Je suis totalement en retard et j'en suis désolée. Beaucoup de boulot vu que la semaine était courte et après ça j'avais encore pas mal de trucs sur le feu ! On se retrouve bien mercredi prochain pour le chapitre 5 :)


Lorsqu'il retrouva enfin l'odeur familière du ministère de la magie, Harry se demanda ce qu'il ferait si on lui retirait cet emploi. Il pourrait facilement retrouver une place quelque part, mais ici, il avait su montrer qu'il n'était pas juste un nourrisson ayant résisté au sortilège de la mort. Il n'était pas prêt à recommencer ailleurs, d'autant qu'en dehors de l'art noble du duel, ses capacités étaient, comme qui dirait, limitées.

Évidemment, il n'y avait aucune raison qu'il se retrouve mis à pied. C'était juste que sa querelle matinale, bien que polie, avec le ministre de la Magie lui avait laissé une mauvaise impression. Enfin, ça, et le fait que ledit Ministre se trouve au bout de l'allée menant aux cheminées, visiblement impatient, lui lançant un regard que Hermione aurait défini comme « courroucé ». En avançant vers lui, Harry se laissa tenter une seconde par l'idée de bifurquer directement vers une cheminée et de prendre sa journée. Il ne le ferait pas bien sûr, mais l'idée d'avoir le choix le rassurait un peu, parfois.

— Monsieur le Ministre, commença poliment Harry. Se pourrait-il que vous m'ayez attendu ?

— Comment était votre voyage ? Une université moldue, m'a-t-on dit, où vous avez rencontré un certain professeur pour lui parler d'affaires qui ne regardent personne d'autres que les sorciers.

Il y eut un moment de flottement. Ce n'était pas que Harry n'avait pas compris ce qu'on lui reprochait. Ni même qu'il était abasourdi par ce ton plein de reproche qu'employait son ministre. Non, en réalité, Harry gardait le silence par peur de se montrer bien moins poli que son interlocuteur. Si le Ministre optait pour un discours passif agressif, il y avait fort à parier que Harry se passerait de passivité avec force noms d'oiseaux. D'ailleurs, il vint à l'esprit de Harry que les sorciers n'avaient pas d'équivalent à cette expression. Noms d'oiseaux-tonnerres, peut-être ? Ce court temps de réflexion qu'il s'accordât lui permit de revêtir son habit de raisonnable directeur de département.

— Je comprends votre inquiétude. Si nous allions discuter dans mon bureau ? Nous y serons à l'abri, si non des oreilles indiscrètes, au moins des oreilles les moins informées.

Adrian sembla s'impatienter, mais il fit signe à Harry de s'avancer le premier vers les ascenseurs. Il obéit, même si l'idée de se révolter même sur une chose aussi absurde lui traversa l'esprit l'espace d'un instant. Il était agacé, fatigué, et plongé dans l'incompréhension. Il lui semblait avoir déjà démontré un certain nombre de fois que c'était loin d'être un état d'esprit avantageux pour lui. Par exemple en se disputant avec son meilleur ami au beau milieu d'une chasse aux Horcruxes, le perdant alors pendant bien trop longtemps. A l'époque, son retour avait été possible grâce aux dernières volontés de Dumbledore… Harry avait dû apprendre à vivre sans la présence secourable de son vieux mentor, mais il ne s'y était toujours pas vraiment habitué. Parfois, quand il était en proie au doute, il ressentait cette envie irrésistible de se rendre à Poudlard pour parler à son portrait. Il ne l'avait bien sûr jamais fait, cela aurait été déplacé et mal venu, mais il se l'était imaginé, allant même jusqu'à revivre avec la pensine certains de ces moments privilégiés.

L'ascenseur ouvrit ses portes, et les têtes des Aurors se relevèrent de concert. Tous espéraient des nouvelles et, surtout, un point sur cette enquête à laquelle on ne comprenait rien. Quand ils virent le Ministre, ils soupirèrent et ceux qui avaient fait mine de se lever se rassirent immédiatement. Eh non, pensa Harry, toujours pas de réunion pour vous éclairer.

Ils avancèrent au milieu des bureaux, alors que les Aurors se remettaient sur les enquêtes qu'ils traitaient en parallèle de celle qui occupait tous les esprits. La plupart des bureaux, cependant, étaient vidés de leurs occupants, ce qui sembla déplaire fortement au ministre qui, à chaque chaise vide, semblait lutter pour ne pas faire claquer sa langue sur son palais.

Une fois dans son bureau, Harry invita Adrian à s'asseoir et pris place sans attendre. Pritchard salua le Ministre, sans amertume mais sans un grand respect de l'étiquette malgré tout, ce que Harry apprécia bien malgré lui.

— Pourquoi les bureaux sont-ils vides ?

— La plupart de nos agents cherchent à mettre la main sur Drago Malefoy. Il est actuellement recherché pour agression sur des Aurors, sorts dangereux dans un espace public, destruction de biens d'utilité publique et utilisation de potion dangereuse voire du sortilège d'amnésie sur des commerçants.

Adrian fronça les sourcils. S'il avait écouté avec attention, malgré sa flagrante envie de couper la parole à Harry qui énumérait, d'une voix lasse, la liste des chefs d'accusation, il semblait bien peu convaincu par la nécessité de la manœuvre.

— Vous pensez que Drago Malefoy a lui-même mit en péril sa propre potion ?

— Il ne s'agit pas de ce que je pense mais de l'histoire que les témoignages nous racontent. C'est notre travail, Monsieur le Ministre, d'enquêté même sur les pistes qui nous semblent les plus absurdes.

— Quitte à demander de l'aide à un professeur moldu, trancha le Ministre.

Harry resta silencieux un instant, juste assez pour que son argumentaire se forme, lentement mais stablement, dans son esprit. Il croisa les mains sur son bureau avec un calme que Pritchard qualifierait plus tard de « surprenamment intimidant ».

— Vous aimez que l'on vous conte des histoires apparemment, Monsieur le Ministre. Très bien, je vais donc vous raconter celle-là.

Il avait conscience de la condescendance de sa voix, et encore plus de sa diatribe, mais il était agacé. La sensation que le Ministre cherche à le poursuivre jusqu'à ce qu'il commette une erreur l'énervait et le déstabilisait tout à la fois. Ce midi, il lui avait semblé avoir gagné sa confiance, en partie tout du moins, et voilà qu'en deux heures d'absence, il revenait au point de départ. Non, c'était même pire qu'avant.

— Comme vous le savez, nous avons en notre possession une lettre qui, si elle est véridique, pourrait nous permettre d'intercepter un criminel avant même qu'il n'ait le temps d'agir, ou avant qu'il fasse plus de victime s'il s'agissait de celui que nous poursuivons actuellement. Seulement, cette lettre, ne donne hélas que peu d'informations. Par étourderie, ou afin de nous embrouiller, son auteur n'a pas nommé les personnes qu'il, ou elle, incrimine. Notre seule piste est donc une lettre dont nos services ne peuvent rien tirer.

Pendant qu'il parlait, il avait sorti la lettre de la poche intérieure de son manteau, qu'il retira par ailleurs ensuite, et l'avait ouverte pour la poser sur le bureau, entre le Ministre et lui. Harry prit ensuite un stylo qu'il fit tourner entre ses doigts pendant qu'il continuait, ne commençant à l'utiliser pour indiquer divers mots et expressions qu'au moment où il parla de l'analyse du professeur.

Adrian écoutait avec attention. Lorsqu'il se concentrait, et qu'il cessait de n'être animé que par un besoin de contrôle, il se révélait être un homme d'une grande intelligence, capable d'élargir son esprit à des possibilités qui, aux yeux de Harry, semblaient souvent infinies. Le commandant des Aurors espérait que ce soit le cas, car même s'il n'appréciait pas beaucoup son Ministre aujourd'hui, il avait besoin de toutes les idées possibles et imaginables.

Pourtant, Adrian garda le silence, les yeux fixés sur la lettre. Il semblait la lire, et la relire encore. Harry fut assez surpris qu'il ne prenne pas une minute pour lui dire à quel point l'art moldu de l'analyse de l'écriture était idiot, ne servait à rien, et ne reposait que sur les élucubrations d'un vieux fou. Cette formulation le fit sourire, car il se rappelait comme les énigmes de Dumbledore étaient souvent perçues.

— Est-ce qu'il y a autre chose ? Cette analyse est particulièrement vague, questionna Adrian.

Même s'il n'en était pas ravi, Harry choisi donc ce moment pour nommer Audrey, dont il avait tu le nom jusque-là pour ne pas lui attirer d'ennuis. Il tira sa baguette dont le bout s'illumina un dixième de seconde avant qu'il ne prononce la formule. Il sentit Pritchard se redresser légèrement mais, heureusement, Adrian était loin d'avoir la même sensibilité à l'observation que son bras droit.

Harry souleva la lettre et mit sa baguette dans son dos. Un ombrage, léger et diffus, se dessina sur le papier usé. Ils l'observèrent tous les trois un long moment, sans qu'aucun d'eux ne puissent en déterminer l'origine. Il s'agissait d'une forme ronde, dans laquelle se dessinaient deux plumes qui s'entremêlaient. Entre leurs deux bases, on devinait une forme qu'il était difficile de définir, peut-être était-ce un genre de chaudron, ou bien une fiole, mais même ainsi, il ne signifiait pas grand-chose.

— Il faut faire reproduire ce symbole et le montrer à tous les employés du ministère.

— Oui, c'est ce que je prévoyais de faire juste avant que vous ne m'interpelliez.

Le reproche était à peine voilà, mais Adrian ne s'en formalisa pas. L'homme se leva de son siège. Son regard se porta d'abord derrière lui, sur les Aurors, certains penchés sur de la paperasse, d'autres en grande discussion devant la machine à café, d'autres encore qui entraient dans les bureaux pour remplacer ceux qui en sortaient à intervalles irréguliers.

— Vous faites un travail remarquable ici, Monsieur Potter. Mais n'oubliez pas que vous n'êtes plus à Poudlard depuis longtemps. Ici, oublier de vous référer à votre supérieur avant de prendre des risques ne résultera pas en un sermon bienveillant donné derrière une barbe blanche. D'autant, continua Adrian sans lui laisser le temps de répondre, que nous savons tous les deux qu'il ne s'agit pas d'un oubli.

— Cela ne se reproduira pas.

Il savait qu'il avait promis cela des centaines de fois à ses professeurs et à son directeur. Tiendrait-il parole aujourd'hui ? Il avait mûri. Vieillit, en tout cas. Il lui semblait pourtant, souvent, qu'il n'avait pas vraiment évolué quant à son rapport à l'autorité. Il y aurait sans doute beaucoup à dire à ce sujet, sur ce que son enfance lui avait inculqué, sur l'autorité de son oncle et de sa tante qui l'avait marqué à vie, sur la façon dont pendant toute sa scolarité la vie lui avait montré qu'il fallait mentir et contourner les règles pour sauver le plus de monde. Auror, il avait dû se faire violence, sans toujours y parvenir. Aujourd'hui commandant, il oubliait parfois même de s'en référer à lui-même avant de prendre une décision à la hâte.

Les deux hommes se séparèrent devant la porte du bureau de Harry. Ce dernier voulu raccompagner son Ministre aux ascenseurs mais il déclina, estimant que le Commandant des Aurors avait bien plus important à faire. Il ajouta même avec une expression qui ressemblait à un sourire mutin :

— Vous avez bien des règles à transgresser avant que je n'atteigne mon bureau, tâchez de ne pas battre votre propre record.

Quand il eut disparu au bout du couloir, Harry tourna les talons et referma la porte avant que les Aurors ne se ruent sur lui pour obtenir des informations. Il se retrouva face au regard perçant de Pritchard qui ne lui laissa pas une seconde de répit :

— Lumos informulé, n'est-ce pas ? Joli.

Evidemment, il s'était attendu à devoir avoir cette conversation, mais il pensait qu'il aurait un peu plus de temps pour s'y préparer. Cela dit, rien ne l'empêchait d'avoir du temps. Sans plus se soucier du regard de Pritchard, il tira sa baguette et la lettre s'envola immédiatement jusqu'à sa main.

— Navré Pritchard, j'adorerais discuter mais j'ai un rapport à faire sur une enquête particulièrement complexe à base de multiplication impromptue de Malefoy.

— Voilà qui me semble très improbable.

Ils échangèrent un regard amusé, puis Harry quitta son bureau. Comme il s'y attendait, il se retrouva face à ses Aurors qui, les bras croisés, l'attendaient de pied ferme. Il leva les mains en signe de résignation, sachant bien que tous avaient dû penser, à un moment où à un autre de cette journée, qu'il n'avait fait que prendre la fuite chaque fois qu'une explication lui était demandé.

— Je vous préviens, commença-t-il, nous avons très peu d'éléments, et aucun d'eux n'est cohérent.

Il traversa le petit groupe et tous les suivirent un peu plus loin, là où Harry avait fait installer un tableau en liège comme il en avait vu dans les vieux films noirs moldus. Pritchard les rejoignit, avec sa baguette et la pile de document qu'il avait réuni concernant l'affaire dont il était question. Pendant que Harry détaillerait l'affaire, Pritchard ajouterait les éléments du dossier au tableau.

« Le 14 août de cette année, peu après 20h, Thulius Fortaro, Apothicaire ayant sa propre boutique dans le village de Whitby, dans le Yorkshire, est victime d'une attaque : il n'est pas blessé mais ne se souvient de rien entre l'entrée d'un jeune homme blond et la découverte de son stock de potion tue-loup détruit.

Le 18 août c'est au tour de Yseult Dermanio, Apothicaire à Lancaster de le Lancashire, d'être victime d'une attaque similaire. Viennent ensuite Alvis Horn, le 21, Apothicaire à Saint Ives dans les Cornouailles. Lillian Rivers, le 24, Apothicaire sur le chemin de traverse. Wyatt Ambarella, le 28, qui officie à Whitstable dans le Kent. Jim Buckling, le 30, à Buxton dans le Derbyshite. Pour finir, le 31, Cinnamon Bells à Dorchester, Dorset.

Le 26 août, après quatre attaques, le sujet est traité pendant une réunion extraordinaire de la guilde des Apothicaires, pendant laquelle il est décidé par les différents acteurs de la guilde de ne pas faire appelle aux services de la police magique. C'est pourquoi nous n'avons appris ces attaques que ce matin, le 4 septembre.

Après cela, les choses se sont accélérés. J'ai parlé avec Drago Malefoy dans mon bureau jusqu'à 12h35 précises. Après cela, Owen Harper a été chargé de le suivre. C'est là que ça devient complètement flou. D'après les elfes de maison, Monsieur Malefoy est rentré chez lui à 12h17.

A cela s'ajoute l'attaque d'Astoria Malefoy, née Greengrass, qui a eu lieu une heure après l'arrivée d'Owen et de « notre » Drago Malefoy au manoir. Pendant cette période, Owen a noté que le comportement que Monsieur Malefoy était particulièrement étrange, provocateur. Je me suis rendue à l'Hôpital Sainte Mangouste pour y relever Owen et prendre la suite des opérations auprès de la famille Malefoy.

Peu après le départ d'Owen, Drago Malefoy m'a attaqué. J'ai pu le désarmer, mais il a pris la fuite. Malgré tout, j'ai récupéré la baguette dont il se servait : je peux dire avec une certaine certitude qu'il ne s'agit pas de celle de Drago Malefoy. Son fabriquant est actuellement recherché par les services du Département de contrôle de l'équipement magique, nous espérons avoir l'identité de son propriétaire demain dans la matinée.

Suite à cette attaque, qui a eu lieu aux alentours de 13h45, il vous a été demandé de rechercher Drago Malefoy et de surveiller son lieu d'habitation. En a résulté, dès 13h50, une attaque de la part d'un présumé Drago Malefoy. Sauf que d'après les témoignages, ils pourraient avoir été jusque trois « Drago Malefoy » à ce moment-là.

Voilà où nous en sommes à l'heure actuelle. Nous ignorons si la lettre reçue par le Département de régulation des créatures magiques ce matin a un rapport avec notre enquête, mais elle a été analysée et nous en avons tiré un portrait psychologique de son auteur. Vous trouverez les informations à ce propos épinglées sur ce tableau dans une trentaine de minutes, le temps que je mette tout au clair. Vous y trouverez également le filigrane qui se trouve sur le papier à lettre.

Avez-vous des questions ? »

Il y eut un silence lourd de sens. Tout ça, Harry en avait conscience, ne prenait pas sens même une fois exposé clairement. Lui-même, en racontant cette histoire absurde, c'était senti incroyablement idiot. Il avait eu la sensation d'être un enfant qui inventerait une histoire pour se distraire avec ses jouets. Le plus effrayant, hélas, était que ça n'avait rien à voir avec des jeux d'enfants.

Finalement, Seamus Finnigan poussa un soupir profond avant de poser la seule question qui, à ce stade, valait la peine d'être posée. Même si Harry n'avait pas de réponse à lui fournir, il ne pouvait que le remercier de laisser à leur vieil ennemi le bénéfice du doute. Il s'attira cependant des regards surpris, voir accusateurs.

— Est-on certain que Drago Malefoy est un criminel, et non pas une victime ?

— A ce stade, nous ne sommes certains de rien. S'il est criminel, alors trouver son mobile sera compliqué. Mais s'il est victime… C'est assez clair qu'il est pris pour cible à cause de cette potion.

— Pourquoi lui particulièrement, demanda Caelean Flume, le partenaire de Seamus qui lui avait délié la langue en intervenant.

Harry ouvrit la bouche pour répondre mais il se ravisa, tournant les yeux vers Pritchard comme pour lui demander conseil. Tous, ici, étaient des Aurors. Ils étaient tenus de respecter les secrets du Ministère. Ce secret-là pourrait peut-être mettre la vie de Drago et de sa famille en danger mais… n'en était-on pas déjà à ce stade ?

Le Commandant des Aurors tira sa baguette de sa poche et son second l'imita. Ensemble, ils formèrent une bulle de silence, suffisamment grande pour envelopper l'ensemble du service des Aurors. Leurs baguettes rangées, Harry repris la parole :

— Ce que je vais vous révéler est strictement confidentiel. Par conséquent, si l'un d'entre vous venait à l'ébruiter, il serait immédiatement en état d'arrestation et pourrait se retrouver à Azkaban s'il n'a pas une raison très convaincante de l'éviter.

Tous hochèrent la tête, certains en levant les yeux, d'autres d'encore plus mauvaise grâce dans ils dépréciaient la façon dont Harry émettait un doute sur leur capacité à tenir leur langue. Quand il fut bien certain que tout le monde avait compris les enjeux, Harry repris :

— La potion tue-loup actuellement en vente est une invention de Drago Malefoy.

Il y eut un silence. Harry ne l'aurait pas qualifié de « pesant », mais il n'en était pas très loin. Comme il sentait qu'il perdait tout le monde, son regard se tourna vers Seamus, cherchant un peu de soutien, une aide, une réaction. N'obtenant rien, il tourna ensuite les yeux sur Owen qui soutint un moment son regard avant de pousser un soupir désabusé.

— Allez faisons pas comme si on était sous le choc, y a 800 rumeurs qui courent sur le fait que Drago soit un loup-garou, ça se trouve il y a cru et c'est juste une manœuvre intéressée. Haut les cœurs, on a toujours aucune preuve que c'est un mec bien !

En réponse, Owen reçu quelques rires et des sourires, pour les plus amicaux. Les autres se contentèrent de sortir de leur torpeur. Même si Harry n'approuvait pas la forme, ou même le fond, au moins le choc était passé et ils pourraient reprendre leurs activités. Harry tapa dans ses mains pour ramener l'ordre dans ses rangs.

— Maintenant que tout est clair pour tout le monde, nous allons devoir nous remonter les manches. Je vous laisse libre de choisir sur quoi vous voulez travailler, venez m'en informer dans mon bureau une fois que vous vous serez mis d'accord entre vous. Rassurez-vous, il n'y aura pas de dispute : il n'y a que des tâches ingrates consistants à fouiller des rues et questionner des gens dans les plus grandes villes du Royaume-Uni.

Pritchard ajouta un dernier papier au tableau, une liste des tâches très complète, peut-être un peu trop longue pour être rassurante. Harry quitta la bulle de silence et la fit tomber après son passage, signifiant que le sujet était définitivement clos, et qu'il vaudrait mieux ne pas en parler trop haut. Même si, il le savait, Harry ne pourrait pas les empêcher d'en discuter entre eux, au-dessus d'un café fumant ou sous la pluie battante pendant leurs filatures.

Dans son bureau, il prit le temps de remettre en ordre ce qu'il avait appris sur l'auteur de la lettre. Ce n'était pas grand-chose, mais puisqu'il n'avait pas mieux que ça à se mettre sous la dent… Plus il développait cette personne inconnue sur le papier, plus il se demandait si elle existait vraiment. Il venait de finir de reproduire sur son papier le motif que l'on voyait sur la lettre quand le premier duo d'Auror entra.

Sans surprise, les premiers à se présenter étaient Owen et Hilliard. Ils annoncèrent avoir décidé de se rendre à Manchester pour fouiller la Route de la Floraison, où se trouvaient les commerces sorciers classiques, et évidemment l'Allée du Château Noir, haut lieu de magie noir. Harry en prit note, et les laissa partir non sans leur rappeler de lui faire un rapport toutes les heures, et de ne pas s'attarder plus que nécessaire dans l'Allée.

Se furent ensuite Vicky Frobisher et Vince Oldrige qui se présentèrent pour annoncer qu'ils partaient pour Cardiff. Vinrent peu après Eleanor Branstone et Chad Yodel qui partaient pour Glasgow, Albert Hurt et Augustin Dolohov pour Leeds, Clancy Pilgrim et Kevin Whitby pour Sheffeld, Angelina Johnson et Ilena Rastrick pour Birmingham, Dayo Oloba et Alicia Spinnet pour Newcastle Upon Tyne, Michael Corner et Althea Synthol pour Liverpool, Demelza Robins et Ed Stroulger pour Coventry, Anthony Goldstein et Horacius Hipworth pour Edimbourg et finalement Primrose Dagworth et Yann Plumton pour Bristol.

La charge de fouiller le Chemin de Traverse et l'Allée des Embrumes revenait donc à Seamus et Caelean, ce qui rassurait étrangement Harry. Ils pensaient que Drago se trouvaient encore à Londres, et il préférait qu'il soit trouvé par Seamus plutôt que par Owen. Ils avaient souvent été en désaccord, mais au moins, Seamus n'avait pas eu une conversation désagréable à propos du souhait de « Drago » de cracher sur la tombe de son Commandant.

Avant que les équipes ne partent, Harry quitta son bureau et afficha sur le panneau de liège les informations qu'il avait extrait de la lettre. Il laissa les différents agents en prendre connaissance, puis ils partirent les uns après les autres. Ce ne fut qu'une fois les bureaux désertés que Harry se saisit d'un stylo pour écrire une note à son ministre :

« Les Aurors vont devoir utiliser les cheminées pour voyager hors de Londres. Ils utiliseront les cheminées publiques. Ils ont pour mission de fouiller les différentes rues sorcières des douze plus grosses villes du Royaume-Uni à la recherche d'un suspect, d'un possible témoin, et d'informations sur les ventes de potions. »

Il espérait qu'avec ça, le Ministre Ackerley se sentirait informé et respecté, même s'il s'agissait plutôt pour Harry de ne pas mettre des bâtons dans les roues de ses agents. De son côté, il allait devoir gérer quelque chose d'encore moins plaisant : parler au Maître de Guilde des Apothicaires, Fabien Touillet.

Après avoir prévenu Pritchard de sa destination, plus par habitude que par réelle précaution, Harry quitta son bureau. Avoir mis les éléments dont il disposait à plat lui avait permis de se vider un peu l'esprit et d'organiser un peu mieux les informations. Il ne pouvait cesser, bien malgré lui, de se répéter que Drago Malefoy n'était pas coupable. Pas parce qu'il avait en lui une confiance aveugle, ni parce qu'il pensait que les rumeurs à son propos étaient fondées. Non, c'était simplement la conviction profonde qu'il avait parlé à Drago dans son bureau, mais pas dans le couloir de l'hôpital. Il n'avait rien pour le prouver, bien sûr… Seulement, il finirait par trouver.

Il était maintenant bientôt quinze heures, et Harry sentit son ventre gargouiller avec plus de véhémence qu'il ne l'avait fait jusque-là. Avec tous ces allers-retours constants, il avait fini par oublier qu'il n'avait rien avalé depuis son maigre petit-déjeuner. Certains auraient pu arguer que ce n'était pas vraiment le moment de penser à ça, Harry leur aurait alors répondu qu'avec l'estomac vide il ne risquait pas de questionner qui que ce soit. Il décida donc de passer voir les frères Weasley, au magasin de Farces et Attrapes, car il savait qu'ils avaient l'habitude de manger dans l'après-midi pour profiter de l'afflux des ventes qu'ils subissaient tous les midis en semaine.

Après avoir prévenu George de son arrivée, et du fait qu'il était tout bonnement affamé, Harry se glissa dans une cheminée. En en sortant, il du encore une fois se dépoussiérer, ce qu'il détestait de plus en plus, mais son mécontentement s'estompa instantanément quand il vit Charlie qui se tenait là, dans l'embrasure de la porte qui menait de la pièce réservée à la cheminée privée à celle des stocks du magasin.

— Charlie ! Je ne savais pas que tu étais là, je ne m'impose pas ?

— Pas du tout, je suis arrivé à l'improviste aussi. J'avais à faire en banlieue.

Harry hocha la tête et ils échangèrent une ferme poignée de main avant de monter les escaliers qui les menaient à la salle de repos des employés. Charlie marchait devant Harry, qui ne pouvait empêcher sa curiosité de le titiller. L'homme de 45 ans avait fière allure, il était impeccablement coiffé et avait abandonné son habituel manteau en peau de Dragon pour quelque chose de plus léger et d'étrangement distingué. S'agissait-il d'un rendez-vous professionnel important ? Avec une banque, peut-être ? Mais alors pourquoi s'embêter à aller en banlieue alors que le nom des Weasley n'était pas totalement inutile à Gringotts ?

Une odeur chatouilla les narines de l'Auror, et il ne put s'empêcher de poser la question qui lui vint immédiatement à l'esprit :

— Tu as mis de l'eau de Cologne ?

Il vit les épaules de Charlie se crisper un peu, et compris qu'il avait vu juste. Un sourire étira ses lèvres, mais il se promit de ne pas en dire plus alors que la voix de George se faisait déjà entendre à quelques mètres d'eux. Par conséquent, il ne continua pas son interrogatoire mais conserva, dans un coin de son esprit, l'information fortement incongrue qu'il pensait avoir recueilli. Il était possible, bien que peu probable, que Charlie soit engagé dans une relation, ou du moins dans un début de relation, plus sérieuse que celles auxquelles il les avait habitués depuis des années.

L'idée que l'éternel célibataire de la famille se case allait rendre Molly folle de joie… Il n'était pas certain de vouloir être là le jour où Charlie annoncerait la nouvelle. Ce serait un débordement de joie, certes, mais surtout une façon pour Molly de dire à son fils qu'elle avait raison depuis le début. Charlie serait bien capable de rompre dans la foulée pour lui donner tort.

George les salua, avec ce sourire vaguement heureux qu'il avait depuis que son deuil s'était apaisé. Personne n'était dupe, il ne le ferait jamais complètement. Même avec le mariage, même avec les enfants… George serait éternellement « celui qui était resté », et le fait de le voir se tenir debout et participer parfois aux rires était bien assez pour ses proches. S'il remarqua que la tenue de Charlie était étonnamment soignée, il n'en dit rien, ce qui laissa penser à Harry qu'il avait des informations à ce sujet. Il ne le questionnerait pas, bien sûr, mais tout de même, il nota l'information quelque part dans son esprit. Juste au cas où.

Ils s'assirent tous les trois, le bruit du magasin filtrant agréablement par la porte entrouverte qui donnait sur les caisses. La musique entêtante, les rires et les conversations, les pas de ceux qui doutent et reviennent inlassablement vers les potions d'amour, c'était un manège qu'ils connaissaient bien. Heureusement, ces produits n'étaient pas assez puissants pour provoquer le même effet que les originales. Après l'incident Romilda Vane, il avait été décidé de diluer énormément les potions dans une eau sucrée. Au final, c'était agréable à boire, et ça associait la personne qui offrait le produit à une sensation de bonheur, rien de plus. Pas assez pour inhiber totalement les sens et faire perdre tout sens des réalités.

— On est sur nos derniers stocks, pour les potions d'amour. Hermione veut les faire interdire, alors on les écoule maintenant pour être tranquille, expliqua George.

— C'est une bonne idée de sa part, commenta Harry. J'avoue avoir du mal à comprendre pourquoi c'est si facile de s'en procurer et de trouver la recette.

Charlie avait l'air perdu dans ses pensées, mais il mangeait avec appétit la part de tourte qui lui avait été servie. Pour s'empêcher de le questionner, Harry se mit à manger à son tour et changea radicalement de sujet.

— Je dois allez voir Fabien Touillet pour une affaire, tu as déjà eu affaire à lui ?

— Le Maitre de la guilde des Herboristes et des Apothicaires, confirma Georges. Quelques fois, oui. La grande majorité de nos produits nécessites des ingrédients qui peuvent être difficile à trouver, c'est arrivé plusieurs fois qu'on doive le contacter pour avoir une idée des stocks chez les différents membres de la guilde. Ça nous évitait un démarchage de plusieurs heures.

— Comment il est ?

Georges prit le temps de réfléchir à la question. Sûrement essayait il de modérer les premiers propos qui lui venaient à l'esprit, ce qui ne présageait rien de bon.

— Je dirais qu'il est arrangeant.

— Ça n'a pas l'air aussi terrible que ce à quoi je m'attendais, souris Harry.

— Fred ne l'aimait pas. Il disait que c'était un manipulateur et un lâche, et qu'il n'était arrangeant que lorsque cela lui était bénéfique.

Le silence pesant qui suivit la mention de Fred fut difficile à chasser. Le regard hanté de Georges avait été rejoint par celui de Charlie, et Harry, au milieu de tout ça, se sentait comme toujours un intru. Il avait eu évidemment beaucoup de difficulté à faire le deuil de Fred mais il avait conscience que c'était principalement par culpabilité. Il appréciait énormément le jeune homme qu'il était, dans tout ce qu'il représentait, et dans l'homme qu'on lisait déjà en lui, mais devant la peine de toute sa famille il n'avait pas eu le temps d'être triste avant que la culpabilité ne le prenne à la gorge.

Il se sentait mal, au milieu de ce deuil, car il avait la terrible sensation d'en être la cause. Tout son être lui criait que non. Ginny l'avait fait, aussi, une fois. Elle avait hurlé, l'avait giflé, avait tellement pleuré qu'il avait cru la perdre ce jour-là. Son esprit avait compris alors qu'il ne devait pas se le reprocher. Que c'était Voldemort, la cause de cette guerre. Que Fred avait décidé de le suivre. Malgré tout… Le cœur a ses raisons, et elles sont cruelles.

Se fut Georges qui reprit la parole le premier. On sentait la sècheresse de sa gorge dans sa voie, mais il ne montra pas la moindre faiblesse, allant jusqu'à ignorer le verre d'eau qui attendait près de son assiette.

— Pourquoi tu as besoin de Touillet ?

— Une enquête confidentielle. Cela dit, tu peux peut-être m'aider avec ça.

Harry tira sa baguette et George se laissa aller contre le dossier de sa chaise pour regarder avec attention ce qu'il allait lui montrer. Le Commandant des Aurors traça dans l'air le symbole qu'ils avaient trouvé sur le papier à lettre. George fronça un peu les sourcils et inclina la tête.

— Aucune idée. Tu penses que c'est une boutique ? Ron te sera peut-être plus utile. On ne se fournit pas chez eux en tout cas.

— Ron ne connaitra pas non plus.

Harry et George se tournèrent vers Charlie avec étonnamment. Il était aussi pâle que le laissait présager sa voix. Lentement, l'homme posa sa fourchette, les yeux fixés sur le symbole qui flottait paresseusement dans l'air.

— C'est un magasin de livres. Des livres anciens principalement, ils en ont beaucoup sur les dragons alors je vais parfois là-bas. C'est là que je vais, en fait, aujourd'hui.

Le Commandant des Aurors n'en revenait pas. D'un seul coup, sans prévenir, tout devenait exceptionnellement simple. De ce côté-là, en tout cas, il ne pouvait pas dire que toute l'enquête était résolue mais c'était déjà une avancée phénoménale.

— Est-ce que je peux t'y accompagner ?

Charlie hésita. Et c'est sûrement cette hésitation qui lui fit comprendre qu'il n'avait pas d'autres choix que d'accepter. Pendant cette petite seconde sans réponse, le regard de George s'était légèrement illuminé, et Harry s'était penché vers lui. Soit il acceptait, soit il s'exposait à un jeu dont seul les Weasley avaient le secret et qui feraient craquer le plus entrainé de tous les Aurors. Même Harry en avait déjà fait les frais. Dans cette famille, montrer que l'on avait un secret était le pire moyen de le garder.

— Oui. Tu peux venir, pourquoi est-ce que ce serait un problème ?

Avec l'intonation de sa voix, il était clair que Charlie essayait de se convaincre lui-même. Il en était désolé, évidemment, mais Harry ne pouvait s'empêcher de s'en réjouir : il allait obtenir des informations sur la raison pour laquelle Charlie s'était si bien apprêté et, du même coup, sur l'auteur de la lettre. La pensée prit alors place, bien décidé à ne pas relâcher Harry avant que tout ça ne soit fini : et si Charlie allait justement voir l'auteur de la lettre ? Si, encore une fois, Harry devait pousser un Weasley à faire le deuil, pas d'un frère cette fois, mais d'un amour naissant ? Il chassa au plus vite cette pensée parasite.

Un peu moins d'une heure plus tard, Charlie et Harry quittaient Georges et le laissait à ses clients qui l'assaillaient déjà, principalement des parents d'élèves de première année à Poudlard, qui se demandaient quoi offrir à leur enfant pour l'encourager dans l'épreuve de la séparation. Sans se douter, sans doute, du fait que leurs enfants étaient déjà bien à l'aise dans leur nouvelle maison. Harry eut un sourire un peu trop mélancolique à son goût en regardant les étalages de farces alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie. Peut-être devrait-il faire un colis à Albus et James… Il s'en occuperait dès que possible, avec les conseils avisés de Georges et sa propre expérience en la matière histoire de ne rien leur envoyer de trop dévastateur.

— Il faut prendre une cheminée publique, pour y aller. Ils ne sont pas reliés à un réseau privé.

— La cheminée d'arrivée est loin du magasin ?

— Une dizaine de minutes de marche.

Harry hocha la tête et le suivit vers la cheminée la plus proche. Elle se trouvait évidemment au Chaudron Baveur, et Harry fut ravie de sentir l'odeur de citrouille et de cannelle qui régnait toujours ici, mélangée aux effluves de bierraubeurre et de whisky pur feu. Charlie et Harry se glissèrent dans la cheminée et Harry se souvint d'une nouvelle raison de détester ce mode de transport : la promiscuité pour les voyages en groupe. Puisque c'était possible, pourquoi les âtres n'étaient pas plus grands ?

Le Weasley lâcha dans les braises verdâtres une poignée de poudre de cheminette qui pétilla et s'enflamma avant de partir dans une volute de fumée alors qu'il prononçait, fort et distinctement – car autre élément agaçant, la discrétion n'existait pas pour ce mode de transport – le nom de leur destination : Whitby, Yorskshire. Le lieu de la première attaque.

Harry préféra ne rien dire de cette situation, et quitta la cheminée dans un silence total. Il était sur ses gardes, et il serait compliqué de le cacher longtemps.

— Tu me laisses une minute ?

Charlie hocha la tête, il avait l'air étonnamment soulagé de repousser le moment de dévoiler l'un de ses secrets. Si Harry n'avait pas été soudainement aussi tendu, il en aurait été absolument ravi. Le Commandant des Aurors profita du vide apparent de la petite pièce où ils se trouvaient pour utiliser un sortilège de métamorphose. En quelques secondes, ils revêtaient ce visage quelconque qu'il arborait parfois pour ses missions. C'était bien plus pratique d'être incognito, surtout dans les petites villes où les nouveaux arrivants étaient regardés de travers.

Ils quittèrent ensemble la pièce pour monter des escaliers en colimaçons. Il faisait froid, entre les murs de pierres imposants, ce qui laissa penser à Harry qu'ils pourraient se trouver dans les sous-sols d'un château. Ils s'extirpèrent de la terre et à la grande surprise de l'Auror, se retrouvèrent immédiatement sous un ciel couvert de nuage blanc. Autour d'eux, ce qui avait été une structure de pierre magnifique n'étaient plus que ruines grises et noires.

— C'est l'Abbaye de Whitby, les touristes aiment beaucoup cet endroit.

En effet, Harry remarqua que pour une Abbaye abandonnée, elle était très investie. Des moldus allaient et venaient entre ses pierres et ses murs effondrés, passant sans crainte apparente sous les lourdes arches qui semblaient maintenant soutenir le ciel lui-même. Ils descendirent un escalier de pierres en mauvais état mais toujours assez solide pour supporter le passage incessant des visiteurs, et Charlie indiqua une zone au loin, au sud de leur position.

— C'est là-bas, au bout d'Heather Drive, en marge du village.

Harry suivit des yeux la direction qu'il montra, et fronça légèrement les sourcils. Charlie avait parlé d'une dizaine de minutes de marche, mais c'est le temps qu'il leur faudrait pour rejoindre la rue depuis l'Abbaye qui surplombaient Whitby au sommet de sa colline. Rejoindre le magasin prendrait au moins une trentaine de minutes avec une marche athlétique.

— Eh bien, mettons-nous en route si on veut arriver là-bas un jour, soupira Harry.


Merci d'avoir lu ce chapitre ! N'oubliez pas de me donner votre avis, positif comme négatif, pour que je sache ce que vous en pensez et que je puisse m'adapter en fonction de vous ! :3