- Stiles, tu es privé de sortie. Déclara son père lorsqu'il ouvrit la porte, le jour même.

Et le grand sourire que Stiles arborait depuis qu'il était partit de chez Derek devint une jolie ligne de sourcils froncés. Il avait complètement oublié que son père avait pour projet de le disputer (et de le punir) à propos de ses virées nocturnes. Celui-ci le mit au défi de protester et il désigna du doigt le canapé du salon. Fataliste, Stiles traîna les pieds jusqu'à sa place, comme s'il était devenu un voleur qu'on poussait sur l'échafaud.

- Tu ne vas pas t'en tirer avec un air de chien battu, Stiles. Tu t'es enfui par la fenêtre pour éviter la conversation ! s'exclama Noah avec un air outré.

- C'est pas comme si c'était la première fois... marmonna le jeune homme en faisant une moue boudeuse.

- Justement, Stiles !

Et le jeune homme leva les yeux aux ciel au ton que son père empruntait. Il le sentait venir : quand son père commençait à se racler la gorge et à tirer sur sa veste avant de s'asseoir, ça voulait dire que le Shérif allait lui faire la morale et faire un discours gênant pour l'un comme pour l'autre. Celui-ci passa une main lasse sur sa nuque, inspira un bon coup et reprit la parole :

- Stiles, je sais que tu es grand maintenant et je pense que tu en connais plus que ce que je voudrais, rien qu'avec... Tes amis. Il fit un geste évasif qui désigna à la fois l'adolescence et le surnaturel. Mais tu sais, j'ai connu ça aussi à ton âge. Je faisais le mur pour aller voir ma copine de l'époque. On prenait la voiture de son père et je la conduisais jusqu'au cinéma ou à la plage, des trucs comme ça. Je sais déjà ce que tu es en train de vivre en ce moment.

- Oh mon dieu, non... gémit Stiles lorsqu'il comprit où son père voulait en venir. Il leva les yeux au ciel en se ratatinant dans le fauteuil.

Son père le fusilla quelques secondes du regard, mécontent d'avoir été interrompu.

- C'est peut être ringard, mais à l'époque, je trouvais ça génial et j'ai passé de très bonnes années. Sur le plan amoureux comme sur le plan sexuel. Je n'ai eu que de bonnes expériences. Je sais que maintenant, toi aussi tu connais ce genre de choses. Peut-être même que ça fait un moment, j'en sais rien. - Son père se voilait-il la fasse sur la nature de sa relation avec Malia ?- Mais en tant que parent, je dois m'assurer de jouer mon rôle et t'enseigner les bases. Et je pense que puisque tu sembles être dans une ... relation durable et... comment dirais-je... nocturne, je vais te rappeler quelques petits trucs. A cet instant, il coupa sa prise de parole et commença à fouiller dans sa poche.

- Tu ne vas pas me faire un discours sur la contraception et les relations sexuelles, si ? - Noah brandit alors un préservatif dans son emballage argenté et brillant, tout droit sorti de sa poche. Oh mon dieu, si, totalement.

Si Stiles avait put disparaitre en cet instant, il aurait fondu dans le sol. Il aurait aimé être Corey et s'effacer tranquillement. En attendant, il tirait sur sa capuche pour se couvrir le visage parce qu'il était outrageusement mal à l'aise. Il était persuadé que son père avait acheté des préservatifs sur le chemin du retour juste pour lui faire cette leçon de vie. Oh mon dieu, peut-être même qu'il avait demandé à un de ses subordonnés.

- Tu vois, Stiles, commença son père. Quand une fille te-...

- Je peux couvrir le bruit, si tu veux.proposa Elle, qui prenait visiblement le jeune Stilinski en pitié.

- Oui ! s'exclama Stiles.

- Oui ? répéta son père, étonné de son éclat de voix.

- O-oui je vois quand euh quelqu'un me... enfin... me plait.

Noah, qui essayait de prendre un air objectif et professionnel, sentait ses oreilles devenir de plus en plus rouges. Il hocha la tête et reprit son récit quand Elle sauta à côté de Stiles. Le loup bomba le torse et se mit à crier :

- Je ne voterai point cette paix ! Parce que, avant tout, il faut sauver l'honneur de son pays. Et je ne la voterai point, parce qu'une paix infâme est une paix terrible ! tonna-t-il. Et pourtant, peut-être aurait-elle un mérite à mes yeux : c'est qu'une telle paix, ce n'est plus la guerre, soit, mais c'est la haine.

Le loup prit une inspiration et se pencha en avant comme s'il parlait à un public, les moustaches frémissantes. Stiles fit rouler ses yeux dans ses orbites. Ce n'était pas la première fois qu'il se lançait dans les discours de guerre. Au début, Stiles était plutôt impressionné des capacités mémorielles d'Elle, pour se souvenir aussi bien des discours de l'époque ( alors même qu'il ne se souvenait pas de sa vie précédente ). Mais maintenant que le loup se mettait alternativement à chanter des poèmes déprimants ou des chansons du front en prussien, ça l'énervait plus qu'autre chose. Néanmoins, dans ce genre de situations, c'était parfaitement bienvenu.

- "La haine contre qui ?", vous dites ? "Contre les peuples ?" non ! contre les rois ! Que les rois recueillent ce qu'ils ont semé ! Il sauta alors sur la table basse avec véhémence, motivant des hommes imaginaires. Vous créez la haine profonde ; vous indignez la conscience universelle. Tout ce que la France perdra... la Révolution le gagnera !

Et pendant qu'il écoutait Victor Hugo défendre la France, son père ouvrait le préservatif et le manipulait maladroitement, tentant certainement de lui inculquer quelques principes. Le brun voyait les images sans le son, et c'était un peu pathétique. Stiles avait un peu pitié de son père, parce qu'il le laissait se battre tout seul dans sa gêne. Fils indigne. Peut-être qu'il lui ferait des frites pour se faire pardonner, demain.

Quand Elle libéra enfin ses oreilles, son père était en train de finir son discours et s'adressait maintenant à lui.

- Donc voilà, et tu sais Stiles, tu peux tout me dire. J'aimerais vraiment que tu m'expliques la raison de tes virées nocturnes. Dis moi au moins un prénom ? Voulut-il compenser. Parce que tu sais bien que ce genre de secret est mauvais pour notre famille.

Bon dieu, Stiles ne pouvait pas démentir ce point là. Mentir à son père et lui cacher des choses, c'était aussi débile qu'inutile. Il finissait toujours par tout apprendre. Mais si son père tenait encore debout à propos des histoires de loup-garou, c'était peut être bien parce que Stiles était humain. Et aussi parce qu'il possédait quelques fusils et un garage avec beaucoup de munitions.

- Honnêtement, papa, même si j'avais un prénom à te donner, je ne te le donnerais pas.

- Même pas des initiales ? tenta son père avec un couinement.

- T'es fou, ou quoi ? lui demanda presque sincèrement Stiles. Pourquoi je donnerais les initiales de la personne que je fréquente à un type qui possède totalement le registre des noms des personnes de tout le canton ?

Son père eu une moue contrariée avant de reprendre la parole.

- Tu sais bien que je ne pourrais jamais t'empêcher d'aller voir cette personne -tu ne te laisserais pas faire-, et je n'y pense même pas de toute façon. J'aimerais juste savoir où se trouve mon fils quand il part en pleine nuit toutes les semaines.

Noah avait changé de stratégie et il essayait d'avoir son fils en le prenant par les émotions et en lui faisant cette tête de chien battu que seul Scott parvenait à exécuter à la perfection. Ça fonctionnait très bien avec Scott, avec son père, un peu moins.

- Tu peux continuer à forcer, hein. Je ne te donnerais pas de nom. Même pas quand tu fais cette tête là. se moqua Stiles avec un petit reniflement.

- Mais c'est pour ton bien... marmonna le Shérif en ouvrant des grands yeux pleins de larmes factices. Je m'inquiète pour toi Stiles.

- J'ai toujours cru que c'était de maman que me venait mon mélo-dramatisme mais c'est toi la vraie diva, on dirait. se moqua Stiles en mimant une grimace écœurée.

Ils rirent un peu, et l'ambiance était devenue plus légère. C'était le genre de choses que sa mère parvenait toujours à faire de son vivant et qu'elle continuait de faire de là où elle était : apaiser les choses. Ils restèrent en silence sur le canapé, avant que Noah ne pose une main sur son épaule. Il entraîna son fils dans une étreinte brève et parla cette fois ci d'une voix bien moins tendue, bien qu'inquiète :

- Stiles, je suis sérieux à propos de tout ça. Je veux que tu puisse avoir toutes les relations que tu veux, parce que c'est ce qui te forgera. Mais je ne veux pas que tu te mettes en danger... Ni même que tu reviennes à la maison avec une fille en cloque, tu l'auras compris. Stiles vola alors le préservatif que son père gardait dans ses mains depuis toute à l'heure. Je pense qu'a ton âge, il faut apprendre un maximum de ses expériences. Tu en connais déjà un rayon sur la violence, à mon avis. Un peu trop. Et Stiles eu un sourire désolé, comme si c'était un peu à cause de lui que Beacon Hills rassemblait tout un tas de monstres. C'est pourquoi j'ai besoin de te savoir en sécurité, parfois.

- Papa je-... Déjà merci pour ton discours et tout, je sais que c'est ton rôle de père tout ça tout ça et moi aussi je trouve ça important ... il déglutit et le shérif se racla la gorge. (Lequel des deux était le plus rouge ? Noah, sans doute) J'ai cassé avec Malia il y a un moment.

- Je sais, elle a reprit ses vêtements un jour où tu n'étais pas là. Je lui ai proposé de t'appeler. Mais elle m'a dit que parler n'avait pas d'intérêt, que vous n'aviez jamais parlé de ces choses là et que ni l'un ni l'autre n'avez besoin d'en parler.

- C'est vrai. avoua Stiles. Il n'avait jamais eu de conversations très développées avec les Hale, de toute façon. Je n'ai plus de petite copine, il faut que tu le sache.

- Et t'es pas près d'en avoir une. commenta Elle, moqueur.

L'adolescent l'ignora, parce que comme d'habitude, quand son père était là, Stiles l'ignorait toujours pour profiter de son paternel. Son père soupira alors de soulagement, avant de se redemander pourquoi son gamin faisait le mur si ce n'était pas pour une fille.

Si ce n'était pas une fille, c'était le surnaturel. Et si c'était le surnaturel, son tuto-préservatif ne mettrait pas son fils en sécurité. Rien qu'avec les expressions de son visage, Stiles put deviner le fil de ses pensées et il s'empressa d'ajouter :

- Mais il ne faut vraiment pas que tu t'inquiètes, j'arrive à gérer tout seul.

- Ne pas m'inquiéter ? Mais Stiles ! Ton meilleur ami a des couteaux au bout de ses doigts ! Son père avait certainement des gênes marseillais. Les loups garous existent ! tu n'imagines pas combien de fois j'ai eu envie de le dire à ces jeunes mamans qui laissent sortir leurs gosses le soir ! comment veux tu que je ne m'inquiète pas, alors que mon fils lui-même part en pleine nuit ?

- Papa ! je suis grand ! et Scott est mon meilleur ami, pas mon pire ennemi. Si j'ai un problème, je peux toujours compter sur lui.

- Et ce que tu fais à deux heures du matin depuis des mois, ça nécessite obligatoirement d'être fait la nuit ? Tu ne peux pas sécher un cours, un truc dans le genre ?

Son père lui proposait-il vraiment de louper des cours ?

- Non papa ! répéta Stiles en levant les yeux au ciel. Imagine deux secondes !

Le visage de son père devint blême et Stiles fut heureux de voir à quel point le pouvoir de la suggestion était efficace. Il se serait mal vu lui expliquer maintenant, sans se préparer à l'avance, que lui aussi il avait des couteaux au bout des doigts , et même que c'était pas vraiment des doigts mais des pattes. Le silence s'étira dans la pièce et Stiles observa avec peine son père se triturer les mains, visiblement inquiet pour son fils.

- Et vendredi ? demanda-t-il soudain.

- Vendredi ? Et Stiles se tendit comme un arc.

Son père dut le remarquer parce qu'il se pencha en avant, certain d'avoir trouvé un bon filon.

- Vendredi, il s'est passé un truc, n'est-ce pas ? D'habitude, tu pars une à deux fois par semaine et tu reviens tout crade et détendu.

- ça fait combien de temps que t'as capté mes allées et venues ? demanda Stiles en tentant vainement de changer de sujet.

- Vendredi, après m'avoir snobé au possible, t'es revenu crade et triste.

- Echec et mat. renifla Elle avec cette manière agaçante de rire bruyamment.

- Étrangement, ta façon de dire ça me vexe un peu, papa.

- J'espère bien que ça te vexe, je paye tes lessives, ingrat. lui rappela son père.

- gnegnegne.

- Intelligent Stiles, et distingué en plus de ça.

- Ta faute. Répliqua l'hyperactif, boudeur.

Ils en avaient déjà discuté longuement, de ça. A qui revenait la faute ? A Claudia ou Noah ? Ils étaient forcément responsables... Et savoir qui était le réel fautif de la création de leur fils était une chamaillerie dont Stiles ne s'était jamais lassé.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé, vendredi ? demanda doucement le Shérif, qui n'était pas encore d'humeur à avoir ce débat.

Pour l'instant, la conversation était sérieuse et Stiles soupira. Il n'allait pas pouvoir éviter la discussion. L'inconvénient quand son père était shérif, c'est qu'il savait très bien mener un interrogatoire plus ou moins discret. Pourtant, Stiles pouvait se féliciter d'être le voyou le plus dur à faire avouer d'après son père. Mais le shérif était quand même doué, et il avait beaucoup de patience.

Stiles se gratta l'arrière du crâne.

- Oh, non, eum... J'étais chez Derek.

- Derek ... Derek Hale ?

L'adolescent hocha la tête et Elle commença à renifler d'amusement. Si son père n'était pas en train de le fixer avec stupeur, il aurait lancé un regard assassin au loup. Le visage de son père blanchit et Stiles fronça les sourcils. Mais comme il ne voulait pas que Noah pose plus de questions sur ce qu'il faisait en pleine nuit depuis des mois, il décida de se taire. Un silence pesant commença à s'installer et Stiles gigota sur son siège.

- Bon du coup, je suis puni, hein ? Euh, je vais dans ma chambre hein, dans ce cas.

- Je... Ouai... marmonna son père en essuyant ses mains moites sur son pantalon... Tu vas dans ta chambre... répéta-t-il juste pour lui même.

Stiles n'avait pas envie de savoir ce qu'il se passait dans la tête de son père, parce que ça semblait le traumatiser. Peut-être devrait-il le rassurer et au moins lui dire que ni lui ni Beacon Hills n'était en danger de mort. Et que ses sorties étaient plus des sortes de réunions. Mais Elle lui rappela que s'il faisait ça, leur couverture serait fichue.

Un peu contrarié, il se contenta donc de poursuivre sa marche et de monter les escaliers, suivit de près par le bruit des griffes d'Elle sur le bois. Et ce, jusqu'à ce que le Shérif les arrête en criant son nom.

- Stiles !

Le brun se retourna en levant les sourcils, demandant implicitement à son père de poser sa question.

- Tu... t'étais c-consentant ? bafouilla celui-ci.

- Hein ?

- Avec Derek, je veux dire... fit-il en faisant un geste évasif de la main et en évitant le regard de son fils.

- Que-... Consentant, avec ... Derek, il plissa les yeux, ne semblant pas comprendre où son père voulait en venir avant que la lumière ne se fasse dans son esprit et qu'il ne s'étouffe avec sa salive. Je ne couche pas avec Derek, papa ! s'écria-t-il en jetant à la figure de son père le premier truc qui lui passait sous la main ( C'est-à-dire le ramasse poussière qu'ils laissaient en haut quand ils nettoyaient les chambres ).

- C'était ambiguë ! se défendit son père, visiblement partagé entre le soulagement et la honte. Tu avais dis que tu ne donnerais pas de nom, et tu en as donné un !

- J'ai dis que je ne donnerais pas le nom de la personne que je fréquente hypothétiquement, si je t'ai donné le nom de Derek, c'est que je ne le fréquente pas !

Puis Stiles claqua fortement la porte derrière lui, son père semblant être pris d'un fou rire au rez-de-chaussée. Il secoua la tête.

Quand son père le punissait, être privé de sortie signifiait rester toute une soirée dans sa chambre et être surveillé toutes les 15 minutes. Son père veillait alors à ce qu'il ne sorte pas de sa chambre. Généralement, au bout d'une journée, celui-ci en avait marre de le regarder gigoter sur son siège et le mettait dehors à 6 heures du matin pour qu'il aille se défouler. Evidemment, quand il était plus jeune, les punitions étaient plus sévères parce qu'il ne comprenait pas ses erreurs. Il fallait bien du temps pour qu'il comprenne quand il faisait vraiment une bêtise. Mais aujourd'hui, les punitions relevaient plus d'un rappel à l'ordre. Stiles savait très bien pourquoi il était puni. Ça n'en restait pas moins chiant. Même s'il n'avait jamais vraiment aimé sortir en groupe ou faire partie d'un club, Stiles vivait plus dehors qu'à la maison. Et ce depuis sa tendre enfance. Ses parents avaient toujours fait en sorte de choisir des destinations différentes pour les vacances, afin qu'il découvre le plus de paysages possibles. Elle en était ravi. Aujourd'hui, tous ces voyages étaient ses terrains de jeu.

Quand Stiles commença à tourner sur son siège, au bout de dix minutes de silence, Elle sortit de ses souvenirs pour venir à ses côtés. Il sauta avec difficulté sur la chaise pour atteindre le lit. Stiles ne put s'empêcher de se faire la remarque qu'Elle avait un petit gabarit. Même quand Malia venait dans sa chambre sous forme de coyote, elle arrivait à monter sur son lit sans problème. Pourtant, dans ses souvenirs, la bête qui l'accompagnait aux côtés du nogitsune était simplement énorme. Et puis, voyant que l'Esprit lupin tournait la tête dans une question muette, Stiles posa enfin le problème qui hantait ses pensées depuis un bout de temps.

- Pourquoi tu deviens de plus en plus brun ?

- Hein ?

- Ton pelage. Au début, il y avait seulement ta queue et tes pattes arrières qui étaient si foncées. Maintenant... Et il remonta sa main à rebrousse-poil sur l'arrière-train du loup pour accompagner ses dires. Maintenant ça arrive ici. Il désigna plus de la moitié de son dos.

- Oh, ça ? C'est parce que le transfert est bientôt complet.

Stiles fronça les sourcils, il n'aimait pas du tout ce qu'il entendait. Comme si Elle en savait plus que lui sur leur état. Ils avaient pourtant juré de toujours dire ce qu'ils savaient sur ce point là. Ça les concernait tous les deux, et c'était important. Un grognement agacé remonta sa gorge.

- Je voulais t'en parler tout à l'heure, mais Derek m'a coupé. expliqua Elle, comprenant visiblement le fil de ses pensées et tentant de calmer la colère naissante.

Stiles s'apaisa. Pestant contre lui-même, il se rendit compte à quel point il était à fleur de peau, parce qu'en temps normal il ne s'énervait pas aussi vite. Derek était le genre de personne à le mettre dans cet état. Son père faisant un discours sur la contraception était pas mal non plus, dans l'idée.

- Tu m'as demandé pourquoi on avait été séparés, et je pense que c'est lié à mon état. J'ai remarqué que, depuis qu'on part chasser, tu grossis.

- Sympa. marmonna amèrement Stiles, vexé.

- Non, pas dans ce sens là. Ton loup grossit. Il prend de l'ampleur. Normalement, c'est à moi de gérer tes instincts quand je suis dans ta tête. Mais ça devient de plus en plus compliqué, et particulièrement parce que ton loup prend de plus en plus d'assurance. Il essaye de le faire à ma place.

- Quel est le rapport avec tes poils ?

- Eh bien, je te l'avais dis au début, mais ton loup et moi n'étions pas en contact avec ton âme avant que tu ne soit confronté au surnaturel. Parce que l'idée même que nous puissions exister n'était pas compatible avec ce que tu étais. Métaphoriquement, c'est un peu comme si ta propre volonté nous repoussait parce que pour elle, nous n'existions pas. Mais quand Scott s'est fait mordre, ta volonté a volé en éclat et elle nous a laissé peu à peu fusionner avec toi. A l'époque, ton loup vivait à mes dépends. Un peu comme une tique.

Par réflexe, Stiles s'était mit a dessiner les mots d'Elle sur son devoir d'économie. Ils étaient maintenant tous les deux penchés au dessus du dessin.

- Même quand tu étais aux côté de Scott, tu n'imaginais pas qu'il soit possible que Toi, Stilinskate-board, tu puisses toi aussi devenir un loup. Puis, Trouble-Pête est arrivé.

- Trouble-Pête est arrivé. Répéta Stiles en dessinant un loup en smoking à côté d'une voiture.

- Il n'est pas aussi stylé. le réprimanda Elle.

- Peter est stylé. Fou, mais stylé.

- C'est ta bite qui parle.

- C'est les gènes Hale qui sont stylés ! se défendit Stiles. Ma bite n'a rien a voir là dedans.

- Tu couche avec une Hale. se moqua le loup.

- Je ne couche plus avec.

- Et c'est bien dommage. marmonna Elle.

Il aimait bien Malia, elle renforçait le sentiment de meute.

- Elle est envahissante.

- Instinct de bite.

- Quoi encore ?! S'étrangla Stiles qui regrettait soudainement d'avoir apprit ce mot à l'esprit lupin. Puisque je te dis que ma bite n'a rien à voir là-dedans !

- Bien sûr que si. T'es gay, et t'es un dominant.

Stiles émit un petit son de contrariété.

- ...Tu pourrais attendre mon coming-out avant de faire ce genre de blague. Je suis pas assez en phase avec moi même.

- Oh, je t'assure que ton loup est très en phase avec toi. se moqua Elle avec un reniflement bruyant.

- Mon loup est pédé ? s'écria-t-il soudain.

L'animal dévia son regard et posa innocemment sa patte sur le dessin, comme pour le désigner.

-...Et comme Trouble-Pête est arrivé, disais-je, il a émit l'hypothèse que tu puisses devenir un loup garou. Je pense que c'est à ce moment là que le déclic est apparu et que ton loup a pu se mêler à toi. Tu l'as senti.

- On va faire comme si personne n'avait capté ton changement de sujet, Elle, mais sache que je garde cette discussion de côté. nota Stiles en ajoutant bonhomme bâton à gilet rouge en face du dessin de Peter. Une représentation de lui-même, donc. Et pour ce qui est de mon loup, oui, ce jour -là, je l'ai senti. Je l'ai même vu, je crois. marmonna Stiles.

- Vu ? s'étonna Elle en humidifiant son museau.

Il s'appliqua à rajouter un loup de la taille d'un ours juste derrière sa propre représentation.

- Si gros ? s'enquit le loup, sceptique.

- Oui, il est immense. Tu ne le vois pas, là où tu es ? demanda Stiles en tapant sur son crâne.

- Ton loup n'est pas matériel, Stilounet. Personne n'est sensé... Pouvoir le voir. Pas même toi.

Stiles fronça les sourcils et laissa l'emplacement des yeux de la bête vide. Il ne connaissait pas leur couleur.

- Je ne comprends toujours pas le lien avec tes poils.

- Je suis un loup gris d'Europe, Sticanthrope. Normalement, je suis brun-gris, pas... blanc. C'est ton loup qui est couleur sable, pas moi. Evidemment, je suis pas sûr à 100% mais je pense que la raison pour laquelle je perd peu à peu cette couleur, c'est parce que ton loup n'a plus besoin de moi pour survivre. Tu l'écoute, tu fais attention à lui sans t'en rendre compte. Il s'appuie maintenant sur toi, moins sur moi.

- Oh. C'est vraiment cool. On fusionne, c'est ça ?

- Oui. Comme vous auriez dû l'être depuis le début. acquiesça l'animal en hochant la tête.

Stiles semblait satisfait de cette information, un petit sourire se dessinant sur ses lèvres pendant qu'il ajoutait des onomatopées à son croquis.

- C'est pour ça qu'on a été séparés. déclara Elle, bien moins heureux de cette nouvelle.

- Quoi ? Il releva le regard vers l'Esprit Lupin, perturbé et alerté.

- Ton loup revendique le territoire.

Stiles fronça les sourcils.

- Comment ça ?

- Tu vois bien que je suis de trop. Il y a ton loup et toi, qui allez devenir un tout, et il y a moi, qui n'ait rien à faire là. Expliqua l'animal en essayant d'être le plus objectif possible. Il désigna même le dessin de Stiles comme exemple.

Si le loup de Stiles avait été dessiné, la représentation d'Elle manquait à l'appel.

- Qu'est-ce que tu racontes encore comme bêtises, toi ? Stiles froissa son dessin et lança la boulette sur Elle. Le papier traversa le spectre de l'animal. T'es bien là où tu es, pourquoi mon loup voudrait te virer ? T'étais là avant lui, en plus.

- Stiles ! et le jeune homme grinça des dents parce qu'il n'avait pas l'habitude que son frère de cerveau l'appelle sérieusement par son prénom. Ce n'est même pas une question de vouloir ou non, ton loup et toi êtes la même personne, tu ne pourras pas lui enlever sa place. Et je ne pourrais jamais m'imposer à lui non plus. Ça reviendrait à me battre contre toi.

L'adolescent sentit soudainement une vague de contrariété l'envahir. La question muette qui planait entre eux subsistait. Que deviendrait Elle une fois que la fusion entre Stiles et son loup serait complète ? Disparaîtrait-il comme la dernière fois ? Sans jamais revenir ?

Stiles commença à se ronger les ongles -bien qu'il ne lui en restait déjà pas beaucoup-. Il attrappa son ordinateur portable et, sous le regard d'un loup mélancolique, il se plongea à corps perdu dans les recherches. Avec le temps, il avait accumulé un nombre étonnant de sites sur lesquels les informations étaient proches de la vérité. Il avait d'ailleurs réussi à prendre contact avec des loup-garous et des chasseurs d'autres régions. Il en connaissait deux qui vivaient plus vers le centre du pays. Un chasseur l'avait contacté dans le Missouri quand il avait commencé à s'intéresser de près aux affaires frauduleuses de Gerard et Kate Argent. Plus tard, Chris lui avait validé ce contact en lui donnant son numéro. Le loup garou qu'il avait put contacter dans l'Idaho avait déjà une cinquantaine d'année et, à part fournir des aides à des nouveaux mordus sur internet, il vivait à l'écart du monde et à l'abri de toutes menaces. Les autres personnes qu'il avait pu dénicher vivaient soit sur d'autres continents, soit ells n'avaient pas répondu à ses messages récents. Il contacta alors les deux hommes en qui il avait une confiance toute relative pour commencer ses recherches.

Il l'avait déjà fait une centaine de fois au moins, chercher une logique à sa situation. Mais c'était la première fois qu'il en parlait aux deux hommes.

Elle l'observa de loin s'acharner. Les résultats disaient souvent la même chose : une possession. Mais Stiles ne voulait pas y croire. Il avait déjà vécu une possession. Et ce qu'il vivait maintenant était si bénéfique, si réel. Ça ne pouvait pas être aussi dur que d'être envahi de toutes parts par le Nogitsune. Suffoquer sous son emprise et chercher une sortie à tâtons, sans aucune aide, sans aucune image, sans aucun son. Juste sa volonté et la solitude. Il dégluti. Les cauchemars, le stress. Comment pouvait-on seulement comparer les deux choses ?

Elle n'avait rien de démoniaque, rien d'envahissant. Il n'était pas intrusif. Stiles devait absolument trouver un spécialiste. Quelqu'un qui pourrait l'éclairer sur les hommes qui deviennent des bêtes par la simple volonté. Et pour ça, il devait trouver des gens qui ne passaient pas par la morsure pour devenir des loups. Elle s'installa a ses pieds, et tenta vainement de lui dire que ça ne servait à rien. Personne ne luttait contre ses instincts, et encore moins les créatures surnaturelles. Mais Stiles ne comprenait pas encore ça. Au bout d'une dizaine de minutes à monologuer, l'Esprit Lupin abandonna et finit par poser sa tête sur ses pattes avant et s'endormir là.

A deux heures, Derek lui envoyait un message.


Intemporel, depuis la dispute du vendredi jusqu'au présent.

La dernière fois que Derek avait senti l'odeur du loup blanc, c'était quand Stiles était venu chez lui. Il avait dormi dans l'odeur, il s'en était imprégné et n'avait pas osé sortir de chez lui pour partir à sa recherche. Et quelle nuit ça avait été. Il était resté enfermé des heures durant, incapable de sortir. S'il sortait, il était certain que son loup et ses instincts le pousseraient à attaquer Stiles, qui était sortit avant lui. Et qui l'avait mit en rogne.

Alors il patientait là, dans l'odeur enveloppante, troublé par ses réactions et par ses sens. Il n'avait jamais été humain, alors il avait toujours vécu avec des yeux, un nez et des oreilles bien au-delà de la normale. Seulement, parfois, il se sentait si vulnérable que s'en était alarmant. Ce soir-là avait été l'un de ces moments. Le loup blanc obsédait déjà l'homme, et se maintenir ainsi dans son odeur, titillait son côté animal. Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit, et il avait cherché une explication à cette fragrance. La seule chose qui était à peu près plausible, c'était que le loup soit passé sur son territoire pendant la dispute. Et qu'il soit même passé assez près pour tourner autour du loft. Et comme Derek s'interdisait de sortir, il savait pertinemment qu'à la fin de la nuit, les traces ne seraient plus exploitables. Il avait tourné en rond, en colère contre Stiles, plus que jamais. Parce qu'en plus de lui cracher des mots tranchants, l'humain l'empêchait aussi d'assouvir sa curiosité à propos de l'animal sauvage.

Derek était un loup frustré.

Heureusement pour lui, les occupations venaient toujours lui rendre visite. Et par occupations, il entendait les nouvelles surnaturelles à gérer dans toute la région de Beacon Hills et ses alentours. Si ce n'était pas Deaton qui lui envoyait un message pour jeter un coup d'oeil aux villages voisins, c'était les anciennes meutes alliées de sa mère qui espéraient trouver de l'aide chez les Hale. Il avait espéré qu'après la chasse aux orvets, il aurait le temps de souffler un peu. Il avait reçu ce matin un SMS de la cheffe de la colonie d'orvet - la gamine au look décontracté -. Apparemment sa famille avait pu s'installer plus au sud, sous les conseils de Braeden à qui il avait demandé plus d'informations pour les aider. Dans le canyon qu'ils avaient découvert, il y avait déjà deux orvets solitaires qui les avaient accueilli avec joie, pour peu que la nouvelle colonie leur offre un peu de protection. Ce genre d'alliances étaient plutôt courantes. Au delà des espèces, toutes les créatures surnaturelles devaient plus ou moins se serrer les coudes. La gamine le remerciait donc et lui promettait une dette. C'était toujours agréable de savoir qu'il y avait quelques personnes sur qui compter en cas de problème.

Seulement, après les bonnes nouvelles rafraîchissantes à propos de la colonie d'orvets, un vieux loup solitaire qui répondait au nom de Garton lui avait envoyé une lettre. L'homme n'était pas franchement amoureux des nouvelles technologies et il avait toujours eu du mal à s'adapter à ce monde dicté par les pixels. Néanmoins Garton était un loup débrouillard et quand il avait besoin de prendre contact, il savait envoyer des lettres en recommandé. C'était sans doute archaïque, ça n'en restait pas moins efficace. Quand Derek vida sa boite aux lettres le matin même, il était en train d'humer l'air - habitude qu'il avait acquise depuis que le loup couleur sable traînait dans les parages -. Il remarqua donc dés qu'il prit enveloppe en main que celle ci était recouverte d'une faible odeur de sang. Derek l'ouvrit d'un coup de griffe, un peu tendu par cette odeur là. Il lu la lettre en diagonale. L'écriture de Garton avait connu des jours meilleurs, et d'après ce que disait le papier, c'était en partie parce qu'un oméga maîtrisant l'évolution avait mordu le vieillard.

La guérison des loup garous n'était plus aussi efficace avec le temps, et un vieil homme comme Garton avait apprit à ne pas en abuser. Plus un loup était vieux, plus utiliser la guérison était douloureux. Au moins savait-il faire des bandages. Néanmoins, Derek était inquiet. Garton n'avait jamais voulu rejoindre une nouvelle meute depuis que les siens étaient morts un par un . Il lui restait bien son frère, à qui il rendait visite tous les mois et qui vivait bien plus au nord du pays. Mais un loup solitaire était un loup vulnérable. Alors un vieux loup solitaire ? Même s'il vivait une vie bien rangée au milieu des humains, personne ne pourrait lui venir en aide si un oméga décidait de lui faire sa fête.

La lettre expliquait principalement à Derek qu'il avait besoin d'en savoir plus sur l'évolution. Le jeune Hale était apparemment le seul loup-garou qu'il connaissait à avoir atteint ce stade. Dans les grandes lignes, il avait sentit une odeur suspecte à l'arrière d'une brasserie où il était habitué et, après quelques semaines de traque, il avait trouvé un cadavre dans une réserve naturelle. Le loup était dangereux, le loup tuait. C'était une triste nouvelle. Car un loup qui tuait mettait en danger tous les êtres surnaturels du coin. Quand il y avait un cadavre, il y avait un chasseur, c'était certain. Puis, Garton avait tendu une sorte de piège à L'oméga et même s'il ne rentrait pas dans les détails, il affirmait que la bête qu'il avait vu avait dépassé le stade de la forme Bêta. Derek ne savait pas trop ce que c'était sensé signifier, mais il se contenta de hausser les épaules.

Garton n'était pas alarmé, et mis à part celle du sang, il n'y avait pas d'odeur de peur ou de maladie sur son enveloppe. Le vieux loup-garou ne lui demandait pas expressément de venir le rejoindre. Le brun allait donc rassembler toutes ses informations, et lui envoyer une lettre demain matin.

La journée s'était, dans l'ensemble, plutôt bien passée. Scott avait prévu de faire une réunion de meute au loft, et ça serait la première fois qu'il reverrait Stiles depuis leur dispute. Celui-ci n'avait pas répondu à son message pour la réunion, contrairement aux fois précédentes ( normalement Stiles lui envoyait des chaines contre la mucoviscidose, pour signifier qu'il avait lu, mais qu'un "Ok" était nul et pas utile, alors que répondre par des multiples pétitions, ça c'était utile ).

Comme Derek était encore énervé contre lui, cette absence de réponse le réjouit. A vrai dire, il s'en voulait de s'être emporté contre le plus jeune. Il n'était personne pour décider si oui ou non Stiles deviendrait un loup garou. Mais il trouvait ça étrange, parce qu'il était habitué à Stiles l'humain, Stiles celui qui peut traverser des barrières de sorbier, Stiles qui peut parler à des chasseurs ou à des créatures surnaturelles sans avoir l'air menaçant... et Stiles qui peut se faire kidnapper, posséder, mordre, blesser, tuer... Et tout un tas d'autres trucs morbides pouvant potentiellement le mener à la mort.

Si on pesait les pour et les contres, il était évident que Stiles était la personne qui se mettait le plus en danger quand la meute faisait face à un ennemi. Stiles avait ses forces, et Derek en était plus que certain. Après tout, il était capable de faire des choses que même un surhomme ne pourrait pas faire. Il était doué pour les recherches, il avait un esprit critique aiguisé et même si parfois ses actions semblaient être des gestes inconsidérés, il n'en était rien. Stiles réfléchissait aux choses avec un angle différent des autres. Ce qui était résolument stupide et fou aux yeux du monde devenait sensé et réfléchi sous le prisme de Stiles Stilinski. Et c'est surement parce qu'il était humain qu'il pouvait voir le monde comme ça.

A titre d'exemple, Scott faisait plus confiance à sa force qu'à toutes autres choses depuis qu'il avait obtenu ses pouvoirs. Il faisait aussi aveuglément confiance à Stiles pour la réflexion. Son prisme était celui de la Justice : il pouvait écraser le mal maintenant qu'il en avait la possibilité. Peu importait les conséquences en vérité. Pour Scott, ce qui était mauvais pour ses amis était à mettre hors d'état de nuire. Ça ne voulait pas non plus dire tuer, mais mettre de côté, éloigner. Il investissait toute sa force, tous ses pouvoirs dans ce but. Le problème, c'est qu'il ne voyait pas plus loin que la surface, il ne voyait pas les menaces sous-jacentes.

Stiles était le prisme de la Considération. Il n'agissait jamais sans savoir, sans rechercher, sans connaitre, sans se mettre à la place de l'autre. Ça biaisait la Justice de Scott, et ça la redressait. Stiles faisait toujours attention au bien fondé de toutes les actions. Il n'avait aucune confiance en sa force. Cela ne signifiait pas qu'il la plaçait dans son cerveau. Non, Stiles n'avait pas de confiance à proprement parler en son intelligence. Pour dire la vérité, il espérait toujours avoir raison, se diriger sur la bonne voie.

Ce que Derek détestait dans cet art de vivre, c'était son manque de prudence. Il mettait de l'espoir dans les forces de Scott, de ses amis, et il espérait inlassablement que tout marche comme sur des roulettes. Une confiance absurde dans ce qu'il ne connaissait pas. Stiles essayait toujours de comprendre les choses, doté d'une curiosité sans fond, qui lui faisait avaler des informations par litres. Il était doué. On aurait pu croire qu'il avait été formé par un sorcier ou un émissaire, à l'instar de Deaton. Il était doué, parce qu'il savait chercher. Mais rien que des informations, ça restait parfois rien que des informations. Stiles n'avait jamais rien de concret, parce qu'il n'y connaissait rien. Parce qu'il ne savait pas où la magie s'arrêtait, où le surnaturel s'arrêtait, ni même où il commençait.

Peut-être, osa-t-il penser, Peut-être que Stiles serait plus fort en loup.

Mais il prendrait ta place. lui rappela son subconscient. Et Derek songea au fait que personne ne pourrait remplacer la sienne, parce que personne d'autre ne traverse les barrières de sorbier. Parce que si Stiles connaissait soudainement les limites du surnaturel, il n'aurait plus aucun espoir absurde. Il n'espérerait plus, et il deviendrait comme lui. L'idée le faisait frissonner. Stiles deviendrait comme lui. Comme lui qui avait été si naïf étant plus jeune, qui avait espéré comme un idiot aurait espéré que tout aille comme sur des roulettes, même si on est un loup garou.

Derek réalisa qu'il ne voulait pas que Stiles devienne comme ça. Même s'il ne voulait pas non plus qu'il se fasse kidnapper, posséder, mordre, blesser, tuer. Il ne voulait pas que Stiles devienne le loup aigri, seul et déprimant qu'il était. Personne ne devrait devenir comme ça. Mais Stiles avait le droit de devenir plus fort s'il en avait envie, parce qu'il était vulnérable. L'idée même l'agaçait, parce que c'était évidement stupide de se faire mordre après avoir tant refusé la morsure, avec tant d'assurance et de conviction ( Derek l'avait sincèrement estimé pour ce choix, quand bien même considérait-il lui même la morsure comme un cadeau). Mais c'était au final à Stiles que reviendrait la décision. Derek n'était pas son Alpha, il ne faisait même pas partie de la meute. Alors ce n'était pas à lui de trancher à sa place. Néanmoins, il ne pouvait nier qu'il était contre, et il voulait protester. Pour ce que ça pouvait bien changer, au final. Que Derek donne son avis à Stiles avait toujours été aussi utile que d'essayer de balayer une pièce avec une fourchette.

Il grogna pour la forme et essaya de penser à autre chose. Les autres arriveraient dans quelques heures, et il n'avait pas envie d'occuper de trop ses pensées par ce gosse. Une nouvelle idée bête - mais réfléchie, bien sûr, toujours réfléchie, se rappela-t-il - ne serait qu'une idée bête en plus dans la vie de Stiles. Ils aviserons.

Derek avait comblé l'attente en faisant des recherches sur internet. Il était particulièrement nul et lent pour écrire sur un clavier et il avait rapidement décidé de se rendre à la bibliothèque municipale du compté voisin. Elle était plus grande, et il y avait plus d'informations. Franchement, les informations sur l'évolution des loups-garous étaient minimes. Il savait que sa mère en était capable, il savait que sa famille avait eu pas mal d'ouvrages dans leur bibliothèque qui auraient pu l'aider, mais c'était tout ce qu'il savait. Derek avait avait beau être habitué, avoir passé le cap du deuil, il n'en restait pas moins frustré. Sa famille était une telle ressource de bonheur et d'informations. Tout aurait été si facile si elle avait encore été là.

C'était même une pensée stupide, parce que si sa famille était encore vivante, Peter n'aurait jamais mordu Scott, et Derek n'aurait jamais eu à évoluer. Ou alors peut-être quand il aurait eu quarante ans passés. Il sourit à l'idée - et c'était rare pour lui de sourire face à son avenir- et reprit ses recherches. Seulement, après presque quatre heures de lecture intensive, Derek, certes, en savait plus sur la reproduction des Wendigo que n'importe qui, par contre, les seules informations qu'il avait obtenu sur l'évolution consistait à dire que toute personne capable de transformation complète était instable et dangereuse. Ce n'était pas une grande trouvaille quand on considérait déjà qu'un oméga était dangereux et instable. Il avait un peu peur de ne pas savoir quoi écrire à Garton demain matin. Et Derek estimait le vieux loup : il n'avait pas envie de le décevoir.

Il voulu envoyer un message à Stiles, puis il se ravisa. Non. Il était encore en colère contre lui. Peut être pas pour leur dispute, mais au moins parce qu'il n'avait pas pu suivre les traces du loup blanc à cause de lui.

Puis, la réunion de meute était arrivée. Et Derek avait ressenti un soulagement sourd quand il avait entendu de la bouche de Stiles que personne n'allait se faire mordre. C'était rare qu'il le sente aussi distinctement, principalement parce qu'il ne faisait qu'un avec lui, mais il eu la sensation que son loup s'était assis sur son derrière en prenant un air excessivement satisfait par la nouvelle. Stiles ne voulait pas la morsure, Stiles restait humain. Stiles continuait à traverser des barrières de sorbier, à espérer. Il gardait le prisme de la Considération. Stiles conseillait son alpha, et Derek conservait donc son rôle de Sentinelle. Oh, Stiles pouvait toujours se faire kidnapper, posséder, mordre, blesser, tuer. Mais Derek n'en restait pas moins satisfait. Stiles restait Stiles. Avec un bonus improbable d'accord-de-non-agression-et-plus-si-affinité.

Quand tout le monde fut partit, Derek finit de ranger le loft. Il râlait, mais il ne demanderait jamais vraiment aux gosses de ranger après leur passage. Le plus souvent, Derek grognait -personne n'aimait se taper un loft à nettoyer, loup-garou ou non- mais en même temps avoir la meute de Scott chez lui, c'était bien. C'était bien parce que ça changeait du silence, et ça donnait des allures de famille qui lui plaisaient. Pendant qu'il pendait la serpillière sur un radiateur, il songea que oui, c'était bien, mais putain, c'que c'était chiant à laver.

Il se rassit devant ses recherches et commença à s'inquiéter. Garton avait besoin d'une réponse, et Derek voulait envoyer sa lettre le plus vite possible. C'était pas tout de ne pas être capable de rédiger un message, mais avec Garton, quand on parlait par lettres, il y avait des jours entiers entre les réponses. Parfois, ça ne signifiait pas grand chose, et parfois, en une journée, une meute entière pouvait être décimée. Il frissonna.

A deux heures du matin, après avoir étudié le mode de vie hétéroclite des golems de montagne, Derek envoya un message à Stiles. Ils n'étaient plus en froid, pas vrai ?

Il ne s'attendait pas à avoir une réponse dans la minute qui suivait.

[Derek] J'ai besoin de savoir tout ce que tu sais à propos de l'Evolution.

[Stiles] Bonjour Derek, moi non plus je dors pas. Tu passes une bonne nuit ? Oui oui, moi aussi je vais bien.

[Derek] Stiles, t'es lourd.

[Derek] ... Pourquoi tu ne dors pas ?

[Stiles] Je suis content que tu demande :)

[Stiles] Je suis en train d'occuper ma nuit, mon père m'a puni.

[Derek] Un vrai gosse.

[Stiles] Tu disais que t'avais besoin de mon aide ?

Ça sonnait comme une provocation, mais Derek leva les yeux au ciel et fit semblant de prendre la question au premier degré.

[Derek] Oui. Des recherches sur l'Evolution.

[Stiles] Att je te les envoie.

[Derek] ?

[Stiles] Quoi ?

[Derek] T'as déjà fais les recherches ?

[Stiles] Bien sûr. Tu crois que je ne me suis pas renseigné après ce qu'il s'est passé au Mexique ?

[Derek] Non

[Stiles] Quoi, "non" ?

[Derek] Non, je ne pensais pas que tu t'étais renseigné sur l'Evolution

Au même moment, il reçut un e-mail de Stiles sur sa boite mail. Il l'imprima sans même regarder le contenu.

[Stiles] J'ai tout un tas de recherches sur vous, au cas où. Tu savais que les loup-garous évolués ont plus de sensibilité animale ?

[Derek] Et ?

[Stiles] Si je te jette un bâton, t'auras envie d'aller le chercher, Derek, c'est ce que ça veut dire.

[Derek] Je suis pas un chien

Elle leva les yeux vers Stiles. Celui-ci avait arrêté de pianoter sur son clavier, et il était maintenant concentré sur son téléphone portable. Ce qui avait réveillé l'Esprit lupin, c'est son rire moqueur. Le brun posa quelques minutes son cellulaire, continuant ses recherches en cours sur son ordinateur dans le même temps. Au bout d'une dizaine de minutes, son portable se mit à vibrer de manière répétées, annonçant une série de messages.

-Stiles, à qui tu parles ?

Seul un ricanement lui répondit.

[Derek] Stiles, pourquoi tu m'as envoyé une chaîne sur les violences conjugales ?

[Derek] Stiles, je viens d'imprimer tout ton putain de mail sur les violences conjugales.

[Derek] Quand est-ce que ça se finit ? l'imprimante chauffe.

Et, encore deux minutes plus tard :

[Derek] Ça ne s'arrête pas. Pourquoi ça ne s'arrête pas ?

Cette fois-ci, Stiles se mit à rire bruyamment. Et Elle, frustré de ne pas être au courant de ce qui amusait très fortement son son colocataire de cerveau, sauta sur sa chaise et s'appuya sur l'accoudoir du siège de Stiles, tentant de lire par dessus son épaule. Mais le fou rire de l'adolescent le déconcentrait.

[Stiles] :))))

[Derek] Tu savais que j'allais imprimer ton mail sans le lire

[Stiles] Bien sûr que non, Derek, j'étais intimement persuadé que tu étais un homme très consciencieux et que tu ne tomberais jamais dans un piège si piètre et ingénieux à la fois.

[Derek] ...

[Stiles] Ça aurait pu être pire. J'ai fais imprimer le nouveau testament à Scott, une fois.

Comme Derek ne répondait pas, Stiles se demanda si le loup garou ne lui faisait vraiment pas la gueule. Il jeta un coup d'oeil à Elle, qui haussa les épaules. " C'est toi qui fait copain-copain avec lui, pas moi" avait déclaré le loup français en retournant aux pieds du garçon avec un saut élégant. " Ta rancune est si nulle." rétorqua Stiles avant de chercher une réponse convenable pour que Derek ne se vexe pas trop et qu'il ne tente pas de le tuer à leur prochaine rencontre. Mais un message de Derek le coupa.

[Derek] Je viens de lire le dossier sur l'évolution que tu m'as envoyé.

[Stiles] Alors ? T'as besoin d'autre chose ?

[Derek] Pourquoi tu appelles les loups garous des "Poils tordus" ?

[Stiles] C'est pas moi, c'est Elle qui dit ça-...

Il effaça son message et se reprit :

[Stiles] Nom de code.

[Derek] On est pas dans un film d'espions, Stiles

[Stiles] Non, effectivement. La plupart du temps, on est dans un film d'horreur. Voir même une série vu l'ampleur que ça prend.

Derek ne répondit pas dans l'immédiat, et Stiles devina qu'il avait reprit sa lecture. Stiles était du genre a bien documenter ses dossiers de recherches, avec de multiples brochures et scans d'articles. Il avait même "emprunté" définitivement quelques livres de la bibliothèque du lycée pour agrémenter ses dossiers. Il continua ses recherches, bien moins concentré qu'au départ.

[Derek] Ils ont des moyens de pression ?

[Stiles] ? qui ça ?

[Derek] Chasseurs

[Stiles] Derek, une phrase c'est plusieurs mots d'affilée et ça permet la communication sans embûche.

[Derek] Les chasseurs dont tu parles dans le dossier, ont-ils un autre moyen de pression que l'aconit ?

[Stiles] Att, faut que je relise, je sais pas de quoi tu parles.

Le jeune homme se pencha sur son bureau et sortit d'un des tiroirs une liasse de feuilles qu'il avait déjà imprimé auparavant. Comme ça faisait déjà plus de deux heures qu'il épluchait des sites a propos des créatures capables de se transformer sans morsures préalables, il sauta plusieurs paragraphes. Il n'y avait pas pensé, tiens. Mais Derek faisait totalement partie de ces personnes capables de se transformer en loup sans avoir jamais été mordu. Mais Derek était un loup garou. Ce que Stiles n'était pas -Pas encore-. Et puis, Derek n'avait pas l'air de parler a quelqu'un d'autre que lui même dans sa tête. Il arriva au paragraphe dont Derek parlait. Celui qui expliquait qu'ultérieurement, les loups garous évolués étaient bien plus courants, car les gènes étaient bien plus purs entre les familles. Sans doute était-ce grâce aux gènes Hales que Derek avait atteint l'évolution, mais aussi que Malia avait vécut les trois quarts de sa vie sous forme animale. Ça expliquait aussi la forme alpha de Peter, qui était tout sauf très humaine. L'article expliquait que pour pouvoir palier a la différence de force entre un loup garou normal et un loup garou évolué, les chasseurs avaient des moyens de traques bien plus performants qu'aujourd'hui. Stiles se souvint en le lisant quand il avait tapé ce texte. C'était après avoir lu plusieurs récits de chasseurs, des récits qui racontaient comment plusieurs meutes de loup-garou évolués ( tous décrits sous forme animale dans le texte) avaient été décimés en Allemagne, un peu après 1900. Le fils du Shérif avait trouvé l'exploit louche, parce que même aujourd'hui, les chasseurs les plus expérimentés avaient du mal a venir a bout d'une meute d'adolescent dégingandés comme eux. Et ils n'avaient pas beaucoup de loup-garous évolués dans leurs rangs. En fouillant dans son tiroir, il retrouva la page de livre arrachée et agrafée sur laquelle il s'était appuyée. Sur un coin de la page, il avait même griffonné au crayon de bois " autres armes ? "

Existait-il une arme spécifique aux loup garous évolués ? Il fronça les sourcils. Il avait fait beaucoup de recherches sur l'aconit tue loup et il surveillait régulièrement les sites de vente. Il existait des champs d'aconit utilisés dans des laboratoires pharmaceutiques, et Stiles avait toujours peur de voir un timbré au courant du surnaturel acheter une grosse réserve d'aconit pour exterminer tout ce qui avait des poils et des crocs. Mais chercher des armes contre les loups garous était assez étrange. Surtout que dans le cas des loup-garous évolués, ça revenait à chercher une arme contre Derek lui-même, et ça rendait Stiles un peu mal à l'aise.

Perdu dans ses pensées, il relut l'article qui racontait les attaques de 1900, perpétuées proche de Lübeck. Le massacre était assez répugnant à lire, et il se rappela pourquoi il n'avait pas voit ces feuilles là au dossier. Le brun ne remarqua qu'après une dizaine de minutes que Derek lui avait envoyé une dizaine de messages qui lui demandaient où il en était dans sa lecture. Le dernier message l'inquiéta subitement. Il se dépêcha d'y répondre.

[Derek] Je t'appelle.

[Stiles] Quoi ? non !

[Derek] Pourquoi non ?

[Stiles] Parce qu'il est deux heures du matin, que je suis sensé dormir - et être puni qui plus est- et aussi parce que le shérif dort dans la chambre de mon père.

[Derek] .

[Stiles] Est-ce ta façon à toi de ne pas m'engueuler parce qu'on a un accord, mais de me faire savoir que tu fronces les sourcils ?

[Derek] .

[Stiles] Oulah, t'es même en train de grogner à ce que je vois.

[Derek] Stiles, t'es d'un lourd

[Stiles] C'est ce qui fait mon charme. J'ai relu le dossier.

[Derek] Est-ce que les chasseurs d'avant avaient des armes spécifiques contre les loups garous évolués ?

[Stiles] Je peux te poser une question, avant de te répondre ?

[Derek] .

[Stiles] Je m'en fiche de tes sourcils froncés, je vais poser ma question quand même.

[Stiles] Pourquoi tu cherches des armes contre toi même ?

[Derek] Je cherche pas des armes contre moi-même.

[Stiles] Ah ?

Voyant que Derek ne lui répondait pas, Stiles soupira en levant les yeux au ciel.

[Stiles] C'était une question, Derek. Pourquoi tu cherches des moyens de pression contre les loups-garous évolués ?

[Derek] Utilise des mots, je peux pas deviner

[Stiles] C'est l'hôpital qui se fout de l'infirmerie !

[Derek] C'est un de mes contacts a été attaqué par un oméga. Il serait capable d'évoluer.

[Stiles] Merde, il va bien ?

[Stiles] Ton contact je veux dire, pas l'oméga.

[Derek] C'est un loup garou, il sait se débrouiller. Mais un oméga reste un oméga. Évolué ou non

[Stiles] Qu'est-ce que tu veux dire ?

[Derek] Imprévisible.

Cette fois-ci, Stiles n'eut pas besoin de déchiffrer ce que le noiraud voulait dire. Il attrappa son pc qu'il avait glissé sous son lit et il envoya un article à Derek.

[Stiles] Je pense que l'atout des anciens chasseurs, c'est que la plupart d'entre eux avaient aussi des "émissaires" de leur côté. Je viens de t'envoyer un témoignage. C'est un groupe de chasseurs d'Amérique du nord qui retracent un itinéraire pour aider leur druide à se réapprovisionner en herbes. Je l'avais mis de côté.

[Derek] Tu penses qu'un loup garou évolué aurait plus de vulnérabilité aux plantes qu'un loup garou normal?

[Stiles] Je pense que n'importe quel être surnaturel est plus vulnérable à la magie. Et les plantes sont des vecteurs de magie.

[Derek] ça se tient

[Stiles] Les druides gaulois étaient très reconnus dans ce genre d'affaires, mais ils ont enterré leurs connaissances des plantes dans leurs tombes. Il faut absolument être un apprenti pour être acceptés dans leur cercle.

[Stiles] Je ne pense pas que ça puisse vraiment t'aider, à moins que ta connaissance ne soit un druide ?

[Derek] J'irais demander à Deaton

[Stiles] Honnêtement, on peut pas vraiment considérer ça comme une aide.

[Derek] Quelle plaie.

[Stiles] ?

[Derek] Deaton.

Stiles s'étouffa avec sa salive. Il ne s'attendait pas à tant d'honnêteté de la part de Derek.

[Derek] Liam m'a dit que demain vous alliez au caveau

[Derek] Je passerais


"Il n'y a pas que ce que l'on dit ; la manière dont on le dit, c'est un message aussi."

C'est une phrase que j'ai lue en écrivant le chapitre. Ce n'est pas une citation, juste un commentaire de l'auteur de l'article que je lisais -une leçon d'orthographe sur l'expression "d'affilée" qui est invariable, si vous voulez tout savoir-, et j'ai trouvé ça très juste.

Je suis profondément désolée pour le retard de ce chapitre ! ( c'est peut-être pour me faire pardonner qu'il fait presque le double de d'habitude ) Je suis en déménagement/emménagement/Travaux depuis le début du mois ( voir même un peu plus ) et j'ai pas tellement de temps pour écrire ( en plus je passe mon code le 28 mdr je suis dans la merde, g ri1 foutu lol )

En plus, je commence sérieusement à en avoir marre de corriger (je m'en rendais pas compte, mais rien que pour corriger et mettre en italique/gras, je passe jusqu'à deux heures sur chaque chapitres -et en plus je laisse des coquilles- )

Je remercie tous les gens qui ont laissé des commentaires ainsi que tous les petits fantômes qui passent par là ( mici bocou )

Plein d'amour :3

Réponses aux reviews :

Vampirou : T'en a de l'endurance ! Wow. Même moi j'ai la flemme de relire mes chapitres, vu le temps que ça me prends xD Eh bien, je prends ça comme un compliment ( je sors de l'ordinaire, c'est chouette héhé ) n'hésite pas a exposer tes théories ( on sait jamais )
J'ai l'impression que la meute fait grincer des dents... (je comprends, il sont pas très très sympatoches) -mais notons qu'ils ont tous fait un câlin à Stilette -même jack-jack ! -
N'empêche, moi aussi j'ai hâte de vous présenter la suite ( j'aime beaucoup trop écrire cette histoire :)))) )
Merci beaucoup, à bientôt ;)

Ariadanae : C'est pas grave t'inquiète pas ! ( moi aussi j'ai eu du retard en plus, c'est à moi de m'excuser ) ( mdr pourquoi on agit comme si c'était devenu une sorte de rdv/routine ? )
Je suis contente que la disparition d'Elle ait fait son petit effet ( j'avais peur que ce soit un peu trop soudain et qu'on arrive pas à rentrer dans l'histoire/l'émotivité)
Pour ce qui est des dialogues Stiles/Derek, j'espère qu'ils sont bien fait ( et pas trop OOC), c'est quand même un Sterek ;o;
Je me demandais si le découpage de l'histoire avec deux temporalités différentes ne rendait pas l'histoire trop dure a suivre ( j'ai un peu peur qu'on finisse par oublier ce qui se passe dans le présent "présent" )
Est-ce que Derek va finir par tout découvrir ? Ou quelqu'un d'autre ? :o ( je ménage le suspense comme je peux mdrr )
Merci beaucoup pour ta review (et ton véritable investissement, bon dieu ! Tu me motives vraiment à chaque chapitre, et c'est vraiment gratifiant de lire des reviews comme ça, merci beaucoup ! )
J'espère que tu vas bien ( et je me demandais si tu écrivais, toi aussi ? T'as l'air tellement à l'aise ! :O )
La bise :3