Salut !
Me revoilà avec le nouveau chapitre - je profite du jour férié pour le poster héhé ! ;) Il est un peu plus court parce que je voulais ménager un peu de suspens (si l'on peut dire) à la fin.
Sinon merci à Vladimirette (on va dire que Bellatrix apporte de la nouveauté à ses confrères mangemorts hahaha), mimi70 (Alors pour moi, Sirius n'est pas encore déshonoré de la famille même si ses rapports avec sa famille sont déjà conflictuels. Le problème était peut-être un peu survolé dans le texte, j'avoue. Donc Andromeda va bientôt pouvoir s'échapper ! Tu m'as fait rire avec ton "compatissant mais pas trop faut pas déconner" xD Rosier est vraiment pas cool comme mec, c'est vrai...) et SallyWolf (Je suis contente que tu aies apprécié de les voir dans un autre environnement. Moi aussi j'aime bien ce chapitre!) pour vos reviews, ça me fait rire et c'est fou comme vous analysez bien les choses !
Voilà je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 10
« Toutefois on me dit, en te considérant,
Que d'éveiller l'amour tu n'as guère puissance,
Et je n'ose affirmer que ceux-là vont errant,
Bien que je me le jure à moi-même en silence.
Et pour être assuré(e) que ce n'est faux serment,
Mille fois je gémis, puis songe à ton visage…
Il faut que noir soit clair en mon entendement.
Je viens donc aussitôt en porter témoignage :
Non ! tu n'es noir en rien, sauf en tes actions
Qui motivent, je crois, leurs diffamations. »
Shakespeare, Sonnets, CXXXI
Les vacances prirent fin et l'ennui d'Aidlinn aussi – elle avait fini par en avoir assez de tourner en rond dans la demeure familiale. À bord du Poudlard Express qui filait follement entre les collines, Aidlinn s'évertuait à ne pas croiser le regard de Rosier, assis en face d'elle. Elle ne savait plus que penser de lui et, pire, elle ne savait plus ce qu'il pensait d'elle.
L'ambiance était plus sérieuse que jamais dans leur compartiment. Rodolphus, qui, depuis qu'il avait été marqué, semblait encore plus grave et pessimiste qu'auparavant, ne cessait de froncer les sourcils en regardant à l'extérieur, comme en proie à de sombres pensées. Andrew avait renoncé à raconter quelques plaisanteries ou anecdotes intéressantes, il était perdu dans la contemplation de sa baguette, à moitié avachi sur la banquette. Quant à Isaac, il s'efforçait de rester stoïque, mais, contrairement à Evan, on devinait facilement les émotions bouillonnant derrière ses paupières abaissées. Il était resté distant avec sa sœur tout le reste des vacances et elle avait fini par se résigner.
Rogue n'était pas revenu vers eux depuis l'épisode de la Salle sur Demande, mais personne ne semblait s'en soucier. Aidlinn finit par poser la tête contre la fenêtre et avant même de le réaliser, elle s'était endormie. Elle fit un songe étrange, où sa mère, habillée en jeune mariée, se tenait sous un grand cerisier en fleurs et lui tendait la main. Avant qu'elle eût pu la rejoindre, Edern la réveilla car ils étaient arrivés à la gare de Pré-au-lard. La soirée était douce et paisible, porteuse d'un souffle printannier. Ils montèrent à bord de la dernière diligence, peu pressés de rentrer au château. Poudlard se dessina dans le ciel, ses innombrables fenêtres allumées comme des flambeaux d'espoir dans la nuit. Qu'il est bon de rentrer, songeait Aidlinn.
Elle essaya d'appliquer le conseil que lui avait donné Evan à demi-mots : garder la tête haute. C'était difficile, surtout quand elle croisait Heston. Elle s'efforçait de ne pas lui accorder d'attention, mais l'attitude menaçante d'Avery et Mulciber envers le garçon lui fut d'une grande aide. Il ne vint plus lui parler ; ce fut comme s'il ne s'était jamais rien passé. Elle s'efforça aussi de se montrer aimable envers Sylvia et Maria, d'agir comme si elles ne s'étaient jamais éloignées, ce qui porta ses fruits au-delà de ses espérances et lui remonta le moral : elle n'était pas aussi seule qu'elle se prenait parfois à le penser.
Pour les cinquième année, les examens se rapprochaient dangereusement ; les professeurs ne manquaient jamais de leur rappeler l'importance des B.U.S.E pour la suite de leurs études. Aidlinn, Avery et Mulciber s'efforçaient de travailler chaque jour, même si une bonne partie de leurs tentatives finissaient par se transformer en partie de cartes à un moment ou un autre. Entre leurs révisions et les entraînements secrets dans la Salle sur Demande, ils avaient peu de temps libre, mais progressaient admirablement.
Il apparut que chaque élève de cinquième année devait passer un entretien d'orientation avec le directeur de sa maison, une perspective ennuyeuse pour la plupart et angoissante pour les plus indécis – Aidlinn faisait évidemment partie de la deuxième catégorie. Ce fut ainsi qu'un jeudi soir, Aidlinn toqua à la porte du bureau du professeur Slughorn, le ventre noué d'appréhension. Elle n'avait pas envie de parler de son avenir et encore moins avec un employé de Dumbledore.
Le professeur de Potions lui ouvrit et un sourire affable éclaira son gros visage.
— Miss Rowle, vous voilà !
L'homme s'écarta avec peine pour la laisser entrer et alors qu'il refermait la porte, elle attendit qu'il lui désignât une chaise en face de son imposant bureau de chêne. Lui-même s'assit avec lenteur dans un large fauteuil de cuir rembourré. L'endroit était chaud et confortable, les meubles de belle facture et sans une trace de poussière, le bois brillant de cire. Une alléchante odeur de confiseries chatouilla les narines d'Aidlinn ; elle tâcha de ne pas accorder d'attention à la profusion de boîtes de bonbons et de gâteaux disséminées dans la pièce ni à la grande étagère ornée de photos et de cadeaux de ses anciens élèves. Faisant elle-même partie du club de Slug, elle savait pourtant que sa photo ne serait jamais affichée parmi les autres portraits et articles de journaux découpés. De la même façon, il était ironique qu'Isaac, Evan, Edern et Rodolphus fussent membres du club, quand on connaissait leur avenir de mangemort. Slughorn ne voyait-il pas qu'il avait introduit les loups dans sa bergerie ?
— Alors, Miss, si nous parlions un peu de votre orientation ? Vous devez bien avoir des projets, après Poudlard ?
Aidlinn avait réfléchi à la question pendant les vacances, s'était documentée sur des métiers qu'elle n'exercerait jamais. Tout cela lui avait procuré un horrible sentiment d'impuissance, il fallait se rendre à l'évidence : son destin ne lui appartenait pas.
— Je ne sais pas encore exactement, Monsieur. J'envisageais de déposer une candidature pour travailler au Ministère, par exemple au Département des accidents et catastrophes magiques.
Elle avait choisi ce métier pour pouvoir justifier plus tard les matières qu'elle choisirait après les B.U.S.E., c'est-à-dire celles incluant la maîtrise des sortilèges et des enchantements – toutes celles qui lui permettraient d'être utile lors d'une bataille.
— Je vois, c'est une idée intéressante. Vous connaissez quelqu'un dans le milieu, peut-être ?
— Non, Monsieur, mais je me suis beaucoup documentée sur le sujet.
Slughorn hocha la tête d'un air pensif.
— Que fait votre père, déjà ?
Aidlinn prit le temps de lisser consciencieusement les plis de sa jupe.
— Mon père est investisseur financier.
Le professeur arrangea les papiers devant lui tout en grognant un assentiment. Il sortit ce qui semblait être un bulletin de notes et le parcourut du regard.
— Vous êtes une élève sérieuse, Miss Rowle, poursuivez vos efforts et je suis sûr que vous pourrez accéder à la carrière que vous souhaitez. J'imagine que vous connaissez les matières à choisir après vos B.U.S.E. ?
— Je dirais Sortilèges, Défense contre les forces du mal, Potions…
— Tout à fait, sourit Slughorn. N'oublions pas Métamorphose et je pense qu'il vous serait utile de continuer au moins une de vos options. C'est toujours un avantage non négligeable et je vois que vous avez de bonnes notes.
Aidlinn acquiesça en silence, impatiente que l'entretien se terminât.
— Il vous faudra donc obtenir de bonnes notes aux B.U.S.E.. Pour ma part, je n'accepte dans ma classe que les élèves ayant obtenu au moins un Effort Exceptionnel à l'examen, mais suivant la demande, je me verrai peut-être contraint de sélectionner les meilleurs… C'est pourquoi je vous conseille d'obtenir un Optimal pour vous garantir une place en potions l'année prochaine. Vous devriez aussi aller voir vos autres professeurs pour leur demander quelles sont les notes minimales à obtenir afin de pouvoir suivre leurs cours en sixième année.
Aidlinn opina à nouveau. Slughorn lui lança un sourire aimable :
— Y a-t-il autre chose dont vous voudriez me faire part, Miss ?
Un poids tomba dans l'estomac de la jeune fille.
— Je ne crois pas, Monsieur.
— Tout va bien ? Rien ne vous tracasse ?
Savait-il quelque chose ? Si oui, sur quoi ? Le vol du dossier de Mary ? L'accident d'Evans ? Le sortilège Doloris qu'avait lancé Rosier ? Les affaires de sa famille ? Ou tout cela en même temps ? Aidlinn s'efforça de sourire calmement.
— Non, Monsieur. Tout va bien.
Slughorn hocha la tête.
— Dans ce cas, c'est parfait. Je vous laisse y aller.
— Bonne soirée, Monsieur.
Une fois, la porte refermée derrière elle, Aidlinn s'autorisa à respirer. Elle n'avait pas vraiment apprécié l'étrange insistance de Slughorn à la fin de l'entretien. Jetant un coup d'œil à sa montre, elle s'aperçut que ce devait déjà être la fin du dîner. Elle résolut malgré tout de faire un détour par la Grande Salle, mais quand elle arriva, la salle se vidait et il n'y avait plus que des restes de repas. Les elfes ne tarderaient pas à venir tout nettoyer.
Le ventre de la jeune fille gargouilla désagréablement ; elle aurait préféré manger quelque chose avant d'aller dormir. Malheureusement, elle ne savait pas où se situaient les cuisines – Isaac avait toujours refusé de le lui dire alors que lui-même s'y rendait régulièrement. C'est alors qu'une autre idée lui vint.
Elle emprunta les escaliers, grimpant les marches quatre à quatre, jusqu'au septième étage. Les élèves regagnaient déjà tous leurs salles communes et certains lui jetèrent des coups d'œil interloqués car tout le monde savait que les dortoirs des Serpentard se trouvaient dans les cachots. Elle s'arrêta finalement dans le couloir désert, face à un mur de pierre de banale apparence, dépourvu de tout ornement. La Salle sur Demande. Après tout, pourquoi ne pourrait-elle pas fournir un repas complet ? De mémoire, la salle magique n'avait jamais fourni de nourriture, mais peut-être fallait-il seulement choisir une énonciation appropriée ?
Elle réfléchit un moment à la formulation à employer et résolut de passer trois fois devant le mur vierge. Elle passa trois fois devant le mur, mais aucune porte ne prit forme. Peut-être n'ai-je pas utilisé les bons termes ? se dit-elle. Elle recommença, sans succès. Ne lui avait-on pas parlé d'une règle qui empêchait la magie de faire apparaître un quelconque aliment ? Elle réfléchissait quand des claquements de pas rapides retentirent dans le couloir. Était-ce Apollon Picott ? Le couvre-feu n'était pas encore passé, mais le vieux concierge lui demanderait assurément ce qu'elle faisait là et elle n'avait aucune intention de lui parler de la pièce secrète. Elle chercha frénétiquement du regard un lieu où se cacher. Il n'y en avait pas.
Son inquiétude se mua en surprise quand Evan Rosier apparut à l'angle du couloir, traînant à son côté Délia Abbot qui paraissait dépassée par la situation. Evan avait un air déterminé sur le visage et sa main serrait trop fortement le poignet de la Serdaigle pour que cela parût naturel. Il eut un temps d'arrêt quand il vit Aidlinn en face de lui.
— Aidlinn ? Qu'est-ce que tu fais là ?
La jeune fille était aussi étonnée que lui.
— Et bien, je… Toi, qu'est-ce que tu fais là ?
Elle aurait dû dire vous.
— Evan, je ne comprends pas, intervint Délia d'une voix boudeuse. Qu'est-ce qu'elle fait là ?
Rosier ignora la question de sa petite amie et fronça les sourcils tandis que son regard déviait vers le pan de mur vierge.
— J'en ai besoin.
— Moi aussi, marmonna Aidlinn.
Elle ne voyait pas en quoi les amourettes de Rosier passaient avant ses besoins primaires. Par ailleurs, elle n'était pas sûre de vouloir rentrer à nouveau dans cette salle si Evan et Délia l'utilisaient comme lieu de leurs ébats. Néanmoins, quelque chose dans la façon dont se comportait Evan paraissait différent ; il n'avait plus l'air aimablement concerné qu'il prenait toujours avec Délia Abbot, mais arborait cet air froid et indifférent qu'il réservait à la majorité des êtres vivants sur Terre. Délia croisa les bras avec agacement :
— Evan, où est la surprise que tu m'avais promis ? Je…
— Silencio.
Il réduisit la brune au silence d'un air ennuyé, qui rougit sous la surprise et roula des yeux offensés. Aidlinn n'en croyait pas ses yeux.
— J'ai besoin de cette salle.
L'intéressée soupira et lui céda le passage. Si elle s'opposait à lui, qui sait ce qu'il lui ferait ? Au vu de la manière dont il traitait Délia, il ne faisait nul doute que ce serait pire pour elle. Abbot, visiblement énervée, commençait à se défendre, ce qui agaçait au plus haut point Evan.
— Tu vas te calmer, petite idiote ?
Aidlinn, déroutée par le comportement d'Evan, s'attarda au lieu de tourner les talons. Délia gesticulait de plus en plus, si bien que sans prévenir, Rosier lui asséna une violente claque. La Serdaigle se figea, visiblement choquée que son propre soupirant eût pu lever la main sur elle. Des larmes apparurent dans ses yeux à mesure que l'inquiétude et l'incompréhension prenaient le pas sur l'indignation.
— Evan, tu es sûr que ça va ?
Aidlinn n'en revenait pas. Où était passé le Rosier attentionné de ces derniers mois ? Étaient-ils en train de rompre ? Si c'était le cas, c'était d'une bien étrange manière.
— Va-t'en, Aidlinn. Ce ne sont pas tes affaires.
Elle obéit et s'éloigna à pas lents, la torture de Rogue encore trop présente dans sa mémoire. Désormais, il était presque l'heure du couvre-feu ; un dernier regard par-dessus son épaule lui apprit que Rosier et Délia disparaissaient dans la Salle sur Demande.
Malheureusement pour Aidlinn, le claudiquement caractéristique d'Apollon Picott résonnait cette fois véritablement dans le couloir, indiquant que la voie n'était pas libre. Elle fit demi-tour en courant, passa devant la Salle sur Demande dont la porte était toujours visible et s'arrêta de justesse à l'angle du couloir. Plusieurs voix lui parvenaient de ce côté-ci. Étaient-ce les préfets qui commençaient leur ronde ? Elle avait mis plus de temps que prévu à atteindre le septième étage et voilà qu'elle était cernée à cause des caprices de Rosier ! Cependant, il était hors de question de se faire attraper et de faire perdre des points à sa maison.
Aidlinn battit en retraite, son cœur battant la chamade dans sa poitrine. Au milieu du couloir, la porte était encore visible, brillant comme une invitation. Il ne restait que quelques secondes avant qu'elle disparût. Aidlinn n'hésita plus, elle fonça vers la porte et la claqua derrière elle. Elle se retrouva dans une pièce de grande taille, faiblement éclairée par des torches ; de grands miroirs remplaçaient les murs, donnant une profondeur nouvelle à la salle.
Et au milieu de la salle, Délia Abbot hurlait, les yeux révulsés, les ongles griffant le parquet. Evan Rosier était placé au-dessus d'elle, la baguette pointée, plus insensible que jamais.
J'annonce beaucouuuuuuuup d'Evlinn dans le prochain chapitre ! Il est déjà prêt donc je le posterai très bientôt. (Fin de semaine ou début de semaine prochaine je pense.)
