Petit rappel :

- Quatre fois. Articula lentement le Hale.

- Hein ?

- A quatre reprises, tu m'as fait faire tes propres activités sous couvert de la protection du pacte.

- Quoi ? N'exagère pas. On s'est vu une fois où deux.

Derek leva au ciel et se mit à compter puérilement sur ses doigts, sous le regard sidéré de Scott.

- Le marathon de jeux vidéos, la soirée désastreuse avec ton père, l'accident avec Liam-... énuméra Derek

- Quoi ? Je pensais qu'on en parlait plus ! S'écria le poupin avec effroi.

- C'est vrai ça Derek. Croix de Bois Croix de fer, celui qui parle de l'accident de Liam va en enfer ! rappela Stiles en prenant l'exacte position de la mégère courroucée.

- Ça compte quand même. Maugréa Derek

- ...

- Dis quelque chose Stiles ! Il a pas le droit de parler de ça ! Se plaignait le gamin aux yeux bleus. En quoi ça compte ?

- ... Désolé Liam mais là dessus, il a raison. C'est moi qui lui ai demandé de rester. Même si l'événement est regrettable, il compte. Marmonna Stiles d'un ton grave.

- Alors je t'embarque. Décida le loup garou.

- Non.

- Quoi encore ? Grogna le loup.

- T'as mentionné seulement 3 trucs, pas 4. l'accusa le plus jeune, avec un air de défi sur le visage.

- Oh, tu veux peut être que je mentionne ce fameux incident avec ta douche et ta voisine ?


Tout d'abord, il y avait eu ce foutu accident avec Liam. Ok, au début Derek était venu de son propre chef et le pacte n'avait rien eu à faire là dedans. Après tout, le noiraud était passé au caveau principalement pour l'ouvrir et vérifier si les herbes et remèdes contre l'évolution dont lui avait parlé Deaton avaient une chance de se trouver dans l'impressionnante collection de grigris que sa famille avait rassemblée au cours des siècles. Aussi n'était-il pas, en soit, obligé de rester.

Pas même quand Stiles avait intoxiqué Liam par erreur en lui foutant un pot de poudre sous le pif. En fait, réalisa le loup garou, il n'était même pas sensé réparer les conneries de cet hyperactif. Ni en aidant Stiles à tenir le béta de tête de Scott ni en tentant vainement de lui prendre la douleur. Il n'avait absolument rien à faire dans cette histoire et honnêtement, il aurait mieux valut fuir cette situation. Parce que dans le cas où Liam mourrait, Scott ne manquerait pas de lui faire un commentaire et dans le cas où Liam avait une intoxication, Scott ne manquerait de toute façon pas de lui faire un commentaire. C'était ridicule. Pour Derek, la meilleure solution, c'était de feindre qu'il n'avait jamais été sur la scène du crime en premier lieu.

S'il fuyait maintenant, Stiles serait ennuyant pendant des jours mais au moins Scott ne remettrait pas en question la place de Derek auprès de la meute d'une quelconque manière ni ne lui ferait un quelconque commentaire. Et Derek détestait vraiment avoir à prendre au sérieux les remarques d'un alpha débutant de 8 ans son cadet. Même s'il aimait bien Scott, ça restait quand même hyper vexant pour son propre égo.

Après une brève réflexion, il s'apprêtait à partir l'air de rien, mais Stiles était là, inquiet, à lui crier dessus en lui demandant d'aider Liam par tous les moyens. Alors Derek resta.

- Tu peux pas faire ton truc pour la douleur ? demandait-il, alerte.

- Je ne peux pas.

- Pourquoi ? Pourquoi tu peux pas ? Est-ce que tu ne peux pas ou est-ce que tu ne veux pas ?

- Je ne peux pas, parce qu'il n'a pas mal, Lui répondit-il du tac au tac, parce qu'il venait d'essayer et qu'il détestait quand Stiles le mettait dans la peau du méchant alors qu'il n'en avait que l'apparence.

Stiles n'était pas stupide, quand même, il savait très bien que Derek ne laisserait pas un membre de la meute mourir sans rien faire ! Soudain, dans leurs bras, le tonus musculaire de Liam chuta d'un coup et ce fut comme s'il venait de mourir juste là. Alors que les deux autres se disputaient sans l'aider.

- Liam ! s'écria Stiles, visiblement en détresse.

Derek eut pour reflexe de prendre tout le poids du bêta dans ses bras pour l'aider a s'asseoir. Il entendait le cœur de Liam battre, alors il en averti Stiles, parce que celui-ci allait s'affoler s'il pensait que le prodige de lacrosse était mort.

- Ça va, il est en vie. Je ne sais pas ce qu'il a, mais il est en vie.

Stiles manipula le corps du sportif pour le poser contre lui, histoire qu'il puisse rester en position assise. Liam avait l'air d'être dans un état de somnolence étrange, et son corps était un peu mou, comme s'il ne savait pas se tenir droit. Avec ses yeux mi-clos, on aurait pu croire qu'il était sous drogue.

- Essaye de renifler le pot pour savoir ce que c'est. Intima Stiles à Derek. Peut être que je connais l'anti poison d'après ce qu'il y a dedans.

Derek se releva avec empressement, refermant à moitié le pot de l'étagère Nanimo pour éviter que la poudre orange et blanche ne passe dans son nez, et qu'il tombe dans les vapes comme Liam. A l'odeur, ça ressemblait à du lait. Avec une fragrance très très familière et très très lointaine en plus. Derek se concentra. Le reste, très odorant, venait probablement du Mexique, parce que c'était des effluves qui avaient la même empreinte que ses souvenirs là bas. Peut être que le remède venait lui-même d'une meute mexicaine. Il y avait un soupçon de souffre dans l'odeur, mais ce n'était pas comme si le souffre était réellement dangereux pour les loups. En plus de ça, il y avait une odeur plus poivrée qui lui piquait le nez.

- Ca ne va pas t'aider, je ne reconnais pas toutes les odeurs. Il y a du lait, du souffre, un truc mexicain et-... Du gui ! trouva-t-il après avoir trié les effluves, mit de côté la forte odeur du Mexique et s'être concentré sur l'odeur de poivre.

- Du gui ! s'exclama à son tour Stiles, absolument terrifié par la nouvelle. J'ai fait sniffer du gui à Liam !

L'intéressé avait la tête posée sur le torse de Stiles et son cœur battait lentement et tranquillement, comme en plein sommeil. Derek s'approcha de Liam, prit son menton entre ses mains, surprit que le maintien de sa tête soit si dodelinant. Ses yeux avaient l'air ailleurs et son nez comme sa bouche ne recrachaient pas de substance noire, alors il y avait peu à parier que le gui soit en train de le tuer. Peut être de le faire planer, à la limite. Il était en train de vérifier les pupilles du garçon quand il sentit un truc lui tomber sur le poignet.

Un truc humide. Et peu ragoûtant. Qui lui fit faire un bond en arrière, écœuré.

- Putain ce bâtard me bave dessus ! se mit-il à gronder en essuyant sa main sur son jean.

D'abord surpris par le reflexe, l'insulte et le fait qu'une seconde plus tôt Derek était avec eux et qu'il s'était carapaté brusquement, Stiles se mit à rire en comprenant la situation.

- Peur de la salive, Derek ? se moqua-t-il alors que Liam somnolait sur son torse. Très visiblement, Stiles n'en avait rien à faire que l'adolescent lui bave dessus.

- Je m'en vais. se renfrogna l'intéressé en attrapant sa veste en cuir qu'il avait laissé sur le pied de l'une des étagères de l'entrée. Stiles était chiant, et il préférait encore recevoir une remarque de Scott que d'aider un abruti qui se foutait ouvertement de sa gueule comme ça.

- Sérieusement, Derek ? pour si peu ? Tu vas fuir pour un mollard ? T'aurais pu me dire ça avant ! Il entrecoupait ses moqueries de ses rires agaçants. Tellement utile comme information !

Arrivé à l'entrée du caveau, Derek songea longuement à refermer la porte et bloquer les deux autres garçons là dedans. Préférant ni écouter le rire soufflé par le nez de Stiles ni son envie d'être puéril, il déserta la pièce. Mais à peine eut-il fait 4 pas dans le couloir qu'un cri retentit dans la salle du caveau. Soudainement inquiet d'avoir possiblement laissé un humain vulnérable avec un loup garou hors de contrôle, Derek revint sur ses pas, transformé et prêt à foutre Liam à terre. A la place, il découvrit un Stiles avec des yeux écarquillés, le visage pâle comme la mort qui se mit à crier :

- Derek ! Il me mord le téton !

Le noiraud pencha un peu la tête pour vérifier les dires de Stiles et avisant le fait que Liam tenait bien le T-shirt de l'hyperactif entre ses dents, il fit volte-face pour laisser ce troglodyte faire face à ses responsabilités. Seulement, les piaillements du brun s'intensifièrent quand il comprit que Derek n'allait absolument pas l'aider avec l'espèce de truc bizarre et incontrôlable qu'était devenu le béta de tête de Scott.

- Putain non Derek me laisse pas seul avec ça ! Aide moi putain. Aïe ! Bordel mais Liam c'est quoi ton problème ? Lâche moi, c'est quoi ça ?! vers la fin, ses intonations de voix commençaient lentement à tirer vers les sanglots de désespoirs.

Mais Derek décida que c'était parfait, parce que c'était le karma et que si l'adolescent ne s'était pas foutu de la gueule de Derek quelques secondes plus tôt, ça ne lui serait peut-être pas arrivé. Tout content -sans pour autant montrer plus qu'un froncement de sourcil nuancé-, il quitta une nouvelle fois la pièce. Jusqu'à ce que Stiles se remette à parler.

- Putain non, Derek, tu peux pas me laisser seul avec lui ! Il va me manger ! A ce sujet, arrête de manger mes tétons Liam. Non pas comme ça, justement ! Mais tu veux me les arracher ou quoi ?! AAaaah mais bordel de putain de-... Il entendit des bruits qu'il détermina comme ceux de Stiles tentant de s'échapper de l'emprise du joueur de lacrosse, mais ça avait l'air peine perdue.

Après quelques secondes, Derek entendit même un couinement de panique pure qui le figea et Stiles se mit à marmonner, apparemment persuadé que le loup garou l'avait définitivement abandonné à son sort :

- Comment il peut me faire ça alors qu'on vient juste de faire un pacte à la con parce que Môsieur pense que "gngngn on est pas proches, faut changer ça" ? Putain Derek Hale, quel beau parleur ! J'aurai pas cru, non mais- Hé! Il s'interrompit avec un cri. C'est pas à toi que je parlais quand je disais "pas proches", Liam ! Lâche moi putain, j'suis pas ta mère-...

Ok, c'était parce que Derek avait vraiment très mauvaise conscience qu'il revint à la rescousse de Stiles. Il pouvait au moins accorder ce point au plus jeune : c'était lui qui s'était plaint de l'état de leur relation, et c'était pas vraiment en faisant ce qu'il faisait actuellement qu'il allait devenir ami avec Stiles. Et puis, le loup garou avait aussi pitié. C'était pas tous les jours qu'un de vos proches perdait la boule et qu'il mordait votre poitrine sans raison : beaucoup de personnes trouverait cette situation délicate et c'était probablement vers un ami que le commun des mortels se tournerait pour faire face à un mordage de téton sauvage. Derek voulait bien être cet ami pour Stiles, finalement.

C'est ainsi qu'il trouva Liam accroché à Stiles dans un mix entre un koala et un poulpe, visiblement toujours très intéressé par son téton droit, et comme il avait l'air de ne pas vouloir lâcher prise, Stiles avait rampé du mieux qu'il pouvait pour attraper une bouteille de verre de l'étagère Nanimo, déterminé à éclater un tesson sur la tête de Liam si le sportif ne reprenait pas ses esprits.

Mais à peine le noiraud fut-il entré dans la pièce que Liam lâcha prise et leva la tête, les yeux vitreux. Les deux autres hommes se figèrent et retinrent leur respiration. Quelque chose dans les mots de Stiles avait l'air d'avoir impacté l'esprit embrumé de Liam, et ils ne savaient absolument pas à quoi s'attendre au vu de la tournure des évènements.

- M-maman ? lâcha la voie aiguë de Liam en fixant l'hyperactif.

Stiles abattit la bouteille vide sur le crâne de son agresseur, sans aucun remord.

- ... Du lait maternel. révéla Derek, faisant les connexions. Stiles releva le regard vers Derek, qui éloignait le corps inconscient de Liam de l'hyperactif. Ce dernier fronça les sourcils vers le plus vieux, ne sachant pas de quoi le noiraud parlait. Mais Derek se contenta de lui rendre son regard sans ajouter un mot.

-... Derek, parle. Ordonna Stiles quand il comprit que Derek n'allait rien répondre pour exprimer ses pensées -et qu'on le comprenne-, comme d'habitude.

- C'est le dernier ingrédient. Je ne mettait pas le mot sur l'odeur, je savais juste que c'était un truc familier. Explicita Derek alors que Stiles poussait un long soupir en frottant distraitement sa poitrine endolorie.

- Alors quoi ? Un infantilisant pour loups garous ? ... Franchement à quoi c'est sensé servir cette merde ? Grommela Stiles en s'appuyant sur l'étagère pour se lever.

- Je ne pense pas que ça soit, en soit, un infantilisant pour loups garous, mais probablement un calmant pour les louveteaux. Ou un truc pour les forcer à avoir le réflexe de succion et mieux téter ?

Stiles le fixa longuement d'un air morne, presque surpris de voir Derek utiliser autant de mots pour faire des suppositions inutiles, mais, surtout, blasé par la tournure des évènements qui laissaient visiblement du détachement au loup garou.

- Mec, j'en ai rien à foutre.

Derek grogna brièvement en réponse, vexé. Stiles donna alors un petit coup de pied dans les côtes de Liam, histoire de vérifier s'il était encore en vie et s'il allait se réveiller. Ce dernier gémit d'inconfort, papillonna des paupières et commença à se frotter le crâne. Lorsque Liam leva la tête, ce fut pour mieux voir Stiles avec les mains sur les hanches et une tâche de bave flagrante sur son t-shirt à un endroit hyper suspect.

- ... Putain. souffla-t-il en se laissant à nouveau tomber sur le sol, serrant fortement les yeux dans l'espoir d'effacer les dernières minutes de sa mémoire. Il demanda à la volée, en se frottant les yeux : Tout ça, c'était pas un rêve, pas vrai ?

- Non, c'était un putain de cauchemar.

Derek ponctua la phrase de Stiles d'un grognement approbateur bref, accoudé au mur près de l'entrée et prêt à partir. Avant qu'ils ne se séparent sur le parking du lycée, Stiles s'arrêta quelques secondes et remercia Derek à voix basse d'avoir fait demi-tour pour l'aider dans le caveau, même s'il n'avait pas servit à grand chose. Le noiraud lui répondit sombrement qu'il était traumatisé et qu'il n'essayerait plus jamais de l'aider.

.

.

.

A la réunion de meute suivante, Stiles conduisit à la fois Scott et Liam après l'entrainement de lacrosse qu'ils avaient eu en commun.

- Hey mais ça ne serait pas l'hyperactif, l'idiot fini et le bambi-... voulut saluer Peter qui trainait dans le loft.

- PAS. DE. BLAGUES. SUR LES BÉBÉS. s'écria Stiles, appuyé par les yeux et crocs brillants de Liam à ses côtés et de Derek de l'autre côté de la pièce -lequel avait vraisemblablement entendu le début de la discussion-.

- Ok, Ok, se reprit Peter en levant les mains en signe de reddition, visiblement surpris par l'ardeur des trois hommes pour une de ses piques habituelles. Je ne pensais pas que les progénitures vous mettaient si mal à l'aise...

Même Scott, qui était pourtant d'accord avec eux sur le fait que croiser Peter n'était jamais fondamentalement cool, se rangea dans le camp de l'oncle fou.

- C'est quoi le problème avec les bébés ?

Ils ignorèrent tout bonnement la question de Scott et le soir même Stiles envahit la boite mail de Scott et Peter de pétitions sur l'IVG et le Cancer du sein masculin.


La deuxième fois, il y avait eu la soirée frites avec le père de Stiles. Personne n'en parlera. Parce que dans la continuité de l'épisode de la mise en garde envers la contraception, le shérif avait trouvé hyper amusant que le lendemain même de leur discussion, ça soit Derek lui-même qui reconduise Stiles chez lui.

En effet, alors qu'ils sortaient tous les trois : Liam, Stiles et Derek, du caveau, Stiles avait prévu de reconduire le plus jeune chez lui et Derek de reprendre sa camaro. Mais évidemment, la Roscoe décida qu'aujourd'hui c'était jour de grève. Si bien qu'après seulement 2 essais de démarrage de la Jeep bleue, les deux joueurs de Lacrosse abandonnèrent et se mirent à courir derrière la voiture de Derek en beuglant comme des bœufs.

Peut-être que le loup garou les fit courir sur 30 mètres supplémentaires juste pour le plaisir de les emmerder, personne ne sait. Dans tous les cas, quand il les fit enfin monter dans la camaro, il arborait un regard neutre alors que les deux autres garçons l'insultaient ouvertement en perdant halène. Etonnement le garçon des deux qui n'avait pas de gènes lougarouesque parvint à proférer plus de 90 % des insultes entre chaque respirations hasardeuses et Derek douta même de son humanité .

Il reconduisit ensuite Liam chez lui et alors même qu'il ralentissait devant la maison du Shérif, Stiles s'exclama :

- Le repas ! j'ai oublié le repas !

- Huh ?

- Dereeeek..., reprit Stiles avec une voie aiguë et une moue qu'il voulait misérable pour provoquer la pitié de son vis-à-vis.

- Non. le coupa Derek, comprenant immédiatement que répondre au plus jeune, ça voulait dire se lancer dans quelque chose d'ennuyeux et qu'il ne voulait certainement pas.

- Quoi ? s'offusqua Stiles. Mais j'ai encore rien dit !

- Je m'en fiche, c'est non. Je commence à te connaitre Stiles, et si tu veux aller chercher un repas, ça sera un truc gras. Et il est hors de question qu'un truc gras entre dans cet habitacle alors que c'est toi qui le tiendra.

- Quel est le problème avec les trucs gras ?

- C'est pas les trucs gras le problème. déclara Derek en mettant le frein à main pour se garer sur le trottoir en pente douce.

- Comment ça c'est pas le problème ? C'est quoi le problème alors ? reprocha immédiatement Stiles, outré, en retirant le frein à main. La voiture fit un à-coup en avant, le temps que Derek remette le frein à main que Stiles avait enlevé.

- Le problème c'est toi. répondit-il platement.

- Quoi ?! s'offusqua Stiles mais devant le manque de réaction de Derek, il ajouta : Hé bien, fait avec ! Comme si je pouvais changer, sérieusement ! et il enleva une seconde fois le frein à main.

- C'est mort, Stiles, je souhaite conserver l'état de cette voiture . il remit le frein à main.

- Je sais porter des putain de frites dans leur sac sans tâcher ta putain de voiture ! Démarre ! Et ils continuèrent leur manège jusqu'à ce que la camaro descende la moitié de la rue petits bouts par petits bouts, secouée à chacune de leurs répliques.

Assise devant sa fenêtre et observant l'étrange scène de la voiture saccadée, la voisine de Stiles finit même par envoyer un SMS au shérif pour l'avertir de la présence d'individus suspects dans la rue. Sous l'insistance d'April, leur voisine (au moins 5 SMS avec une dizaine de points d'exclamations de forcing à la fin), Noah finit par sortir de la maison avec sa main sur son arme, observant avec suspicion une camaro noire qu'il ne connaissait que trop bien et qui se baladait sur le trottoir à l'allure d'une chenille.

Il s'avança vers le véhicule et, arrivé a moins de 2 mètres, il entendit plus qu'il ne vit son propre fils hurler : " Accélère il arrive !". La camaro lui fila purement et simplement sous le nez et ne revint qu'une dizaine de minutes plus tard, se garant cette fois ci dans l'allée de leur garage. Plus suspicieux que jamais, Noah ouvrit la porte de sa maison avant même que Derek ait eu le temps de jeter Stiles et son foutu sac de frites grasses hors de sa voiture. (April s'était prise pour une sorte de détective et avait envoyé un autre message au shérif -avec près de 15 points d'exclamation cette fois-ci- dès qu'elle avait aperçut une seconde fois la voiture).

Quand le bout de la tête de son fils consentit à émerger de sous l'habitacle, le représentant de l'ordre emprunta une voix moqueuse :

- Derek Hale, hein ?

Stiles vit Elle s'engouffrer entre les jambes du shérif pour rentrer dans la maison :

- C'est toi qui a ramené Derek ici, c'est ton problème ! S'écria-t-il en se dédouanant de toute aide qu'il aurait pu apporter à Stiles en vue de la soirée qu'ils allaient probablement passer. Stiles se demanda s'il était possible de castrer un loup fantôme.

- Papa, je t'en prie, c'est absolument pas ce que tu crois.

Le shérif se moqua de lui, visiblement d'une humeur joueuse.

- Fait entrer le type qui a enterré sa sœur lui même, Stiles. Ordonna Noah. S'il s'échappe je lui ferais déterrer toutes les taupes du quartier.

Stiles pencha sa tête à l'intérieur de la voiture pour regarder Derek.

- Fais moi plaisir, monsieur le type qui a enterré sa sœur : pense très très fort à l'accord qu'on a passé il y a quelques jours sur ce sujet houleux qu'est notre relation. Après y avoir bien pensé, dis toi que passer la soirée avec mon père et moi va rendre notre pacte beau et puissant.

L'intéressé leva les yeux au ciel en détachant sa ceinture. Stiles lui offrit un grand sourire en le voyant faire, parce que ça signifiait que Derek restait.

- Ton père est blessant. Souffla ensuite Derek.

- Mon père te prends juste pour un chien. Et il regarde pleins de documentaires sur les chiens.

- C'est précisément ce qui est blessant.

- Oh. Alors les rappels de ta sœur morte ne te blessent pas ?

Derek le fusilla du regard.

- Là, c'est toi qui est blessant.

Stiles l'ignora superbement.

- J'espère que tu aimes les frites. Oh, et mon père va probablement faire semblant que tu es son gendre ou un truc dans le genre.

- Quoi ?

Stiles se tourna vers Derek en haussant les sourcils, faisant semblant de ne pas avoir compris :

- Quoi "Quoi" ? Tu n'aimes vraiment pas les frites ?

Derek grogna d'avertissement en suivant Stiles dans sa maison.

- Cherche pas à comprendre, mon père adore me rendre mal à l'aise. Ça fait partie de ses passe-temps. En ce moment il a une passion sur "prendre-mes-responsabilités-de-bon-père-de-famille-vis-à-vis-de-mon-fils-en-âge-d'avoir-des-relations-non-platoniques".

Il ne se préoccupa absolument pas du fait qu'il était déjà rentré dans sa maison et que ledit bon père de famille pouvait parfaitement l'entendre.

- Si ça peut te rassurer sur le non-fondement de ce qu'il va déblatérer pendant toute la soirée, je lui ai déjà dit que je ne sortais actuellement avec personne et que j'avais déjà vu le loup. Jeu de mots intentionnel. Mais ça ne l'a pas empêché de m'expliquer toute l'histoire de la procréation hier.

Dans la cuisine, Noah installait une troisième assiette sur la table avec un petit sourire satisfait. Quand Stiles enleva son manteau et que Derek n'enleva pas sa veste dans le même temps, le brun lui fit remarquer :

- Si tu penses pouvoir échapper au shérif de cette ville tu te fourres le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Il ne fait pas que te prendre pour un chien, il a aussi pleins d'armes contre les chiens.

- ... Ne profère pas mes menaces à ma place, fiston. lui intima Noah.

Placé entre les deux, Derek les écoutait se défendre l'un après l'autre et se sentit comme s'il observait un match de tennis.

- Oh pardon papa, c'est vrai que tu a probablement prévu de lui faire ce speech-là toi même au cours de ton programme-de-réhabilitation-de-père-digne-de-ce-nom.

Pour toute réponse le shérif ouvrit le paquet de frites (les frites d'excuses que Stiles voulait acheter à son père parce qu'il s'était senti comme un crevard de le laisser seul dans la merde avec son préservatif hier soir, et qu'il commençait à regretter)

- ... Alors Derek, comment as-tu rencontré mon fils ?

- Cette question est ridicule et clichée papa. L'accusa Stiles en commençant à manger. Du regard, il invita Derek à s'asseoir à son tour.

Celui ci prit de longues secondes pour se demander comment il avait finit dans cette situation : déjà par quel genre de moyen avait-il été forcé d'acheter puis de manger des frites ? Ensuite pourquoi le père de Stiles s'amusait autant à le prendre pour son gendre ? Et pire encore : qu'est-ce qu'il foutait réellement là, sans avoir vraiment donné son assentiment et sans vraiment avoir envie de quitter la pièce ? Il décida qu'il n'avait pas envie de répondre à ses questions, et il tira une chaise pour s'asseoir à son tour. Ainsi assit à sa place comme si ça avait été prévu qu'il mangerait avec eux ce soir depuis des siècles, Derek se sentit à l'aise d'une drôle de manière et il finit même par répondre au shérif en rentrant dans son jeu :

- Il a déterré le cadavre de ma sœur que j'avais enterré dans mon jardin, shérif.

- Une bonne vieille profanation de tombe, ahah ! C'est vrai qu'aujourd'hui, rencontrer les gens dans des circonstances normales comme dans un bar ou au cinéma, ça serait vraiment trop demandé, hein ? Marmonna Noah d'un ton amer en fusillant Stiles du regard.

Tentant d'échapper aux yeux accusateurs de son père, Stiles aperçut l'écran de la télévision qui tournait dans le salon et son attention fut happée. Il se leva.

- Oh vous savez, c'est un peu comme un bon point pour les loups garous, savoir déterrer les choses. Quoi de mieux qu'une profanation de tombe pour me prouver ses aptitudes ?

Noah ricana en l'entendant dire, et Derek se fit la réflexion qu'il ressemblait à Stiles quand ses yeux se plissaient ; et aussi qu'il était en train de plaisanter de la mort de sa sœur. C'était, eh bien, la première fois qu'il n'en parlait pas en serrant les dents. Et aussi la première fois qu'il prenait du recul sur le ridicule des loups-garous.

- C'est quoi cette musique ? Les coupa Stiles en se dirigeant vers le salon. Oh mon dieu. Tu n'as pas réussi à le couper. Papa, je t'ai montré 45 fois comment utiliser cette télécommande. Pourquoi tu ne sais toujours pas l'utiliser ?

Sur l'écran, une petite femme en jogging reprenait une série de squats d'un tout autre niveau que ce qu'il avait lancé sur toutes les enceintes de la maison ce matin. Les séries de vidéo avaient dû tourner toute la journée jusqu'à atteindre un niveau de séance de sport expert-ultra-cardiaque que seul 3% de la population étaient capable de suivre. Pendant un instant, il se demanda si Derek en faisait partie.

Pour toute réponse, Noah raconta à Derek l'épisode du matin, où Stiles avait trafiqué toutes les enceintes pour l'emmerder. Il demanda dès qu'il eu finit son explication ce que pouvait bien aimer Derek chez Stiles, ponctuant sa question d'un regard désapprobateur pour son fils.

- Stiles est une ordure. Avoua Derek d'un air grave.

Stiles se mit à rire.

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.

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Quelques jours plus tard, Stiles accrocha une carte postale de Cora sur le frigo de Derek lors d'une réunion de meute. Tout le monde était en train de mettre des assiettes dans le salon parce que Stiles s'était occupé de leur faire une immense plâtrée de pâtes pour le dîner. Ca leur arrivait d'en faire quand plus personne ne pouvait sacrifier son argent de poche pour des pizzas.

- Stiles ! grogna le noiraud en volant ladite carte des mains du plus jeune sous le regard de Scott et Malia qui avaient été attirés par les gloussement de l'hyperactif et qui venaient chercher les verres.

Le noiraud s'apprêtait à déchirer la carte postale mais Stiles croisa ses bras sur son torse :

- Si tu la déchire, tu déchires le petit mot plein d'amour de Cora. l'accusa-t-il.

Derek se figea et jeta un coup d'œil à ce qu'il tenait dans les mains. Il ne s'attarda pas sur l'image qu'il ne connaissait malheureusement que trop bien, passant directement au texte. C'était effectivement Cora qui avait envoyé une lettre à toute la meute pour leur souhaiter du courage et leur donner des nouvelles.

- En plus, elle ne s'adresse pas qu'à toi, Derekounet, alors repose la carte sur le frigo que tout le monde puisse se réjouir de l'adorable attention de Cora a eu à notre égard.

Pour toute réponse, Derek grogna, remit un aimant sur la photo et il claqua la tête de Stiles sur le réfrigérateur pour l'empêcher de rire.

- Aïeuh ! Arrête de réagir comme si c'était de ma faute !

- C'est de ta faute ! rétorqua le loup, amer.

- Arrête de mentir, c'est mon père qui a appelé Cora pour en apprendre plus sur toi, pas moi !

- Et qui lui a donné le numéro de Cora, à ton avis ? lui reprocha puérilement Derek en quittant la pièce.

Stiles fut prit d'un fou rire au souvenir. Son père avait été déchaîné dans son rôle de daron-qui-rencontre-son-gendre. Le fils du shérif était absolument fier de son père.

- C'est Derek quand il était petit ? demanda Scott en se penchant sur le frigo.

- C'est un déguisement tortue ninja ? demanda Malia, sceptique.

- Je crois que c'est Ben Ten, déclara Liam en aidant Scott à tourner la photo sur le côté. Il doit avoir un truc comme 8 ans là-dessus, non ?

Lydia arriva ensuite, et elle arracha la photo des mains des autres pour la regarder à son tour. La Queen, comme d'habitude. Pendant une longue minute, son expression se fit neutre, et elle aimanta en évidence la carte postale pour que tout le monde puisse bien la voir.

- Stiles, tu es le génie du mal. fut-elle forcée d'admettre.

- Merci. répondit-il humblement avant d'éviter un verre en plastique que Derek lui avait lancé depuis le salon. Hé !

Quelques jours plus tard, Hayden, Mason et Lydia prirent l'ajout d'une deuxième carte postale de Derek à ses 5 ans (en train de nager avec des brassards orange fluos dans un lac alors que Laura l'éclaboussait) comme le signal de départ pour accrocher des photos de groupe sur le frigo.

Parallèlement, Derek passa un peu plus de temps dans la cuisine.


La troisième fois, Stiles était dans la forêt avec Elle depuis le début de la matinée. Bon gré malgré, il avait décidé après une concertation avec l'esprit lupin, que puisque son père était vraiment inquiet à propos de ses disparitions nocturnes, les limiter serait bienvenue. Alors depuis peu il avait prit l'habitude de se réveiller plus tôt, à l'aube, et d'aller se promener à ce moment-là vers le sud de la forêt, c'est à dire le plus loin possible de la maison, de la ville et potentiellement du territoire de Derek. Cette région là était celle ou l'ancien manoir des Hale avait été abattu et honnêtement Stiles comprenait que Derek ait tenu à prendre ses distances avec un endroit qui portait autant de mauvais souvenirs. Le chantier était toujours vide et Stiles était souvent étonné, depuis qu'il avait ses nouveaux sens, de ne rien y sentir d'autre que le brûlé et l'odeur bientôt effacée de Derek : c'était exactement comme si personne d'autre n'avait jamais vécu là. Les autres maisons et même des lieux de vie comme les campings, les usines désaffectées ou les toilettes publiques étaient pleines de phéromones. Pas assez pour distinguer à qui elles appartenaient, et ce n'était même pas des odeurs distinctes, seulement des sortes d'auras, mais elles étaient là quand même. En revanche, pas au Manoir des Hale, alors même que les traces de phéromones, c'était le genre de choses que les personnes laissaient trainer sur leur passage pour dire que l'endroit n'était pas désert, et y laisser leurs impressions, et ces impressions pouvaient rester pendant des décennies.

En ville, sentir des phéromones qui remontaient à plus de deux jours relevait du miracle, voire de l'impossible, parce que toutes les phéromones, des passants, des chats, des habitants, et même des oiseaux, se mélangeaient aux odeurs du goudron, de l'essence, de la ferraille ou du plastique. Mais une fois un peu à l'écart de la civilisation, dans une forêt par exemple, les phéromones, un peu moins courantes, devenaient plus claires et discernables. Un peu comme si un trait de crayon de bois devenait flagrant sur un mur immaculé alors qu'il était invisible quand on tentait d'écrire sur du macadam. D'un coup, la tâche sautait aux yeux et on ne pouvait pas vraiment en faire abstraction. En forêt, ces phéromones donnaient l'impression d'un klaxon en plein silence ou d'un type qui parlait à voix haute dans une salle de cinéma : on était forcé de les remarquer alors qu'en temps normal, dans un brouhaha, on ne les entendrait pas.

Aujourd'hui, Stiles utilisait souvent ces traces imperceptibles aux sens humains. Il comprenait mieux pourquoi les loups garous de la meute n'avaient jamais l'air d'être perdu, parce que les phéromones fonctionnaient comme un chemin de bougies : c'était à la fois une preuve de la présence d'êtres humains, mais surtout la preuve qu'on n'était pas perdu. Quand Stiles se baladait sous forme lupine, suivre les phéromones permettait de retrouver la civilisation s'il s'enfonçait un peu trop dans la réserve : parce qu'elles se confondaient avec les emplacements des sentiers, c'était facile de retourner sur ses pas.

La maison des Hale était exempte de phéromones parce que le feu les avait toutes fait disparaitre. Stiles détestait aller là bas, parce que ça lui laissait un sentiment de vide profond dans l'estomac. Un vide si fort que ça lui faisait un peu mal. Il se demandait souvent comment Derek avait pu faire pour vivre dans ce vide artificiel alors que le loup garou était un témoin direct de la disparition des personnes qui vivaient ici, mais aussi de la disparition de leurs phéromones. Et en même temps, Derek était visiblement très attaché à la forêt en elle-même parce que son loft était aussi reculé dans les arbres que son manoir. Stiles aurait pu parier que c'était seulement pour pouvoir se défouler quand il voulait sortir.

Et, eh bien, sa réflexion ne manqua pas parce que ce jour là, il croisa la route du loup noir, alors même qu'il avait fait attention à s'éloigner le plus possible du territoire de Derek. L'animal était en train de prendre un bain de soleil dans un trou de lumière, et son pelage prenait de drôles de reflets roux sous les rayons. Allongé près d'un buisson d'aubépine, il s'appliquait à retirer des pics de la plante qui s'étaient coincés sur les poils plus longs de son flanc. ça arrivait tout le temps à Stiles et il pouvait prendre des heures pour les arracher uns à uns, parce que ça tirait sur les poils et ça formait des boules de nœuds désagréables au bout de quelques heures.

Ils se figèrent tous les deux quand leurs yeux se croisèrent. Stiles s'apprêta à reculer doucement mais les oreilles de Derek étaient pointées vers lui, bien haute, signe qu'il était intéressé. Il se releva immédiatement. Curieux, surement. Il n'avait pas l'air de vouloir prendre sa revanche sur la fois où Stiles lui avait fait mordre la poussière. Il était seulement paisible et attentif. Et en même temps, il n'y avait pas de territoire à protéger ici alors personne n'avait de raison d'attaquer. Même si, enfin, si Derek raisonnait comme une personne sensée, Stiles n'était à ses yeux qu'un animal sauvage et le loup garou ne pouvait pas exclure une réaction bizarre et incompréhensible venant d'un loup féroce et en liberté.

Alors Stiles resta immobile, observant l'animal sombre s'approcher en regardant alternativement là où il marchait et là où se trouvait le loup blanc. Il prit quelques secondes pour franchir les quelques trentaines de mètres qui les séparait. Malgré l'odeur d'appréhension qui s'accrochait a sa fourrure, il fut assez proche de Stiles pour que celui-ci puisse voir sa queue qui battait lentement derrière ses pattes arrières.

Derek n'a plus l'odeur de peur de la dernière fois et Stiles songe que s'il avait été un vrai loup, il aurait surement été surprit de ce fait, ou il aurait été en colère que Derek ait osé se repointer devant lui au vu du résultat de leur précédente rencontre. Mais comme Stiles savait que Derek était Derek, il n'avait pas de réaction spéciale à lui donner, si ce n'est qu'un amusement et une drôle d'impression qu'il avait de voir le visage d'un de ses proches avec une gueule de canidé. D'un autre côté, Derek n'avait pas peur, parce qu'il était un loup garou, et que malgré ce qui s'était passé la dernière fois, Stiles n'en restait pas moins à ses yeux qu'un gros loup blanc qu'il pourrait maitriser une fois sous forme humaine.

Le loup noir resta de longues minutes devant Stiles, en quête d'une réaction de son vis-à-vis. Mais l'adolescent se lassa rapidement du jeu de regard et repartit tranquillement à la recherche d'une proie. Il poursuivit sa marche vers l'Ouest, se rendant rapidement compte que Derek s'était mit à le suivre à une distance respectable d'une dizaine de mètres, de sorte qu'il pouvait le suivre sans marcher sur se plate-bande. C'était ridicule. Stiles se sentait comme une sorte de bête de foire, victime de la curiosité d'une sorte de scientifique stalker étrange. Mais quand Elle le rejoignit en galopant, Stiles oublia le loup noir.

La langue bien pendante, le loup à présent presque entièrement brun arrivait comme un boulet de canon et ses yeux en disait long sur ce qu'il avait dû découvrir : des proies, très probablement. Il s'arrêta devant Stiles en dérapant, et l'humain dû faire un effort considérable pour s'empêcher de faire un mouvement de recul qui aurait pu paraitre suspect au loup noir qui le prenait en filature. D'après l'odeur que transportait Elle sur sa fourrure, il y avait un ou plusieurs sangliers pas loin. Il fallut quelques secondes à l'Esprit Lupin pour remarquer la présence de Derek et s'approcher de lui avec un air guilleret. Stiles fit de son mieux pour ne pas se tourner vers son stalker et son frère de cerveau et continuer sa route vers la direction d'où venait Elle.

Evidemment, Derek ne pouvait pas voir ni sentir Elle, et encore moins l'entendre glapir autour de lui. Stiles était à peu près certain que les mots de son ami, changés en sons grognés, ressemblaient à " c'est vraiment Derek ? Il peut vraiment se transformer ? Je pensais que c'était un mensonge ! l'apôtre Thomas disait " je ne crois que ce que je vois" ! Je suis particulièrement d'accord" - Elle avait un problème avec les citations-. Le loup blanc pouvait pratiquement comprendre tout ça rien qu'avec ses bouts de hurlement mâchés -qui ressemblaient plus à des couinements qu'autre chose- que lâchait Elle en sautillant autour du mâle noir.

Quand Stiles trouva enfin la piste du sanglier, il occulta complètement la présence des deux intrus derrière lui. Instinctivement, il se mit à marcher sur ses coussinets, et à se baisser un peu pour mieux suivre l'odeur de sa proie. C'était un jeune mâle, s'il se fiait à son odorat. Et il avait l'air d'être seul. Le retrouver fut probablement le plus difficile. Mais une fois qu'il l'eut en visuel, Stiles sût que ça irait comme sur des roulettes. L'animal était un peu plus petit que ce qu'il aurait espéré.

En confiance, le loup couleur sable osa jeter un coup d'œil derrière lui pour voir où Derek en était. Le loup noir était immobile, les yeux bleus figés sur le sanglier devant eux. ses oreilles étaient alerte et il s'était mit dans une position de chasse exemplaire. Elle, quant à lui, s'amusait à mordre la queue du canidé sombre en se moquant des sursauts qu'elle faisait à chaque fois qu'il tentait l'expérience. Pour le loup garou, ses attaques devaient ressemblaient à des sortes de frissons répétés. Quand Derek capta son regard tourné vers lui, Stiles secoua la tête, amusé, et il reprit sa chasse. Contrairement à la démarche souple et silencieuse qu'avait prit Derek pour sauter sur la proie et la prendre par surprise par une mort rapide ; Stiles décida de trahir sa présence. Il avait envie de courir.

Commençant par sauter juste derrière le porc, Stiles réussit à le faire crier et déguerpir. L'erreur aurait été qu'il se contenter de sauter et de marquer un arrêt, mais comme il avait vraiment envie de se dépenser, il s'était mit à courir directement pour anticiper la fuite. Les sangliers étaient rapides. Et ils mettaient un certain temps avant de s'épuiser : surtout les plus jeunes. Les sangliers les plus vieux avaient tendance à juste foncer dans le tas pour se défendre dès qu'ils pensaient avoir le dessus ou quand ils se sentaient à court d'option. Les plus jeunes étaient plus petits, alors ils se contentaient de fuir parce qu'ils n'étaient pas encore de taille contre un prédateur aussi gros que Stiles.

Il sentit l'odeur de la surprise de Derek plus qu'il ne la vit. Mais elle fut assez passagère pour qu'il entende immédiatement le noiraud le suivre dans sa course. Courser un sanglier n'était pas un choix stratégique et logique, alors ça aurait put déconcerter le loup garou mais Stiles savait qu'il était le genre de type qui s'adaptait à toutes les situations. Comme il s'y attendait, Derek était un poil plus rapide et souple que lui, si bien qu'il l'entendit rapidement prendre du terrain en anticipant tous les mouvements de l'herbivore paniqué.

Pendant un instant ils se retrouvèrent à courir côte à côte, les épaules presque l'une contre l'autre. L'euphorie de la chasse parcourait tout le corps du loup couleur sable, partant de ses coussinets jusqu'au bout de sa queue. Il ouvrit la gueule pour mieux humer les effluves des émotions de Derek et d'Elle, qui réussi à les rattraper de l'autre côté du corps de Stiles. Un sentiment de joie intense le fit frissonner et c'est à ce moment là qu'il comprit ce que voulait dire meute. Pendant une seconde l'un d'entre eux disparaissait pour éviter un arbre ou un fourré et la seconde d'après ils étaient à nouveau un groupe, indissociable le temps de cette course. Un grognement bas et fier parcourut son poitrail alors même qu'il continuait à courir à en perdre halène. Chasser, chasser en groupe, chasser et sentir la cohésion entre leurs muscles, leurs esprits, leurs objectifs. C'était génial.

Mais le sanglier commençait à fatiguer, malgré les claquements de mâchoire de Derek et Stiles qui cherchaient à l'apeurer pour le faire courir plus longtemps. Ils allaient atteindre une route quand Stiles décida de bondir sur sa proie. Il ne valait mieux pas s'aventurer sur le terrain des voitures : autant un sanglier pouvait se permettre d'être vu, autant deux loups de leur taille éveilleraient les soupçons des riverains. Derek le laissa achever la bête tandis qu'Elle se frottait à son flanc pour le féliciter. Il mordit la chaire pour se nourrir, un peu ailleurs. Il ne réfléchissait jamais vraiment quand il se nourrissait de chaire encore chaude de sang frais. S'il le faisait, il se mettait à vomir. Cette fois-ci il ne s'attarda pas longtemps sur la carcasse, relevant la tête en se léchant les babines à la recherche du loup noir. Celui-ci n'était pas loin, et le canidé clair ne mit pas beaucoup de temps à le repérer parce qu'il haletait bruyamment à sa gauche, à à peine deux ou trois mètres.

Le loup noir était en position d'alerte, les oreilles tournées vers le secteur à leur gauche. C'est en humant l'air que Stiles reconnu l'endroit, la route où ils s'étaient échoués. Les phéromones étaient rare et la fragrance diffuse du vieux feu de camp repeignait les arbres alentours. Dans leur course, ils avaient atteint le terrain de l'ancien manoir des Hale, et l'odeur caractéristique du foyer s'élevait à moins d'une cinquantaine de mètres. Stiles devinait aisément le chemin de pensée de Derek, la douleur d'être envie et de chasser quand sa vraie meute avait été carbonisée. Leur partie de chasse allait probablement lui couter plus de peine que divertissement. Le loup couleur sable coula un regard désolé vers Derek et, l'air de rien, il prit la fuite, laissant son repas à l'autre canidé.

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- Pourquoi est-ce que Derek ne garde pas cette forme lupine absolument tout le temps ? Il est incroyable ! Sa queue est toute fluffy. s'écria L'esprit Lupin lorsqu'ils reprirent forme humaine.

- Parce qu'il n'a pas de pouce mobile quand il est sous cette forme ?

- Vous avez un problème avec les pouces, vous les humains. maugréa le loup brun en suivant Stiles sur l'arrête du toit de la maison, après avoir sauté sur les poubelles.

- Huh-huh. Oui, les humains, bien sur. Très typique 0 notre espèce. Dis moi, comment tu fais pour tenir un livre avec tes pattes, toi ?

- Qui a besoin d'un livre quand on peut chasser toute la journée ? marmonna Elle.

- Oh, tu veux peut-être poser la question 0 ton idole de toujours, genre Baudelaire ? Tu sais, le type qui écrit des livres, là. Il doit en connaitre un rayon sur les pouces, lui aussi.

Elle l'insulta et alla bouder.

Il se glissa dans sa chambre par la fenêtre et envoya un message à Derek avant d'aller a la douche pour retirer tout le sang encore frais qu'il avait dans et sur la gorge. Quand il revint dans sa chambre, Elledormait comme un bienheureux sur son lit, le ventre à l'air, et Derek avait répondu à son message.

[Stiles] Partie de jeux vidéos, ce soir ?

[Derek] Tu pense que j'ai quel âge, 15 ans ?

[Derek] Je n'ai même pas de console

[Stiles] On en a acheté une pour toi l'année dernière. Elle est rangée dans le casserolier. On a parié que tu ne la remarquerais jamais, parce que tu fais à manger toi-même 2 fois par ans.

[Derek] Vous avez fait quoi ?

[Stiles] C'est les paris qui te froissent ? On fait ça hyper souvent

[Derek] Non.

[Derek] Pourquoi vous avez acheté une console ? je joue même pas.

[Stiles] Loft = repère de meute = repère d'ados prépubères.

[Stiles] Tu penses qu'Isaac s'occupait à quoi quand il vivait chez toi ?

[Stiles] Viens jouer :(((

[Derek] non

[Stiles] Alleeeeez

[Derek] Je suis pas d'humeur Stiles

[Stiles] 404 Excuse not found

[Derek] .

[Stiles] m'en fiche des sourcils, vient jouer.

[Derek] je sais pas utiliser une console

[Stiles] menteur

[Stiles] fait le pour le pacte stp

[Stiles] Dereeek

[Stiles] :((((

Pensant que le loup garou avait définitivement décliné son invitation, Stiles fit quelques parties de Mario Kart avec Scott, juste avant qu'il ne reçoive la notification " 100ballesprLydia-ladevindupack est connecté". La seconde d'après, Lydia réclamait son argent sur le groupe snap qu'ils avaient en commun et Stiles faisait sa première partie de Tetris avec un Derek qui savait parfaitement comment utiliser une putain de console.

Ce soir-là, Derek ne s'épuisa pas à l'entrainement pour oublier les souvenirs à vif de l'incendie du manoir. Et Stiles se prit la raclée de sa vie.


Hello ! Je suis absolument désolée pour mes gestations de chapitre hyper longues : j'écris seulement quand j'ai le temps et pdt les vacances (et comment dire que je n'en ai pas bcp ?). Heureusement j'arrive avec des bonnes nouvelles parce que j'ai réussi mon premier semestre, et avec une mention Bien ! Yay ! J'suis assez fière de moi, mais comme je vise encore plus haut, peut-être qu'on ne se verra pas pdt un moment (mais sachez que j'écris toujours, ne désespérez pas mdrrr)

Alors, qu'est-ce que vous pensez de ces anecdotes de la relation Stiles-Derek ?

Vous avez une idée pour la dernière anecdote de la douche ?