Chapitre 26

Un Prix à Payer


Nous revoilà ensemble… Qui l'eut cru ?

Les Quatre baignaient ensemble au cœur du Flux, nus comme au premier jour, plongés dans un sommeil sans rêve. Ici, nul besoin de mots, les pensées devenaient échos de l'âme. Espace et Temps n'étaient plus que mots et souvenirs d'un univers lointain. Ils avaient la sensation de vivre une rêverie éveillée, un instant éternel qui pouvait s'effondrer à tout moment. Ils n'avaient rien à se cacher au milieu des courants d'Énergie, aussi doux que les vagues sur les plages, aussi puissants que l'océan s'écrasant contre une falaise. C'était leur Domaine, leur forteresse imprenable. Contre Salem et la sauvagerie des Grimms… Contre aussi Ozpin et la folie des Humains…

Un lieu de paix.

Cela n'était pas arrivé depuis longtemps… Très longtemps… Pas depuis le massacre des Guerriers aux Yeux Argentés… Mais la fin définitive de cet événement était fort heureusement entaché par ce « Plus maintenant… » Il en restait une…

Et donc, un dernier espoir pour Remnant…

(Lux) Mais Salem sait…

(Lux) Pourquoi as-tu choisie Summer Rose ? Quand l'ombre de Salem planera à nouveau sur Remnant, c'est sur ta disciple et toi qu'elle se tournera…

(Raptoria) Ai-je vraiment besoin d'une raison ?

(Sélénée) On croirait entendre Ozma…

Ozpin.

Leur frère aîné était là, lui aussi, mais à l'écart de sa fratrie. Dès l'instant où il était entré en contact avec le Flux, l'Énergie autour de lui s'était altérée.

L'Énergie, pure et éclatante comme une lumière, s'était défigurée sur la peau de l'Homme en Noir. Ses flots éternels s'étaient brisés et déchirés en venant à lui. Une brume noire comme la nuit s'était propagée autour de l'Aîné des Quatre à mesure que son organisme assimilait l'Énergie. Des éclairs rouges zébraient le Flux à chaque contact avec cette source vitale. Il s'abreuvait et corrompait en retour, tant et si bien qu'il dut se façonner un cocon d'obscurité pour éviter de propager la destruction dans les veines de la Vie. Ce qu'il était, l'essence même de sa nature, contrastait avec la raison d'être même du Flux. Il était une tumeur dans un organisme, la mort au sein de la vie. Le Flux ne pouvait que le rejeter.

Une telle vision aurait été soi terrifiante soi incompréhensible suivant qui était spectateur. Mais pour sa propre famille, son emprise sur leur environnement était un phénomène qu'ils connaissaient depuis longtemps.

Incontestablement, il était la Destruction incarnée. La Mort déguisée sous un manteau d'os et de chair. Mais il était aussi leur frère, leur aîné, et l'être le plus puissant à avoir jamais baigné dans le Flux. Le savoir ici avec eux était plus rassurant encore que de se trouver dans la Voûte.

(Sélénée) À Mountain Glenn…

?

(Sélénée) Arthur était là. Il m'a appelé Fille du Père…

Le silence dans le flot de pensée fut long parmi les Quatre. Leur origine était un secret bien gardé dont eux-mêmes avaient jetés la clé dans les profondeurs les plus insondables de leur inconscient. Alors comment savait-elle ?

Même en tant qu'Envoyés des Dieux Frères, Ozpin et Salem n'avaient accès qu'à une fraction de l'infini de possibilité qu'offrait le Flux. L'un de ces dons les plus précieux était sans conteste le Souvenir Perpétuel.

Tout être vivant, qu'il soit floral, animal ou divin, laissait sa trace dans l'Énergie, comme une bibliothèque sans limites sur la vie, les actes, les émotions, le passé et les espérances, les erreurs et les victoires de chaque existence vécue dans cet univers ou un autre.

Si la Mort était l'oubli, alors le Flux était la garantie d'une vie éternelle.

(Raptoria) Ozpin…

Le signal auxquels devaient obéir les Quatre était un dérivé du Flux. Quand l'Envoyé de l'Aîné l'avait infiltré, Salem avait su exploiter cette faille pour tenter de les vaincre. Par le passé, elle avait déjà prouvée être plus érudite dans la maîtrise de l'Énergie que son opposé et avait réussi l'exploit d'accéder au Flux…

(Lux) Non… Je ne pense pas qu'elle y soit parvenue… Les deux Frères ne l'auraient pas permis… Mais je me demande si ses connaissances n'ont pas un lieu avec ces Grimms humanoïdes. Des Grimms qui parlent…

(Sélénée)Et qui évoluent à chacune de nos rencontres. Même morts, ils reviennent à la vie plus fort que la dernière fois. Plus nous les affronterons, plus ils deviendront difficiles à abattre.

(Lux)Ce ne sont pas de simples Grimms. Mêmes les plus redoutables de sa création ne sont pas en mesure de revenir à la vie. Une fois tué, ils disparaissent dans le Néant.

(Sélénée) Que sont-ils vraiment ?


— Ils sont terrifiants, pas vrai ?

Accoudé à une balustrade, Scharnhorst observait l'aire de combat où se trouvaient les Ombres. Deux d'entre elles étaient recroquevillées dans les recoins sombres de la salle, plongé dans un stade proche de l'hibernation. Deux autres déambulaient sans but à travers l'aire, marchant d'un pas lourd et malhabile comme des morts-vivants, à la recherche d'une proie à réduire en charpie. Le dernier, le plus déformé de tous avec ses excroissances en poignard sur une épaule et des épines dorsales asymétriques, était immobile au centre de la pièce, son monstrueux visage parodiant le crâne des humains fixé sur les deux humains qui le toisaient depuis leur hauteur.

Marcus Blake ne dit rien. Les mains tremblantes solidement serrées à la balustrade, il contemplait lui-aussi le Grimm qui les regardait avec ce sentiment d'être épié par un prédateur appâté par une proie alléchante. Il avait jadis connu pareille sensation, quand il avait offert l'une de ses victimes aux Beowulfs. Conformément aux demandes de son commanditaire, il l'avait saigné à blanc, attaché à un arbre et attendu que ses hurlements n'attirent les Grimms pour le dévorer. Il se rappelait encore du regard des Beowulfs quand ils avaient compris que leur proie était sans défense… C'était le même regard qu'il voyait chez cette Ombre.

— Vous croyez qu'il nous voit comme du gibier ? demanda le commandant renégat à ses côtés.

— Non.

Scharnhorst détourna les yeux du monstre pour les poser sur le maître assassin.

Je suis le gibier.

Marcus regarda à son tour le traître.

— Mais pas vous.

Il n'avait pas besoin de poser la moindre question. C'aurait été une insulte pour eux deux. Scharnhorst était mort à Mountain Glenn, décapité par deux Huntsmen. Et pourtant, il se tenait là devant lui, avec un sourire terrifiant aux lèvres ! S'il décidait de le tuer, Marcus ne pourrait rien faire dans son état, mais il était prêt à prendre ce risque.

Le ton amusé du commandant n'avait rien de rassurant. Il y avait un halo inquiétant dans la moindre fibre de cet être.

— Je vous l'ai dit pourtant… (Il se rapprocha de lui pour lui glisser à l'oreille.) Je compte sauver Remnant des Quatre…

Marcus ne broncha pas. Il ne s'attendait évidemment pas à une réponse directe. Mais le renégat ne faisait que lui répéter déjà ce qu'il avait dit. Autrement dit, du vent…

Délaissant l'ambiance pleine de suspens, Scharnhorst passa à côté de lui en posant une main lourde d'avertissement à son égard.

— Vous devriez faire plus attention. Votre réputation va en prendre un sacré coup dans le cas contraire…

Marcus fit demi-tour pour le regarder partir et ses nerfs lui firent perdre contrôle de son corps. Il bondit en arrière, les bras et les jambes battant fébrilement l'air sans le contrôle du cerveau.

L'Ombre était là.

Silencieuse comme la mort, elle avait bondi jusqu'à lui sans qu'il ne la voie ou l'entendent ! Et maintenant, elle se dressait de tout son être pour dominer l'humain tremblant à ses pieds. Le besoin de chasser et de tuer brûlait de plus bel dans les yeux rouges et froids du Grimm. Mais il resta de nouveau immobile et l'assassin ne prit pas la peine de savoir pour combien de temps encore.

Prudemment, il se retira, le regard de l'Ombre rivé sur lui.


— Nom et grade.

— Hood. Lieutenant dans l'armée atlésienne.

— Affiliation ?

— Commandant en second à bord du Conviction. Vaisseau armé de type frégate.

On recopia rapidement sa réponse sur un papier. Menotté à une table, le fidèle lieutenant subissait son broncher les questions du procureur de Vale. Quand ce dernier s'interrompait, Hood en profitait pour distraire son esprit. La table à laquelle on l'avait attaché était grossière, mal ciselée, l'artisan devait avoir expédié le travail par soucis de temps… Sur le mur en face de lui, derrière le magistrat, trônait un énorme miroir sans tain. Cela avait au moins l'avantage de lui permettre de contempler son visage. Il avait une de ces têtes…! Les prisons militaires étaient rarement connues pour le confort de leurs lits. Celles de Vale ne faisaient visiblement pas exception.

— Très bien, lieutenant. Vous et moi, on va remonter un peu le temps… Quelle était la raison de votre venue à Vale ? reprit le procureur après avoir relu un dossier.

— Mon supérieur devait s'entretenir avec le Headmaster de l'Académie de Beacon dans le cadre d'une enquête sur une femme recherchée pour avoir séquestrée l'un de nos citoyens.

— Et pourquoi le Headmaster ?

— Il recherchait lui-aussi cette personne, et le groupuscule auquel elle appartenait.

— Vous avez obtenu ce que vous vouliez ?

— Pas exactement…

Le magistrat écrivit un commentaire en bas de page.

Hood se demandait depuis combien de temps il était ici ? Ici, il n'avait pas la moindre mention du temps. Pas d'horloge, pas de montre au poignet du procureur. En prenant en compte sa fatigue et son estomac affamé, cela devait faire déjà une bonne dizaine d'heures qu'il était là. S'il estimait qu'une journée s'était écoulée entre son arrestation, son passage à la prison militaire puis son interrogatoire, ça faisait près de deux jours que la mission avait échoués. Pas de repos, pas de repas ou de perception du temps… Pas de doutes, les huiles du Royaume de Vale devaient être furieuses !

— Le dernier signalement connu de votre unité était lors de la destruction de Mountain Glenn. Le rapport parle d'une énorme explosion qui a provoqué la perte de votre vaisseau et d'une grande partie de vos hommes…

— 834.

Pour la première fois depuis sa capture, Hood laissa s'échapper un regard colérique.

— Pardon ?

— 834 de nos hommes. Sont morts. Ce jour-là, précisa-t-il lentement, durement.

— Désolé…

Un silence. Impossible de savoir si le procureur avait été autrefois soldat au service actif mais son excuse semblait sincère. Hood se détendit un peu. Un peu…

Ça ne dura pas.

— Vous avez été arrêté par des Huntsmen en plein cœurs de Beacon. Vous vous rendez compte que c'est l'équivalent d'une bombe ce que vous avez causé ? On n'a pas connu un tel casus belli depuis la Grande Guerre ! Je peux vous dire qu'en haut, c'est un vrai bordel. Tout le monde est sur les dents. On parle de représailles diplomatiques, de gels des crédits… Une allumette et on risque de déclencher une nouvelle guerre. Alors ne perdons pas plus de temps : qui vous a autorisé à mener cette opération hors de tout cadre juridique ?

Hood retint son souffle. On y était !

La grande question.

Pendant des heures, il avait composé et rejeté une demi-douzaine de réponses, estimant chaque fois qu'elles étaient insuffisantes pour tromper l'homme en face de lui. En commandant avisé, Ironwood avait donné des consignes en cas d'échec de l'opération. Et celles-ci étaient…

— Vous faites erreur, notre commandant nous a confirmé avoir reçu l'aval d'Atlas pour lancer cette mission.

Le procureur ne tomba pas dans le panneau.

— On a contacté le Conseil d'Atlas. Pas un seul haut-gradé ne confirme avoir autorisé une telle mission, tous démentent catégoriquement en avoir eu seulement connaissance. Vous commencez à voir le tableau ?

— Je vous répète que nous avions des ordres signés !

— Arrêtez votre baratin, lieutenant Hood.

Le ton du procureur avait changé. On avait coupé la lumière chez lui, le gentil flic, pour laisser place au méchant flic. Mauvais signe !

— Vous allez me faire croire qu'un homme connu par tous ceux interrogés pour sa perspicacité et sa parfaite analyse de la situation ait fut croire aux documents qu'auraient réussi à faire demander un commandant shooté à la morphine ? Ni qu'aucun des hommes de votre unité n'ait demandé à s'assurer de la véracité de ces ordres après avoir entendu quel était le lieu de l'opération ?

ALERTE ! ALERTE ! ALERTE !

Une alarme s'était mise à hurler dans le cerveau du lieutenant. Bien-sûr, il ne s'attendait pas à le convaincre aussi facilement mais il s'était persuadé que dès qu'il aurait orienté la conversation vers son supérieur, avec le sous-entendu caché qu'il aurait berné ses propres hommes, le procureur se serait concentré sur ce seul suspect et aurait dédouané le reste de l'unité. Connerie ! Il avait gravement sous-estimé la magistrature de Vale, lui qui pensait que ce Royaume sans grand crime serait plus facile à duper… C'était pourtant le seul moyen d'éviter que toute l'unité ne croupisse en prison ! Le plan initial était de se faire passer pour la victime de l'histoire, d'avoir été mené du bout du nez par un commandant condamné à la disgrâce et qui avait cherché à tout prix à redorer son blason en tentant de capturer l'un des Quatre… Mais vu comment tournaient les choses, c'était foutu par avance ! Ces gars-là ne faisaient pas le travail à moitié ! S'ils connaissaient sa réputation, cela voulait dire que même Atlas était prêt à les lâcher sans sourciller. Vale voulait des réponses et des coupables ! Il fallait qu'il trouve une parade au plus vite !

— Voilà comment je vois les choses - vous m'arrêtez si je me trompe ? - le commandant Ironwood n'a jamais fabriqué ces documents…

En l'absence du commandant, c'était au lieutenant de garantir la survie de l'unité.

Désolé, Commandant…

Il n'avait qu'une seule solution assez crédible…

— C'est moi.

Il y eut un silence dans la pièce. Le procureur le regarda droit dans les yeux, comme pour mieux juger de sa véracité.

— J'ai faussé l'ordre de mission avec l'accord d'Ironwood pour tromper nos hommes. Et contrairement à chez vous, nos soldats ne discutent pas les ordres s'ils viennent du Conseil.

La petite pique était dérisoire mais pouvait être un argument valable concernant l'obéissance aveuglante de l'unité.

— Vous le referiez ? demanda tout à coup le magistrat.

Cette fois-là, Hood n'eut pas besoin de mentir.

— Vous voulez dire si c'était à refaire ? (L'homme opina du chef.) Absolument.

— Même si vous deviez encore vous retrouver ici ?

— Je le ferai autant de fois qu'il le faut. Pour nos camarades tombés au combat.

Comme il était bon d'être de nouveau sincère…Hood se sentit plus à l'aise, détendu malgré tout ce qui pouvait désormais lui arrivé.

Après un long moment de réflexion, le procureur prit son stylo, griffonna quelques mots dans son dossier et le ferma.

— Lieutenant Hood. En vertu des droits internationaux signés entre nos deux Royaumes, vous allez être placé en détention pour avoir mené une opération illégale sans drapeau officiel ou revendiqué, pénétré une Académie de Huntsmen et falsifié des documents officiels en vue de convaincre vos troupes de suivre vos ordres. Toutefois, à la demande de votre Conseil, votre jugement aura lieu à Atlas. Vos chefs réclament déjà la peine maximale pour votre commandant et le feront probablement pour vous aussi. En attendant votre extradition, vous séjournerez dans notre prison militaire de haute sécurité.

Hood hocha simplement la tête à l'annonce des chefs d'inculpations.

Étrangement, il ne pensait pas à sa carrière désormais ruinée. Pas même à sa réputation. Non, il était… Satisfait. Les survivants du Conviction étaient disculpés. Ils pourront rentrés chez eux en hommes libres. Cette seule pensée suffit à le faire sourire…

Le procureur se leva et s'adressa aux enquêteurs derrière la vitre sans tain.

— On a fini ici.

On lui ouvrit, et deux policiers militaires entrèrent pour raccompagner le lieutenant dans sa cellule.

— Au fait…

Hood leva les yeux vers lui.

— Votre blessé, Rook, vient de reprendre connaissance. Vous serez ravi d'apprendre qu'il a mystérieusement retrouvé la vue.

Hood n'en crut pas ses oreilles. Rook voyant ? Comment était-ce possible ? Les médecins… Ironwood avait préparé l'opération pour capturer l'un des Quatre et lui faire utiliser ses pouvoirs de guérison pour lui redonner la vue. Avaient-ils fait tout ça pour rien ? Le temps qu'il se ressaisisse, il était déjà hors de la pièce.

Pendant que les PM l'emmenaient, un enquêteur vint rejoindre le magistrat.

— Wahou ! Si je puis me permettre, monsieur, c'était du grand art ! On se serait cru dans un film avec toutes ces révélations !

— Tant que ce n'est pas une série de 8 saisons…

— Hein ?

— Peu importe.

— Hum… Juste à titre personnel, pourquoi l'avez-vous asticoté comme ça ? Le Headmaster a demandé qu'on se concentre uniquement sur le commandant.

Le magistrat haussa des épaules tout en commençant à ranger ses dossiers dans sa mallette.

— Que voulez-vous ? J'aime faire plus que ce qu'on me demande.

— Et alors ? Vous en pensez quoi ?

— Il n'y a jamais eu de documents dans cette affaire. Ils étaient tous volontaires et ils savaient tous dans quoi ils s'embarquaient.

— Alors toute cette histoire de documents truqués…?

— Inventée de toute pièce. Heureusement qu'il est tombé sur moi, un autre n'aurait pas marché.

— Alors il voulait juste s'assurer que ses subordonnés n'aient pas d'histoires de retour chez eux, hein ? Un vrai humaniste…

— Qui va passer le restant de ses jours à croupir dans une prison.

Le procureur referma les verrous de sa mallette et se dirigea vers la porte.

— Une dernière chose ! le héla l'enquêteur.

Avec un soupir, le magistrat s'arrêta pour l'écouter.

— Ce qu'ils comptent faire à leur chef, cet Ironwood, c'est juste pour en faire un exemple ?

— Quand on brise un vase, on paie le quincaillier, quand on brise une loi, on paie. Purement et simplement. C'est aussi simple que ça.