Bonsoir,
Voilà la suite de "Source de luxure" qui a rencontré un grand succès -ce qui me ravit au plus haut point et me permet de vous remercier pour toutes les reviews ! Les vacances sont finies, mais le retour à Londres n'en sera pas moins brûlant. Il y aura deux chapitres, donc j'espère que vous avez faim !
Bonne lecture !
Champagne et satin rouge
Partie 1
Le paysage défilait derrière l'épaisse vitre du train alors que les images des jours précédents flashaient derrière les paupières d'Hermione. En y repensant encore une fois, elle sentit son rythme cardiaque accélérer et une vague de frissons chauds couler dans son dos. Elle soupira et un rond de buée apparut contre la vitre. Le train traversa une ville, lui rappelant brusquement que les vacances étaient derrière elle et qu'elle s'apprêtait à retrouver Londres et le Ministère. Elle n'avait pas revu Drago avant de partir et lui avait seulement envoyé un bref message expliquant son retour dans la capitale. Message qui n'avait pas reçu de réponse.
Peut-être que dans un sens, ce n'était pas plus mal. Elle n'avait strictement aucune idée de la façon dont elle devait agir avec lui. Quand ils avaient quitté la source, ils s'étaient séparés embarrassés, en bredouillant quelques aux revoirs. Elle s'était d'ailleurs fait la réflexion que cela devait probablement être la première fois qu'elle voyait Drago Malefoy exprimer ce genre de chose. Et puis il y avait tout ce qui grondait en elle dès qu'elle pensait à ce qu'ils avaient fait dans le bassin. Un méli-mélo d'émotions, un sac de nœuds de sentiments et d'envies tantôt fiévreux, tantôt contradictoires.
La voix de l'hôtesse de bord s'éleva dans le wagon, sortant Hermione de ses pensées. La gare de Londres se profilait à l'horizon ; elle rentrait à la maison. La jeune femme se fraya un chemin parmi les voyageurs entrant et sortant de manière incessante et après quelques minutes de marche, elle trouva une ruelle vide où elle put transplaner directement dans son salon. Un soupir d'aise s'échappa de sa bouche alors qu'elle posait ses valises près du canapé. Elle avait l'impression d'avoir passé une semaine hors du temps, hors de la réalité dans ce village enneigé, mais il n'y avait aucun sentiment semblable à celui de retrouver son chez-soi.
À Londres, il n'y avait pas un flocon sur les trottoirs, seulement un ciel gris et triste qui ne se lèverait qu'en début de printemps. Les rues scintillaient pourtant, toutes habillées de décorations annonçant un Noël joyeux.
D'un coup de baguette, la sorcière envoya ses affaires se ranger alors qu'elle allait à la porte pour récupérer le courrier accumulé ces derniers jours. Il n'y avait rien de fondamentalement urgent et après avoir siroté un thé, Hermione enfila sa robe de sorcier pour se rendre au Ministère. Elle traversa l'Atrium richement décoré de sapins et guirlandes or et argent et s'engouffra dans un ascenseur.
« Mione ! Comment vas-tu ? s'exclama Harry en la voyant entrer dans le quartier des Aurors.
– Très bien et toi ?
Elle posa un baiser sur sa joue avec un large sourire.
– Oh, moi ça va toujours, rit le brun avec un clin d'œil. Mais tu n'es pas censée reprendre plus tard ?
– Si, mais je voulais passer voir ce qui se tramait avant.
Harry leva les yeux au ciel en souriant et la conduisit dans son bureau pour qu'ils puissent parler tranquillement.
– Les vacances se sont bien passées ?
Hermione fit de son mieux pour dissimuler la couleur qui tinta légèrement ses joues et hocha la tête en souriant.
– Tout va bien pour vous ? enchaîna-t-elle sans s'étendre sur le sujet.
– En ce moment oui. Mais ça ne peut pas durer éternellement, il faut forcément que des sorciers malintentionnés décident de jouer des mauvais tours à des Moldus qui ne demandent rien à personne. »
Harry lui parla alors des derniers signalements que le Bureau des Aurors avait reçus pendant son absence et Hermione se plongea complètement dans le travail, vidant son esprit. Elle resta quelque temps avec son meilleur ami avant de continuer son tour dans le Département de la Justice magique. Elle y récolta plusieurs comptes-rendus qui lui servirent à se mettre à jour.
Il n'y avait vraiment que là qu'elle pouvait se concentrer sur une unique chose : son travail. Plus rien d'autre ne comptait et n'avait d'importance. Hermione passa près d'une heure dans son bureau à feuilleter des parchemins avant de se résoudre à rentrer chez elle. Elle se changea à nouveau et transplana chez les Potter où son meilleur ami l'avait conviée à passer la soirée.
Ginny la reçut avec un large sourire et l'étreignit chaleureusement.
« Je ne m'attendais pas à te voir si tôt ! s'exclama-t-elle en l'invitant dans le salon.
La rouquine s'assit sur le bord du canapé pour enlever ses bottes de quidditch, dernières traces de son après-midi d'entraînement.
– Harry ne devrait pas tarder. »
Comme la nuit venait de tomber aussi brusquement qu'en un soir d'hiver, les deux jeunes femmes restèrent au chaud près de la cheminée à discuter gaiement. Harry arriva effectivement rapidement, maugréant quelque peu.
« J'adore mon boulot, vraiment, ajouta-t-il. Mais parfois, j'ai l'impression qu'un esprit farceur attend dans un coin pour faire apparaître des dossiers sur mon bureau et me retenir au Ministère.
– Viens boire un verre, s'amusa Hermione en voyant son expression contrite.
– Les vacances se sont bien finies pour toi ? enchaîna Ginny en les servant tous les trois.
– Eh bien…, hésita un instant Hermione. Oui, plutôt.
– Plutôt bien ? Qu'est-ce qui t'a privé d'excellentes vacances ?
– Rien, objecta Hermione en sentant la gêne monter sur son visage alors qu'elle revoyait encore une fois les événements de la source.
Le regard que lui lancèrent ses deux meilleurs amis la confronta à sa vague esquive. Ils n'étaient pas dupes et elle le savait.
– C'était bizarre, c'est tout, avoua-t-elle. Vous vous souvenez que Drago Malefoy était là-bas ?
Harry et Ginny hochèrent la tête les sourcils froncés, se demandant ce qu'il venait faire dans l'histoire. S'ils savaient, pensa Hermione en rougissant.
– Eh bien on s'est revus plusieurs fois, expliqua-t-elle. On a passé un certain temps ensemble et je n'arrête pas d'y penser. Il a… beaucoup changé, se contenta-t-elle de conclure.
Elle ne pouvait tout simplement pas leur dire la vérité. Elle ne pouvait pas leur raconter qu'ils avaient couché ensemble dans cette source d'eau chaude, qu'elle avait aimé cela et se demandait tous les jours s'ils allaient recommencer.
– Et tu as fini par savoir s'il t'avait vraiment vue quand tu t'étais baignée la veille du jour où on y est allé ensemble ? interrogea Harry.
Hermione sentit la chaleur lui monter instantanément au visage et elle but une gorgée pour donner le change avant de secouer nonchalamment la tête.
– Je n'en sais rien et maintenant, ça m'est égal.
Si le reste était faux, elle se rendait compte que cela lui importait peu désormais qu'il l'ait réellement vue. Après ce qui s'était passé entre eux, elle n'était plus à cela près. Repenser aux événements de la source lui donna des frissons et une envie sourde résonna dans son corps. Elle reprit une gorgée de vin, Harry et Ginny ne relevèrent pas et ils se mirent à table, changeant de sujet pour se concentrer sur les derniers matchs de Ginny et les nouvelles affaires du Ministère.
– Je ne sais pas si je trouverai le temps de revenir d'ici là, mais on se verra pour le pot de Noël ? suggéra Hermione à Ginny.
La rouquine hocha la tête, sans cacher l'absence d'engouement que cette soirée éveillait chez elle.
– Si tu n'as vraiment pas envie de venir, je peux proposer à Ron de m'accompagner, glissa Harry avec un sourire au coin de la bouche.
– Bien sûr que non, objecta sa compagne en levant les yeux au ciel. »
Quand elle rentra chez elle, Hermione se laissa aller à contempler la nuit troublée par l'éclairage public. Elle était rentrée, les vacances étaient définitivement terminées. Il était temps d'oublier ces quelques jours surréalistes et improbables. Une grande tasse de thé chaud entre les mains, elle laissa ses yeux se perdre dehors jusqu'à ce que les lampadaires s'éteignent et qu'elle ne voit plus que son propre reflet dans la fenêtre.
Une semaine passa durant laquelle toute la ville fut enveloppée par une vague de grand froid. Les rues avaient été peu à peu désertées au profit des cafés et salons de thé où la chaleur était salvatrice. Hermione s'était emmitouflée dans un épais manteau pour braver les températures négatives et déambulait sur le Chemin de Traverse, le nez en l'air. Les décorations de Noël scintillaient sur le ciel blanc et les devantures rayonnaient. La brise était glaciale, mais elle portait avec elle des senteurs chaudes de cannelle et de miel.
C'était une belle journée, quoi qu'en dissent les plus frileux et après avoir effectué quelques achats, la jeune femme regagna son bureau pour la dernière après-midi de la semaine. Tout le Ministère était plongé dans une sorte de langueur hivernale à la veille des fêtes que le pot prévu ce vendredi soir venait bousculer. L'Atrium commençait à prendre la forme d'un espace de réception et un œil avisé pouvait parfois percevoir des chariots livrant petits fours et cartons de champagne longer les murs.
Hermione observait tout ce ménage depuis l'étage du Département de la Justice magique avec un mélange d'excitation et de dépit. Elle aimait ces moments où les employés pouvaient lâcher prise le temps d'une soirée et où la plupart des barrières hiérarchiques tombaient. Mais cela restait tout de même un pot ministériel et guindé où étaient conviés entrepreneurs, banquiers et politiciens. Une soirée où les apparences étaient de mise.
Elle boucla le dossier sur lequel elle avait passé la semaine et rentra chez elle pour se préparer. Elle n'avait jamais vraiment prêté d'attention particulière à porter des habits d'apparat pour ce genre d'événement qui commençait à faire partie de son quotidien au Ministère. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour trouver une robe qui lui semblait appropriée ; ni trop sophistiquée, ni trop décontractée.
Quelques minutes plus tard, Harry et Ginny passaient dans son appartement et Hermione se joignit à eux pour se rendre au Ministère.
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L'Atrium était déjà bondé. Cela faisait seulement quelques minutes qu'il était arrivé et Drago sentait déjà l'ennui poindre dans son esprit. Il n'avait jamais trouvé d'intérêt dans ces cocktails qui n'avaient pas d'autre but que réunir les employés du Ministère et les personnalités du monde des affaires dans un semblant de coopération et de transparence. Drago n'avait aucun compte à rendre au Ministère et n'avait pas beaucoup d'affinité avec les autres chefs d'entreprise londoniens.
Chaque année, il passait en coup de vent pour saluer le ministre et les plus influents invités avant de s'éclipser et terminer la soirée chez ses amis. Mais cette fois-ci, il allait attendre un peu plus. C'était surtout par curiosité ; pour l'envie de savoir et de voir. Il guettait la salle et l'apparition d'un visage très précis qu'il n'avait pas revu depuis une quinzaine de jours.
Le blond fut happé dans un groupe d'hommes qui, champagne à la main, parlaient des prochaines élections. Et au bout d'un temps indéfini, le regard de Drago fut attiré par un reflet dans la foule, une lueur flamboyante singulière. Il cessa définitivement d'écouter ce que Joel Ferguson déblatérait concernant le ministre et laissa son attention divaguer de l'autre côté de la salle de réception.
Elle venait d'arriver, dans une robe en satin rouge aux manches longues et au col ouvert sur ses épaules nues. Une coiffure simple et des talons bas, elle était restée fidèle à elle-même mais Drago pensa, le temps d'une seconde, qu'elle était resplendissante. Il se demanda alors comment tout ce qui s'était passé pendant son séjour avait fondamentalement changé sa vision. Est-ce qu'il aurait pensé la même chose de cette femme s'il ne s'était pas retrouvé dans cette forêt près de cette source et s'il ne l'avaient pas rejointe dans l'eau quelques jours plus tard. L'aurait-il trouvée belle à cet instant, irrésistible, si rien de tout ceci ne s'était passé ?
Probablement pas. Il aurait continué à la trouver insignifiante et n'aurait pas prêté attention à son existence comme il l'avait fait depuis des années sans la voir. Mais ce soir-là, dans l'Atrium du ministère de la Magie, il ne voyait qu'elle, se faufilant parmi la foule épaisse, aux côtés du couple Potter-Weasley.
La chaleur de l'espace se superposait à ses souvenirs brumeux de la source et l'esprit de Drago commença à dévier de l'endroit où il se trouvait, imaginant peu à peu des scènes parfaitement inappropriées pour le lieu et l'occasion. Il était venu pour cela, pour la revoir et peut-être même lui parler. Peut-être aussi pour plus que cela. Il s'abandonna à contempler son corps, ses bras finement habillés, son visage portant un sourire tantôt de circonstance, tantôt sincère et les hochements de tête polis qu'elle adressait aux gens autour d'elle. Il l'imagina entièrement nue et sentit le désir gronder en lui.
Hermione prit une gorgée dans sa flûte de champagne et tourna la tête vers le reste de la salle. En une fraction de seconde, son regard fut aimanté à celui de Drago qui n'avait cessé de l'observer. Elle parut surprise de le voir, déroutée un instant par l'intensité de l'expression du sorcier. Il aurait payé cher pour savoir ce qu'elle aurait fait si elle avait su ce qu'il avait en tête à ce moment.
Hermione se détourna pour saluer un collègue qui venait de l'apostropher et quand elle reporta son attention vers l'autre bout de l'Atrium, Drago avait disparu. Elle tenta de distraire son esprit en discutant avec les sorciers qui l'entouraient, mais elle ne parvint pas à s'empêcher de guetter du coin de l'œil la salle à sa recherche. Après un temps, elle s'extirpa de la masse et se déplaça vers la fontaine en quête d'un peu d'espace. Une présence à côté d'elle fit cogner son cœur contre ses côtes et elle tourna lentement la tête, presque avec précaution.
« Qu'est-ce que tu fais là ? lâcha-t-elle en posant son regard sur Drago.
– Bonsoir, Granger. J'escomptais un peu plus de civilité après ce qui s'est passé entre nous…
– Chut ! s'exclama la jeune femme en le coupant d'un murmure vif.
Drago ricana légèrement en voyant son air où se mêlaient outrage et gêne.
– Tu ne pensais quand même pas qu'on ne reparlerait jamais de ce qui s'est passé.
– Je ne pense rien, s'agaça Hermione. Je ne pensais pas qu'on allait se revoir. Et possiblement qu'on finirait par oublier tout ça.
Le silence s'imposa entre eux, les laissant se fixer mutuellement. Drago la détailla maintenant qu'il était proche d'elle et il dû se résoudre à accepter définitivement ce que son esprit et son corps lui chuchotaient. Il l'avait peut-être détestée pendant un temps, mais c'était autre chose désormais qui s'agitait en lui avec autant d'intensité.
– Je n'ai pas vraiment envie d'oublier, déclara-t-il d'une voix posée en adressant un regard brûlant à son interlocutrice.
Hermione sentit une vague de frisson couvrir ses bras et son visage se teinta, faisant monter la chaleur à ses joues.
– Ça n'a pas de sens, murmura-t-elle.
– Tu peux essayer de t'en convaincre, mais je persiste dans l'idée qu'il va falloir qu'on en parle une bonne fois pour toutes.
– Je ne suis pas certaine que ce soir le moment idéal pour ça, tenta la jeune femme pour clore la conversation.
– Tu préfères peut-être qu'on échange par lettres ? proposa narquoisement Drago.
Hermione leva les yeux au ciel en secouant la tête.
– Je ne sais pas comment tu fais pour prendre ça à la légère.
– Excuses-moi, mais c'est plutôt moi qui ne comprends pas pourquoi tu te fais des nœuds au cerveau, répliqua Drago en attrapant deux flûtes de champagne sur un plateau qui était venu flotter près d'eux.
– Parce que c'est toi et moi ! s'exclama Hermione. Ça n'aurait jamais dû arriver et c'est… bizarre.
Drago laissa sortir un soupir et lui fourra une flûte dans les mains.
– Tu as raison, Granger. C'est bizarre et ça paraît absurde. Mais c'est arrivé alors arrête d'en faire des caisses et dis-moi seulement si tu as envie qu'on recommence.
Hermione s'étouffa avec sa gorgée de champagne, faisant monter le vin mousseux dans son nez. Les yeux troubles, elle accepta à contre-cœur le mouchoir en satin que lui tendit Drago et lorsqu'elle essuya ses larmes, elle découvrit l'expression amusée et enflammée du sorcier.
– Tu es sérieux ?
– Absolument, répondit-il.
Il s'approcha un peu plus d'elle, posa sa main contre sa joue et chassa de son pouce une perle d'eau au coin de son œil.
– Sauf si tu me dis que tu veux oublier ce qu'il s'est passé et qu'on ne se parle plus après ce soir, susurra Drago à son oreille.
Hermione frémit. La proximité avec son corps lui rappelant immédiatement la fièvre de leurs échanges. Elle secoua la tête et glissa une main contre le torse du blond, oubliant complètement où ils étaient.
– Je ne veux pas oublier, avoua-t-elle. Je ne peux pas.
Drago esquissa un sourire satisfait et se recula d'un pas.
– Si tu avais comme j'ai hâte, souffla-t-il avait de se mêler à nouveau dans la foule. »
Hermione le regarda s'éloigner et prit une profonde inspiration. Son cœur battait la chamade et elle sentait le bout de ses doigts trembler imperceptiblement. Elle avait eu près de deux semaines pour penser à autre chose, pour se changer les idées et tenter coûte de coûte d'effacer les souvenirs qu'elle avait de ces vacances hivernales, et en quelques minutes seulement près de Drago, elle se sentait enivrée et brûlante de désir.
Elle se résigna à regagner la masse à son tour, reprenant conscience qu'elle était toujours au Ministère. Mais quand elle se tourna pour partir dans la direction opposée de celle qu'avait empruntée l'ancien Serpentard, elle se trouva nez-à-nez avec les mines choquées et abasourdies de Harry et Ginny.
Il était improbable qu'ils n'étaient rien vu et Hermione n'avait absolument aucune idée de ce qu'elle allait leur dire. La vérité ? Elle semblait tellement impossible à croire. Et pourtant c'était ce qui s'était passé.
La jeune femme se fraya un chemin dans la foule en direction de ses meilleurs amis, mais lorsque le directeur du Département de la Justice magique vint leur parler, elle en profita pour changer de route et s'octroyer un peu de répit, noyant son embarras dans un peu plus de champagne.
Elle passa le reste de la soirée à éviter le couple lorsqu'ils n'étaient pas occupés par d'autres et à observer du coin de l'œil Drago qui ne la lâchait pas du regard. À chaque fois qu'elle croisait ses pupilles grises, elle sentait son ventre se tordre sous une sensation chaude. La façon qu'il avait de la regarder, avec cette envie profonde, cette flamme sauvage, faisait vibrer en elle des frissons de désir. Le champagne par-dessus cela la rendait légère et consumait sa lucidité.
Quand elle se décida finalement à rentrer chez elle, Hermione se rendit compte que ses deux meilleurs amis étaient déjà partis. Elle hésita à aller chez eux directement pour leur donner une explication, mais il était tard et elle avait trop bu pour pouvoir s'exprimer avec des mots justes. Elle se retrouva dans la rue, au milieu d'autres sorciers qui sortaient comme elle du Ministère. Plongée dans la nuit multicolore de Noël, elle prit quelques minutes pour refroidir ses joues dans l'air glacé de décembre.
Elle ferma les yeux et frissonna alors que le vent froid caressait son cou. Il se mit à neiger de fins flocons dansant dans les lumières et Hermione resta là un moment pour contempler le ciel.
La neige la ramena soudain dans un village de montagne entouré de sources chaudes, dans l'eau fumante où les remous n'avaient d'autre cause que son corps nu sauvagement mêlé à celui d'un ancien camarade de classe.
La jeune femme s'ébroua et commença à s'éloigner quand son regard fut attiré par un groupe d'invités qui quittaient aussi la réception. Ses yeux se fixèrent sur une silhouette svelte qui serrait la main à un homme d'un certain âge. Et comme s'il avait sentit qu'elle l'observait depuis le trottoir opposé, Drago se tourna vers elle. Son expression se teinta immédiatement de cette lueur qu'il avait eue toute la soirée et il s'avança vers elle.
Plus il s'approchait, marchant sous la neige blanche avec nonchalance et envie, plus elle sentait son cœur accélérer et cogner dans sa poitrine. Il s'arrêta à quelques centimètres de son visage et leurs deux respirations se mélangèrent dans un nuage de vapeur opaque.
Aucun d'eux ne parla pendant plusieurs secondes et brusquement, Drago attrapa le bras d'Hermione et les fit transplaner. La jeune femme accusa le coup, sa tête étourdie par le voyage et embrumée par l'alcool, puis elle jeta un coup d'œil circulaire à la pièce où ils se trouvaient désormais. C'était un salon où la pénombre était seulement troublée par le clignotement d'une guirlande verte. C'était le salon de Drago Malefoy qui avait toujours sa main serrée autour de son bras.
Une onde de chaleur ravagea le corps d'Hermione, électrisant sa peau. Sans qu'elle n'ait pu se pencher plus longtemps sur l'étrangeté de se trouver chez lui, elle se retrouva collée contre le corps du maître des lieux qui fondit sur elle dans un baiser embrasé. En un instant, tous les questionnements qui avaient tourné dans l'esprit de la brune toute la soirée et depuis qu'elle était rentrée à Londres s'évaporèrent.
Plus rien n'importait. Cela n'avait aucun sens qu'elle ait une relation basée sur autre chose que de la haine avec Malefoy ? Elle s'en fichait désormais car la satisfaction que lui procurait ce baiser n'avait pas d'égal. Elle avait l'impression de n'avoir attendu que cela depuis son retour de vacances. Et tellement plus.
Elle glissa ses bras autour de la nuque de Drago et entremêla ses doigts dans ses cheveux. Il passa ses mains sous ses fesses et la pressa contre son bassin, faisant couler ses lèvres dans son cou. Hermione enroula ses jambes autour de sa taille lorsqu'il la souleva, cognant contre l'érection ferme qui pointait dans son pantalon. Le sorcier ferma les yeux un instant, retenant un grognement rauque et s'empressa de se diriger vers la chambre alors qu'ils replongeaient dans un baiser fiévreux.
D'un pied, Drago poussa la porte et les fit entrer dans la pièce plongée dans le noir. Il s'approcha du lit et fit tomber Hermione sur le matelas qui eut un hoquet de surprise avant de se mettre à rire. Le blond ne la voyait pas, mais une sensation étrange vint poindre en lui lorsqu'il entendit cet éclat mélodieux. Une satisfaction douce, une vague impression de joie d'être à l'origine de ce rire spontané bien qu'un peu embué par trop de champagne. Il l'imaginait allongée là, ses joues roses, ses yeux pétillants, sa coiffure défaite et il se sentit heureux de partager ce moment avec elle.
« Drago ? »
Elle avait murmuré son prénom dans un soupir sensuel et profond qui le sortit d'un coup de ses songes. Il fondit sur elle et captura sa bouche, la sentant onduler sous lui. D'une main, il releva le bas de sa robe jusque sur son ventre, découvrant un lacet large qui maintenant sa baguette contre sa cuisse. Il défit la boucle agilement et envoya le tout dans l'obscurité. Hermione s'attaqua à son pantalon qu'elle fit glisser avec ses pieds le long de ses jambes.
Ils agissaient tous deux avec précipitation tant l'excitation les faisait frémir. Un mélange de souvenirs des événements de la source grondait en eux ; le désir d'atteindre l'aboutissement, l'apothéose le plus vite possible.
Drago se décala sur le lit et se débarrassa complètement de son pantalon et de son boxer avant de faire de même pour la culotte d'Hermione. Quand il se repositionna au-dessus d'elle, sentant ses cuisses écartées contre ses jambes, il se demanda s'il allait pouvoir tenir ne serait-ce qu'une minute de plus. Inconsciente de ses pensées, la brune entoura une main autour de son érection et commença d'intenses va-et-vient. Drago serra les dents et usa de toute sa concentration pour ne pas craquer.
Comme il s'était tendu et ne bougeait pas, Hermione comprit ce qui se passait et sourit avec malice. Elle accéléra ses caresses autour de son sexe brûlant, se délectant de l'imaginer fermer brièvement les yeux et contracter sa mâchoire sous l'effet du plaisir. De son autre main, elle vint jouer avec sa propre entre-jambe. Lorsqu'il la sentit faire, le blond attrapa son bras pour qu'elle retire sa main et la remplaça par la sienne. Il sentit l'humidité couvrir sa peau à peine eut-il posé ses doigts sur le clitoris d'Hermione. Elle murmura quelque chose qu'il ne comprit pas et il entra un, puis deux doigts en elle sans attendre, lui tirant un gémissement de plaisir.
La brune se crispa alors qu'il bougeait ses doigts tout en pressant le point sensible et elle se concentra pour accélérer encore ses propres mouvements et ne pas sombrer dans l'extase. Et brusquement, Drago retira sa main et saisit celle d'Hermione pour qu'elle fasse de même. Il attrapa ses deux jambes et la pénétra d'un coup de rein. Ils gémirent de soulagement et Drago entama de rapides va-et-vient.
Hermione passa ses mains sous sa chemise et s'agrippa à son dos, fermant les yeux alors qu'elle était secouée par une décharge électrique à chaque fois qu'il la pénétrait toujours plus puissamment. Elle enroula ses jambes autour de la taille du blond pour approfondir leurs échanges, forcée de mordre l'intérieur de sa joue pour se retenir de crier.
Alors que Drago se faisait de plus en plus rapide et intense, leurs deux corps couverts de sueur se crispèrent et ils furent submergés par la jouissance. Il lui asséna un dernier coup de rein libérateur et Hermione s'abandonna dans un gémissement orgasmique. Le jeune homme se laissa tomber sur le lit et le silence envahit la pièce, seulement troublé par leurs deux respirations erratiques.
Tout l'alcool semblait s'être complètement évaporé du sang d'Hermione et elle se sentit soudainement gênée. Elle réalisa que ce n'était plus seulement un égarement de vacance lubrique. Ils venaient de recoucher ensemble par pure envie, sauvages et expéditifs et elle n'avait qu'une envie : en faire une habitude. Il faisait noir dans la chambre, mais elle ne put s'empêcher de tirer sur sa robe pour la faire redescendre sur ses jambes. Une main se posa sur la sienne, la serrant brièvement et elle ne sut pas vraiment pourquoi, mais elle eut l'impression qu'il cherchait à le rassurer d'une certaine manière.
Puis Drago se pencha vers elle et déposa un bref baiser sur son épaule dénudée avant de se lever du lit.
« Attention aux yeux, prévint-il. »
Hermione se couvrit le visage d'une main, percevant la lumière de la chambre s'allumer. Après quelques secondes d'accommodation, elle se redressa sur le lit et ouvrit les yeux. Son cœur tambourina dans sa poitrine alors qu'elle découvrait Drago debout devant sa penderie. Il était dos à elle, à ses pieds se trouvait la chemise qu'il portait un instant plus tôt. Il était nu et la brune ne put s'empêcher de détailler son corps.
Ses muscles se dessinaient discrètement sous sa peau claire. Il ne bougeait pas et Hermione se dit qu'il ressemblait à une statue, un David en marbre blanc. Il se retourna finalement et planta son regard dans le sien, un petit sourire au coin des lèvres. Alors que le rouge lui montait aux joues, la jeune femme ne parvint pas à se retenir et laissa ses yeux couler partout sur son corps.
Drago l'observa faire et lâcha un petit rire amusé. Il avait une telle confiance en lui, une telle assurance alors qu'il était entièrement nu devant elle. Un mois plus tôt, cette scène aurait relevé du pur délire, mais à cet instant, alors qu'ils échangeaient une sorte de complicité hasardeuse, cela ne leur semblait plus si incongru.
Hermione bailla, une vague de fatigue la submergeant d'un coup. Il était près de deux heures du matin et la sorcière songea que la nuit était passée à une vitesse folle. Elle repensa à la soirée au Ministère et fatalement, les visages abasourdis de Harry et Ginny s'imposèrent dans son esprit.
« Je crois que je ferais bien de rentrer chez moi, déclara-t-elle en se levant.
Elle chercha du regard sa baguette qui avait roulé et qu'elle ramassa près du guéridon en ébène assorti au lit.
– Granger, appela Drago.
Elle se tourna vers lui, se forçant à ne regarder que son visage. Il s'approcha et passa une main dans le creux de son dos pour la coller à lui. La chaleur ravagea son corps d'un seul coup quand il l'embrassa langoureusement. Elle s'agrippa à sa nuque, ne souhaitant que ce baiser ne s'arrête jamais. Ils se séparèrent après de longs instants fiévreux, le souffle court et Hermione se demanda si elle avait vraiment envie de rentrer chez elle.
– Je suppose que ce n'est pas la dernière fois qu'on se voit, susurra Drago avec un sourire en coin.
La jeune femme sourit à son tour et secoua la tête pour confirmer ses paroles.
– Tu peux utiliser la cheminée du salon, lui indiqua le blond. »
Quand elle arriva dans son appartement, Hermione laissa un soupir de contentement s'échapper de sa bouche. Et c'est seulement au moment où elle se glissa dans sa salle de bain pour prendre une douche qu'elle réalisa qu'elle avait laissé sa culotte chez Drago.
