Bonsoir chers Lecteurs/Lectrices,
Cela fait trop longtemps que je n'ai rien publié, j'en suis désolé. Entre une chose et une autre, il m'a été difficile de trouver le temps, mais malgré ça, voilà le huitième chapitre de mon histoire que je n'ai pas encore lâché.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Hermione va-t-elle enfin trouver la solution ?
CHAPITRE 8 : Déteste-moi, ce sera plus facile
Harry s'était rapproché, comme tous les autres du trou qu'il venait lui-même de creuser :
-Dobby, il y a beaucoup de choses à dire sur toi. Tu as fait preuve d'un énorme courage depuis le jour que tu es apparu dans ma chambre.
Les larmes aux yeux arrivèrent dans chaque regard, notamment celui d'Harry qui connaissait le mieux la petite créature.
-Bien que tu aies cherché à me tuer à plusieurs reprises, rit-il entre deux pleurs. Je ne t'aurai jamais remercié de m'avoir aussi souvent sauvé la vie. Depuis le début, avant même que je te connaisse, tu cherchais à me sauver même si cela restait maladroit. Tu n'as jamais été un elfe de maison comme les autres et ta liberté a fait de toi quelqu'un d'indépendant, d'incroyable, de courageux et de serviable. Je ne pense pas être le seul à penser ça quand je dis que ce soir là, tu nous as tous sauvé la vie. Merci Dobby pour ton existence et ta bravoure, puisses-tu reposer toujours aussi librement.
D'un coup Luna s'avança près d'Harry, lui prit la main et ajouta d'une voix toujours aussi étincelante :
-Merci de m'avoir sauvé, et de me permettre de retrouver mon père, grâce à toi je ne perdrai pas mon père. Amuse-toi bien là-haut, rit-elle.
Ce fut le tour de Bill :
-Merci d'avoir ramené mon petit frère, de ne pas l'avoir laissé croupir là bas. Merci de nous avoir aidés. Puisses-tu reposer en paix.
Fleur ajouta à son tour :
-Je ne te connaissais pas vraiment, mais je sais que tu t'es battu vaillamment pour les choses et les personnes qui te tenaient à cœur : c'est ça la liberté.
Hermione lâcha ensuite la main de Ron, celui-ci fut surpris, sa main s'était rapidement réchauffée en tenant celle d'Hermione, il n'avait pas pensé une seule fois à la lâcher. La jeune brune s'avança pour à son tour parler de la petite créature :
-Dobby, tu nous as sauvé plus d'une fois, tu sais que j'ai une affection particulière pour vous les elfes de maisons. À Poudlard, j'ai créé la SALE pour montrer aux autres elfes de maison quel plaisir nous pouvions éprouver quand on était maître de ses choix, maître de sa vie, quand on était libre. Je me suis servie de toi comme modèle, je ne m'y suis sûrement pas bien prise mais à ta manière, tu nous as montré ce qu'était le courage. Tu nous as tous secouru sans te poser de question, sans toi je serai surement morte dans les bras de Bellatrix Lestrange, sans toi Harry ne serait plus là non plus, et sans toi Ron ne serait pas à côté de moi. C'est pour toutes ces choses que je te souhaite de reposer le plus joyeusement possible comme tu l'as fait dans ta vie.
Aussitôt, sur ces dernières paroles, la main de Ron reprit sa place dans celle d'Hermione pour ajouter ses quelques mots à lui :
-J'ai jamais été trop doué pour ce genre de choses, les adieux tout ça, je ne sais pas faire, je sais juste que t'étais cool pour un petit homme, j'adorais tes basket…
Ron sourit.
-Enfin, tu m'as toujours fait rire, tu nous as toujours été utile, et tu as été très courageux, sans toi, je ne serai pas ici pour te dire toutes ces choses, sans toi je n'aurai jamais pu partager ces derniers moments auprès des personnes auxquelles je tiens…
Ron était de plus en plus mal à l'aise, les discours n'avaient jamais été pour lui.
-Alors merci vieux pour tout ça. Reste comme tu es pour cette nouvelle aventure.
Après ce discours maladroit, Hermione avait serré la main du rouquin pour lui faire comprendre qu'il avait employé les mots justes à sa façon. Gripsec et Ollivanders s'approchèrent du trou pour faire une révérence à la créature qui les avait tous deux sauvé.
Il fut plus difficile pour Harry de remettre le mélange de terre et de sable dans le trou pour recouvrir le petit elfe. Avec une larme à l'œil il déposa la première motte de terre et sable en chuchotant un « Au revoir ». Il lui fallut quelques minutes avant de l'enterrer complètement. Il transpirait malgré la légère brise de vent qui s'insinuait par tous les pores de sa peau.
Ensuite, grâce à la baguette de Bellatrix, Hermione prononça quelques paroles inaudibles transformant le petit bout de bois que Ron avait amené en une jolie plaque sur laquelle était gravée : « Ci git Dobby, elfe libre, fidèle et courageux».
Sur ce, Bill et Fleur commencèrent à partir, suivis du gobelin et du fabricant de baguette.
Harry prit la parole auprès de Ron et Hermione :
-Vous pouvez y aller, je voudrais rester un peu seul.
Ron et Hermione acquiescèrent et partirent, se détachant les mains petit à petit. Hermione avait encore les larmes aux yeux en pensant au sacrifice de Dobby, elle lui devait beaucoup.
En retournant à la Chaumière aux Coquillages, Ron repensait à son discours, il n'avait jamais su utiliser les bons mots quand il le fallait, il l'avait remercié pour lui avoir quelques moments de plus à vivre mais en réalité il n'avait jamais sur dire au revoir et savoir qu'il allait mourir ne le rassurait pas. Il était heureux de vivre mais malheureux à l'idée de savoir que cela ne durerait pas.
Sa famille allait arriver mais qu'allait-il pouvoir dire ? Allaient-ils tous se mettre à pleurer ? Comment allait réagir sa mère quand elle allait le voir dans son état ? Il était totalement perdu et mal à l'aise alors qu'ils n'étaient pas encore arrivés.
-Ça va Ron ?, s'inquiéta Hermione juste avant de rentrer à la Chaumière.
-C'est juste que je pensais à quand ma famille viendrait, je ne sais comment ils vont réagir et je ne sais pas non plus comment moi je devrai réagir. Je voudrais pas que soudainement Fred et Georges deviennent compatissants et doux alors que ce sont des rigolos, je ne voudrais pas que ma mère pleure tout le temps, je ne veux pas que Ginny me surprotège, je veux qu'ils soient comme Bill, fidèles à eux-mêmes même si je sais que ce n'est pas facile.
Ce n'était pas le genre de Ron de se confier de cette façon, il avait plutôt tendance à tout garder pour lui et d'exploser au moment venu, mais il en avait marre de se prendre la tête et l'avis d'Hermione pouvait lui être utile.
-Je comprends que tu veuilles que les gens restent le plus naturel possible avec toi mais ce n'est réellement pas évident. Je ne sais pas comment ils vont réagir, honnêtement je pense qu'ils feront des efforts pour toi mais…
Hermione n'eut pas besoin de finir sa phrase, Ron savait que ce n'était facile pour personne, il s'imagina dans la position inverse : si Hermione était mourante, il n'arriverait surement pas à se comporter comme toujours, ça lui serait même impossible.
Rien qu'à cette pensée, il se sentit nauséeux, il courut le plus vite possible pour s'éloigner d'Hermione et alla vomir une partie de ce qu'il avait avalé le matin même. Il commença à paniquer quand il remarqua quelques traces de sang.
Hermione vit la pâleur de Ron s'installer de manière brutale. Elle ne put le rattraper quand celui-ci s'était mis à courir de façon soudaine. Enfin elle put le rejoindre et vit alors les déchets du corps de Ron au sol et remarqua également le sang.
-Ron qu'est ce que tu…, se mit à paniquer Hermione.
-Ça va aller, le rassura Ron, c'est rien, ne t'inquiète pas.
-Si Ron, je m'inquiète et j'ai bien raison, ce n'est pas normal ! Il faut aller voir Fleur, faut que j'aille voir dans mes bouquins s'il n'y a pas quelque chose, allez viens, on va voir !
-C'est bon Hermione, ne le dis pas à Fleur, inutile d'inquiéter tout le monde pour un simple vomissement, ça peut arriver à tout le monde.
-Ron, dans ton état, c'est loin d'être normal, et ce n'est pas un simple vomissement, il y a du sang Ron ! Je t'en prie, se mit à supplier Hermione. Viens avec moi, on va arranger ça !
Les larmes commencèrent à monter aux yeux d'Hermione, elle savait qu'il allait partir mais elle voulait retarder les choses le plus possible. Ron était accroupi sur l'herbe et essayait de retrouver ses esprits, Hermione lui prit le bras pour le forcer à se lever et la suivre. Ron la rejeta immédiatement.
- Laisse-moi !, rugit-il.
-Ron, je t'en prie ! se lamenta la jeune sorcière.
- Laisse-moi !, répéta-t-il entre ces dents. Va t-en !
-Ron !, supplia de nouveau Hermione.
Cette fois-ci les larmes perlaient sur ses joues, elle voulait juste que Ron aille se faire soigner auprès de Fleur.
Il ne leva pas une seule fois un regard vers elle, Hermione comprit que ça ne servait à rien d'insister et s'en alla bouleversée.
Ron attendait qu'Hermione soit hors de vue pour cesser de regarder le sol, il savait qu'il s'était mal comporté mais il ne voulait pas que la vie qui lui restait soit dicté par sa « maladie » si ça pouvait être nommé ainsi.
Il ne voulait pas inquiéter Hermione, il ne voulait pas qu'elle le suive, à toujours surveiller son état de santé. Il ne voulait pas se laisser mourir comme il pouvait le laisser croire mais il se disait que si Hermione le détestait, peut être que sa souffrance serait moins dure à supporter une fois qu'il serait définitivement parti. À chaque fois qu'il repensait à sa mort, il imaginait Hermione quelques années plus tard, heureuse auprès d'un autre homme que lui, avec des enfants. Normalement l'amour devrait lui faire penser que de voir Hermione heureuse devrait le combler mais cela ne marchait pas. Il voulait qu'Hermione soit heureuse avec lui et avec personne d'autre.
Il savait qu'il l'avait blessé en la rejetant ainsi, mais il valait peut être mieux qu'elle le déteste une fois qu'il ne serait plus là.
Au fond de lui, il savait qu'il y avait de quoi s'inquiéter, ce sang n'était pas normal, il avait eu l'impression de recracher une partie de lui, cette sensation avait été épouvantable, il avait la sensation que c'était le signe d'une descente dans sa future tombe. Les choses n'allaient pas s'arranger et il le savait, c'était un des premiers signes de sa dégradation, il ignorait combien de temps il allait pouvoir ne serait-ce que tenir sur ces jambes.
La logique aurait voulu qu'il avoue ces sentiments à Hermione, il ignorait totalement si celle-ci les partageait. Combien de fois Harry lui avait dit de le faire, il ne comptait plus mais à présent s'il lui disait, aucune réponse n'aurait été valable : si elle l'aimait alors sa disparition n'en serait que plus difficile et si elle ne l'aimait pas, il se laisserait mourir encore plus vite pour ne pas avoir à subir les représailles.
Hermione ne voulait pas laisser Ron dans un tel état mais il lui avait fait clairement comprendre de s'en aller, elle n'avait pu s'empêcher de contenir ses larmes. Elle partit alors rejoindre Harry près de la tombe de Dobby mais il n'y était plus. Elle s'installa devant la plaque et pleura de nouveau. Jamais encore elle n'avait versé autant de larmes en si peu de jours.
Pourquoi la rejetait-il de cette manière ? Elle l'ignorait mais tout ce qu'elle savait c'est qu'elle ne voulait pas le perdre avant l'heure et elle se battrait jusqu'au bout même si au final il devait la détester, après tout, ce serait plus facile pour lui de partir s'il la détestait.
