Quelques heures plus tard

Le jeune homme resta immobile durant de longues heures, l'œil hagard, les mains crispées sur ce qu'il restait de la couette et du matelas qu'il avait déchiré dans son dérapage. Sa gorge était brûlée d'avoir trop couru et son cœur battait encore bien trop fort pour une personne qui avait cessé de courir depuis déjà plusieurs longues et interminables minutes. Il n'y avait plus que la panique qui le faisait remuer. La panique et la réalisation du danger. Celui, bien trop réel à son goût, que Derek ait découvert la vérité. Et qu'il débarque d'ici quelques secondes dans sa chambre, les griffes et les dents sorties, prêt a tailler en pièce le loup chimérique qui assiégeait son cerveau.

Cette panique lui répétait que c'était trop tard maintenant, que Derek savait, qu'il s'était fait chopé, que Elle était en danger. Et plus il angoissait, moins la voix réconfortante d'Elle était audible. Il cherchait une solution sans la trouver. Impossible. A ses yeux, le loup garou attitré de Beacon Hills était déjà au courant, il avait convoqué la meute, et tout le monde savait que le petit humain de la meute n'était plus si petit, plus si humain. Pourtant l'animal qui vivait quelque par sous son crâne lui répétait -à grand renfort de mots doux- que tout allait bien, que son odeur n'était pas la même quand il était transformé et qu'il faudrait être plus bionique qu'un loup garou grincheux pour faire un lien entre Stiles Stilinski et le cadavre de cerf dans la forêt. Alors a moins que Derek Hale se révélait être un visionnaire d'exception, personne n'était capable ni de prouver, ni même d'imaginer son implication dans cette histoire.

Et puis son implication dans quoi ? dans le meurtre relativement violent d'un cerf ? En temps normal, Stiles était une plus grande menace pour lui même que pour toutes les mouches qu'il essayait de chasser avec un torchon. Qui irait s'imaginer qu'il était l'auteur de ce genre de trucs ? Est-ce les gens le sauraient, même ? C'est qu'un cerf ! personne ne portait plainte pour un cerf ! qui irait chercher, de toute façon ?

Derek s'en foutait aussi, pas vrai ? Quand ils se réunissaient parfois chez Deaton, il avait a peine levé un regard sur les chiots et les chatons de la réserve. D'ailleurs, Stiles avait longtemps traité Derek de tueur de chaton parce qu'il ne desserrait même pas les sourcils quand le chat de sa voisine venait se coller a lui. C'était a l'époque où Derek avait encore la fâcheuse habitude de se planquer dans la chambre du fils du shérif alors même qu'il représentait un fugitif recherché. Puis le châtain avait apprit plus tard par Scott que le vieux chat était malade et que même lui, ça lui faisait pitié de voir l'animal se traîner comme ça jusqu'à la fenêtre de Stiles. Souvent, Scott lui prenait de sa douleur quand l'animal était proche de lui et, maintenant, le jeune humain de la bande gardait une culpabilité sans borne quand il repensait au sobriquet qu'il avait donné au plus vieux. Parce qu'il était presque sûr d'avoir déjà vu les veines de Derek se teinter de noir alors que le chat était dans sa chambre.

Il se rendit compte que digresser dans ses pensées avait permit a ses mains de se plus trembler et à son cœur de ralentir. Merci le tueur de chaton. Il revaudrait ça a Derek, tiens. Même si c'était aussi en partie a cause de l'intéressé que Stiles s'était mit a paniquer. Du coup il ne savait pas s'il devait le bouder (et continuer a lui lancer des piques, parce que c'était plus fort que lui) ou faire une trêve de quelques jours, voir quelques heures (c'était plus réaliste, voir même déjà très optimiste) a leur prochaine rencontre, pour le remercier. Ce n'était pas comme si Derek et lui étaient très proches. Ils se voyaient, se disaient bonjour. L'un tapait l'autre pour savoir si l'autre ne cachait pas une quelconque blessure et Stiles faisait la même chose avec ses mots pour s'assurer que tout était ok niveau moral. Leurs discussions s'arrêtaient là. C'était très bien comme ça et même s'il se doutait que leur prochaine rencontre allait être incroyablement gênante, le jeune homme ne doutait pas que -...

Stiles s'arrêta dans ses pensées, se rendant compte qu'il s'était mit a faire les cent pas dans sa chambre, suivit des yeux par un loup brun tranquillement allongé sur ce qui restait de son lit.

- Non mais attend, toi ! T'aurais pas pu le dire plus tôt, que mon odeur en loup n'avait rien a voir avec mon odeur humaine ? T'es complètement débile ou il te manque une case ?

- Hein ?

- On t'a bercé trop près du mur ? Le poids des siècles qui nous séparent se déclare en sénilité tardive dans ta caboche ? s'écria Stiles en levant les yeux aux ciel et en se tirant les cheveux.

- Quoi ?

- T'aurais pas juste pu le dire plus tôt ? Bordel ! et dire qu'on s'est auto-privés de sortie, alors qu'en fait, même Théo ne pourrait pas deviner ton existence ! Tu aurais pu me le dire, que mon odeur ne me trahirait pas !

- Je t'avais dis qu'on aurait pas eu de problèmes avec ça ! se plaignit Elle devant la mauvaise foi évidente de son hôte -bien qu'il n'avait jamais vraiment expliqué pourquoi il était si certain qu'ils n'auraient pas eu de problèmes, même avec les sens super développés des amis de Stiles-.

Celui-ci, d'une maturité a toute épreuve, lança un "gneugneugneu" avant de retourner son matelas pour cacher les immenses griffures qui le barraient sur toute la longueur.

- D'ailleurs, t'avais pas dit que tu me surveillerais ? demanda le châtain au loup qui s'ébroua après s'être fait chassé du lit. J'étais seul face a Derek.

- Je ne m'attendais pas a ce que tu deviennes plus rapide que moi les soirs de pleine lune ! T'es pas sensé être un loup garou, que je sache ! c'est pour ça que j'étais étonné que tu te mettes à te transformer hier soir.

- Mais t'avais déjà réfléchi a cette hypothèse, n'est-ce pas ? comprit Stiles.

- Je voulais pas t'en parler, parce qu'il n'y avait pas de raisons que ça arrive et que tu t'inquiètes. Ça fait plusieurs mois que je suis là, et on a jamais ressenti le moindre effet lunaire ! Mais quand tu t'es transformé déjà... Whatthehell, frère.

- Ouch. ne reparle plus jamais anglais, t'es pas obligé. t'es pas autorisé non plus, même. déclara Stiles devant la tentative bizarre d'Elle de prendre un autre style de langage.

- Non mais sérieux ! Je vis dans la tête d'un humain, ok ! j'ai même appris a parler et a lire ! Bon, pas avec mes cordes vocales mais quand même, c'est dingue ! Et pendant des années tu captes même pas ma présence. Je pensais que l'ultime évolution de ce qu'on forme ... a deux, s'arrêterait quand on aurait enfin prit contact.

- et que je serais juste schizophrène lupin a vie, c'est ça ?

- Exactement. J'espérais juste que tu coucherais avec quelqu'un avant que je réussisse a prendre contact avec toi. expliqua le loup le plus honnêtement possible. Non mais parce que je sais que tu fais attention a te branler quand je suis pas là mais sérieusement, t'arriverais a bander en sachant que quelqu'un peut juste débarquer en plein milieu ? demanda Elle en plissant les yeux. et genre pas un inconnu ou une femme de ménage qui débarque dans la chambre, genre un truc comme ton frère ou ton meilleur pote qui est là, qui s'assoit et qui te fixe en pleine action et-...

Stiles fit un petit bruit de protestation, sans lâcher la moue écoeurée qu'il avait eu pendant tout son discours.

- Arrête toi là avant de passer à l'étape ou tu me donnerais des conseils sexuels et des notes sur mes prouesses en cunnilingus.

- Tu es gay, Stiles. lui rappela l'animal, le plus naturellement du monde.

- Tu devrais faire comme si tu ne savais pas ça et fermer ta grande gueule, Rex. répliqua l'intéressé avec une mine absolument outrée.

Le rire du loup s'éleva dans la pièce, fixant Stiles avec une œillade qui devint contagieuse et qui fit glousser le jeune homme. Quand il reprit la parole, Stiles avait finit de changer son couvre lit et le loup sauta sur la chaise de chevet pour mieux se hisser sur le matelas.

- Bref, jamais j'aurais imaginé que tu serais capable de te transformer en loup. Tu sais que lorsque tu te transformes, je suis expulsé de ta tête ?

- Tu veux dire que t'es réel ? Stiles fronça les sourcils.

- Non, je suis toujours visible que pour toi et j'arrive pas vraiment a bouger les objets, comme d'hab. Mais je n'ai plus accès a ta tête. Tes souvenirs, tout ça. Hier, j'ai pu rejoindre le côté Sud de la forêt, alors même que t'étais a l'opposé. Et j'étais même pas dans tes souvenirs, je pouvais même pas capter une de tes pensées ou rentrer dans ta tête pour te parler.

- Et donc ? C'est positif ou négatif ?

- Aucun des deux. Ça signifie juste que je peux pas parler avec toi quand t'es en loup... et que tu pourrais ken sans moi, mais seulement sous forme animale.

- Je suis pas zoophile. s'écœura encore le jeune homme en imaginant l'idée.

- Jusqu'à hier, tu ne mangeais pas non plus de cerfs, Stilounet. lui rappela Elle

- Je ne sauterais pas de chien ! s'écria le châtain en levant les bras au ciel, visiblement catastrophé par les insinuations du loup (qui renifla dans un ricanement amusé).

- Qui saute des chiens ? demanda Scott en ouvrant la fenêtre de la chambre de Stiles.

- Qui-... Stiles se retourna en sursautant. C'est ceux qui ne savent pas utiliser de putain de portes qui sautent des chiens, Scott.

- Oh. Je vois que tu pètes la forme, Stiles. sourit Scott sans faire attention a ce que son meilleur ami racontait. Il n'avait pas l'air inquiet de voir que celui-ci parlait seul ( et Stiles serait presque vexé, si ça ne l'arrangeait pas que Scott pense ça) ni même inquiet de la persévérance de Stiles vis à vis de l'utilisation de sa fenêtre ( ça par contre, ça vexait Stiles. Son autorité était indéniable, normalement. )

- C'est quoi, ça ? s'inquiéta Scott en désignant le lit.

Stiles cru presque que le brun pouvait voir Elle ( et même le loup haussait les sourcils, surprit ).

- Qu'est-ce qu'il s'est passé avec ta couette ? t'étais coincé dedans et pour une fois, tu l'as pas laissée gagner ?

- Oh ! euh, a peu de choses près, c'est ça. bredouilla Stiles en dissimulant son soulagement.

Même si la réponse de Stiles ne semblait pas vraiment convenir a Scott, le loup garou décida que son meilleur ami avait des activités trop tordues en dehors des cours et qu'il ne voulait vraiment mais alors vraiment pas savoir. Heureusement pour eux et pour le petit silence gênant qui s'était installé (c'était plus fort que lui, Scott essayait d'imaginer comment Stiles s'était coincé dans sa couette...et son imagination n'était pas glorieuse, voir même plutôt humiliante.), le châtain eu la bonne idée de reprendre la conversation.

- Bon alors ? pour quelles raisons tu t'infiltres ici en brisant les règles de vies simples, agréables et paisibles de la loi californienne ?

- Ah, oui ! je voulais te poser des questions sur un truc.

Stiles se décala sur le matelas, assez mal à l'aise. Et Elle renifla d'inconfort en allant se poster sur sa chaise de chevet. Stiles n'avait pas vraiment parlé avec Scott depuis qu'il avait tué Donovan et vu Théo assassiner une chimère. A cause de sa rencontre avec Derek ce matin, le jeune homme avait oublié que la principale cause de plainte qu'il aurait pu recevoir aujourd'hui, ce n'était pas le meurtre d'un pauvre cerf et de tous les lapins dont il avait croisé la route mais bien le meurtre d'un adolescent de son âge, Donovan. Ce connard de Théo avait réussi son coup en lui plantant les graines du doute dans le cerveau. Stiles avait beau se savoir en sécurité au niveau de son identité surnaturelle, il n'en restait pas moins en sursis sur sa place dans la meute. Et si Théo le dénonçait ?

D'un point de vue objectif, le meurtre de Donovan était accidentel -Stiles allant rarement trafiquer des échafaudages sur son temps libre dans l'espoir de mettre fin a des vies avec des barres de fer- mais d'un point de vue personnel, Stiles était conscient de ses sentiments et de sa soif de sang après la mort du jeune. Il était même devenu assez fou après ça pour se transformer en loup ! Il n'était peut être pas le véritable coupable d'aujourd'hui, mais il le serait certainement la prochaine fois.

Stiles fut un peu choqué de se rendre compte qu'achever quelqu'un était une idée qui ne le faisait même pas trembler. Il arrivait très bien a s'imaginer les mains rouges de sang pour protéger sa famille, ses amis, sa meute. Mais tuer n'était pas la politique de Scott, quand bien même sa meute était en danger, c'était même l'opposé du jeune homme.

Bon sang. Jusqu'alors il n'avait jamais eu de raison de dévoiler l'existence de son colocataire a ses amis, si ce n'est son profond sentiment d'exclusivité. Mais si aujourd'hui, le meurtre de Donovan était découvert ( et Stiles savait qu'il le serait, vivant lui-même avec le Shérif )... et si en plus de ça ses amis découvraient l'existence d'Elle, alors ils mettraient tous l'accident du wendigo sur le dos d'Elle, sans même réfléchir. Parce que Stiles lui même ne ferait pas de mal a une mouche, parce qu'il fallait au moins des pulsions meurtrières de loup pour assassiner froidement un innocent.

Il frissonna. Non. C'était un accident, n'est-ce pas ? L'hyperactif leva la tête vers Scott, qui s'était assit à côté de lui avec décontraction, comme toujours. Est-ce qu'il méritait de se tenir aux côté de Scott, lui qui avait potentiellement du sang sur les mains ? Scott était juste, et tant qu'il penserait Stiles innocent, Stiles le resterait. Parce que le châtain n'était pas assez objectif sur lui même pour savoir si oui ou non, il avait voulu la mort et tué Donovan ce soir-là. Il tuait des cerfs pour le plaisir de la chasse, il tuerait un homme si quelqu'un tentait de tuer un membre de la meute. Mais il ne désobéirait pas a Scott, il le savait. Il se fiait totalement a son meilleurs ami.

Néanmoins, il réalisa à cet instant qu'il avait peur de se faire rejeter par son alpha. Et un coup d'oeil à l'esprit lupin a côté de lui le conforta dans son idée : il avait beau avoir les yeux jaunes d'un bêta aujourd'hui... Pour combien de temps ? Pour combien de temps, Scott continuerait-il de croire Stiles innocent, supplantant son propre sentiment de culpabilité ?

Ce n'était qu'une question de jours.


Quelques jours plus tard

Il y avait eu tout un tas d'événements traumatisants a Beacon Hills. Peut être que Stiles s'en veut d'avoir caché la vérité a son meilleur ami et il sait que la distance entre les membres de la meute est a l'origine de l'instabilité de ses sens. Parfois, Elle est obligé de le pousser a s'enfermer dans une salle pour qu'il ne saccage pas le reste de l'école ou de sa maison. Ce qui les rends dingue, le loup et lui, c'est que, comme ils l'avaient prévu, le lien entre les membres de la meute, le lien entre eux et Scott, est en train de disparaitre. Ils sont impuissants. Que peuvent-t-ils vraiment faire de plus ? Stiles a voulu reparler a Derek pour qu'il leur trouve une solution miracle, mais celui-ci a disparu, comme il le fait depuis plusieurs mois déjà.

Stiles ne peut pas dire qu'il était un mauvais alpha quand il était a la tête de sa meute. Il n'était pas le meilleur, il était un peu glauque ( quelle idée de vivre dans une maison hantée et de faire des réunions de meute dans un souterrain de métro abandonné ) mais il n'était pas mauvais. En fait, Stiles avait toujours eu une certaine admiration sur la façon dont Derek avait choisi ses bêtas. Il avait su offrir la morsure comme un cadeau pour des personnes qui en avaient besoin. Il n'avait pas pris les plus méritants (sinon, il n'aurait pas hésité a mordre Jackson, n'est-ce pas ? ) mais vraiment ceux qui en avaient le plus besoin.

Aujourd'hui, Stiles savait que Derek regrettait d'avoir transformé Isaac, Boyd et Erica pour qu'ils aient une fin pareille. Quel genre d'alpha pouvait se remettre d'avoir achevé un de ses Bêta avec ses propres griffes ? Derek l'avait fait, lui. Un peu bizarrement, il s'exilait, et parfois même Stiles pouvait sentir les larmes dans le loft de Derek -alors qu'il n'utilisait même pas le nez d'Elle-. Dans ces moments là, voir la silhouette du noiraud à Beacon Hills était comme une sorte de miracle.

" Wow ? Derek ? Vous ici ?" Répétait Stiles lorsqu'il le croisait -souvent au détour d'un meurtre, cela va sans dire-. Le voir, c'était un peu comme tomber sur autre chose qu'une figurine dans un kinder surprise. Stiles prenait plaisir a en profiter, même si la surprise était courte et que leurs disputes, elles, étaient fulgurantes, rapides, et toujours au comble de leur magnificences, même après 2 ou 3 mois d'absence.

Malgré tous les défauts qu'on pouvait trouver a Derek et le fait, aussi, qu'ils ne s'entendaient pas non plus des masses, il n'empêche que le loup garou était resté debout pour une meute qui n'était même plus la sienne. Parfois, Stiles regrettait qu'Isaac se soit barré avec Cora en France. Il comprenait, évidemment. Mais il ne pouvait pas s'expliquer comment des loups garous, eux qui avaient la capacité de sentir les émotions des gens, n'avaient pas pu comprendre ni sentir la détresse de Derek quand il avait vu le dernier de ses bêtas disparaitre. Ils auraient du le voir, non ? même en dessous d'une couche de mauvaise foi, de sourcils, de grognements et de crocs, c'était flagrant.

Alors non, Derek n'était pas un bon alpha (sa meute avait été décimée, il était tordu, ses relations amoureuses encore plus et ses relations sociales se limitaient a deux cases : " a tuer " , " a pas tuer "). On ne pouvait pas dire que c'était les meilleures conditions. Mais quand bien même, Stiles considérait Derek comme une bonne personne. Il essayait de ne pas tuer trop de monde, il avait tenté de donner une nouvelle vie a des gens a qui il manquait quelque chose, et même s'il avait échoué sur un bon nombre de points, le châtain était convaincu que personne, a sa place, n'aurait pu prendre de meilleures décisions ( a part les réunions de meute dans les souterrains, ça, c'était juste bizarre et Derekien). Voilà pourquoi, quand il avait senti que la situation dérapait encore plus ( et que le meurtre de Donovan devenait une dispute récurrente entre lui et Elle), le jeune hyperactif s'était mit a la recherche de Derek. Mais celui-ci s'était une nouvelle fois évanoui dans la nature, sans laisser de trace.

Il eut soudain une idée de pure débilité et alors même qu'il se trouvait sur le territoire du loup (quand bien même était-il absent ), Stiles se transforma. Il s'était dit que, peut être, a quatre patte et avec la truffe au sol, il aurait pu trouver une trace de l'homme-cuir (Elle l'appelait comme ça, c'était pas sa faute, ok ? ) Il réalisa sa bêtise une fois a quatre pattes, entouré de tous ses vêtements. Les odeurs l'assaillirent comme un ras de marée et tout son cerveau disait "territoire ennemi". En plus de ça, tout ses sens, alertes et paniqués, lui disaient qu'il n'avait pas le droit d'être là, que c'était interdit, impoli. Mais tout son corps était mû par la curiosité grandissante qu'il avait en sentant toutes ses odeurs autour de lui. Et il savait qu'il ne devrait pas être là, parce qu'il était certain qu'après son passage, tout le monde pourrait sentir son odeur.

Contrairement a ce qu'il avait imaginé durant ses nuits d'adolescent atteint de TDAH, Derek ne pissait pas pour marquer son territoire. En fait son odeur était juste partout. Un peu ténue parce que cela faisait au moins une semaine que le loup garou n'était pas venu mais, même mélangée aux odeurs de la meute, on devinait que c'était celle du brun qui prédominait. "Oméga " fut le seul mot qui lui vint en tête. son effluve n'était pas particulièrement différente mais Stiles pouvait deviner qu'il manquait quelque chose pour qu'on puisse dire qu'il appartenait a la meute. Il n'avait pas ce petit quelque chose, cette inutile odeur que Scott laissait en pressant une épaule ou en faisant une accolade. Juste, il ne faisait pas partie de la meute, même si on pouvait deviner qu'il était proche d'eux. Le loup beige recula de quelques pas pour observer le seuil du loft et remarqua a quel point les objets pouvaient lui apparaître immenses quand il était sous forme lupine. Après avoir planqué ses vêtements par pur soucis de discrétion, il fit quelques pas autour du bâtiment, cherchant vraisemblablement a suivre l'odeur du loup noir. Ses oreilles ne tenaient pas en place sur son crâne, comme si tous les sons autour de lui l'accaparaient entièrement.

Il devina sans mal que le loup-garou était parti en voiture. Derek n'était pas assez spartiate pour traverser le pays à quatre pattes ( même s'il était assez Grüdu pour en avoir l'air capable ). Ce n'est pas pour autant que Stiles arrêta de tourner autour de la maison, le museau presque collé sur le sol. Ses épaules se détendirent et il vit Elle s'éloigner de quelques mètres pour se dégourdir les pattes, apparemment ravi des pulsions de Stiles. Le loup couleur sable suivi l'odeur de Derek jusqu'à un bosquet. Suivre une piste l'empêcha de penser à la gravité de leur situation. Il arriva au sommet d'une faille et réalisa que c'était ici que se dessinait la lisière du territoire du noiraud. Le rocher où il était arrivé retombait abruptement comme une mini falaise vers un ravin en contrebas. un peu plus loin, plusieurs rochers pointaient leur nez et a l'odeur, a la brise, Stiles devina que le cours d'eau qui traversait la forêt de Beacon Hills devait passer par ici, voir sous la terre.

Lorsqu'il eu franchit la démarcation, le loup clair senti ses épaules se détendre et il s'assit en laissant sa queue se poser sur ses pattes. Il apprécia la hauteur qu'il avait prit en grimpant sur l'espèce de promontoire naturel. C'est ce moment que choisi Elle pour s'approcher. Stiles tourna la tête vers lui, scrutant attentivement son congénère fantomatique. Mais la soudaine terreur qu'il pu lire dans l'odeur et dans le mouvement de recul de son acolyte le fit sursauter. Il se retrouva sur pattes en quelques secondes, aussi alerte que l'autre loup, penchant la tête sur le côté et regardant de droite a gauche pour chercher la menace qui effrayait son ami. En vain. il jeta un regard interrogatif a Elle, mais celui-ci paraissait maintenant seulement mal a l'aise.

Il s'approcha du loup beige, lécha sa bajoue comme pour s'excuser et d'une pression de la tête sur le bassin de son vis-à-vis, Elle poussa Stiles a le suivre. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Qu'est-ce qu'il se passait ? Il descendirent la pente abrupte avec précautions et la bête claire se découvrit une certaine faculté de déplacement entre les rochers. L'esprit lupin s'arrêta entre les pierres, là où un filet d'eau se mélangeait a de la boue et des feuilles mortes pour rejoindre le gros de la rivière. Stiles se sentit allègre d'avoir eu raison seulement en humant l'air en haut de la faille.

Il vint a la hauteur du loup brun, et se demanda ce qu'il faisait a regarder l'eau sans y toucher. Quand il en fit de même, il vit son propre reflet et il recula de quelques pas, plus surprit encore que l'autre bête. Il trébucha entre les galets, peinant a reprendre son équilibre. Depuis quand ? Depuis quand avait-il un œil jaune ocre et l'autre bleu ? Qu'est-ce qu'il se passait ? Qu'est-ce que c'était censé signifier ? Était-il une sorte de Demi-Omega ? Scott ne l'avait pas rejeté, même après qu'ils aient discuté de la mort de Donovan ! Bon, leur amitié en avait prit un coup, c'était certain mais ils n'en étaient pas a subir le rejet ! De plus, malgré tous les chefs d'accusation, Scott ne le pensait pas encore coupable de la mort d'un innocent. Sinon, ses yeux seraient devenus bleus depuis bien longtemps. Alors pourquoi ? Pourquoi maintenant ? La peur le terrassa d'un coup. Et si c'était Scott lui-même qui était en danger ? Ses pattes dérapèrent sur le sol lorsqu'il se mit a courir jusqu'au loft de Derek pour récupérer ses habits.

.

.

.

Plus tard, Scott eu sa première expérience avec l'au-delà, piégé, empoisonné et achevé par Théo Reaken. Puis ramené a la vie par sa mère, alors que Stiles sauvait son père, empoisonné et mourant. Ses yeux redevinrent jaunes.


Hey ! Désolée pour le retard ! D: Je pensais poster plus tôt, mais j'ai un blocage pour le chapitre 10 et ça a ralenti ma progression d'écriture et de correction... Bref ! Voilà tout de même un chapitre, qui j'espère vous plaira ;)

PS : ma façon d'aborder le passage des yeux jaunes aux yeux bleus est un peu bancale, mais j'ai vu tellement de débat sur ça que j'en suis venue a me faire ma propre "règle" : tant que le tueur en question ne se tient pas lui même pour coupable, il reste jaune. De même, tant qu'il ne considère pas la victime comme innocente, il reste jaune. Ici, Stiles remet toute sa confiance à Scott pour le juger justement ce qui explique l'instabilité de ses yeux quand Scott décède : pare qu'il n'est pas d'accord avec lui même. (J'espère que c'est clair et... assez plausible pour cette fic )

Juste pour vous tenir informer de ce qu'il se passe de mon côté : j'ai perdu mon grand père suite a un cancer durant ce confinement et je n'ai malheureusement pas réellement eu l'occasion de faire mon deuil avec mon père, puisque je suis en garde alternée et que je suis confinée chez ma mère. A part ce fait, le manque du contact humain ( je suis un monstre-à-câlin, une vraie sangsue !) et le manque de balades pour me ressourcer, je vais bien ! J'espère que ça se passe bien aussi de votre côté :) Si vous avez la chance d'être en famille, cuisinez, jouez aux jeux de société, parlez, et disputez vous! ( ça donne du relief au confinement, au moins)

Réponses aux reviews :

lovers87 : Encore une fois, merci pour les compliments ! Tu as ta réponse ! (enfin, presque ;) ) Merci beaucoup de l'attention, je te souhaite aussi un très bon confinement, et une bonne continuation ! En espérant que ce chapitre t'ait plu ;)

Ariadanae : Le meilleur pour la fin !:P (« j'ai vraiment utilisé ce smiley, je suis misérable mdr) C'est marrant que ça te turlupine autant ! Je t'avoue que même pour moi c'est évident ( mais c'est normal, c'est moi qui écrit donc... ) Par contre, quand j'essaye de l'expliquer c'est plus dur ... Je vais encore essayer de comparer Stiles et Derek :

Derek est lui même son propre loup, et il a 3 stades : humain - beta - évolué
Stiles aussi a plusieurs stades ! : humain - en gros "vrai loup" - plus le gros machin de la taille d'un putain d'ours qu'on a pu voir au prologue.
(c'est pas vraiment une révélation, je pense que tout le monde avait comprit qu'il s'agissait de Stiles... enfin, j'espère ? )

La différence dans tout ça, c'est que Stiles n'est pas un loup : il possède un loup ! ce qui signifie que Derek est tout seul pour être un loup garou, tandis que Stiles a besoin d'Elle pour l'être ( pour l'instant *tousse tousse* ).
L'inconnue de cette équation est donc : *roulement de tambour* Elle !

Avec le temps et la fic, je vais t'expliquer le rôle d'elle dans toute cette histoire, ne t'inquiète pas si tu ne comprends pas avec mes explications scabreuses o/ J'espère que les raisons de Stiles s'éclairent avec le temps ( même si ça reste stiles... ) et effectivement, c'est aussi la magie du scénario !
Eh bien... si, justement ! Derek sait qu'il peut se transformer en "vrai" loup. Il me semble qu'il a évolué durant la saison 4... Mais les événements comme la mort de Donovan et l'arrivée de Théo ont lieu durant la saison 5 ! Héhéhé, c'est marrant que tu mettes le doigt là dessus, ça aura son rôle ! J'adore quand tu te poses des questions ! c'est grisant et ça me pousse a continuer :D
Merci beaucoup à toi ! Hâte d'écrire la suite ;)