Lorsque Stiles reprit conscience, il était 3 heures du matin et il avait réussi à traverser toute la forêt en courant. Il venait tout juste de quitter le loft de Derek pour éviter de faire sauter la tête de celui-ci d'un coup de dents (et il n'était même pas sûr de plaisanter avec ça, cette fois). Son corps était encore chaud de sa course précédente, plein de sueur ; et en passant sa langue sur ses lèvres, il put même sentir ses crocs se rétracter. Contrairement aux fois antérieures, il ne s'était pas évanoui à la fin de sa transformation. Non, aujourd'hui, il s'était juste immobilisé, sous le choc. Même si la colère était toujours là, bouillante, à peine retenue par la barrière de sa peau, figée dans l'expectative. Mais Stiles ne bougeait plus. Il s'était figé dans sa course, prit d'une réalisation brutale qui l'avait ramené sur terre et retransformé en humain.

Où est Elle ? se demanda-t-il.

En se retournant pour chercher derrière lui, là où Elle aurait dû se trouver, Stiles n'y vit pas l'ombre du loup, pas même sa voix ni son odeur. Titubant, il revint sur ses pas, peu soucieux de sa nudité et des branches qui lui rentraient dans les pieds. Une peur terrible envahissait un à un tous les membres de Stiles, l'empêchant de se calmer et de penser correctement. Où était-il ? Où était-il ? L'esprit lupin n'avait-il pas réussi à le suivre quand Stiles était sorti de chez Derek ? Pourquoi n'était-il plus a ses côtés, lui qui l'avait encouragé à cracher sa rage, à écouter ses instincts ? Où était-il ? Ne devrait-il pas déjà être avec lui, accompagné d'un grognement sourd ?

Frénétique, le jeune homme lançait des regards tout autour de lui, à la recherche du moindre indice, s'attendant à voir la silhouette brune et blanche sortir n'importe quand, de n'importe quel fourré. Mais quelque chose clochait. Ce n'était pas qu'une simple absence, l'esprit lupin n'était tout simplement plus là. Pas seulement invisible, mais plus présent. Il le sentait dans ses tripes : ce vide si grand.

Quand il redevenait humain, L'esprit revenait toujours dans sa tête, n'est-ce pas ? Pourquoi pas cette fois ? Pourquoi l'ordre établit changeait ? Il sentait ses tempes pulser, pulser si fort qu'il pouvait compter les battements de son cœur. Leurs échos se répercutaient sur les parois de son crâne, mais pas de voix. Pas la voix rocailleuse de son compagnon de cellule, pas de remarque sarcastique, ni de rire grogné à la sauvage. Où était Elle ?

Sans qu'il ne s'en rende compte, Stiles avait accéléré le pas, jusqu'à ce que sa respiration devienne erratique et que ses jambes ne puissent plus le porter. Il était perdu, il devenait fou, la douleur était folle ! Cette douleur de l'absence, insoutenable et brûlante qui rappelait sans cesse que quelque chose manquait. Lorsqu'il tomba à genoux, seul un glapissement plaintif franchit ses lèvres, et il se recroquevilla sur le sol, terrorisé.


Scott se rendit chez Derek deux jours après, traînant plus ou moins Stiles dans son sillage. Le jeune alpha avait apparemment besoin de faire le point avec Derek à propos de son retour. Puisqu'ils avaient tous les deux été accaparés par leurs obligations respectives, le noiraud n'avait pas pu expliquer à l'alpha la situation des orvet-humanoïdes qu'il avait dévié de Beacon Hills. Après tout, malgré son rang de Sentinelle, il n'était qu'un Omega. Un Omega sur le territoire d'un Alpha. Derek n'avait aucune légitimité pour rester à Beacon Hills -du moins, au niveau lupin-. Mais il voulait rester, alors il se pliait lui-même à des règles de bienséance. Il avait besoin de la protection de Scott et soyons honnêtes, Scott avait tout autant -sinon plus- besoin de la protection de Derek. Alors Derek lui expliquait plus ou moins à Scott quelles espèces dangereuses il avait vu traîner autour de "chez eux". Et si le jeune Alpha posait des trop de questions, il l'envoyait cordialement paître - bien que Derek ne comprenait pas vraiment la notion de cordialité-. Alors ce jour-là, le loup garou solitaire avait envoyé un message à Scott pour qu'il se rencontrent. Et puis, comme c'était un bon prétexte pour la meute et tous ses membres, Scott avait proposé qu'ils transforment ça en réunion. Tout naturellement, tout le monde avait été invité au loft.

Quand il avait rejoint Stiles après les cours ce lundi là, Scott ne s'était pas attendu à trouver l'hyperactif dans un si piètre état. Ok, Stiles n'avait pas répondu à ses propositions de parties de jeux vidéos pendant tout le week-end et il avait répondu à ses messages à demi-mot, étrangement distant. Mais parfois, quand le fils du shérif prenait ses distances, il s'agissait seulement d'un état d'âme de Stiles. Et ça ne durait pas plus d'une journée. Alors Scott ne s'était pas inquiété. Personne ne voulait vivre ni comprendre le cerveau de Stiles, c'était un fait. Et puis, le latino avait frappé à la maison du Shérif.

- Hey mec ! prêt pour la réunion ? Lança-t-il joyeusement.

Et il s'en voulu de ne pas avoir demandé à son meilleur ami ce qu'il se passait pendant le week-end. Parce que la personne qui venait de lui ouvrir la porte avait l'air d'être l'ombre d'elle-même. Scott eu une grimace peu délicate et Stiles faillit lui claquer la porte au nez juste pour cet affront.

- Est-ce que tu lis au moins mes messages ? reprocha-t-il directement à Scott en plissant les yeux, suspicieux. Je t'avais dis que j'étais pas prêt à aller à cette foutue réunion de meute.

- Pas prêt ? Mais mec, je t'assure ça va ! Il voulut faire preuve de gentillesse : T'as juste à coiffer tes cheveux, mettre du déo et euh... Mettre un t-shirt propre, et ça fera l'illusion.

Stiles le fixa comme s'il était stupide.

- Ce n'est pas par soucis d'apparence que je n'ai pas envie d'y aller, Scott.

- Ok, ok. déclara Scott en s'avouant vaincu. Alors qu'est-ce qu'il se passe ?

En fait, Stiles n'avait pas réfléchit à ce qu'il pouvait répondre à ça.

- Vendredi dernier, je me suis engueulé avec Derek.

- Ouais, et ?

- Eh ben, ça a failli dégénérer.

Plus il s'entendait lui-même parler et plus Stiles se rendait compte du ridicule de la situation. Il s'engueulait toujours avec Derek. Et ça en venait presque toujours aux mains, ou au moins à de l'intimidation. Alors qu'est-ce que cette engueulade-là avait de différente aux yeux de Scott ? Pour Stiles, rien n'était pareil. Parce qu'il n'avait jamais laissé couler sa colère comme il l'avait fait, il n'avait jamais été confronté à l'aura pure d'un autre loup garou en rage, à ses phéromones, et il n'avait jamais repoussé Derek de cette manière. Parce que ce n'était pas lui l'homme qui menaçait, d'habitude. Contrairement à toutes leurs autres disputes, cette fois-ci, Stiles était intimement certain que c'était lui qui avait eu l'ascendant et pas Derek.

Cette soirée était l'épicentre de ses problèmes actuels. Notamment le fait que depuis, il était incapable de contrôler ses sautes d'humeur. En découlait des transformations soudaines dues à la colère et à la frustration. Parce que Stiles avait perdu quelque chose de précieux suite à leur échange. Depuis deux jours, il était dans l'incapacité de prendre contact avec Elle. Parfois il percevait ses grognements, voyait son pelage au coin de l'œil mais leur situation avait soudainement régressé au stade inférieur : il ne pouvait plus poser ses yeux sur le loup, il ne pouvait plus communiquer avec, lui parler, le voir, le sentir... Comme si l'animal lui était inaccessible. Il se sentait si seul, comme abandonné. Pourtant, le brun était douloureusement conscient que l'esprit lupin essayait lui aussi de prendre contact, mais que quelque chose les bloquait tous les deux.

Et comme l'adolescent n'avait jamais vraiment eu bonne conscience, il était certain que ce qui lui arrivait était en partie de sa faute. Et il s'en voulait. Pour lui-même, pour Elle, pour son matelas qui subissait ses griffures toujours plus larges les unes que les autres, à mesure que ses cauchemars et ses colères prenaient de l'ampleur. Stiles se réveillait déjà plusieurs fois dans la nuit, sous forme animale, haletant et terrifié par la puissance de ses propres émotions. Il s'en voulait alors d'avoir haussé le ton avec Derek vendredi. Il aurait du faire comme d'habitude et ignorer ses tripes et sa stupide fierté lupine. A cause de ça, il n'arrivait plus non plus à regarder son père dans les yeux.

Celui-ci n'avait même pas eu le courage d'engueuler son fils quand il l'avait vu rentrer vers 4 heures du matin, couvert de terre, les yeux vides et le visage crispé. Oh, Noah avait bien essayé de le choper pendant le week-end pour l'engueuler, il avait même essayé de froncer ses sourcils et de prendre sa grosse voix. Mais quand Stiles avait cette attitude de chien battu, sa colère fondait comme neige au soleil. Noah n'avait pas la force de donner des coups de pieds à une bête blessée. Et depuis que Stiles avait perdu Elle, c'était ce qu'il était. Il tournait en rond, fixait sa chaise à son chevet comme s'il y manquait quelqu'un, il multipliait les erreurs d'inattention et son père avait même dû l'arrêter de justesse alors qu'il s'apprêtait à mettre des pâtes dans l'eau bouillante sans enlever le plastique qui les contenait.

Le Shérif avait beau être conscient que son fils lui devait des explications, c'était aussi un homme patient. Le jeune homme se mordit la lèvre. Il savait que son père s'inquiétait, mais c'était plus fort que lui. Il ne pouvait pas faire comme si de rien n'était alors qu'il avait l'impression d'être en constante ébullition et mit à l'écart de son frère de cerveau. Scott observa avec surprise le visage de Stiles se transformer successivement au fil des émotions qui lui traversaient la tête. Il était rare que Stiles réagisse comme ça. Peut-être que sa dispute avec Derek avait vraiment été grave, cette fois.

- Ecoute mec, c'est une bonne chose que tu viennes au loft ce soir, si c'est si grave que ça. Il fit une accolade à son meilleur ami. Je suis sûr qu'en parlant et en s'excusant, ça s'arrangera.

- Ugh. Si c'était si facile... Peut être que j'ai vraiment cassé quelque chose... Marmonna-t-il plus pour lui même qu'autre chose.

- Pas moyen, mec. Il serra l'épaule de Stiles pour l'encourager, obtenant son attention puisque que le brun releva la tête. Derek est intelligent. Même si t'es un connard, il te pardonnera. Regarde avec Jackson ! Il a fait des boulettes, il s'est excusé par message ( et Stiles répéta "par message !" avec un air outré) et Derek l'a pardonné !

- Jackson est un trou du cul.

- Derek adore les trous du cul, Stiles. déclara Scott en roulant les yeux.

Stiles eu un sourire.

- Je vais être le meilleur trou du cul du monde, ce soir.

- Pour sûr, tu l'es déjà. affirma Scott avec sérieux.

Même si son ami n'avait aucune idée de l'ampleur de ce qu'il se passait dans la tête de Stiles, il arrivait encore a le faire rire. Scott se détendit, soulagé du sourire de Stiles.

- Allez, t'es prêt a partir ?

- Ouai, je te suis. rit Stiles en secouant la tête de droite à gauche.

Mais sur la route pour aller vers le loft, Stiles réalisa qu'il n'avait même pas réfléchi à ce qu'il pouvait dire à Derek. Comment devait-il réagir ? Ils ne s'étaient pas vu depuis la dernière fois et Stiles avait consciemment ignoré son message à propos de la réunion de la soirée. Il ne savait même pas ce qu'il était sensé dire dans ce genre de situation. " Désolé d'avoir été un connard, t'es pas si dépressif que ça" ? Ils s'engueulaient souvent, c'était une chose. Mais il ne se rappelait pas de s'être excusé face à Derek non plus. Et réciproquement, il n'avait jamais vu Derek s'excuser. Ça serait tellement bizarre et artificiel de le faire qu'ils avaient toujours ignoré cette partie là de la dispute : la réconciliation. Mais Stiles sentait que cette fois-ci serait différente et qu'il ne pourrait pas rester dans sa zone de confort. Il allait devoir changer ses habitudes, se bouger le cul. Et s'excuser.

A mesure qu'ils se rapprochaient de chez Derek, sa motivation renouvelée s'effondrait comme un château de carte. Si bien que lorsqu'il arriva chez le loup-garou, Scott dû lui donner un coup de coude dans le ventre. Son meilleur ami fit les gros yeux, insistant, et il articula un "trou du cul " avec ses lèvres comme pour lui rappeler ses obligations. Stiles eu un faible sourire et il sortit de la voiture en traînant les pieds.

Hayden et Liam étaient arrivés depuis 20 minutes et aidaient Derek à mettre des boissons et de la nourriture sur la table basse quand Scott arriva en traînant Stiles dans son sillage. Derek n'était pas vraiment une personne tactile, ni même très polie, au final. Si ça ne tenait qu'à lui, le monde entier arrêterait de dire bonjour. Avec Derek, plus on était concis et direct, mieux c'était. Et la politesse était quelque chose qui ne correspondait ni au côté concis, ni au côté direct. Ça l'ennuyait. Mais quand Liam et Hayden se précipitèrent vers l'entrée pour accueillir les nouveaux venus, il ne put décemment pas faire comme si de rien n'était et ignorer leur arrivée (Même avec son air d'ours, il savait vivre en société).

Seulement, L'ancien alpha se crispa dès qu'il sentit l'odeur de l'hyperactif lui titiller les narines. Secoué par les restes de sa colère, le brun faillit faire exploser le pot de guacamole qu'il tenait dans les mains. Il allait grogner sur le plus jeune mais quand il se retourna. ... Sa colère retomba comme un soufflet en l'apercevant. Un Stiles abattu, absent et étrangement éteint. Tout ce qu'il avait emmagasiné comme colère vis-à-vis du garçon pendant le week-end venait subitement de se transformer en inquiétude. Et pour cause : la dernière fois qu'il avait vu Stiles dans cet état, c'était quand les cauchemars du Nogitsune commençaient tout juste à ruiner le sommeil du jeune homme, sans que personne ne puisse y faire quelque chose.

Il croisa le regard de Stiles derrière l'épaule du jeune alpha, et alors qu'il s'était approché d'eux pour les saluer ; il repéra dans les yeux du gamin quelque chose qui ressemblait à s'y méprendre à de l'appréhension. Poussé par sa curiosité, Derek allait ouvrir la bouche pour interpeller le garçon mais heureusement -surement- Lydia débarqua en même temps, flanquée de Mason et Corey -qui commençaient doucement mais surement à se rallier à la meute-. De toute façon qu'est-ce qu'il aurait pu dire à Stiles ? Lui demander ce qu'il se passait ? Lui demander pourquoi il avait l'impression que son moral avait été éventré par neuf espadons surnaturels ? C'était pas comme si Derek était le mieux placé ici pour parler au jeune homme. Il espéra que quelqu'un irait voir Stiles à sa place pour jouer leur rôle d'ami. Ce que Derek n'était pas vraiment.

Il serra les poings et se résigna à faire confiance à cette meute de bras cassés.
C'était sans compter sur les membres de ladite meute. Qui en plus d'être des bras cassés, devaient être des aveugles, des sans cœurs, des casse-pieds et des sacrés de culs de jatte. (et encore, Derek était gentil.)

Après tout, si on avait dit à Derek qu'il passerait une soirée entière les yeux posés sur Stiles à espérer l'entendre parler à quelqu'un, Derek aurait surement menacé cette personne en lui proposant de les rendre muets rien qu'avec ses crocs -la personne en question, et Stiles en bonus-. Pourtant c'était bien ce qui se passait en ce moment et lui même avait du mal à comprendre comment il en était arrivé là. Il était suspendu aux lèvres de l'hyperactif, observant avec agacement le vide et la brièveté de chacune des paroles prononcées. En fait, Stiles n'avait pas l'air d'être avec eux et c'était alarmant de voir que personne n'y réagissait.

Il était dans un état second, passif, il répondait quand on lui parlait, assez neutre et sans entrain, et la discussion avait l'air de lui glisser dessus comme si elle ne l'atteignait pas. Et comme un match de crosse avait été annoncé dans les jours qui suivaient, tout le monde faisait des pronostics avec entrain, proposant de se retrouver derrière les tribunes après le match pour se rendre à leur bowling habituel. En temps normal, Stiles devrait être en train de proposer de nouvelles activités avec surexcitation, comme un petit chien énergique. Mais il était juste assit avec son jus d'orange dans la main qu'il faisait tourner dans son gobelet, silencieux et à peine attentif.

Derek fronça les sourcils. Il eut envie de fracasser la tête de chacun des membres de la meute. C'était comme une énorme flèche rouge clignotante au dessus de la tête de Stiles qui disait "PROBLÈME !" et personne n'était fichu de tourner son attention vers le fils du Shérif. Plusieurs fois, il joua avec ses griffes en les faisant apparaître une à une sur ses doigts et en imaginant alternativement la mort de Scott, de Liam ou de Malia. Scott n'était-il pas censé être son meilleur ami ? Malia ne couchait-elle pas avec lui ? Et bon sang ! Lydia, qu'il considérait comme la personne la plus intelligente de tout son entourage, même elle, n'arrivait-elle pas à voir l'état du garçon ? Ils se foutaient tous de lui ou quoi ? Derek fulminait.

Plus les heures passaient, plus il devenait clair que personne n'allait tirer Stiles de son état second. Malia avait proposé de jouer au Twister, le seul jeu ou tout le monde pouvait être au même niveau intellectuel que Lydia. Mason était très proche de perdre, prenant une pose proche de l'imitation d'une grenouille sur le dos. Un pied sous lui, Lydia tentait de le faire tomber en lui soufflant sur le ventre. Perdant patience, Derek réussi à coincer Scott contre le mur du couloir alors que celui-ci sortait des toilettes pour rejoindre le reste du groupe empilé devant la télévision. Le jeune alpha lui lança un regard d'incompréhension, ses yeux sautant entre les mains griffues du loup-garou et son visage éternellement contrarié.

- Derek ?

- Pourquoi vous ne faites rien ? demanda le noiraud sur son ton menaçant habituel.

- Huh ? L'hispanique se dégagea de la poigne du plus vieux sans effort, plantant des yeux pleins d'incompréhension dans ceux de Derek. De quoi tu parles ?

- De Stiles, bordel ! Qu'est-ce qu'il se passe ?

Un éclair de lucidité put se lire dans les prunelles du jeune homme. Scott n'y avait pas fait attention depuis le début de la soirée mais effectivement, son trou de cul de meilleur ami n'avait pas encore bougé ses fesses pour parler à Derek. Et comme depuis le commencement du Week-end, il était juste resté prostré, à côté de la plaque. De là où Scott se trouvait, il pouvait même voir la silhouette effacée de Stiles se dessiner dans le coin de la pièce. Il regardait Hayden et Liam se battre pour la dernière part de pizza avec un air contrit. Scott soupira. Comme il se l'était déjà dit plus tôt, cette journée n'était pas du tout faite pour Stiles. Il devait lui donner un coup de main, sinon l'idiot ne ferait jamais rien pour que ça bouge. Scott eu alors un sourire vicieux -qui ne lui allait pas du tout, il avait juste l'air plus benêt que d'habitude- et il allait mettre son génie à exécution tout de suite, puisqu'il était le meilleur des meilleurs amis lougarouesques existants sur Terre.

- Et si tu lui demandais toi- même ?

Derek le regarda comme si Scott était un idiot fini. C'était au moins une chose sur laquelle Stiles et Derek étaient d'accord.

- Vous allez bien être obligés de parler, un jour ou l'autre.

Le noiraud leva les yeux au ciel, semblant comprendre quelque chose par delà les mots de Scott.

- Alors il t'a raconté ? Et Derek serra les poings. C'est pas comme si j'étais contre le fait qu'il devienne plus fort ou-...

- Pas du tout. Il ne m'a rien dit. Le coupa directement Scott en secouant la tête. Il m'a juste informé que vous vous étiez fritté. Ce qu'il ne fait jamais, soit-dit en passant. Et la façon inhabituelle que t'as de chercher à te justifier me dit clairement que ce n'était pas une dispute comme une autre.

Derek pesta tout bas, marmonnant dans sa barbe et Scott eu l'air surpris. Ce n'était pas comme si Derek s'inquiétait pour qui que ce soit, d'habitude. Même s'il blessait vraiment les gens, il ne prenait pas la peine de s'excuser. Probablement parce qu'il était certain de ne pas être le seul en tord, d'habitude. Mais aujourd'hui était différent. Parce que ses instincts primaires avaient voulu contrôler la force de Stiles et l'écarter bêtement de la meute juste parce qu'il avait l'air dangereux pour sa propre position de Sentinelle. Mais, la colère passée, il savait que le vrai problème venait de lui. Si Stiles ne le reconnaissait pas et qu'il le prenait juste pour un dépressif lâche, c'était parce qu'il ne parlait jamais de ses activités à la meute. Etre discret avait du bon, quand ça ne foutait pas la confiance en l'air.

De plus, pourquoi s'attendait-il à ce que Stiles comprenne sa colère liée à son rôle de sentinelle ? C'était un humain ! Il ne connaissait pas la hiérarchie des loups, il ne connaissait pas les liens de la meute, l'autorité immuable qui circulait entre chacun des membres. Derek ne pouvait pas reprocher à un humain de mettre sa place en danger si celui-ci n'était même pas au courant de ladite "place" qu'il occupait.

Pendant que Derek se morfondait en grommelant, Scott était repartit vers la salle principale, ignorant Stiles dans le canapé et le noiraud qui était resté dans le couloir, contrarié. L'alpha chuchota un mot à l'oreille de Lydia, sans lâcher Derek du regard ( qui s'était mit à roder dans les couloirs comme l'être démoniaque qu'il essayait toujours d'incarner ). La jeune rousse hocha la tête, l'air entendue. Elle abandonna les autres membres à leur nouvelle partie de twister et s'approcha de Stiles avec un grand sourire.

- Stiles !

Il sursauta.

- Ouais ?

- Passe-moi ta veste, je crève de froid.

Ça n'avait rien d'agréable, mais elle savait y faire avec son sourire (et avec Stiles, accessoirement). Elle se planta devant lui en posant une main sur la hanche, l'autre bien en évidence devant elle, signe qu'elle attendait son dû. Par automatisme, il s'activa et demanda en même temps :

- Pourquoi t'as pas demandé la veste de Malia ? Je sais que tu déteste mes hoodies et-...

- Les vestes en jean irritent la peau.

- Mais, t'adore les vestes en jean ! s'exclama-t-il en tendant sa propre veste à la banshee.

- J'adore aussi ma peau, figure toi. Elle enfila le gilet rouge emblématique du jeune homme, fourrant ses mains dans les poches avec un grand sourire. Merci !

Et Lydia repartit comme elle était venue, tournant soudainement les talons pour rejoindre le reste du groupe. Stiles fronça les sourcils et retourna à son gobelet. C'est malin. Maintenant, il avait froid.


- On est enfermés.

- Qu'est-ce que tu racontes ? fit Derek en plissant les yeux, se demandant si le plus jeune se foutait de lui ou pas.

Il était partit depuis vingt minutes de la salle commune, laissant les adolescents à leurs jeux habituels pour commencer à ranger avant leur départ. Derek avait les mains dans la vaisselle -qu'il avait commencé à faire pour se calmer les nerfs-, et Stiles était adossé sur l'encadrement de la porte, l'air étrangement détaché. Mais Derek pouvait entendre ses battements de cœur d'ici, et Stiles était on ne peut plus nerveux.

- On est enfermés. Il réfléchit un instant. Enfin, techniquement, toi, non, puisque t'es chez toi. Mais moi je suis enfermé.

- Donc tu es enfermé et pas moi ?

Derek plissa les yeux. (et fronça les sourcils, ça va de soi).

- Oui.

- Ce que tu dis n'a aucun sens, Stiles. Marmonna Derek avec un air dédaigneux.

Derek posa les plats sur l'égouttoir et se tourna vers le plus jeune en attrapant son torchon pour se sécher les mains. Il se demanda si la manière atypique de Stiles pour l'aborder était due à leur précédente dispute. Tentait-il de faire la paix via un moyen détourné ? On avait pas vu plus louche que ça. Il soupira.

- Où sont les autres ? Je ne les entend plus.

- Ils nous ont vraiment enfermés et... ils sont partis.

- Hein ? cette intonation glamour et Derekienne aurait presque put faire rire Stiles, si cela ne signifiait pas qu'il allait être enfermé avec un homme de 20 kilos de plus que lui. ( et avec qui il avait beaucoup de différends )

- Si je me fie a mes instincts d'enquêteur surdoué, je dirais qu'ils ont volé tes clefs puis volé mes clefs et qu'ils nous ont gentiment laissé en plan, Derek.

Derek posa le verre qu'il était en train d'essuyer. Celui-ci était en train de se fendre.

- Tu veux dire qu'ils t'ont enfermé avec moi dans mon propre loft, qu'ils ont volé mes clefs après avoir fermé la porte, qu'ils se sont barrés en laissant le salon en bordel, et qu'en plus de tout ça, tu possèdes encore un double de mes clefs sur toi en toutes occasions ?

- Attend, pourquoi la faute retombe sur moi, au final ? C'est pas moi qui ait fermé la porte en fuyant avec les clefs, je te rappelle ! Et techniquement, le trousseau de clefs est dans ma veste, qui n'est pas tout le temps sur moi...Et... Et c'est toujours une question de sécurité ! Faut pouvoir aller chez tout le monde, même chez toi !

Avoir les clefs de Derek était un truc habituel, c'était les autres que Derek devrait disputer, pas lui ! C'est les autres membres de la meute qui les avaient quand même enfermés. Bon oké, il était censé être dans la même pièce qu'eux quand ils avaient déserté un à un, mais est-ce qu'on pouvait considérer que c'était de sa faute s'il avait la tête ailleurs ?

- Putain mais Stiles, c'est encore pire, ça signifie que de parfaits inconnus pourraient avoir mes clefs !

- T'es en train d'insinuer que je donne mes vêtements à des individus dangereux, là ?

- Explique-moi pourquoi on est enfermés, si c'est pas le cas ? le défia Derek avec un air suffisant.

- Euh... Lydia avait froid et je lui ai passé ma veste. Mes clefs étaient dans mes poches et...

Il y eu un silence et Stiles se rappela alors de la combine de Lydia pour récupérer son hoodie. Lydia ne mettait jamais ses gilets. Il leva les yeux au ciel et se donna une gifle. Lui, Stiles Stilinski, s'était fait avoir en beauté.

- C'est exactement ce que je disais. le réprimanda Derek avec un regard noir.

- Lydia n'est pas un individu dangereux ! se rasséréna Stiles en fusillant Derek du regard.

Derek lui lança un regard lourd de sens. Et Stiles eu un air contrit, pris a son propre jeu.

- Ouai, ok, elle est dangereuse. Mais c'est pas une inconnue pour autant ! Et puis, ça reste une question de sécurité malgré tout. Si on est poursuivis par un monstre dans cette partie de la ville et qu'on a besoin d'une planque... Et que le loft est fermé à clefs... Et qu'on a pas le code, on fait comment ? On prie pour qu'un méchant nous aide a enfoncer la porte ?

La légende disait qu'on refaisait le monde avec des si... et Stiles bâtissait une galaxie entière.

- Tu peux très bien aller chez tout le monde sans te balader h24 avec les clefs de mon loft dans tes poches ! C'est super glauque. Tu pourrais juste les garder dans un tiroir.

- Qui est glauque, sérieux ? ( On parlait de Derek, là, le type qui avait vécu un an dans la maison brûlée où toute sa famille était morte... l'équivalent d'un crématorium ou d'un cimetière, à la limite ) rétorqua Stiles d'un ton boudeur. et qu'est-ce que dirait mon père, d'après toi, s'il trouvait une dizaine de clefs de maisons différentes et inconnues dans un tiroir ?

- Les gens normaux n'ont pas les clefs de maisons de leur entourage sur eux !

- Les gens normaux donnent le code de leur loft à leurs proches !

- Mais on n'est pas proches, Stiles ! aboya Derek avec colère.

- ...

Derek se mordit presque la lèvre.

- C'est pas exactement ce que je voulais dire.

- Si, c'est ce que tu voulais dire. marmonna Stiles en baissant les yeux.

L'autre grogna, mécontent de lui-même et de la réponse de Stiles.

- C'est juste que-...

Stiles le coupa et reprit :

- "C'est juste que..." : On est pas proches. Il releva la tête et planta son regard dans celui de son vis-à-vis. C'est vrai. On est pas amis, je connais pas tes goûts, tes passe-temps ou ta musique préférée alors que je connais même la marque de chaussures pref' de Danny. En plus, on passe notre temps à s'engueuler. Regarde, ça fait même pas 10 minutes qu'on est seuls à seuls, et on se prend déjà la tête.

Derek était silencieux. Il glissa son torchon sur la poignée du four et se tourna lentement vers Stiles. Quand il prit la parole, son ton était vierge de tension, calme.

- C'est quelque chose qu'on doit changer, hein ?

Le plus jeune fixa Derek comme si celui-ci avait des cornes qui lui poussaient sur le front (en plus de ses problèmes de poils, évidemment). Il n'avait jamais imaginé que le loup garou puisse penser ça un jour. (Aimait-il seulement être proche des gens ?) Ni même qu'il serait le premier à émettre la proposition de se rapprocher. (Derek grognait, il ne parlait pas, déjà. )

Alors quand Derek le fixait comme ça, Stiles se contentait de plisser les yeux encore plus. Il se demanda alors si c'était une nouvelle tentative d'humour sarcastique ou une nouvelle forme de menace ?

- Tu me demandes de devenir ton ami, Derek ? récapitula-t-il après un long moment de silence.

Si Derek avait fait une blague, il n'aurait pas attendu que le silence devienne aussi gênant, pas vrai ? Le noiraud grogna en levant les yeux au ciel, désabusé.

- Pourquoi tu rends toujours tout plus tordu ?

- Wow ! non mais j'ai du mal à suivre, tu vois ? On s'engueulait joyeusement y'a quelques secondes, on en vient à la conclusion que t'as de bonnes raisons de pas trop vouloir que je garde tes clefs de maison dans mes poches. Bonnes raisons qui impliquent ... ou plutôt qui n'impliquent pas d'interactions amicales et consenties entre nous et ... "Tu veux être mon copain Stiles ?" C'est littéralement la dernière chose que j'aurais pu imaginer entendre venant de toi.

Stiles entendit un grognement moqueur dans sa tête. D'abord, il se dit que c'était son imagination.

- Je veux pas être ton ami. répliqua fermement Derek avec un grondement désagréable dans la voix.

- Au moins ça c'est direct, et réciproque en plus de ça ! répondit Stiles, absolument outré. (la diva dans sa tête était extrêmement vexée)

- Je propose une sorte de trêve ? Un accord, je dirais.

La lumière se fit alors dans l'esprit du brun.

- Oooh ! Je vois le truc ! Un accord style pacte de non-agression et plus si affinité ?

- Sans affinité. maugréa Derek en plissant les yeux.

- Mais siii ! insista le plus jeune. Mais genre, de l'affinité qui sonne comme une marque d'attention sympa ! Du style "aujourd'hui je te tape pas", " aujourd'hui, j'essaye de ne pas engager ton pronostic vital en surgissant par derrière dans une ruelle sombre".

-... " aujourd'hui, je ne t'inscris pas dans un club moto pour que des gens bizarres viennent entourer ta maison avec des harley en prétextant un barbecue de bienvenue ". ajouta évasivement Derek au souvenir.

Stiles fronça les sourcils.

- Pourquoi j'ai fais ça, déjà ? T'as une moto, toi ?

- Non, putain.

- Peut-être que je devrais plutôt t'inscrire à un club de sport... marmonna évasivement Stiles. Tu sais, histoire de tonifier ta masse musculaire et transformer tes biceps en espèce de casse-noix version décapitation ?

Et il mima la scène imaginaire, coinçant la tête d'un potentiel ennemi entre son biceps et son avant-bras. Dans sa saynète, la tête se faisait éjecter comme un bouchon de champagne.

- Stiles, le but est d'enterrer la hache de guerre et de commencer sur de bonnes bases, pas de m'emmerder plus que d'habitude. marmonna Derek en soupirant et en pinçant l'arête de son nez.

- Hey ! Figure-toi que j'ai encore beaucoup de mal a réaliser ce qui est en train de se passer. Je sais même pas ce que t'attends de moi. se défendit Stiles.

Cette fois-ci, c'était Derek qui était mal à l'aise. Il passa sa main dans sa barbe dans un mouvement faussement décontracté et ses doigts échouèrent sur sa nuque pour cacher sa nervosité. Puis, Stiles put la sentir comme une véritable odeur et le spectre d'un sourire commença à se dessiner sur ses lèvres. Ses sens lupins revenaient.

- On pourrait... juste reprendre sur de bonnes bases et éviter de s'engueuler comme la dernière fois, à l'avenir.

Le noiraud semblait être dans ce genre de phase où l'honnêteté était plus importante que leurs joutes sarcastiques.

- Ça veut dire que tu as compris ce pourquoi je veux protéger la meute ?

- ... Ouais. Je crois. Même si je comprends pas le rôle de la morsure dans tout ça parce que sérieusement, Stiles, t'es déjà assez utile et je vois pas qui d'autre pourrait faire ce que tu fais déjà pour la meu-...

- Je veux pas de la morsure.

Derek releva la tête, les sourcils froncés. Et son vis-à-vis avait croisé les bras sur son torse, un sourire de conquérant aux lèvres. Ses sens commençaient a revenir peu à peu, et Stiles entendait maintenant le cœur du loup garou avoir un accroc, comme si son oreille était collée a son torse. Elle était en train de revenir et le soulagement parcourait toutes les cellules de Stiles.

- Quoi ? demanda Derek, perdu. Mais je pensais que-...

- J'ai pas besoin de la morsure. En fait, j'ai jamais eu besoin de la morsure. Et il parlait autant a Derek qu'a lui-même quand il disait ça.

Derek hocha la tête, parce qu'il était certain que Stiles était plus fort ( et bizarre) qu'il ne le laissait croire. Après tout, ce guignol avait ses clefs de maison sur lui depuis je-ne-sais-quand, et le loup-garou l'avait seulement remarqué maintenant. Et même s'il ne le connaissait pas intimement, il était sûr que Stiles était loyal. Il pourrait être un meilleur chien de garde que n'importe lequel des membres de la meute. C'était le seul qui savait vraiment mordre.

- Par contre, tu peux continuer les compliments, ça me plaisait beaucoup. rappela Stiles avec un sourire de morveux.

Ça suffit pour rappeler à Derek pourquoi il n'avait jamais voulu être ami avec des gamins dans son genre. Pourquoi il n'avait pas d'amis du tout, même.

- Pour que l'accord tienne, tu dois aussi faire des efforts, Stiles. grogna Derek et l'adolescent perdit de sa superbe.

- Mais c'est toi qui m'a demandé d'être ton ami ! rétorqua Stiles comme si c'était une injustice.

- Je peux très bien revenir sur mes mots et allumer un grand feu.

- Allumer un grand feu ?

- Pour faire disparaitre ton corps.

-...

- Ou ce qu'il en restera.

Le premier sourire de Derek de cette soirée n'avait rien de très joli ni de très agréable aux yeux de Stiles. Trop de canines visibles à son goût.

- Ok, très bien. Je ferais des efforts, mais seulement si t'arrête de m'envoyer valser contre les murs.

Derek grimaça, l'air morbidement sérieux.

-... Tu m'en demandes beaucoup là, Stiles.

- Jette-moi au moins sur une surface plus molle ! supplia Stiles d'un air désespéré. C'est super chiant, les murs !

- ... Faisons de notre mieux, alors. Et il tendit la main vers Stiles, comme pour signer un contrat.

- Pourquoi tu rends toujours tout si sérieux ? se plaignit Stiles avec un couinement. Néanmoins, il saisit la poigne de Derek ( et se fit écraser les doigts)

Quelques minutes plus tard, Derek avait sortit la porte d'entrée de ses gonds avec un petit coup d'épaule lougarouesque. Derrière la porte et accroché à la rampe d'escalier qui menait à l'étage du dessous du loft, Stiles retrouva sa veste, laissée là en évidence. L'hyperactif redonna les clefs de Derek à son propriétaire. Et il rangea son propre double dans la poche de son jean avec un silence assez gênant -Le noiraud qui le regardait faire avec un air sévère devait y être pour quelque chose-. Puis, le loup garou avait donné métaphoriquement un pied au cul de Stiles pour que celui-ci dégage de chez lui. Un pied au cul qui comportait une phrase proche du " je t'ai assez vu pour aujourd'hui Stiles, au revoir ".

Stiles avait un petit sourire ravit quand la porte lui claqua au nez et quand il sentit la fourrure d'Elle frôler son mollet. Par réflexe, il commença caresser l'épaule de l'animal alors qu'il enfilait son hoodie de l'autre main. Il allèrent jusqu'à la Jeep, que Stiles avait garée proche du loft quand il avait conduit Scott ici.

- Alors tonton cuir-poilu va vraiment devenir ton confident ? demanda Elle alors qu'ils se dirigeaient vers le véhicule.

- On dirait bien. sourit Stiles ( et il était trop heureux pour reprendre Elle à propos de ses surnoms pourris )

Enfin entendre la voix de son partenaire depuis 3 jours d'attente le soulagea d'un poids qu'il n'avait eut que trop conscience de porter. S'il s'écoutait, il plongerait son visage dans les poils du canidé et il se mettrait surement à gronder comme un chat heureux.

- Tu vas lui dire, pour nous ? Tu vas lui demander des conseils sur les poils ? demanda expressément Elle avec un air ravit en se coulant sous les doigts de Stiles.

- Tout doux, boule de poils. D'abord, je dois être sûr de pouvoir avoir confiance en lui.

- T'as déjà confiance en lui, nan ?

-... Ouai. C'est vrai. avoua Stiles en toute sincérité. Mais comme il l'a fait remarqué, on n'est pas proches.

- Tu veux devenir son ami ? demanda l'esprit lupin avec une grimace typique de loup.

- C'était pas toi qui trouvait cette idée merveilleuse, il y a quelques jours ? rétorqua Stiles en s'installant dans la voiture.

- C'était avant qu'il ne nous grogne dessus en sortant ses petites phéromones de toutou en colère ! maugréa Elle en boudant. Il s'installa confortablement sur le siège avant et reprit : Et puis, c'est pas toi qui a déclaré, il n'y a même pas une heure, que tu ne voulais pas être son ami ?

- Les gens changent ! déclara Stiles avec humeur.

C'était en étant aussi obtus dans ses réflexions qu'il avait réussi à détourner l'ouïe sans faille des lycanthropes. S'il changeait d'avis tout le temps, ça ne voulait pas dire qu'il mentait, en fin de compte.

Il attrappa son portable et lu ses derniers messages. Il avait une notification de Scott :
" Tu t'es excusé, trou du cul ?".
Le châtain ignora le message. Ok, personne ne s'était excusé, mais ils avaient un pacte-de-non-agression-et-plus-si-affinité, c'était déjà ça, non ?

- Au fait, t'as une idée de la raison de notre séparation subite ? demanda Stiles en mettant sa ceinture.

- Hmmm... Pas sûr, mais-...

- Attend, Stiles ! l'interpella une voix alors que ce dernier allait claquer la portière derrière lui.

Le plus jeune leva les yeux, alerté, et il put voir Derek s'approcher de sa roscoe avec précipitation. Le loup garou attrappa la portière et prit une grande inspiration avant de dire d'un jet :

- J'suis désolé pour la dernière fois, j'tais en tord. mâcha-t-il dans sa barbe, d'une seule traite.

Puis il ferma la portière avec délicatesse et retourna derechef chez lui, l'air de rien.

Un ange passa, et Elle se gratta énergiquement l'oreille.

Quand sa surprise retomba après ce timing détonnant, Stiles reprit son portable et écrivit :

" Cher Scott, je crois bien que c'est Derek, le trou du cul. "


PS : " cellule " et "stiles" mélangé, ça donne un truc proche de "cellulite".

Oulah ! J'ai pris du retard ! Et pour cause, après tout ce temps en confinement chez ma mère (3 mois, un put bonheur), je suis enfin revenue chez mon père ! :D

Bon, le seul hic, c'est que nous sommes en fait en plein déménagement donc je n'ai pas vraiment de temps pour écrire, dessiner, travailler... Je déplace des penderies et des frigos, c'est tellement plus cool ! x) J'espère que vous allez bien de votre côté ! n'hésitez pas à me poser des questions ( et me donner de vos nouvelles, si vous avez envie de blablater ;) )

Je voudrais remercier chaleureusement tous les gens qui ont commenté, ça m'a vraiment fait beaucoup de bien... Et je n'oublie pas les gens qui fav, qui suivent, qui lisent etc, parce que ce sont aussi des petits plaisirs silencieux. Merci mes petits fantômes o/

Réponses aux reviews :

amegonys : Hello ! merci beaucoup pour ta review, c'est super motivant :) Si l'histoire de Stiles te plait, j'espère que tu vas aimer la suite aussi ;)
Je vais mieux depuis quelques temps, et c'est vraiment gentil de poser la question. J'espère que pour toi aussi les temps sont doux, prends soin de toi !

werwolf-yasya : Oh ! de l'anglais :O Je suis assez surprise, c'est la première fois ! Merci beaucoup héhé !

Visiteuse T : Hey ! Bon retour Mlle T ! Oh, les accents ... ( alors quelqu'un a vraiment remarqué ? oups !) Je dois t'avouer que si j'adore corriger les textes des autres, quand il s'agit des miens, je déteste ça. (vraiment) En fait, d'habitude je publie en premier temps sur Wattpad, puis après avoir eu le temps de lire et relire les erreurs, les incohérences, les fautes de frappes et de phrase... je poste sur FFn en corrigeant. Et comme je suis une bonne grosse flemmarde, je me dis toujours qu'au pire, les accents, c'est pas grave... Mais honte à moi ! On sait tous que la polysémie française est trop tordue pour jouer à ce genre de jeux là. J'ai essayé de faire un effort pour ce chapitre-là ( j'espère que ça a été mdr ) Mais je ne sais pas si j'aurais la foi de recorriger à chaque fois... Je devrais prendre le pli d'écrire directement avec les accents, ça me faciliterait la tâche. En tout cas, merci de m'avoir prévenue ;) Je vais faire de mon mieux pour la suite o/
A bientôt, Mlle T !

Ariadanae : A vrai dire, c'est ce chapitre là avec lequel je me suis le plus battue. ( parce que je ne compte pas le prologue comme un chapitre) Mais ce que tu dis me touche beaucoup héhéhé... Je suis vraiment contente de voir que ça t'a plu !
J'aime bien incarner des personnages comme Stiles quand j'écris parce que c'est ceux avec qui mon style d'écriture colle le plus : des diarrhées verbales xD (et un peu d'humour tordu). J'adore Papa-Stilinski aussi ! J'ai tellement une image précise de son portrait en tête que je ne peux pas m'empêcher de le comparer avec mon propre père - pourtant, ils n'ont rien à voir, mais j'aimerais approfondir l'idée de confiance père-fils -.
Pour l'instant, pas plus d'informations que ça à propos de la façon dont Derek a interprété la fameuse odeur, mais ne t'inquiète pas, ça va pas tarder :p
Merci pour tous ces compliments ;-; J'espère vraiment que les fictions en préparation vont te plaire héhéhé !
heureusement que le confinement est terminé, -même si je ne sors pas tant que ça, voir ma famille me fait du bien-. Tu as continué a travailler à domicile ? Personnellement, comme je ne suis qu'au lycée, je me contente de déchiffrer des formules mathématiques avec une visio qui bogue un max ( c'est marrant d'entendre des trucs comme " 14 au carré ça vaut ...*bruitage de connexion internet mourante* C'est pour ça que c'est un triangle isocèle " )
Merci encore, je te souhaite le meilleur ;)