CHAPITRE 20
Bienvenue à Vale
James Ironwood se trouvait dans les entrailles du métro. Il était seul et tenait dans sa main droite son revolver. Il ne savait où il était ni pourquoi son arme de poing était sortie. Il savait juste qu'il devait protéger quelqu'un. Mais qui ? Et contre qui ?
Puis il se rappela qu'il avait toujours son bras droit. Il l'examina, incrédule. Pourquoi était-il fasciné par son bras ? Il examina son revolver, il était chargé. Pourquoi cette vérification inutile ?
Puis vinrent les cris. Ceux de multiples hommes et femmes autour de lui. Il tourna la tête, chercha qui hurlait mais ne vit rien. Il n'y avait que les ténèbres qui mouvaient autour de lui comme un brouillard noir. Les cris continuaient, s'amplifiaient, augmentaient en nombres… Il y avait plus de voix que de membres d'équipage du Conviction, plus que la population de Mountain Glenn… Plus que celle de Remnant… C'était épouvantable !
Alors il réalisa que les cris n'étaient pas emplis de terreur. Les voix hurlaient une colère viscérale ! Et plus ils hurlaient et plus James avait l'impression d'entendre le rugissement d'une créature cauchemardesque, plus terrible que celui de n'importe quel Grimm !
Il regarda devant lui et soudain, il le vit. Comment avait-il fait pour ne pas le voir auparavant ?
C'était… Ce n'était pas humain. Les ténèbres l'enveloppaient en lieu et place de son manteau à capuche, comme une mère protégeant son enfant. De son visage, il ne voyait que sa bouche et son menton mais James savait qu'il le voyait derrière son écran d'obscurité.
À présent qu'il était là, les cris redoublaient de férocité ! C'était insupportable pour James ! Ces morts, tous ces morts hurlaient depuis des temps immémoriaux pour qu'un être mette un terme aux agissements de leur assassin !
Il tendit son arme vers cette monstruosité à l'apparence faussement humaine et voulut tirer, réduire cette chose à néant.
Mais son revolver ne tira pas. Pire, il tomba par terre.
Parce que James n'avait plus de bras droit.
Il écarquilla les yeux en voyant le moignon qui remplaçait désormais son membre. Ce n'était pas possible… Ce n'était pas possible !
Il laissa la terreur le dominer et il hurla de douleur et d'horreur ! Son hurlement se mêlait à ceux des morts et finissait d'achever le rugissement de la créature qui se cachait derrière l'Homme en Noir !
Celui-ci se mit à marcher d'un pas dominateur en direction du commandant, chacun de ses pas changeait le sol de béton en une mer de sang. Et quand finalement il s'arrêta devant un James Ironwood impuissant et à genoux, le monde n'était plus que sang, ténèbres et rugissement. Ses yeux rouges sans vie le brûlaient sur place et il était incapable de réagir alors qu'il était consumé par toute cette malveillance…
— Peux-tu les entendre chanter ?
Cette voix morte, glaciale, sans la moindre chaleur humaine pour l'animer, c'en fut trop pour James qui poussa un nouvel hurlement !...
.
…Et se réveilla en sursaut dans son lit, couvert de sueur et plongé dans le noir.
L'espace d'un instant, l'angoisse le saisit ! Où était-il ?!
Puis il se rappela, et se calma… Il était à l'hôpital militaire de Vale, tout près de la capitale et de l'Académie de Beacon. Il faisait nuit et les volets étaient fermés, voilà tout…
Il respira profondément pour chasser ses cauchemars. Il se passa une main sur le visage pour essuyer la sueur et voulut de l'autre main saisit le verre d'eau posé à côté de son lit. Une fois encore, il eut l'étrange sensation de sentir son bras bouger mais quand il le regarda, il n'y avait rien… Les docteurs lui avaient expliqués que ce phénomène bien connu pouvait durer des années après l'amputation. Une demande de prothèse avait déjà été demandée à Atlas et était en attente de réponse mais James savait qu'il ne retrouverait la même sensation que son véritable bras. C'était une réalité qu'il devait accepter.
Il voyait encore son bras pointant son revolver sur l'Homme en Noir et l'instant d'après, plus rien excepté la douleur. Et ce cri si horrible qui lui déchirait les tympans. Un cri, le sien…
Il entendit un drôle de bruit et vit que le verre tremblait entre ses mains. L'eau tombait sur la table de chevet…
— BON SANG !
De rage, il jeta le verre à travers la pièce qui éclata contre le mur à côté de la porte. Il se passa une main sur le visage, furieux de sa réaction ! Presque tous ses hommes étaient morts, le Conviction n'était plus qu'un tas de ferraille, Rook était dans le coma et lui-même était manchot à présent. Comment le Conseil d'Atlas allait-il réagir ? Sûrement allait-il être rétrogradé après un tel échec, James s'en moquait. Il espérait que les plus isolationnistes ne profiteraient pas de ce désastre pour tenter de fermer les frontières du pays. Après la séquestration du comte Dimër, cette possibilité était malheureusement à envisager sérieusement…
— Commandant ?
C'était Hood qui passait la tête par la porte. Vu ses cernes, il ne dormait pas beaucoup depuis leur arrivée à l'hôpital.
— Ce n'est rien, dit James d'un ton plus amer qu'il ne l'aurait voulu.
Hood entra et prit place près de lui.
— Je n'ai que des mauvaises nouvelles pour vous. Je commence par la pire : c'est au sujet de Rook.
— Par Monty, ne me dites pas qu'il est…
— Il s'est réveillé, le rassura Hood. Mais le choc à l'arrière du crâne a provoqué une hémorragie interne dans le cerveau. D'après les docteurs, il va finir le reste de sa vie en tant qu'aveugle.
— Mon dieu…
— L'armée va le réformer et il recevra une pension mensuelle. J'ai pensé écrire à ses parents mais j'ignore leur adresse.
— Sa mère est morte quand il était jeune, je crois, se rappela James en fouillant sa mémoire. Il a encore un père, et deux petites sœurs… Il leur donnait l'intégralité de sa solde à la fin du mois. Ils vivent dans la misère...
— En tant que Faunus, en plus…, soupira son second. Sa pension risque d'être plus basse qu'un humain… Je verrai ce que je peux faire pour empêcher ça.
— Merci. Et l'autre mauvaise nouvelle ?
— Le Conseil nous ordonne de rentrer le plus tôt possible à Solitas.
— Ça n'augure rien de bon…
— Je pense qu'ils vont chercher à vous accuser de l'échec de l'opération.
— Un bouc-émissaire.
— Je peux nous préparer une défense, commandant. Nous ne pouvions pas savoir contre qui…!
— Vous non, mais dans mon cas, c'est différent. Je suis un militaire et un Huntsman. De ce fait, j'aurai dû deviner des forces en présence et réagir en conséquence.
— Personne n'aurait pu…!
— Deviner qu'il existe sur Remnant un être capable d'une seule attaque de détruire une ville entière ? J'ai vu son attaque, Hood. J'aurai pu ordonner au timonier de réduire notre altitude, ce qui aurait peut-être sauvé plus de nos hommes. Je ne l'ai pas fait. Ce qui signifie que j'ai été dépassé par les évènements et pour un Huntsman, c'est inacceptable. En plus, je suis le commandant le plus jeune de l'Histoire d'Atlas. Cela m'a causé des rivalités avec des militaires d'influence qui craignent que je convoite leur poste. La perte du Conviction et de presque tout son équipage est une aubaine pour eux.
— Ils vont vous traîner dans la boue ! Votre nom sera la honte pour les Huntsmen de l'Académie !
James soupira longuement.
— C'est peut-être mieux comme ça. Je suis grillé mais pas vous, Hood. Vous pouvez encore œuvrer auprès d'un nouveau gradé et monter les échelles de la hiérarchie.
— On ne vous a pas traîné hors d'un vaisseau en flammes pour vous abandonner devant un tribunal militaire, refusa catégoriquement son second. Il y a forcément un moyen d'éviter cela.
— Oui. Un : ramener la Femme en Noir.
— Aux dernières nouvelles, elle serait dans un lieu tenu secret de Beacon ! Nous ne pourrons jamais la récupérer, et je doute que notre ambassadeur défende ardemment notre cause quant il a tout intérêt à satisfaire les grosses pontes d'Atlas !
Hood baissa la tête, dépité. James ne dit rien. Ses médicaments l'empêchaient de réfléchir rapidement mais il était convaincu que rien n'était encore joué.
— Il y a peut-être quelque chose si…, murmura-t-il.
— Quoi ? demanda Hood en se penchant vers lui pour mieux l'entendre.
— Quand j'ai perdu mon bras, je crois avoir entendu l'Homme en Noir dire quelque chose… Mais impossible de me rappeler quoi…
Il se creusa la tête mais en vain. Finalement, Hood haussa les épaules.
— Probablement rien d'important en ce qui nous concerne… Sur ce, reposez-vous bien, commandant.
Il se leva et marcha vers la porte.
— Hood ? (le lieutenant se retourna.) C'est moi qui préviendrai les parents de Rook. C'est ma responsabilité en tant que chef de l'unité.
— Commandant, avec tout votre respect, nous ne sommes même plus une unité…
Hood quitta la pièce et James se retrouva dans le noir, incapable de dormir à présent… Déjà il réfléchissait à ce qu'il allait pouvoir écrire à la famille de Rook. Qu'il s'était battu pour des valeurs qui lui tenaient à cœur ? Non, c'était déplacé… Rook était… Bon sang, aveugle et pourquoi ? Que pouvait-il dire à sa famille si lui-même n'arrivait pas à se l'expliquer ?
Inconsciemment, il posa sa manche gauche sur son bras et son flanc sectionné. Il se rappelait avoir entendu les médecins dirent entre eux que sa survie était en théorie impossible. Quelqu'un avait dû faire quelque chose pour que sa blessure cicatrice aussi vite, mais aucune personne douée d'une Semblance de guérison n'habitait Mountain Glenn…
Qu'avait-il entendu ? Qu'avait-il vu ?
Un flash, une lumière…
Une onde bienfaisante qui l'enveloppait comme les bras d'une mère…
« Ils vivront… C'est tout ce que je peux promettre… »
« Une semaine… »
— Mais oui… Hood ? HOOD !?
Son second revint précipitamment à l'appel de son chef.
— Commandant ?
— Depuis combien de temps a-t-on quitté Mountain Glenn ?
L'Homme en Noir posa finalement pied à Vale après son très long périple.
Il était au sud de la ville, le district agricole où des champs de céréales divers s'étendaient sur plusieurs milliers d'hectares, assez pour nourrir la population grandissante de Vale.
Marcher nuit et jour lui avait permis de réfléchir à ce qu'il devait faire maintenant qu'il était arrivé au sein du royaume.
De toute évidence, Sélénée avait été mise en sécurité à l'Académie Beacon qu'il observait à l'autre bout de la ville. S'il voulait y entrer sans causer un champ de bataille, il devait employer la discrétion. Et il savait parfaitement comme s'y prendre…
Sa première étape était déjà choisie, aussi se mit-il à marcher d'un pas décidé dans une direction bien précise : le secteur commercial.
Même avant la catastrophe vingt ans auparavant, il n'avait que rarement mis les pieds dans la plus grande ville de Saunas à cause de la présence du Gardien à proximité et il reconnut sans amertume qu'elle avait incroyablement changée.
Ses bâtiments respiraient la relative tranquillité dans laquelle baignait le royaume, protégé des Grimms par ses barrières naturelles. Les bâtiments étaient de couleurs variées, accueillants même pour un étranger. Il leva la tête et vit un pont pour monorail en construction au-dessus des habitations, des panneaux informaient quiconque s'y intéressait que les travaux seraient achevés d'ici cinq ans et que le but de ces construction était de faciliter la mobilité des habitants pour éviter l'utilisation des voitures. Avec une bonne répartition à travers les secteurs de la ville, il n'y aura peut-être plus de voitures à Vale d'ici quelques décennies…
Le multiculturalisme était également passé par là. Il le découvrit quand il arriva au cœur du secteur commercial. Celle-ci avait remarquablement évoluée avec ses façades en briques bien entretenues, ses lampadaires et passages pour piétons holographiques et ses rues propres. Aucun doute qu'il s'agissait là du résultat d'échanges technologiques entre Atlas et le reste du monde, même si le plus impressionnant restait le CCTS qui constituait la base de la tour Beacon où siégeait le Gardien au dernier étage. Son emplacement était logique. Érigé sur le campus de l'Académie, personne ne pouvait s'en approcher sans se trouver encerclé par des centaines d'Huntsmen entrainés au combat…
L'Homme en Noir passa devant la boutique « From Dust Till Dawn. » Il y avait un jour acheté une grosse quantité de Dust alors que le magasin venait à peine d'ouvrir. Le gérant n'avait jamais vu une telle quantité de crédits dans toute sa vie… Il n'aurait peut-être pas sourit ainsi s'il avait su que ses achats avait servi à concocté une bombe qui avait fauché des centaines de vies pour tuer des milliers de Grimms…
Il continua à marcher, dépassa les zones plus ou moins riches, s'engouffra dans les coins malfamés de la ville. Il suffisait d'entendre le bruit des sirènes de police pour être sûr du chemin. Ici, pas de briques mais du métal et du béton pour les murs et pas d'hologrammes mais des lignes électriques à chaque coin de rue. Contrairement au reste de la ville, rien n'avait réellement changé ici...
Il suivit une longue avenue déserte jusqu'à arriver à un bâtiment vieux, sale, mais d'où résonnait une musique assourdie depuis l'intérieur. Pas de doute, c'était bel et bien le Club de la famille Xiong.
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Six hommes de main gardaient l'entrée du club, tous habillés en noir et portant des lunettes rouges. Les années avaient passés, mais la tradition vestimentaire avait perdurée visiblement…
L'un des gangsters le regarda venir d'un œil mauvais.
— Tu veux quoi, le crasseux ? Dégage, tu salis la devanture !
— Je dois rencontrer Kaoli Xiong.
Les six malfrats l'entourèrent comme une meute de loups autour d'un agneau.
— Quoi ? T'as un pète au casque ? Le boss n'a pas de temps à perdre avec des pouilleux comme toi.
— Il va en trouver.
Le chef des acolytes n'aimait pas son ton. Il sortit son pistolet de l'étui caché sous sa veste et le pointa en direction du visage de l'inconnu encapuchonné.
— Casse-toi ou je t'explose la cervelle.
— Impossible.
— Ah ouais ? Et pourquoi ?
— Parce qu'avant que tu ne presses la détente, vous serez tous déjà morts.
Les autres hommes de main sortirent leurs armes à feu et le braquèrent à leur tour.
L'Homme en Noir ne mentit pas.
Ils n'eurent jamais le temps d'ouvrir le feu…
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En redoutable parrain de la pègre locale, Kaoli Xiong savait garder son sang-froid en toute occasion. Même quand cela signifiait entendre des coups de feu et des hurlements à l'entrée de son club.
— Merde ! C'est les flics !? beugla Cole, son associé en se levant d'un bond de son fauteuil.
Un malfrat passa comme une flèche à travers l'entrée du club et vint atterrir avec fracas sur la piste de danse, laissant une trainée de sang derrière son passage.
— Oh non… C'est bien pire…, déclara Kaoli en vidant son verre d'alcool.
D'un signe de tête, les deux filles accrochées à ses bras s'éclipsèrent sans un mot.
Probablement habituée à ce genre de situation, la clientèle composé de toutes les classes sociales de Vale s'échappa par les issues de secours, laissant uniquement les hommes de Xiong et les ivrognes affalés ici et là.
Un projecteur quitta la piste de danse et se tourna vers l'entrée du club. Derrière les portes en verre flouté, tous pouvait distinguer à travers la lumière blafarde une silhouette humaine s'avancer vers eux.
— Laissez-le entrer, ordonna Kaoli d'une voix grave.
Ses hommes obéirent docilement et les portes s'ouvrirent pour l'Homme en Noir. À sa vue, Kaoli ne put s'empêcher de déglutir.
— J'aurais préféré les flics…
Loin des inquiétudes des quartiers chauds de Vale, l'équipe STRQ s'était réunie sur la piste d'envol de Beacon. Ozpin avait offert quelques jours de congé à Taiyang pour qu'il puisse assister à l'enterrement de sa mère. Lui qui affichait d'ordinaire un visage jovial était aujourd'hui anéanti. Il n'avait jamais connu son père et sa mère avait dû l'élever seule. Elle était sa seule famille…
— Je suis…, commença Summer avant de s'arrêter. J'espère que tu…
Elle ne savait pas quel mot employer pour ne pas l'attrister plus qu'il ne l'était déjà. Heureusement pour elle, Taiyang sut ce qu'elle ne parvenait pas à exprimer.
— Je comprends. Portes toi bien aussi, ajouta-t-il avec un sourire forcé.
Ce fut au tour de Qrow, plus habitué à ce genre de chose. Il se contenta de poser une main sur l'épaule de son ami.
— On se revoit bientôt. Si tu as besoin de parler, n'hésite pas à appeler, on sera là pour toi.
— Merci, Qrow. Sincèrement. Et Raven ?
Qrow leva la tête vers le toit de l'Académie où un corbeau les observait en silence.
— Tu la connais. Jamais un mot mais toujours présente.
— C'est tout elle… Je paris qu'elle s'en veut de m'avoir réconforté hier ?
— Qui sait ? Tu as peut-être réussis à faire craquer notre tsundere préférée ? ironisa Qrow.
— C'est peut-être ta poisse qui la poussée à faire ça ? répondit Tai.
L'humour ne dura pas. Aucun d'entre eux ne savait quoi dire, aussi se quittèrent-ils ainsi. Taiyang embarqua à bord d'un Bullhead, spécialement affrété pour lui, qui décolla aussitôt de l'Académie.
— J'aimerais tellement pouvoir l'aider, il me fait de la peine dans cet état…, dit Summer à Qrow.
— Parfois, on ne peut rien faire d'autre que de regarder et prier pour que ça aille mieux.
— C'est vraiment tout ce qu'on peut faire ?
Il l'enserra par un bras et la ramena contre lui. Elle ne chercha à fuir son contact et en silence, ils suivirent du regard l'appareil de Taiyang jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.
L'Homme en Noir marcha d'un pas souverain à travers le club de Xiong. Les acolytes s'écartèrent sur son passage mais gardèrent leurs armes pointées sur lui. Ce type était seul mais ils sentaient tous le danger qui émanait de lui comme un avertissement à ceux qui voudraient l'attaquer. C'était sombre, c'était primitif, mais surtout, ça n'avait rien d'humain !
Indifférent à leurs armes, pas plus qu'à la terreur qu'il lisait dans leurs yeux, l'Homme en Noir gravit les marches qui menaient à l'étage des VIP d'où Kaoli avait l'habitude de régner son empire de lumière et de boissons.
Quand enfin il arriva devant lui, il dominait Kaoli de par sa puissance, lui debout alors que le parrain était toujours assis, un roi de fait face à un roi de droit…
Cole se leva en portant sa main à sa chemise où y était dissimulé un pistolet, mais Kaoli le stoppa d'un regard courroucé. C'était stupide face à cet être. Il n'avait rien dans son arsenal capable de faire plier l'Homme en Noir.
Kaoli regarda ce visage dissimulé sous la capuche. Les ténèbres qui y régnaient étaient trop épaisses pour qu'il distingue quoi que ce soit. Il ignorait si son visage était aussi terrifiant que sa voix de mort.
— Ça fait un bail. Je suppose que tu n'es pas là pour prendre un verre en souvenir du passé.
— J'ai besoin d'un service.
— Tu arrives de nulle part après avoir disparu il y a vingt ans, tu tues six de mes gardes, sans oublier ma réputation qui va en pâtir et les flics à qui je vais devoir acheter leur silence. Tu t'attends vraiment à ce que j'accepte la moindre de tes demandes ?
— J'en ai seulement tué six. Crois-moi, je pourrai faire bien pire…
Kaoli savait parfaitement qu'il pouvait faire pire. Bon sang, il ne le savait que trop bien ! S'il le voulait, ce monstre pouvait réduire la ville en cendres et ce n'était pas les apprentis-héros de Beacon qui pourraient l'en empêcher !
— Qu'est-ce que tu attends de moi ?
— D'abord, congédie tes hommes.
Kaoli leva la main et les gardes baissèrent les armes et quittèrent la salle de dance, emportant avec eux le cadavre de leur collègue sur la piste de danse.
— Qu'est-ce que je peux faire pour toi maintenant ?
— Tu as toujours ton réseau de faussaires ?
— Oui, pourquoi ?
— J'ai besoin d'entrer à Beacon.
— L'académie de Huntsmen ? Pourquoi ?
— Tu ne veux pas savoir…
— Alors c'est non. Je connais ce regard… Je ne sais pas ce que tu comptes faire là-bas mais je ne veux m'y retrouver mêlé. Tu attires les meurtres comme un foutu Grimm.
L'Homme en Noir se pencha en avant et approcha son visage du sien. Kaoli ne pouvait voir ses traits, mais il remarquait sans peine l'iris rouge de ses yeux d'où brûlait un feu destructeur. Deux yeux de dragon le fixaient avec l'avidité d'un prédateur envers sa prochaine proie.
— As-tu oublié pourquoi les ennemis de ton père ont disparus, Kaoli ? Souviens-toi, la raison se trouve devant toi.
Kaoli ne se laissa pas démonter par cette voix plus glaciale que Solitas.
—Est-ce que tu sais qu'Ozpin a placé une prime sur un homme qui te ressemble traits pour traits ?
L'Homme en Noir se pencha en avant et approcha son visage de celui de Kaoli. Dans ses yeux brûlait un feu destructeur. Deux yeux de dragon le fixaient avec l'avidité d'un prédateur envers sa prochaine proie.
— Si tu venais à disparaitre, personne ne s'en plaindrait.
— Ce n'est pas comme ça qu'agissent les Quatre.
— Non, mais c'est ainsi que moi j'agis. Je ne suis pas d'humeur à t'entendre geindre alors que les flics arrivent. Je te donne trois jours pour me créer une identité convaincante. Tu ferais mieux de mettre tout de suite tes hommes au boulot.
Et l'Homme en Noir tourna le dos à Kaoli. Il descendit les marches qui menaient à la piste de danse et marcha jusqu'à la sortie.
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Dehors, les hommes du parrain étaient en train de nettoyer la devanture du club et d'effacer toutes traces des six hommes qui avaient osés lui tenir tête. Curieusement, il repéra deux individus qui continuaient à marcher vers l'entrée sans se soucier du sang et des corps. Deux individus porteurs de la marque de Salem et dont il reconnaissait l'un d'entre eux.
Celui à qui il avait brisé le cou à Mountain Glenn se figea en le voyant. Ses membres se mirent à trembler mais la réaction n'était pas due à une peur panique. Son organisme était capable de percevoir les impulsions nerveuses déréglées par sa récente fracture.
L'autre homme tendit un bras devant son compagnon.
— Nous ne sommes pas là pour lui…
L'individu le regarda, le regard injecté de sang, furieux de ne pas obtenir vengeance. Mais il finit par s'écarter du passage de l'Homme en Noir, probablement conscient qu'à eux deux, ils ne pourraient le vaincre, si faible était-il. Il était clair que si un combat se déclarait au sein de Vale, la ville ne serait plus jamais comme avant…
L'Homme en Noir posa ses yeux terrifiants sur celui qui commandait. Ce dernier ne cilla pas, pas plus qu'il ne trembla devant ce regard reptilien. Certain qu'il ne l'attaquerait pas, l'Ainé des Quatre reprit sa marche. Un armistice tacite était établi pour le moment, mais tous les trois savaient qu'elle ne durerait pas…
L'Homme en Noir disparut dans l'obscurité des rues et les deux Champions de Salem entrèrent dans le club et comme leur ennemi auparavant, montèrent les marches qui menaient à Kaoli Xiong. Celui leva des yeux fatigués et colériques sur ces deux types qui osaient le déranger !
— Qui êtes-vous ? Vous ne savez pas que le club est fermé pour le moment ?
Le plus tranquillement du monde, le commandant renégat prit place devant le parrain de la pègre et joignit ses deux mains sur la table tout en affichant un sourire de loup.
— Pardonnez l'intrusion, mon nom est Scharnhorst, et voici mon associé Marcus. Nous sommes à la recherche d'une personne très importante à nos yeux et nous avons eu ouïe dire que vous étiez capable de nous renseigner si nous y mettions le prix adéquat…
PS : Et juste dans les temps ! J'avais prévu de finir le vingtième chapitre plus tôt dans le mois (parce qu'avoir des commentaires aussi positifs que les vôtres, ça motive !) mais mon PC m'a... comment dire avec des mots simples ?... Laissé comprendre qu'il en avait marre que je tape aussi vite sur le clavier ? En tout cas, j'ai du attendre pas loin d'une dizaine de jours pour qu'on me le répare (ce petit saligaud m'aura coûté une vrai fortune !) et maintenant, il est comme neuf !
Maintenant, je peux me lancer sur le chapitre 21 mais il n'arrivera probablement à la fin d'Août... Je sais, je sais ! Vous êtes tristes, vous en voulez toujours plus mais moi, je suis comme tout le monde et en été, je pars en vacances ! MOUHAHAHAHA
Bonne lecture et bonnes vacances !
