Bonjour Bonsoir !
Comment allez-vous ? Comme je sais que le prologue n'est pas très consistant voici le chapitre 1.
Un grand merci à Obvy qui a accepté de relire ce chapitre (et le prologue aussi).
Bonne lecture !
Gab
OoOoOoOoOoOoOoOoO
Chapitre 1 : Une vision, une rencontre.
Quelque part dans Londres, 21h
Everett Ross avançait d'un pas lent dans les rues de la capitale anglaise. La journée avait été longue. Très longue. Trop longue. Il était en train de crouler sous la paperasse quand son assistante avait littéralement pulvérisé sa porte de bureau d'un air paniqué. Ainsi depuis 9 heures ce matin il gérait une crise et la mort d'un agent de terrain. Ce dernier avait laissé la vie en récupérant des informations sur une attaque terroriste prochaine visant Londres. Si son geste avait été salué par tout le monde, sa mort avait été grandement, non pas reprochée, la décence empêchait de reprocher à haute voix la mort d'un agent, mais disons bien évoquée et soulevée en présence d'Everett. Ajoutez à cela qu'à partir de midi, il était officiel que personne ne comprenait la dernière information transmise par l'agent, et vous obtenez une journée catastrophique. L'agent du MI-6 qu'il était avait passé la journée entre regards de pitié, reproches plus ou moins camouflés, et téléphone avec les membres du gouvernement qui constituaient ses supérieurs. Everett avait passé la majeure partie de sa vie sur le terrain. Il savait les risques que cela comportait, et il savait que dans 2/3 des cas, s'il y avait un problème, l'agent se savait livré à lui-même pour une période plus ou moins longue en fonction de sa localisation. Il venait de découvrir l'envers du décor. C'était la première fois qu'il perdait un agent. Des extraditions en catastrophe, oui. Des mises au vert pour des durées plus ou moins longues à l'autre bout de la planète, oui. Des blessés, aussi. Mais des morts, jamais. Une part de lui savait qu'il n'aurait rien pu faire de plus, mais une autre se sentait responsable. Cet agent de renseignements était sous sa responsabilité. Il avait dû appeler la famille du défunt. Il serra les poings dans son manteau noir. Ouais, une bonne journée de merde. Il avança sur le Millennium Bridge. Quelques touristes profitaient de la vue nocturne de la ville que ce dernier offrait. Des londoniens et londoniennes le traversaient d'un pas pressé. Ross s'arrêta et s'appuya sur la rambarde. Depuis le temps qu'il passait sur ce pont, il ne se souvenait plus de la dernière fois où il s'y était arrêté. Après quelques minutes à observer la ville, il se retourna pour continuer son chemin et se figea. Devant lui se tenait un homme noir, vêtu uniquement d'une serviette de bain autour des hanches, qui regardait autour de lui l'air surpris et légèrement incrédule. L'agent Ross se racla la gorge pour reprendre contenance.
- Monsieur ? Est-ce que tout va bien ?
Même si, pour être en serviette de bain à 21h sur un pont, il devait définitivement avoir quelque chose qui n'allait pas.
L'homme se tourna vers lui avec un air sérieux.
- Je suis sur le Millennium Bridge ?
- Effectivement, répondit Ross commençant sérieusement à se demander de quel asile cet individu avait bien pu s'échapper.
- À Londres ? demanda-t-il comme s'il n'en revenait pas.
- En effet, répondit Ross en avançant vers lui. Mais est-ce…
La voix d'Everett mourut dans sa gorge. Il regarda autour de lui, tournant sur lui-même. Le pont avait disparu. Londres avait disparu ! Il s'obligea à se calmer et à analyser la situation rapidement. Il était sur le pont. À Londres. Et là, il se retrouvait dans une chambre. En Afrique, s'il en jugeait pas la décoration, les couleurs et les motifs.
- Wakanda, déclara alors une voix masculine.
L'anglais se tourna vers son interlocuteur, toujours vêtu de sa serviette de bain. Ce qui faisait plus sens s'il était dans sa chambre en effet.
- Wakanda… Je suis en Afrique ?
L'homme hocha la tête et lui fit signe de venir à la fenêtre. Everett observa le paysage et toutes ses certitudes s'effondrèrent. Sauf celle qu'il devait définitivement aller consulter un médecin.
- Comment est-ce possible ? Il y a encore un instant j'étais à Londres, dit-il en montrant l'espace autour de lui, réalisant qu'il était revenu dans sa ville.
- Je ne sais pas… Je me nomme T'Challa, fit l'africain en alla s'accouder à la rambarde pour observer le paysage, les yeux brillants d'intérêt.
- Everett, répondit l'agent du MI-6 en s'accoudant à ses côtés, n'en revenant toujours pas et tentant d'analyser la situation.
Il se tourna vers T'Challa et retint un sursaut. Il était seul. Il regarda partout autour de lui, mais aucune trace du wakandais en serviette. L'Agent spécial Ross passa une main sur son visage. Dormir. Juste dormir et oublier cette journée impossible.
À des milliers de kilomètres de là, T'Challa se retrouva accoudé à sa fenêtre, observant le paysage bien connu que lui offrait sa ville.
Quelque part à Bristol, 2h du matin
Darcy laissa tomber sa veste en se trémoussant au rythme de la dernière chanson qu'elle avait écoutée en boîte quelques minutes plus tôt.
- They can call me whatever they want, Call me crazy, chanta-t-elle en lançant son haut et retirant son pantalon.
Elle alla allumer l'eau chaude, afin que cette dernière ait le temps de chauffer, puis se regarda dans le miroir.
-I just don't care what the world says, I'm gonna ma…
Elle se stoppa, la bouche grande ouverte. Elle pencha la tête vers son miroir les yeux plissés et les sourcils froncés puis recula.
- OH SHIT ! MAIS JE SUIS MEGA BEAU GOSSE EN MEC EN FAIT !
Stephen Strange sursauta et lâcha la brosse à dents qu'il était en train de passer sous l'eau. Il releva les yeux et son regard tomba sur son reflet. Ou son absence de reflet, en réalité. A sa place se tenait une jeune femme, en soutien-gorge noir avec des étoiles roses, qui le regardait avec des grands yeux et un sourire appréciateur.
- Pas mal du tous les abdos dis-donc, fit-elle en penchant un peu la tête sur le côté. J'me serais bien vu taillée un peu plus en V, mais c'est pas trop mal. Oh… La couleur des yeux colle pas par contre, réalisa-t-elle en approchant sa tête du miroir.
- Non, mais qu'est-ce que c'est que ça encore ? demanda à voix haute l'expatrié avec un calme de chirurgien en pleine opération.
- AAAAAAAAAAAHHHHHHHH ! cria Darcy en reculant. UN REFLET QUI PARLE !
Stephen grimaça sous la puissance du cri, fermant les yeux. Quand il les rouvrit, Darcy brandissait une brosse à cheveux, pleine de cheveux bruns, vers lui.
- Une brosse à cheveux ? Vraiment ?
- Quoi ? J'ai pris ce que j'avais sous la main ! Et puis t'es qui toi ?! J'ai pas lancé d'incantation au miroir, aux dernières nouvelles !
- Quoi ? demanda Strange totalement perdu. Vous avez bu ?
Darcy le regarda d'un air suspicieux.
- Non… Enfin, pas assez pour voir un beau gosse dans mon miroir à 2heures du mat.
- Deux … Il est 10h du matin. Pas deux heures.
Il y eut un silence.
- J'aime sortir, mais aucune boîte n'est ouverte jusqu'à 10h du mat. Il est 2h.
Le chirurgien resta silencieux un instant avant de demander.
- Tu es anglaise ?
- Je parle pas français donc ouais.
Devant le nouveau silence de l'inconnu du miroir, la jeune femme se pencha pour attraper son téléphone et vérifier l'heure l'air de rien. Quand elle se redressa, l'homme avait disparu, la laissant seule avec son reflet. Après avoir toqué contre le miroir par réflexe, elle envoya un message à Malicia et Jean sur leur conversation de groupe.
« Les filles… j'ai bu combien de verres ?
D. »
« Deux, pourquoi ?
J. »
« Vous êtes sûres ?
D. »
« Ouais parce que, je cite : « Ce soir je veux pouvoir retrouver mes clés ! »
M. »
« Pourquoi ?
J. »
« Deux verres c'est pas suffisant pour voir un beau gosse dans mon miroir.
D. »
Malicia et Jean, toujours dans le uber, se regardèrent sans comprendre. À quelques kilomètres de là, Darcy se laissa tomber sur son tapis de bain, en pleine réflexion.
Paris, 22h30
Maria regarda discrètement l'heure sur la montre à son poignet droit. Ce dîner d'affaires n'en finissait pas. Face à elle, une jeune femme blonde vêtue de manière bien trop sexy et un homme d'une quarantaine d'années au bouc taillé à la perfection et en pointe, discutaient avec le directeur de la production de son entreprise. Elle attrapa son verre de vin et le porta à ses lèvres quand elle entendit quelqu'un dire près de son oreille.
- Ils couchent ensemble.
Maria sursauta, faisant presque sortir le vin de son récipient, s'attirant les regards surpris des autres convives.
- Tout va bien ? demanda son employé à sa droite.
- Je euh... oui je...
La PDG se tourna vers la gauche pour apercevoir un homme qui tranchait totalement avec le décor chic du restaurant. Les cheveux en carré aux épaules, une barbe de quelques jours mal rasée et des vêtements abimés, il regardait la table avec intérêt.
- Clairement ils couchent ensemble, dit-il en approchant. Elle lui fait carrément du pied, remarqua-t-il avec un sourire en coin. Mmmm, collier de diamants… Pas de la contrefaçon c'est certain. Ce truc vaut bien 9000 euros à lui seul.
Maria regarda la femme qui lui faisait face avec une expression de dégout à peine retenue.
- Il y a un problème ?
- Absolument aucun. Je crois que nous avons cependant terminé de discuter affaires. Je vais donc prendre congé si cela ne vous ennuie pas. De cette manière, chacun pourra retourner chez lui et vous pourrez terminer ce que vous avez entrepris de manière assez peu discrète, conclut-elle avec un sourire.
Si la femme en face d'elle se raidit, l'homme que personne ne semblait voir se tourna vers elle.
- Tu me vois ?
Maria se leva pour se rendre au comptoir, suivie par l'inconnu.
- Oui je vous vois murmura-t-elle.
- Où sommes-nous ?
- À Paris. Et pourquoi personne ne vous voit ?
- Aucune idée. Mais c'est vraiment pratique. Tu n'as pas remarqué que l'homme à la table à votre droite avait laissé son numéro à la serveuse ? Et que la femme de la table en face portait de la contrefaçon ?
Maria s'arrêta, cachée par une colonne du restaurant.
- Bien sûr que non ! Qui remarque ça ?!
- Moi, répondit Bucky de nouveau assis sur le lit de son appartement du moment.
- Où suis-je ? demanda Maria en regardant autour d'elle, perdue.
- Moscou.
- En Russie ?!
- Tu connais beaucoup d'autres Moscou ?
Maria le regarda l'air sérieux, trouvant la remarque absolument pas drôle.
- Vous vivez là ? demanda-t-elle en observant l'appartement meublé uniquement d'un lit et d'une kitchenette.
- Pour le moment, ouais. Ça change de ton resto, hein.
- C'était pour les affaires.
- Et bien fait gaffe à ton business. Cette femme, là…
- Raven, indiqua la française en se dirigeant vers la fenêtre.
- Raven. Fais attention à elle.
- Pourquoi ?
- Elle a le même regard que mes clients. Et crois-moi, tu ne veux pas que mes clients parlent de toi aux gens comme moi.
Maria resta silencieuse. Elle observa avec attention l'homme qui se tenait face à elle. Il se dégageait de lui une assurance impressionnante. Et ce regard. Si un regard pouvait tuer, elle était certaine que celui-ci devait en posséder la capacité.
- Pourquoi m'aider ?
- Parce que je ne parle pas un mot de français et que je te comprends. Parce que je suis conscient que se retrouver à Paris en un battement cils c'est impossible, dit-il en montrant le restaurant autour de lui. Et que je n'ai pas envie de me prendre la tête avec une hallucination.
Une main se posa sur l'épaule de Maria, la faisant sursauter.
- Tout va bien Madame ? demanda Ilian, directeur de la production de la firme.
Maria se tourna vers lui avant de chercher Bucky du regard, ce dernier ayant cependant disparu.
- Oui tout va bien Ilian. Je vais… juste payer l'addition et rentrer.
- Vous voulez que je vous raccompagne ? Vous êtes toute blanche.
- Non, ça ira. Merci d'être venu ce soir. Tu peux rentrer chez toi. Je suis désolée que le repas se soit étiré comme ça.
- Aucun souci. Faites attention sur la route, fit l'employé avant de s'éloigner.
Maria alla régler sa note, deux pensées tourbillonnant dans sa tête. La première, que cette femme ne lui inspirait décidément pas confiance. La seconde, qu'elle ne parlait en effet pas un mot de russe.
Washington, 9h du matin
- Oh shit ! C'est quoi ce délire ?!
James Rhodes se réveilla en sursaut, attrapant son arme posée sur sa table de nuit, la braquant instinctivement vers la voix. L'espace en face de son lit s'avéra vide, le faisant froncer les sourcils. Il repéra du coin de l'œil un mouvement près de sa fenêtre et y pointa son arme en se tournant. Il allait parler quand la lumière du jour arriva soudain jusqu'à son visage, l'éblouissant.
- Oh merde, mais c'est Washington !Je suis rentré ! J'en reviens pas !
- Ça suffit ! cria le colonel en vacances. Écartez-vous de la fenêtre ! Immédiatement !
L'inconnu obéit, permettant ainsi à James Rhodes de voir enfin qui s'était introduit chez lui. Son cœur manqua un battement. Un soldat. Et de l'armée de l'air en plus, s'il en croyait son uniforme.
- Soldat. Identifiez-vous, ordonna le plus âgé.
Sam fronça les sourcils.
- Vous êtes qui vous ? J'aime pas trop m'identifier sous la menace d'une arme.
- Et moi je n'aime pas trop me faire réveiller parce qu'un inconnu a débarqué dans ma chambre.
- J'avais pas vu que vous étiez là.
- Votre. identité. Soldat !
- Sam Wilson, armée de l'air, unité d'intervention par parachutage Falcon.
Rhodes le regarda en silence avant de baisser son arme. L'unité Falcon était la dernière unité d'élite envoyée en Afghanistan, il y avait de cela maintenant 1 an.
- Et vous êtes ?
-Colonel James Rupert Rhodes, armée de l'air.
Sam se figea. Il avait débarqué chez un supérieur.
- Je vous assure que je n'ai aucune idée de comment j'ai atterri chez vous colonel ! Dit-il en exécutant un salut militaire. J'étais au camp avec Riley et les autres, et d'un coup, je me suis retrouvé ici.
- En Afghanistan, donc ?
- Parfaitement !
Rodhey se leva et sentit que quelque chose n'allait pas. Sa moquette avait une texture dure et il faisait soudain très chaud. Même la luminosité avait changé. Il leva les yeux, et vit que son appartement avait disparu.
- C'est impossible…
L'officier tourna sur lui-même. Il se trouvait au milieu d'un camp militaire américain.
- Qu'est-ce que je vous disais ?
Rhodey allait parler quand il se retrouva soudain debout près de son lit.
À des milliers de kilomètres de là Riley secoua doucement son ami.
- Wilson ? Tout va bien ?
- Ouais… Ouais ça va…
Une petite review ? Même une toute petite me fera vraiment plaisir.
