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Harry avait accusé le coup, et il avait fait mine que ce n'était que la lubie de son esprit fatigué, qui n'arrivait pas à se sortir ces mots de la tête. Ils discutèrent quelques secondes, puis Harry coupa la communication. Il ne se voyait pas partager ça avec Charlie et Keanu, même s'il les appréciait évidemment beaucoup. Il tourna la tête vers Ron.

— Je peux passer un autre appel ?

— Oui, vas-y.

Ron resta à côté de lui, sans chercher à couper court au petit numéro de Harry. Il détestait devoir gérer la situation ici, mais il détestait surtout qu'Owen soit venu dans cette chambre sans prendre la peine de lui dire que leur Conjureur de Sorts s'était transformé en Dragon sous ses yeux. Il prononça le nom d'Owen, et ce dernier décrocha. Harry réalisa qu'Owen pouvait être contacté par tous les Weasley, et il ne put s'empêcher de se demander si c'était une preuve d'amitié ou de méfiance.

— Ron ? Ah, Harry. Salut. Je te manquais mon cher époux ?

Harry leva les yeux au ciel, en même temps que Ron. Quel étrange trouple ils formaient là. Plus important encore, Harry commençait vraiment à se demander s'il devait tenir à jour un tableau sur ses relations déréglées.

— Tu sais ce qui me manquait le plus ? Les informations que tu as oublié de me communiquer à propos d'Alaric.

— Un autre de tes maris ? demanda Ron en levant un sourcil.

— Je suis aussi choqué que toi, intervint Owen. Il nous trompe tous, c'est absolument…

— C'est un dragon, coupa Harry.

— Alors, biologiquement, non, tenta Owen. Cependant si tu me demandes si, éventuellement, je l'aurais vu à un moment où à un autre se transformer en Dragon…

— C'est ce que je te demande, oui.

— D'accord, alors, on va formuler ça autrement. Peut-être qu'il se pourrait que…

— Owen ! Est-ce que tu l'as enregistré au moins ?

Owen grimaça un peu, ce qui était une réponse en soi. Voilà pourquoi il ne lui en avait pas parlé, il n'avait pas encore géré la situation. Seulement, ça faisait plusieurs jours, autrement dit ça aurait dû être réglé. Alaric était-il encore hospitalisé ?

— Je veux que tu lui apportes les papiers aujourd'hui.

— Oui, alors, à ce propos… Heum, tu t'entends bien avec lui toi, hein ? Tu saurais où il est ?

— Pardon ? Est-ce que tu as perdu un animagus non-déclaré ? Un animagus de Dragon non-déclaré ?

— Ce n'est pas le terme que j'aurais employé.

— Owen, coupa encore une fois Harry.

— D'accord, d'accord. Il s'est tiré le lendemain de ton hospitalisation. Un peu illégalement vu qu'il était en état d'arrestation. On est à sa recherche, on est tous à sa recherche, parce que tu vois le problème c'est que c'est un Dragon…

— Et qu'il est parfaitement irresponsable.

— Oui, voilà.

Harry raccrocha un peu plus tard, et il rendit son miroir à Ron en se tassant dans ses oreillers. C'était clairement une situation de crise, et il en était écarté à cause de son erreur. Une erreur qu'Alaric avait réparé au mieux en aidant ses hommes. En se transformant en Dragon. Un secret qu'il avait l'air de garder depuis un moment. A bien y réfléchir, Harry ignorait qu'il était possible de se transformer en un si gros animal… ça devait être incroyable, de voler avec toute cette puissance.

— Je ne suis pas sûre d'avoir bien saisit, dit Ron.

— Désolé, je ne suis pas censé…

Harry soupira un peu. De toute façon, Ron savait déjà tout, et Harry n'étant pas en service, et ayant eu ces informations de manière privée… Disons qu'il pouvait se permettre un écart, surtout s'il perdait de toute façon sa place. Il sentait une nouvelle vague de négativité l'assaillir, mais il fit en sorte de la laisser de côté.

— L'un de nos Conjureurs de Sorts, qui nous a assisté sur la mission concernant Drago, est un animagus non-déclaré. Je l'ai appris avant mon hospitalisation, mais j'ignorais que c'était un dragon.

— Ça craint.

— Ouais, ça craint pas mal. Il a disparu et j'ignore comment le joindre. Sans mon miroir… Tu crois que c'est réparable ?

Harry fit un signe vers la boîte qui contenait sans doute ses effets personnels. Ron se leva pour aller la fouiller et il en sorti effectivement le miroir qui semblait être dans un état assez lamentable. Ron l'examina sous toutes les coutures, vérifiant chaque pièce.

— La surface de réflexion est en morceau mais c'est réparable. Par contre tu vas devoir te contenter de cette partie-là un moment, le reste de la structure est foutue.

— Comme du temps de Sirius, ça me va.

Ron tira sa baguette, il acheva de briser le socle pour détacher totalement le miroir à double-sens qui s'y trouvait. Il répara ce dernier d'un sortilège puis l'apporta à Harry, en le prévenant que les bords étaient sans doute très coupants. Harry le prit prudemment en main, et il s'éclaircit la gorge avant de prononcer le nom d'Alaric Keeling.

Il y eut un long moment de silence… Puis le visage d'Alaric s'afficha finalement. Il semblait aller bien, malgré la fatigue. Il était torse-nu, et semblait étrangement ravie d'avoir reçu cet appel.

— Salut Harry ! Comment tu te sens, la Belle au Bois Dormant ?

— Bien. Je peux savoir où tu es ?

Alaric eut un sourire amusé, mais il grimaça un peu tout de même à cette question. Il était clair qu'il n'allait pas lui répondre, mais Harry avait une autre carte à jouer… Même s'il ne devrait surtout pas la jouer, surtout en portant une tenue d'hôpital. Il allait quand même le tenter.

— Ron, tu peux m'amener mes vêtements ? Je ne devrais pas bouger, mais j'ai le transplanage qui me démange. Alaric, tu me montres un peu où tu te trouves ?

— Je ne suis pas si naïf Harry, je sais bien que tu peux transplaner avec la moindre petite image caractéristique… Tu as trouvé en quoi je me transformais ?

— En Dragon. Un Opalœil des Antipodes.

— D'accord, t'as gagné le droit à un indice.

Alaric regarda un peu autour de lui, il sembla se poser très clairement la question du meilleur indice à donner, car comme d'habitude tout cela n'était qu'un jeu. Harry posa le miroir et quitta le lit avec un peu de lourdeur. Il avait encore mal partout, ou plutôt il se sentait particulièrement lourd. Il enfila un caleçon, puis il se débarrassa de sa blouse un peu trop ouverte et enfila son pantalon et son t-shirt.

Le temps qu'il s'habille, Alaric avait fait son choix, Harry se pencha au-dessus du lit pour voir ce que le Conjureur de Sorts lui montrait. C'était une vue depuis une fenêtre, qui donnait sur une tour blanche et rouge illuminée dans la nuit. Harry se sentit blêmir, et Ron lâcha un « ah. » très significatif.

— Alaric, est-ce que tu es entré légalement au Japon ?

— Absolument, commença Alaric avant de conclure, pas. Absolument pas. J'ai enchanté mon propre portoloin, c'est un peu risqué mais ça évite la paperasse.

— Je vais te tuer, grogna Harry.

— Oh, arrête de me draguer grand fou.

— Tu es où exactement ?

— Je t'ai déjà donné un indice bien assez grand ! J'ai hâte de te voir !

La conversation se coupa, et Harry se laissa retomber sur le lit. Comment allait-il justifier un voyage à Tokyo sans rien révéler de ce qui se passait, alors même qu'il peinait à rester debout ? Et pourquoi par tous les mages noirs cherchait-il à ce point à couvrir Alaric ? C'était sans doute son instinct qui lui disait d'agir de cette façon, et Harry avait pour habitude d'écouter son instinct. Même si ça lui avait déjà été préjudiciable. En attendant, le problème majeur était que Harry ne pouvait pas transplaner sur une si grande distance dans son état. D'ailleurs, cela serait considéré comme une attaque militaire s'ils se faisaient prendre, contrairement à un portoloin qui ne constituerait qu'une entrée illégale sur le territoire.

Ron regarda Harry quelques secondes puis il lui sourit.

— C'est bon Harry, on ne va rencontrer aucune difficulté pour trouver une solution. Je ne sais pas si tu t'en souviens, mais tu connais des gens au ministère… Notamment Hermione. Ton amie. Qui peut délivrer des demandes pour des portoloins sans avoir à se justifier, parce que son travail inclus la confidentialité.

— Bien vu. Merci Ron.

Harry se leva de nouveau et il s'étira. Bon, il se sentait encore un peu ankylosé, mais il n'avait pas l'intention de laisser Alaric seul au Japon. La question était de savoir comment dire à Ron qu'il ne pouvait pas venir avec lui sur ce coup-là… Par chance, Ron passa sa main dans sa nuque et s'excusa de ne pas pouvoir venir avec lui, il ne pouvait pas laisser le magasin aux seules mains de George pendant trop longtemps, il allait avoir besoin d'une pause à un moment donné. Et il ne semblait pas emballer par le fait d'aller au Japon récupérer un Dragon fou.

— Tu devrais y aller avec Owen, non ?

— Oui, tu as sûrement raison. Je vais le contacter.

Ils se laissèrent là, et Harry contacta Owen dès que Ron eut disparu à son tour. Ce dernier accepta la communication après quelques secondes. Il était au Ministère, à son bureau, et Harry lui demanda de placer une bulle de confidentialité avant de lui expliquer la situation. Owen proposa, avec beaucoup d'ironie, d'en parler à Pritchard et de lancer une opération conjointe avec les Aurors Japonais, bien qu'aucun d'eux ne sache s'ils avaient des Aurors là-bas.

Au final, Owen savait déjà ce que Harry avait en tête et ils décidèrent de se retrouver dans un appartement vide qu'Owen avait trouvé dans la liste réservée aux lieux de planque. C'était une liste de lieux sécurisés dans lesquels les Aurors pouvaient rester pour observer les alentours, elle était actualisée chaque jour pour plus de sécurité. C'était un principe tiré du fonctionnement de la police moldu, et c'était particulièrement pratique, cela évitait de devoir lancer une multitude de sortilèges à chaque fois qu'ils avaient besoin de surveiller une activité suspecte.

Harry appela ensuite Hermione, elle fut un peu réticente et lui fit la leçon, comme il s'y attendait, mais tout comme Ron elle avait bien conscience que ce n'était pas la peine d'essayer de l'empêcher d'agir. Une quinzaine de minutes plus tard, Harry avait quitté l'hôpital sans prévenir personne, à part Ginny qui avait exprimé son envie de l'étrangler avant de lui dire de faire attention à lui. Il retrouva Owen et Hermione autour d'une lampe torche.

— Départ dans dix minutes, indiqua Hermione. Vous allez entrer illégalement sur le territoire, alors tâchez d'avoir l'air de moldus pendant vos recherches. Et par pitié, ne vous faites pas attraper. Nos rapports avec le Japon sont déjà suffisamment tendus comme ça.

— Tu peux me faire un brief à ce sujet ? Que je puisse gérer si jamais il y a un souci.

Hermione hocha la tête et entreprit de leur résumer à tous les deux, le plus rapidement possible, ce qui se passait. Dans l'ensemble, le problème était que le ministère de la Magie Japonais ne fonctionnait pas du tout comme le leur. Pour commencer, et ce n'était pas un détail, il n'y avait pas à proprement parlé de ministère de la Magie. Le rôle du Ministre était tenu par l'Empereur qui, s'il avait une fonction symbolique pour les moldus, était bel et bien le Leader des Sorciers Japonais. C'était donc lui-même un Sorcier, de Sang-pur. De plus, les Etats-Unis avaient fait pression pour que le Japon adopte le même modèle que celui du Macusa, le Japon avait plié à l'époque mais, depuis dix ans, ils tentaient de changer leur fonctionnement pour s'éloigner du système occidental et harmoniser au mieux les pouvoirs Moldus et Magiques.

Il y eut encore quelques informations supplémentaires mais Harry n'arrivait pas trop à les enregistrer, il se sentait un peu nauséeux. Le Portoloin n'allait clairement pas l'aider. L'heure arriva, et Owen et lui posèrent la main sur la lampe torche. Une quinzaine de seconde plus tard, Harry se sentait accroché par le nombril et tiré vers l'avant. Ils atterrirent au sommet de la Tour de Tokyo, dans l'observatoire spécial. Il était quatre heures du matin ici, et Harry soupira profondément en regardant la ville s'étendre devant eux. Où pouvait bien se trouver Alaric…

— Je crois qu'il est au sud-ouest de la tour, donc dans cette direction.

Harry désigna la zone qui se trouvait à leur droite et qu'il pensait reconnaitre. Ça ne les aidait pas vraiment, mais au moins ça limitait la surface à couvrir. De plus, Harry estimait qu'il ne devait pas se trouver à plus de 500m de la tour, donc ça réduisait encore plus la liste. Ajouté à cela qu'Alaric s'était sûrement arrêté dans un hôtel…

— On devrait trouver une carte, pour repérer les Hôtels où il pourrait se trouver. On a une photo de lui ? Je veux dire, une photo Moldue ?

— J'en ai pris une, indiqua Owen. Enfin, c'est une photo magique que j'ai immobilisée.

Il la tira de sa poche et Harry haussa un sourcil. Alaric avait l'air parfaitement sérieux là-dessus, bien loin de l'image de jeune homme un peu trop arrogant, sûr de lui et imprudent. En fait, il avait l'air tellement différent que Harry n'était pas tout à fait sûr de le reconnaitre, si ce n'était ses yeux gris dans lesquels flottaient des reflets opalescents.

Ils quittèrent la tour, non sans qu'Owen s'arrête à l'étage intermédiaire pour tester le sol vitré qui l'intriguait apparemment depuis qu'il en avait entendu parler quelques mois plus tôt. Ils restèrent là près de dix minutes avant que Harry n'arrive à le convaincre qu'ils repasseraient avant de partir. Owen ressemblait à un enfant, c'était assez attendrissant mais Harry se demandait comment il allait bien pouvoir empêcher ses enfants de faire des choses que lui-même voudraient évidemment faire. Mais il ne doutait pas que c'était un excellent père, qui participerait simplement un peu plus que lui à ce genre d'égarements.

Les rues étaient vides à cette heure, assez sombres malgré les éclairages timides, si bien que Harry fut tenter de tirer sa baguette. Il se sentait un peu nauséeux encore, ses jambes étaient faiblardes et il avait du mal à fixer convenablement son regard sur quoi que ce soit. Autant dire que c'était mal parti s'il devait s'engager dans une joute, verbale ou non, avec Alaric.

Owen regarda autour d'eux sans grande conviction. Il ne voyait pas le moindre plan, et Harry n'en voyait pas non plus. Sans doute qu'au Japon on n'avait pas pour habitude de placarder des cartes sur toutes les surfaces planes disponibles… C'était regrettable.

— Trouvons une station de métro, proposa Harry. Il y aura forcément un plan.

— Il n'est même pas 4h30, rappela Owen. Ce sera fermé.

— Alors espérons qu'ils laissent des plans en haut des stations.

Ils se mirent en route, et marchèrent environ une dizaine de minutes avant de se rendre à l'évidence : dans le noir, dans une ville inconnue, ils n'étaient même pas capables de trouver un métro. Harry tira le miroir de sa poche, se coupant légèrement au passage et il lança la communication avec Alaric. Ce dernier prit rapidement l'appel et sourit un peu.

— Tu sais Harry, il est 4h, j'aimerais dormir.

Il était visiblement toujours dans sa chambre d'hôtel, lumières allumées, torse nu. Il ne semblait pas avoir bougé et il n'attendait absolument pas leur arrivée… à croire qu'il ne les croyait pas capables de le trouver, ce qui frustra énormément Harry, évidemment.

— Alaric, tu es où ?

— Dans ma chambre.

— Où est-ce qu'on trouve un plan dans cette ville ?

Alaric se mit à rire et se leva, de son lit comprit Harry. Il le vit ouvrir une fenêtre et se pencher à l'extérieur, comme s'il les cherchait du regard, puis il lâcha un profond soupir.

— D'accord, d'accord. Qu'est-ce que vous voyez ?

— Hein ? Euh des magasins ? Fermés. Tous.

Harry orienta le miroir pour montrer les alentours, et Alaric reprit la parole assez rapidement, comme s'il savait exactement où ils se trouvaient juste grâce à une rue semblable à toute autre, vue à travers un miroir, dans le noir presque complet.

— Vous êtes dans la bonne direction, c'est déjà ça. Continuez à descendre la rue. Vous devriez croiser un métro dans une vingtaine de minutes à tout casser.

— Ecoute, ça fait dix minutes qu'on cherche un plan dans une rue à peine éclairé, à côté d'un parc flippant, alors…

— C'est dommage quand même. La Tokyo Tower c'est un site touristique vous savez ? Y avait des plans là-bas. Même des plans pliables. Cela étant dit, vous savez que les hôtels ne sont pas indiqués dessus ?

Harry entrouvrit la bouche pour répondre mais il préféra raccrocher. Effectivement. C'était logique. Le plan ne leur serait d'aucun secours dans l'immédiat, et comme ils ne parlaient pas un mot de Japonais, ils ne pourraient demander leur chemin à personne. D'autant qu'ils ne savaient pas où ils allaient, et qu'il n'y avait de toute façon personne dans la rue.

À peine eut-il cette pensée qu'un vieil homme passa près d'eux en les dévisageant, sur un vélo bien chargé. Harry le regarda s'éloigner et soupira profondément. Des gens commençaient leur journée très tôt par ici, bien sûr, mais demander à l'ancienne génération de parler anglais serait un peu exagéré. Harry passa sa main dans sa nuque et ils se remirent en marche, espérant tomber rapidement sur un nouveau lieu fréquenté par les touristes. Ils auraient pu faire demi-tour évidemment mais Harry était épuisé, et la tour se trouvait en haut de ce qui ressemblait à une montagne plus qu'à une simple colline.

Puisqu'ils n'avaient pas vraiment d'autres options, ils continuèrent dans la rue que leur avait indiqué Alaric. C'était une avenue imposante, des voitures passaient de temps à autre, brisant un peu le silence opaque de la nuit qui s'était déjà habituée au bruit des pas de ces deux étrangers. Ils marchèrent environ dix minutes supplémentaires avant d'arriver devant un nouveau parc, dans une rue qui semblait bien plus résidentielles. Ils décidèrent de faire demi-tour, estimant qu'il y avait peu de chance d'Alaric se soit trouvé un appartement près d'ici.

Leur seule certitude étant que l'hôtel se trouvait dans le secteur, sans doute à moins de 5 minutes de leur position à en juger par la visibilité qu'ils avaient sur la tour, ils décidèrent de tourner en rond. Six heures du matin arrivaient quand Harry, épuisé, décida qu'il était temps d'abandonner. Ils avaient croisé trois hôtels, mais le réceptionniste de nuit était chaque fois hermétique à leur demande, si bien que Harry commençait à se demander s'ils n'avaient pas l'air un peu dangereux. Il regarda Owen, qui se tenait bien droit, le visage fermé, les épaules larges, le torse presque bombé, et estima qu'ils devaient en effet avoir l'air de faire partie de la mafia occidentale.

— Tu ne peux pas essayer d'avoir l'air plus accessible ?

— Pas quand je travaille non, sourit Owen. Tu penses que ça nous aiderait ?

— Que tu n'aies pas l'air de pouvoir démolir quelqu'un ? Carrément.

— N'exagère pas, je ne suis pas spécialement imposant, je me tiens juste droit.

— C'est déjà trop apparemment. Métamorphosons-nous et on y retourne.

— Attends, Harry, l'arrêta Owen. Et si Alaric s'était métamorphosé pour prendre la chambre ?

Harry réfléchit à la possibilité, mais il n'eut pas besoin de l'imaginer bien longtemps pour arriver à la conclusion que c'était impossible : Alaric n'aurait pas donné un indice s'il était impossible de le retrouver même en l'ayant. Il était forcément venu avec son vrai visage, ça faisait en quelque sorte parti du jeu… Aussi agaçant et imprévisible qu'il puisse être, Alaric n'était pas du genre à changer les règles au beau milieu de la partie. Or, cette partie avait commencé au moment où Alaric avait passé la cascade des voleurs, sous le regard de Harry.

— Franchement Harry, tu lui fais beaucoup trop confiance.

— Jaloux ?

— Sois pas idiot. Je m'inquiète juste du fait qu'il puisse en profiter. Je veux dire, il sait très bien que tu étais à l'hôpital, et il te fait venir au Japon, alors que le ministère de la Magie Japonais est…

— Owen. On est en plein territoire moldu là.

— Pardon.

Owen soupira, et cette remarque mit fin à sa diatribe. Harry aurait voulu le laisser continuer, hélas il avait bien conscience de tout ce qu'il avait encore à dire. Il avait peur, lui aussi. Évidemment, qu'il avait peur. Parce qu'avec Alaric c'était allé bien trop vite pour que ce soit normal, pour que ce soit réel : il lui avait fait confiance dès la première heure et Alaric en avait pris conscient immédiatement. Devrait-il se méfier de lui ? Il n'en était pas capable. Tout simplement parce que la confiance qu'il avait en Alaric était particulière : il lui faisait confiance pour arriver aux bonnes choses. Le chemin qu'il empruntait… disons que de ce côté, il lui faisait confiance pour prendre bien trop de risques et le rendre totalement fou.

Owen et Harry se métamorphosèrent à l'abris des regards. Quand ils revinrent dans la rue principale, la vie avait déjà commencée à prendre le pas sur le silence de la nuit et Harry se sentit un peu dépassé l'espace d'un instant. Il se sentait encore trop faible, bien trop faible, et se retrouver dans un endroit dont il ne connaissait rien avait quelque chose de paralysant. Comme chaque fois que quelque chose l'avait paralysé dans sa vie, il reprit le contrôle de son corps et se força à bouger, car après tout… Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Rester immobile et attendre que la nuit tombe de nouveau ?

Owen posa une main sur l'épaule de Harry qui hocha la tête et se remit immédiatement en route. Ils retournèrent dans le premier hôtel qu'ils avaient croisés et ne trouvèrent pas de meilleure réponse que la précédente, au contraire. Se voir présenter la même photo par deux duos différents semblait au contraire effrayer encore plus le réceptionniste, et ils décidèrent donc de changer de stratégie. Il fallait trouver une personne susceptible de parler anglais, ce qui signifiait qu'il fallait trouver une personne jeune, sans doute.

Ils continuèrent à marcher et, par chance, ils se retrouvèrent devant ce qui semblait être une société de courtage. Les traders devaient forcément parler anglais, ce n'était pas possible que ce ne soit pas le cas, ils décidèrent donc d'attendre là, sans vraiment savoir ce qu'ils allaient bien pouvoir dire. La chance leur sourit enfin, et une femme d'une quarantaine d'année leur jeta un coup d'œil.

— Madame ?

Elle s'immobilisa, visiblement mal à l'aise, mais laissa Harry approcher. Il eut une certaine facilité à se faire comprendre mais la femme ne sembla pas vouloir les aider. Après qu'elle eut répété plusieurs fois qu'elle allait être en retard au travail, elle s'éclipsa. Ils arrêtèrent ainsi encore trois personnes, sans plus de résultats. Sur le point d'abandonner, Owen sorti la photo de sa poche d'un air rageur, comme s'il allait s'en prendre à Alaric par le biais de son image, ce pour quoi Harry ne lui en aurait absolument pas voulu.

— Vous cherchez Rick ?

Harry et Owen se retournèrent comme un seul homme. Celui qui leur avait adressé la parole eut un mouvement de recul. C'était un jeune homme qui semblait à peine sorti de l'adolescence. Il portait un costume dans lequel il avait l'air d'un enfant qui essayait de jouer aux adultes. Il avait les yeux rivés sur la photo que tenait Owen, et ce dernier en profita pour prendre la parole.

— Est-ce que vous savez où on peut le trouver ?

— Il descend toujours à l'Azabu Ten quand il vient ici.

— Il vient souvent ? demanda Harry

— Bien sûr. Une fois par mois au moins, souvent plus, répondit le jeune homme. Dans la Quadruple Luxe.

Ils remercièrent le jeune homme et le quittèrent rapidement, quand il leur eut indiqué la direction à suivre. Sur le trajet, Harry ne put s'empêcher de trouver la situation très étrange : Alaric était très clairement allergique au luxe, il le lui avait bien fait comprendre lors de leur conversation sur la salle de bain des préfets. Alors que faisait-il dans ce qui était très clairement une chambre de Luxe, dans un hôtel de Luxe, à moins de vingt minutes de la Tour de Tokyo ? C'était absurde. Et en même temps, c'était logique : c'était bien le dernier endroit où quelqu'un irait le chercher.

— Comment il s'est payé la chambre ?

Owen faisait écho à ses pensées mais Harry n'avait aucune réponse à lui apporter. Poser la question à Alaric ne servirait sans doute à rien non plus, il leur sortirait certainement des mensonges différents en fonction de l'heure de la journée. Un peu avant sept heures, ils arrivèrent devant les portes de l'hôtel, un immense bâtiment blanc coincé dans une rue qui ne transpirait définitivement pas le luxe.

Ils montrèrent la photo d'Alaric à la réception et il fut immédiatement reconnu. Seulement, au lieu d'indiquer une chambre, le réceptionniste leur demanda de patienter et décrocha son téléphone. Un instant plus tard, il discutait avec Alaric en Japonais. Ce n'était pas vraiment étonnant, mais ça mettait Harry un peu mal à l'aise : ne pas comprendre était désagréable et c'était une sensation qu'il détestait.

Après avoir raccroché, il leur proposa de patienter dans le salon d'accueil, où Harry et Owen allèrent s'installer. Le confort du canapé n'était décidément pas de trop… Harry étira ses jambes en soupirant de bien-être.

— Dès qu'il arrive, je lui en colle une, annonça Owen.

— Mauvaise idée ici, tu vas finir en taule avant de t'en rendre compte.

Ils restèrent silencieux jusqu'à ce qu'ils entendent des pas s'approcher. Harry se retourna le premier, et ses yeux tombèrent sur Alaric. Il avait perdu un peu de poids en une semaine, mais il se tenait aussi droit et fier qu'à l'habitude. Dans le faste de l'hôtel, avec ses reflets d'or et de marbre, sur le tapis rouge de l'escalier, il était parfaitement à sa place. Il semblait dans son élément, alors même qu'il portait un vieux jean sur des baskets abîmées, un t-shirt sur lequel un chat était surmonté d'un « I'm purrrfect », et une chemise à carreaux ouverte. Il aurait dû faire tache, et pourtant il était totalement à l'aise et le personnel semblait lui témoigner tout le respect dû à une personne qui logeait dans un hôtel de standing.

— Restez pas planté là. Venez. J'vais vous montrer ma chambre. Vous voulez des pocky ? J'adore les pocky.

Alaric se mit à parler Japonais avec l'un des employés, Harry ne saisit rien d'autre que « pocky ». Owen et lui, emboitèrent le pas à leur guide et ils montèrent les escaliers tous les trois. Ils restèrent silencieux jusqu'à ce qu'Alaric les fasse entrer dans la chambre. C'était… chic. Bien trop chic. Bien trop chic pour Alaric, en tout cas, mais il semblait à l'aise ici malgré sa tenue très clairement déplacée.

La chambre était dans des tons principalement blancs, avec à plusieurs endroits des zones vitrées derrière lesquels se trouvaient une imitation de jardin en pierres et en arbre. Au fond de la pièce qui servait de salon, une porte grande ouverte donnait sur une salle de bain immaculée, avec une baignoire immense. Harry n'avait pas vu la chambre et il n'y tenait pas, ces deux pièces lui donnaient déjà le vertige.

— Alors, comment vous avez trouvé ?

— Un ami à toi, devant une banque, répondit Owen.

— Ah, Kazuhiko-kun, un jeune homme plein d'ambition mais il manque de confiance en lui. Il a décroché le poste alors, c'est une bonne nouvelle. Son premier. Je suis sûr que son père serait fier de lui.

— Désolée Alaric, je suis sûr que Kazuhiko est une personne géniale mais là dans l'immédiat j'ai envie de te tuer, grogna Harry.

— Attendons les Pocky pour ça, veux-tu ? Je ne veux pas mourir le ventre vide.

Ils restèrent dans un silence tendu pendant quelques minutes, puis le service d'étage toqua à la porte et Alaric revint bientôt avec un paquet de Pocky à la fraise qu'il ouvrit en marchant. Il tendit le paquet à Owen, qui prit l'un des pocky, puis à Harry qui se contenta de le fusiller du regard.

— Franchement Harry, t'as l'air épuisé.

— Ouais, je viens de passer trois heures à chercher un abruti dans Tokyo alors que je viens tout juste de me réveiller de cinq jours de comas. Tocard.

— Abruti, tocard, ça fait beaucoup d'amour tout ça.

Alaric rit aux éclats en s'asseyant. Il avala trois pocky avant de reprendre la parole. Harry était bien trop épuisé pour prendre la direction de cette conversation et, très franchement, il n'avait aucune envie d'affronter un nouveau dialogue de sourd. Il se leva et se dirigea vers la porte qu'il avait repéré plus tôt alors qu'Alaric enchainait avec un nouveau monologue. Owen le suivit des yeux sans intervenir et Harry claqua la porte derrière lui en entrant dans la chambre. Il se laissa tomber dans le lit rond, trop grand, qui trônait au milieu de la pièce plongée dans le noir, et s'endormit presque immédiatement.

Harry se réveilla environ quatre heures plus tard. Il était encore épuisé, mais son corps semblait lui répondre un peu mieux. Il entendit les voix d'Alaric et d'Owen de l'autre côté du mur et se redressa sur le lit. Il s'en voulait d'avoir laissé Owen tout seul, et de l'avoir en quelques sortes forcé à rester ici, mais il avait une sensation étrange qui lui donnait l'impression que c'était la chose à faire.

Il retourna dans ce qui faisait office de salon dans cette chambre d'hôtel bien trop luxueuse. Owen et Alaric levèrent les jeux vers lui et Harry se sentit gêné l'espace d'une seconde. Il avait dû avoir l'air d'un enfant gâté avide de faire une sieste, ce qui était plus que ridicule même dans son état. Pourtant, Alaric annonça qu'il allait demander qu'on fasse monter du café. Il était 11h du matin maintenant à Tokyo, ce qui voulait dire qu'il était déjà 19h à Londres, Harry prit son miroir et contacta sa femme. Ginny qui accepta rapidement la communication lui lança un regard sévère.

— Où est-ce que tu es, cette fois ?

— À Tokyo… Je suis avec Owen, on est juste venu chercher Alaric mais j'étais épuisé, je me suis endormi.

— Très bien, soupira Ginny. On n'y peut rien, j'imagine. Venez dîner.

— Pardon ?

— On est dimanche. Comme tu étais malade, on n'a pas fait notre repas à midi, mais puisque tu es sorti de l'hôpital et que tout le monde est déjà là…

— Chérie, il s'agit du travail je ne peux pas…

— Oh pardon, coupa Ginny. Il me semblait que tu étais mis à pied aux dernières nouvelles. Amène Owen et votre ami avec toi.

Elle coupa la communication au moment où Alaric, qui était allé ouvrir au service de table, revenait avec un plateau sur lequel reposait trois tasses fumantes. Harry et Owen se regardèrent avant de tourner la tête vers Alaric, qui posait les cafés devant eux sans vraiment s'en préoccuper.

— Alaric, on doit rentrer à Londres.

— D'accord, répondit celui-ci en prenant sa tasse. Bon voyage.

— On ne peut pas te laisser sans surveillance. Tu dois te déclarer auprès du ministère à la première heure.

— Bien sûr. Comptez sur moi.

Il l'avait dit avec un air entendu, qui faisait comprendre à Harry qu'il ne comptait définitivement pas se plier au règlement. Il ne pouvait donc pas le laisser sans surveillance ici, seulement il ne pouvait pas non plus esquiver le repas. Comme l'avait dit Ginny, il était mis à pied et dans l'immédiat il craignait bien plus la colère des deux femmes Weasley que celle d'Adrian Ackerley, le ministre de la Magie.

— Alaric, tu m'apprécies n'est-ce pas ? demanda Harry

— Effectivement. Mais je doute d'apprécier la suite de ta question.

— Je dois absolument rentrer et Owen aussi. Seulement on ne peut pas te laisser sans surveillance. Pourquoi ne pas venir dîner avec nous ?

Alaric haussa un sourcil et but une gorgée de café sans lâcher Harry des yeux. C'était comme voir les mécanismes d'un cerveau sadique s'enclencher les uns avec les autres. À ce stade, Alaric avait dû déjà comprendre de quel genre de dîner il s'agissait. Passerait-il à côté de pareille occasion ? Harry en doutait grandement, et il commençait à bien connaître son interlocuteur qui se mit à sourire comme pour le lui confirmer.

— Entendu. Mais j'irais m'enregistrer auprès du ministère seulement quand tu reprendras ton poste.

— C'est d'accord.

Difficile de refuser cette opportunité. Alaric était d'humeur à prendre des risques et c'était tout ce dont Harry avait besoin. Il serait toujours temps de tenter de le contraindre à s'enregistrer le lendemain. À présent, ils devaient rentrer à Londres… s'ils avaient pu compter sur Hermione à l'allée, elle les avait prévenus qu'elle ne pourrait rien faire pour eux au retour. Ils allaient donc, cette fois-ci, devoir se tourner vers Percy.

Ils ne l'avaient pas sollicité dès le départ car celui-ci aurait cherché à les dissuader de tenter quoi que ce soit. Cette fois-ci, il serait mis devant le fait accompli et ferait sans doute tout son possible pour qu'ils régularisent leur situation en rentrant le plus rapidement et le plus discrètement possible. Harry espérait qu'ils arrivent à cacher tout ça au Ministre mais il en doutait, au fond.

Percy accepta rapidement la communication. Comme s'en doutait Harry, il était au terrier avec les autres, mais il s'éloigna du brouhaha en le saluant. Après quelques secondes d'un échange poli et sans risque, Harry inspira profondément.

— Percy, j'ai besoin de ton aide pour revenir à Londres.

— Bien sûr. Où es-tu ? Je vais t'indiquer le moyen de transport magique le plus proche de ta position.

— À environ vingt minutes de la Tour de Tokyo.

Il y eut un long silence, pendant lequel Percy se contenta de le fixer. Harry vit dans ses yeux se faner petit à petit l'espoir d'une mauvaise blague. Pendant quelques secondes, son beau-frère ferma les yeux, sourcils froncés, lèvres pincées, puis il reprit la parole.

— J'imagine que vous êtes arrivés illégalement au Japon.

— Oui. On n'avait pas vraiment le temps de faire les démarches, expliqua Harry.

— Bien. Où vous trouvez-vous précisément ?

Harry lui donna l'adresse de l'hôtel, ainsi que le numéro de la chambre. Percy les nota sur un morceau de papier qu'il avait trouvé quelque part dans le salon, et il leur interdit de bouger.

Les trois hommes restèrent donc dans la chambre d'hôtel, buvant leur café. Alaric discutait comme si de rien était, pas le moins du monde inquiété par la situation. Il fallait dire qu'il était sans doute venu jusqu'ici légalement malgré ce qu'il avait dit plus tôt, au moins en partie, puisqu'il venait si souvent. Harry et Owen étaient les seuls à avoir vraiment du souci à se faire.

Vingt-cinq minutes plus tard, le téléphone de la chambre sonnait. Alaric décrocha, répondit quelque chose en japonais, puis reposa le téléphone sur son support.

— Quelqu'un arrive pour nous.

Harry se leva et ajusta un peu sa tenue, Owen fit de même. Leur métier leur collait à la peau si bien que, même en sachant que la personne qui venait était sans doute là à la demande de Percy, ils se préparèrent à tirer leurs baguettes de leur veste.

Alaric, comme toujours, était parfaitement détendu. Il reposa les trois tasses à présent vides sur le plateau et, quand on toqua à la porte, il alla ouvrir. Il y avait deux personnes dans le couloir. L'homme récupéra les tasses et parla japonais une seconde ou deux avant de prendre congé.

La femme, une Japonaise qui semblait avoir une trentaine d'années, entra dans la chambre avec un air que Harry aurait qualifié d'agacé. Difficile de lui en vouloir pour ça. Elle parlait un anglais impeccable, sans le moindre accent.

— Monsieur Weasley m'a demandé de procéder à une extradition d'urgence. À l'avenir, je vous serais reconnaissante de ne plus entrer sur le territoire de manière illégale.

— Bien sûr, répondit Harry avec assez peu d'assurance. Nous sommes désolés d'avoir dû en arriver là.

— Je n'en doute pas, Monsieur Potter. Comprenez bien que nos pays ne s'entendent pas vraiment concernant la gestion de la communauté magique. N'aggravez pas la situation en prenant ce genre de décision. D'autant que vous nous donnez raison à chaque fois que vous êtes inconscients.

Harry ne répondit pas. Il n'appréciait pas la façon dont cette femme s'adressait à lui mais il ne pouvait pas lui donner tort. En revanche, il voyait très bien Alaric afficher un sourire amusé et décida donc de le fusiller du regard histoire de se défouler. Malheureusement, le conjurer de sorts se contenta de lui adresser un clin d'œil, bien loin d'être atteint par les humeurs de Harry.

Pendant qu'elle parlait, la femme avait ouvert sa mallette et elle en avait sorti ce qui ressemblait à trois reproductions miniatures d'armoire à disparaitre. Harry n'en avait plus vu depuis longtemps, ce qui n'était pas plus mal. La femme les posa par terre, chacune espacées d'un mètre cinquante, puis elle tira sa baguette.

Une seconde plus tard, les trois armoires leur faisaient face, en taille réelle. Harry se sentit frémir un peu, il détestait vraiment voir ces meubles magiques. Il avait beau se répéter qu'elles avaient permis de sauver des dizaines et des dizaines de sorciers pendant la guerre, il n'arrivait à y voir que l'outil qui avait permis aux Mangemorts d'investir Poudlard et de tuer Dumbledore.

— Très bien. Vous pouvez entrer.

— Où se trouve leurs jumelles ?

— Dans l'Allée des Embrumes, à Londres. Elles sont utilisées par les adeptes du marché noir.

— Vous n'êtes pas du ministère de la Magie ?

La femme tourna la tête vers Harry et, pour la première fois, elle lui sourit. Ce n'était pas un sourire amical, ni même froid, juste un sourire vide, de circonstances plus que d'émotions.

— Non, je ne fais pas partie du Mahō Naikaku. C'est ainsi que nous l'appelons ici, cela signifie Cabinet de la Magie. Je suis dans la mafia. J'avais une dette envers Monsieur Weasley, qui est à présent acquittée.

Harry la fixa un moment puis il hocha la tête. Nul besoin de demander plus d'informations, ça ne ferait que risquer de déclencher un conflit. Il tenta malgré tout d'imprimer dans son esprit le terme qu'avait employé la femme. Il ne lui demanda pas son nom, quelque chose lui disait que c'était risqué. Une fois qu'il eut fait signe à Alaric d'entrer dans la première Armoire, ce dernier prenant d'abord le temps d'aller récupérer sa baguette dans la chambre, Harry fit de même avec Owen et y entra lui-même. Avant de refermer la porte, il demanda à la femme de faire partir Owen en premier, puis Alaric et enfin lui-même.

Quelques secondes plus tard, tout trois sortaient d'un vieil appartement aux murs décrépit dont la porte en bois moisi donnait sur l'allée des Embrumes.