Oh, oh, oh ! Joyeux Noël Didi (Zodiaaque), puisque tu as été très sage toute l'année, voici pour toi un OS Dazai/Akutagawa :D J'espère que tu l'aimeras x3

Vous l'avez surement deviné en lisant le résumé, ce OS a été écrit pour le secret santa 2021 ! Et je fais par la même occasion mes premiers pas dans ce fandom (je reviendrai avec d'autres textes car j'ai beaucoup d'idée pour BSD).

CONTEXTUALISATION pour comprendre l'OS : ce n'est pas dit clairement et j'ai peur que vous vous embrouilliez si je ne le dis pas explicitement. Nous sommes dans un UA université sans pouvoir magique.

Merci à Hatsukoi-san pour sa bêta ! Et surtout, merci à elle pour avoir organisé ce secret santa, t'es la best x3

Warning : relation homosexuelle détaillée très légèrement à la fin. Un poil de hurt/comfort (parce que c'est la base, selon Didi xD).

Je ne vous retarde pas plus, bonne lecture !


Akutagawa n'est pas croyant. Il ne croit pas en une entité supérieure qui épie le moindre de ses faits et gestes et à qui il devra rendre des comptes le jour du jugement dernier. Il ne croit pas aux anges ni aux démons, ni même à dieu. Selon lui, c'est un folklore créé pour amuser la galerie et contrôler l'esprit des plus faibles. Or, Akutagawa n'est pas faible. Akutagawa n'est donc pas croyant.

Cette mentalité s'étend à bien plus que du simple rejet religieux : Akutagawa ne croit en rien. La chance, ça n'existe pas. Les superstitions ne servent qu'à effrayer ou encourager les plus lâches (un trèfle reste un trèfle, peu importe qu'il ait trois ou quatre feuilles. Pourquoi éviter un chat car il est noir ? La magie, ça n'existe que dans les rêves.). Le karma n'est qu'une invention humaine utile à ceux n'osant pas se défendre et faire justice par eux-mêmes. La réincarnation, l'idée d'avoir vécu antérieurement, très peu pour lui. Quand tu meurs, tu meurs. Il n'y a rien au-delà, pas de paradis, pas de seconde vie. Tout ça n'est que de la poudre aux yeux pour rassurer les plus peureux.

Pourtant, malgré cette mentalité qu'il qualifie de combattant, de vainqueur, le brun vit depuis quelques jours un calvaire qui tend à lui prouver le contraire.

Depuis quelques nuits, il subit des insomnies. Il n'arrive plus à dormir correctement, il fait des cauchemars qu'il oublie une fois réveillé, mais qui le rende nauséeux, essoufflé, au bord des larmes et angoissé. Ses entrailles se tordent, ses yeux le piquent, son regard s'humidifie, son cœur se tend, sa gorge lui fait mal comme s'il avait hurlé ou pleuré. Akutagawa est effrayé et il son corps, son cœur et son esprit ne recherche qu'une chose : Dazai, son petit ami.

C'est un besoin qu'il perçoit comme vital. Le sentir, le toucher, ressentir ses bras autour de lui, sa chaleur qui l'enveloppe, son odeur qui le drogue. C'est ce que son instinct lui crie de trouver pour apaiser sa peur viscérale.

Ces expériences maintes fois répétées ont créé une appréhension chez le garçon lorsqu'il doit se coucher. Il ne cesse de repousser l'heure à laquelle il rencontre Morphée, prend son temps pour bien se laver les dents, passe des heures sur son téléphone dans son lit pour finir par se réveiller en sursaut et angoissé en plein milieu de la nuit sans se souvenir quand est-ce qu'il s'est endormi. Il ne dort que quelques heures par nuit, désormais. Or, ça le rend constamment fatigué et somnolant en journée, ce qui impacte sur ses études et sa vie sociale.

Aujourd'hui, pourtant il est à peine midi, lorsqu'il se redresse sur son bureau, le souffle erratique, le dos douloureux, les yeux groggy par le sommeil mais le regard effrayé et la marque de son bouquin de biologie imprimée sur la figure. Il finissait par s'endormir en journée également et ses cauchemars étaient bien plus angoissant car ils le prenaient par surprise.

Dazai.

Ses mains tremblantes ont l'air d'être dotées de leur propre conscience tant elles sont agitées par des spasmes nombreux et irrégulier. Elles ont du mal à déverrouiller correctement son téléphone ou à éviter de le faire tomber.

Dazai, Dazai, Dazai.

Akutagawa essaye de calmer son souffle pour échapper aux sanglots qu'il sent arriver et se concentrer sur le SMS qu'il n'arrêtait pas de réécrire à cause de ses traitres de doigts qui ne coopèrent pas.

Le message n'est pas si long, mais ça semble durer des heures lorsqu'il le tape. Il n'y a que quelques mots simples.

Viens me chercher. Maison.

Akutagawa va toujours droit au but, surtout lorsqu'il est dans cet état. Dazai comprendra, il en est certain, il a l'habitude de ses messages brefs et soudains.

Il se déplace jusqu'à son lit, ses jambes menaçant de le lâcher à tout instant, et s'y réfugie pour contrer les pleurs qu'il maudit. Il se les interdit, pleurer c'est pour les faibles. Lui n'en est pas un, il n'est pas faible, il ne l'est pas. Il cherche à transformer son angoisse en colère, le carburant des forts. Il crispe la mâchoire, il sert les poings, il fronce des sourcils sous la couette qui le protège de ses peurs. Il tremble. Il n'y arrive pas. Il pleure de rage et de peur mêlée.

Dazai, il veut Dazai.

Il a besoin de lui à la maison. « Maison », c'est comme ça qu'ils appellent sa petite chambre étudiante. C'est leur nom de code, leur petit refuge lorsqu'ils veulent passer du temps à deux pour un café, pour s'embrasser et plus si affinité. Dazai vit en colocation, ils ne peuvent donc pas passer du temps chez lui et dehors… dehors, ils se font passer pour des amis. Ce n'est pas très bon l'amour entre garçons. C'est pour ça qu'ils se voient souvent à la maison.

Il a besoin de savoir qu'il est là pour lui, rien que lui, uniquement pour lui.

Le brun est profondément amoureux de son amant et ça a commencé il y a longtemps, très longtemps. Si longtemps qu'il ne s'en souvient plus très bien, maintenant. Ce dont il est persuadé, néanmoins, c'est qu'il en est amoureux depuis leur première rencontre.

Il l'a aimé car il ressemblait à un chevalier blanc un peu cabossé. Son preux chevalier qui a fait battre son cœur et installé un élevage de papillon dans son estomac. Cet homme cabossé qui l'a pris sous son aile et qui l'a sorti de là-bas.

Où était-ce, déjà, « là-bas » ? Akutagawa, luttant contre ses larmes et l'esprit fatigué par toutes ses nuits manquées, a du mal à saisir les contours de ce souvenir. Lorsqu'il tente de l'attraper, de mieux le discerner, il se sent transporté. L'odeur familière et nauséabonde des détritus titille son nez, les couinements aigues des rats vagabondant dans les ruelles de cette cité-déchet aiguise son ouïe et il visualise encore les taules de fer imbriquées maladroitement les unes dans les autres qu'il qualifie instinctivement de maison.

Et Dazai, lui, il était là, il l'a sorti de là-bas.

Akutagawa renifle, sa main tapotant son matelas à la recherche d'un mouchoir. N'était-ce pas au lycée déjà ? Lorsqu'il était isolé et harcelé que Dazai s'est approché, l'a épaulé, l'a sorti de là-bas (le monde des faibles) pour le plonger dans le monde des forts ? Il n'est pas certain. Ou au collège ? Fin de collège ? Il ne sait pas.

Le son rassurant d'une clef déverrouillant la serrure le sort de ses pensées. Dazai est arrivé.

« Mon lapin, je suis là~ »

Sa voix toute guillerette, surjouée, et ce surnom mièvre le crispe. Dazai sait, pourtant, qu'il déteste lorsqu'il se ramène la bouche en cœur et lui sort son numéro de tombeur du dimanche à deux balles.

Il ne le voit pas, il est encore caché sous sa couette à lutter contre ses faiblesses. Il n'entend que le bruit de ses pas qui s'approchent du lit. Qui s'approchent de lui. Akutagawa se tend. Il ressent de nouveau ce froid humide qu'il sait familier, qu'il reconnait, il sent cette odeur marine qu'il côtoie quotidiennement. Est-ce qu'il va le punir, le frapper ? Car il n'a pas été assez bon, assez méritant, assez fort lors des combats ? Pas assez strict ou organisé dans la mafia ? Ou pire, le toiser d'un air dédaigneux puis faire glisser sur lui son regard indifférent, ne lui offrant même pas un mot, une critique, une remarque. Dans le meilleur des mondes, dans ses rêves, il lui offre un sourire ou un compliment.

« Amour ? »

Sa voix douce et inquiète et le poids de sa main qu'il sent à travers la couverture le coupent un instant de ses angoisses floues et impalpables. Akutagawa renifle de nouveau et clos ses paupières dans une tentative échouée de retenir ses larmes qui en font fi.

Il le laisse le découvrir doucement et rencontre le regard froid et sérieux qu'il redoute tant.

« Qui t'as fait du mal, amour ? Dis-moi. »

Sa voix chaude, sucré et rassurante qu'il connait et aime tant l'enveloppe dans une bulle le protégeant de toutes ses angoisses et ses peurs. Ce bouclier indestructible l'isole de ses faiblesses. Il lui demande d'une voix qu'il ne reconnait pas tant elle semble… étrangère, d'un autre temps :

« Tu m'aimes ? »

Il le surprend, Akutagawa le remarque tout de suite au regard pris de cours de son amant. Les paupières de ce dernier papillonnent un instant, puis il rit légèrement, plus confiant.

« Quelle question, n'est-ce pas évident ? »

Ses angoisses se fracassent contre le bouclier de son chevalier blanc. Elles tentent une percée. Sa voix se fait plus pressante, à la limite de l'implorante, prenant des tons qu'il ne savait pas posséder :

« Tu m'aimes ? Plus qu'Atsushi ? Dis-le-moi, tu m'aimes ? »

Tu ne me remplaceras pas ? Il en est convaincu, mais il a besoin de l'entendre pour s'en persuader. C'est un besoin pressent qu'il ne peut réfréner et qu'il faut satisfaire s'il ne veut pas imploser et se briser. C'est comme respirer. Il sent son cœur brûler, à l'image de poumons trop longtemps privés d'oxygène.

Tout au fond de lui, c'est un besoin qu'il doit combler à tout prix.

Le regard ambre de Dazai s'assombrit, il comprend le délire dans lequel est plongé son petit ami, il glisse ses doigts sur les joues du brun pour les lui caresser, puis se penche pour lui offrir un baiser tendre.

« Bien sûr que je t'aime, un million de fois plus qu'Atsushi. »

Ils n'ont aucune idée ce qu'est un « Atsushi ». Dazai le suit docilement, ne voulant pas le contrarier et au contraire le calmer. Akutagawa, lui, a vite fait d'occulter ce nom, réminiscence d'un passé oublié, qu'il a prononcé presque instinctivement.

Son cœur finit par doucement se calmer, ainsi enfoui dans les bras de son amant, le nez plongé dans sa gorge, se droguant à son odeur si reposante. Ses pleurs se tarissent, ses angoissent étant vaincus, et les prémices d'un désir réparateur naissent.

Leurs mains se déplacent, se caresse, déshabillent, massent et flattent. Leurs bouches embrassent, complimentent, sourient. Leurs membres se déplacent, s'écartent, s'enlacent. Leurs corps recueillent les milles-et-unes caresses, les nombreux baisers, les compliments abondant et se tendent d'une délicieuse façon dans ce lit trop petit pour deux.

Ils y passent toute l'après-midi et continuent même lorsque la nuit tombe, entre baisers, caresses, câlins et simple contact peau contre peau lorsqu'ils ont besoin de se reposer. Dazai prend soin de son petit ami et Akutagawa passe enfin une nuit sans cauchemar, en sécurité dans les bras du chevalier blanc que fut son petit ami dans une vie passée et qui le suit dans celle-ci.


Voilà, c'est fini ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaire ;)

Et surtout, j'espère que tu as aimé ce cadeau, Didi ! x3