. Et si elle avait tenté une seconde de l'ignorer, elle n'avait plus aucune chance de se convaincre qu'il ne l'avait pas vue nue tellement les regards qu'il lui lançait semblaient bouillants. C'était comme s'ils avaient la capacité de la faire s'embraser à tout moment et Merlin qu'elle avait chaud tout d'un coup.

Drago resta avec ses nouveaux collègues toute la soirée, mais il jubilait de voir Hermione si près et si sensible aux coups d'œil qu'il lui jetait. Il n'avait fait que penser à ce qu'il lui avait dit la veille, se demandant si elle comprendrait, si elle savait qu'il l'avait vue. Et si la veille il avait douté et s'était surpris à penser que oui, peut-être qu'elle savait qu'il l'avait vue, détaillée et désirée, maintenant il en était sûr. Et c'était grisant.

Hermione, Harry et Ginny restèrent là de longues heures à discuter puis le couple se leva pour regagner leur chambre et Hermione vit du coin de l'œil Drago finir son verre d'une traite. Il attendait qu'ils sortent, c'était flagrant. Mais la jeune femme fit mine de n'avoir rien vu et se rhabilla avant de sortir à la suite de ses amis. Ils firent quelques pas dans la neige fondue, s'embrassèrent puis se séparèrent, Hermione retrouvant le chemin de sa maison. Au bout de quelques minutes cependant, alors qu'elle se retenait déjà depuis un certain moment, elle céda et tourna la tête pour regarder derrière elle.

C'était sans compter son cœur qui s'emballa instantanément quand elle vit que Drago était quelques mètres derrière elle, son affreux sourire aux coins des lèvres. Hermione s'arrête, de profil, le regardant du coin de l'œil alors qu'il se rapprochait d'un pas nonchalant.

« Bonsoir, Granger.

Sans savoir vraiment pourquoi, elle se retint de répondre et hocha simplement la tête en guise de salut.

– Vous vous êtes bien amusés avec Potter et Weaslette ?

Hermione fronça les sourcils.

– Pourquoi ça t'intéresse ? demanda-t-elle avec méfiance.

Drago haussa les épaules, désabusé.

– J'ai passé la journée dans des bureaux à complimenter un patron qui ne sait pas gérer son entreprise ; j'espère simplement que tu as passé une journée meilleure que moi.

Hermione resta sans voix, stupéfaite par ses paroles. Drago Malfoy était-il réellement en train de lui souhaiter d'aller bien et d'être heureuse ? Il ne l'avait pas formulé ainsi, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'il pensait ça en réalité. Peut-être qu'il l'avait photographiée nue et qu'il voulait sa faire chanter. Il allait ruiner sa carrière, il allait en profiter parce qu'il était toujours le même petit abruti égoïste et mesquin qu'à Poudlard.

– Granger ? appela Drago, sourcils levés, étonné de voir son visage se décomposer peu à peu.

Il fallait qu'elle sache, elle devait savoir s'il l'avait vue ou non. Son cœur accéléra davantage si c'était possible et Hermione inspira pour tenter de se donner du courage.

– Est-ce que tu m'as vue, hier ? demanda-t-elle, à toute allure.

Drago avait envie de sourire comme rarement il en avait eu envie dans sa vie, mais il se retint difficilement. Malheureusement, ses lèvres frémirent et Hermione écarquilla les yeux, se couvrant la bouche d'une main gantée.

– C'est pas vrai… Merlin, c'est pas vrai, répéta-t-elle en devenant écarlate.

Drago s'autorisa à lâcher un petit rire et s'avança d'un pas vers Hermione.

– Calme-toi, Granger, susurra-t-il en posant une main sur son bras.

Hermione s'immobilisa, ses yeux grands ouvert plantés dans ceux du blond qui semblait inébranlable.

– J'ai trouvé votre source, mais je n'ai rien vu, assura-t-il avec un petit sourire qui se voulait rassurant.

Il la lâcha et passa une main dans ses cheveux.

– Promets-moi que tu n'as rien vu ! exigea Hermione.

Drago sourit une nouvelle fois et Hermione se dit qu'il était plus beau quand il souriait.

– Je te le promets.

Sa voix résonna quelques instants dans la nuit de la rue puis il s'approcha d'Hermione qui était toujours de profil à lui. Il vint si près de son torse frôle l'épaule de la jeune femme et il se pencha doucement.

– Bonne nuit, Granger, murmura-t-il à son oreille avant de glisser contre son dos et de s'éloigner. »

Hermione déglutit alors que son cœur battait maintenant dans son estomac et bourdonnait dans sa tête. Elle était couverte de frissons et ce n'était définitivement pas le froid.