Puisque le jeune homme n'arrivait visiblement à rien devant son écran, il se laissa glisser dans son lit. A peine quelques minutes de somnolence plus tard, il sentit Elle lui donner des coups de museau sur la joue. Sa truffe était humide et Stiles se mit à rire. L'Esprit Lupin dû considérer ça comme un signal pour lui sauter dessus parce qu'il sentit bientôt les pattes avant du loup sur son torse, juste avant que le reste de la boule de fourrure ne s'écrase sur lui pour le câliner. La chaleur d'Elle était géniale. Il voulait avoir un oreiller comme ça tout le temps.

- Allons chasser, Stiles ! chouina le loup en lui léchant le bas de la joue, le seul endroit qu'il pouvait atteindre quand Stiles le serrait comme ça.

- Mais Elle, il est 6 heures du matin, et je n'ai pas fermé l'œil de la nuit.

- On a toute la journée pour dormir, justifia Elle.

- On a cours. Lui rappela le jeune homme.

- C'est bien ce que je disais.

L'air de défi dans les yeux du loup suffit à faire flancher Stiles et il se leva brusquement en attrapant son sac à dos. L'animal parut étonné d'avoir réussi son coup aussi rapidement, et de peur de rembrunir son colocataire, il ne fit aucune remarque et se contenta de trépigner sur place. Mais Stiles n'était visiblement pas un exemple de rapidité, parce qu'il mettait un point d'honneur à mettre tous ses vêtements à l'abri de toutes saletés. Il en avait marre de retrouver ses vêtements couverts de boue quand il partait en forêt. Mais l'Esprit Lupin leva vers lui un regard désabusé, désignant la fenêtre.

- Allez, fous toi à poil ici, Stilette. (Elle adorait l'ambiguïté de cette expression, et Stiles leva les yeux au ciel) C'est pas comme si c'était la première fois que tu sautais par là.

Et non, au grand dam de Stiles, ce n'était pas la première fois qu'il utilisait sa fenêtre en tant que chatière-grandeur-loup. Le brun eu l'air de réfléchir sérieusement à la proposition d'Elle : partir à poil, littéralement sous la peau du loup, sans prendre d'affaires. Il continua de mettre ses vêtements dans son sac.

- Nope, Elle. Parce que sinon, je ne pourrais pas rentrer à la maison. Et je ne compte pas revenir en loup.

Elle renifla, contrarié par l'esprit vif du plus jeune.

- C'est ennuyant que tu ne sois pas bête.

- Elle, tu vis dans ma tête depuis un moment maintenant, non ? et tu crois encore que mes propres techniques de manipulation fonctionnent sur moi ?

- L'espoir fait vivre.

Stiles positionna tranquillement sa chaise face à sa porte de chambre et il s'y assit, posant son sac sur les genoux. Le loup le regarda, perplexe, s'asseoir comme s'il ne venait pas tout juste de donner son accord pour aller chasser. Désappointé, il pencha la tête sur le côté.

- Stilette ? Qu'est-ce que tu fous ? On s'en va pas ?

- On est toujours punis, mon p'tit père.

Pendant qu'il répondait à l'animal, il commença à farfouiller sur son portable à la recherche de ce qui pousserait son père à le laisser partir.

- Quoi ? tu veux dire que tu vas attendre jusqu'à ce que ton père se lève -et il est endormi bien comme il faut vu ses ronflements- et qu'il daigne t'ouvrir la porte ?

Alors qu'Elle grognait dans son coin, la musique d'un cours de fitness commença à retentir dans toute la maison. Le loup se figea et roula des yeux. Il commençait vraiment à cerner Stiles et alors que celui-ci s'asseyait sur sa chaise en tailleur et posait ses bras sur ses genoux dans la position la plus représentative du yoga, Elle demanda :

- Est-ce que tu as connecté toutes les enceintes de la maison ?

- Yup'.

- Est-ce que le réveil de ton père est également une enceinte ?

- Yup' yup'.

- Sérieusement, tu devrais être en prison.

- Yup' yup' yup'.

La musique commençait à s'accélérer et la voix d'une entraîneuse se mit résonner. Elle commença par leur souhaiter une bonne journée et par sortir des citations ridicules pour les motiver à commencer leur journée sur le bon pied. Et Elle regardait Stiles garder son calme et son masque d'impassibilité, tranquillement assit dans sa position du lotus. On comprenait au premier coup d'œil qu'il n'en était pas à son coup d'essai.

C'est alors que les pas de papa-Stilinski retentirent lourdement dans le couloir, se dirigeant visiblement vers la chambre de Stiles. La porte s'ouvrit violemment sur le shérif. Il tenta d'ouvrir la bouche pour engueuler son gamin, mais sa langue était pâteuse à cause du sommeil et tout ce qu'il parvint à prononcer fut un balbutiement bizarre de " Mais Stiles, pourquoi tu me fais ça ?"

- Oh, papa, tu es tellement gentil de venir ouvrir la porte à ton fils que tu as siii longuement punit !

Son père cligna des yeux. Plusieurs fois.

- Puisque tu as élevé un fils si exemplairement intelligent, je comprends immédiatement par-là que tu me permets de mettre fin à cette assignation à résidence, n'est-ce point ?

Il se leva et prit son père dans ses bras, dans une étreinte exagérée. Celui-ci se gratta l'arrière de la cuisse, pas plus réveillé et cherchant à peine à faire les connexions entre ses neurones. Derrière eux, la présentatrice fitness commençait son entrainement par une séquence de talon-fesse endiablée.

- Pourquoi la m'dame parle 'core ? marmonna son père en baillant.

Tapotant la tête de son paternel sans même lui répondre, Stiles se saisit de son sac laissé sur la chaise et se précipita vers les escaliers. Elle l'attendait déjà en bas, ricanant en secouant les épaules.

- Stiles, comment ça s'arrête ? demanda le shérif sans avoir la force d'élever la voix. Il passa sa petite tête ensommeillée en haut des escaliers, les yeux bouffis de sommeil.

- Ça s'arrête quand c'est fini, papounet d'amour. Ne fait pas à manger ce soir ! A toute p'pa !

Et il ferma derrière lui.

-Opération Papa-lâche-la-bête est un succès ! s'écria Elle en sautant sur place. (Stiles commençait sincèrement à se demander si Elle n'avait pas une sorte de kink secret pour les conflits)

- C'est en vérité une opération indigne et d'une bassesse inégalable. Souffla Stiles, humblement et l'air grave. Attaquer papa avant 7 heures 20... Je te jure, on ne peut même pas qualifier ça de coup bas, à ce stade c'est de la traitrise...

Stiles ne prit pas longtemps pour changer de forme, profitant du cul de sac où les poubelles de la rue étaient entassées. Il ajusta les lanières de son sac à sa forme canine et quelques secondes après, il passait de l'adolescent dégingandé au loup couleur sable. Comme à chaque fois, l'Esprit Lupin était éjecté hors de son cerveau et cela lui laissa une impression de vide et de froid désagréable. Elle s'approcha de lui avec satisfaction, le léchant du bord de la joue jusqu'aux derniers poils de son oreille. Pour toute réponse, Stiles éternua.

Il se secoua, comme pour se débarrasser de la sensation étrange qu'il avait à chaque fois qu'il changeait de corps. Puis, il attrapa son sac dans sa gueule et se mit tranquillement à marcher dans la rue. Heureusement, si tôt, personne n'était debout. Et avec un sac de gosse dans la bouche, Il aurait pu donner l'illusion d'être un gros chien. Elle lui avait déjà assuré en rigolant qu'il se voilait la face, parce qu'il avait des pattes bien trop grosses pour laisser un doute à qui que ce soit. Heureusement, l'entrée de la forêt n'était pas si loin, et de toute façon, Stiles prenait rarement de tels risques pour aller gambader.

Il déposa d'abord son sac au parking en terre rouge, le dissimulant derrière la clôture. Puis, Il suivit Elle dans les fourrés, évitant du mieux qu'il pouvait les limites du territoire de Derek. Il ne pouvait pas dire qu'il avait maintenant un territoire à proprement parler - principalement parce qu'il ne pissait pas et ne se sentait pas possessif à chaque fois qu'un animal potentiellement canin croisait sa route-. Par contre, il avait une routine, et plusieurs chemins qu'il empruntait régulièrement pour éviter toutes mauvaises rencontres. Il avait déjà aperçu sur la route de petits délinquants et des chasseurs inexpérimentés, et même s'il avait eu la chance de ne pas être vu, il préférait quand même ne pas être a découvert.

Parmi les points auxquels il passait régulièrement, il y avait le monticule de pierre : cette toute petite falaise qui descendait abruptement vers les premiers signes de la rivière. Celle-là même qui menait au lac de Beacon Hills. Ce monticule de pierres signait la limite du territoire de Derek et même s'il faisait attention à ne pas dépasser cette ligne imaginaire, il ne pouvait pas non plus s'empêcher de l'effleurer à chaque fois. Souvent, Elle partait devant lui, la truffe collée au sol à la recherche d'une piste. De temps en temps, l'animal brun relevait la tête pour jeter un coup d'œil vers lui ou pour humer l'air. Stiles commençait toujours la balade en restant dans ses habitudes humaines : tête haute, démarche trottante, les oreilles bien hautes. C'est seulement lorsque son ouïe surnaturelle captait un mouvement suspect qu'il se baissait sur ses pattes arrière, marchait sur ses coussinets et avançait en affleurant le sol. L'instinct du loup le guidant.

Et même si Elle ne pouvait pas chasser à proprement parler parce que son corps traversait les proies, il était toujours exceptionnellement heureux de se tenir aux côtés de son acolyte. Pour être honnête, Stiles n'avait pas vraiment besoin de la présence d'Elle pour chasser : c'était généralement à l'instinct qu'il s'aplatissait sur le sol et qu'il sautait sur une prise. Mais Elle pouvait s'approcher plus près -parce que les esprits ne faisaient pas de bruit- et il donnait tout un tas de conseils à Stiles pour ajuster sa posture ou pour lui expliquer comment fonctionnait telle ou telle proie. Stiles n'aurait jamais osé lui gâcher son bonheur.

Ce jour-là, Elle était resté à ses côtés et leurs épaules se frôlaient. De temps en temps Stiles lui marchait sur une patte pour le taquiner mais ils ne s'intéressaient pas encore à la chasse à proprement parler. Ils profitaient. Puis, alors qu'ils descendaient en aval de la rivière, ils croisèrent quatre daims. Comme le vent soufflait vers les loups, les herbivores n'avaient pas encore capté la présence de Stiles. D'habitude, le loup couleur sable attendait au moins de s'être suffisamment éloigné du territoire de Derek pour chasser. Mais de toutes les bêtes qu'il avait pu chasser jusqu'ici, les cervidés étaient les meilleures. Parce que c'était de grosses proies, et bon dieu, ce qu'il aimait leur courir après. Ça faisait gonfler l'égo. Il épargnait les détails du goût a Elle parce que le loup brun était suffisamment frustré de ne pas pouvoir manger de la biche dans sa tête.

Elle lui lança un regard inquiet. Le loft de Derek était juste derrière eux, et ils ne pouvaient pas prévoir la direction que prendraient les daims dans leur fuite. C'était trop dangereux. Il allait japper pour avertir Stiles mais un éclair de fourrure blanche lui passa sous le nez.

Trop tard.


Derek était arrivé chez Deaton à 6 heures tapantes, pile au moment où le vétérinaire arrivait à sa clinique pour nourrir les animaux en convalescence. Comme d'habitude, le druide l'accueilli comme s'il avait été mis au courant de son arrivée. La discussion ne dura pas longtemps, mais juste assez pour que le noiraud ait envie de claquer la tête du métisse sur son bureau de bois sombre, parce que ses énigmes étaient assez affligeantes pour le mettre en boule. Il ne supportait pas ça.

C'est seulement quand l'Oméga commença à grogner que Deaton consentit à répondre à demi-mot à Derek : Oui, il existait des herbes capables d'affaiblir une bête évoluée. Notamment une sorte de gui avec un nom à coucher dehors qui agissait comme un stabilisateur et bloquait un être surnaturel dans l'état où il se trouvait. S'il était transformé, le loup garou garderait cette forme même dans la mort. Ce genre de facultés avait donné cours a tout un tas d'activités taxidermistes tordues durant le moyen-âge. Pour des raisons évidentes, la culture de cette plante avait été interdite dans le monde druidique. Néanmoins, quelques manuels anciens qui parlaient encore de la dissection des sirènes ou des demi-orcs relataient l'utilisation de ce genre de plantes. Et Comme les lois druidiques interdisaient l'utilisation du gui-machin-bazar, évidement, Deaton n'en possédait pas.

Le vétérinaire était étonnement à cheval sur les règles, et Derek avait horreur des règles quand elles l'empêchaient de protéger quelqu'un. Après quelques grognements supplémentaires, Deaton lui parla aussi de l'influence de certains arbres qui permettaient aux jeunes loups de se contenir lors de la pleine lune, ainsi que plusieurs décoctions. Mais plus il parlait de solutions à Derek, plus il ajoutait des règles et des interdictions. Ça l'agaçait.

- Et puis, si c'est un Oméga, trouver une meute est sans nul doute le mieux à faire.

Avec la façon dont Deaton le regardait et son sourire fin, Derek ne sut dire si l'émissaire parlait de lui ou du loup auquel Garton avait affaire. Malgré l'apparence, la pique fit mouche et le noiraud se renfrogna. Il ne rejoindrait pas la meute de Scott, jamais totalement. Parce qu'il était mauvais en meute, et qu'il foutait souvent tout en l'air. Il eut une pensée pour la dispute avec Stiles. En fait, même quand il ne faisait pas totalement partie d'une meute, il était capable de faire des dégâts.

Au final, quand il sortit de la clinique -dès qu'un client fit son apparition-, Derek n'était pas plus avancé. Garton ne tuerait probablement l'oméga - et ne pourrait pas non plus manipuler de l'aconit-tue-loup, à l'évidence. Mais toutes les autres solutions étaient interdites, quasi impossibles et sérieusement, qui pourrait trouver de la "poudre de chêne ayant bourgeonné un jour d'éclipse lors d'une année binaire" ? Les remèdes étaient des sortes de miracles. Il fallait soit être né manchot lors d'une année bissextile pour cueillir la plante et conserver ses effets soit être issu d'un mariage consanguin sur quatre génération -et cette fois-ci, tenter de ne pas naître manchot-. C'était ridicule. Derek se contenta alors de se rendre à la poste avec toutes les informations récoltées par Stiles. Ça l'emmerdait de ne pas avoir trouvé de solution miracle pour aider Garton, mais il avait au moins réussi à rassembler quelques petits trucs, et c'était ce que Garton lui avait demandé. Ça suffirait, pour l'instant.

A sept heures et demi, il rentra chez lui.

Enfin, c'était sans compter sur l'énorme animal blanc qui arrachait un morceau de poitrail à un daim tué sur le pas de sa porte.

Stiles était en train de plonger ses crocs dans la chaire crue quand une masse atterrie sur son dos. Sa réaction fut étonnement rapide, lâchant sa précédente proie, il fit volte-face et mordit la première chose qui lui passa sous le nez. Une épaule, de la fourrure. Il mit par contre un peu de temps avant de déterminer ce qu'il avait devant les yeux. Un poids d'un noir presque trop sombre et des crocs assez affutés. Malgré son adaptation au monde lupin, son premier réflexe était de regarder. Regarder et voir un loup noir aux yeux clairs ; regarder et n'y voir qu'un loup lambda qui s'impliquait dans une rixe de territoire, Seulement regarder. Si bien que lorsque Stiles éjecta le loup au-dessus de lui avec ses pattes arrière, il se releva et se mit à grogner bassement en menaçant directement son opposant, jouant de sa taille. Il ripostait. Puis il réalisa son erreur quand il renifla et fut agressé par l'odeur de Derek. L'odeur était si forte, si pleine de l'essence de l'Omega que cela le déstabilisa.

Le loup devant lui, noir, majestueux à sa manière et les yeux brillants en réponse à ses provocations, c'était Derek. Derek Hale. Genre, le type qui avait vécu dans un barbecue froid pendant 2 ans et qui réunissait à lui seul toutes les qualités d'un dealer, sans en être un. Ouais, ce Derek-là. Il eut un peu de mal à encaisser la nouvelle parce que Stiles ne l'avait jamais vu sous sa forme lupine, même lorsque la meute avait été confrontée au Mexique. Bien sûr, il avait enquiquiné le loup garou pendant des mois pour voir ce spectacle, parce que c'était injuste que tout le monde l'ait vu sauf lui. Mais c'était Derek et il ne fallait pas se leurrer : bien sûr qu'il avait envoyé bouler le plus jeune. Eh bien, Stiles n'était pas déçu. Quoi qu'un peu paniqué parce qu'il ne savait pas quoi faire dans un combat sous forme de loup contre un autre loup - et qui plus est, contre Derek-. Mais pas déçu. Seulement, aujourd'hui il n'avait pas les mots pour parler, mais juste ses crocs.

Derek était un gabarit plus petit que le sien, mais Elle disait que Stiles était énorme et qu'il devait tenir ça des loups d'arctique, alors sans doute que le loup noir avait une taille normale. Il n'eut pas le temps de s'enfoncer dans ses réflexions que l'intéressé revint à la charge. Il visa l'encolure, cherchant à renverser Stiles et celui-ci était trop perdu pour réellement répliquer. Ok, il savait tuer des cerfs a l'instinct, mais se battre contre Derek ? Il improvisa donc, et quand Derek atteint son cou, il fit un mouvement rapide de la tête vers le bas pour entrainer le corps de son assaillant ailleurs avec son élan. Cela ne manqua pas et Derek fut entrainé par-dessus Stiles et il dû lâcher sa prise avant même d'avoir réussi à entamer la chaire. Derek ne perdit pas l'équilibre pour autant et comme il avait l'expérience et la vitesse de son côté, il tenta d'attaquer son ventre. Stiles eut soudain une pensée qui lui disait clairement " mon bidou est en danger, à protéger !" et quand le noiraud tendit la gueule vers son flanc, Stiles lui roula dessus. Dans le sens littéral du terme.

En fait, pour empêcher Derek de goûter à ses les tripes, il lui tomba dessus avant qu'il n'ait pu ouvrir la gueule et il l'écrasa de tout son poids. La raison pour laquelle il avait roulé dessus ensuite, c'était parce qu'il n'arrivait pas à se relever, mais ça personne n'avait besoin d'être au courant. Derek jappa, plus surprit que blessé - quoique Stiles avait l'air lourd- et l'adolescent aurait voulu avoir filmé ça parce que ça lui faisait le même effet qu'un " mais, wut bordel ?!". Ce que Derek n'aurait jamais dit en étant humain, mais qui faisait son petit effet sous forme de glapissement lupin.

Quand Stiles fut sur pattes, Derek était déjà sur lui, lacérant ses côtes avec ses pattes arrière, visiblement mécontent. Cette fois-ci, les griffes traversèrent la peau.

D'abord, Stiles tenta de se soustraire à la prise du loup noir. Puis, la douleur le fit réagir, et son corps se tendit comme un arc bandé. Presque hors de son propre contrôle, il repoussa Derek avec une force qu'il ne se connaissait pas et, la seconde d'après, il eut les crocs si près de la gorge du loup qu'il put entendre le sang battre dans sa jugulaire, vibrant proche de ses dents, contre sa langue. Stiles eut seulement le temps de penser "Putain, je ne vais pas tuer Derek !", et c'était tout, sa soudaine réaction hors de contrôle était calmée. Son réflexe bestial s'était tut.

Derek était immobile sous lui, sentant la peur et sentant visiblement aussi la mâchoire délicatement posée de Stiles contre son cou. Il semblait attendre la suite en serrant les yeux. Une réaction si humaine. Stiles le vit, et il frissonna. Le loup couleur sable desserra sa prise et il émit un grondement lourd et grave, si bien que Derek en resta paralysé, sur le flanc.

Le loup noir croisa à peine les yeux de l'autre bête, étonné par le regard presque humain qu'il pouvait y lire, alors que le loup clair l'épargnait visiblement. Celui-ci recula en trébuchant avant de s'enfuir, laissant Derek allongé dans la poussière. Lequel se demandait encore ce qui venait de se passer. Il sentait le fantôme des dents sur sa nuque, bordel. Il avait failli mourir. Clairement, un loup ne devrait pas posséder une telle force. Un loup normal ; un simple loup, ne devrait pas pouvoir mettre Derek en échec. Bordel, il avait failli se faire tuer par un animal sauvage ! Même pas par une créature surnaturelle ou une chasseuse pyromane, non, juste un loup comme un autre. Putain.

Il se releva et ne pensa même pas à s'ébrouer pour se débarrasser de la poussière. Il devait rentrer chez lui.

La carcasse du daim à peine entamé resta devant sa maison.

Elle rejoignit le cerveau de Stiles abruptement, quand celui-ci se retransforma dans le parking en terre rouge.

- Putain ! T'étais où ?! Pourquoi t'as continué à poursuivre les daims ? C'est ridicule ! Comme si tu pouvais courir plus vite qu'eux ! Une fois qu'ils t'ont grillé, c'est foutu, surtout quand t'es tout seul et-... qu'est-ce que c'est que ça ? grimaça le loup.

Stiles se retint de lui apprendre qu'il avait réussi à choper un des daims, et qu'il n'avait pas eu tant de difficultés que ça, si ce n'est que l'animal prenait toujours des chemins contraires comme un véritable épileptique. Pour l'instant, il était plus concentré sur les longues griffes qu'il avait sur le bas de ses côtes droites, là ou Derek avait réussi à l'atteindre. Il n'y avait pas beaucoup de sang, parce qu'heureusement les griffes n'avaient entamé que la peau, et pas son ventre. Mais c'était douloureux. Elle renifla.

- Derek ? C'est Derek qui t'a fait ça ?

- Ugh. Ouais. Il souffla sur la plaie et tenta de déloger un caillou qui avait élu domicile dans la dernière des quatre griffes.

- Putain mais qu'est-ce qu'il lui a pris ? Il est complètement teubé ou c'est-...

- Elle ! il gémit sous la douleur, mais l'esprit l'ignora.

- Non mais sérieux, pourquoi il t'a troué le bide ? C'est insensé !

- 'Toi qu'est insensé, débile. Lâcha-t-il en haletant tout bas, parce que ça faisait mal de gonfler ses poumons pour crier sur Elle. Il m'a attaqué parce que j'étais un foutu loup sur son territoire, voilà pourquoi il m'a troué le bide !

- Mais-...

- Pas de mais, Elle.

Il s'en voulu de répondre aussi sèchement, parce qu'il voyait bien que le loup brun s'inquiétait pour lui et qu'il voulait prendre sa défense. Mais il s'en voulait encore plus d'avoir clairement tenté d'assassiner Derek. Le jeune homme était sous le choc de ses propres actions.

L'esprit laissa Stiles enfiler un pantalon et fouiller dans ses affaires pour trouver un tissu qui l'aiderait à éponger le sang. Qu'est-ce qu'il aurait donné pour avoir pris sa voiture ce matin, au moins pour retrouver une des trousses de secours que Scott laissait dans sa voiture quand il allait chez le vétérinaire.

Après un coup d'œil ému a ses chaussettes Batman, sur lesquelles il versa un fond de gourde qu'il avait dans son sac ; et il réussit à éponger du mieux qu'il put ses côtes et le reste du sang qu'il avait sur le ventre. Il examina ensuite la blessure avec un œil circonspect et une grimace, se demandant s'il avait la faculté de guérir plus vite de ce genre de choses. Auparavant, il était déjà tombé malade, bien sûr. Même quand Elle était là. Et il n'avait jamais guéri plus vite. Seulement, la question ne se posait pas encore à ce moment-là. Maintenant qu'il était capable de la transformation complète, peut être que des pouvoirs plus puissants finiraient par arriver.

Après un long silence pendant lequel il enfila son t-shirt noir - et se félicita d'avoir choisi cette couleur en passant-, Elle prit la parole :

- Tu vas guérir.


Stiles était revenu à la maison pour prendre sa voiture. Il y trouva effectivement des bandages et, à l'aide d'un stratagème qui consistait à acheter du café à la boulangerie du coin pour se le renverser volontairement dessus, il réussit à dissimuler l'odeur même de son sang. Le café était connu pour annihiler les odeurs, au moins jusqu'à ce que sa plaie se referme. Et ça avait dû faire son effet, parce que Scott maugréa en le sentant arriver sans pour autant mentionner autre chose que son odeur de café dont il pouvait citer la marque et le pays d'extraction. Par contre, il ne lui demanda pas une fois de la journée s'il avait mal quelque part où s'il saignait.

Quand, à la fin des cours, Stiles se dirigea vers le caveau des Hales pour retrouver Liam, il jeta un coup d'œil à ses côtes et effectivement comme l'avait prédit l'Esprit Lupin, chacune des griffes s'étaient refermées, laissant néanmoins apparaitre de longues lignes sur le côté de son corps, et bien qu'elles soient à peine visibles maintenant, Stiles douta qu'elles puissent réellement disparaitre un jour. Peut-être que sa guérison à lui ne lui pardonnerait pas les cicatrices. Il haussa les épaules. Au moins, il n'avait plus mal. Ses côtes l'avaient lancé pendant tout le cours de chimie ce matin parce que c'était la seule classe de labo ou ils avaient des tabourets a la place des chaises, et il n'avait pas pu s'installer correctement sans tirer sur sa peau. Mais maintenant, il ne sentait plus rien. Stiles avait encore un peu de mal à réaliser que ouai, maintenant, il guérissait plus vite. Bon, pas aussi vite que Scott ou Derek, mais franchement, ça valait le coup.

Il était encore en train de soulever son t-shirt quand il sentit l'odeur de Derek sur le parking. Il se dépêcha de remettre en place ses vêtements, rouge de honte. Bon, il n'avait pas trop de problème avec son corps, en général. En fait si, il avait un problème avec son corps quand il voyait celui des autres. Parce qu'une instance supérieure avait décidé de foutre des tops model à ses côtés. Et en plus de ça, tous ses potes avaient le saint syndrome lougarouesque pour les aider à courir sur un terrain de lacrosse sans se demander en plein milieu d'une course si on est né avec un seul poumon ou pas. Le reste du temps, Stiles était déjà assez reconnaissant que son corps le supporte au quotidien, parce que même pour celui-ci ça ne devait pas être une mince affaire. Il repassa vainement son t-shirt avec ses mains moites. Il ne voulait pas que Derek lui fasse un commentaire sur ses griffes. D'ailleurs, qu'est-ce que faisait le noiraud ici, si tôt dans la journée ?

Quand il arriva à sa hauteur, Stiles n'eut pas le temps de poser une question que Derek ouvrait la bouche :

- Non, Stiles, je ne veux pas savoir pourquoi tu exhibais ton téton gauche en pleine rue.

Stiles arbora une moue contrite pour ne pas manifester sa surprise. Derek avait l'air cool aujourd'hui, c'était sympa à voir.

- Pose toi les bonnes questions, Derek. D'abord, est-ce que j'aurais répondu à ta question ? Bien sûr que non.

- Est-ce que j'aurai perdu mon temps à t'écouter ?

- Bien sûr que non, répéta le lycéen alors que Derek se moquait gentiment.

Stiles leva les yeux au ciel. Il avait encore du mal à faire le rapprochement entre le Derek-Loup qui lui avait sauté dessus ce matin et le Derek-connard-habituel qu'il avait devant lui.

- C'est précisément à cause de cette attitude que ton cercle d'ami ressemble à la circonférence d'une punaise.

- Et aussi parce qu'il troue le bide des seuls qui restent. Commenta Elle qui venait tout juste de sortir des souvenirs de vacances de Stiles.

- C'est pour ça qu'on s'entend si bien, toi et moi. répliqua Derek, plein de sarcasme.

- est-ce que t'insinue que j'ai un cercle d'ami de la taille d'une punaise ?

- Je dirais bien que Scott est un peu plus gros qu'une punaise à lui tout seul, déclara Liam en arrivant en tenue de lacrosse sur le parking, mais je ne suis pas au courant de l'avancement de votre dispute, donc ma remarque sera probablement à côté de la plaque.

Liam avait l'air de bonne humeur, contrairement au grand brun. Il leur offrit un sourire plein d'innocence, avec des yeux tous aussi innocents. Faute aux yeux bleus. En toutes circonstances, Liam avait la tête d'un innocent. (Sauf quand il se disputait avec Hayden.)

- Tu vois, au moins un qui me soutiens ! sourit Stiles en retour en lui donnant une grande accolade dans le dos. Et il est plus grand qu'une punaise lui aussi.

Cela attira le regard noir de Derek sur Stiles et Liam grimaça, se demandant certainement si porter son soutien à Stiles était un choix stratégiquement judicieux dans cette situation.

- Au fait, qu'est-ce que tu fais là, Derek ? demanda le plus jeune d'entre eux.

- Je viens ouvrir la porte du caveau.

- Huh ? Ce n'est pas Malia qui fait ça normalement ?

- C'est une sorte d'exception. Expliqua Stiles en jouant avec les clefs de la réserve.

Ils étaient entrés dans le caveau en passant par la porte arrière du bâtiment du lycée, dont Stiles gardait précieusement les clefs (comme beaucoup beaucoup d'autres). Le groupe de 3 passa par l'arrière de l'établissement et Stiles ne put s'empêcher de faire une remarque à Derek sur le fait qu'à 26 ans, c'était quand même super bizarre que le noiraud passe plus de temps dans un lycée que dans son loft. Ce à quoi Derek répondit par un croche pied, rattrapant de justesse l'hyperactif par le bras, l'air de rien, juste avant que Stiles ne découvre d'une façon inopinée que l'escalier pour descendre la réserve comporte très exactement 12 marches.

- Stiles, pourquoi tu sens comme si tu étais douché avec une cafetière ? demanda Liam, après que Derek ait ouvert le passage secret du caveau.

Ce dernier s'était arrêté à l'entrée du caveau et il fixait les griffes de Derek se rétracter, comme si les voir disparaitre sous les ongles de l'homme pouvait lui permettre de découvrir les secrets de la transformation partielle.

-Peut -être parce que j'ai essayé de me doucher avec ? hasarda Stiles, et ce n'était pas vraiment un mensonge.

- Tu es un imbécile. Répondirent Derek et Liam d'une même voix.

- Liam, tu es pire qu'une punaise.

Ils commencèrent le travail très rapidement. Apparemment, Liam avait un contrôle de chimie demain et il voulait rentrer tôt. Depuis qu'ils travaillaient ici - et ça faisait un moment, bordel-, le duo s'était rapidement rendu compte que découvrir tout ce que ce fichu caveau protégeait était aussi long qu'attendre qu'une poire pousse et donne à son tour un arbre fruitier. En fait, c'était même ridiculement long. Au début, ils avaient cru que ça leur prendrait deux après-midis à tout casser mais ils avaient oublié qu'ils étaient à Beacon Hills et que c'était bien évidemment dans cette foutu ville qu'une famille de loup garou allait décider de planquer des espèces de plantes disparues depuis 2 siècles ou des légumes bizarres comme cette foutu salade éternelle que Stiles avait fini par installer chez lui. C'était ridicule. Deaton leur avait dit que quelqu'un qui avait tenté de se rendre immortel avait dû s'exercer sur des plantes et que c'était comme ça que ça avait fini. Mais ça n'expliquait pas pourquoi la famille Hale avait décidé de planquer leur salade dans une étagère de leur caveau familial au lieu de l'installer dans la cuisine, là où toute bonne salade était censée être. Son père n'avait pas heureusement remarqué que cette salade était éternelle et que Stiles n'en achetait plus et qu'ils en mangeaient pourtant chaque soir. A vrai dire, Stiles soupçonnait même son père de ne pas savoir que c'était de la salade, probablement parce qu'il fermait les yeux à chaque fois qu'il devait en avaler au dîner.

Aujourd'hui, ils en étaient à une étagère renommée affectueusement "Nanimo" où ils avaient découvert un bon nombre d'aphrodisiaques délirants (comme des glandes sudorales de biches en chaleur) et Stiles trouvait ça dingue qu'ils en aient même pour les grenouilles ou les porc-épics. Heureusement, leur dernière trouvaille avait arrêté d'écœurer l'odorat de Liam parce que ça avait été une poudre d'un mélange de plantes africaines qui empêchait les jeunes garous d'avoir les crocs qui poussent dans des moments inopportuns. Stiles ne voulait pas savoir ce que ce pot faisait sur l'étagère Nanimo parce que ça allait surement avoir un rapport avec des sacrifices humains - ils avait déjà eu affaire à 4 enchantements de ce type et au moins une vingtaine comportant des sacrifices de petits animaux-. Liam et Deaton avaient fini par comprendre que les meurtres de rongeurs, de reptiles ou de chauves-souris le rendaient fébrile. Elle lui avait dit que c'était ridicule, parce qu'il avait une consommation de lapin vraiment affriolante.

Le jeune homme était donc en train d'étudier un énième bocal avec une poussière orangée a l'intérieure. Il pouvait voir des petits bouts de feuille qui ressemblaient étonnement a de la roquette ou des micro-algues. En secouant le bocal, les grains les plus lourds réapparurent au-dessus de la poudre. Stiles ouvrit donc le bocal et y vit des petites boules blanches qui ressemblaient approximativement à du sel. Il n'avait pas envie de sentir un quelconque effluve d'urine, donc il coupa le sens de son odorat et réclama :

- J'ai de la poudre, ici, déclara-t-il. Besoin d'une truffe pour sentir.

Derek, qui s'était adossé au mur, leva un sourcil désabusé quand il lui jeta un coup d'œil. Mais il ne bougea pas d'un poil. Comme si Môsieur allait les aider ! ... Exaspéré, Stiles souffla et éleva le ton :

- Liaaam

- je t'avais déjà entendu la première fois, guignol. Râla le garçon en arrivant dans le rayon d'étagère ou Stiles se trouvait. J'étais en train de prendre de quoi écrire pour noter ce que je reconnais.

- T'es prêt ? sans même attendre sa réponse ou que Liam ait pu poser son bloc note sur l'étagère pour prendre appui, Stiles lui flanqua le bocal sous le nez.

Surpris, le plus jeune voulu faire un mouvement de recul vers l'arrière mais c'était déjà trop tard, parce qu'il avait inspiré profondément dans la manœuvre. Il grimaça de dégout.

- Putain Stiles c'est quoi cette odeur ?! Tu ne pouvais pas attendre avant de me foutrgrblr-...

Sa fin de sa phrase mourut dans sa gorge et il écarquilla les yeux, visiblement paniqué.

- Oh putain. Liam, ça va ? Il posa une main sur son épaule, inquiet. L'autre garçon se mettait à ouvrir et fermer la bouche en continuant de fixer Stiles avec les grands yeux ouverts. Derek je l'ai cassé-... Oh. Il était à côté de lui. T'es là.

En moins de temps qu'il n'en fallait pour dire "Derek craint", l'intéressé était aux cotés de Stiles et il observait Liam tenter de communiquer en imitant le poisson rouge. D'un coup, le gamin aux yeux bleus fut parcouru d'un soubresaut et là, vraiment, les deux autres s'inquiétèrent. On aurait dit qu'il allait vomir. Derek passa son bras sous l'épaule droite du garçon alors que Stiles posait précipitamment son bocal sur l'étagère Nanimo.

- Oh putain merde, qu'est-ce que c'était ce truc ? Pourquoi ta famille garde des trucs qui peuvent faire ça ? demanda Stiles en épaulant Liam de l'autre côté de son corps.

Ce dernier commençait à se plier en deux et à grogner sourdement.

- Tu peux pas faire ton truc pour la douleur ? demanda aussitôt Stiles, passant immédiatement de la colère a l'inquiétude simple.

- Je ne peux pas.

- Pourquoi ? demanda Stiles en relevant la tête. Pourquoi tu peux pas ? Est-ce que tu ne peux pas ou est-ce que tu ne veux pas ?

- Je ne peux pas, parce qu'il n'a pas mal, rétorqua Derek en levant les yeux au ciel, visiblement énervé par les sous-entendus du plus jeune.

Mais dans leurs bras, le tonus musculaire de Liam chuta d'un coup et ce fut comme s'il venait de mourir juste là. Alors que les deux autres se disputaient sans l'aider.

- Liam ! s'écria Stiles.

Il écouta. Son cœur battait encore.


Quelques jours plus tard :

- Je t'embarque. Déclara Derek en tirant Stiles derrière lui.

Derek venait de sauter par la fenêtre de la chambre de Scott et il avait l'air aussi joyeux qu'un type qui fêtait le réveillon tout seul parce que toute famille était morte dans un incendie. Le hic, c'est que c'était même pas le réveillon.

- Quoi ?! Non ! Scott prétend qu'il peut me battre sur smash Bros Brawl, je vais l'éclater comme il se doit, pendant toute la nuit. Pour asseoir ma supériorité sur ce suceur de chiens, pour une fois que ses capacités lup-...

- Je t'embarque, j'ai dit.

- Salut Derek ! Sourit Liam qui avait perdu contre Stiles i peine 10 minutes et qui avait l'air déterminé à ne vraiment rien faire pour aider le lycéen. Stiles lui lança un regard noir appuyé d'un majeur bien levé.

Le noiraud tira plus fort sur le t-shirt de l'hyperactif lequel se retourna vivement, vers son agresseur, irrité. Il allait commencer à s'énerver sur le loup garou mais a la place de ça il fut déconcentré par les jeux de lumière dans les yeux bleus lumineux de son vis-à-vis. C'était marrant comme les effets spéciaux sur l'écran de la télé donnaient l'impression que les yeux de Derek étaient pétillants. Et... commencèrent une bataille de regard.

- Qui est un suceur de chien ? Demanda Lydia, allongée sur le lit avec le reste des membres de la meute.

- Moi ! Affirma Scott qui prenait le dessus sur le personnage de Stiles à l'écran parce que celui-ci était trop occupé à défier Derek avec son regard.

Quand le son de la console commença à annoncer une attaque spéciale de Scott, Stiles flancha immédiatement, retourna à sa manette et parvint à parer le coup de son meilleur ami.

Ils étaient chez Scott avec Liam quand ils avaient décidé de faire un tournoi de jeux vidéo en attendant le reste de la meute. Les trois jeunes étaient assis en rond devant la télévision, leurs manettes à la main. Ceux qui étaient arrivés en cour de route, c'est à dire Lydia, Ethan et Malia étaient sur le lit de l'hispanique et "révisaient" un cours.

Derek attrapa donc Stiles par les épaules et le souleva de terre pour l'emmener avec lui. Ça eut surtout pour effet de faire gigoter le plus jeune qui se mit à battre des jambes comme un gosse en crise.

- Nnnnoon ! C'est une question de fierté d'homme, il m'a défié, laisse-moi y aller !

Stiles tenta de se défaire de la prise du plus vieux mais s'il ne voulait pas éveiller de soupçon, il ne pouvait pas faire grand-chose sans utiliser ses réserves de puissance. Qui sait, ça pourrait réveiller l'odeur de son loup.

- Allez quoi, Derek ! Geignait-il. Pourquoi tu m'empêches de rétablir mon honneur ?

- Quatre fois. Articula lentement le Hale. Il se prit soudain un genou incontrôlable de Stiles dans le coude (Comment diable avait-il réussi à toucher son coude dans cette position ?) Et Derek lâcha immédiatement l'hyperactif qui s'écroula au sol, surpris.

- Hein ?

- A quatre reprises, tu m'as fait faire tes propres activités sous couvert de la protection du pacte.

- Quoi ? N'exagère pas. On s'est vu une fois où deux.

- Un pacte ? Répéta Lydia (qui savait visiblement quand tendre l'oreille).

Derek leva au ciel et se mit à compter puérilement sur ses doigts, sous le regard sidéré de Scott.

- comment Stiles fait-il pour me battre sans regarder l'écran ? Se plaignait-il

- Le marathon de jeux vidéo, la soirée désastreuse avec ton père, l'accident avec Liam-... énuméra Derek

- Quoi ? Je pensais qu'on en parlait plus ! S'écria le poupin avec effroi

- C'est vrai ça Derek. Croix de Bois Croix de fer, celui qui parle de l'accident de Liam va en enfer ! rappela Stiles en prenant l'exacte position de la mégère courroucée.

- Ça compte quand même. Maugréa Derek

- ...

- Dis quelque chose Stiles ! Il n'a pas le droit de parler de ça ! Se plaignait le gamin aux yeux bleus. En quoi ça compte ?

- ... Désolé Liam mais là-dessus, il a raison. C'est moi qui lui ai demandé de rester. Même si l'événement est regrettable, il compte. Marmonna Stiles d'un ton grave.

- Alors je t'embarque. Décida le loup garou

- Non.

- Quoi encore ? Grogna le loup.

- T'as mentionné seulement 3 trucs, pas 4. L'accusa le plus jeune

- Oh, tu veux peut-être que je mentionne ce fameux incident avec ta douche et ta voisine ?

Stiles se raidit, lâcha sa manette, se leva et poussa Derek vers la fenêtre, soudainement pressé de le suivre.

- Non, c'est bon, allons-y ahah je te suis.

- c'est quoi l'histoire de la douche ? Demanda une dernière fois Lydia en plissant les yeux.

- Il m'a demandé de venir l'ai-... commençait Derek mais il ne put finir sa phrase parce que Stiles venait de le pousser par la fenêtre.

Un petit bruit souple de vêtements les avertis que Derek s'était réceptionné dans problème.

- Bye les gars c'était fun ! Déclara Stiles avec un faux sourire alors qu'il se glissait aussi sur le toit de Scott, suivant visiblement Derek.

- Stiles vient de faire une tentative de meurtre sur Derek ? Demanda Liam.

- Ils s'entendent de mieux en mieux. Affirma Malia en hochant lentement la tête, le pouce en l'air.

- Stiles t'es un suceur de chien ! Hurla ensuite Scott en se penchant a la fenêtre.

Sous le lampadaire de la rue, Stiles lui offrit un majeur bien levé alors qu'il suivait l'ombre de Derek.

.

.

.

- C'est quoi un suceur de chien ? Demanda Lydia.


Hey les fantômes ! (Pardon c'est moi le fantôme en vrai)
Je vous donne les raisons de mon retard :
Avant la rentrée j'étais déjà à 5000 mots donc j'aurais grave pu envoyer le chapitre (surtout que je ne voulais pas trop faire de mots, mes chapitres sont si longs qu'ils prennent littéralement 30 minutes à être lus)
Sauf qu'un truc ne me plaisait vraiment pas et je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus, et j'ai repoussé jusqu'à la rentrée.

PS : c'est ma première année de fac et je suis en droit, mdrr je suis en train de décéder sous les devoirs / j'espère que je ne suis pas là seule ? Vous faites quoi de votre côté ? (Partageons notre désespoir svp)

Du coup là j'ai eu un trou dans ma soirée donc j'ai supprimé ce qui ne me plaisait pas et j'ai écrit ce que je voulais. Tant pis si ça fait 7000 mots, je me suis amusée au moins.
(J'espère que vous aussi d'ailleurs)

Je vous fais des bisous et je m'excuse encore de ce silence radio xoxo

(je remercie aussi profondément les personnes qui ont fav/suivis ma fic alors que j'étais enterrée sous mon code civil et mes fiches de jurisprudence : vous avez fait fondre mon petit cœur o/)

Réponses aux reviews :

flibulle : D'abord merci, c'est super cool d'être honnête clairement ! Ensuite, bravo, tu m'as vraiment fait réfléchir sur ma construction du texte. Comme j'ai toujours envie d'insérer toutes les scènes que j'ai imaginé/que j'aime, j'ai tendance à faire des chapitres trop longs (non, jure ?) mais en même temps, si j'avais pas fait une histoire basée sur deux temporalités comme ça, peut être que j'aurais pas été emmerdée de la même manière ? En fait, je suis assez satisfaite du premier chapitre parce que... bah ouais c'est un prologue c'est bien sensé mettre un peu en haleine... Mais je te rejoint là dessus : si je lisais une histoire avec un prologue de malade mais des chapitres super lointains, peut être que ça me ferait aussi chier... et en même temps je savais déjà que j'allais m'engager dans une très longue fiction donc... Je sais pas, je pense que j'aurais peut être dû faire mon histoire dans l'ordre chronologique (quitte a pas être aussi avenante avec mon prologue -mais eh j'ai des compliments dessus j'en suis trop fière quand même mdrrr-. En tout cas merci, je prends tes conseils et tes compliments avec beaucoup beaucoup de reconnaissance :O plein de love sur toi :3

lovers87: j'espère que ladite évolution de Stiles et Derek te plait toujours (je m'amuse beaucoup mdrr) Et désolée pour le retard de ce chapitre, du coup ! ( j'espère que ça va pas te faire décrocher, parce que j'ai encore pleins de trucs à écrire :3)