Quelques années auparavant, fin de la première saison (Épisode 12)

Ils quittaient le bal de fin d'année. Stiles avançait avec précaution sur la route. La jeep roulait sans accroc. Les paroles entre lui et son passager était vives mais plates, sans nulle forme de plaisir. Et même s'il tentait de ne pas le faire paraître, il savait que l'autre homme sentait sa peur et sa panique. Stiles s'agrippait au volant et serrait les dents. Il se sentait menacé par la présence de Peter dans sa Jeep. Quelque chose lui disait de ne pas relâcher sa prudence et il crachait des réponses froides acerbes de sarcasme.

Peter Hale le terrorisait. Plus il avançait, plus les images de Lydia couverte de contusions et de sang le hantaient. Il se mordait les lèvres, espérait que Jackson -qu'il avait appelé pour qu'il se rende sur le terrain de crosse- arriverait à temps pour aider la jeune femme. Il se sentait terriblement coupable de la laisser ainsi, vulnérable et mal en point derrière lui. Et d'un autre côté, il mourrait d'envie d'arracher la tête de l'homme assit sur son siège passager.

S'il ne tenait pas un tant soit peu à sa vie et s'il connaissait un moyen de tuer définitivement le loup garou, il aurait été capable de se lancer dans une mission suicide juste pour le voir mort. Par exemple en tournant le volant là, maintenant et se planter a deux contre un arbre. Mais son sacrifice serait probablement vain Peter étant déjà une sorte de zombie. De plus, quand Peter ironise le sort de la jeune femme en lui disant qu'elle va surement devenir un loup-garou a son tour, si elle ne meurt pas, Stiles est choqué. Il n'a pas le temps d'imaginer la charge que cela pourrait être. Surtout si, comme lui explique Peter, le cycle de transformation chez une femme ne se limite pas a la nuit de la pleine lune. Maintenant, il ne veut pas imaginer, même si ce sort-là lui parait déjà plus doux que la mort a laquelle Lydia était promise.

Il ne pipe pas mot durant le trajet, serrant les mâchoires. Peter le guide alors jusqu'à un parking souterrain à proximité du centre de santé où Derek l'avait emmené lors de leur rencontre. Il se souvenait parfaitement de la menace que représentait l'homme à côté de lui et la vue de cet établissement ne faisait que raviver les souvenirs de la confrontation des deux loups. Et plus il passait de temps à côté de l'alpha, plus il se demandait sérieusement ce que ce psychopathe attendait de lui.

Ils descendent de sa jeep et Peter l'attrape par le bras pour le tirer vers une voiture noire. Stiles hausse un sourcil. Normalement, l'oncle de Derek était sensé être plongé dans le coma depuis maintenant six ans, comment aurait-il bien put se procurer un véhicule après seulement quelques jours ?

- C'est à qui cette voiture ? demande-t-il en restant à distance. De toute façon, il n'avait pas vraiment de possibilité de fuite quand on était-il en compagnie d'un loup garou -alpha qui plus est-.

- A mon infirmière. répond froidement Peter.

- Et que lui est-il arrivé ? ose demander le garçon.

Il se souvenait de la jeune femme qui les avait accueilli dans le centre de santé. Même si elle avait été assez folle pour suivre Peter dans ses aspirations de meurtre, Stiles ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'elle était humaine et que l'alpha avait un dessein bien funeste pour elle. Il n'avait jamais été aussi proche de la vérité quand l'autre homme le coupe dans ses pensées en ouvrant le coffre de la voiture. Stiles sursaute. Le cadavre de la jeune femme était plié dans une posture inconfortable et sa peau blanche commençait à se strier de veines plus sombres. Le dessein funeste de l'infirmière était bien là.

- Oh mon dieu !

Mais Peter l'ignore royalement, pousse un peu le corps comme si c'était un sac abandonné ou une gène comme une autre et il se saisit de la sacoche de son ordinateur portable rangé dans le coffre. Stiles est interdit, il le regarde faire et ne sait plus quoi penser ni où mettre ses mains. Ce type a l'air totalement a l'aise avec la manipulation d'un corps disloqué et c'est terrifiant. Peter claque alors le coffre avec une expression de suffisance.

- J'ai plus intéressant. sourit-il à Stiles et un frisson désagréable eut l'audace de remonter le long de son dos.

Peter installe alors son matériel d'informatique sur le coffre de la voiture, allumant tranquillement son ordinateur. Le brun derrière lui tente de calmer ses neurones qui lui rappellent sans cesse qu'une infirmière morte est en train de pourrir dans l'habitacle sur lequel Peter s'appuie.

- Bonne chance pour avoir un signal d'ici. Marmonne-t-il pour oublier la situation dans laquelle il est , c'est-à-dire seul avec un alpha proche de la démence dans un parking dont il ne connaissait même pas les issues de secours -il avait vérifié-. Peter le coupe dans ses pensées en lui donnant une petite boite informatique.

- Oh. Un routeur sans fil... Et un ordinateur portable ? s'étonne-t-il en voyant le plus vieux installer son matériel. Tous les alphas sont accrocs aux nouvelles technologies ou vous êtes le seul ? Demande-t-il pendant qu'il actionne le routeur et Peter lui lance un regard en biais digne des pires menaces de mort.

Il ne prend pas la peine de répondre à Stiles et il recule d'un pas pour lui laisser l'accès au mac.

- Dépêche toi de te connecter.

- Avec un attirail pareil, vous êtes sur de démystifier l'image des loup-garous. Marmonne Stiles pour éviter un blanc. Il se saisit du routeur et tape les différents codes pour connecter l'ordinateur au routeur. Il remarque alors que c'est celui de son meilleur ami alors, sans quitter l'écran des yeux il ajoute : Écoutez, vous avez besoin de l'identifiant et du mot de passe de Scott et je suis désolé mais je ne les connais pas.

-Tu les connais parfaitement. rétorque vivement l'autre.

- Non ! Je vous jure que non. Ment Stiles en haussant les sourcils. N'importe qui n'y aurait vu que du feu.

- Même si je faisais abstraction de tes battements de cœur, je serais quand même capable de dire quand tu mens. fit Peter en levant les yeux au ciel.

Et quand Stiles tente de démentir avec force de mensonges, le loup garou le saisit par la nuque pour le plaquer violemment contre la carrosserie. Le jeune homme grimace et il sert vivement les dents quand l'alpha susurre :

- Je sais me montrer très persuasif, Stiles. Ne me pousses pas à bout.

Et Stiles sent tous ses membres se contracter de colère. Pas de peur, de la fureur, plutôt. Quelque chose de différent commence à bouillir en lui depuis que le loup le maintient contre la voiture. Une bouffée de haine pure frôle sa conscience rien qu'à l'idée que ce mec le touche. Il se redresse alors et s'occupe de la connexion de l'appareil. Comme la session de Scott est bloquée, il se contente des seuls paramétrages auxquels il a accès, c'est à dire les différents réseaux. Restant concentré sur l'écran, le brun sert les dents et demande :

- Vous ferez quoi quand vous aurez retrouvé Derek ?

- Ne réfléchis pas, Stiles. Identifiant et Mot de passe. lui rappelle Peter.

Mais Stiles résiste et sert les yeux en remuant nerveusement.

- Vous allez tuer des gens, n'est-ce pas ?

- Seulement ceux qui sont responsables.

Mais la réponse de l'alpha ne l'enchante pas vraiment. Il se force a calmer sa respiration instable et tente de se concentrer sur l'écran.

- Si je fais ce que vous voulez, promettez moi de ne pas mêler Scott à ces meurtres, tente-t-il en désespoir de cause.

Peter prend une inspiration agacée et Stiles le voit lever les yeux au ciel.

- Tu sais pourquoi les loups chassent en meute ? Stiles tique un peu. Il connait déjà l'histoire. C'est parce que leurs proies favorites sont trop grosses pour être abattues par un seul loup. J'ai besoin de Derek et de Scott. Il me faut les deux dans ma meute.

- Scott ne vous aidera pas. rétorque le plus jeune, sûr de lui.

- Oh que si. s'amuse Peter avec un sourire mauvais. Parce que ça sauvera Allison. Et toi aussi, tu vas m'aider... parce que ça sauvera Scott, ton "meilleur ami". Et tu le connais si bien, que tu vas me donner son Identifiant, et même son mot de passe.

Stiles hésite un instant devant le zèle de son vis-à-vis. Il sait déjà très bien qu'il n'a pas le choix s'il ne veut pas mourir. Mais c'est plus fort que lui, il n'a pas envie de se laisser faire. Il déteste se sentir impuissant et il se mord les lèvres pour ne pas lancer son poing dans la tête de son vis-à-vis. Ça le démange, même avec une différence de force impossible à combler. Mais il aurait plus de chance de se précipiter lui même dans la mort que de faire regretter a Peter ces agissements de pourriture des bas-fonds. Se rendant pleinement compte de sa situation, il se concentre sur l'écran et tape les fameuses informations soit-disant "personnelles" de son meilleur ami.

- Son identifiant est "Allison" ? s'étonne Peter en suivant ses faits et gestes.

Stiles ne répond pas et il continue de taper.

-Son mot de passe est "Allison" aussi ? répète cette fois-ci l'alpha d'un ton décontenancé.

Stiles lui coule un regard plein de presque-compassion. Ça fait toujours cet effet là quand on rencontre Scott : on s'attend pas du tout à ce qu'il soit aussi... benêt ?

- Vous le voulez toujours dans votre meute ?

Peter lève les yeux au ciel avec un air désespéré et après avoir bien pressé Stiles pour qu'il trouve la géolocalisation du portable de Derek, celui-ci laisse le temps au site de charger la carte de Beacon Hills. La police a eut beau faire des efforts pour que leur site soit opérationnel, tout le monde sait que le temps de réaction est excessivement long. Stiles fronce les sourcils au résultat.

- Attendez, c'est impossible... Et Peter se penche alors sur l'écran. C'est là qu'ils le détiennent ? Dans sa propre maison ?

Au départ, l'alpha fronce les sourcils, interloqué a son tour, avant qu'ils ne se délient sous la compréhension, se mettant immédiatement à ranger l'ordinateur. Un petit sourire triomphant éclot sur ses lèvres quand il annonce :

- Pas dans la maison... Sous la maison. Et je sais exactement où c'est.

Stiles le fixe, perturbé, quand des hurlements de loup-garous se font entendre. Comme le jeune homme ne connait pas tant de loups que ça, il est à la fois surpris de les entendre sans ouïe surnaturelle et il devine également que ça doit être Scott ou Derek. Voire, et Derek. Il ne sait pas trop comment il le sait mais il a l'impression de pouvoir lire les cris qui font vibrer l'air.

- Et je ne suis pas le seul, apparemment. déclare Peter, aux aguets.

Quand il finit de ranger les affaires d'informatique, ils entendent encore les cris. Le loup garou se tourne alors vers l'humain en tendant la main.

- Donnes moi tes clés de voiture.

Stiles soupire, comme s'il venait de perdre sa dernière accroche. D'abord Scott avec la voiture, ensuite Lydia pas plus loin que dans la soirée et maintenant sa Roscoe ? C'était de l'excès, il en était sûr. Avec un renâcle bruyant, il sortit son porte-clef.

- Elle grince quand on passe en seconde. marmonna -t-il avec un ton de fataliste.

Mais quand Peter attrape ses clefs pour les serrer dans son poing jusqu'à ce qu'elles se tordent sous sa poigne, le visage de Stiles se repeint de surprise. Il récupère ses clefs et elles sont aussi tordues qu'un tire-bouchon. Il ouvre des yeux grands comme des soucoupes.

- Donc vous n'allez pas me tuer ?

Mais Peter s'arrête alors qu'il s'apprêtait a partir, plissant les yeux avec un air suspicieux, voire même agacé. Il se tourne vers Stiles et fronce même les sourcils.

- Tu ne comprends toujours pas ? Je ne suis pas le méchant de l'histoire.

- Vous vous transformez en monstre géant aux yeux rouges, avec des crocs et des griffes de la taille de mon avant-bras et vous n'êtes pas le méchant ?

- Je t'aime bien, Stiles. affirme Peter en ignorant la remarque acerbe de son vis-à-vis, ce qui , après une telle déclaration d'amour, détonne totalement.

Stiles n'aime pas trop la phrase que le loup garou vient de prononcer. Dans d'autres circonstances ça sonnerait très pédophile ou tueur en série -quoiqu'il ne soit pas sûr des activités de Peter en dehors du harcèlement de Beacon Hills-. Il reste donc sur ses gardes lorsque l'homme revient sur ses pas pour se mettre bien en face de Stiles.

- Puisque tu m'as aidé, je vais te donner quelque chose en retour. Il s'approche un peu plus. Veux-tu la morsure ?

Stiles sursaute presque.

- Quoi ?

Peter lève les yeux au ciel et répète :

- Veux-tu la morsure ? Si ça ne te tue pas... et ça le pourrait... tu deviendras comme nous.

- Comme vous ?

- Oui, un loup-garou. Veux-tu que je te fasse un dessin ? s'agace-t-il pour changer. Cette première nuit dans les bois, j'ai pris Scott parce que j'avais besoin d'une nouvelle meute. Ça aurait pu être toi. Tu pourrais être aussi puissant que lui. Plus besoin d'être à ses côtés, de le regarder devenir plus fort et plus rapide, plus populaire, le voir aux côtés de toutes les filles. Vous seriez égaux.

Pendant sa tirade, Peter a attrapé le poignet de Stiles et il le tient a moins de vingt centimètres de sa mâchoire. Mais Stiles est juste paralysé. Depuis que l'autre homme a amorcé un contact avec sa peau, quelque chose se met a gronder en lui. Cela ressemble aux hurlements qui continuent de faire vibrer l'air autour d'eux. Il sait d'avance que cette proposition n'est qu'un coup monté qui permettrait à Peter d'agrandir sa meute et d'obtenir plus de pouvoir. Mais c'est plus fort que lui, l'idée le transperce d'envie et de jalousie. Pas qu'il en veuille à Scott de quoi que ce soit, mais il serait idiot de refuser plus de force quand on vient d'apprendre l'existence de créatures surnaturelles plus flippantes les unes que les autres.

- Ou peut-être même que tu serais plus fort que lui. Alors, Oui ou non ?

Mais quand les mots de son vis-à-vis franchissent ses lèvres, Stiles se sent soudainement comme transporté autre part. Il est physiquement présent, mais psychologiquement absent, si bien qu'il laisse un blanc à la question sans réponse de Peter. Et lors du fragment de seconde où Stiles ferme les yeux, c'est comme s'il venait d'arrêter le temps. Peter est figé et son corps est lui-même immobile. Stiles ne comprend pas ce qu'il se passe : d'un coup, il se voit d'un point de vue extérieur, alors qu'il est persuadé qu'il a juste fermé les yeux.

Ce qu'il voit dans ce lieu qu'il attribue systématiquement à son for-intérieur : une ombre de la taille d'un ours qui l'attend. Il n'arrive pas à bien saisir les contours de l'image, et ne peut que remarquer le pelage clair de la bête. Celle-ci est appuyée sur l'arrière de ses mollets et elle bat la queue comme un chat en colère. Stiles fronce les sourcils. Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Il a à peine le temps d'attribuer le grognement qui bourdonne a ses oreilles a l'espèce de monstre qui semble montrer les dents à Peter. Parce que lorsqu'il ouvre les yeux, sa main est déjà loin des crocs de Peter, rabattue contre son torse.

- Je ne veux pas être comme vous.

Stiles n'est vraiment pas sûr que ce soit lui qui ait choisi de faire ce mouvement de recul, l'image fugace de la bête dans son crâne commençant déjà à le hanter. Les mots sont les siens, par contre. Et cela a fait taire le grondement qui faisait battre son sang dans ses tempes.

- Sais-tu ce que je viens d'entendre à cet instant ? le nargue Peter en rentrant ses yeux rouges et ses crocs proéminents. Ton cœur battant légèrement plus fort lorsque tu disais "je ne veux pas". Il esquisse un sourire supérieur et l'adolescent serre les poings en le voyant. Tu crois peut-être que tu me dis la vérité, mais tu te mens à toi même.

Cette fois-ci, Stiles est presque d'accord avec lui. Il n'est pas sûr d'avoir compris ce qui vient de lui arriver. Il est juste perturbé par ce flash dans sa tête qui n'a pas duré suffisamment longtemps pour qu'il puisse déterminer ni la nature de l'animal, ni la cause de cette transe étrange.

- Au revoir Stiles.

Et quand Peter s'en va, Stiles se reconnecte à la réalité : il se rappelle que Derek est encore retenu dans les sous-sols de sa maison et à en croire les hurlements qui continuent sous le regard de la lune, Scott ne va pas tarder à le rejoindre. Et par sa faute, Peter va pouvoir les trouver tous les deux. Il n'essaye même pas d'imaginer quel genre de vengeance macabre le rescapé d'incendie à prévu d'organiser avec Scott et Derek. Alors Stiles se reconcentre sur la jeune femme qu'il a dû abandonner sur le terrain de crosse. Il se met alors à courir vers l'hôpital. Il a eu le temps de retenir le chemin pendant qu'il conduisait. Quand bien même sa voiture était hors service, il n'allait pas attendre sagement que la fourrière se bouge le cul alors même qu'il ne sait pas si Jackson a eu la présence d'esprit d'emmener Lydia aux urgences. Il espère également qu'elle ne va pas mourir, quand bien même cela signifie qu'elle va devenir l'une des membres de la meute de Peter. Il frissonne a l'idée. Mais il n'a pas le temps d'y penser, il doit s'acquérir de son état.


" Ce salaud profite ! Tu n'as rien à envier à ce vieux loup. T'es plus fort que lui, tu peux le battre !"

Entendit Stiles dans son rêve, le soir même. Il ne comprit pas. Mais comme il n'était pas connu pour avoir un sommeil très à point, il mit cette phrase sur le fait de son père qui pouvait recevoir des appels tard dans la nuit. Avec sa porte de chambre ouverte, il aurait très bien put capter une discussion entre le shérif et un de ses adjoints. Et cette discussion aurait put se transposer dans son rêve, à l'instar d'un bruit parasite ou du froid quand vient l'hiver. Il mit également sa vision lors de la discussion avec Peter sur le compte de son manque de sommeil. Morphée a bon dos.

Mais depuis ce jour, le brun n'arrive pas à expliquer l'impression d'être toujours suivit, d'avoir des hallucinations. Par moment, Stiles voyait le temps se figer comme lors de la dernière discussion avec Peter mais il n'a jamais le temps de regarder autour de lui que l'illusion s'évanouit déjà. Quelque chose changeait, il le sentait. Ce n'était pas quelque chose de néfaste mais c'était un peu comme s'il devenait plus courageux ou une connerie dans le genre. Parfois, il se surprenait a vouloir en venir aux mains quand il se disputait avec quelqu'un, alors que ça avait toujours été dans sa nature de se protéger uniquement avec des mots et du sarcasme.

Néanmoins, comme il ne se sentait ni menacé ni en danger, il ne fit pas de recherche, préférant rester dans le déni plutôt que s'attarder sur des poings qui se serrent plus souvent, des grognement gutturaux qui lui traversent le crâne ou une meilleure endurance durant les entraînements de crosse. De toute façon, ce n'était pas assez flagrant pour lui -ni même pour les autres - pour qu'il ne se penche là dessus. Peut être était-ce seulement les hormones qui travaillaient : il n'y avait pas de quoi s'inquiéter.

C'est lorsque le calme revint à peu près dans Beacon Hills, le mois après la mort de Kate et Peter, que son père le prit à part lors d'un repas. Il venait alors de préparer de la salade et une quiche aux poireaux tout en planquant tous les moyens de communications extérieures type téléphone, ordinateurs et radio portable pour éviter que son père ne soit tenté de commander des pizzas ou autre fast food gras.

- Stiles. Appela son père alors qu'il était dans la salle à manger.

- Non papa, je ne ferais pas de frites ou d'œufs au bacon, tu dois réguler ton cholestérol.

- Non, c'est pas pour ça.

Il entendit son père avancer et le vit passer sa tête dans l'encadrement de la porte.

- Quoi ? t'as enfin acheté des ampoules pour le miroir de la salle de bain ?

Noah leva les yeux au ciel. Il détestait quand son fils lui rappelait toutes les choses qu'il avait à faire dans la maison de manière aussi détournée.

- Nan.

- Dommage, j'espérais mettre ma beauté inégalable en lumière.

Stiles ponctua sa phrase d'un sourire, satisfait de son jeu de mot. Son père grommela et regarda au dessus de l'épaule de son fils ce qu'ils allaient manger aujourd'hui. Grimaçant à la vue d'une montagne de mâche bien verte, il se tourna juste vers lui.

- On attend quelqu'un ce soir ? demanda-t-il.

- Quelqu'un ? répéta Stiles

- Hm. Ouais, t'as mit trois assiettes sur la table. Du coup, je me disais que t'avais peut-être invité Scott ou Lydia.

- Crois-moi, je serais mort avant que Lydia Martins n'entre dans cette maison avec une once de consentement. Et Scott va au restaurant avec sa mère, ce soir. Donc... Personne ne doit venir. J'ai juste fait une erreur.

Le garçon alla voir de lui-même la table qu'il avait dressé. Effectivement, en plus d'avoir installé une assiette, il avait même mit des couverts et une chaise en plus sur leur table de salle à manger. Il essaya de fouiller dans ses souvenirs pour savoir à quoi il pensait quand il avait mit la table mais il se souvenait juste de l'avoir fait naturellement.

- Ta mère te manque, c'est ça ? demanda Noah derrière lui alors qu'il retirait l'assiette en réfléchissant. Tu sais, j'ai remarqué que tu laissais aussi une deuxième chaise dans ta chambre, comme si... Comme si quelqu'un allait venir. T'as même mit une troisième brosse à dent dans la salle de bain. Alors, à moins que t'ai une petite amie que je n'ai jamais vu et que tu ne m'aurais jamais présenté...

Son père avait l'air soucieux et Stiles n'osa pas le couper dans son dialogue, ne sachant pas lui même de quoi il parlait. Il ne se rappelait ni avoir mit la troisième assiette sur la table, ni avoir prit une chaise ou avoir mit une troisième brosse à dents.

- Ou peut-être Scott ? Sa mère m'a dit que tu venais trop chez elle, souvent pour squatter jusque très tard, alors peut-être que lui aussi vient ici sans que je ne le sache... Sans quoi, tu me diras comment il fait pour rentrer sans passer par la porte. Enfin bref. Je sais pas, je vais pas te demander, les ados ont aussi besoin d'un peu de mystère et d'intimité, mais... Je... Je peux pas remplacer maman mais... si jamais c'est à propos de ça, tu peux m'en parler, ok ?

Stiles réfléchit fortement aux dires de son père tout en se dirigeant vers la cuisine pour ranger ce qu'il avait dans les mains. Scott ne dormait pas ici, et à ce qu'il sache, aucune fille n'aurait put avoir eu le béguin pour lui. Il ne parlait qu'à Lydia de toute façon et son père le saurait si elle avait accepté ses avances ou même si elle avait répondu a une seule de ses tentatives de discussion. D'ailleurs, toute la ville le saurait. Lorsqu'il ferma le placard, il se tourna vers son père avec un sourire fabriqué de toute pièce.

- Ouai, maman me manque. Mais ça va. J'ai juste la tête ailleurs.

Le soir même, Stiles entra dans sa chambre en se mordant les lèvres. Il ne savait pas ce qui clochait avec lui. Certes, dire que sa mère lui manquait était un euphémisme. Mais il avait fait le deuil. Ça allait mieux maintenant. Juste, il ne savait pas pourquoi il faisait ça. Avant de dormir, il veilla à remettre ladite chaise en plus dans le salon, ne se rappelant pas non plus de l'avoir posée ici. Il resta longtemps dans son lit a fixer le plafond, immobile, les pensées emmêlées. Il n'avouait pas encore à son père que le sommeil n'arrivait pas à s'installer durant les heures normales.

Parfois il pouvait s'endormir à quatre heures de l'après-midi mais il pouvait tout aussi bien rester éveillé deux jours entier sans bailler une seule fois. Comme si la nuit n'avait aucun effet sur son système immunitaire. Et puis, son rêve le hantait. La voix qu'il entendait lui répétant des choses dont il ne pouvait même pas se souvenir au réveil. Cette fois-ci, comme beaucoup d'autres fois, il contempla le plafond et compta les moustiques morts qui formaient des taches plus ou moins visibles sur le placo. Comme pour toutes les autres fois, il se décala sur le côté sans s'en rendre compte, comme s'il attendait la présence de quelqu'un dans son lit. Il s'endormit en roulant sur la moitié du lit, plongé dans ses pensées.

Le lendemain, il ne remarqua pas de suite que la chaise intrusive avait été remise à son chevet, juste à la tête de son lit.


Hey ! Etant donné que l'application de Fanfiction est quelque peu défaillante sur mon cellulaire ( et surtout au niveau des notifications et sur les messages ),

je vais répondre aux reviews ici ;)

Ariadanae : Merci beaucoup pour les compliments c: j'espère que la suite va te plaire ( quand bien même ce chapitre ci ne recèle pas de rebondissements )

Guest : Il va falloir patienter un peu pour que Stiles et Derek aient vraiment droit a leurs discussions ;) ( et puis, c'est une fiction Sterek alors je compte bien les aider a se mettre ensemble, même s'il faudra lire pour savoir quand et comment :3)

Quoi qu'il en soit, je voudrait également remercier mes lecteurs fantômes ( je vous vois, je vous vois héhéhé ) C'est super encourageant \o/