Note de la traductrice, Sloe Balm :
Hello ! J'ai tellement honte de publier ce chapitre après plus d'un an. Vraiment, désolée d'avoir été si longue. Comme vous l'avez peut-être remarqué, j'ai totalement décroché du monde des fanfictions, et j'avoue que c'est difficile d'essayer de se remettre dedans. Je vais me botter les fesses pour essayer de publier la suite dans un délai un peu moins scandaleux... Mais je ne vais pas mentir, ce sera long. Bonne lecture !
...et aussi :
Ce chapitre est publié dans le cadre du calendrier de l'avent du groupe Facebook « Sterek's pack » :
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Chapitre 3
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Stiles passa plus souvent après ça. Tous les deux jours, au moins, et il restait souvent dormir, ou invitait Derek à passer la nuit chez lui. Parfois, Stiles voulait qu'ils se branlent mutuellement. Parfois, il voulait juste parler. Parfois, il ne voulait que regarder un film, sans rien dire du tout. Derek commençait à s'habituer à l'avoir auprès de lui. Ce n'était plus stressant de savoir que Stiles venait manger chez lui, et il ne sentait plus anxieux de demander ou de dire des choses inappropriées.
Thanksgiving arriva rapidement et Derek alla à contrecœur chez le fleuriste d'à côté pour passer une commande pour sa famille. La femme derrière le comptoir eut l'air surprise quand Derek annonça qu'il voulait que les fleurs soient directement livrées sur les tombes, mais elle ne dit rien.
Cela lui fit bizarre de quitter Beacon Hills pour retourner à New York. Il mit une pancarte sur la porte de la boutique, informant les clients que le magasin était fermé pour Thanksgiving, et qu'il serait de retour la semaine suivante. Stiles lui fit promettre d'envoyer des messages. Il était vraiment accro aux textos.
Le vol fut épuisant. Derek n'avait pas l'habitude d'être entouré d'autant de gens stressés, et atterrir à l'aéroport qui se trouvait en périphérie de New York n'aida pas. Lorsqu'il arriva à l'appartement de Laura, il était fatigué, épuisé. Il avait oublié à quel point cette ville pouvait être écrasante, et à quel point les choses étaient devenues différentes pour lui depuis son aménagement à Beacon Hills. New York n'était jamais silencieuse.
Laura ouvrit la porte avec un immense sourire et le serra si fort que Derek put le sentir dans ses côtes. Il l'étreignit en retour. Elle lui avait manqué, malgré leurs appels téléphoniques hebdomadaires.
« Salut petit frère. » dit-elle, et on aurait dit qu'elle était au bord des larmes pendant un instant, juste avant de sourire à nouveau. Josh jeta un coup d'œil derrière elle, souriant aussi, et le soulagement frappa Derek si violemment qu'il en laissa presque tomber son sac.
« Salut gamin. » dit-il, ébouriffant les cheveux de Josh. Peut-être que s'être éloigné d'eux un temps leur avait fait du bien à tous. « Où est Mike ? » demanda-t-il alors, se tournant vers Laura alors qu'il pénétrait davantage dans l'appartement.
« Il rentre en avion de Washington ce soir. »
Le vol de Mike fut retardé, mais ils jouèrent aux cartes pendant le reste de la soirée, en attendant qu'il rentre à la maison. Mike était l'écrivain de plusieurs best-seller, et il était une personne relativement calme. Derek l'aimait bien, parce qu'il avait réussi à faire sourire Laura de nouveau, ce qui n'était pas arrivé depuis des années avant qu'elle ne le rencontre.
Alors qu'il était couché dans son lit, plus tard dans la nuit, il reçut un texto de Stiles.
/ Hey :) T'es bien arrivé ? Tu manques à Steve. Scott me dit qu'il a l'air déprimé.
Il y avait une photo de Steve jointe. Il était allongé par terre, près d'un canapé que Derek ne reconnaissait pas, et il avait l'air totalement abattu.
/ Le voyage s'est bien passé. Caresse Steve pour moi. Je me rattraperai à mon retour.
Il lui fallut près de quinze minutes pour écrire le message, parce qu'il lui paraissait soit trop court et un peu sec, soit trop développé. En fin de compte, il appuya simplement sur envoyer en se disant que Stiles s'en ficherait.
Il était presque une heure du matin et cela faisait un moment qu'il était le seul réveillé dans l'appartement. Il n'était pas assez fatigué pour dormir et son livre actuel était ouvert sur son ventre, couverture vers le haut, pendant qu'il avait écrit son message. Cela prit moins d'une minute avant qu'il ne reçoive une réponse.
/ Tu ne devrais pas être en train de dormir ? Je suis déjà au lit et tu as trois heures d'avance sur moi.
/ Pas possible.
Répondit Derek. Presque immédiatement, son téléphone se mit à sonner et le nom de Stiles éclairait l'écran.
« Salut. » dit-il, répondant à l'appel.
« Hey. »
Il pouvait entendre le sourire dans la voix de Stiles et il sentit son corps se détendre contre les oreillers.
« Salut. » dit-il à nouveau et il se sentit comme un idiot quand Stiles rigola.
« Est-ce que je dérange ? »
« Non. Je suis au lit. Les autres dorment à l'autre bout de l'appartement, donc ça ne dérangera personne. »
Il y eut un moment de silence avant que Stiles ne parle.
« C'est bizarre de ne pas te voir pendant une semaine. »
« Je rentre lundi. »
« Ouais, mais on est que mercredi. »
Derek éclata de rire.
« Alors, qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui ? »
« Pas grand-chose. Je me suis surpris en train de m'habiller en vue d'aller chez toi, et j'ai réalisé que tu n'étais pas là. Donc Steve et moi on a passé la matinée à bouder jusqu'à ce que Scott ne rentre de l'université. On a passé le reste de la journée avec lui, puis on est rentrés à la maison il y a quelques heures seulement, et j'ai pensé que je t'enverrais un message avant d'aller au lit. »
« Désolé de vous avoir planté comme ça. » Derek sourit.
« Rah, ça va, c'est pas comme si Steve et moi on avait besoin de toi pour passer du bon temps, pas vrai Steve ? »
Quelque part, à l'autre bout de la ligne, on entendit Steve gémir.
« Traître. » marmonna Stiles, mais sa voix devint plus douce. « Et toi ? Qu'est-ce que t'as fait aujourd'hui ? »
Haussant les épaules, Derek plia le coin de la page de son bouquin, même s'il détestait quand les gens faisaient ça, puis il rangea le livre.
« J'ai passé la majeure partie de la journée à voyager, puis j'ai dîné avec Laura et sa famille. »
« Ça avait l'air cool. Elle est plus jeune ou plus âgée que toi ? »
« Plus âgée. De trois ans. » Derek n'avait pas réalisé que Stiles ne savait pas grand-chose sur sa famille jusqu'à présent. La seule conversation dont Derek se souvenait à ce sujet, c'était la fois où il avait mentionné avoir eu une autre sœur. « Elle est mariée et elle a un enfant. »
« Ah ouais, ouais. Tu m'avais déjà dit ça il y a un moment. » Donc ils avaient déjà parlé de sa famille. « Ils te manquent quand tu es ici ? »
« Pas vraiment. » répondit Derek, même s'il réalisa pourtant qu'ils lui avaient manqué. « On se téléphone chaque semaine. C'est agréable d'être loin du stress qu'il y a ici. »
Stiles rigola. « Ouais, on ne peut pas vraiment dire qu'il y ait beaucoup de stress à Beacon Hills, hein ? »
« Non. » lui accorda Derek.
Ils furent silencieux un moment, mais ce n'était pas gênant pour autant. Derek écouta le souffle de Stiles et le son lointain de Steve mâchant un jouet qui couinait.
« J'avais envie de te demander quelque chose. » dit soudainement Stiles, rompant le silence.
« Vas-y. »
Stiles fut à nouveau silencieux, mais Derek y était habitué maintenant. Il savait très bien de quoi il s'agissait.
« J'aimerais bien tenter les fellations à ton retour. »
« Ce n'est pas une question. » Derek savait très bien ce que Stiles voulait réellement demander, mais son estomac se contracta si fort qu'il perdit son souffle et toute pensée pendant un moment. Il avait besoin de gagner du temps. Ce qu'il avait envie de faire, et qu'il était sage de faire, étaient deux choses complètement différentes. Enfin, peut-être pas.
« Donc, je peux ? »
« Oui. » répondit Derek sans même réfléchir. Il se pencha pour se réinstaller, surpris de voir à quel point il se sentait affecté par l'envie qu'avait Stiles d'en faire toujours plus.
« Tu ne dis pas ça juste parce que j'en ai envie, hein ? Tu dois aussi le vouloir. »
« Je le veux. J'en ai envie. » D'une manière ridiculement atroce.
Stiles respira de manière un peu instable et Derek put entendre un bruissement de tissu au travers du combiné.
« Est-ce que... » Stiles coupa sa phrase, et s'éclaircit la gorge. « Est-ce qu'on aura besoin de se protéger pour faire ça ? »
« Soit ça, soit on peut se faire tester. » Derek n'avait pas eu de relations sexuelles depuis la dernière fois qu'il avait eu un papier dans sa main indiquant qu'il était clean. Mais il était prêt à refaire un test pour s'assurer que Stiles sache qu'il l'était. Même s'il savait que Stiles n'avait été qu'avec lui, et qu'ils n'avaient rien fait d'autre que des travaux manuels, c'était toujours bien de le voir écrit noir sur blanc.
« Ce n'est pas comme si je pouvais acheter des préservatifs à l'épicerie du coin, car je dois soit y aller avec mon père, soit demander de l'aide à un employé. Et mon père a déjà une pression artérielle élevée, donc c'est hors de question que je lui demande quelle marque choisir. Si je demande au mec du magasin, la ville entière le saura dans les deux jours. Ce n'est pas que je me soucie vraiment de ce que pensent les gens, mais mon père aurait probablement une crise cardiaque, peu importe si je lui demandais personnellement ou s'il l'apprenait pendant sa pause déj'. Je pense que pour lui, c'est inconcevable d'avoir une relation sexuelle si t'es pas dans une relation stable et que t'as pas eu l'approbation de tes parents. »
Derek sourit. « Alors on se fait tester. »
« Ouais. Ok. Ça roule. » Stiles s'éclaircit la gorge. « Donc, vous allez faire un gros repas de famille demain ou quelque chose du genre ? »
« Non, ce sera juste avec Laura, son mari et leur fils. On est les seuls qui restent. »
C'était presque comme s'il pouvait entendre Stiles penser de l'autre côté de la ligne. « Est-ce que tu veux en parler ? » demanda-t-il finalement.
« Non, ça va. Et ce sera un gros repas de ton côté ? » Il était sûr que Stiles ne lui en demanderait pas en sachant qu'il n'était pas ouvert à discuter du sujet, mais c'était tout de même plus sûr de diriger la conversation vers autre chose. Autre chose que sa famille.
« Comme d'habitude. Moi, mon père, Scott, la mère de Scott, et la petite amie de Scott qui va probablement passer lorsqu'elle en aura marre de sa famille. Donc, non, pas un truc énorme. »
« Ça semble bien. »
« Ça l'est en général. Tu es le bienvenu si tu veux l'an prochain, si tu n'as pas envie de partir à New York. »
Derek prit son livre, feuilletant des pages au hasard, tout en souriant. « Je tâcherai de m'en souvenir. »
« Quand est-ce que tu rentres lundi ? »
« Tard dans la soirée, si tout se passe comme prévu. Je devrais être en ville vers dix heures tout au plus. »
« Si tu veux, je pourrais venir chez toi et passer la nuit. Ou tu pourrais venir chez moi. »
Derek y réfléchit un moment, comparant l'idée de rentrer chez lui dans son appartement sombre et de devoir y attendre Stiles, et l'idée d'aller directement chez ce dernier, avec une excuse pour ne pas avoir à défaire ses valises tout de suite.
« Est-ce que je pourrais utiliser ta douche si je viens chez toi ? »
« Bien sûr. Je préparerais à manger aussi, au cas où tu as faim. »
Derek ressentit cette étrange sensation, comme si quelque chose était oppressant dans sa poitrine. Il remua sur son lit. « Ce serait bien. Merci. »
« Tu penses que tu vas arriver à dormir maintenant ? » demanda Stiles dans un bâillement.
Derek n'était pas fatigué, mais son esprit était plus apaisé qui ne l'avait été durant toute la journée. « Je pense. Et toi ? »
« Totalement. » Stiles semblait déjà à moitié endormi. « Je t'enverrai un texto demain si j'en ai l'occasion. »
Ils raccrochèrent après ça, mais Derek ne réussit à dormir qu'après s'être branlé lentement avec l'image de Stiles le suçant, et celle de lui ayant le sexe de Stiles dans sa bouche. Il ne se souvenait pas de la dernière fois où il s'était masturbé, mais cela lui fit du bien. Son corps était lourd et apaisé quand il balança son mouchoir dans la poubelle à l'autre bout de la pièce. Puis, il tira les couvertures sur lui.
Le dîner de Thanksgiving fut agréable. Derek mangea trop et ses joues lui firent mal à force de sourire. Plus tard dans la soirée, Josh était endormi depuis longtemps et Mike était dans son bureau, traitant ses e-mails. Il n'y avait que Laura et lui autour de l'îlot de la cuisine, avec deux verres de vin et une boîte presque vide de biscuits apéritifs.
« Tu as bonne mine. » fit remarquer Laura en souriant. « Ça te plaît de vivre à Beacon Hills ? »
Hochant la tête, Derek fit lentement tourner son verre entre ses doigts. « Ça m'a fait du bien. »
« C'est certain. » reconnut-elle. « Tu es moins nerveux. Tu souris à nouveau. »
« C'est plus facile maintenant que j'ai mes habitudes, j'imagine. »
« Comment va ton ami ? Stiles, c'est ça ? »
Derek avait le sentiment qu'il savait où la conversation allait les mener. « Il va bien. »
« Vous êtes toujours amis ? »
Il hocha à nouveau la tête. Il était hors de question qu'il dise la nature de leur amitié. Ce n'était pas quelque chose qu'elle avait besoin de savoir. « On dirait bien. On s'est parlé par téléphone hier. »
« Quand ? Je n'ai pas entendu. »
« Il était tard. Tu étais déjà au lit. Pourquoi ? »
« Par curiosité, c'est tout. C'est bien de savoir qu'il y a quelqu'un qui t'appelle et prend de tes nouvelles… qu'il y a d'autres personnes dans ta vie. Autres que nous. »
« Il me fait rire. » laissa échapper Derek avant même de pouvoir s'en empêcher. Il essaya de faire comme si l'information n'était finalement pas importante, en haussant les épaules, même si Laura ne le croirait pas. Elle avait cette capacité à analyser un peu trop les choses.
« C'est super. » Son sourire était un peu étrange. Trop doux. « Est-ce qu'il te manque ? »
« Non. C'est mon quotidien qui me manque. »
« Et il en fait partie ? » pointa-t-elle aussitôt.
Soupirant, Derek hocha la tête. « On passe beaucoup de temps ensemble. Il vient souvent à la boutique. »
« Tu as une photo de lui ? »
« C'est quoi ? Un interrogatoire ? Non, je n'en ai pas. Est-ce que tu as des photos de tous tes amis ? »
« Eh bien, à dire vrai, oui, j'en ai. Ça s'appelle Facebook et c'est super pratique. »
« On a déjà eu cette conversation. Tu ne me feras pas avoir un compte sur Facebook. »
« Ce n'était pas le but de la conversation. » soupira-t-elle.
À cet instant, son téléphone se mit à vibrer sur le bar, à côté de son verre. Sans surprise, c'était un texto de Stiles.
/ Hey big guy ! Happy Thanksgiving :) T'es occupé ?
Derek lança un regard à Laura alors qu'elle baissait sa tête suspicieusement derrière son verre, comme si elle cachait son visage.
/ Salut. Happy Thanksgiving. Un peu, je parle avec Laura. Tu veux que je t'appelle plus tard ?
La réponse arriva presque immédiatement.
/ Carrément ! Dis-lui que je lui passe le bonjour.
« Stiles te passe le bonjour. » informa-t-il un peu maladroitement.
« Il écrit des textos ? » demanda-t-elle, incrédule.
Derek se mit un peu sur la défensive, sans vraiment savoir pourquoi. « Oui, pourquoi il ne le ferait pas ? »
« Comment il fait ? »
« Il parle à son téléphone et cela se tape automatiquement. »
Haussant les épaules, Laura sirota son vin. « Je vois. Malin. » Et son visage s'illumina dangereusement. « Demande-lui d'envoyer une photo ! »
« Non. »
« S'il te plaît, Derek. Tu me dois bien ça. J'ai fait une tarte à l'ananas hier, rien que pour toi. »
« Tu l'as acheté à la boulangerie du coin. » Mais Derek était faible et cédait presque immédiatement lorsqu'elle le harcelait.
/ Laura veut une photo de toi. Elle me force à t'envoyer ça. Et ça implique des menaces de mort.
/ Tu ne veux pas aussi avoir une photo de moi ? :(
Derek était certain que Stiles souriait depuis la Californie. Stiles et Laura ne seraient jamais autorisés à se rencontrer.
/ Non.
Son téléphone fut silencieux pendant si longtemps qu'il commença à s'inquiéter d'avoir mal interprété les propos de Stiles. Peut-être avait-il vraiment été ennuyé qu'il lui demande une photo de la part de Laura seulement, et pas de la sienne. Lorsqu'il remplit à nouveau son verre et celui de Laura, son téléphone vibra derechef. Il avait reçu une photo de Stiles, faisant un signe de main et souriant largement à l'objectif. Quelqu'un d'autre avait du la prendre, car elle était prise avec quelques mètres de recul. On voyait pleinement la chemise à carreaux rouge et bleue de Stiles, portée par-dessus un T-shirt blanc. On voyait également ses mains et ses longs doigts. Il portait ses lunettes habituelles, mais pas son bonnet, et ses cheveux avaient cet aspect souple et en bataille. Il avait l'air terriblement heureux. Quelque chose tordit doucement l'estomac de Derek, et il se retrouva à espérer que lundi arriverait bientôt.
« Eh bien, voilà. » dit-il, quand il se rendit compte qu'il regardait la photo depuis un peu trop longtemps, et il tendit à contrecœur le téléphone à Laura.
Elle parut un peu surprise mais cela fut rapidement remplacé par un petit sourire que Derek n'avait jamais vu auparavant. « Il porte des lunettes. »
« Je sais. » Derek soupira et leva les yeux au ciel. « Il aime faire ça. Il dit que si des gens qui ont une vision parfaite peuvent porter des lunettes pour paraître branchés, il le peut aussi. »
« Il n'a clairement pas tort. » Laura lui rendit le téléphone. « Il est très mignon. »
Derek voulut hausser les épaules, mais comme elle avait raison, il décida d'acquiescer à la place. « Je suppose. »
/ Merci. Elle dit que tu es mignon.
Cela prit quelques minutes avant qu'il ne reçoive une réponse.
/ Elle est clairement mon âme sœur. Dommage qu'elle soit mariée et que je sois gay.
Derek renifla, amusé, ce qui lui valut un autre regard curieux de la part de Laura, même si elle ne dit rien.
/ Pas de chance. Tu n'as plus qu'à te faire moine.
/ Je suis totalement vexé maintenant. Appelle-moi quand t'es dispo.
Derek n'eut pas l'occasion de l'appeler avant qu'il ne soit deux heures du matin. Son corps était engourdi par l'alcool, et le lit lui sembla plus confortable qu'il ne l'avait été la veille. Il écrivit son texto à Stiles en se brossant les dents.
/ Tu es libre pour parler ?
/ Appelle-moi dans dix minutes.
Derek l'appela au bout d'un quart d'heure.
« Hey. » souffla Stiles. Tout paraissait si silencieux à l'autre bout de la ligne. Il n'y avait pas de son de télévision ou d'autres gens parlant. Pas même le bruit de Steve mâchouillant un jouet.
« Salut. Est-ce que je tombe mal ? »
« Non, je viens juste de dire bonne nuit à tout le monde et de m'enfermer dans mon ancienne chambre. »
« Désolé. Je croyais que tu serais chez toi à cette heure-ci. »
« Je passe la nuit chez mon père. »
« Ok. » Derek ne savait pas quoi dire. Son cerveau était un peu engourdi. « Est-ce que tu as passé un bon Thanksgiving ? »
« Ouais. Super, comme d'habitude, mais je suis claqué, alors je leur ai dit que j'allais me coucher. »
« Tu n'es pas obligé de rester éveillé pour moi. On peut se parler demain. »
« J'peux pas. Je pars avec Scott pour le week-end, et puis je voulais te parler. »
« À propos de quoi ? »
Stiles rit. « De rien en particulier. Juste parler, tu vois. »
La couverture était soudainement trop chaude pour Derek et il la retira. « Désolé de t'avoir fait prendre une photo. »
« Tu t'excuses beaucoup ce soir. » fit remarquer Stiles. « Y'a une raison ? T'as vendu mon beau petit cul à Lucifer, ou bien mon âme à mec bizarre que tu as croisé à un carrefour ? »
Derek eut l'impression d'avoir raté quelque chose. « Quoi ? »
« Laisse tomber. » soupira Stiles, puis son ton se transforma en une plainte moqueuse. « Puis ça valait le coup. Au moins ta sœur pense que je suis mignon, elle. »
« Tu sais que moi aussi. » Il l'avait déjà dit, il s'en rappelait.
« Tant de sentiment dis donc. Ça faut trop pour mon petit cœur. » déclara Stiles, pince-sans-rire.
Derek se moqua. « J'ai déjà dit que tu étais beau. »
« Sérieusement Derek, toute cette poésie rien que pour moi. Je me sens tout troublé. »
« Je vais raccrocher. »
Stiles rit avant de finalement devenir silencieux.
« Je suppose que je ne vais pas pouvoir te reparler avant lundi, alors ? » demanda-t-il, réalisant que Stiles partait pour tout le week-end. Il n'avait jamais été question pour eux de s'appeler tous les soirs, ce qui n'expliquait donc pas pourquoi Derek se sentait bizarre à l'idée de ne pas parler à Stiles pendant quelques jours.
« Ouais, c'est un souci ? »
« Non. Pourquoi ça en serait un ? Est-ce que tu voudras que je t'appelle quand je serai à moins d'une heure de Beacon Hills ? »
« Ouais. » Stiles fut de nouveau silencieux. « Tu dois raccrocher ? Je sais qu'il est tard, mais peut-être qu'on pourrait parler un peu plus longtemps. »
À ces mots, Derek se sentit un peu mieux. « Je n'ai pas à raccrocher tout de suite. »
« Tu vas faire quoi ce week-end ? »
« Je ne sais pas. Rien de spécial je pense. Passer du temps avec ma famille. Qu'est-ce que toi et Scott allez faire ? »
« On s'est juste dit qu'on avait besoin de passer du temps entre potes, alors on va aller à Los Angeles. On n'a pas l'occasion de passer autant de temps ensemble qu'avant, tu sais, lorsqu'on était au lycée… alors on a décidé de faire cette tradition. On part en week-end une fois par an pour compenser. On s'interdit d'envoyer des textos et d'appeler qui que ce soit d'autre, sauf si c'est une urgence. »
« Ça a l'air pas mal. »
« Ouais, ça l'est. » acquiesça Stiles. « Ça me manque de ne pas traîner avec lui. »
« Je comprends. C'est ton meilleur ami. »
« Ouais, je le considère vraiment comme mon frère, même si on n'est pas lié ni rien. »
Derek pensa à Boyd. Ils avaient été comme ça. Frères d'armes. Meilleurs amis.
« Derek ? » demanda Stiles, le sortant de ses pensées.
« Désolé. »
Stiles continua de parler pendant un moment, de tout et de rien. Derek ne contribua pas beaucoup, mais au moins, entendre parler Stiles lui fit oublier ses pensées douloureuses. Au bout d'une heure, Stiles se tut et tout ce que Derek entendit fut la respiration profonde du châtain à l'autre bout de la ligne.
Il eut la sensation que quelque chose se gonflait dans sa poitrine, lorsqu'il réalisa que Stiles s'était endormi. « Bonne nuit, Stiles. » dit-il doucement alors qu'il écoutait à nouveau la respiration du jeune homme, puis il raccrocha.
Il n'eut aucun mal à s'endormir par la suite.
Le lendemain matin, lorsque Derek se réveilla un peu plus tard qu'à l'accoutumée, un texto attendait d'être lu sur son téléphone.
/ Désolé de m'être endormi en plein milieu ! Appelle-moi lundi quand tu seras à une heure de route d'ici. Amuse-toi bien ce week-end !
Il ne prit pas la peine de répondre, puisque Stiles n'était de toute façon pas autorisé à le rappeler ou à lui répondre par message. Et il n'avait pas de problème avec ça. Derek n'avait initialement pas prévu qu'ils échangent particulièrement pendant Thanksgiving. C'était juste arrivé. Non pas que cela l'avait dérangé, parce que cela avait été sympa, mais il n'avait pas de quoi s'en plaindre maintenant.
Il passa l'après-midi à se promener avec Josh. Ils regardèrent les vieux bâtiments pour lesquels Josh avait une fascination certaine. Ils étaient si différents des gratte-ciel qui paraissaient être faits en verre.
« C'est quoi ? » demanda Josh en pointant du doigt la pierre d'angle d'un mur, qui appartenait à une église.
« C'est une pierre d'angle. » (ndt : 'cornerstone' en anglais), expliqua Derek. « C'est la première pierre que l'on pose lorsqu'on commence à construire un édifice comme celui-ci. Toutes les autres pierres sont posées en fonction de celle-là, donc elle est très importante. »
Josh acquiesça en un léger fredonnement, et toucha la pierre avec précaution. Celui qui avait construit ce mur s'était assuré que la pierre d'angle soit légèrement différente des autres. Peut-être pour faciliter la construction, ou peut-être parce qu'il voulait rendre la première pierre spéciale.
« Derek. » dit Josh, avant de le regarder finalement. « Tu m'aimes, hein ? »
Derek cligna des paupières, et fronça les sourcils. Une partie de lui se demandait si Josh doutait d'à quel point il pouvait l'aimer… et si c'était lié à ce qu'il s'était passé deux ans auparavant, juste après qu'il fut revenu de l'hôpital. À cette époque-là, il était terrifié. Cassé. Josh lui avait sauté dessus pendant qu'il dormait, et le cerveau de Derek, toujours hanté par la guerre, avait cru qu'il se faisait attaquer. Il avait alors presque étranglé Josh. Ce fut à ce moment-là que Derek avait réalisé qu'il avait besoin d'être aidé. Qu'il avait besoin d'aide.
« Oui, bien sûr. »
« Bien, parce que je veux aller à McDonald's. »
Intérieurement, Derek soupira de soulagement, mais il fit semblant d'être choqué et fronça les sourcils davantage. Josh n'y crut pas une seconde, et se contenta de lui sourire de manière effrontée, et de tendre un bout de branche écorchée qu'il avait dû arracher d'un buisson. « S'il te plaît ? »
« T'es un enquiquineur. » soupira Derek. « Tu le sais ça ? »
« Est-ce qu'être un enquiquineur ça veut dire que tu m'amènes à McDonald's ? » Josh enfonça le bout de bois dans la boucle de ceinture de Derek avant que ce dernier ne le lui prenne des mains.
Derek capitula. « Oui. »
Il passa le reste de son séjour à alterner entre jouer à des jeux de société avec Josh et éviter les questions de Laura. Elle se montra terriblement curieuse à propos de Stiles, et Derek la soupçonnait de vouloir lui rendre visite bientôt s'il n'arrivait pas à la jouer fine.
Le dernier soir, il lut une histoire à Josh, secrètement touché que l'enfant lui fasse suffisamment confiance pour le laisser s'occuper de lui à l'heure du coucher. La dernière fois qu'il avait pu faire cela datait d'avant son dernier départ en mission. C'était agréable d'avoir Josh niché contre lui, sous son bras, et de pouvoir regarder avec lui les images du bouquin. Derek dut le porter jusqu'à son lit, car Josh s'était endormi profondément après la fin du quatrième livre. Derek n'avait pas pu se résoudre à s'arrêter de lire alors qu'il avait enfin la chance de rattraper ses erreurs.
Josh parut petit et fragile une fois dans son lit, caché sous les draps Bob l'éponge. Derek s'attarda un moment, plaçant la girafe en peluche de Josh sous son bras et s'assurant que la lampe fusée posée sur le rebord de fenêtre soit bien allumée avant qu'il ne parte. Peu importait à quel point Laura pouvait être fatigante, il reviendrait leur rendre visite bientôt.
Elle lui sourit quand il sortit de la chambre de Josh, après avoir marché sur des Lego qui allaient faire de lui un estropié à vie.
« Tu vas lui manquer. »
« Il va me manquer aussi. »
« Il t'a toujours admiré, tu sais. Et il t'aime. Il t'a toujours aimé. »
« Je l'ai blessé. »
Elle tapota la place à côté d'elle sur le canapé. Derek y alla à contrecœur.
« Oui, c'est vrai. » reconnut-elle. « Mais Josh est un enfant intelligent pour son âge. Je pense qu'il tient ça de sa mère. Il sait que tu étais malade. Que tu es malade. Il sait aussi que tu vas mieux maintenant. Que tu ne le referas plus jamais. Tu t'es excusé, tu lui as parlé, malgré le fait que d'habitude tu évites de te confier. Il comprend, Derek. »
« Je ne sais pas. »
« Je le sais. Et Josh le sait. S'il n'était pas à l'aise avec toi, ou si on redoutait de te laisser avec lui, tu ne serais pas là. Tu dormirais dans un hôtel quelque part. »
Techniquement, Derek le savait. C'était sa propre culpabilité qui le narguait, au fin fond de ses pensées. Entendre Laura le lui dire à voix haute, après qu'il eut passé autant de temps avec Josh, faisait une réelle différence. Respirer devenait soudainement moins difficile.
« Ta place est là-bas pourtant. À Beacon Hills. C'est ce qu'il y a de mieux pour toi. »
« Je le pense oui. » Derek hocha la tête. De retour à New York, il était devenu beaucoup plus clair pour lui qu'il ne pouvait plus rester ici. Pas lorsqu'il y avait des endroits comme Beacon Hills où il pouvait avoir une vie presque normale.
« Je ne t'avais pas vu si bien depuis longtemps. Même si tu as arrêté ta thérapie, et que tu n'aurais pas dû. Même avant que tu ne partes pour ta dernière mission, tu n'étais déjà plus toi-même. »
Prenant une grande respiration, Derek acquiesça. La guerre changeait les gens. Après avoir vu ce qu'il avait vu, fait les choses qu'il avait faites, on ne pouvait pas rester la même personne. À l'époque, il tenait le coup. Après sa dernière mission, il n'y avait plus aucun espoir qu'il soit à nouveau le même. Un autre soldat avait un jour décrit cet état comme le fait d'être pris au piège trop hanté par la guerre pour être en paix, et trop amoché pour y retourner. Selon Derek il n'y avait pas de meilleure manière pour décrire ce qu'il ressentait.
« Je devrais probablement retourner chez le psy. »
« Je pense que ce serait bien. » déclara doucement Laura, tendant la main pour venir serrer la sienne. « Est-ce que Stiles sait ? »
« Sait quoi ? »
« À propos de ta condition. »
Derek soupira et retira sa main. « Tu dis ça comme si j'avais été amputé d'une jambe ou autre. »
« Tu ne lui as pas dit, n'est-ce pas ? »
« Pourquoi je le ferais ? On est juste amis. » marmonna-t-il, sur la défensive. En retour, Laura lui lança un regard peu impressionné.
« Des amis qui s'envoient des selfies. »
« C'est toi qui as demandé ! »
Elle esquissa un sourire simplement, comme si elle savait quelque chose que Derek ignorait. Et ce dernier détestait lorsqu'elle faisait ça.
« Quand est-ce que tu le revois ? »
« Demain. » marmonna-t-il, sachant très bien ce qu'elle ferait de cette information.
« Mais tu n'arrives pas très tard ? »
« Vers dix heures. »
« Oui, c'est tard. Et il va quand même venir chez toi ? »
« Non. » Derek regarda la table basse, puis ses épaules s'affaissèrent. « Je vais chez lui dès que j'arrive. »
Laura rigola et secoua sa tête. « Même si c'est vrai que vous n'êtes rien de plus que des amis, c'est clairement une amitié importante. »
Décidant qu'il n'avait rien à répondre à cela, Derek partit se coucher. Pendant un moment, il envisagea d'envoyer un SMS à Stiles, mais décida finalement de ne pas le faire. Stiles lui avait dit de l'appeler lorsqu'il serait à une heure de Beacon Hills, et peut-être que ce pacte qu'il avait fait avec Scott était toujours d'actualité jusqu'au lendemain. Derek finit par se dire que Stiles avait probablement besoin d'un peu d'espace, même si ces derniers jours avaient paru incroyablement longs.
Après une heure d'agitation où il ne parvint pas à trouver le repos, il abandonna et décida d'aller se faire une tisane. À sa surprise, il trouva Mike à la table de la salle à manger, en train de taper sur son ordinateur.
« Insomnie ? » demanda-t-il, levant brièvement les yeux de son écran.
« Oui. » avoua Derek. « Et toi ? »
Mike haussa les épaules. « Pas vraiment, j'ai juste du travail en retard. J'ai encore quelques chapitres à envoyer à mon éditeur dans la matinée et il me reste encore un demi-chapitre à finir d'écrire. » Puis, il s'arrêta, bougea légèrement ses doigts et fit un geste rapide vers la bouilloire électrique qui se trouvait sur la table. « Prends-toi une tasse si tu veux parler. »
Parfois, Derek se demandait comment Mike faisait pour le connaître aussi bien, mais il ne fit aucun commentaire à ce sujet. À la place, il attrapa une tasse dans un placard et choisit un sachet de thé qu'il pensait avoir vu chez Stiles. Puis, il s'installa sur une chaise.
« Comment ça se passe à Beacon Hills ? » demanda Mike, fermant son ordinateur portable.
« Bien, je suppose. Mieux qu'ici. »
« Tu es plus bavard qu'avant. » souligna Mike, l'ombre d'un sourire sur ses lèvres.
Derek se racla la gorge et se concentra sur son thé, le remuant légèrement. « J'ai en quelque sorte rencontré quelqu'un qui ne me laisse pas beaucoup le choix. » dit-il enfin.
« Laura m'en a parlé. »
Derek n'en fut pas du tout surpris. En revanche, les prochains mots de Mike l'intriguèrent davantage.
« Je connais des personnes qui travaillent sur un projet pour des personnes en déficience visuelle, pour leur faciliter l'accès à la lecture. »
Derek se souvint étonnamment bien de la façon dont Stiles s'était plaint de ne pas avoir une grande sélection de choses à lire. « C'est quoi exactement ? »
« C'est une liseuse électronique, qui a un affichage en braille qui s'actualise. Le procédé utilise des polymères électro-actifs pour faire ressortir des points de braille sur l'écran. » expliqua Mike, comme si Derek en comprenait tous les détails. Derek ne répondit rien, même si son intérêt était réel.
Pendant un moment, Mike resta silencieux, puis il finit par sourire légèrement et reprendre la parole. « Peut-être que Stiles aimerait essayer un prototype ? »
« Ce serait possible ? »
« Je vais voir ce que je peux faire. » promit Mike. « Je vais te mettre en contact avec les gens que je connais. Ce serait un cadeau parfait pour Noël, non ? »
Derek ne put pas contester. Son corps bourdonnait d'une nouvelle sorte d'excitation, alors qu'il se rendait compte qu'il pourrait être en mesure de donner à Stiles quelque chose dont il avait envie et qui lui manquait. Il ne fut que partiellement impliqué dans la conversation après cela, son esprit étant trop accaparé à l'idée de pouvoir donner cette liseuse en braille à Stiles.
Il ne s'endormit qu'aux alentours de quatre heures.
oOo
Quand il prit enfin son téléphone pour appeler Stiles, il était bien plus tard que prévu. Il lui avait envoyé un texto dès qu'il était descendu de l'avion, lequel avait été retardé, pour s'assurer que Stiles soit bien au courant de son retard. Il était presque dix heures et demie maintenant et Derek avait encore environ une heure de route.
« Hey. » salua Stiles lorsqu'il décrocha, et au plus grand soulagement de Derek, il ne paraissait pas irrité.
« Salut. Je suis à une heure de route, là. » Il s'arrêta, soudainement inquiet que leurs plans soient annulés parce qu'il avait plus d'une heure et demie de retard par rapport à ce qui était prévu. « Si tu veux toujours que je vienne. »
« Ouais, bien sûr. » Il pouvait entendre le sourire dans la voix de Stiles. « Le dîner sera prêt lorsque tu arriveras. Tu devrais raccrocher maintenant parce que téléphoner en conduisant c'est vraiment stupide, okay ? »
Derek n'eut pas la possibilité de répondre que Stiles avait déjà raccroché.
Il roulerait peut-être un peu plus vite sur les derniers kilomètres. Il avait juste hâte d'en finir avec la route et se sentait extrêmement fatigué. Il essaya de ne pas penser aux préservatifs et au lubrifiant dans son sac, qu'il avait achetés sur le chemin de l'aéroport, préférant prendre un taxi au lieu de se faire conduire par Laura. Elle se serait moquée de lui s'il avait dit la vérité. Il n'attendait rien il voulait juste s'assurer qu'ils ne se retrouveraient pas dans une situation où il leur faudrait choisir entre ne pas avoir de rapport sexuel ou le faire sans être protégés.
Il se sentit étrangement à l'aise lorsqu'il monta l'escalier du bâtiment de Stiles, jusqu'au dernier étage, en enjambant deux marches à la fois. Steve jappa lorsqu'il frappa, puis il entendit les bruits de pas familiers de Stiles. Pour une raison quelconque, il retint son souffle lorsque la porte s'ouvrit, ses yeux scrutant Stiles comme s'ils essayaient de rattraper le temps perdu. Le jeune homme portait le même pantalon de pyjama à carreaux que lorsqu'il avait dormi chez lui pour la première fois, et un sweat à capuche violet. Il ne portait pas de lunettes et ses cheveux étaient un peu décoiffés. Les doigts de Derek le démangèrent soudainement, avec l'envie d'aller s'y glisser.
« Hey. » Le sourire de Stiles était immense et il semblait presque à bout de souffle.
« Salut. » Derek pénétra à l'intérieur alors que Stiles s'écartait pour le laisser entrer.
Il reçut une brève accolade qui se termina avant même qu'il ne puisse poser ses sacs au sol.
« Je t'ai manqué ? » demanda Stiles en rigolant.
« Peut-être. » répondit calmement Derek et il baissa les yeux vers Steve qui pleurnichait à ses pieds.
« Tu nous as manqué aussi. »
Sans savoir pourquoi, Derek s'était attendu à recevoir un baiser, et dut se rappeler que lui et Stiles n'avaient pas ce genre de contact lorsque cela n'impliquait pas du sexe derrière. Il s'accroupit pour caresser Steve qui pressa sa truffe contre son visage.
« Tu veux d'abord manger ou te doucher ? » lui demanda Stiles, et Derek avait complètement oublié qu'on lui avait promis une douche. Son corps se fit soudainement douloureux mais le repas semblait déjà sur la table de la cuisine. La douche pouvait attendre.
« Manger. »
Stiles sourit à nouveau.
Il ne réalisa qu'il mourrait de faim que lorsque l'odeur du bœuf en sauce et des pommes de terre vint chatouiller son nez. « Ça sent bon. » commenta-t-il.
« C'est un plat que ma mère avait l'habitude de faire. »
Derek ne commenta pas. À la place, il remplit son assiette quand Stiles lui dit de le faire, et laissa ce dernier parler pendant le repas. Il supposait que Stiles avait déjà mangé, considérant qu'il avait juste une tasse de thé devant lui et qu'il était déjà minuit. Cela lui permit de parler plus aisément, et Derek eut du mal à ne pas sourire, même si Stiles parlait de pneu crevé, ce qui n'était pas particulièrement amusant.
« Est-ce que Scott et toi vous avez passé un bon week-end ? » demanda-t-il enfin.
Le visage de Stiles s'éclaira suite à cette question. « Ouais, c'était génial. On est allés dans un bar et on a fini bourrés. C'était absolument épique. »
« Content de l'entendre. » Derek sourit et ne commenta pas le fait que ce n'était pas forcément l'idée qu'il se faisait d'un week-end génial. Mais tant que Stiles était heureux, c'était tout ce qui comptait. « Tu es rentré quand ? »
« Ce matin. Mon père est venu me chercher et Scott est retourné à la fac. J'ai dormi par intermittence toute la journée. On n'a pas vraiment eu le temps pour durant le week-end, tu sais. »
« Je vois. »
Stiles continua de parler du bar dans lequel ils étaient allés et des gens qu'ils y avaient rencontrés. Puis il s'attarda particulièrement sur un homme plus âgé qui lui avait fait du gringue. Dès lors que la conversation s'orienta vers ce sujet, Derek décida de reporter la plus grande partie de son attention sur sa nourriture. Il avait vraiment très faim.
« C'était juste bizarre, tu vois. Selon Scott, ce mec était assez canon, j'veux dire, pour un mec âgé, et il me parlait comme si j'étais un être humain normal- ».
« Pourquoi il ne l'aurait pas fait ? » l'interrompit Derek.
« Certaines personnes sont mal à l'aise au début. Tu l'étais. »
Décidant qu'il avait fini de manger, Derek repoussa son assiette. « Désolé. »
« Je ne voulais pas dire ça comme ça. » soupira Stiles. « C'est juste que c'était agréable pour changer. »
« Oui, j'ai compris. Ça t'a plu pour une fois. » Derek savait que le ton qu'il venait d'utiliser était un peu sec. Il ne savait pas pourquoi, mais entendre parler de ce type le mettait mal à l'aise, de la même manière qu'il l'avait été vis-à-vis de Brian.
Stiles haussa les épaules. « T'as fini de manger ? »
Jetant un coup d'œil à son assiette, Derek hocha la tête. « Ouais, c'était vraiment bon. Merci. »
« De rien. Il y a une serviette pour toi dans la salle de bains si tu veux. N'hésite pas à utiliser mon savon ou tout autre truc dont tu aurais besoin. »
« Tu veux que je t'aide à débarrasser la table ? » demanda Derek avec précaution. Il avait l'impression d'avoir demandé quelque chose de stupide.
« Non. Pourquoi est-ce que j'aurais besoin d'aide pour ça ? » Et il y avait encore ce ton un peu sec dans la voix de Stiles.
« Ça me semble assez mal poli de te laisser tout ranger et nettoyer alors que je suis le seul à avoir mangé. »
Stiles sembla se détendre légèrement. « Non, c'est bon. File te doucher. »
La douche ne fut pas aussi relaxante que Derek l'aurait espéré. Même si son corps apprécia la pression constante de l'eau contre son dos et sa nuque, sa tête ne cessa de tourner, en proie à des pensées bien trop confuses. Il était sûr d'avoir gâché quelque chose entre Stiles et lui, mais il ne savait pas exactement quoi. Rinçant le shampoing de ses cheveux, il se résigna à devoir en discuter avec Stiles.
Stiles était en train de remettre le dernier ustensile de vaisselle propre dans le placard lorsque Derek sortit de la salle de bains. Il s'arrêta une seconde alors que Derek fermait la porte de la salle d'eau. Peut-être se concentrait-il sur les bruits que le brun faisait pour reconnaître ses mouvements.
« Le repas était vraiment délicieux. »
Stiles sécha ses mains sur un torchon à carreaux et suspendit ce dernier sur l'accroche prévue à cet effet. Il se retourna vers Derek et sourit un peu.
« Cool. Je n'étais pas sûr que tu aimes le bœuf en sauce, mais j'ai pensé que ça valait le coup d'essayer. »
« Merci de m'avoir préparé à dîner en plein milieu de la nuit. »
« Aucun souci. » Stiles hésita. « Tu veux toujours passer la nuit ici ? » demanda-t-il, et Derek fronça les sourcils.
« Je pensais que c'était déjà ce qu'on avait décidé ? »
Haussant les épaules, Stiles porta son attention sur le plan de travail, passant un un coup d'éponge dessus. « Je vérifie juste, au cas où tu aurais changé d'avis. »
Prenant une profonde inspiration, Derek passa une main sur son visage. Ce n'était pas ce à quoi il s'était attendu en venant ici, mais tout était de sa faute et il devait y remédier. « Je suis désolé d'avoir paru irrité. Je suis vraiment content que tu aies passé un bon week-end avec Scott. Je suis peut-être juste fatigué à cause du trajet. Je ne sais pas pourquoi j'ai réagi comme ça. »
« Ne t'en fais pas. » répondit Stiles, et ses épaules semblèrent se détendre un peu. Lorsqu'il s'avança vers lui, Derek l'accueillit entre ses bras, s'autorisant à l'étreindre quelques instants. « Allons au lit, espèce de grincheux. » marmonna Stiles sans sa barbe.
Derek leva les yeux au ciel, même s'il savait que Stiles avait raison. Il était mort de fatigue et ne serait pas contre une bonne nuit de repos. « Bonne idée. »
« Ça te va toujours de dormir contre le mur ? »
« Bien sûr. »
Il regarda à nouveau Stiles se déshabiller, se demandant si ce n'était pas incorrect de sa part, alors même que ce dernier ne pouvait pas le savoir. Cela lui prit quelques secondes pour réaliser que Stiles était en fait très conscient qu'il le regardait. Il retirait ses vêtements lentement tout en tournant son corps vers Derek. Ce n'était vraiment pas un hasard.
Derek avait déjà vu Stiles nu. Un certain nombre de fois maintenant. Cependant, tous ces moments s'étaient déroulés dans une brume sexuelle où Derek ne voulait rien de plus que mettre la main de Stiles sur son sexe et vice versa. En cet instant, cependant, il se rendit compte pour la première fois que le corps de Stiles était étonnamment tonique. Il l'avait déjà remarqué, mais il n'y avait jamais porté autant d'attention. Stiles était mince, oui, mais il y avait plus de reliefs sur son corps que ce dont se souvenait Derek. Il fixa quelques instants ses fesses bombées, dans son slip -encore une fois- coloré. Aujourd'hui, il était rayé arc-en-ciel, et Derek esquissa un sourire.
Il se rapprocha de Stiles, vint déposer son nez contre le creux de son cou et encercla ses bras autour de son torse. « J'aime tes sous-vêtements. » C'était peut-être le manque de sommeil et le fait qu'ils n'avaient pas parlé depuis quelques jours qui le faisaient agir de la sorte. Pendant une seconde, il s'inquiéta d'avoir franchi une ligne qu'il n'aurait pas dû. Mais la façon dont Stiles se pressa contre lui et le frisson qu'il vit lui parcourir le corps en valut la peine. Il n'avait vraiment pas l'air d'être dérangé.
« J'ai l'air sexy avec ? » demanda Stiles, et Derek put entendre le sourire dans sa voix.
Il se contenta de fredonner, puis pressa ses lèvres sous l'oreille de Stiles. Son corps se réchauffa lorsque ce dernier se pencha contre lui, et même s'il était trop fatigué pour faire toute activité sexuelle, c'était toujours agréable. Stiles sembla ressentir à peu près la même chose, ne poussant pas plus, laissant Derek faire glisser lentement ses mains sur ses flancs. C'était difficile pour Derek de ne pas le faire, parce que la peau de Stiles était douce et lisse.
« Toi aussi. » répondit Stiles, de manière inattendue.
« Ah ? » Derek ne souligna pas l'évidence. Ne demanda pas comment Stiles pouvait le savoir. Il était probablement arrivé à cette conclusion en se basant sur d'autres choses que l'apparence seule. Derek ne s'en souciait pas vraiment, parce que l'entendre le fit se sentir bien.
« Ouais. » souffla Stiles, en se retournant. Il pressa son corps contre celui de Derek, nichant sa tête sous le menton du brun. Ses mains glissèrent sur l'estomac et le torse de Derek, et ce dernier remarqua une pause dans son geste, alors qu'il touchait ses cicatrices. Stiles avait déjà touché son torse par le passé, mais Derek soupçonnait qu'il n'avait pris le temps de s'attarder suffisamment sur sa peau auparavant pour y déceler ses cicatrices. Il était guéri maintenant mais les cicatrices étaient un rappel laid et permanent. La respiration de Stiles s'interrompit pendant un instant, et il sembla hésiter avant que ses doigts ne tracent doucement le suivi de la cicatrice qui se trouvait sur ses côtes, du côté gauche. Elle faisait quelques centimètres de long et Derek avait l'impression que sa peau le brûlait sous le toucher léger de Stiles.
Il laissa Stiles repasser dessus quelques fois, puis tendit la main pour attraper celle du jeune homme, la déposant sur son autre cicatrice celle en dessous de sa clavicule. C'était étrange. Derek ne les aimait pas, et ne voulait pas que les gens les regardent ou en aient même connaissance. Il avait pour habitude de faire comme si elles n'existaient pas, lorsqu'il se regardait dans le miroir. Tout semblait différent en cet instant. C'était comme s'il lâchait finalement prise. C'était comme s'il avait surmonté cela.
Stiles laissa courir ses doigts sur cette cicatrice. Derek ne tint pas compte des petites elles n'étaient que des égratignures en comparaison à celles plus grandes. Il bougea la main de Stiles vers elles, une par une : celle sur son épaule, celle sur sa cuisse, celle sur sa hanche. Puis, ensuite, celle en dessous de sa poitrine, à droite. C'était la trace de son poumon perforé. Stiles inspira brusquement alors que ses doigts s'y pressèrent un peu plus fort. C'était la cicatrice la plus affreuse, qui avait pris une éternité pour guérir correctement.
« Ce sont… ? » commença Stiles, puis il suspendit sa phrase, comme s'il ne savait pas comment formuler ce qu'il voulait demander.
Derek patienta. Avec n'importe qui d'autre, il aurait pris la parole, interrompant d'un 'oui' catégorique pour mettre un terme à la conversation. Mais en cet instant, il avait besoin d'entendre Stiles. Il devait savoir que Stiles avait compris ce qu'elles étaient, sans savoir pourquoi.
« Ce sont des cicatrices que tu as eues en étant dans l'armée ? » demanda finalement Stiles.
« Oui. »
« Est-ce que je peux… Je peux encore les toucher ? » Il y avait une douceur dans la voix de Stiles, mais que Derek n'identifia pas comme de la pitié. C'était autre chose. Quelque chose qui le faisait se sentir moins vulnérable.
Il hocha la tête, éclaircissant sa voix. « Oui. » Puis il déplaça à nouveau la main de Stiles sur sa première cicatrice et hoqueta de surprise lorsque ce dernier se pencha pour venir y déposer ses lèvres. Derek se serait attendu à se sentir mal, gêné, mais il n'en fut rien. À la place, il eut envie de pleurer pour la première fois en dix-huit mois.
Stiles les embrassa toutes, et quand il eut fini, Derek se sentit épuisé, tout son corps paraissant douloureux et courbaturé comme s'il venait de courir un marathon.
« Tu m'as manqué. » déclara calmement Stiles, son pouce caressant la joue de Derek. Il semblait savoir que Derek n'était pas prêt à en parler. « On devrait aller dormir et passer la journée de demain au lit. »
« Ça semble une bonne idée. » acquiesça Derek, ignorant le fait que le panneau qui était sur la porte de la librairie indiquait une réouverture pour le lendemain. Peut-être son retour de New-York pourrait être retardé d'une journée supplémentaire.
Stiles recula de quelques centimètres, et se pencha pour venir déposer un bref baiser sur les lèvres de Derek. C'était léger. Un simple baiser pressé. Rien de plus. Derek ne se souvenait pas de la dernière fois qu'il en avait reçu un de cette nature. Un qui n'était pas donné pour que Stiles puisse expérimenter des choses, et qui n'amenait à rien d'autre par la suite.
Le lit était confortable et le plongea dans une sensation familière quand il s'y glissa une sensation qui fut renforcée lorsque Stiles se coucha à ses côtés. Derek ne savait pas si c'était à cause de l'odeur à laquelle il était habitué maintenant, ou de la sensation de Stiles se rapprochant contre lui. Ils n'essayèrent même pas de dormir séparés l'un de l'autre. Derek l'accueilli entre ses bras, le serrant contre son corps, et il s'endormit sans même le réaliser.
Malgré son voyage de la veille, il se réveilla tôt le lendemain pour sortir du lit et aller aux toilettes. Steve leva les yeux de l'endroit où il était allongé sur le canapé, un endroit où il n'était pas censé être, mais Derek n'en dirait rien. À son retour, il sortit les préservatifs et le lubrifiant de son sac et les déposa sur la table de chevet de Stiles. Il n'attendait rien à travers ce geste, mais s'ils devaient le faire, il préférait les avoir à portée de main plutôt que de devoir aller fouiller dans son sac.
Steve était toujours allongé sur le canapé, mais il regardait Derek avec impatience. Il attendait sûrement sa promenade matinale. Derek aurait probablement dû faire son sport, mais comme il s'était entraîné le dimanche d'avant, il pouvait se permettre de s'en passer pour aujourd'hui.
« Hey, Stiles. » déclara doucement Derek, touchant le bras du jeune homme qui pendait le long du lit. « Tu veux que j'aille promener Steve ? »
Stiles gémit, se retournant dans l'autre sens. « Seulement si tu viens te recoucher après. »
« Promis. »
Derek enfila ses baskets et un sweat-shirt, puis attrapa la laisse qui pendait dans l'entrée. Il n'en fallut pas plus pour que Steve vienne à ses pieds et pour que sa queue ne frappe le sol avec frénésie. Ils n'allèrent pas bien loin, seulement à quelques pâtés de maisons, et traversèrent un parc qui se trouvait dans le quartier. Une fois que Steve se soulagea plusieurs fois, il sembla vouloir se rendormir aussitôt, et Derek commençait à vouloir également retourner au lit.
« Envie de rentrer à la maison, pas vrai ? » demanda-t-il et Steve jappa. « Allez, on y va. »
Lorsque Derek referma la porte de l'appartement et retira la laisse de Steve, Stiles dormait toujours. Il s'était déplacé du côté du lit où Derek avait dormi, comme s'il avait voulu chercher sa chaleur. Se remettant au lit, Derek décida de laisser Stiles dormir aussi longtemps qu'il en aurait besoin, et s'endormit. Après tout, il n'était que six heures du matin.
Lorsqu'il se réveilla à nouveau, ce fut parce que Stiles s'agitait à côté de lui.
« Bonjour. » marmonna Derek, quand il vit Stiles cligner des yeux, encore à moitié endormi.
Un lent sourire se glissa sur les lèvres du châtain et il se tourna vers lui. « Bonjour. »
« Bien dormi ? »
« Hm. » gémit Stiles, puis il s'étira. « J'ai rêvé où tu es allé sortir Steve ? »
« Je l'ai bien sorti. »
« Merci. » Et l'instant d'après, la bouche de Stiles était sur la sienne, amenant tout ce qu'ils avaient été trop fatigués pour laisser exprimer la veille. C'était doux et dur à la fois, et Stiles roula sur le dos. Il écarta les jambes pour que Derek s'y place, avant même que ce dernier ne se mette au-dessus de lui pour le faire.
« Est-ce que tu réalises à quel point cela a été difficile d'être loin de toi, et de ne pas pouvoir te parler, ou de me branler parce que je partageais une chambre d'hôtel avec Scott ? »
Derek éclata de rire. « Il faut que je te montre que l'attente en valait la peine alors. »
« C'est déjà le cas. » gémit Stiles alors que Derek se frottait contre lui.
« Tu veux que je te suce ? » demanda Derek, et un son grave s'échappa de la gorge de Stiles, tel un hoquètement, marquant sa surprise.
« Quoi ? » Il parut confus et un peu nerveux. « Je n'ai pas eu le temps de me faire tester... »
« J'ai ramené des préservatifs. » interrompit Derek avant que Stiles ne continue davantage, et soudain, sa confusion et sa nervosité se changèrent en quelque chose de bien plus excité.
« Vraiment ? »
« J'ai pensé qu'on ne serait peut-être pas assez patients pour attendre les tests. »
Stiles ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois. « Putain de merde. Oui. Oui, s'il te plaît. Qu'est-ce que je dois faire ? »
« Rien. » Quand Stiles hésita un peu, Derek rajouta : « Allonge-toi simplement. »
Il laissa Derek le repousser contre le matelas et gémit. Ce dernier prit son temps. Derek se délecta du goût de la peau de Stiles sur ses lèvres, de la sensation de ses mamelons durcissant sous sa langue, du son de ses gémissements essoufflés, et de la façon dont ses hanches se contractèrent lorsqu'il plongea sa langue dans son nombril. Derek mordilla Stiles à travers son sous-vêtement, léchant le contour de son sexe et le doux gonflement de ses testicules. Les jambes de Stiles s'ouvrirent pour lui, trop faibles pour pouvoir résister.
L'impatience saisit Derek rapidement et il tira doucement le sous-vêtement de Stiles vers le bas. Après avoir déposé un rapide baiser au creux de ses hanches, Derek tendit la main vers les préservatifs, en déchira un pour l'ouvrir et le glissa lentement sur le sexe de Stiles. Il lécha le gland, puis glissa ses lèvres sur toute la longueur, retirant les sous-vêtements de Stiles de son chemin. Le goût du latex sur ses lèvres n'était pas terrible, mais savoir qu'il allait sucer Stiles compensait largement.
Il lécha la longueur, frottant sa langue autour du gland encore et encore, et Stiles trembla déjà sous lui.
« Derek. » gémit-il, et sa voix semblait cassée. « S'il te plaît. »
Derek descendit plus bas, léchant lentement ses testicules, puis les suçant dans sa bouche, une à la fois. Il crut entendre Stiles étouffer un sanglot, et sentit son sexe se contracter lorsqu'il fit glisser le plat de sa langue sur la longueur, jusqu'à ce qu'il puisse refermer ses lèvres autour du gland.
Le gémissement de Stiles fut si fort et guttural, que Derek se baissa pour se toucher, tout en continuant de le suçoter avec sa bouche. Les hanches de Stiles se contractèrent et se soulevèrent du matelas, mais Derek le maintint, le prenant plus profondément à chaque fois qu'il rabaissait sa tête. Les mains de Stiles étaient partout caressant ses cheveux, touchant sa joue, comme s'il voulait sentir vide de tout pendant que Derek le suçait ainsi avec sa bouche.
Les bruits qui s'élevaient étaient tout aussi excitants. Les sons d'envie et d'impatience, que laissait échapper Stiles sans vergogne étaient sur le point de faire venir Derek, sans même qu'il ne se touche. Il suça plus fort et délaissa les hanches de Stiles pour aller se caresser. Le bassin de Stiles se souleva à nouveau du matelas, étonnamment contrôlé cette fois, alors qu'il poussait, s'enfonçant lentement dans la bouche de Derek, puis hésita.
« Est-ce que ça va ? Est-ce que je peux faire ça ? »
Derek libéra sa bouche et embrassa brièvement la cuisse de Stiles, avant de dire. « Ouais, j'en ai envie. »
Stiles se mordit la lèvre durement, avant de hocher la tête. « Recule-toi si c'est trop. »
« Je le ferai. » promit Derek. « Mais je veux que tu viennes dans ma bouche. »
Il put voir les muscles de l'estomac de Stiles se contracter et un petit gémissement s'échappa de la bouche de ce dernier. « Okay, okay, ouais. Je peux le faire. »
Stiles gémit bruyamment quand Derek le reprit dans sa bouche. La main de Stiles était plongée dans ses cheveux et Derek se tenait immobile, détendant les muscles de sa gorge alors que Stiles commençait à lentement s'enfoncer dans sa bouche. Au début, ce fut lent et peu profond, comme s'il doutait que Derek puisse le prendre entièrement. Puis, il devint rapidement impatient et désespéré, poussant plus profondément, plus vite, et Derek essaya de se branler en suivant le même rythme.
La gorge de Derek commençait à être irritée, sa mâchoire à lui faire mal, et de la salive coulait du sexe de Stiles, le rendant mouillé et glissant. Mais Derek n'avait jamais été aussi dur de toute sa vie, gémissant malgré sa bouche pleine. Cela sembla faire monter l'excitation de Stiles encre plus, et il devint davantage bruyant. Il continua de s'enfoncer, la tête relevée en arrière, ses doigts se tordant dans les cheveux de Derek tout en émettant des sons désespérés et graves. Puis, son dos s'arqua et il vint dans la bouche de Derek, et cela sembla durer une éternité. Derek le suivit peu après grognant, avec Stiles dans sa bouche, il tendit la main pour tenir le préservatif en place alors qu'il se retirait. Lorsque Derek enleva la capote pour aller la jeter, Stiles était toujours haletant et sa poitrine se soulevait anormalement. Derek s'effondra ensuite sur le lit à ses côtés.
« Oh mon Dieu. » parvint finalement à dire Stiles, et Derek sourit, même si sa mâchoire lui faisait un peu mal. « Je pense que mon cerveau a grillé. »
Derek laissa échapper un rire dans son souffle, trop fatigué pour répondre quoi que ce soit. Il avait l'impression qu'il pourrait se rendormir dans l'instant.
« C'est la meilleure chose que j'aie jamais vécue. »
« Eh bien, j'en suis content. » La voix de Derek était totalement cassée, mais Stiles frissonna comme s'il appréciait d'entendre comment elle sonnait.
« Tu dois m'apprendre à faire ça. »
« Si tu veux. » promit Derek.
Hochant la tête, Stiles prit une profonde inspiration. « Je me sens collant et un assez dégoûtant, mais honnêtement, je rêve de me rendormir là. »
« Pareil. »
Stiles se rapprocha de lui sur le lit, et Derek réalisa que même s'il était en sueur et avait trop chaud, cela ne le dérangeait pas de sentir la peau de Stiles coller la sienne.
Lorsqu'ils se réveillèrent, ils combinèrent petit déjeuner et repas du midi. Stiles avait l'air mal réveillé, le visage encore un peu endormi. Sa chemise à manches longues était à l'envers mais lorsque Derek le lui fit remarquer, il haussa les épaules. Ce fut un vrai challenge pour Derek de garder ses mains immobiles alors que Stiles clignait des yeux et sirotait lentement son café entre deux bouchées de bacon et de toasts.
Stiles esquissa un sourire, doux et chaleureux, après être resté longtemps silencieux. « J'aime ça. »
« Quoi ? » demanda Derek, confus.
Stiles haussa les épaules. « Ça. Tout ça. »
Derek n'était pas sûr de savoir à quoi Stiles faisait allusion, mais il acquiesça. Il aimait ça aussi.
« Tu veux qu'on aille se promener avec Steve et qu'on retourne ensuite se coucher ? » lui demanda Stiles, tirant sur l'ourlet de son T-shirt alors qu'ils débarrassaient la table.
Ils passèrent l'après-midi à s'embrasser et se toucher dans le lit, puis Derek le suça une seconde fois. Aucun d'eux ne semblait se soucier de ne pas s'être douchés.
Ce fut étrange pour Derek de retourner à son appartement ce soir-là. Il aurait voulu passer une deuxième nuit avec Stiles, mais il devait rentrer chez lui, retrouver ses habitudes, et faire sa lessive avant d'aller se coucher. Il devait rouvrir la boutique le jour suivant. Stiles fit la moue lorsqu'il partit, mais Derek se disait que c'était bénéfique pour eux de se séparer un peu, parce que tout avait été si intense.
Lorsqu'il s'installa sur son canapé, son appartement était plongé dans le silence et semblait vide. Il zappa de chaînes alors que le sèche-linge était en marche dans la salle de bains. Il envisagea de prendre une douche mais décida de ne pas le faire, peu importait s'il avait des résidus de spermes séchés sur lui. La plupart avaient dû finir sur les draps de Stiles et Derek aurait besoin de se doucher demain matin après son entraînement de toute façon.
oOo
Par la suite, les choses devinrent un peu plus floues entre eux. Stiles ne vint pas aussi souvent qu'avant, mais quand il venait, il était fidèle à lui-même. Et cela rendait Derek particulièrement confus. Vers la mi-décembre, environ deux semaines avant Noël, Stiles était assis sur le canapé de Derek, l'air absolument épuisé.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda Derek, et Stiles cligna des yeux comme s'il était sur le point de s'endormir.
« Je suis juste totalement claqué, c'est tout. » Il haussa les épaules.
« Je ne t'ai pas beaucoup vu ces derniers temps. » souligna Derek, même si cela ne devait pas être un problème pour lui.
Stiles grimaça. « Désolé. J'ai pas mal de choses à faire. »
Derek attendit une explication, mais il n'en eut pas. « Okay. »
Soudainement, Stiles se leva et alla chercher son sac. Pendant quelques instants, Derek crut qu'il allait partir, mais Stiles déclara : « J'ai oublié de te montrer ça. J'ai eu mes résultats aujourd'hui. »
Il poussa un papier un peu froissé vers Derek et il fallut quelques secondes à ce dernier pour se rendre compte qu'il s'agissait des résultats du test de dépistage de Stiles.
« Ah, oui. » déclara Derek et il le prit. Cela ne le surprenait pas que les résultats de Stiles soient négatifs mais c'était un soulagement de les avoir sur papier.
« Super clean, hein ? » Stiles eut l'air un peu moins fatigué lorsque Derek lui rendit le document.
« Félicitations. »
Stiles leva les yeux au ciel. « Tu as fait tes tests aussi, non ? »
« Oui, je vais chercher mes résultats. »
Alors qu'il était sur le point de se lever, Stiles l'arrêta. « Qu'est-ce que tu voudrais que j'en fasse ? Je te fais confiance. »
Derek haussa les épaules. « J'ai pensé que peut-être tu voudrais les prendre en photo et les envoyer à quelqu'un. Ils pourraient vérifier que je dis la vérité. »
« Je te fais confiance. » répéta fermement Stiles.
« Tu ne devrais pas. Tu ne devrais jamais faire confiance à personne à ce sujet. C'est comme ça que les gens attrapent des MST. »
« Wow. Derek, tu as tellement foi en l'humanité. »
« Je suis réaliste. »
Stiles renifla sarcastiquement. « C'est une drôle de manière de prononcer le mot pessimiste. »
Soupirant, Derek partit récupérer ses résultats. « S'il te plaît, fais-le. »
« Les gens sauront que j'ai des relations sexuelles si je le fais. »
« Comme si tu ne l'avais pas déjà dit à tes amis. » C'était une remarque un peu vive et Stiles rougit. Pensant que peut-être sa remarque avait été déplacée, Derek rajouta. « Quoi qu'il en soit, je m'en fiche. »
« Bien. Donne-moi ça. »
Derek lui tendit le document et aida Stiles à cadrer la photo correctement avec son téléphone lorsqu'il le lui demanda. Stiles s'occupa du reste.
« Tu es conscient que même si on n'utilise plus de protection entre nous, tu devras toujours en mettre avec d'autres personnes ? Je vais devoir te faire confiance là-dessus. » Derek se sentit mal rien que d'y penser.
Stiles le fixa. « Quoi ? »
« Si tu couches avec quelqu'un d'autre, tu dois - » commença Derek, mais Stiles l'interrompit aussitôt.
« Je t'ai entendu, mais je ne comprends pas de quoi tu parles. Pourquoi est-ce que je coucherais avec quelqu'un d'autre ? »
Confus, Derek commença à réfléchir à toute vitesse à ce dont ils étaient en train de parler. « Eh bien, tu as dit que tu voulais qu'on fasse tout cela tout en restant amis, et je suppose que ça signifie que ce n'est pas un arrangement exclusif. »
Les yeux de Stiles s'écarquillèrent fortement et il ouvrit la bouche avant de la refermer, plusieurs fois, comme s'il cherchait ses mots. Ce qui était assez nouveau venant de lui. « Tu couches avec d'autres personnes ? » demanda-t-il finalement.
« Quoi ? Non. »
« Alors pourquoi je le ferais ? »
« C'est toi qui voulais t'entraîner pour devenir à l'aise avec quelqu'un ensuite. » dit Derek sur la défensive, et Stiles soupira.
« Eh bien, je ne le suis pas. »
Ils se turent un moment. Un long moment. L'atmosphère était tendue et Derek savait qu'il avait dit quelque chose de stupide, mais il ne savait pas quoi exactement. Il ne comprenait pas pourquoi leur conversation avait autant offensé Stiles. Se protéger lors de rapports avec d'autres personnes lui semblait être le b.a.-ba. Ce n'était pas comme si, ces derniers temps, ils avaient fait autre chose que se branler à la va-vite... et la dernière fois datait de plus d'une semaine. Stiles n'avait pas semblé intéressé à avoir plus, et Derek n'avait pas cherché à le pousser.
Le téléphone de Stiles se mit à vibrer alors que Derek fixait l'écran de sa télévision depuis si longtemps que son cou était devenu raide. Stiles mit un écouteur à une oreille et Derek fit semblant de ne pas être curieux, même s'il l'était. Parfois, il se demandait si Brian et Stiles n'étaient pas à nouveau en contact, mais il ne voulait pas demander. Cela ne le regardait pas.
« Okay. Donc Scott m'a dit que tu étais clean. » Stiles paraissait las.
« D'accord. »
« Est-ce que tu peux me dire ce qui ne va avec toi ces derniers temps ? » demanda Stiles alors qu'il se tournait vers lui sur le canapé.
« Avec moi ? » reprit Derek, sans pouvoir s'en empêcher.
« Ouais. T'as été grognon et encore plus calme que d'habitude les dernières fois qu'on s'est vus. » Stiles haussa les épaules.
« Ce n'est pas comme si on se voyait beaucoup ces temps-ci de toute façon. » marmonna Derek. Si Laura l'avait entendu, elle lui aurait probablement donné une tape derrière la tête.
« Eh bien, je vais t'apprendre un truc Derek. T'as deux jambes qui sont en parfait état de fonctionnement et tu sais où j'habite. T'es plus que capable de venir me trouver si tu veux passer du temps avec moi, plutôt que de rester simplement assis à m'attendre, ou bouder si jamais je ne viens pas. »
Derek détourna le regard. Il n'y avait pas pensé. « Mais tu passes toujours d'habitude. » dit-il doucement, se sentant ridicule.
« J'ai été pris par d'autres choses. » Stiles agita sa main légèrement, comme si c'était censé avoir un sens pour Derek. « Je perds la notion du temps quand je suis occupé. T'as l'impression que je cherche à t'ignorer ? »
Derek haussa les épaules. « Pas vraiment. »
Stiles baissa la tête et il parut sourire. Mais quand il releva les yeux, il était plus que sérieux. « Je ne vois pas d'autres gens. »
« Moi non plus. » répondit immédiatement Derek.
« Si tu veux, je peux te promettre de te le dire, si un jour ça doit devenir le cas. »
C'était en partie un soulagement, de savoir que Stiles l'en informerait s'il voyait un jour quelqu'un d'autre. Mais une petite voix dans sa tête lui murmurait que cela signifiait que Stiles le ferait un jour. « J'imagine que, je pourrais le faire également. »
Stiles se rapprocha. « T'es vraiment idiot. » dit-il tendrement, secouant la tête comme si Derek avait raté quelque chose d'important que tout le monde aurait noté sauf lui.
« Non. » marmonna-t-il, mais Stiles se contenta de rire.
« Allez, fais-moi des câlins. »
Ils savaient tous deux que Derek était vraiment nul pour donner des câlins, mais Derek laissa Stiles le malmener jusqu'à ce qu'il ait son bras autour de ses épaules et que les jambes du jeune homme soient sur ses cuisses.
« Tu vois, c'est agréable. »
« Tu as l'air très mal installé. » fit remarquer Derek.
Stiles rigola. « Ouais. Visiblement, je dois travailler un peu sur ma flexibilité. » Il s'effondra sur le canapé à la place, mais ses pieds restèrent sur les cuisses de Derek qui finit par les toucher au bout d'un moment.
« C'est vraiment trop bien. » commenta Stiles au bout d'un moment, un peu endormi. Derek caressait ses pieds distraitement, absorbé par le match de football américain qui passait à la télé. Pour toute réponse, il ne fit que murmurer. C'était comme si quelque chose s'était détendu au fond de lui, ne serait-ce qu'un peu.
Après cette soirée, plusieurs jours s'écoulèrent durant lesquels Stiles ne vint pas. Derek y vit là un test, une manière pour Stiles de voir s'il était capable d'aller le voir à son tour. Il était vendredi soir lorsque Derek mit ses chaussures et se dirigea vers l'appartement de Stiles. L'air était froid, rappelant à quelle période de l'année ils étaient. Bientôt, Derek serait de retour à New York pour fêter Noël.
La liseuse de livres en braille n'était pas encore arrivée et il commençait à soupçonner qu'elle ne serait pas là à temps. Derek commença à envisager de commander autre chose comme plan de secours. Il n'était pas sûr que Stiles s'attende à un cadeau de sa part, mais il avait l'impression qu'il devait tout de même lui en offrir. Il avait cherché des livres en braille mais le choix était limité : il ne trouvait que les grands classiques ou les livres les plus populaires. Il allait peut-être devoir chercher à nouveau si la liseuse ne pointait pas le bout de son nez.
Quelques personnes le saluèrent dans la rue. Derek ne le reconnaissait pas, mais il leur retourna les salutations. Ce ne fut que lorsqu'il monta les escaliers dans l'immeuble de Stiles qu'il commença à se sentir nerveux. Il n'avait pas pensé au fait que Stiles avait peut-être du monde chez lui. Il avait déjà dit que Derek n'était pas son seul ami, alors qu'à l'inverse, Derek n'avait que lui, ce qui rendait les visites plus faciles à faire du côté de Stiles.
Derek frappa à la porte et fut soulagé quand il entendit les aboiements immédiats de Steve de l'autre côté de la porte. Au moins, Stiles était à la maison, pensa-t-il. Cependant, quand personne ne vint ouvrir, il commença à penser qu'il se trompait peut-être. Il attendit un moment avant de frapper à nouveau, entendant une fois de plus Steve aboyer en réponse. N'ayant toujours aucune réponse, Derek finit par hausser les épaules et se retourna vers les escaliers. Peut-être que Stiles n'avait pas envie de recevoir quelqu'un ce soir, ou peut-être qu'il était trop occupé pour ouvrir la porte.
Derek était à mi-chemin dans l'escalier quand il entendit le mécanisme de la serrure et l'ouverture de la porte.
« Oui ? ». Il entendit la voix de Stiles.
Il lui fallut quelques secondes pour s'arrêter, se retourner, et pour remonter les escaliers, si bien que Stiles était déjà en train de refermer la porte.
« Attends. » dit Derek, quand il réalisa qu'il devait dire quelque chose pour se faire identifier.
« Derek ? » demanda Stiles, et la porte se ferma d'un coup.
Fixant la porte fermée pendant un moment, Derek ne sut pas vraiment comment interpréter la chose. Mais ensuite, il entendit le cliquetis de la chaîne de sécurité et la porte s'ouvrit à nouveau.
« Salut. » dit-il et il laissa son regard errer sur Stiles. Ce dernier portait un jogging usé et un T-shirt avec un imprimé si délavé que Derek ne put pas lire ce que c'était. Ses cheveux étaient totalement en bataille, comme s'il avait tiré dessus ou qu'il venait de dormir.
« Hey. » Le sourire de Stiles était un peu penaud. « Désolé, je n'ai pas entendu frapper au début. »
« Est-ce que je tombe mal ? Tu dormais ? »
« Non, c'est bon. Je travaille juste sur quelque chose. Il est quelle heure ? »
Derek regarda sa montre. « Il est huit heures et demie. »
Stiles jura dans sa barbe. « Je n'ai pas mangé ni emmené Steve faire sa promenade du soir. Merde. »
Derek ne sut pas vraiment comment réagir à cela. S'il était censé proposer de repartir ou rester aider Stiles.
« Tu veux entrer ? » demanda ce dernier. « Je vais juste prendre une douche et peut-être après on peut emmener Steve faire un tour et aller prendre de la bouffe à emporter ? » Stiles se gratta le menton. « Je suis vraiment le pire. Je t'ai dit de venir quand tu voulais et maintenant que tu es là, je suis totalement à la ramasse. »
« C'est pas grave si tu n'as pas le temps. Je peux revenir une autre fois. »
« Non ! De toute façon il était temps que je m'arrête. »
Derek hésita. Il avait l'impression de s'imposer.
« S'il te plaît ? Ça me ferait du bien de faire une pause. »
Baissant les yeux, Derek remarqua que Steve, qui était assis aux pieds de Stiles, battait sa queue avec frénésie contre le sol, comme s'il mourait d'envie de dire bonjour.
« Qu'est-ce que tu veux manger ? Si tu prends une douche, je peux aller promener Steve et aller chercher quelque chose. »
Les yeux de Stiles s'écarquillèrent. « Tu n'es pas obligé. »
« Ça ne me dérange pas. »
« T'es sûr ? » demanda Stiles en se mordant la lèvre.
« Je suis sûr. » Derek ne put s'empêcher de sourire. « Steve et moi on a du temps à rattraper. »
Les coins des yeux de Stiles se plissèrent lorsqu'il sourit. « Je commence à penser que Steve est la seule raison pour laquelle tu traînes avec moi. »
« Je n'avouerai jamais. »
Stiles rit. « Vilain. Je veux de la pizza. Ça te dit une pizza ? »
« Ça me dit. » Derek attrapa la laisse de Steve lorsque Stiles la lui tendit. « Tu veux quelque chose en particulier ? »
« Nan. Je mangerai ce que tu prendras. »
« Compris. » Derek était secrètement reconnaissant, car il n'avait aucun risque d'oublier quoi que ce soit. Cela aurait été embarrassant s'il avait fini par oublier la commande de Stiles alors que c'était la seule chose à retenir.
« Tu voudras faire quelque chose de particulier après ? » demanda soudainement Stiles.
« Tout me va. »
« Bon à savoir. » Et il fit à nouveau ce clin d'œil stupide. « À toute. »
Steve se transforma en boule d'amour dès que Stiles lui autorisa à quitter l'appartement. Il put entendre Stiles renifler avant que la porte ne se referme et que Derek attache la laisse au collier du chien.
« Commet ça va mon grand ? » demanda-t-il doucement et il caressa les oreilles soyeuses de Steve. « Ça fait longtemps. »
Steve gémit et vint coller sa truffe contre la joue de Derek.
Ils firent une balade plus longue qu'à l'accoutumée. Derek se dit que Stiles avait peut-être été tellement absorbé par son travail que Steve n'avait pas dû sortir beaucoup dans la journée. Le chien trottinait joyeusement à côté de Derek alors qu'ils se dirigeaient vers la pizzeria la plus éloignée de l'appartement. Le cliquetis des griffes de Steve contre le trottoir et le doux son de sa respiration calmèrent Derek. C'était agréable d'avoir quelqu'un qui semblait vous aimer de manière inconditionnelle, et cela, sans tenir compte de votre histoire ou de votre passé. C'était une sensation merveilleuse. Peut-être devrait-il avoir son propre animal de compagnie.
Les cheveux de Stiles étaient humides lorsqu'ils revinrent à l'appartement, et le jeune homme portait toujours son bas de jogging mais son T-shirt était différent.
« Pizza ! » s'exclama-t-il avec un sourire, quand Derek lui tendit les boîtes. Le jeune homme disparut dans la cuisine et alors que Derek dénouait ses chaussures, il entendit un « Tu m'as pris une tarte entière ! » encore plus enjoué.
« Non, ça c'est à moi. Je t'ai juste pris une part. »
« Menteur. Je viens de les toucher toutes les deux pour vérifier. Elles sont maintenant couvertes de mes germes. Peut-être que tu devrais me donner la tienne aussi. »
Derek renifla et mit ses chaussures de côté avant d'entrer dans la cuisine. « Je suis presque sûr que je suis aussi 'couvert de tes germes'. »
Stiles rigola. « Ouais. Ça c'est sûr. Tu veux une bière ? »
« S'il te plaît. »
« Dans le frigo. » Stiles fit un signe de tête vers lui tout en déchirant le couvercle des boîtes à pizzas, puis il les déposa sur la table.
Derek trouva un pack de six bières et une quantité effrayante de Red Bull lorsqu'il ouvrit le frigo. Il y avait très peu de nourriture réellement comestible. Il ne fit aucun commentaire à ce sujet cependant, certain que Stiles n'était pas grand cuisinier. Au lieu de cela, il attrapa deux bières et referma le réfrigérateur.
« Steve ! Le repas est prêt ! » appela Stiles, et un instant plus tard, Steve arriva en dérapant dans la cuisine, évitant de peu de faire trébucher Derek.
« Ton chien m'a presque tué. »
« C'est ce que tu récoltes à trop le gâter. Il n'a plus de respect pour toi. » Stiles sourit et tendit une fourchette et un couteau à Derek, se rappelant apparemment que Derek n'aimait pas spécialement manger avec ses mains, et il se laissa tomber sur une des chaises de la cuisine.
« Alors, sur quoi est-ce que tu travailles ? » demanda Derek, lorsqu'il découpa soigneusement une deuxième part.
« Un truc pour la fac. »
« Je pensais que tu avais pris une année sabbatique. »
Haussant les épaules, Stiles mordilla sa part. « Ce n'est pas tout à fait ça. Je veux dire, oui, mais ils m'ont donné l'opportunité de bosser sur un projet et c'est pour ça que j'ai pris une année de pause. »
« Et donc ? »
« Je ne peux pas t'en parler. » grimaça Stiles, devant sa pizza. « J'aimerais pouvoir, mais y'a rien d'officiel pour le moment. Je ne veux pas que ça porte la poisse d'en parler maintenant. »
« Très bien. » Derek comprenait parfaitement. Il avait réagi pareil lorsqu'il jouait à la crosse au lycée. Il avait été choisi pour jouer en première ligne et n'avait voulu le dire à personne avant que ce ne soit officiel, craignant qu'on lui dise finalement que c'était une erreur. « J'aimerais savoir, le jour où tu pourras le dire en tout cas. »
« Crois-moi, » commença Stiles en rigolant. « tu seras une des premières personnes à qui je le dirais. »
Derek sourit contre sa bière.
Ils se mirent devant lé télévision ensuite. Derek était fatigué d'avoir bien trop mangé et Stiles avait l'air d'être plus ou moins dans la même situation. Il y avait plusieurs films disponibles mais aucun que Derek n'avait envie de voir. Lorsqu'il fut quasiment minuit, Derek se leva.
« Je devrais probablement rentrer chez moi. Il est déjà tard. »
Stiles le regarda. Parfois, son regard trouvait celui de Derek si parfaitement que ce dernier oubliait qu'il était aveugle. « Tu ne restes pas ? Est-ce que j'ai dit un truc qu'il ne fallait pas ? »
Derek cligna des yeux. « Non. Je n'ai pas apporté mes affaires. Je ne savais même pas si tu étais chez toi. Je ne voulais pas faire de suppositions. »
Stiles attrapa sa main, et serra ses doigts. « Je veux que tu restes. » déclara-t-il. « Tu as besoin de quoi ? »
« Je n'ai pas apporté de vêtements. Ni de brosse à dents. »
« On peut partager ma brosse à dents et tu peux te changer quand tu seras chez toi demain matin. »
Derek hésita. Il n'était pas sûr que cela soit une bonne idée.
« S'il te plaît ? » souffla Stiles, et il tira sur le T-shirt de Derek jusqu'à ce que ce dernier se penche vers lui. La main de Stiles trouva alors son visage, passant doucement de son front à sa mâchoire, avant qu'il ne se penche pour l'embrasser. Il avait la saveur de la bière, mais Derek se sentit perdre pied, réalisant à quel point tout cela lui avait manqué. Cela faisait si longtemps.
« S'il te plaît ? » répéta Stiles quand il se détacha de lui de quelques centimètres, avant de se rapprocher à nouveau.
« D'accord. » acquiesça Derek, vaincu, et il permit à Stiles de l'attirer davantage à lui.
« Ça m'a tellement manqué. » dit Stiles quand il se recula pour reprendre un peu d'air, légèrement essoufflé ses lèvres étaient gonflées et rouges. Derek avait envie de les mordre.
« Moi aussi. » avoua-t-il.
Ils utilisèrent chacun leur tour la brosse à dents de Stiles et Derek se dit que ce n'était pas si bizarre, aussi intime que cela pouvait paraître.
« C'est comme s'embrasser. » dit Stiles et il cracha le dentifrice dans l'évier. « Sauf que ce truc-là est impliqué. »
Derek se pencha alors pour l'embrasser, du dentifrice enduisant ses lèvres, et Stiles lui étala sur la joue à l'aide de la brosse à dents.
« Oups. » Lorsqu'il la remit dans sa bouche, Stiles avait l'air bien trop innocent pour que ce soit convaincant. Derek aurait pu le pincer pour ça.
« Tu veux que je me mette du côté du mur ? » demanda Derek en repliant ses vêtements sur l'accoudoir du canapé. Stiles était déjà couché sur son lit, vêtu d'un slip Batman, avec les couvertures toujours repoussées pour que Derek puisse s'y glisser.
« Je te veux sur moi. » sourit Stiles, comme s'il savait exactement comment l'estomac de Derek se contracterait en entendant ses mots.
« Vraiment ? » demanda ce dernier et il se dirigea vers le lit. Il baissa les yeux, et oui, Stiles était définitivement intéressé.
« Ouais. » souffla Stiles et il lui tendit la main. « Je me branle en pensant à toi depuis des semaines. J'ai besoin de t'avoir réellement. »
Derek renifla, mais vint s'allonger et quelque chose en lui fut très satisfait par la manière dont Stiles écarta ses jambes pour l'accueillir. Il se sentit à l'aise lorsque son corps entra en contact avec celui de Stiles, alors qu'il s'abaissait contre lui. Il apprécia également la façon dont les longues jambes du châtain s'entrelaçaient avec les siennes, ses mains frottant le long de son dos pour se poser sur ses fesses et les presser.
Derek alla à nouveau contre lui pour trouver ses lèvres, incapable de s'arrêter. Pendant un moment, il eut la sensation que son corps avait réclamé cela depuis longtemps sans qu'il n'ait pu l'entendre… jusqu'à maintenant, jusqu'à ce que tout soit silencieux, jusqu'à ce que son corps soit satisfait.
Stiles semblait déterminé à le garder contre lui, car même lorsqu'il rompit leur baiser, il se pressa à nouveau contre Derek. Il le retint, ne se plaignant pas lorsque Derek laissa reposer tout son poids contre lui. Il pouvait sentir les lèvres de Stiles effleurer ses tempes et ses doigts jouer avec les cheveux de sa nuque. Curieusement, ils n'avaient jamais paru aussi intimes auparavant.
« Je suis heureux que tu aies décidé de venir. » marmonna Stiles contre les cheveux de Derek et ce dernier fredonna juste en retour, le visage enfoui dans le creux de son cou. « Pas seulement parce que j'aime passer du temps avec toi, ce que j'aime beaucoup, mais y'a un truc qui me travaille depuis un moment… Je me dis que tu me supportes uniquement parce que je m'impose à toi. J'ai commencé à me sentir un peu intrusif, tu vois ? »
Derek se redressa, se mettant sur ses coudes, créant suffisamment d'espace entre eux pour pouvoir regarder Stiles. « Je ne m'en étais pas rendu compte. »
« Je sais. T'es un peu à côté de la plaque en matière d'interactions sociales. » Stiles sourit et Derek vint frotter sa barbe de trois jours contre sa gorge en guise de punition. Le commentaire aurait pu être blessant s'il avait été dit par quelqu'un d'autre. Pour l'heure, ce n'était qu'une taquinerie quelconque.
« Pourquoi tu ne m'en as pas parlé, au lieu de t'éloigner ? »
« Je ne suis pas venu te voir moins souvent pour te tester. Je t'ai déjà dit que j'étais occupé et quand je commence à me plonger dans quelque chose, dans un travail, je perds totalement la notion du temps, si bien j'en oublie presque de manger. Je ne vais même plus à la salle de sport comme je le fais habituellement. »
« Tu vas dans une salle de sport ? » Derek sourit. Cela se voyait. Stiles avait une silhouette élancée, mais son corps était tonique. Cela se remarquait particulièrement au niveau de ses épaules et de son ventre totalement plat. Pour Derek, Stiles était le type de personne à ne jamais prendre de poids, mais son corps était définitivement plus dessiné que ce qu'il aurait du être au naturel.
« Pff, je t'en prie. Tout le monde ne peut pas avoir un corps comme celui-ci. » grogna Stiles et il serra les fesses de Derek entre ses mains. De toute évidence, il savait que Derek plaisantait.
« J'aime ton corps. » murmura Derek contre la peau de sa clavicule, la mordillant doucement.
Stiles laissa échapper un rire haletant.
« Vraiment. » insista Derek.
« Est-ce que mon corps t'excite ? » Il y avait quelque chose dans le ton de Stiles qui laissait percevoir qu'il n'y croyait pas vraiment. Cependant, il y avait aussi une espèce d'excitation qui laissait soupçonner que Stiles le désirait vraiment.
« Oui. » Derek pressa ses lèvres juste au-dessus d'un mamelon, puis il le frotta doucement avec ses dents. « Beaucoup. »
Stiles laissa échapper un halètement et ses doigts se contractèrent alors qu'ils les traînaient le long du dos de Derek jusqu'à son propre visage.
« J'aime... ça. » Derek tourna la tête, capturant un des doigts de Stiles avec ses lèvres. Il en suça doucement le bout avant de bouger sa tête pour le prendre davantage en bouche, enroulant sa langue tout autour.
Stiles gémit. « Ouais ? »
Derek fredonna pour toute réponse, puis ouvrit la bouche pour laisser un autre doigt de Stiles y entrer. Stiles tapota contre ses lèvres.
« Quoi d'autre ? » demanda-t-il, quand Derek laissa les doigts fins s'échapper, lui laissant des traces de salive sur le menton.
« Et ça… » murmura-t-il, se penchant plus près et embrassant doucement les lèvres de Stiles.
« Et ça. » continua-t-il, frottant son nez contre celui de Stiles. Il laissa ses lèvres glisser le long de la gorge de Stiles, puis descendit sur sa poitrine. « Tout ça. » murmura-t-il, taquinant les mamelons qui devenaient durs avec sa langue il entendait le souffle irrégulier quitter la bouche de Stiles. Il descendit plus bas, embrassant la peau tout du long, jusqu'à l'estomac. Il glissa sa langue dans le nombril de Stiles, puis continua, suivant la traînée de poils jusqu'à l'élastique de son sous-vêtement. « Et ça. » continua-t-il, pressant son visage contre l'entrejambe de Stiles, sentant son sexe dur se contracter contre sa joue. « Tout ça. » soupira-t-il, embrassant l'intérieur des cuisses tremblantes, serrant ses mollets avant de remonter ses mains à nouveau vers le haut, se penchant sur Stiles une fois de plus. Le jeune homme avait l'air de lâcher prise totalement, un voile brumeux devant ses yeux.
« Putain de merde. » chuchota Stiles et il l'attira à lui, l'embrassant durement. « Tu m'as presque fait jouir. »
Derek sourit contre ses lèvres, frottant leurs corps l'un à l'autre et frissonnant à cause du son indécent que Stiles laissait échapper.
« Tu veux jouir dans ma bouche ? » demanda Derek, taquinant l'élastique du sous-vêtement de Stiles du bout des doigts. Il put sentir le corps entier du jeune homme se raidir pendant une seconde, comme s'il essayait de se contrôler.
« Je peux ? »
« Ouais. Laisse-moi te débarrasser de ça. » Il abaissa le sous-vêtement pendant que Stiles soulevait ses hanches. Pendant un moment, il regarda juste le sexe de Stiles, couché, le gland rouge et ruisselant contre son ventre. Il embrassa langoureusement Stiles, prenant son temps, voulant rattraper les semaines perdues. Il laissa une traînée de baisers rapides le long de son cou, de son torse et de son estomac, laissant Stiles savoir où il se dirigeait, caressant la courbe de ses hanches avec son pouce. Puis, il le goûta simplement, léchant doucement les gouttes de liquide pré-séminal, avant de faire glisser ses lèvres sur toute la longueur, puis de remonter encore et encore jusqu'à ce que Stiles tire sur ses cheveux en gémissant.
« 'vais bientôt… S'il te plaît. »
Derek enroula ses lèvres paresseusement autour du gland, le suça doucement, et putain, c'était tellement mieux sans le goût du latex. Soudainement, il fut tellement submergé de réaliser qu'il goûtait Stiles qu'il perdit de sa concentration quelques secondes.
« S'il te plaît. » supplia Stiles, le ramenant à la réalité, et Derek ne put pas le lui refuser.
Il se descendit plus bas, le prenant davantage. Stiles s'accrocha à ses cheveux comme si c'était la seule chose qui lui évitait de perdre pied. Puis, il vint, gémissant, ses hanches se heurtant aux mains de Derek. Ce dernier le maintint, sentant la chaleur venir remplir sa bouche par à-coups, avant que Stiles ne relâche la prise de ses cheveux, retombant contre le lit.
« Attends. » souffla-t-il, tendant la main et il laissa ses doigts reposer sur la gorge de Derek. « Maintenant. »
Derek avala, regardant l'expression d'incrédulité passer sur le visage de Stiles.
« Merde. Tu l'as vraiment fait. »
« Je t'ai dit que je le ferai. » répondit Derek, et sa voix semblait rauque. Il remonta le long du corps de Stiles, l'embrassa doucement, le laissant se goûter.
« C'est ton tour. Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? » demanda Stiles, se tortillant un peu contre lui, mais il avait l'air épuisé.
« Reste juste immobile. » Derek abaissa un peu son sous-vêtement et laissa son sexe glisser contre le doux creux des hanches de Stiles. « Je peux ? »
Stiles déglutit, hochant la tête. « Tu es sûr que tu ne veux pas que je t'aide ? »
« Oui, j'y suis presque. » Il ne put s'empêcher de grogner en se frottant contre la peau douce, le sexe humide et lisse dû au liquide qui s'en écoulait. Les lèvres de Stiles étaient sur les siennes en un rien de temps, et ses mains commencèrent à se balader : sur les flancs de Derek, dans le bas de son dos, attrapant ses fesses et le rapprochant contre lui, le pressant davantage. Derek avait l'impression que son corps subissait un court-circuit, que ses terminaisons nerveuses étaient enflammées, quand les longs doigts de Stiles écartèrent ses fesses, plongeant doucement entre elles et glissant le long de sa raie. Derek gémit, impuissant, essayant désespérément de se presser à la fois contre les mains de Stiles derrière lui et contre son corps devant. Le message sembla passer, parce que les mains de Stiles glissèrent plus bas, ses doigts effleurant l'orifice de Derek, et il n'en fallut pas plus. L'orgasme explosa en lui, tel un raz-de-marée traversant son corps, le faisait éjaculer en plusieurs spasmes. Stiles le serra contre lui, pressant doucement quelques baisers contre ses tempes. Pendant un moment, Derek eut l'impression que cela ne s'arrêterait jamais.
Il s'affaissa, reprit son souffle et Stiles caressa ses cheveux, ses doigts tirant doucement sur ses oreilles puis raclant soigneusement ses ongles le long du cou de Derek, le faisant frisonner.
« Désolé de m'être effondré sur toi. » marmonna-t-il, une fois qu'il eut repris un peu ses esprits et le contrôle de son corps. Puis, il se décolla un peu, même s'il ne le voulait pas.
« Tu n'es pas si lourd. » dit Stiles et il le tira à nouveau à lui pour l'embrasser.
« Je t'ai sali. »
Stiles sourit comme s'il ne pouvait pas être plus heureux de ce constat. « Ouais, totalement. »
« On devrait te nettoyer avant d'aller dormir. »
Stiles gémit en se levant, ne prenant pas la peine de remettre ses sous-vêtements, et alla dans la salle de bains. Derek le suivit peu de temps après, enlevant son boxer et le laissant sur le canapé il aurait tout le temps de le récupérer le lendemain matin.
Stiles était en train de sécher son estomac avec une serviette lorsque Derek le rejoignit. Ce dernier se nettoya à son tour avec un peu d'eau tiède. La main de Stiles glissait de haut en bas sur son ventre, comme s'il prenait son temps, comme s'il ne voulait pas sortir avant Derek.
Lorsqu'ils se rendirent au lit, Steve trottina depuis la cuisine pour les rejoindre dans la pièce. Il soupira profondément en s'allongeant à côté du canapé, regardant avec suspicion les sous-vêtements de Derek.
« Ne fais pas ta diva. » lâcha Stiles. « Tu devrais être heureux pour moi. Au moins un de nous deux s'envoie en l'air. Dieu merci, c'est celui qui a encore ses couilles. »
Steve lui lança le regard le plus moralisateur que Derek n'avait jamais vu et ce dernier ne put s'empêcher de rire.
« Quoi ? » demanda alors Stiles.
« Il n'a pas eu l'air vraiment impressionné par ta remarque. » expliqua Derek. Il regarda Stiles, le corps toujours nu. Il était chaud et sec, allongé contre son corps.
« Est-ce que t'as mis un réveil pour demain ? » demanda Stiles.
« Pour huit heures. Ça devrait me laisser le temps de changer de vêtements chez moi. » Il ferait son sport demain soir pour changer.
« Change-la pour sept heures, et on prendra le petit déjeuner ensemble. » marmonna Stiles, et il eut l'air ravi que Derek tende le bras par-dessus lui pour venir attraper son téléphone. Il lui fallut quelques instants pour modifier l'alarme, car Stiles en profita pour lui mordre le torse, souriant sans retenu lorsque Derek laissa échapper un cri.
« Sois gentil ou je rentre chez moi. »
« Ne me fais pas de chantage. » Stiles se rapprocha à nouveau lorsqu'il s'allongea, et Derek trouva cela déroutant de voir avec quelle facilité leurs corps s'emboîtaient. Après un moment, Stiles bougea légèrement, tirant Derek de son état de demi-conscience. « Donc, tu vas aller à New York pour Noël ? »
« Oui, je reviendrai après le Nouvel An. »
Les doigts de Stiles étaient toujours là où il les avait posés, traçant un motif abstrait sur le bras de Derek. « Tu vas y rester longtemps. »
« Je suppose. » Derek n'y avait pas beaucoup réfléchi jusqu'à présent. Pas vraiment. Laura s'attendait à ce qu'il fête Noël avec eux, comme il le faisait depuis des années maintenant, sauf lorsqu'il avait été en mission à l'étranger. Il n'avait pas réalisé qu'il serait loin de Stiles pendant tout ce temps.
« Je comprends que tu veuilles être avec ta famille, parce que tu es ici tout le reste du temps. » Stiles se fit silencieux.
« Je t'appellerai. »
« T'as intérêt. » marmonna Stiles.
« Est-ce que tu vas le passer avec Scott et sa mère ? »
« Ouais. On le fait ensemble depuis des années maintenant. Si tu changes d'avis, tu es le bienvenu pour le passer avec nous. »
Derek se pencha plus près, posant son nez contre la joue de Stiles. « Merci. Je m'en souviendrai. »
oOo
Derek était sur l'ordinateur portable que Laura l'avait forcé à prendre lorsqu'il avait emménagé ici. Il l'utilisait environ deux fois par mois, principalement pour payer ses factures. En cet instant, il essayait de trouver des livres en braille pour Stiles, car la liseuse d'e-book n'était pas encore arrivée. Peut-être arriverait-il à compenser le fait de ne pas être présent pour Noël avec quelques livres. Il venait de se rappeler que plusieurs mois auparavant, Stiles lui avait posé des questions sur les livres en braille. Il trouva la série The Hunger Games et peu importait que chaque tome coûte 75$. Son seul souci était qu'il n'avait aucune idée de s'il était censé les commander en braille abrégé ou braille intégral. Ou de ce que cela pouvait même signifier. À contrecœur, il décida d'envoyer un texto à Stiles.
/ Quelle est la différence entre le braille de niveau 1 et de niveau 2 ?
Cela prit du temps pour que Stiles réponde, et quand il le fit, Derek comprit pourquoi. Il se demanda un instant pourquoi Stiles n'avait pas simplement appelé à la place, étant donné la longueur du message. Peut-être était-il trop occupé et ne désirait pas que la conversation s'éternise.
/ Le niveau 1 correspond en gros à une écriture en utilisant l'alphabet braille. C'est pour les personnes qui débutent, ou dont l'anglais n'est pas la langue maternelle. Le niveau 2, c'est avec des contractions, etc. Ça le rend plus rapide à lire. Certains mots courants ne sont que des symboles à un seul caractère au lieu du mot complet. Ça rend les livres moins épais, pour éviter que les aveugles ne se pètent le dos à trente-cinq ans à force de transporter des livres qui pèsent l'équivalent d'un bébé éléphant.
Derek renifla. Le braille de niveau 2 semblait donc être le bon choix. Il commanda les trois tomes, espérant qu'ils arriveraient à temps, puis son téléphone vibra, annonçant un nouveau message alors qu'il rentrait les informations de sa carte de crédit.
/ Pourquoi ?
Derek hésita un instant. Il ne voulait pas gâcher la surprise.
/ J'ai vu ça quelque part, et je ne savais pas la différence. Au lieu de chercher sur Google, j'ai préféré te demander. J'espère que ça ne te dérange pas.
/ Non, aucun souci :)
La semaine qui suivit, Stiles n'eut pas beaucoup de temps à lui accorder avant qu'il ne parte. Il passa quelques fois et Derek lui rendit visite un soir, mais il eut l'impression de le déranger. Stiles passait le plus clair de son temps devant son ordinateur, écouteurs sur les oreilles. En un sens, ce n'était pas grave qu'ils ne passent pas beaucoup de temps ensemble. Il était évident que Stiles était totalement débordé par son projet – dont il ne pouvait parler à Derek. Mais Derek savait au moins que Stiles ne l'ignorait pas délibérément.
Derek reçu un texto quelques jours avant son vol pour New York.
/ Est-ce que tu veux passer ta dernière soirée avec moi ? Je pourrais venir.
Derek sourit légèrement.
/ Avec plaisir.
Il reçut un smiley en retour et supposa que ça concluait le rendez-vous. Enfin, pas un vrai rendez-vous. Les livres de Stiles arrivèrent quelques jours plus tôt que prévu et Derek décida de les empaqueter juste avant que le jeune homme n'arrive chez lui. Il n'avait jamais eu de réel talent pour les paquets cadeaux pour être honnête. Le résultat final fut plutôt décent, et il se rendit au café juste à côté pour acheter deux chocolats chauds.
En sortant du café, il tomba sur Stiles. Steve n'était pas avec lui, ce qui était une légère déception car Derek aurait aimé lui dire au revoir à lui aussi. D'un autre côté, cela rendrait leur soirée beaucoup plus facile.
« Salut. » dit-il et il sentit une étrange sensation dans sa poitrine lorsque Stiles fit un sourire rayonnant.
« Hey. Derek. »
Derek voulut l'embrasser, mais il n'était pas sûr que Stiles soit à l'aise avec cela en public. Tout le monde savait qu'il était le fils du shérif, et Derek ne savait pas à quel point le père de Stiles en savait sur leur relation. À la place, il tendit à Stiles un des mugs et le laissa entrer dans la boutique. Puis, il verrouilla la porte et tourna le panneau indiquant « FERMÉ ». L'odeur des lasagnes que Derek avait préparées flottait dans les escaliers.
Dès qu'ils eurent franchi la porte de l'appartement et que Stiles fut débarrassé de ses chaussures et de son sac, il vint enrouler ses bras autour de la taille de Derek. Ce fut bref, mais le brun était certain que c'était une manière pour Stiles de vouloir s'excuser de son absence de ces derniers temps.
« Alors, quand part ton vol demain ? »
« À midi. Je vais devoir partir tôt. »
Stiles hocha la tête. « Ouais. Tu vas devoir prendre ton petit-déjeuner à l'aéroport après t'être enregistré de toute façon. Comme ça, tu passeras le maximum de temps avec moi avant de partir. »
« Je pourrais. » Derek acquiesça, puis il regarda Stiles boire son chocolat pendant un moment. C'était ce qu'il avait prévu de toute façon. Ça, ou prendre un bagel qu'il mangerait dans sa voiture.
Stiles ne parla pas beaucoup pendant le dîner et cela inquiéta un peu Derek.
« Quelque chose ne va pas ? »
Stiles leva alors les yeux, comme s'il avait été complètement perdu dans ses pensées. « Désolé. C'est juste nul que tu partes. »
« Tu sais que je reviens, n'est-ce pas ? »
« Ouais, je sais. » dit Stiles, levant les yeux au ciel. « Je suis surtout en colère contre moi, parce qu'on aurait pu passer plus de temps ensemble si je n'avais pas eu autant de trucs à faire. »
« Ce n'est pas grave. On passe du temps ensemble maintenant. »
Stiles sourit légèrement. « Oui, bien sûr. »
Ils se retrouvèrent plus tard sur le canapé, tel un rituel. Stiles était assis contre Derek, son corps pressé contre son flanc, et même si la télé était allumée, aucun d'eux n'y prêtaient attention.
Ils ne dirent pas grand-chose cependant. C'était comme si le départ de Derek était suspendu au-dessus d'eux telle une épée de Damoclès, et Stiles en semblait abattu. Derek se sentait également un peu morose, comme si passer Noël avec sa famille n'était plus quelque chose qu'il désirait.
« Désolé de plomber autant l'ambiance. » finit par dire Stiles au bout d'un moment.
« Ne t'en fais pas. » Derek voulut attraper sa main pour la serrer, ou mettre son bras autour de lui, mais ne le fit finalement pas. « Pour moi aussi, c'est difficile. » confessa-t-il à la place.
Stiles soupira et tendit la main, la passant sur la cuisse de Derek. Ce n'était pas un geste entreprenant, mais plutôt comme une envie de réconforter l'homme à ses côtés. Étrangement, cela fonctionna.
« Je sais que j'ai beaucoup travaillé ces derniers temps et que je n'ai pas vraiment été disponible pour toi. Je suis désolé. Je le regrette maintenant que tu vas partir. J'ai travaillé dur pour me libérer un peu de temps libre et je ne pourrais même pas le passer avec toi. » Stiles se gratta le menton et soupira de frustration.
« Mais Scott vient pour Noël, n'est-ce pas ? »
« Ouais, et Lydia, et Danny, et tous les autres tu sais. »
Derek ne savait pas. Il supposa qu'il s'agissait de personnes que Stiles connaissait depuis le lycée, puisqu'ils revenaient tous à Beacon Hills.
« Tu seras occupé avec eux dans ce cas. Je suis sûr que tu ne remarqueras même pas que je ne suis pas là. »
Stiles soupira. « Tu parles. J'ai passé tellement de temps avec toi que quand tu n'es pas là maintenant, ça me fait bizarre. »
« Je ne pars pas pour toujours. Je serai de retour après le Nouvel An. »
« Je sais. » soupira Stiles. « C'est juste que j'aurais aimé que tu sois au moins de retour pour la nouvelle année. Les feux d'artifice, tout ça. »
Derek ferma brièvement les yeux. « Peut-être l'an prochain. » Il n'était pas fan des feux d'artifice. L'an dernier, il s'était enfermé dans la salle de sport qui se trouvait au sous-sol de son immeuble, avec de la musique à fond, et s'était entraîné pendant quatre heures d'affilée. Après cela, il avait eu l'impression qu'un camion lui avait roulé dessus et la sensation avait durée pendant plus d'une semaine. Mais cela avait fonctionné. Il était passé au travers.
« Ouais, l'année prochaine. » déclara Stiles, hochant légèrement la tête.
Ils restèrent à nouveau silencieux pendant un moment, mais ce dernier sembla moins lourd et difficile. Quelque part, le fait de savoir qu'il manquerait à Stiles faisait Derek se sentir bien. Cela signifiait qu'il ne serait pas le seul à ressentir ce manque. Une si grande partie de sa vie était centrée autour de Stiles, si bien qu'il lui serait difficile de retrouver une routine sans lui. Cependant, ces dernières semaines avaient été un léger entraînement.
« Je t'ai acheté quelque chose pour Noël. » dit soudainement Stiles. « Tu peux l'avoir maintenant si tu promets de ne pas l'ouvrir avant le jour J. »
« D'accord, c'est promis. » Derek était soudainement très heureux d'avoir acheté un autre cadeau pour Stiles, puisque la liseuse de livre électronique en braille n'était pas encore arrivé. « Je t'ai aussi pris quelque chose. »
« Vraiment ? » Le visage de Stiles s'éclaira considérablement, comme s'il ne s'y était pas attendu.
« Je vais le chercher, mais tu ne pourras pas l'ouvrir non plus. »
« Okay, mais seulement parce que je sais que tu ouvriras le tien si j'ouvre le mien. »
« Ce n'est pas comme si je pourrais vérifier si tu triches. » fit remarquer Derek.
« Arrête de me donner des idées. Tu es vraiment le pire. »
Derek sourit pour lui-même alors qu'il attrapait les cadeaux posés sur son lit. Ils étaient lourds en main, et il ne serait pas difficile pour Stiles de deviner que Derek lui avait acheté des livres. Un enfant de trois ans était capable de deviner lorsqu'un paquet cadeau cachait un livre. Il fallait espérer que Stiles n'en serait pas déçu, de la même manière que Derek l'était quand il était enfant.
Lorsqu'il revint sur le canapé, Stiles prit la parole.
« Joyeux Noël en avance. » dit le jeune homme, et il lui tendit un cadeau rectangulaire, emballé dans du papier argenté.
« Merci. » Derek le regarda avec curiosité, essayant de deviner ce que cela pouvait être, mais la forme n'avait pas vraiment de signification pour lui. « Joyeux Noël. » dit-il à son tour, et il offrit la pile des trois cadeaux emballés à Stiles, qui les accepta. Il eut l'air surpris quand il sentit le poids combiné des trois paquets.
« Tu m'as acheté un éléphant ? »
Derek sourit, se surprenant lui-même en se rappelant que Stiles avait comparé les livres en braille à des bébés éléphants auparavant. « Oui. »
« Je vais avoir besoin d'un fauteuil roulant après ça. » marmonna Stiles en touchant les cadeaux.
« C'est certain. »
Stiles leva les yeux au ciel en entendant le ton peu impressionné de Derek.
« Okay. Donc, maintenant que j'ai boudé une bonne partie de la soirée, est-ce qu'on peut passer le temps qui reste à faire des câlins ? »
« Si tu veux. » Derek le voulait, a priori, mais cela devait être le choix de Stiles.
« Yep. Donne-moi juste une seconde. Je vais foutre ça dans mon sac. »
Derek le regarda soigneusement mettre les livres dans son sac à dos et fermer la fermeture Éclair, ses doigts s'assurant qu'un bord ne se coince comme il le fallait.
Derek mit son propre cadeau sur le sac qu'il avait préparé pour le lendemain, se sentant malgré lui curieux de son contenu. Connaissant Stiles, ce n'était probablement rien de ce à quoi il s'attendrait.
À sa grande surprise, Stiles se débarrassa de son jean et enfila un jogging qu'il avait ramené. « Tu sais, » dit-il, comme s'il sentait le regard de Derek sur lui, « faut que j'enfile d'abord mon uniforme de câlins. »
Derek rit. « Tu penses que je devrais aussi ? »
« Ouais, clair. Depuis quand on reste en jean quand on veut chill ? »
« Tu marques un point. » Derek changea aussi de pantalon, et quand il fut de retour sur le canapé, avec Stiles à côté de lui, il se sentit beaucoup plus à l'aise. Laura lui avait dit un jour qu'on ne devait jamais se mettre en survêtement devant quelqu'un qui n'était pas de sa famille, ou avec qui on n'était pas marié, mais peu importait. Cela n'avait pas l'air de déranger Stiles puisqu'il était en train de passer sa main sur l'entrejambe de son survêt.
Le geste n'avait rien de sexuel, ce qui surpris Derek. C'était comme si Stiles n'avait besoin que de le toucher, et Derek se rendit compte que cela lui avait aussi manqué.
« On pourra se parler par téléphone, hein ? » demanda Stiles alors qu'il faisait glisser le bras de Derek autour de ses épaules.
« Bien sûr. Comme la dernière fois. »
« C'était pour être sûr, parce que ce n'était pas vraiment l'idée de base la dernière fois. »
Derek haussa les épaules. « Ce serait bizarre qu'on ne le fasse pas, je pense. »
« Ouais. Je pense aussi. » Stiles sourit alors contre son épaule. « Tu veux que je t'envoie plus de selfies ? »
Celui que Derek avait reçu pendant Thanksgiving était toujours dans ton téléphone. « Si tu veux. »
« Non. » reprit Stiles en se redressant. « Tu vois, c'est pas comme ça que ça marche. Quand je te demande ce que tu veux, tu dois me dire ce que tu veux, et ne pas le changer en une question sur ce que moi je veux. »
« Oui. J'ai envie que tu m'envoies des selfies. » soupira Derek, las.
« Tu vois, c'était pas si difficile, non ? » Souriant, Stiles pinça légèrement l'intérieur de la cuisse de Derek, faisant tressauter sa jambe.
Ils furent bien plus proches ensuite. Physiquement, aussi bien que mentalement. Derek garda son bras autour des épaules de Stiles et ce dernier se pencha vers lui, le touchant comme s'il n'y avait rien de plus naturel. Habituellement, Derek avait besoin de sentir que s'il touchait Stiles, il y avait une mission derrière ses gestes, comme celle de faire l'amour. Pour Stiles, cela semblait être beaucoup plus simple, plus calme. C'était si facile d'accepter le toucher de Stiles. Le corps de Derek le savait maintenant. Il le savait. Ces derniers temps, il s'était rendu compte que cela lui manquait.
Il y avait un concert de Noël à la TV, et Mariah Carey venait de commencer sa performance. Même si Derek n'était pas spécialement fan, il se laissa porter par la musique. Peut-être était-ce à cause de la lumière douce et vacillante des bougies à l'écran, qui dégageaient une atmosphère apaisante. Quand il jeta un œil à ses côtés, il vit que les yeux de Stiles étaient clos, sa tête reposant contre son épaule. Il ne dormait pas car ses doigts traçaient toujours des motifs sur sa jambe. Peut-être se sentait-il également au calme en cet instant.
« Ça te dirait un thé ? » demanda Stiles, après un long moment durant lequel Derek avait été semi-conscient.
« Oui. Je vais en faire. »
« Je vais t'aider. »
Tout en remplissant la bouilloire électrique d'eau, Derek regarda Stiles prendre deux mugs dans l'armoire où se trouvaient les boîtes de thé. Derek s'était fait un devoir de ne rien déplacer, et avait même fabriqué des étiquettes à mettre sur les étagères pour s'assurer qu'il ne déplacerait pas quelque chose par erreur. C'était étrangement satisfaisant de voir avec quelle facilité Stiles trouvait son chemin dans la cuisine.
« Pas de lait, hein ? » demanda Stiles en ouvrant les boîtes de thé pour les sentir. Puis, il sortit celui que Derek préférait et celui qu'il prenait à chaque fois qu'il était ici.
« Non merci. » Derek n'avait jamais été un grand amateur de thé auparavant, mais il en était venu à comprendre pourquoi Laura disait que c'était agréable et apaisant de prendre un thé avec quelqu'un.
Stiles eut l'air un peu endormi lorsqu'ils s'assirent à la table de la cuisine. Le concert de Noël était toujours en arrière-plan et, avec l'obscurité à l'extérieur, on aurait pu se croire le soir du réveillon de Noël. Derek eut cet étrange gonflement au niveau du sternum alors qu'il regardait Stiles remuer son thé, son menton posé dans sa main.
« Quand tu reviendras de New York, » commença soudainement Stiles, « tu voudras qu'on fasse comme la fois dernière ? »
« Ce serait bien. » L'idée d'avoir quelqu'un qui l'attendrait à son retour était la meilleure chose à laquelle il avait pensé depuis des lustres.
Stiles sourit. « Ouais. »
« J'irai chez toi dès que j'arriverai. »
« Directement ? »
« Directement. » promit Derek.
Quand ils allèrent au lit, Stiles l'embrassa durant un long, long, moment, mais n'alla pas plus loin. Derek se sentit bien alors qu'ils se pelotonnèrent ensemble, emmêlés l'un à l'autre. C'était étrange. Étrangement agréable.
Derek eut du mal à s'endormir. Ce n'était pas parce qu'il était anxieux, mais c'était distrayant d'écouter les respirations lentes de Stiles et de sentir la façon dont il se pressait contre lui. Ses doigts le démangèrent, et cela ne s'arrêta que lorsqu'il les passa dans les cheveux de Stiles pour dégager son front. C'était fascinant de voir le jeune homme sourire légèrement dans son sommeil. C'était quelque chose que Derek ne pensait exister que dans les films. Et cela faisait son estomac se contracter.
Lorsque les chiffres de son téléphone affichèrent 3:00 et continuèrent d'avancer, il commença à se sentir frustré. Il soupçonnait qu'en son for intérieur il devait être nerveux de rentrer chez lui pour Noël, même s'il ne savait pas exactement pourquoi sa tête était saturée de mille pensées. Il soupira et se dégagea de Stiles aussi doucement que possible, se leva et étira ses membres raides. Il alla prendre un verre d'eau, s'appuya contre le plan de travail de la cuisine et regarda la rue vide en contrebas. Demain, il partirait.
Un courant d'air passa la fenêtre et il eut la chair de poule, puis, il se frotta distraitement le bras. Un bruissement de draps le tira de ses pensées alors qu'il remplissait son verre. Un instant plus tard, la voix ivre de sommeil de Stiles l'atteignit à travers la pièce.
« Derek ? »
« Je suis là. Je me sers juste de l'eau. »
« Reviens au lit. »
« J'arrive bientôt. » Il pensa d'abord ne pas en dire plus, puis décida de dire la vérité. « Je n'arrive pas à dormir. »
Stiles resta silencieux pendant un moment, si bien que Derek le pensa endormi à nouveau, jusqu'à ce qu'il le voie marcher d'un pas endormi vers la cuisine. Ses cheveux étaient ébouriffés, allant dans différentes directions, et l'élastique de son sous-vêtement était légèrement abaissé sur une de ses hanches.
Derek sourit pour lui-même. « Je suis devant l'évier de la cuisine. » dit-il et il tendit la main lorsque Stiles s'approcha suffisamment pour qu'il puisse le toucher. Avec un soupir, Stiles vint enfouir son visage dans son cou, et ses doigts s'enroulèrent autour de sa taille.
« Tu veux en parler ? » marmonna-t-il, ses pouces frottant doucement de haut en bas les côtes de Derek.
Parler n'avait jamais été le point fort de Derek, mais avec Stiles, il n'avait jamais vraiment eu le choix. « Je ne sais pas pourquoi, » avoua-t-il, « mais je n'arrive pas à me vider la tête. »
« Pourquoi tu ne m'as pas réveillé ? »
« Je ne pensais pas que ça valait la peine de te réveiller. De toute façon, tu ne peux rien y faire. »
Stiles souffla comme s'il avait été offensé. « Il se trouve que j'ai des compétences incroyables pour gratter le dos, qui te videront automatiquement la tête en quelques secondes. »
« Gratter le dos ? » se moqua Derek. Au moins, Stiles essayait.
« N'aies pas l'air si incrédule. Finis ton verre et je vais te montrer que tu as tort. »
Derek vida son verre et permit à Stiles de le ramener au lit. C'était plus tentant d'y retourner maintenant qu'il n'était plus le seul réveillé.
« Okay. Allonge-toi dos à moi, et je vais te grattouiller jusqu'à ce que tu t'endormes. » promit Stiles, et il tendit sa main pendant que Derek s'allongeait, caressant son bras pendant un moment.
« Ça pourrait prendre plusieurs heures. » fit remarquer Derek.
« Fais confiance à mes talents, Derek. » réprimanda Stiles. Le brun était sur le point de protester mais Stiles fit ensuite glisser ses ongles courts le long de son dos et son esprit se vida. Stiles se rapprocha, réduisant la distance entre eux.
« Tu veux que je te serre dans mes bras pendant que tu t'endors ? » demanda-t-il doucement.
« Si tu veux. »
« Derek. »
Ah. Ne pas laisser Stiles tout décider.
« Oui. »
C'était étrangement apaisant. Les ongles de Stiles faisaient picoter sa peau et frissonner son corps, un peu comme la fois où Laura avait utilisé un masseur de tête sur lui. Son esprit se vida immédiatement. Il ne lui fallut pas longtemps pour qu'il commence à s'endormir et à sentir son corps se faire lourd. Fatigué.
« Je vais bientôt m'endormir. » marmonna-t-il.
« Aucun souci. Je reste là. » dit doucement Stiles, et il continua, et continua. Même lorsque Derek fut au bord de l'endormissement, pensant que Stiles allait s'arrêter, ce dernier continua.
Quelques heures plus tard, quand Derek se réveilla suite à la sonnerie de son alarme, les bras de Stiles étaient toujours contre lui. Lorsque Derek remua légèrement, les cheveux de Stiles lui chatouillèrent le cou, accompagnés d'un léger grognement. Derek était fatigué, mais son esprit était apaisé. Stoppant le bip du réveil, il se tourna pour se rapprocher de Stiles qui ouvra davantage ses bras pour l'accueillir.
« Je ne veux pas que tu partes. » marmonna-t-il contre la tempe de Derek, et Derek le savait parce qu'il ressentait exactement la même chose.
« Je sais. » Ils restèrent au lit encore vingt minutes, ne faisant rien d'autre que s'échanger des baisers avec paresse et se toucher la peau.
Lorsqu'ils s'habillèrent, Stiles sembla absent, comme si quelqu'un avait terni sa personnalité. Cela fit Derek se sentir mal, mais il n'avait pas vraiment le choix quant à son départ. Il ne partirait pas longtemps, même si c'était l'effet que cela leur faisait. Quand il sortit de la salle de bains, après s'être brossé les dents et avoir tenté de faire quelque chose de ses cheveux, Stiles parut plus détendu. Peut-être était-il simplement fatigué.
« Est-ce que ça te dérange de me déposer chez moi avant d'aller à l'aéroport ? » demanda Stiles, et Derek cligna des yeux, se sentant un peu stupide car cela lui semblait logique même s'ils n'en avaient pas parlé.
« Non évidemment. C'était prévu. »
Stiles sourit. « Merci. »
Le trajet en voiture fut bizarre. Derek aurait voulu qu'il dure pour toujours, mais à peine deux secondes s'écoulèrent qu'ils se retrouvèrent devant l'immeuble de Stiles.
« Tu as le temps de me raccompagner jusqu'à la porte ? »
La question le surprit, car Stiles n'avait jamais voulu être raccompagné auparavant. Peut-être qu'il se sentait comme Derek et qu'il voulait lui aussi faire durer ce moment le plus longtemps possible.
« Bien sûr. »
Stiles resta silencieux pendant qu'ils montèrent les trois étages d'escaliers, arrivant jusqu'à sa porte. Il s'arrêta sur le palier, et le poids de son corps bascula légèrement d'un pied à l'autre, le faisant se balancer faiblement. « Je peux te demander un service ? »
« Tu peux toujours demander. » répondit Derek avec un petit sourire en coin, et lorsque le visage de Stiles afficha son air me-mets-pas-en-colère, il reprit, « Oui, vas-y. »
« Embrasse-moi comme un fou avant de t'en aller, ok ? » Le visage de Stiles devint rouge. « Comme si on était un de ces films stupides à l'eau de rose. »
« Ici ? » demanda Derek, avant de pouvoir s'en empêcher.
« Ouais. Pousse-moi contre la porte, et tout le tintouin. Juste, épargne mon dos de la poignée de porte. »
Derek étouffa un rire, mais redevint rapidement sérieux. Il se rapprocha de Stiles, voyant ce dernier respirer de plus en plus vite. Derek ne le poussa pas contre la porte il posa sa paume de main contre sa joue, et l'embrassa lentement, fermement, frottant ses lèvres jusqu'à ce qu'elles soient enflées et rouges, jusqu'à ce que les doigts de Stiles se contractent contre le tissu de son T-shirt. Jusqu'à ce que Derek doive finalement reculer pour reprendre le contrôle de sa respiration. Stiles en était totalement étourdi.
« Ce n'était pas exactement ce que j'avais en tête, mais c'était bien mieux que ce à quoi je m'attendais. »
Le ton aérien dans sa voix fit sourire Derek. Le brun essuya la lèvre inférieure de Stiles du bout de son pouce. « Je t'enverrai un message quand je serai là-bas. »
« Non, appelle-moi. »
« Je t'enverrai un message quand j'arriverai, et je t'appelai avant d'aller me coucher. » rectifia Derek.
« Ça marche. » Stiles lui sourit, toujours un peu essoufflé. « Encore juste une fois. »
Derek se pencha à nouveau, comme s'il allait répéter le même baiser, mais il se surprit à donner à Stiles un bref et doux baiser. Pour une raison inconnue, son corps frissonna d'une toute autre manière. Derek avait toujours considéré les baisers légers, les smacks, comme quelque chose de plus intime, parce qu'ils n'avaient rien à avoir avec du simple sexe. Cela le perturba, alors même qu'il en était l'initiateur.
« Fais bon voyage. » dit doucement Stiles, et Derek lui donna un autre baiser avant de reculer et de se tourner vers les escaliers.
« Merci. On se reparle d'ici quelques heures. »
« Faudra que je t'explique le vrai sens du mot 'quelques'. » soupira Stiles. Il sourit et déverrouilla sa porte, puis se tourna une dernière fois vers Derek. « Bye. »
« Bye. » Ses pas lui paraissaient étranges lorsqu'il descendit les escaliers jusqu'à sa voiture. Une partie de lui se sentait légère et insouciante compte tenu de ce qui venait de se passer. Mais il partait toujours. Pour un peu plus de deux semaines. Ce n'était pas long. Il avait été auparavant éloigné pendant des mois des personnes auxquelles il tenait, et sans savoir s'il reviendrait un jour. Cela n'avait rien à voir aujourd'hui, et pourtant, il ressentait cette même pression dans sa poitrine.
Le vol se déroula, heureusement, sans incident. Il fut assis à côté d'une femme d'âge moyen qui but de l'alcool jusqu'à s'endormir, et cela dura jusqu'à la fin du voyage. L'idéal pour Derek. Certes, il n'était pas fan des espaces exigus et confinés, mais le manque de turbulences et l'absence de voisin bavard avaient rendu le voyage supportable.
Laura vint le chercher à l'aéroport, accompagnée de Josh qui tenait une pancarte avec le nom DEREK écrit en lettres de tailles inégales et de couleurs différentes. Il les serra tous deux dans ses bras, reconnaissant que leur présence lui fasse un peu oublier d'avoir laissé Stiles à l'autre bout du pays.
« Comment était ton voyage ? » demanda Laura, alors qu'il chargeait son sac dans le coffre de sa voiture.
« Supportable. »
« Cache ta joie. » dit-elle pince-sans-rire, puis elle sourit.
Derek la dévisagea.
« Comment va ton Stiles ? » reprit-elle.
« C'est quoi un Stiles ? » demanda Josh depuis la banquette arrière, et Derek voulut s'abstenir de répondre mais sans succès.
« Il n'est pas mon Stiles. Et il va bien. »
« Je te poserai toutes les questions embarrassantes tout à l'heure. » promit Laura, le faisait grommeler. Il n'en doutait pas une seconde.
« S'il te plaît, abstiens-toi. »
Il passa la majorité de la soirée à faire des constructions en LEGO avec Josh, maudissant en silence le mauvais goût de l'enfant concernant les combinaisons de couleurs et le fait qu'il ruinait tout qu'il avait mis en place. (« Regarde Derek comment ça rend mieux ! »). Quand ce fut l'heure du coucher pour l'enfant, Derek fut reconnaissant de ne pas avoir à lui lire une histoire, car son corps était rigide d'être resté assis si longtemps.
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À la place, il sortit son téléphone de son sac, qu'il n'avait pas utilisé depuis qu'il était descendu de l'avion, et le ralluma. Il vit alors des interminables lignes de messages textes apparaître.
Pendant un instant, il crut que quelque chose de grave s'était passé, sa gorge s'enserrant fortement en voyant qu'ils étaient tous de Stiles. Puis, il réalisa. Il avait promis à Stiles de lui envoyer un message,… message qu'il aurait dû envoyer cinq heures auparavant.
Jurant dans sa barbe, il se précipita dans la chambre d'amis et fit défiler les messages. Au début, le ton des textos était relativement décontracté, puis il devint progressivement de plus en plus inquiet.
/ Hey, t'es bien arrivé ?
/ Derek, je crois que t'as oublié de m'envoyer un texto ;)
/ Stp, tu peux me dire si t'es bien arrivé à New York sans encombre ?
/ Derek, j'ai vraiment besoin que tu me contactes-là, je m'inquiète.
/ Appelle-moi.
/ Okay. Je suis vraiment inquiet là Derek.
/ Il y a eu un accident ?
/ Derek, je ne sais pas pourquoi tu ne me contactes pas, mais j'ai vraiment besoin de savoir que tu vas bien.
/ Putain Derek, appelle-moi bordel.
Derek déglutit lourdement. Le dernier message envoyé datait de quinze minutes et il pouvait très facilement imaginer le niveau d'inquiétude de Stiles. Il aurait ressenti la même chose si les rôles avaient été inversés. Il appuya sur l'icône d'appel et attendit, la gorge serrée, que la tonalité se fasse entendre. Il savait que Stiles allait être énervé contre lui, et à raison.
« Allô ? » Stiles répondit à la sixième sonnerie.
« Je suis désolé. » lâcha immédiatement Derek, ayant l'impression qu'il devait le dire le plus vite possible pour éviter que Stiles ne s'imagine quoi que ce soit. « Je suis désolé. J'ai oublié. Il s'est passé tellement de choses à la fois, et mon neveu... » Il s'interrompit.
Stiles ne dit rien pendant un moment. « Tu as oublié ? »
Derek passa une main sur son visage. Stiles ne savait rien de sa mémoire, et bien sûr, la remarque était l'équivalent d'une gifle pour lui. « Je suis désolé. Quand je suis descendu de l'avion, il y avait tellement de choses auxquelles j'ai dû penser. Je ne m'attendais pas à ce que mon neveu soit à l'aéroport, et il a voulu jouer dès notre arrivée à l'appartement. »
Stiles resta silencieux.
Fermant les yeux, Derek prit une inspiration lente, essayant de calmer son cerveau. « Je suis vraiment désolé. Je ne voulais pas te laisser attendre comme ça. »
« Me laisser attendre ? J'ai cru que tu étais à l'hôpital, ou que tu étais mort Derek ! »
« Je suis désolé. »
Stiles devint à nouveau silencieux et Derek ne sut quoi dire. Il s'assit, soupirant, écoutant les respirations de Stiles à l'autre bout du fil. On aurait presque dit qu'il pleurait. Derek espérant que c'était de soulagement. Peut-être aussi parce qu'il était totalement énervé.
« Je ne voulais pas agir comme un connard. »
« J'étais vraiment inquiet. » dit Stiles calmement.
« Je sais. J'ai vu tes messages. Je suis désolé. »
« Ce n'est même pas le pire, tu sais. Au début, j'étais vraiment agacé que tu m'ignores, comme si une fois arrivé, tu avais mieux à faire que de m'envoyer un message. Et puis j'ai commencé à m'inquiéter, à penser que tu avais pu avoir un accident. J'ai demandé à mon père de se renseigner, tu sais, s'il trouvait quelque chose à ce sujet. Mais à New York, les gens se font renverser par des voitures toutes les cinq minutes. Je n'avais aucune chance de savoir qu'il te soit arrivé quelque chose, à moins que quelqu'un ne m'appelle. J'ai alterné entre m'inquiéter que tu sois à l'hôpital ou à la morgue, le visage couvert d'un drap, ou dans un bar avec des potes à oublier que j'existe parce que t'avais soudainement bien mieux à faire. »
« Je n'en avais pas la moindre idée. » marmonna Derek. « Je construisais des maisons en Lego . »
« Je... » commença Stiles, puis il s'arrêta, comme s'il avait mis quelques secondes à entendre ce qu'avait dit Derek. « Tu, quoi ? »
« J'ai construit des maisons en Lego durant ces quatre dernières heures. »
Stiles était douloureusement silencieux pendant un moment, puis il fit un son qui ressemblait étrangement à un rire. « Sérieux ? »
« Oui. » soupira Derek. « Bon sang, j'ai construit un village entier et Josh l'a totalement ruiné. »
« Derek, rappelle-moi ton âge ? »
« Tais-toi. »
Stiles commença à rire et Derek ne s'en formalisa pas. Il pouvait sacrifier un peu de dignité si c'était pour que Stiles se sente mieux.
« Je suis vraiment désolé d'avoir oublié de t'envoyer un message. Je promets de ne plus recommencer. »
« Tu promets que tu essayeras de ne pas oublier ? » reprocha à nouveau Stiles.
« C'est le mieux que je puisse faire. » répondit Derek sur la défensive. « Je ne peux pas te promettre de ne pas oublier à nouveau, car il est possible que cela arrive à nouveau un jour. »
Stiles prit une profonde respiration. « Je suis juste content que tu ailles bien. »
« Désolé de t'avoir inquiété. »
« Je crois que j'ai des ulcères maintenant à cause de cette histoire. »
Derek rit doucement. « Désolé pour tes ulcères. »
« Je t'enverrai la facture du médecin. »
« OK. »
Ils restèrent silencieux pendant un moment, jusqu'à ce que Stiles s'éclaircisse la gorge et dise :
« Alors, comment s'est passé le trajet ? »
« Sans incident. La femme à côté de moi est tombée dans les vapes tant elle était ivre, ce qui était parfait pour moi. »
Stiles fit un bruit amusé. « Wouah. Classe. »
« Ça aurait pu être pire. »
« Ouais, elle aurait pu te draguer. »
Derek sourit. « Elle aurait pu. C'est probablement une bonne chose qu'elle se soit endormie comme une masse à la place. »
« Ouais. Et comment vont ta sœur et sa famille ? »
« Bien, je pense. Josh est au lit et le mari de Laura travaille. Je suppose qu'il va rentrer tard ce soir, ou demain. » Derek haussa les épaules et s'assit sur le lit.
« Tu l'aimes bien ? »
« Son mari ? »
« Ouais. »
« Oui. Il est sympa. Il aime Laura. » Mike la rendait heureuse. C'était tout ce que Derek demandait.
« C'est super alors. »
Ils se turent à nouveau.
« Enfin… pour ton premier jour loin d'ici, on ne pouvait pas faire pire je crois. »
Derek sourit amèrement. « Je crois. »
« Donc, tu vas devoir te rattraper. »
« Et tu proposes que je fasse quoi ? »
« Appelle-moi souvent, et dis-moi des trucs gentils. » Il pouvait entendre le sourire dans la voix de Stiles.
« J'essaierai de t'appeler tous les jours, si c'est ce que tu veux. »
« Ouais. Je vais être occupé avec mes amis, je pense, mais je serais dispo pour toi. »
« Si tu es trop occupé, je te rappellerai plus tard. » lui assura Derek. La dernière chose qu'il voulait, c'était que Stiles se sente obligé d'être disponible pour lui.
« Mais j'ai envie de te parler, idiot. » soupira Stiles, mais il y avait de l'affection dans sa voix.
« Très bien. Tu es occupé en ce moment ? »
« Pas vraiment. Je suis chez mon père, tu sais, parce que je flippais un peu. J'étais sur le point de rentrer chez moi. Est-ce que tu peux me rappeler dans quarante minutes environ ? Si ça te va. Si t'es occupé on s'appelle demain sinon ? » Stiles avait parlé si vite que Derek peina à le comprendre.
« Je t'appelle d'ici quarante minutes. » promit Derek. « Je vais en profiter pour me préparer pour aller me coucher. »
« Okay. Ça marche. On se parle bientôt donc. »
« Oui. Désolé encore de t'avoir inquiété. »
« Ça va. Tu n'as plus besoin de continuer à t'excuser. »
« Bien. À tout à l'heure. »
« Y'a intérêt. » Stiles rit puis Derek entendit la tonalité de son téléphone, signe que Stiles avait mis fin à l'appel.
Lorsqu'il retourna voir Laura, cette dernière le regarda avec amusement.
« Quoi ? »
« Tu as disparu très vite. » fit-elle remarquer, avec un sourire en coin.
« Je me suis souvenu que j'avais oublié d'envoyer un message à Stiles pour dire que j'étais bien arrivé. Il était inquiet. Et en colère. »
« Compréhensible. Tu ne lui as pas dit que tu avais oublié ? »
Elle avait dit cela de manière si naturelle, supposant que Stiles savait que la mémoire de Derek n'était plus ce qu'elle avait été.
« Je lui ai dit. »
Laura le scruta un moment, puis soupira. « Tu ne lui as toujours pas parlé de ta condition, n'est-ce pas ? »
« Tu en parles comme si c'était une MST. » protesta Derek.
« Eh bien, l'acronyme est assez ressemblant. » (Ndt : TSPT – Troube de stress post-traumatique)
Derek soupira, regrettant soudainement de ne pas être resté dans sa chambre.
« Tu dois lui dire, Derek. Il mérite de savoir. »
« Ça ne regarde personne d'autre que moi. » marmonna-t-il, s'asseyant sur une chaise.
« C'est ton petit ami. »
« Non. Il ne l'est pas. » Derek soupira lourdement, passant sa main sur son visage.
« Il ne l'est pas ? » demanda Laura, ses sourcils se levant dangereusement.
« Non. Ce n'est pas comme ça entre nous. »
« S'il n'est pas ton petit ami, il est quoi alors ? »
Bien sûr, Laura devait comprendre qu'il y avait quelque chose entre eux qui n'était pas exactement ce que l'on qualifiait d'amitié normale. Derek hésita un instant avant de répondre. « C'est plus du genre, ami et plus si affinité... »
« Et il est au courant de ça ? »
« C'était son idée. »
Laura s'assit en face de lui et poussa le sac de bonbons de Josh vers lui. « Mange. Je lui en achèterai d'autres demain. Il ne le saura jamais. »
Derek prit un bonbon sans enthousiasme. « Je dois rappeler Stiles dans trente minutes. »
« Je ne vais pas t'en empêcher. Je veux juste qu'on parle un peu. »
« Je dois appeler mon avocat ? »
Elle lui lança un regard noir et Derek haussa les épaules.
« Okay. Donc, vous êtes censés être le plan cul l'un de l'autre, et vous passez beaucoup de temps ensemble, c'est ça ? »
« J'imagine. On se voit un jour sur deux, je pense. »
« Et à chaque fois, vous le faites ? » Elle haussa ses sourcils d'un geste suggestif et Derek lui jeta un bonbon au visage.
« Bien que ça ne te regarde pas, non. On ne le fait pas à chaque fois. »
« Tu vois. C'est exactement ce dont je veux parler. »
Derek ne voyait pas où elle voulait en venir. « De quoi ? »
« Derek, voici ce qu'il en est. » dit-elle en utilisant cette voix qui donnait à Derek l'impression d'être chez le psy. « Tu l'appelles alors que tu es ici, et tu l'avais déjà fait la fois dernière. Tu le vois tout le temps, et parfois tu ne m'appelles même pas pour notre coup de fil hebdomadaire parce que tu es avec lui. Ce qui ne me pause aucun souci, parce que je ne veux que ton bonheur. Tu lui as acheté un cadeau pour Noël, et vous faites d'autres choses ensemble que simplement coucher. »
« Et ? »
« Et, ce n'est pas parce que tu ne veux pas explicitement dire que vous êtes en couple, que tu n'es pas en couple ! Tu peux dire autant de fois que tu veux que vous n'êtes qu''amis et plus si affinités'… mais ne me fais pas croire que si demain il y met un terme, en te disant qu'il a trouvé quelqu'un, tu t'en ficherais. »
Derek se leva de sa chaise, se sentant nauséeux. Il ne voulait pas y réfléchir davantage. « Je pense que ça fait déjà trente minutes. »
« Ça fait cinq. »
« Eh bien j'imagine que je n'ai pas la notion du temps. » Puis il partit se réfugier dans sa chambre. Visiblement, Laura n'avait rien compris à sa relation avec Stiles. Même s'ils étaient à l'aise l'un avec l'autre et qu'ils faisaient autre chose que simplement coucher ensemble, cela ne voulait pas dire qu'il y avait plus que des sentiments amicaux entre eux. Derek aimait être proche de Stiles, et le trouvait beau, mais il n'y avait rien de plus.
Il s'allongea sur le lit, fixant le plafond durant les quarante minutes restantes, puis il appela Stiles qui répondit dès la deuxième sonnerie.
« Hey. » déclara ce dernier, paraissant bien plus détendu maintenant.
« Salut. Tu es bien rentré chez toi ? »
« Ouaip. Mon père a tenté de me faire tout un speech sur la façon dont je réagis toujours de manière excessive, donc je me suis barré un peu plus rapidement que prévu. »
« Je vois. »
« Tu as pu te préparer pour aller au lit ? »
Derek baissa les yeux sur le jean et le T-shirt qu'il avait portés toute la journée. « Non, j'ai oublié. » soupira-t-il. « Laura. »
Stiles rit. « Si tu dois le faire maintenant, je peux attendre. »
Derek hésita, puis il se dit qu'une fois sa conversation terminée avec Stiles, il n'aurait qu'une envie : se mettre sous les couvertures et dormir. « Très bien. Laisse-moi deux minutes. »
Il dut battre un record en se changeant et se brossant les dents le plus rapidement possible. Quand il récupéra son sac en coup de vent dans le salon, Laura ne fit que lui sourire narquoisement. Il fit comme si elle n'existait pas.
« C'est bon. Je suis là. » dit-il en pressant le téléphone contre son oreille et en se glissant sous les couvertures.
« Re-salut. »
Derek se gratta la poitrine, ressentant à nouveau cette étrange sensation de gonflement il savait que derrière le combiné, Stiles souriait.
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À suivre…
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Je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année.
Bisous !
Sloe (la traductrice).
