A la suite de la réunion de meute,

Au loft, toujours.

Stiles était parti se laver après leur petite discussion, préférant réserver ses paroles pour plus tard en prétextant un état de fatigue. Il revenait de la douche avec une serviette sur le cou et des vêtements de Derek. Ceux-ci ne semblaient pas être si larges que ça, même si on comparaît leur différence de carrure. Il n'avait pas lâché sa veste, comme s'il avait froid alors que la pièce était toujours aussi chaude. De plus en plus, même. Derek avait vérifié plusieurs fois l'état des radiateurs, se demandant s'il n'avait pas eu une lubie plus tôt dans la soirée en les allumant alors qu'ils étaient seulement en fin d'été.

Mais non. Les radiateurs étaient éteints et la sensation de chaleur semblait s'amplifier sans raison apparente.

Quand Derek vit le jeune homme sortir de la salle d'eau, il le suivit du regard. Ses pensées l'amenèrent a quelques années plus tôt, quand ils étaient encore en contact et quand son hymne de vie personnel était encore de plaquer contre un mur tout ce qui bougeait et lui disait "non". Stiles aussi en avait souffert, comme beaucoup. Il n'arrivait pas a se souvenir de la dernière fois que l'intéressé était venu dans ce loft. En fait, la dernière fois qu'il l'avait vu, c'était lors de la mort de Gerard, alors que Scott était aux prises avec Monroe et qu'il était lui même bloqué en Californie. Stiles était venu le chercher, pour grossir les rangs de la meute lors de l'affrontement. Et c'était la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Sur un champ de bataille, et pour la meute. Pourtant, à cette époque là, ils étaient proches. Il se souvint l'avoir hébergé parfois. Dans ces longues nuits de recherches, a deux sur un livre ou un ordinateur, quand le silence d'une maison vide se faisait trop sentir. Et puis, a d'autres moments, aussi.

- Ça remonte a un bout de temps, la dernière fois qu'on s'est retrouvé à deux dans ce loft. fit remarquer Stiles a voix haute, comme s'il lisait dans les pensées de Derek.

Celui-ci lui lança juste un regard perçant en ravalant le " A qui la faute ? " qui lui brûlait les lèvres.

- Ils ont étrangement bien réagit. déclara-t-il plutôt, pour changer le sens de la discussion.

- Ils sont même plutôt calmes, pour le retour d'un mort. Même Kate avait fait un retour plus triomphal. râla Stiles.

Derek grimaça.

-Ne te compare pas à Kate, c'est bizarre. Le rappela-t-il à l'ordre.

- Pourtant on est plutôt semblables. s'amusait Stiles. On meurt, on revient miraculeusement à la vie et ... surprise ! un petit cadeau génétique incluant des griffes, des crocs... Je suis même devenu m-...

- Meurtrier ? le coupa brusquement Derek, ses yeux s'illuminant alors qu'il était plus tendu qu'une collégienne un jour de rentrée.

Après tout, l'ancienne chasseuse n'avait pas un profil singulièrement réjouissant aux yeux de la meute. Et encore moins pour Derek, qui n'avait jamais été très connu pour avoir de la retenue lorsqu'on lui parlait de venger sa famille. En fait, c'était même plutôt déplacé de parler d'elle en face du loup garou. Enfin, ne n'était pas comme si Stiles avait un jour possédé du savoir vivre ou un quelconque instinct de survie lorsqu'il était en face de Derek.

- J'allais dire mignon, mais ça passe aussi. rit Stiles, amer.

Il n'ajouta rien de plus et son expression se ferma subitement, comme s'il avait décidé que la discussion se terminerait ici. Derek le suivit des yeux en le détaillant vraiment. Stiles avait bien prit quelques centimètres et si on ne faisait pas attention au fait qu'il ne parlait plus avec ses mains et qu'il était entièrement maître de son corps, alors Stiles apparaissait comme un homme. Pas comme un ado, à l'instar de Scott et du reste de la meute. C'était plus comme s'il avait mûrit d'un coup, et qu'il s'était écoulé 10 ans plutôt que trois. Même s'il portait toujours une veste à capuche rouge beaucoup trop grande pour lui, on voyait quand même que ses épaules s'étaient élargies. Peut être un peu ses bras, aussi. Il savait exactement comment Stiles avait pu prendre de la masse musculaire. Et quand il croisa le regarde du garçon il su qu'ils pensaient tous les deux a la même chose : un jour maudit que Derek aurait voulu effacer de sa mémoire. Un jour auquel il ne pouvait pourtant pas s'empêcher de penser. Stiles haussa alors les épaules, levant les yeux au ciel.

Quand Derek vit le jeune homme se figer en fixant le sol, il réagit subitement. L'expression sur le visage du plus jeune était si neutre qu'elle lui retournait l'estomac. Il connaissait ce regard, il l'avait déjà vu. Et il le détestait. Il détestait imaginer que Stiles puisse trouver ça juste ou normal d'être devenu un meurtrier. Il savait que le jeune homme ne se sentait pas particulièrement coupable ni fautif vis-à-vis de ça. Et Derek n'avait pas envie de croire que Stiles ait changé à ce point.

Pour lui, Stiles était encore un adolescent, même avec quelques muscles et centimètres en plus, même trois ans plus tard et même avec des pouvoirs. Il n'était qu'un gamin de 21 ans qui devrait reprendre ses études, plutôt que se satisfaire de devoir tuer des gens pour survivre. Le grondement qui apparut dans la gorge de Derek fut incontrôlable. Il attrapa le bras du revenant pour qu'il le regarde dans les yeux.

- Stiles ! s'écria alors Derek en élevant la voix. C'était qu'une gamine !

Stiles ne cilla pas, sachant pertinemment à quoi Derek faisait référence. Il dégagea son bras de l'emprise que son interlocuteur avait sur lui.

- Je ne veux pas parler de ça avec toi, Derek. souffla-t-il, les dents serrées. Pas maintenant. On vient juste de se retrouver. C'est bien, nan ? Me parle pas de cette histoire. C'est du passé.

- Du passé ? " Il est revenu couvert de sang ", c'est du passé peut-être ? rétorqua Derek en reprenant les paroles récentes de Rick, avant le repas.

- Ça ne te regarde pas. répondit-il, les yeux plongés dans ceux de son vis-a-vis, les sourcils froncés. Et j'ai dis que je ne voulais pas en parler avec toi. Et encore moins maintenant.

- Mais si on en parle pas maintenant, on en parlera jamais ! Je te connais plus que tu ne le penses, Stiles. Amorça Derek comme une menace, juste avant de reprendre : Tu vas juste disparaitre comme avant ? Ne plus donner de nouvelle pendant une décennie et revenir la bouche en cœur avec d'autres compagnons et d'autres objectifs de vie ? Parce que bordel, en plus de tuer des gens, ça, Kate l'a fait. Et aujourd'hui, elle est morte.

A la mention de la blonde, la mâchoire de Stiles se serra encore plus si c'était possible et ce fut au tour de Derek de se figer quand il vit deux perles rouges flasher dans les yeux du plus petit. Cette fois-ci, Stiles se détourna du plus vieux et se dirigea vers la sortie d'un pas lourd et visiblement irrité.

- Je sors.

La porte du loft claqua.

Derek mit du temps avant de revenir sur terre et de s'asseoir sur le bord du canapé. Il se prit la tête entre les mains. Comment tout ça avait put dégénérer à ce point ?

Des souvenirs toujours frais dans son esprit dessinaient encore la silhouette d'un jeune homme, nu, innocent, observant le ciel gris à travers l'immense fenêtre du loft.

Où était le Stiles qu'il connaissait ?


Like my mom used to say : I'm a predator, I don't have to be a killer. - Derek

Comme disait ma mère : Je suis un prédateur, je n'ai pas à être un tueur.


3 ans plus tôt, dans la petite ville de Beacon Hills,

Lors des événements de la cinquième saison,

Quand Théo encourage une chimère, Donovan, à s'en prendre à Stiles plutôt qu'au Shérif.

Dans la bibliothèque.

Stiles avançait en traînant le pas, la respiration difficile. Il dut s'appuyer sur un des casiers du lycée pour ne pas s'effondrer sur place. Ses mains tremblaient encore. Il n'y était pour rien, pas vrai ? Il était en danger, il avait juste gravit cet échafaudage, personne ne pouvait lui reprocher de fuir, n'est-ce pas ? Il n'avait pas voulu la mort de ce type. Il n'avait pas fait exprès. Depuis qu'il avait quitté la bibliothèque, ses yeux rejouaient l'expression du mort dans sa tête, ce gamin de son âge qui l'avait juste menacé de mort et poursuivi.

Un gamin de son âge qui avait des bouches pleines de dents qui lui sortaient littéralement de la peau, laissant peu de place à l'imagination quant à ce qu'il se passerait si ces crocs trouvaient de la chaire à croquer. Bien sûr que Stiles avait paniqué. Il avait même perdu les pédales. C'est ce que sa raison se forçait à se dire. Mais il savait bien ce qu'il en était. Il ne pouvait pas renier l'adrénaline que son sang véhiculait dans tout son corps. Il sentait la morsure de la peur lui mordre l'estomac à pleines dents. Même cette chimère Wendigo n'aurait pas put lui faire ressentir pareille douleur.

Il mourrait d'envie de revenir sur ses pas et d'éventrer une nouvelle fois ce garçon. Il se foutait bien de son identité et cette pensée précise qui faisait déraper sa conscience. Il se foutait bien de savoir que Donovan avait une mauvaise relation avec son père et qu'il ne l'avait jamais porté dans son cœur. Il se foutait bien que Donovan ait put attaquer le shérif à sa place, s'il n'avait pas été plus facile d'accès. Il s'en foutait bien. En fait, il se foutait complètement que le corps empalé dans la bibliothèque ait un nom. Il voulait juste y retourner et plonger ses mains dans les tripes de cet ennemi.

Il sentait ses ongles le brûler, le démanger. Il ne savait pas ce qui clochait avec lui, si ce n'est qu'Elle avait mué ses remarques sarcastiques en un long grognement continu qui ne semblait pas seulement faire du bruit dans sa tête. Il était même persuadé que le son qui lui vrillait les oreilles et qui l'encourageait à revenir sur ses pas venait de sa propre gorge. N'importe qui passant dans le lycée à cette heure là de la nuit aurait pu lui dire que le seul qui grognait dans cette pièce, c'était lui.

Il sentait le sang battre dans ses veines comme une réelle envie de vengeance, de sang et de massacre. Pour réprimer cette sensation dérangeante, Stiles se mordait les lèvres jusqu'à former une plaie, inconscient que ses prunelles se mettaient déjà à clignoter de jaune en projetant des lueurs surnaturelles sur ses joues. Il serrait les dents, sa main droite tenant sa propre gorge pour se réprimer, s'empêcher de commettre l'irréparable. Et ce n'était pas l'envie qui manquait.

Mais sa raison et son instinct étaient en telles contradictions qu'il eu le courage de ravaler toutes ses mauvaises intentions pour appeler le commissariat une fois qu'il fut dans sa voiture. Savoir que les policiers n'avaient rien trouvé à la bibliothèque le retourna complètement. D'ailleurs, il ne fut pas certain que ce soit ses propres sentiments qui s'exprimèrent lorsqu'il vit les lieux du crime vides de tout corps et toute trace du meurtre.

Stiles se retrouva alors dans un état de transe, entre la suffocation et la rage pure. Ses pensées se mirent à tourner autour d'une seule et même idée : celle de traquer, de retrouver cette personne qui avait volé son cadavre et qui l'avait empêché de mordre, griffer, tuer encore. Ces mots, ce désir, se mirent à tourner dans son crâne, inlassablement. Il eu même du mal a se concentrer sur la route, ses yeux visualisant dans une autre dimension les obstacles qui le menaient jusqu'à chez lui. Où était sa proie ? où était sa victime ? réclamait son instinct alors qu'Elle lâchait des bruits gutturaux. Il ne sut pas exactement quand, mais il se retrouva en dehors de sa voiture.

Loin de toute civilisation, loin des hommes, près des arbres. Il ne sentait ni son corps ni sa tête, juste le vent et l'odeur de la terre humide. Il sentait la vitesse,vertigineuse, qui se combinait a une adrénaline liquide qui lui coulait dans ses veines comme si c'était plus précieux encore que le sang. Plus vital. Il ne se demanda ni ce qu'il faisait dans les bois ni ce après quoi il courrait, savourant juste cette impression de liberté qui lui déliait les membres et la conscience. Il ne savait pas s'il courrait après quelque chose ou s'il fuyait quelque chose, tout ce qu'il savait, c'est qu'il sombrait.

Oubliant même qu'il ne courrait pas sur ses jambes, mais à quatre pattes.


Le réveil fut dur, humide et froid. Stiles se retrouvait plein de courbatures et son dos lui faisait mal. Il sentait même que des branches lui rentraient dans le flanc. Pour l'instant, l'idée qu'il pouvait avoir des branches dans son lit ne l'alertait pas. Il n'était pas encore assez réveillé pour trouver ça anormal. D'un geste ensommeillé, il tâta à coté de lui, à la recherche de son portable ou de son réveil. Une chose était sûre, c'est qu'il faisait clair et qu'il n'avait pas envie d'ouvrir les yeux. Seulement, quand la seule chose qu'il toucha en se réveillant lui parut visqueux et glacé, Stiles se redressa en sursaut. Et la première chose sur laquelle son regard tomba en se redressant, c'est une carcasse de lapin dans laquelle il venait tout juste de planter ses doigts.

Le jeune homme poussa un petit cri qu'il aurait eut bien du mal a assumer en face de quelqu'un. Dans le même temps, il avait réussi a s'éloigner de plusieurs pas. C'est dans ce geste qu'il se rendit compte qu'il était à poil, en pleine forêt, en tête a tête avec un lapin mort. Charmant

- Et moi, je compte pour du beurre ? râla une voix dans sa tête.

- Qu'est-ce que -... Putain de bordel de merde !

- Élégant. fit remarquer Elle.

Stiles le remarquait à peine, trop occupé a retirer le sang frais qu'il avait sur les doigts. Il les frotta contre l'écorce d'un arbre, ne pouvant visiblement pas les essuyer sur son jean -oui parce qu'il n'avait plus de jean, donc...-. Des corbeaux, qui avaient hésité à s'approcher du fait qu'un humain se trouvait à côté de leur source de nourriture se jetèrent finalement sur la carcasse. Stiles eut une grimace dégoûtée. En plus, il n'en était pas plus avancé sur les raisons de sa présence ici.

- Qu'est-ce que je fous ici ? Où est-ce que je suis, même ? Putain je me les caille !

- Tes roubignoles sont à l'air, Stilette, c'est normal.

- Je-... Mais à quoi tu sers, toi ? s'exaspéra le garçon en levant les yeux au ciel.

Il se frictionna les épaules dans l'espoir de récupérer un peu de sa chaleur. Même si on était encore dans une saison d'été, les matins en forêt restaient encore ce qu'ils étaient : froids et humides.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Il est fort possible qu'on soit partis chasser à deux, hier soir. Proposa Elle, l'air de rien.

Maintenant qu'ils avaient fait plus ample connaissance a force de parler en mathématiques et à force de se défoncer le crane a réfléchir sur les médecins de l'horreur ensemble, Elle se matérialisait dans sa vision. Ils avaient pris la décision ensemble, étant donné que passer son temps à s'enfermer dans une bulle et à se couper du monde lui avait valut plusieurs remarques en cours. L'esprit Lupin ressemblait a un gros loup couleur sable et tout son arrière train était plus foncé, de couleur brune. Quand ils n'avaient pas besoin de communiquer, il partait dans son "coin", ce que Stiles avait plutôt du mal à imaginer.

Comme si son cerveau était branché sur deux cervelles en même temps, Elle avait ses pensées et sa vie et lui avait les siennes. Il apprit d'ailleurs qu'Elle pouvait se balader dans ses souvenirs comme si c'était des lieux matériels. Pour illustrer, quand dans la vraie vie on part faire un tour au parc pour s'aérer, Elle, quant a lui, partait faire un tour dans les souvenirs de vacances en montagne de Stiles, souvenirs qui remontaient à ses 10 ans.

- Chasser ? Qu'est-ce que tu racontes ? Et ça nécessitait vraiment d'être à poil ?

Il se mit a marcher instinctivement vers une des directions qu'il pensait être la bonne.

- Pour être très honnête, je ne sais pas trop ce qui s'est passé non plus. Il y a juste eu ce Donovan qui t'a attaqué hier soir. Tu m'a empêché de l'égorger alors j'étais super énervé. Je suis juste parti pour me calmer les nerfs. Et quand je suis revenu, t'étais ici, en loup.

- En loup ? Mais qu'est-ce que tu baves, tu dis qu'il pleut ?

- Tu ne te souviens pas ? Je t'ai enseigné la chasse. l'animal se mettait a sautiller autour de lui, remuant juste devant les pieds de Stiles.

Cette attitude énervait ce dernier, qui avait pour réflexe de ralentir alors même qu'il savait que sa vision n'était qu'une illusion et qu'Elle n'était pas concret.

- Tu ... Tu étais vraiment comme un loup ! Tu ne parlais pas, tu grognais et tout. Genre trop cool ! J'ai vraiment eu l'impression que j'avais un camarade de meute, comme avant. C'était vraiment trop bien.

Stiles leva les yeux au ciel, ne croyant pas un seul mot de l'animal.

- Oulah, Elle. Je savais que mes médocs pouvaient me donner des sautes d'humeurs mais je pensais pas que ça pourrait atteindre un ... truc comme toi ? T'es sûr que tu te shoote pas à l'Adderall quelques fois ? Non mais parce que d'après ce que tu m'as dis, c'est pas comme si t'avais foison de souvenirs de tes parties de chasse avec ta meute d'origine. T'es certain que tu perdais pas la tête ?

Elle fronça les sourcils. Enfin c'est pas comme s'il en avait vraiment, vu que c'était un loup mais Stiles pouvait clairement distinguer les sourcils imaginaires de l'esprit, tant il était habitué a traîner et babiller avec lui.

L'animal détestait quand Stiles ne le prenait pas au sérieux ou qu'il insinuait que ses seuls précieux souvenirs d'avant étaient faux.

- Stilthon, j'ai beau être littéralement un fantôme dans ton cerveau, je me souviens encore de ce que c'est que chasser. Et si je te dis qu'hier t'étais un loup et que tu chassais avec moi, c'est que t'étais un loup et que tu chassais avec moi.

L'irritation de l'esprit calma complètement la discussion entre eux. Stiles fut silencieux, oubliant presque le fait qu'il était nu et qu'il crevait de froid. Le soleil n'allait pas tarder a se lever vraiment et même si les gens qui s'enfonçaient dans les sous bois a ce point étaient rares, ça restait toujours possible. Et il n'avait pas spécialement envie que d'autres personnes que lui sache combien de grains de beauté il avait sur les fesses. (9 pour les curieux)

Heureusement, n'ayant pas vraiment été un modèle de sagesse dans ses précédentes années, Stiles connaissait bien l'endroit. Il avait déjà espionné bon nombre de personnes dans ces bois, même sans mentionner la maison des Hale où les recherches de cadavres en pleine nuit. Il y avait pleins d'autres raisons qui le poussaient à quadriller le secteur. Comme tout un tas d'autres affaires de meurtres non élucidés à Beacon Hills. Il ne le dirait probablement jamais a son père, mais il avait volé tous les dossiers des archives de meurtres auxquels il pouvait accéder facilement depuis leur maison.

Son esprit divagua bien loin, abordant les paroles d'Elle avec plus de recul. Le loup ancestral n'avait aucune raison de mentir, après tout. Et Stiles savait très bien qu'il serait le premier a le protéger en cas d'attaques comme la veille. Seulement, si le souvenir de Donovan était encore bien présent dans sa tête, il ne se souvenait plus du tout du reste des événements. Et puis, c'est pas comme s'il connaissait grand chose a la chasse. Mais après tout, soit. Scott non plus ne se souvenait pas de ses premières transformations, n'est-ce pas ?

Il voulut poser la question a Elle mais le loup semblait encore bien en colère que Stiles ait osé parler de son ancienne vie aussi impunément.

Peut être que finalement, un Stiles-garou rôdait la nuit avec Elle pour choper des lapins. Manquait plus que ça, après les médecins de l'horreur, Lydia qui débloque une fois sur deux , les chimères créées on ne sait comment, Théo qui devenait plus qu'un suspect... Ils étaient servis, a Beacon Hills. Sans parler du cadavre de Donovan qui rampait on ne sait où avec un pic de chantier dans la poitrine. Stiles soupira soudainement. Un truc clochait par contre. Pourquoi était-il le seul à poil ?

Il savait bien que Scott et Derek étaient des exhibitionnistes nés et que c'était juste plus fort qu'eux de se déshabiller a tout va, mais lui ? Pas qu'il sache. Bon, il n'avait pas de problème particulier avec son corps, mais quand même. Malia ne se retrouvait pas nue, elle ! Même Peter, Kira ou Jackson arrivaient a garder leurs vêtements. ( Jackson un peu moins, mais il aimait vraiment suivre la mode ) Alors pourquoi lui, Stiles Stilinski, faisait-il exception a la règle ? C'était pas comme si être un loup garou impliquait forcément de se déshabiller pour accéder a ses pouvoirs... Peut être que la force des loups garous résidait dans leurs poils ? Et que donc, il devait exhiber son ventre pour obtenir la force toute puissante ? Après tout, Scott avait des rouflaquettes du démon, quand il était transformé. Après quelques minutes de réflexion à tenter de s'imaginer lui-même en loup garou, avec genre des griffes et des crocs déformateurs de mâchoire, Stiles tilta que quelque chose ne collait pas.

Derek était littéralement chauve des sourcils, une fois transformé. Les poils n'étaient donc pas la source des pouvoirs lougaresques. C'était indéniable.

La question était toujours entière : pourquoi, lui, parmi tous, se retrouvait-il à poil ?

Ils arrivèrent au niveau d'un ruisseau, qui menait à l'entrée du parking le plus oublié de cette forêt. Comme il était construit derrière un vieux chantier abandonné, les gens avaient tendance a se dire que se garer là était interdit. Ils préféraient aller sur la route principale, de toute manière. Là où un circuit en terre rouge avait été tracé pour les joggeurs. Ils trouvèrent justement les vêtements de Stiles sur l'une des barrières, humides et couverts de boue. Là, Stiles se décida enfin à poser la question.

- Mais par ma barbe ! Pourqu-...

- tu n'as pas de barb-... Le coupa immédiatement Elle avant de se faire lui même couper.

- Pourquoi je suis nu, putain ?! s'écria son acolyte en enfilant ses chaussettes.

Il eut beaucoup de mal, le tissus était trempé, ses pieds humides et terreux et il avait même des feuilles mortes sur les chevilles. Enfin je vous fais pas le dessin, tout le monde galère déjà a enfiler des chaussettes en sortant de la douche alors en pleine forêt ... En fait, c'était probablement parce que Stiles s'énervait contre les deux pauvre bout de tissus que sa voix commençait a vraiment s'élever.

- T'en pose des drôles, de questions, toi ! ricana Elle, assit a côté de la roscoe.

La vieille voiture les attendait patiemment à l'entrée du parking, comme un chien fidèle. Stiles n'aurait pas put faire pire insulte que de comparer le loup et sa jeep mais pour le moment, il était trop concentré a ne pas comprendre ce qui faisait rire Elle. Sa question était même tout ce qui avait de plus légitime, en fait. Il n'était pas naturellement naturiste alors il avait bien le droit de se poser des questions quand il se réveillait nu, non ?

- Comment ça ?

Elle leva un sourcil (si si, Stiles l'a vu) comme si c'était évident.

- T'as déjà vu un loup avec des vêtements, peut-être ? fit-il, plein de condescendance.

- Bah, à ce que je sache, Scott ne se balade pas essentiellement nu. Sauf quand je lance Call me Maybe dans sa chambre alors qu'il prends sa douche.

- Scott ? Un loup ? T'as de la merde dans les yeux, mon pauvre. fit Elle en grimpant dans la Jeep dont Stiles avait ouvert la portière. Ton toutou à puce humain n'a rien à voir avec un loup.

Stiles se figea subitement, semblant enfin comprendre l'étendue de la situation.

- Attend. T'es en train de me dire que je suis pas un loup garou ?

- Pas à ma connaissance. Pourquoi ? Tu t'es fait mordre ?

- Mais... si je suis pas un loup garou... il y eut un silence. Tu te rends compte de ce que tu racontes ?! Hurla Stiles en se prenant la tête entre les mains. Je me transforme en vrai loup, avec des griffes, des crocs, un pelage ? C'est ça ce que tu me sors ?!

- Oui. T'as même une double queue. Même si je me doute que tu sais a quoi ressemble un loup, je préfère te prévenir, ça pourrait te surprendre.

Stiles ignora la pique, s'effondrant en laissant tomber sa tête sur le klaxon de sa voiture, ce qui fit glapir Elle à côté de lui. Mais il ne l'entendait même pas.

- Bordel. Je suis un truc pas surnaturel -il avait testé la poudre de sorbier depuis bien longtemps- qui se balade en vrai loup sur un coup de tête, qui chasse et qui se réveille au petit matin à poil. Je... Je sens que ça va me mener a tellement de situations merdiques, ça...

- Pour toi ou pour les lapins ? Non mais parce qu'en plus t'es pas un mauvais chasseur. fit remarquer Elle avec une sorte de rire mesquin (Un loup pouvait-il vraiment rire ?). D'ailleurs, t'as plein de sang sur la face.

C'est en croisant sa tête dans le reflet du rétroviseur que Stiles s'aperçut que toute sa bouche était couverte de sang séché, lui offrant une vision digne des films d'horreurs les plus clichés de sa collection. Et pas des meilleurs.

Il gémit de détresse, Elle continuant de lâcher son petit rire bizarre juste a côté de lui.


Hey mes bébés fantômes, je suis contente d'être là ! J'espère que vous profitez bien de vos proches, que vous vous ennuyez pas trop, que fanfiction vous sauve un peu du manque de l'extérieur. ( la bonne blague, comme si sortir d'une grotte arrivait a des gens comme nous... )

Quoiqu'il en soit, j'espère que vous vous portez bien. Prenez soin de vous, respectez les règles, lavez vous les mains, évitez les contacts et les sorties. Tant qu'on est vivant, on pourra se toucher après ! Si on est mort, forcément c'est plus compliqué... Bref, personnellement, le coronavirus et le confinement me permettent de me pencher sur des écrits et des dessins que je ne pensais jamais finir... Quoi qu'il en soit, je vais surement poster un peu plus souvent, du coup !

Régalez-vous ;)

Réponse aux reviews :

Visiteuse T : Wow ! Je suis un peu sans voix... (normal, j'écris...) parce que la chronologie est un truc que j'exècre tout particulièrement (si vous pouviez vivre dans ma tête, ça serait tellement plus clair !) Alors savoir que tout le monde n'est pas perdu, ewwww ça me fait super plaisir ! Par ailleurs je sens que cette fiction va être interminable... je suis tellement loin de vous lancer dans le cœur de l'histoire et ... j'ai tellement hâte en même temps ! *take all the compliments and eat them.* ehehehe je suis vraiment motivée maintenant, merci à toi ! Bonne santé et bonne lecture, Mlle T !

lovers87 : Eh bien si tu a soif de révélations, la suite sera encore plus pour toi... Derek fera une arrivée euh "triomphale" je dirais ? Derekienne, dans tous les cas...

Ariadanae : On fête quelque chose aujourd'hui : je sais écrire ton pseudo sans vérifier l'orthographe ! Plus sérieusement, je suis contente qu'Elle te plaise. J'ai hâte d'écrire encore plus sa relation fusionnelle avec Stiles, ça m'éclate ! Mon impatience s'intensifie quand tu dis ça, parce que j'ai envie de tout révéler d'un coup (mais ça serait clairement moins drôle... ) il va falloir continuer a écrire ( et a lire, ça peut servir... ). Il manque tellement de Stiles badass dans les fics vf (ou bien je suis juste myope et je les loup-e ), il fallait bien que je donne ma contribution ! Merci beaucoup pour ton avis, ça me touche énormément ! ( ps : je n'assume pas du tout ma blague avec loupe mais c'était tellement spontané qu'il faut que je le laisse. je suis terrible )

Plein d'amour pour tous les fantômes qui passent par là !

Prenez soin de vous !