Quelques semaines avant les événementsdu prologue,

3 ans après la déclaration de guerre de Gerard et donc 3 ans après sa mort.

Cela faisait maintenant trois ans que Stiles avait disparu. Pas un mot, pas une excuse, il s'était juste dissout dans la nature. Ce n'était pas faute de l'avoir cherché dans toute la Californie, mais ses traces se stoppaient juste au niveau de Beacon Hills. Au début, Malia avait eu peur que les cavaliers fantômes soient revenus pour rechercher Stiles mais le train avait été dévié, c'était impossible. Les recherches ne s'arrêtent pas là : c'était un membre de la meute, après tout. Ils appelèrent des renforts, voulurent le retrouver à tout prix. Derek et Braeden rejoignirent les recherches dans le but de mettre la main sur le jeune garçon. Même Deaton sorti ses talents de motard pour parcourir les frontières du Mexique et prendre contact avec les possibles meutes et chasseurs ennemis. Après avoir ratissé le pays et avoir appelé Jackson, Ethan, Isaac et Cora, ils fouillèrent les grandes villes. Ils s'attirèrent d'ailleurs quelques problèmes avec des meutes mais grâce à Scott et au talent de médiateur naturel de Chris et Deaton, aucun combat sérieux ne fut déclenché. A peine quelques égratignures. Une fois que cette piste fut écartée, ils rentrèrent tous à Beacon Hills. Mais alors qu'ils entreprenaient des recherches au niveau de l'Oregon où des témoignages sur des manifestations surnaturelles avaient été entendus – le groupe entier s'accordait à dire que le jeune homme avait un don particulier pour s'attirer les foudres de tous les monstres d'Amérique-, Lydia cria.

Ce fut inattendu, flippant. Mais surtout morbide. Ils avaient tous préparé des affaires de camping pour partir ensemble plusieurs jours, répartis sur quatre voitures et trois motos : la voiture de fonction du Shérif, la camaro de Derek, celle de Chris et enfin la Jeep qu'Ethan, Braeden et Mason s'étaient embêtés à retaper pour l'occasion. Il avait fallut de la force, une bonne négociatrice pour acheter des pièces d'occasion sans se ruiner et enfin un cerveau assez compétent pour déchiffrer des instructions sans avoir besoin d'un mécanicien. Braeden, Deaton et Scott avaient mobilisé leurs motos et avaient même casé de quoi faire des pleins en cours de route dans le coffre des voitures.

Les groupes étaient faits : Derek, Cora, Isaac, Peter et Lydia partaient pour l'Est de l'Oregon ; le shérif, Parrish, Théo, Liam, Hayden, Corey et Mason pour le Nord : ils avaient la voiture la plus grande et la plus endurante. Le reste se coupait en deux petits groupes : Jackson et Ethan se partageaient la côte tandis que Chris, Malia et la mère de Scott devaient s'occuper du reste, au milieu du territoire.

Tout le monde s'était rejoint au loft la veille du voyage et ils dormaient tous sur des sacs de couchages ou sur des canapés, utilisés comme lits improvisés. Ils devaient partir à l'aube et Chris avait prévu un réveil à cet effet. Mais, alors que la meute était assez blottie pour se réchauffer les uns les autres, Lydia se redressa brusquement en position assise et hurla si fort que les personnes les plus proches d'elle se mirent à saigner des oreilles.

Son rêve fut d'un noir d'encre aveuglant et elle se mit à sangloter en attirant ses genoux contre son torse. Elle n'eut jamais un rêve aussi vide et une prémonition aussi peu utile. C'était bien simple : elle ne voyait rien, comme si elle portait un bandeau sur les yeux alors qu'elle coulait au fond d'une rivière glaciale. Tous comprirent que ce jour là il n'y aurait pas de chasse à l'homme. Si personne n'ouvrit la bouche, les gémissements et les couinements tristes furent assez déchirants pour que même les humains de la bande se resserrent dans une étreinte de réconfort. Le réveil sonna dans le vide, une minute à peine après le cri de la banshee.

Dans les semaines qui suivirent, Peter et Derek dénichèrent une stèle de marbre blanc. Ils l'installèrent sur la petite falaise qui surplombait Beacon Hills et Noah vint graver le nom de son fils en toutes lettres. Personne ne décrocha un mot, ils ne portaient même pas des vêtements d'enterrements, ils étaient juste tellement silencieux que l'absence du moulin à parole se fit encore bien ressentir. Ils pleurèrent, veillèrent, souffrirent. Longtemps, Scott fut terrifié par l'idée que Stiles soit mort comme un chien sur le bas d'une route, et que son corps soit en état de décomposition dans un ravin. Il voulut quand même partir a sa recherche, mais il fut retenu par sa meute, qui avait besoin de lui. Lydia désespérait que ses pouvoirs ne l'emmène pas jusqu'à un corps. Son don de banshee était mortellement silencieux. Pendant plusieurs jours les hurlements de deuil d'une meute se firent entendre dans Beacon Hills.

Le shérif réagit exemplairement, ne prit pas un congé, il ravala sa peine et tenta même parfois de remonter le moral de Scott et des amis proches de son fils. Mais derrière la façade résistante de Noah se cachait un homme qui appelait des nuits entières le numéro de portable de son fils. Il passait des heures interminables à sangloter en écoutant un répondeur et en chuchotant des « reviens » et des « je t'aime » dans des messages vocaux sans réponse.

Ils mirent un mois à se redresser un peu, le hasard faisant qu'une famille d'Ours Garous s'était installée à la frontière de leur territoire, agressant des enfants pour nourrir leurs jeunes. Ils furent obligés de prendre l'affaire en main et cela remit la meute sur le chemin, leur rappelant la priorité des vivants. Scott, qui commençait alors à penser que les personnes les plus proches de lui étaient destinées à mourir, se réveilla de la transe dans laquelle il s'était lui-même plongé : C'était à lui de les protéger sans relâche s'il ne voulait plus perdre un être cher.

La meute et ses proches restèrent au complet pendant presque deux mois. Puis, alors que Jackson et Ethan décidèrent de s'installer proche de Beacon Hills, Cora et Isaac repartirent en France, promettant de passer les voir au moins une fois tous les mois, lors des réunions mensuelles qui devaient s'organiser pour palier au problème « Monroe ».

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Trois ans passèrent. Seul le shérif reçut un jour des nouvelles de son fils lui demandant d'être patient et de ne rien dire aux autres. Il allait bien. Il était en vie. Pas en sécurité, mais en vie.

Le jour où il fit son grand retour était lors de l'une des réunions improvisées par la meute. Tout le monde de réunissait dans le loft de Derek, lequel s'était définitivement installé a Beacon Hills et avait même trouvé un travail à domicile impliquant de gérer les comptes de quelques entreprises. Pas moins grincheux qu'avant, peut être un poil moins pointilleux sur la surveillance du nouvel alpha, Derek ne changeait pas. Il n'aimait pas les gens, faisait peur à Liam et bon nombre des membres de la meute se référaient à lui en cas de problème. Il n'essayait pas de prendre la place de Scott et leur accord était assez délicat mais le fait était qu'il ressemblait a une sorte de conseiller intime. Présent dans la meute et portant presque la même odeur, il n'en faisait pourtant pas vraiment partie. Mais, en cas de problème, il était l'un des premiers à la défendre.

Le reste de la meute était là également et comme il prêtait son loft avec bonne foi, c'était devenu le repère des loups Garous. Il fallait avouer que, placé comme il était, excentré de la ville et à proximité des bois, le loft de Derek était l'endroit rêvé pour des gens un peu loufoques aux activités un peu loufoques. Sans mauvais jeu de mot.

Ils préparaient la cuisine ensemble -une sorte de plat de lasagnes revisité- quand les bruits et l'odeur d'une intrusion se fit clairement sentir à 20 mètres du loft. Mason se posa quelques questions quand tous les êtres aux sens sur-développés se figèrent en même temps en interrompant leurs actions. Quand les inconnus pénétrèrent le bâtiment, l'alarme se déclencha dans un signal strident.

Le loft était silencieux, pas un seul mouvement n'était perceptible. Seul le son régulier des battements de cœur rappelait la vie dans ce lieu. Rien ne bougea quand l'alarme cinglante s'accentua pour avertir de la progression de « quelqu'un » et pour cause : tout le monde était déjà aux aguets, les yeux rivés sur l'entrée principale encore close. L'odeur avait déjà averti la meute qu'une autre pénétrait sur leur territoire, et ce, sans s'en cacher. Scott, assit dans l'unique canapé aux côtés de Malia lui jeta un regard équivoque pour l'inciter a stopper la sonnerie. Les deux dernières recrues de la meute, des frères et sœurs qui se ressemblaient à s'y méprendre, étaient plus paniquées qu'autre chose. Ils lançaient des regards interrogatifs en alternant entre Scott et Liam. Mais les deux mâles ne répondaient pas à leurs attentes, figés. Cette odeur intrusive leur rappelait quelque chose, mais ils n'arrivaient pas à mettre un nom dessus. Peter descendit les escaliers en adoptant exactement la même attitude. Ils avaient le droit d'avoir peur. La plupart des gens dont ils pouvaient reconnaître l'odeur étaient des ennemis auparavant battus qui venaient réclamer vengeance. Il n'y avait pas de raison pour qu'aujourd'hui échappe à la règle. Pourtant, l'odeur leur rappelait quelque chose de plus proche et concret qui les forçait à réprimer leur instinct de rejet.

La porte fut tirée de l'extérieur, provoquant un bruit monstre dans le loft silencieux. Derek sortit de la cuisine à ce moment-là, un saladier à la main. Quatre silhouettes apparurent dans l'encadrement du lotissement. Deux plus petites têtes se cachaient dans les jupes de leur mère. D'abord, la meute vit cette femme aux longs cheveux auburns qui serrait ses enfants contre elle. Puis ils virent un jeune homme blond aux allures accueillantes et enfin l'expression plus renfrognée d'un homme aux cheveux noirs et aux sourcils froncés qui observait son voisin avec un air de reproche. La quatrième personne était une femme aux cheveux courts repeints en vert. Ce qui était sûr, c'est que la meute de Scott ne connaissait absolument pas ces étrangers. Ceux-ci ne semblaient pas plus à l'aise qu'eux mais ils ne dissimulaient pourtant pas leur odeur de lycanthrope. Derek s'approcha des suspects en avançant lentement, cherchant à percer le mystère de l'impression de déjà-vu qui s'apposait à leur odeur. Les deux groupes se fixaient en chien de faïence quand des pas de courses retentirent dans les escaliers, derrière les nouveaux venus. Quand cette nouvelle présence qu'affermit derrière eux, les loups s'écartèrent pour laisser place à leur chef.

Un jeune homme que la meute de Scott reconnu immédiatement. Que ce soit son sweat rouge à capuche, sa démarche, ses cheveux en bataille, il sortait de derrière ses rangs avec l'allure d'un homme qui revenait d'entre les morts. Un sourire accrocheur aux lèvres, il s'avança jusqu'au milieu de la pièce avant de retirer sa capuche. Tous le regardaient et humaient son odeur comme s'ils ne croyaient pas à sa présence. Beaucoup d'entre eux blêmirent ; repensant surement au dernier cri de Lydia ; aux recherches agencées pour retrouver sa trace ; à la stèle de marbre sur la falaise. Ils revoyaient le deuil qu'ils avaient eu sur le dos, celui-là même qui contrastait avec la bonne humeur apparente de leur vis-à-vis.

Le premier à réagir fut Scott qui se leva d'un coup de son fauteuil pour se jeter sur son meilleur ami. L'odeur que Stiles portait était un poil différente de d'habitude, comme si elle était mélangée à toutes les effluves de sa meute. Jallen et Rick -les deux hommes à l'arrière- émirent des grondements contrariés quant aux intentions du brun. Mais les sentiments de bonheur et de soulagement qui s'échappaient de leur Alpha les calmèrent. Malia rejoint rapidement l'étreinte, dissimulant les rares larmes traîtresses qui suintaient au coin de ses yeux. Mason et Corey, qui pourtant ne connaissaient pas si bien Stiles ne purent s'empêcher de se joindre aux grondements de sincère soulagement qui s'élevaient de leur alpha. Après un temps de latence et sûrement de gêne, tout le monde vint rejoindre l'étreinte et même Peter donna une accolade à Stiles pour l'accueillir. Il n'y eut que les nouveaux bêtas de Scott qui restèrent en retrait, ne sachant même pas à qui ils avaient affaire.

- Putain Stiles ! T'étais... T'ét-... On te croyait mort ! s'écria Scott en outrepassant sa mesure pour appuyer sur les joues de Stiles, comme pour s'assurer qu'il était réel. Comment vas-tu ? Bordel mec, je n'en reviens pas ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- j'aurai pu parier que tu étais décédé après avoir glissé sur une racine afin d'atterrir dans un ravin. ajouta "affectueusement" Peter. Mais je suis content d'avoir eu tort.

- Heureux que mon retour te mette à l'aise, sourit doucement Stiles en retirant les mains de son meilleur ami qui étaient toujours sur ses joues. Je ne suis pas mort, eh oui. Fit-il d'un ton théâtral et fois-ci il s'adressa à Scott : Et vous, comment allez-vous ? Vous n'êtes pas encore engagé dans un combat contre les créatures les plus invincibles et cauchemardesques de Beacon Hills ?

- Par « créature invincible », tu parles de la Jeep ? Rigola Scott dont la bonne humeur ne semblait pas vouloir se tarir.

Il ne s'attarda même pas sur l'attitude bien trop calme de Stiles. Celui qui trois ans auparavant parlait plus avec les mains qu'avec les mots était maintenant immobile, calme, et pas une blague ou un discours trop tordu ne s'était échappé de ses lèvres.

- J'espère qu'elle fonctionne encore, sourit Stiles avec un air paisible.

- Évidement. Et Mason, Braeden et Ethan ont même changé et remit le moteur a neuf. Il n'y a plus une trace d'adhésif dans cette caisse. Ajouta Scott, faisant toujours fi du peu de réaction que semblait témoigner le plus petit.

- Au cas où tu revenais. Lâcha Théo avec un air de reproche.

Ses mots glacèrent l'Assemblée. Si Stiles n'était pas étonné de sa présence dans la meute de Scott – ça allait bien finir par arriver avec un alpha au grand cœur comme lui-, il devina surtout que son départ précipité – sa simulation de mort, même-, avait laissé de nombreuses conversations en plan. Stiles savait qu'ils avaient encore des tonnes de choses à se dire, et pas mal d'entre elles étaient essentielles pour revenir sur de bonnes bases. Il en avait parfaitement conscience. Le garçon échangea un regard avec l'entièreté de la meute devant lui.

- Et puis, qui sont ces gens ? demanda Liam avec un mouvement de menton impatient vers les nouveaux venus.

- Des loups garous. Nota Mike, l'un des deux nouveaux bêtas de la meute de Scott.

- Eux ? C'est ma meute. Sourit Stiles en pivotant à moitié vers les autres.

- Tu as une nouvelle meute ?

- Faut croire que la plupart des loups Garous de Californie ont un penchant particulier pour les jeunes humains atteints de TDAH. Marmonna Peter en levant les yeux au ciel.

- Justement, la meute ne vit pas en Californie. Elle est basée dans l' Utah.

Cela expliquait facilement les recherches vaines que Scott et les siens avaient fait pour le retrouver. Personne n'aurait pensé à ce que Stiles change complètement d'Etat.

La fille aux cheveux verts fronça les sourcils au trouble d'hypéractivité qu'avait mentionné Peter. Apparemment qu'on parle ainsi du garçon l'interpellait et elle le faisait savoir en arborant la même expression renfrognée que l'homme aux cheveux noirs. Stiles se fit la réflexion qu'il devait probablement être maso pour toujours être entouré par des meutes de grognons.

- Laisse tomber, Elzy. Lui souffla-t-il pendant que Peter comptait le nombre de kilomètres qui les séparaient.

- l'Utah et la Californie... y'a bien 1000 kilomètres de distance, au moins.

- 1160 kilomètres pour être exact. affirma Stiles.

- 1160 kilomètres, bordel. répéta Scott.

- On aurait pu croire que t'étais mort. marmonna Liam. On croyait tous que t'étais mort. Ajouta-t-il en insistant.

Stiles se tourna vers Derek et lui sourit. Celui-ci avait posé son saladier sur une commode proche de la cuisine et il avait croisé ses bras sur sa poitrine avant de s'appuyer sur le chambranle de porte. Il était l'un des seuls à ne pas s'être mêlé dans la première accolade, même s'il avait un sourire sur les lèvres qui évoquait assez bien le réconfort qui l'avait saisi en reconnaissant Stiles. Celui-ci semblait clairement le regarder comme s'il détenait la clef d'un grand secret.

- Merci de ne pas leur en avoir parlé.

- Même si je ne leur en ai pas parlé, ils ont remarqué tout seul, Stiles. Ils n'ont pas eu besoin de moi pour faire état de ta disparition. Fit remarquer Derek. Tu n'as pas conscience de l'effet que tu as sur les autres. Ce n'est pas parce que t'es chiant et que tu monologues aussi longtemps qu'un politicien qui tourne en rond que, forcément, les gens te détestent. Il y eut un silence alors qu'il fusillait Stiles du regard. On était tous à ta recherche. Même moi je t'ai cru mort. Comment aurais-je pu imaginer qu'un gars aussi bavard que toi puisses rester dans le silence pendant aussi longtemps ? la peine dans sa voix se fit presque entendre. Ok, on te priait souvent pour que tu te taises deux minutes, mais on n'a pas demandé trois ans de silence radio.

- Je sais. Je suis désolé. Mais tu le sais, je devais partir.

Il était rare que Derek fasse un discours aussi long. Son nouveau travail de soutiens aux entreprises le forçait parfois à rencontrer des gens durant des entretiens de quelques heures, durant lesquels il devait prendre la parole en continu pour expliquer les différents plans économiques appropriés. Mais d'une certaine manière, s'il n'était toujours pas à l'aise dans les relations de bases et amicales, même si cet exercice de dialogue lui avait délié la langue d'une façon assez inattendue. Durant cette prise de parole, il n'en resta pas moins sec et accusateur. On ne peut pas changer un Hale jusqu'à la racine après-tout. Aux mots de Stiles, Peter et Scott eurent un regard interrogateur en direction de Derek. Celui-ci évita le dialogue, une mine renfrognée à l'appui. Il ne fallait pas en demander trop non plus. Un discours, ok. Mais pas deux.

Un des loups garous derrière Stiles eu un ricanement. C'était celui avec les cheveux noirs. Il portait une multitude de piercings sur ses oreilles et avait une attitude désinvolte qui frôlait l'arrogance.

- Stiles, bavard ? Et vous êtes sensés être ses proches ?

L'intéressé lui coula un regard noir et Jallen - le garçon blond à l'air enfantin - se permit de lui donner un coup de coude pour ne pas que son camarade ne s'enfonce. Mais Stiles se fit seulement une remarque orale, le ton plat au possible :

- C'est vrai que vous ne m'avez pas connu trop bruyant, vous.

Malia fronça les sourcils à ses mots, un peu comme à son habitude. Elle n'osait encore rien dire mais Stilinski devinait qu'elle n'allait pas tarder à demander des éclaircissements.

- Soit. Tu vis dans l'Utah et t'as une meute. C'est que tu n'es pas aussi nul que ce que je pensais, au final. supposa Peter avec une pointe de sarcasme habituelle. Peut-être que Derek et moi connaissons cette meute. C'est laquelle ? Qui est l'alpha ?

- Et bien... l'alpha, c'est moi.

Cela fit l'effet d'une gifle. Ou plutôt d'une blague sur les juifs en plein repas de famille. Vraiment pas fameux. Liam sursauta même et Scott avait la bouche tellement ouverte que sa mâchoire partait encore plus de travers. On entendit les neurones de tout le monde lâcher et Malia explosa enfin.

- Entendez... C'est quoi ce bordel ? Alpha, Stiles ? Sérieusement ? C'est quoi ces conneries ? Et puis c'est quoi l'histoire du " je devais partir " ? Comment ça t'es plus bruyant ? J'ai jamais vu un mec avec un larynx aussi musclé que toi ! Explique nous, je comprends rien moi ! Sa dernière phrase eut presque l'air d'une supplique. Stiles eu même l'image de Malia, quatre ans en arrière, quand elle réclamait des cours de maths à Lydia avec des yeux larmoyants.

- Disons que c'est assez long à expliquer ? Je ne veux pas avoir l'air de m'imposer mais on a des louveteaux en bas âge et nous avons fait beaucoup de route aujourd'hui. J'espérais trouver refuge dans le loft et vous parler un peu.

La lenteur de ses dires et le calme apparent du jeune homme surprirent les autres. A moins que ce soit son bon sens qui les surprirent ? Il n'avait même pas fait de blague de travers, d'égarement dans les phrases ni même un seul geste qui trahissait l'hyperactivité. Il était juste immobile devant son ancienne meute et il attendait une réponse qui ne vint pas.

- Allô ?

- Euh... Ouai, bien sûr des louveteaux ... se reprit Scott en se tournant vers Peter, les yeux écarquillés.

Malia plissa les yeux et osa un :

- Félicitations ?

- Hein ? s'étonna Stiles au brusque changement de ton.

- Au mon dieu c'est vrai ! si t'es l'alpha, t'es aussi papa ! c'est magnifique ! s'exclama Mason. Enfin, tu restes un peu jeune pour ça, mais si t'as trouvé quelqu'un, c'est l'idéal.

Le jeune homme avait toujours adoré les enfants au point de non-retour. Quand son père restait trop longtemps a l'hôpital avant de rentrer chez eux, il passait tout son temps dans la partie maternité de l'établissement. Mason était le genre de garçon aux doigts de fée qui berçait et calmait les enfants bruyants dans les files d'attente. Un vrai papa poule.

- Wow. Alors comme ça Stiles t'as dépassé, Scott ? j'étais pourtant persuadé qu'a force de forniquer avec Malia tu serais le premier a avoir une portée. Ajouta Peter avec toute la gentillesse dont il pouvait faire preuve -autant dire que ça ne volait pas haut -. Mais faut croire que les vierges d'un jour ne le sont pas toujours. Finit-il avec un clin d'œil à Stiles alors qu'il prenait Scott par l'épaule comme pour le consoler.

- Qu'est-ce que-... Balbutia Stiles. Non... Non ! Ce ne sont pas mes enfants, qu'est-ce que vous racontez ?

- Bah tu sais, être alpha, les femelles, les bêtas, tout ça.

- Généralement c'est l'alpha qui a tous les droits sur les femelles de sa meute...marmonna Scott comme s'il prenait son meilleur ami avec des pincettes.

Mais on voyait clairement que personne ne croyait à son histoire d'alpha. Après tout, son odeur n'avait pas changé comme celle d'un loup garou. Pour eux, il était toujours le Stiles humain qu'il connaissait. Peut être encore plus flippant qu'avant et moins exubérant mais Stiles quand même.

- Ouais, en gros il peut toutes les engrosser. Déclara franchement Malia.

- Mais... c'est comme si Scott sautait tout le monde ! Stiles sembla réfléchir et rigola tout seul (probablement parce que oui, Scott sautait vraiment tout le monde). C'est vrai, Elle, c'est vrai. Chuchota-t-il à lui-même, comme s'il répondait à quelqu'un que personne ne pouvait voir. Il releva ensuite le regard vers ses vis-à-vis. Enfin bref, la meute ne fonctionne pas comme ça. Pas chez moi.

Tout le monde le fixait comme s'il virait fou. Ils rêvaient où Stiles était en crise de schizophrénie aiguë ? Les seuls à ne pas être surpris, c'était les bêtas derrière lui qui attendaient leur entrée en scène.

Stiles secoua doucement la tête et fit un signe à la jeune mère de s'approcher. Celle-ci, toujours dans ses habitudes de travail, leur offrit un sourire d'assistante tout en tenant ses deux garçons par la main. Les enfants somnolaient déjà en se frottant les yeux. La jeune femme avait de longs cheveux auburns ondulés qui tombaient jusqu'au milieu de son dos et ses yeux bleus pâles lui donnaient un air hypnotisant.

-Je vous présente Emily, Christopher et Alexander. Emily, voici Scott, mon meilleur ami. A ce titre toujours conservé, l'autre alpha eu un sourire réjouit et bomba un peu le torse. Ici, Malia, c'est une coyote Garou. Ils sont en couple.

Les deux rougirent. Quand Stiles était parti pour sa formation au FBI, ils n'avaient pas prévenu Stiles de leur relation. Sûrement parce qu'il semblait enfin se rapprocher de Lydia, mais aussi parce qu'ils n'avaient jamais vraiment cassé ensemble, Stiles et Malia. Ils n'étaient même pas certains d'avoir été en couple a un moment, en fait. Ça avait installé une gêne et Scott n'avait jamais dit à Stiles qu'il s'intéressait à son ex. D'ailleurs, ils ne se rappelaient même pas de lui avoir dit avant la disparition du jeune homme. Leur relation durait et ça leur allait à tous les deux mais ils ne s'attendaient pas à ce que ce soit assez flagrant pour que Stiles le remarque en quelques minutes.

- Ses louveteaux sont vraiment beaux. Déclara Scott en couvant les deux enfants d'un regard étrange, propre à celui d'un alpha qui observe de potentielles recrues.

Il ne devait même pas avoir conscience de ce qu'il faisait mais Stiles se mit malgré tout entre les jeunes et son meilleur ami. Pas comme s'il voulait les protéger d'une menace mais juste pour poser une alerte à l'autre alpha. Il n'était pas sûr que Scott ait comprit le message. Derek observa le spectacle avec un demi-sourire. On sentait un énorme décalage entre Scott et Stiles ; un peu comme si le fils du shérif avait plus d'expérience que son frère de cœur. Il s'en amusa.

Stiles se tourna ensuite vers Jallen, Elisabeth et Rick, les trois membres en retrait. Ils prirent le mouvement pour un ordre et s'avancèrent solennellement pour encadrer leur alpha. Celui-ci les présenta dans l'ordre : Rick aux cheveux noirs et Jallen aux cheveux blonds à sa gauche et Elisabeth au cheveux verts qui prenait place a sa droite. Il les présenta tous comme des loups garous mais crut bon d'ajouter que Jallen avait un don de voyance.

- Il est peut-être temps que je vous explique les raisons de ma retraite, n'est-ce pas ?

- Pas sans moi ! Déclara la voix d'une femme derrière eux.

Une blonde vénitienne aux allures de tornade fit irruption dans la pièce, suivie de près par Parrish et Hayden ainsi que deux revenants de France : Isaac et Cora. Elle avait les sourcils froncés mais lorsqu'elle put voir le visage de son ami, de son confident, Lydia finit par lâcher :

- Maintenant que la meute est au complet, la réunion peut commencer.

Et les principaux membres étaient effectivement présents : Scott et Malia, Liam et Hayden, Mason et Corey, Isaac et Cora, Peter et Théo, Lydia et Parrish, les deux nouveaux membres : Leena et Mike, Derek et ... Stiles.