Quelques jours après la fin de la saison 5, quand la Bête du Gévaudan est battue et que pour une fois, Beacon Hills n'est pas face a un danger mortel.

Les mains de Stiles le démangeaient tout le temps en cours. Il était doué pour se divertir de tout et n'importe quoi d'habitude, mais depuis qu'il connaissait l'ivresse de la chasse et de la transformation, tous ses sens, tous, semblaient ligués contre lui. Il ne pouvait s'empêcher de repenser à ce qu'il était capable de faire une fois a quatre pattes. Parfois, il sentait même ses poils se redresser quand un piaillement d'oiseau plus fort que les autres retentissait à l'extérieur de la salle de classe. Ses mains le démangeaient et il se demandait si des griffes pourraient un jour lui pousser sur les doigts rien qu'à la pensée. Son attention n'était plus portée sur les cours depuis un moment déjà. Plusieurs semaines, -voire plusieurs années si on considérait qu'il récupérait des cours sur internet depuis ses onze ans-. Mais d'habitude, Stiles cachait mieux son désintérêt. Même au lycée, il ne prenait plus la peine de cacher son ennui : il arrivait quand même a avoir des bonnes notes en écoutant distraitement. Bon, il ne pouvait pas concurrencer le génie de Lydia Martins mais il se considérait plutôt bon pour un mec qui souffrait à la fois d'une hyperactivité et d'une flemmardise légendaire ( en plus d'une schizophrénie aiguë ).

Avoir les mains qui démangeaient en cours était quelque chose que Stiles pouvait gérer. Il pouvait gérer beaucoup de choses a la fois, a vrai dire. Comme ignorer le regard insistant de Scott sur sa nuque depuis quelques temps et faire comme s'il ne sentait pas l'odeur de la suspicion sur son meilleur ami -qui devait sentir ses piques d'intérêt pour les piafs, semble-t-il. Stiles avait encore du mal a réprimer ses sentiments les plus forts et maintenant qu'il avait conscience des effluves qui l'entouraient, c'était plus fort que lui, ça le rendait mal a l'aise que ses amis les plus proches ( et les plus surnaturels) puissent sentir sa nervosité ou son embarras. Il s'était donc entraîné avec Elle, et il arrivait plutôt bien a endiguer les émotions de tous les jours. Mais il n'arrivait pas encore a réprimer l'odeur des colères, de la tristesse et plus particulièrement de l'adrénaline. C'était un poil embêtant quand chaque oiseau qu'on croisait donnait envie de courir dans tous les sens.

Il pouvait aussi ignorer le fait que Lydia devenait plus gentille avec lui. Elle avait répondu a une de ses chaines sur le cancer sur Facebook, il y a deux jours. Bon, c'était pour lui dire d'arrêter de lui envoyer des conneries... mais d'habitude elle ne prenait même pas la peine d'ouvrir ses messages! Pour seule réponse, il lui avait envoyé deux autres chaines sur les problèmes d'urticaire et la vasectomie forcée des petits enfants indiens. Après tout, Stiles n'envoyait jamais de conneries, elle n'avait pas à se plaindre.

Il pouvait aussi parfaitement ignorer l'excitation toute particulière des nouveaux de la meute qui semblaient enfin comprendre la vraie signification de "meute". Ceux-ci les poussaient donc au moins une fois par semaine a se rejoindre au bowling ou au resto du coin pour renforcer leur liens - ou juste pour pouvoir humilier Scott sur son jeu de quilles.

Par contre il n'ignorait jamais les tentatives désespérées de Liam pour attirer l'attention de son alpha, que ce soit à la crosse ou dans la vraie vie. Parce que c'était toujours drôle de revendiquer sa place de meilleur ami en lançant des remarques bien senties a Baby boy. Il se moquait un peu, mais Liam avait comprit que ça relevait maintenant plus de l'affection que de la véritable confrontation. Ils s'entendaient même plutôt bien depuis que Stiles avait découvert que Liam connaissait le langage des fleurs. C'était un atout plutôt pratique quand on considérait que l'hyperactif avait décidé de répertorier toutes les plantes utiles qu'on trouvait dans le caveau des Hale. Ils avaient réussi a passer deux trois soirées ensemble, seuls, sans se taper dessus et sans entrer dans une compétition stupide de 'qui a la plus grosse'. Juste une histoire d'ego et de comportement lupins idiots. Stiles était persuadé que c'était même son nouvel instinct qui le poussait a défendre sa position de Conseiller auprès de Scott. C'était assez humiliant de se rendre compte a quel point mère nature -cette pouffiasse-, pouvait tenir les loups garous entre ses doigts comme des pantins.

Dans le même temps, Mason et Corey s'étaient fait plus discrets. Ils semblaient seulement se remettre des derniers événements et Stiles comprenait complètement qu'ils veuillent profiter l'un de l'autre. La seule dont les relations étaient encore balbutiantes, c'était Hayden. Elle n'était pas franchement ce qu'on pouvait appeler une fille ouverte et même si elle faisait des efforts, Lydia avait refusé de faire le premier pas pour elle. (Même si Stiles avait déjà lu quelques magazines de Lydia où des habits avaient été entourés a l'intention d'Hayden) La jeune blonde vénitienne attendait juste que la rebelle se décide à lui parler pour l'emmener dans ses déboires de femme fatale. Lydia était géniale, Stiles le jurait. Et une fois qu'Hayden serait lancée à l'eau, il était certain que la banshee l'intégrerait complètement ( et la dépouillerait inconsciemment de son argent de poche, aussi).

Stiles essayait d'ignorer les soupirs satisfaits d'Elle dans sa tête a la sensation de la meute, du groupe. Mais il ne pouvait pas arrêter les grognements d'aise qu'il poussait en rentrant chez lui. Il était heureux de voir comment les choses changeaient. Il était même ravi. On ne pouvait pas faire semblant de ne pas voir a quel points la situation présente était géniale pour leur meute. Tout allait si bien et tout lui donnait cette putain d'envie d'aller gambader dans la forêt en jappant avec ses compagnons. Il était un putain de clébard et chaque fois qu'il s'en rendait compte, ça faisait rire Elle. c'était limite s'il ne trépignait pas devant sa fenêtre avec sa laisse dans la bouche. Il détestait ça.

Le problème, c'est que les virées nocturnes d'Elle et lui se multipliaient ces temps-ci et même s'il faisait attention a ne plus passer sur le territoire de Derek en se rendant toujours au nord ouest de la forêt, le trajet jusqu'à cet endroit devenait long. En plus, son père commençait sérieusement a le suspecter de quelque chose parce que ses habits étaient toujours pleins de boue, même quand il n'avait pas fait de la crosse. Et Noah n'était pas le Shérif de Beacon Hills pour rien. Il était même un foutu bon policier.

D'ailleurs, cette nuit là, alors que Stiles grimpait sur son toit pour rejoindre sa fenêtre en discutant mentalement avec Elle, il y eu pour la première fois un vrai problème dans leur routine. Le pantalon de Stiles était alors couvert de boue aux genoux et il marchait a pied nus (mauvaise habitude qu'il avait finit par adopter et qui le faisait ressembler a Yannick Noah. ), ses cheveux étaient couverts de sang par endroit, même si on pouvait surement prendre juste ça pour des cheveux gras. Et même s'il ne l'avait pas remarqué en se rhabillant, il y avait quelques restes de son repas dans le col de sa chemise. Et beaucoup de plumes dans le dos. Elle était en train d'affirmer lui aussi que Stiles avait une fixette sur les oiseaux et celui-ci était en train de se défendre avec véhémence ( et beaucoup de calme extérieur, c'était marrant à voir ). Bref, une soirée comme une autre.

Stiles montait alors tranquillement sur le garage de sa maison pour atteindre sa fenêtre de chambre quand le projecteur de son père se braqua sur lui. Il était deux heures du matin et le Shérif était sur une chaise longue dans son jardin, posté avec un projecteur et des lunettes de soleil, à l'affût des activités bizarres de son rejeton. Noah éclairait son fils ( qui faisait le mur depuis quelques mois ) avec un air de gangster de film et Stiles se figea, ébloui. Il était tellement habitué a baisser sa garde la nuit qu'il avait oublié de vérifier l'odeur des alentours, et plus particulièrement celle de sa maison. Et maintenant il était prit comme un voleur.

- Quelque chose a dire pour ta défense, fils ? dit le Shérif en maintenant le projecteur braqué dans les yeux de Stiles, comme si c'était une arme.

Heureusement pour eux, Stiles n'eu pas le mauvais réflexe de faire flasher ses yeux.

- C'est pas moi, j'étais pas là ? proposa innocemment le garçon en mettant ses mains en évidence au dessus de sa tête.

- Bien essayé. Et Noah sourit avec un air vicieux. Mais je crois qu'on a des tonnes de trucs a se dire, Stiles. Alors tu vas rentrer dans cette maison -et par la porte, merci bien !-, tu vas aller te laver - comment t'as fait pour être aussi crade ?- et dans 15 minutes je te veux assis dans le salon, avec les mains sur les genoux.

Stiles fit un sourire plein de dents serrées. Il hocha la tête, sous pression... mais juste pour embêter son père, il passa par la fenêtre. ( Il commençait a comprendre la relation que les loups de la meute entretenaient avec sa fenêtre, et ça devenait grave.)

- Si tu mets Papa-Cerveau au courant, on est dans la merde, Stiles. Averti Elle quand ils entrèrent dans la chambre.

L'intéressé grimaça quand il entendit sa voix. Le loup avait renommé plusieurs personnes de son entourage avec des noms pareils et même s'il ne s'en plaignait pas vraiment, ça restait quand même très bizarre. Stiles espérait sincèrement que ces surnoms ne sortiraient pas de leur intimité. Parce que s'il appelait en public : Parrish "Papa-Muscle", Peter "Trouble-Pête", Deaton "Yodarbre" ou pire s'il appelait Mr. Argent,"Chris"... Il y avait une probabilité pour qu'il meure de façon spontanée. Sauf peut-être pour Parrish. Parrish avait l'air de bien l'aimer, lui.

- Je sais, Elle. Mais tu veux que je fasse comment ? Papa m'attend en bas et si je lui fausse compagnie ce soir, il ne va pas abandonner d'un coup et il reviendra probablement a la charge demain, après demain, et tous les jours de ma vie jusqu'à ma majorité. Peut-être même qu'il mettrait des barreaux a mes fenêtres.

-Ugh. Fuis. Trouve quelqu'un a qui poser la question. T'as pas genre un pote dans ton entourage qui pourrait te conseiller dans la façon d'annoncer a quelqu'un de notre famille qu'on est un loup garou ? Qui a aidé Scott a le faire d'ailleurs ? Allons voir cette personne !

- C'est moi, Elle ! C'est moi qui ai expliqué a tous les parents de cette foutu meute ce qu'il se passait avec les poils de Scott !

Elle tournait en rond dans la chambre et il prit appui sur sa chaise afin de sauter sur le lit, se mettant plus a la hauteur de Stiles.

-Et quelqu'un qui a dû expliquer a des gens ce que c'était d'être un loup garou ?

- Moi, toujours. C'est moi qui ai dû expliquer a Liam et Hayden, j'ai même dû expliquer a Lydia et Malia. Parfois je dois même rappeler a Scott qu'il en est un pour ne pas qu'il panique quand il voit des filles le mater dans la rue. Il a chopé un truc comme de la paranoïa depuis qu'il n'a plus Kira pour garder son attention.

- Il y a quelqu'un d'autre. annonça Elle, comme s'il venait de trouver les solutions des équations de Navier Stokes.

- Scott ? Tu crois qu'il est avec quelqu'un, en ce moment ? demanda Stiles d'un ton dubitatif et amusé, se foutant visiblement du double sens de la phrase du loup.

- Stilinskieur, tu me fais chier.

- Ok ok, Scott a bien essayé d'expliquer ça a Parrish mais c'était ridicule et Parrish a cru que c'était un canular téléphonique. reprit Stiles avec plus de sérieux. Jamais je ne demanderais de conseils a Scott pour un truc pareil.

- Je ne parle pas de Scott, Stilounet. Qui, dans ton entourage, a dû demander a quelqu'un d'être son bêta avant de les mordre ?

Stiles fronça les sourcils, rivant ses yeux dans ceux du loup.

- Mais Elle, Scott n'a jamais eu le temps de leur expliquer avant de les mordre.

- Et Boyd, Erica, Isaac ... ?

-... Derek ? Tu veux que je demande a Derek des conseils sur la façon de faire d'un coming-out lupin ?

Il eu un air absolument horrifié.

- Monsieur-cuir peut surement t'aider avec tes poils, nan ?

Cette métaphore sur les poils de loup-garous était trop longue, bon dieu.

- Tu suggère que Derek Hale devienne une sorte de ... confident personnel ?

- Pourquoi pas ? Où est le problème ?

- Mais c'est Derek ! couina Stiles en levant les bras d'un air théâtral.


Derek n'était pas spécialement connu pour être compréhensible. Ça devait être un truc génétique, parce que personne n'avait compris les décisions de Cora non plus. Celle, par exemple, d'embarquer Isaac avec elle au Mexique, puis de l'entraîner dans un road trip en Europe, entre les pays bas, l'Allemagne et la France. Contrairement a son frère aîné, elle aimait bouger, rencontrer des gens, découvrir des cultures. Malia n'était pas non plus très normale, mais étrangement son instinct canin avait quelque chose de familier avec les grognements de Derek et ses menaces. Bon, elle n'était pas aussi directe que lui, mais quand elle disait clairement "tant pis" quand tu émettais l'hypothèse d'abandonner un quelconque ami a son sort, ça laissait toujours perplexe.

Et dans la continuité des gènes-Hale débordants de réconfort, d'attachement et de santé d'esprit, il y avait Peter. Derek préférait se dire qu'il n'avait rien a voir avec cet homme mais franchement ? De tous, c'était celui qui lui ressemblait le plus : seul, mordant, bien pépère dans sa ville, avec la dose de traumatisme qu'il faut pour être cynique et agréable en toute situation. Derek, lui, il avait l'air d'aimer son loft, Beacon Hills, les gosses et les embrouilles. Mais comme tous les Hale, il avait une case en moins. Il y avait toujours eu un moment où tu te disais "Mais pourquoi, Derek ? Pourquoi ?".

Comme la première fois où il avait arraché la gorge de Peter (Première fois d'une longue série d'envie de meurtres sur son oncle, qui malheureusement, n'eurent pas la bienveillance d'achever ce fou furieux) ; la fois où il s'était entiché de Jennifer et, plus illogique encore, la fois où il s'était acheté un nouveau tapis de bain. Oh, Lydia avait bien essayé de s'en débarrasser a multiples reprises (du tapis de bain, pas de Jennifer). Après tout, comment un tapis de bain immonde imprimé zèbre et léopard pourrait-il la côtoyer, elle ? Mais rien a faire, le tapis tenait bon et il revenait toujours a sa place. Derek veillait au grain. La banshee avait même tenté de jeter l'objet dans une rivière qui menait à la ville d'à côté. Mais dès le lendemain, quand Lydia était arrivé au loft en courant vers la salle de bain, l'objet provocateur était tranquillement posé devant l'évier, flambant neuf. Stiles, mit dans la confidence, avait supposé que Derek gardait un stock de tapis de bain quelque part dans les combles de la maison. Le noiraud adorait son truc en imprimé zèbre et léopard, et il en était très fier.

Ajoutons à cet illogisme tout un tas de réaction Derekienne : ses discussions par onomatopées, par sourcils et parfois par modulation de grognements dont il était clairement friand. Sa sale manie de roder, aussi. De toute façon Derek Hale n'allait pas au supermarché, il rodait au supermarché. Il ne venait pas prendre de vos nouvelles, il rodait autour de chez vous. Il ne surveillait pas vos arrières, il "passait dans le coin" -Stiles ne comprenait pas pourquoi Derek s'obstinait a mentir ainsi alors que toute la meute le grillait quand il les suivait de loin pour les protéger-. Son rodement perpétuel résidait sans doute dans sa façon de marcher : un subtil mélange de menace et de brusquerie a chaque pas et tout ce que Derek faisait, il le faisait en rodant. Parfois il était devenu tellement maître dans l'art du camouflage qu'il apparaissait subitement de nulle part, a en faire sursauter un mort. Stiles soupçonnait le loup garou de juste avoir cette attitude avec lui, parce que ça avait l'air de le faire rire quand il frôlait la crise cardiaque. Si on considérait ce comportement comme la preuve que Derek ne paraissait ni fréquentable ni fortement agréable et encore moins compréhensible, alors cela montrait -bien au delà de la génétique-, l'appartenance du loup garou a la famille des Hale.

Voilà pourquoi, quand Derek revint au loft quelques jours après la "mort" présumée de Scott et la destruction définitive des médecins de l'horreur, il ne prévint personne de son retour. Il venait de passer des jours à se battre contre des créatures étranges qui s'approchaient un peu trop de Beacon Hills par le nord. Il n'était pas déçu d'avoir put éviter un affrontement avec Gerard Argent et toutes les déboires qui découlaient forcément d'une légende aussi répandue que celle de la bête du Gévaudan. Non, il était même plutôt content d'avoir passé des heures a combattre dans un canyon avec des monstres qui faisaient parfois le double de sa taille quand ils étaient très très en colère. Et Derek qui venait donner des coups de pieds dans la fourmilière pour leur dire de dégager, c'était exactement ce qui mettait des Orvet-humanoïdes très très en colère.

La particularité de ces bêtes là, en plus d'être des hommes capables de se transformer en espèce de serpents, c'est que même coupées, elles pouvaient recoller les parties de leur corps. Et quand toute une famille d'Orvets fusionnait pour devenir un de ces foutus serpents géants qui ferait pâlir le Basilic d'Harry Potter de jalousie, évidement, c'était pas une promenade de santé. Heureusement Derek était Derek et il s'en était sorti, et même sans tuer. Bon, il avait dû courir pendant des heures, traquer les bêtes et se cacher dans les grottes du canyon en espérant qu'un de ces Orvets ne l'y attendait pas. Et quand il en croisait un en amorçant le combat, il ne fallait que quelques minutes pour que toute la clique rapplique et que Derek ne puisse plus les contenir. Il se battait pourtant plutôt bien, depuis qu'il protégeait la meute de Scott de loin, et il avait un instinct de survie terrible.

Tout le monde ne pouvait pas se vanter d'avoir survécu à des attaques de monstres de conte de fée. Il fallait être au moins fou ou idiot pour se lancer seul a la poursuite de meutes entières de créatures passablement désespérées, mortelles, griffues, venimeuses, inflammables et visiblement plus fortes qu'un simple oméga. Mais Derek était un Hale et comme tous les Hale il était imprévisible et illogique.

Heureusement, au bout de presque deux semaines de jeu du chat, les créatures reptiliennes, pas connues pour être rancunières ou particulièrement agressives, avaient finalement laissé le loup garou de Beacon Hills les approcher. Au moins pour écouter ce qu'il avait à dire. Les Orvets que Derek avait prit en chasse étaient une vingtaine. Ils venaient d'East Bay et ils cherchaient un canyon où s'installer parce que c'était l'endroit propice a leur développement. Apparemment, le canyon où ils vivaient avant allait être rebouché et ils n'avaient plus d'endroit ou vivre. Avec un pincement au cœur -Derek n'était pas insensible, même après une centaine de morsures et des balayages de plusieurs mètres-, le loup garou leur expliqua a quel point Beacon Hills était le mauvais emplacement pour une famille d'Orvets. Il mentionna le Nemeton, les familles de chasseurs et les désastres récurrents de la région.

" Vous n'êtes pas les premiers, dit-il enfin. Il y a tout un tas de créatures surnaturelles que le Nemeton pousse vers Beacon Hills, les loups-garous les premiers. Seulement, pour la santé mentale de vos pairs et pour votre sécurité, trouvez un autre canyon. Je peux même vous mettre en contact avec un druide pour qu'il vous aide a trouver un foyer mais sérieusement, si vous voulez rester en vie, ne restez pas là.

- J'aimais pas leurs grottes, de toute façon. " déclara une adolescente excentrique, très vite suivie par l'approbation générale de ses compères. La jeune femme aux cheveux bleus devait avoir une place haute dans la hiérarchie, parce que tout le groupe l'écouta.

La famille de serpents avait donc quitté le territoire en précipitation et Derek était resté dormir dans un motel avant de revenir à Beacon Hills. Quand il était revenu, il y avait cette odeur obsédante qui entourait son loft. L'odeur de la meute, bien sûr. Et surtout celle de Scott qui enveloppait celle de tous ses bêtas. Mais dans ce dédale, l'anomalie d'une fragrance lupine subsistait et Derek avait passé des heures a tourner dans son territoire pour retrouver cette odeur. L'odeur du loup. Celui qu'il avait vu choper un cerf à lui tout seul et qui avait disparut la seconde d'après. Il était pourtant certain que le spécimen en question était solitaire et surtout de passage. Il n'aurait pas dû revenir sur un territoire de chasse qu'il avait déjà exploité, et directement passer a une nouvelle forêt.

L'ombre claire du canidé avait été éloignée de son cerveau quand il avait été aux prises avec les Orvets mais maintenant qu'il pensait a lui, Derek avait toujours l'impression de l'apercevoir au bord de sa vision. L'effluve était sous son nez, insaisissable, et le spectre de l'animal couleur sable le hantait comme un vieux souvenir persistant. Il parvenait presque a ignorer cette mauvaise impression. Et comme la recherche de cette odeur dans la réserve des Hale n'avait rien donné, Derek s'était résolu. Il confirma que le loup était parti. Et qu'il était vraiment de passage.

Enfin, c'est ce qu'il s'était dit jusqu'à ce qu'à deux heures trente du matin, il entende la porte s'ouvrir. En fait, il avait déjà repéré la présence du morveux alors qu'il courrait comme un dératé dans les escaliers mais il ne s'attendait pas a ce que Stiles ait une clefs de chez lui. Derek se posta devant la porte avec les bras croisés, surprenant visiblement Stiles qui ne s'attendait pas a voir l'homme-cuir aussi avenant.

- Hey, Derek ! Comment ça va, mec ? J'étais sûr que tu serais debout a cette heure-ci ! C'est un problème d'horloge interne, tu sais ? Je ne suis même pas sûr que tu saches dormir. Est-ce que ton matelas te sers a quelque chose, au moins ?

Derek se détendit. Si Stiles prenait le temps de faire des détours, c'était que personne n'était en danger et qu'il n'y avait rien de grave qui se profilait a l'horizon. L'urgence était écartée. En plus, Stiles ne semblait pas particulièrement inquiet ou effrayé même si la nervosité était sa seconde peau.

- Pourquoi t'as les clefs de chez moi ? demanda Simplement Derek

- J'ai aussi le double de la maison de Scott, de celle de Lydia, de celle de Liam, de celle de-...

Le noiraud roula des yeux.

- ... C'est une question de sécurité, faut qu'on puisse aller chez tout le monde a tout moment et-...

- Stiles. Le coupa Derek avec un grognement. Qu'est-ce que tu me veux ?

-Je... Et il sembla au loup garou qu'il avait réussi un exploit en coupant net le flot de parole de son interlocuteur. J'avais besoin de ton avis sur un truc.

Et il poussa Derek du bout de l'épaule pour entrer dans le loft. "Surtout, fait comme chez toi." Marmonna sarcastiquement l'hôte en levant les yeux au ciel. Il referma la porte derrière eux et suivit Stiles qui se dirigeait dans le salon comme s'il avait l'habitude de venir ici. Ce qui était plutôt vrai, en soit, puisque tous les bêtas de Scott s'invitaient toujours chez lui.

Stiles s'assit sur le canapé et même s'il resta debout, Derek su qu'il allait en avoir pour des heures.

- Et si... commença le brun, Et si un humain ... enfin... il reprit. Et si une personne se transformait ?

- ... se transformait ? En loup garou ?

Sa nervosité redoubla.

- Non, Non ! Pas loup-garou ! -pas loup-garou, hein ?- sembla-t-il répéter pour lui même. Genre un humain. Si... euh... Un humain se transformait en loup sans le vouloir ? Qu'est-ce que ça ferait de lui ?

- Tu te fous de moi, Stiles ? demanda Derek en levant un sourcil.

Son vis-à-vis secoua négativement la tête.

- Non, je suis sérieux.

Derek le prit alors par les épaules et ils étaient maintenant si proches qu'il pouvait sentir l'odeur de gel douche que portait Stiles. Odeur qu'il releva parce que personne ne se douchait a deux heures du matin... mais aussi parce qu'elle lui rappelait mystérieusement quelque chose.

- Un humain qui se transforme en loup, c'est un loup-garou. Je suis sûr que c'est la définition même du Larousse, Stiles. Et tu n'avais pas besoin de me déranger pour ça.

- Pas exactement. En fait, les vrais termes sont " Être malfaisant qui, selon certaines croyances, avait le pouvoir de se métamorphoser en loup la nuit et qui reprenait forme humaine le jour. " marmonna Stiles en dansant d'une jambe sur l'autre.

Un silence s'abattit sur la pièce et Derek mit fin au malaise du garçon en demandant :

- Et qu'est-ce que t'attend de plus que ça ? demanda le noiraud, suspicieux.

Le silence s'étendit encore plus et rendit même le loup garou mal a l'aise.

-Oh et puis merde. Lâcha soudainement Stiles. Comment as-tu annoncé l'existence des loups garous a tes bêtas, avant de les mordre ?

Même si Derek avait du mal a voir le liens avec la première question, il serra les dents pour y réfléchir. Penser a ses bêtas était douloureux et Stiles devait le savoir puisqu'une vague de honte s'échappait de tous les pores de sa peau.

- Cette question, c'est pour qui ?

- C'est pour moi.

- Pour toi ? Derek fronça les sourcils et Stiles hocha vivement la tête.

Le noiraud dû très mal interpréter son silence puisqu'il s'approcha de Stiles comme une menace et le força a s'acculer contre le mur du salon. Le cœur de l'hyperactif battait fort et même s'il ne sentait pas la crainte, on devinait sans mal son incompréhension vis a vis de l'attitude brutale et soudaine de son vis-à-vis. Derek n'avait pas l'air d'y prêter attention et alors qu'il s'approchait, Elle se débattait dans la tête du garçon. Si Derek s'était attardé un peu plus longtemps sur l'odeur et les yeux du jeune homme, il aurait presque pu sentir le loup prendre le dessus. Quelque chose dans son crâne aboyait a Stiles de ne pas se laisser impressionner alors que sa raison et son âme humaine répétait qu'il n'y avait pas de vraie menace dans la posture du loup garou ni même dans ses sourcils froncés et son air de tueur en série. (même si c'était très dur de se convaincre lui même)

Il mit du temps avant de comprendre que ce que son instinct n'aimait pas, c'était que Derek soit au-dessus de lui et qu'il le domine par sa taille. Dans ces moments là, il était inutile de demander a Elle ce qu'il se passait parce que son compagnon de cerveau retombait toujours dans ses instinct les plus primaires quand il était d'accord avec le loup de Stiles. L'esprit lupin était alors incapable de parler et il s'évertuait juste a gronder et claquer ses mâchoires. Puis, parce que ça le rendait plus a l'aise et parce qu'il n'aimait vraiment pas la hauteur que Derek prenait sur lui, Stiles posa le plat de sa main sur son torse et il le repoussa de quelques pas. Sans même le vouloir, son regard s'était fait défiant, comme ceux d'un loup qui protégeait son propre orgueil.

- Tu veux la morsure, c'est ça ? cracha alors Derek, ses yeux se mettant a luire quand Stiles le repoussa.

- Quoi ?

- Putain Stiles, c'est quoi ces conneries ? T'as prôné ton humanité comme une fierté pendant des années et c'est maintenant que tu changes d'avis ? Il était visiblement très en colère et l'incompréhension de Stiles ne fit qu'attiser l'écho de ce sentiment en lui même.

- Mais de quoi tu parles, bon sang ? J'ai jamais dis que je voulais la morsure.

Derek ne répondit rien mais c'est le loup en Stiles qui capta le langage du corps face a lui. "Quand bien même, je ne te laisserais pas faire". L'adrénaline de la colère fit sourciller Stiles qui se rangea alors sur la même ligne qu'Elle et son instinct. Derek le provoquait, et tout le corps de Stiles protesta violemment.

- Et puis, d'abord, est-ce que ça te concerne, que je veuille la morsure ou non ? se défendit-il. Qui es-tu pour commenter mes choix ?

- Sérieusement, Stiles ? Toi ? en loup-garou ? C'est quoi ? Une nouvelle idée débile que tu t'es mise en tête ? Et tu vas dire que c'est dans l'intérêt de la meute, peut-être ? Qu'est-ce qu'un foutu hyperactif pourrait apporter de plus a la protection ?

Stiles ne le savait pas encore, mais il était juste en train de provoquer Derek sur son rôle de Sentinelle. Le loup qui devait protéger et appréhender le combat avant même qu'il ne se déclare, c'était Derek, pas le Conseiller de l'alpha, quand bien même le Hale ne faisait pas vraiment partie de la meute. C'était lui qui devait assurer la protection, pas Stiles.

- Attend, c'est quoi le rapport, là ? Mon hyperactivité te gêne, y'a quelque chose a y redire ?

Derek ignora l'ego meurtri de Stiles en levant les yeux au ciel.

- Stiles, tu ne seras pas plus utile en loup qu'en humain, dit-il d'un ton froid.

L'intéressé vit rouge et lui coupa la parole :

- Pardon d'être un boulet, je ne pensais pas que t'avait tant de choses a dire sur mon utilité dans la meute, mais ça me fait plaisir, vraiment.

Il se félicita de ne pas avoir fait brillé ses yeux mais sa satisfaction fut de courte durée quand il entendit un grognement de Derek s'échapper de sa gorge.

- Ça n'a rien a voir ! Est-ce que tu pense que c'est sincèrement le moment de faire ta crise existentielle alors que la meute vient juste de sortir d'une situation pareille ?!

- Qu'est-ce que t'y connais, a cette situation, bordel ? aboya presque Stiles. T'étais là peut-être quand les humains de la meute ont tous été en danger de mort ? Quand la bête du Gévaudan a massacré un bus ? Quand Scott est mort ? T'étais même pas là, putain ! Alors de tous, t'es le dernier a pouvoir me faire un commentaire sur le moment où je voudrais monter en force pour aider mes amis.

Blessé dans son ego lui aussi, Derek sentit son loup se réveiller et émettre ses premières phéromones agressives. Et même s'il savait bien que personne ne savait ce qu'il avait combattu dans le canyon pendant que les autres se battaient a Beacon Hills, il ne put s'empêcher de sentir la colère de son loup, doublée d'un sentiment d'injustice, se mettre a couler dans ses veines.

- Et c'est après tout ce temps que tu flanches ? Je respectais ton choix d'humanité parce que c'était la preuve de ta témérité et de ta force. Et maintenant c'est quoi qui te guide pour cette morsure ? La peur ? la faiblesse ? Le blanc de ses canines, plus longues, se mit a luire pendant son discours.

Les mots étaient plus blessants que pensés et même si une part de Stiles le savait, il ne put qu'accuser le coup et il sentit les dernières barrières de sa rage être franchies par le loup garou face à lui. Il serra les poings et libéra un puissant sentiment de fureur dont il ne soupçonnait même pas l'existence. Cela débloqua une partie de ses sens et le brun se sentit soudain moins aveugle et plus clair-voyant. C'est alors qu'il sentit quelque chose proche de l'extase envahir son corps quand il sentit d'un coup l'aura du loup de Derek s'étendre et se confronter a la sienne. C'était une véritable bataille de phéromones. Alors, Stiles ne contrôla pas cette colère.

-Bordel, Derek, et sa voix, basse, vibrait quand il s'adressa a lui. Si j'ai envie de la morsure, j'aurai la morsure et je n'attendrais pas ton approbation. Je crois que je choisi encore ce que je veux devenir a l'avenir. Ce n'est pas parce que j'emmerderais Derek Hale en étant un putain de loup garou que je m'empêcherais de le devenir! Ma sécurité et ma faiblesse ne concernent que moi, tout comme ta dépression et ton avis ne concernent que toi, Derek.

Lorsqu'il finit de cracher sa rage, Stiles rebroussa chemin et sortit de l'appartement en trombe. Il allait se transformer et ses pieds le démangeaient déjà. Il avait su d'avance que c'était une mauvaise idée de venir voir Derek. Il n'avait pas trouvé de solution a son problème -a savoir : parler à son père- et il n'avait pas trouvé de personne de confiance à qui confier son évolution. Tout ce qu'il avait gagné, c'était une furieuse envie de se défouler ainsi qu'une rage assourdissante. Ses nerfs surchauffaient comme du métal en fusion et il sentait son torse vibrer sous le grondement continu qui ne l'avait pas quitté depuis qu'il était sorti de la pièce. Il n'entendait plus Elle ni ne pouvait sentir sa présence. Ses pupilles, lumineuses, prirent un éclat orangé et ténu avant qu'il ne s'enfonce dans la forêt.

Derek était immobile dans le salon de son loft. Depuis que Stiles était parti, sa transformation en forme bêta était achevée et a cause de sa colère et de sa mâchoire légèrement en avant, un halètement irrégulier se répercutait sur les murs du loft. La seule raison qui le retenait de sortir pour courir, c'était que Stiles était dehors et que tout ce qu'il désirait maintenant, au risque de blesser l'humain, c'était de rester loin de lui. Tout son corps tremblait et ses griffes crissaient les unes contre les autres.

C'était la première fois pour lui depuis longtemps que sa colère l'amenait a une perte de contrôle. D'habitude, c'était plutôt elle qui lui permettait de se contenir. Quelque chose changeait...en fait, quelque chose le poussait a changer d'ancre et ça le faisait paniquer. Bon sang, Derek n'avait pas perdu le contrôle depuis la mort de sa sœur Laura ! Et il avait vu mourir un de ses bêtas sur ses griffes, c'était pour dire. Quelle genre de place incongrue avait Stiles dans sa vie pour le pousser a la transformation ? Pourquoi avait-il sentit son instinct se comporter aussi étrangement ? Il n'était pas stupide, ce qui l'avait senti a la fin de leur échange n'était pas que des sentiments profonds de haine a peine dissimulés. Il y avait autre chose. Autre chose qui l'avait ému, lui et son instinct; lui et son loup, et qui l'avait laissé pantelant et seul sous sa forme de bêta, au beau milieu d'un salon saturé de phéromones provocantes.

Derek laissa son contrôle revenir en jetant un coup d'oeil a l'extérieur de la verrière. A travers la fenêtre, le premier croissant de lune semblait se moquer de lui, semblable a un sourire narquois. Il renifla dédaigneusement et c'est là qu'il se rendit compte que quelque chose clochait encore plus que tout ce qu'il venait de vivre. Parce que toute la pièce était embaumée d'une odeur qu'il avait cherché partout pendant des heures la veille et l'avant veille. C'était lui, où l'odeur de sa piaule disait que le loup blanc introuvable avait passé la soirée chez lui ?


Salut les bébé fantômes ! Je vais finir par tuer ma famille :))) J'espère que ça se passe bien pour vous, que vous tenez le coup. Vous avez des idées d'occupation ? Je suis en zone rouge et je commence a trier mes crayons de couleur, alors je pense devenir vraiment folle. :)

Mais si ça peut vous rassurer, (ou au moins vous donner envie de lire... ou encore mieux de me causer), j'ai deux trois autres histoires sur le feu -dont un Sterek d'environ 10 chapitres qui est déjà a moitié écrit héhé-. J'en dis pas plus ;)

J'espère que vous avez prit plaisir a lire !

Réponse aux reviews :

Ariadanae : Soit sûre que je n'abandonnerais pas cette fiction ! Pour une fois, j'ai déjà la fin en tête et même les trois quart des péripéties, donc c'est vraiment une fic qui est destinée a être terminée. (j'y crois, en tout cas) J'ai réussi à expliquer quelque chose ! Yaaay ! ( j'aimerais être prof un jour, alors ça serait plutôt cool de savoir faire ça, tiens... )
Hehehe je suis contente de voir que j'ai réussi a te faire rire ! (je suis hilarante, genre vraiment). J'ai hâte d'écrire la partie ou c'est Derek qui perçoit Stiles, et puis je m'amuse bien avec le scénario donc ça va te plaire, j'en suis sure ! ( ou en tout cas j'espère très très fort ).
C'est vraiment cool de savoir que ce que j'écris fais "plaisir" parce que c'est cathartique pour moi d'aider les gens et ...bitoku (argument insondable, je suis juste contente ).
Je trouve ça important de préciser la façon d'interpréter les trucs comme ça dans la série parce que ça peut changer selon les auteurs ( et rendre la compréhension d'un texte bien plus compliquée « Cette personne a lu pas mal de fic ou elle ne comprenait rien et ou elle avait l'impression que les yeux dans Teen Wolf c'était la fête des spot-light)
Merci beaucoup, ça me touche :) ( et merci pour ce câlin virtuel, ça fait vraiment du bien ) *lot of love and cuddle to you*