Stiles pensait sincèrement qu'il s'était mit au clair avec Elle à propos de leurs sorties nocturnes et sauvages. La première chose qu'il avait compris en rentrant de cette soirée où il avait abattu Donovan sous forme de chimère, c'est qu'il ne pouvait pas se passer de ça. En une seule fois, son corps était devenu complètement accroc a la sensation. Celle d'être libre et transformé en quelque chose qu'il ne contrôlait pas. Pourtant, le lendemain, Stiles ne se souvenait de rien. Mais ses pieds le conduisirent d'eux-même jusqu'au parking en terre rouge a l'orée de la forêt. Depuis, lorsqu'il mettait ses baskets, son équilibre devenait précaire. Parfois, il se sentait obligé de marcher pieds nus, comme si ses chaussures l'entravaient pour marcher. Scott avait d'ailleurs commencé a le charrier parce qu'il tombait de plus en plus, s'emmêlant dans ses pattes.
Plus d'une fois dans sa scolarité, ses professeurs lui avaient fait des remarques a propos de la manie qu'il avait de toujours attirer l'attention. Mais ces temps ci, c'était encore pire. Il était ailleurs, il tombait (et un Stiles qui tombe n'était jamais ni discret, ni silencieux) et il se mettait même à parler tout seul quand Elle apparaissait en plein cours pour le supplier d'aller dégourdir ses pattes. C'était devenu une obsession pour eux. Et le fait qu'Elle insiste aussi grossièrement ne jouait pas en leur faveur : quand il n'y pensait plus, il fallait toujours que le loup le lui rappelle. Parfois l'animal était même carrément intrusif, même quand Stiles tentait de se concentrer, de parler ou de travailler, et cette attitude l'énervait toujours, alors il se mettait a l'engueuler -oubliant que le loup ne vivait que dans sa tête et qu'il y avait des gens autour de lui-.
Stiles n'était pas connu pour réfléchir beaucoup avant de suivre son instinct ( surtout quand ça incluait toute sortes de fuites ou de courses effrénées pour sa survie ). Et comme il n'arrivait encore pas a croire que sa situation soit possible, il n'arrivait pas non plus a prendre la décision la plus adéquate : En parler ? Rester silencieux ? Ecouter l'Esprit Lupin ? Partir chasser ?
- Stiles! Gémit une voix dans la tête du jeune homme.
Elle trépignait à la bordure de sa vision, ses griffes faisant un bruit étrange sur le sol. L'adolescent détourna le regard, crispant sa mâchoire. Ses tripes le suppliaient de suivre son instinct et d'écouter la voix de ce loup dans sa tête...mais il savait que ce n'était pas une bonne idée. Pendant tout le trajet, il fit en sorte de se concentrer sur les plaques des voitures qui arrivaient sur la route à coté de lui, tentant de trouver des significations a ces successions de lettres et faisant tout son possible pour ignorer Elle qui trottait ses côtés. Et il y arrivait plutôt bien.
Pourtant, il ne put s'empêcher de lui prêter attention une fois qu'il fut rentré chez lui. Stiles ne pouvait pas prétexter les cours, ni le livre des scientifiques timbrés de lui accaparer sa pensée : il l'avait déjà lu. Alors dans le silence presque religieux de sa chambre et de sa maison -son père rentrait dans deux heures-, les gémissements de l'animal paraissaient d'autant plus perçants.
- S'il te plait, Stiles... et l'intéressé sut qu'Elle faisait un effort, puisqu'il n'écorchait pas son prénom. Juste quelques minutes.
Son estomac répondit à ces mots en se tordant d'autant plus. Il voulait vraiment l'écouter. Il avait vraiment envie d'accéder a sa demande. Sentant un changement dans l'humeur du garçon, Elle s'adressa directement à lui, plein de détermination :
- Toi aussi, tu veux aller courir, n'est-ce pas ?
- Bordel, bien sûr que oui, j'en ai envie ! explosa-t-il en jetant un regard furieux à la bête, dont la silhouette se découpait près du lit.
Elle ne comprenait visiblement pas que la vraie personne qui était punie dans l'histoire, c'était Stiles, et pas lui.
- Alors pourquoi on y va pas ? aboya l'animal, qui avait probablement l'impression de ramer depuis quelques jours. A chaque fois qu'il demandait à Stiles de partir courir, le garçon était impartial : pas de sortie sous forme lupine.
L'interdiction remontait a quelques jours, quand Théo était venu voir Stiles en personne pour lui dire qu'il connaissait le rôle que Stiles avait joué dans la mort de Donovan. Seulement, Stiles n'était pas sûr de ce que cela signifiait. En savait-il plus qu'il ne le prétendait ? Avait-il vu sa transformation ? était-il au courant de ses capacités ?
Bordel, Stiles savait qu'il était dans le meilleur milieu pour parler à ses proches du fait qu'il se transformait en loup... Il pourrait être aidé par Scott, informé par Deaton, ou même aidé par Derek, s'il demandait de l'aide... Mais en avait-il seulement envie ? Une part de lui voulait garder la situation secrète, parce que sa relation avec Elle était une sorte de privilège : il n'avait pas de filtre entre deux, puisqu'ils avaient toujours vécut dans la tête de l'un et de l'autre et que tout ce qu'ils avaient à cacher, au final, leur était commun.
Il n'était pas prêt à ce que les gens sachent qu'Elle existe. Assurément, aucun de ses amis ne le prendrait pour un fou s'il disait " la nuit je me transforme en loup et je bouffe des lièvres". Scott était passé par là, Lydia courrait nue dans les bois en cherchant des cadavres, Malia était un coyote pendant les trois quart de sa vie... Tous ses amis étaient un peu passés par là, au final. (Même Danny lui avait raconté qu'il avait dû fuir sa tente en caleçon un jour ou un grizzli s'était trop approché du terrain de camping de sa famille... A croire que tout le monde courrait nu dans cette forêt.) Mais eux, ils étaient tous passés par un chemin a peu près normal : la morsure, les gènes ... Lui, il avait quoi dans tout ça ? Un fantôme dans sa tête ? des dons de la faute à pas de chance ? A coup sur, les autres feront des recherches et trouverons un moyen de se débarrasser d'Elle, comme si l'animal était une sorte de maladie.
Mais Stiles n'était pas prêt a ça. Il aimait sa différence, sa relation avec Elle, ses balades à quatre pattes, quand bien même cela lui provoquait des pulsions meurtrières. Au moins, cette haine ne touchait que des lapins.
Alors, comme il n'était pas sûr que Théo ait vraiment vu ses transformations, il avait décidé de ne pas tenter le diable et de s'abstenir quelques jours, le temps que la crise des médecins de l'horreur s'estompe. Mais Elle n'était visiblement pas d'accord avec cette idée. Et il argumenta durant des heures, à la manière où seul Stiles Stilinski était capable de le suivre. Il avança un discours décousu sur les sensations de la courses, le fait qu'ils n'allaient pas être découverts par la meute -Elle en était absolument certain, même si Stiles n'arrivait pas a comprendre d'où lui venait cette certitude-. Il tenta même de lui rappeler les souvenirs de la chasse, cherchant à recréer une sorte d'envie dans l'esprit du châtain. Stiles n'avait pas besoin de tout ça, il s'était souvenu des détails de sa nuit après quelques jours, quand ils étaient repartis courir ensemble. On ne prêchait pas un convaincu, se dit Stiles au souvenir des émotions les plus satisfaisantes et démentielles qu'il avait ressentit en traversant le Nord-Ouest de la forêt avec Elle a ses côtés. La sensation de lâché prise et de régal quand il sautait au dessus d'un taillis ou qu'il évitait un arbre de justesse lui remontait plus le moral qu'une soirée curly fries avec son père... En fait il n'était pas encore très sur, il aimait vraiment les curly fries...et son père, accessoirement. Le débat était encore grand ouvert.
Néanmoins, une chose était sure : il aimait vraiment être en loup, même si ça lui faisait peur et qu'il ne comprenait pas les mécanismes. Quand il se transformait, tout était trop instinctif pour qu'il ait vraiment le choix et le temps de suivre.
Il laissa alors Elle continuer son débat sans l'écouter et le loup finit par se taire dix minutes avant l'arrivée de son père, alors que Stiles venait d'allumer la télé sur la chaîne d'information que Noah aimait regarder en rentrant du boulot. Il cuisina quelques restes en veillant a mettre un peu plus de potatoes a son père qu'à lui, parce qu'il savait que le shérif aimait ça ( Stiles faisait semblant d'être dur avec ce régime, il laissait toujours son père faire quand il le voyait s'enfiler un deuxième dessert en douce dans la cuisine )
l'intéressé arriva un peu plus tard, jetant sa veste sur la commode de l'entrée alors que son fils finissait de remplir une fiche de mathématiques. Stiles se pencha en arrière sur sa chaise, l'observant -non sans un rictus- engloutir un donuts que ses collèges lui donnaient au bureau. Stiles cocha une case dans son esprit et se demanda s'il ne devait pas prendre l'assiette avec le plus de potatoes, finalement.
- Bonne idée, lui répondit Elle, qui ne perdait pas de vue l'objectif d'ingurgiter moins de légumes et de trucs verts.
- Salut bonhomme ! lança enfin le shérif pour annoncer son arrivée.
- Salut 'pa !
Ses moments avec le shérif étaient toujours privilégiés et Elle n'avait généralement pas son mot a dire quand ils se retrouvaient a deux. De toute façon, Stiles finissait toujours par l'ignorer quand sa figure paternelle était dans les parages. Il ignora donc Elle et laissa son père l'embrasser sur le front en passant vers le salon.
- T'as du sucre sur le coin droit de ta bouche, l'informa Stiles en abandonnant ses devoirs pour se diriger vers le canapé en sautant par dessus celui-ci.
Son père grommela quelque chose a propos du fait que son fils était pire qu'une pompe a insuline, cherchant la télécommande pour mettre le son plus fort. Ce dernier avait déjà mit les plats sur la table basse du salon, et même préparé de la salade qu'Elle et son père fusillèrent du regard.
L'adolescent laissa le Shérif lui raconter sa journée et il rebondit a toutes les anecdotes qui les firent rire, se moquant du secrétaire de son troisième adjoint, qui avait chaque jour une nouvelle tentative infructueuse d'utilisation de la cafetière du poste. Il fallait dire que la machine était capricieuse et si on ne demandait pas d'aide a une personne qui savait s'y prendre, on se retrouvait toujours avec du jus de café écœurant. Et comme le secrétaire était le type d'homme a péter plus haut que son cul et a ne demander l'aide de personne, ça faisait maintenant 2 ans qu'il était à Beacon Hills et deux ans qu'il se servait des jus de chaussette infâme, puisqu'il ne comprenait rien à la cafetière. Tout le monde s'était passé le mot dans le poste et chaque jour quelqu'un s'arrangeait pour le prendre en photo quand ça arrivait. Depuis, le Shérif avait une collection de photo de Jacob -car c'était le nom du secrétaire- dans son téléphone. Et il ne manquait jamais de raconter les histoires sur Jacob à Stiles, parce que son fils était mort de rire ( et qu'il imprimait les photos a sa place pour en faire un calendrier. )
Alors qu'il dégustait le repas avec son père (qui s'enthousiasmait du nombre de potatoes qu'il avait dans son assiette), Stiles se concentra sur les informations régionales. Un reportage sur une maroquinerie éco-responsable était en train de se finir et le présentateur annonça un documentaire sur les loups qui commençaient doucement mais surement a repeupler les forêts entre la Californie et le Nevada. Stiles ne put s'empêcher de frissonner et de se tendre. Il jeta un regard a Elle, allongé à côté du canapé. Il croisait toujours les pattes quand il se reposait et Stiles trouvait ça amusant. On aurait dit un gros chien de salon.
Puis, perdu dans ses pensées, le châtain détailla l'animal. Son pelage était épais, comme s'il était toujours et constamment en hiver. Duveteux et clair au niveau de l'encolure, les poils du loup devenaient plus foncés vers la moitié de son corps. Stiles aurait put jurer que dans ses premiers souvenirs, les pattes arrières d'Elle n'étaient pas noires. Mais aujourd'hui, elles l'étaient. Pourtant le jeune homme savait bien que la bête était propre. Il fronça les sourcils mais fut déconcentré quand Elle releva la tête pour regarder l'écran.
Stiles suivit son regard et observa quatre loups sauvages passer a seulement quelques pas d'une route sur les images du documentaire. Sur les séquences suivantes, on pouvait voir deux loups lever la tête et humer l'air, immobiles et attentifs aux alentour. L'un était gris clair tandis que l'autre avait le pelage qui tournait un peu plus vers le brun, un peu comme quand Malia se transformait. Stiles sut instinctivement que les deux premiers étaient des louves, mais il ne s'en rendit pas compte et ne se posa pas la question sur sa facilité a déterminer ce genre de choses. Puis, Le châtain fronça les sourcils. A quoi ressemblait-il, lui ? Il fixa ses mains avec attention, essayant de se souvenir de la couleur de ses pattes quand il courrait.
- C'est dingue... le surprit son père en le tirant de ses pensées.
- Quoi ?
- Depuis que tu m'as dit que tes amis étaient...
- des loups garous ? proposa Stiles
- Ne le dis pas comme ça, ça me met mal a l'aise. On dirait qu'on parle encore d'un truc pour enfant.
- Je peux dire Lycanthrope si tu préfères, même si franchement c'est pas non plus un mot trè-...
- Bref. Depuis que tu m'as dit que tes amis étaient... Il trouva une alternative avant que son fils ne reprenne la parole... Ce qu'ils sont. je n'arrive pas a voir les loups ou même les chiens de ma brigade de la même manière qu'avant. Je me dis toujours " et s'ils étaient humains, eux aussi ? ". Ça parait stupide, mais j'arrive pas a me sortir cette idée de la tête et je me met a leur dire bonjour comme des humains.
Stiles mit un moment avant de répondre.
- Ça ferait d'eux des genre d' "humains-garous", nan ? Et son père rigola.
Le châtain adorait quand son géniteur et lui étaient sur la même longueur d'onde, surtout quand il s'agissait d'avoir des pensées tordues. Quand il était petit et que son intime conviction était que tous les adultes étaient bizarres - même son père et sa mère -, il avait beaucoup souffert d'avoir un mode de pensée différente des autres enfants. Mais quand il avait été assez mature pour se rapprocher de son père, il avait eu un immense soulagement - et ils avaient eut de longs débats entre personnes tordues-. Comme par exemple sur le fait que son père avait une fixette sur le prénom "April", qu'il trouvait ridicule - c'était le nom de leur voisine et d'une de ses collègues-. Depuis qu'ils les connaissaient, il avait eu un nombre incalculables de bourdes en les appelant "January" ou "December".
Stiles adorait se dire que son père était probablement pire que lui, socialement parlant.
Ils allèrent se coucher une heure plus tard, le shérif étant du matin le lendemain. Quand Stiles entra dans sa chambre, Elle l'alpagua :
- T'es couleur sable.
- Hein ?
- Si tu te demandes à quoi tu ressembles en loup. T'es couleur sable, un peu roux, mais vraiment clair. Tu gardes les yeux ambrés.
- Oh. Il se mordit la lèvre. Il avait vraiment envie de se voir, maintenant... Non, en fait il avait envie de sortir, de partir, maintenant.
Et son corps réagit au quart de tour, comme s'il avait appuyé sur un bouton irréversible en pensant a cette hypothèse. Il trébucha et son cœur se mit a palpiter sans raison. Stiles se rattrapa a son bureau et jeta un coup d'oeil paniqué au loup. Qu'est-ce qu'il se passait au juste ? Quand il croisa le regard de l'animal allongé sur son lit, celui-ci comprit immédiatement ce qui se passait dans la tête de l'adolescent.
- On peut faire un détour vers l'Ouest. C'est assez loin. dit calmement l'animal en sautant du lit pour se rapprocher de lui.
- Qu'est-ce qu'il se passe bordel ?
-La Lune, fit Elle en lui désignant la fenêtre avec son museau.
Stiles fit des yeux ronds en fixant l'astre. Une boule blanche, parfaite imperfection du monde noir de la nuit. La pleine Lune. Ça ne lui était jamais arrivé. Qu'est-ce qu'il se passait ? Pourquoi maintenant ? Qu'allait-il devenir ? Allait-il tuer ? Il pensa brièvement a appeler Scott et demander de l'aide mais la voix d'Elle le ramena a la raison. Le loup lui ordonna d'ouvrir la fenêtre.
- Je te surveillerais, ne t'inquiète pas. Et on ne quittera pas la forêt. Alors déshabille toi et saute vite par là.
Stiles obtempéra, muet, et se retrouva en caleçon sur le toit de sa maison.
- Bordel, et dire que j'ai déjà écrit une lettre à Derek et Scott sur les bienfaits des portes en les réprimandant sur leur utilisation inappropriée des fenêtres, et voilà que je me retrouve a faire la même chose.
- Bientôt, tu comprendras leur douleur et tu laisseras toujours ta fenêtre ouverte. se moqua Elle en observant Stiles se hisser sur le couvercle du compost qui lui permettait de faire le mur quand il voulait rejoindre Scott ou une réunion de meute.
- Jamais. Plutôt mourir. Je leur ferais une chatière, à la limite.
Le rire d'Elle a l'idée de voir Derek passer dans une chatière fut étouffé par un grognement de Stiles. Celui-ci devint de plus en plus fort. Assez pour que l'Esprit Lupin n'entraîne Stiles loin de la maison pour ne pas alerter le shérif. En une seconde, Stiles passa du mec nu et bruyant caché dans les buissons (un peu louche quand même) à l'animal aux yeux sur-brillants et au pelage immaculé. Il s'était tourné vers Elle mais c'était comme s'il ne le voyait pas. Ses pattes se fléchirent et son acolyte eu a peine le temps d'aboyer que Stiles bondit immédiatement hors de sa cachette. Son esprit n'était pas clair a cause de la Lune et Elle eu du mal a le diriger au bon endroit. Mais quand ils parvinrent à la forêt, Stiles n'eut pas besoin de plus d'indications pour se lancer dans une chasse torride. L'esprit lupin ne sut pas réellement quand cela arriva, mais à peine quelques minutes plus tard, il avait perdu la trace du loup pâle.
Sur le coup de 22 Heures 30, Derek était en train de descendre ses poubelles en bas de son allée quand il perçut une odeur qui lui était étrangère. C'était une odeur sauvage, canine et surtout inhabituelle. En un fragment de seconde, tous ses sens étaient en alerte. Ses épaules étaient tendues, comme s'il était prêt a bondir et ses yeux sur-brillèrent de bleu jusqu'à ce qu'il ne se rende compte que l'odeur n'était pas aussi proche qu'il ne le pensait, puisqu'elle avait été apportée par le vent. Derek songea a la possibilité qu'une nouvelle meute de loup en veuille a Beacon Hills. Il tressailli à peine, sourcils froncés.
Ça n'aurait pas été la première fois que deux menaces survenaient en même temps. Ni la première fois que Derek s'occuperait de l'une d'entre elle dans la plus grande des discrétions. Quand la meute et Scott étaient concentrés sur quelque chose d'autre, il faisait toujours en sorte que rien ne les gène, surtout quand il était capable de gérer la situation seul. Dans ces cas là, le noiraud prétextait un voyage de quelques jours ( il était adulte, tous les adultes faisaient des voyages bizarres et soudains, ça ne choquerait pas les gosses) Et puis, s'ils avaient quelque chose a lui reprocher, le dernier Hale sain d'esprit savait encore comment leur faire passer le message de se mêler de leur cul.
Il posa sa poubelle, prit sa veste en cuir qu'il avait laissé à l'intérieur pour sortir et parti immédiatement à la recherche de l'intrus qui errait dans la forêt de Beacon Hills.
Le loup garou n'eu pas besoin d'attendre bien longtemps avant de s'immobiliser. Un bruit de cavalcade se fit entendre a moins de 100 mètres de lui et il se demanda même si son ouïe ne lui jouait pas des tours. Puisant dans quelques uns de ses avantages, ils s'orienta vers la source du bruit. Il se dirigea alors vers un bosquet qui menait tout droit a la rivière qui traversait la forêt de Beacon Hills. Derek eu seulement le temps de s'arrêter devant un ravin avant de voir surgir deux cerfs de sa gauche, bondissant devant lui. Leurs yeux paniqués brillaient dans la pénombre et leurs sabots claquèrent au hasard, en proie a une peur violente et évidente. Les battements effrénés de leurs cœurs retentirent aux oreilles de Derek qui s'était figé dans sa progression, surpris. Il eu a peine de le temps d'observer les rames des deux bêtes disparaitre plus loin que le reste du groupe de cervidés le doubla dans un vacarme assourdissant. Pour ne pas se faire écraser dans la panique générale, Derek se plaqua contre un arbre, observant, un peu ébahit, les queues blanches des animaux disparaître dans leur fuite. Il devait y avoir une vingtaine d'individus, surement plus, avec ou sans bois.
Quand Derek pensa que c'était enfin finit et il se détendit, a tord. Quand il se décolla de l'arbre où il s'était plaqué, il vit une masse énorme, claire, sauter à sa droite. La chose qui faisait si peur à la harde était à moins de deux mètres du dernier des cerfs. En la voyant surgir, le loup garou aurait mentit s'il avait dit qu'il n'avait pas eu peur. L'animal était véritablement énorme et en un seul coup d'oeil, le noiraud avait put deviner des épaules massives, des pattes puissantes. Il n'eut qu'à humer l'air pour avoir la certitude d'avoir trouvé ce qu'il cherchait en entrant dans la forêt. Un loup. Derek se mit alors a les suivre, animé d'une étrange curiosité.
Même en étant un loup garou, il n'avait jamais été impressionné ni par les loups, ni par les chiens et encore moins par les coyotes. En fait, il s'en foutait pas mal. Il n'éprouvait ni haine, ni amour, ni intérêt pour les animaux, même s'il ne leur aurait pas fait de mal. C'est ce qui le surpris lorsqu'il poursuivit la bête qu'il avait a peine entraperçut. Lui qui n'y voyait pas d'intérêt, il se sentait soudain animé d'un besoin irrépressible de voir l'envergure de l'animal qui poursuivait ce groupe de cerfs. Les fractions de secondes ou il avait aperçut le prédateur sauvage le laissaient sur sa faim : il voulait s'assurer que ses yeux ne lui avaient pas fait défaut, que l'animal était au moins aussi imposant que ce qu'il avait imaginé. Pendant qu'il courait instinctivement après eux, Derek se demanda a quel point la bête pouvait être grosse pour s'en prendre, seule, a tout un groupe de cervidés. Il fallait être fou, déterminé et surtout puissant pour s'y risquer seul. Les loups sauvages attaquaient seulement des petites proies une fois seuls. Et pour prendre en chasse un seul cerf, il fallait au moins la cohésion et la force d'une meute.
Quand le noiraud réussit à les rattraper, ce fut pour voir un loup couleur sable se jeter à la gorge d'un jeune cerf, montant presque sur son dos et décollant même du sol sur plusieurs mètres. Même de là ou il se trouvait, Derek entendit la chair et les os des jambes se rompre quand le cerf se heurta a un rocher, emporté par le poids de son assaillant. Pendant que le reste du troupeau fuyait, les brames du cerf piégé retentirent dans la forêt et Derek dû serrer les dents pour ne pas être écœuré par la scène. Heureusement et étrangement, le loup beige -véritable mastodonte de muscles- mit fin au supplice de la bête d'un coup de mâchoire au niveau de la jonction sanguinolente qui n'avait pas suffit a tuer le cerf du premier coup. Le loup tira sur la chaire en secouant la tête de gauche a droite et le lycanthrope resta sur ses positions, quelques pas en arrière, subjugué. La différence de taille entre le prédateur et sa victime était notable mais Derek était aussi certain de ne jamais avoir vu un loup aussi gros, même quand certains membres de sa famille étaient capable de se transformer entièrement.
La puissance qu'il mettait dans ses mâchoires fit reculer l'animal de quelques pas quand la chaire se détacha enfin de sa prise. Le canidé devait avoir le museau saturé par l'odeur du sang, car il ne sentit ni ne s'inquiéta de la présence de Derek. Il préférait clairement engloutir la chaire sanglante et nerveuse sous ses crocs plutôt que s'acquérir de l'existence d'un intrus près de lui. Seulement, si son odorat était en veille, ce n'était pas le cas de son ouïe. Et quand l'ex alpha tenta de s'approcher et qu'il fit un pas sur un tas de feuilles mortes et crissantes, le loup se raidit en tournant la tête vers la source du bruit. Ses yeux ambrés se posèrent sur Derek, toutes dents -maculées de sang- dehors. Son museau se retroussa et le grognement sifflant qui s'échappa par râle de la gorge de l'animal aurait put donner envie à un mort de s'enfuir. Le souffle du loup garou se coupa et ses yeux, attentifs au regard posé sur lui, brillèrent doucement par inadvertance. Le noiraud eu juste le temps relever la tête après avoir déterminé ce qui avait trahit sa position que, l'instant d'après, la dépouille se retrouvait seule et l'énorme loup couleur sable avait disparut.
Il ne restait plus que Derek, subjugué par cette rencontre, les yeux brillants dans l'obscurité, qui observait le cadavre dans une longue absence. Si vous lui demandiez, il mentirait en disant que son cœur n'avait pas eut un rebond de déception.
Coucou les baby fantômes :D Voilà un chapitre juste pour vous, pour ne pas que vous vous ennuyiez ! J'espère que vous vous amusez, que vous arrivez a tenir ( et que vous ne tuez personne, aussi ) Personnellement, je reste les trois quart du temps dans ma grotte qui me sert de chambre, a faire tout pleins de dessin ( j'ai un peu la haine : j'ai plus de punaises pour les accrocher :O ) Oui, je viens d'utiliser un smiley assez moche, mais j'ai pas trouvé mieux ( on parle de FFn là, le site ou oublier de faire un espace après un point fait sauter toute la phrase lorsqu'on sauvegarde... )
Bref bref brefouille ! J'ai envie de vous parler, vraiment ! ( ma solitude se fait quand même un peu sentir ) mais mes messages privés ne fonctionnent pas. Et ça me frustre ! Alors si l'un d'entre vous a envie de se taper la causette avec moi, je vous propose de me contacter, par mail ( mdr utiliser des mails en 2020, quel bail )
et justement mon adresse mail est : werikyu. ryst arobase gmail. com
( j'ai une superbe pdp rouge faite par mes soins, pour ceux qui passent par là )
voilà voilà ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Si vous avez des questions, n'hésitez pas !
Réponse aux reviews :
Ariadanae : Zut, tu m'as cerné : J'ADORE paumer mes lecteurs ( et c'est un euphémisme ) En tout cas, je suis contente que t'ai cerné les mystères que je voulais mettre en avant hehehehe ( j'espère te torturer le cerveau encore plus par la suite c: «- cette personne prend son pied )
Quand j'ai lu ton com, je me suis sérieusement demandé si tu avais un accès a mes chapitres secrets ( le coup de deviner la chasse en avance, je m'y attendais pas ) Et pour répondre a ta question, Stiles n'est pas tout à fait comme Derek. ( même s'il est plus proche de Derek que d'un loup mordu ) Explanation : Derek est un loup garou depuis sa naissance, il a une fusion complète avec son loup tandis que Stiles a un loup (un vrai de vrai ) dans sa tête -depuis sa naissance, lui aussi-. Ça signifie que Derek ne parle pas a un loup dans sa tête, puisque ça reviendrait a parler avec lui même. ( et j'espère qu'il est assez sain d'esprit pour ne pas parler tout seul ) Mais du coup, cette infime différence est super importante : mais tu le verras par la suite ;)
Ps : un grand plaisir de partager mes investigations !
Re-Ps : Parfait. Je n'ai plus aucune honte, à présent. Il est temps d'assumémé erreurs.
