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Ils auraient pu se remettre en chemin bien plus rapidement, mais Harry eut besoin de reprendre son calme. S'introduire dans le ministère, voler un document d'archive et une pièce à conviction, tout cela était un peu trop pour un début de matinée. Il était tout juste 10h quand il se décida à relever la tête sur Alaric qui avait attendu patiemment jusque-là.

— Bien, allons à Poudlard maintenant, dit-il.

La gare n'était pas loin mais aucun train n'était prévu pour Poudlard aujourd'hui, Harry aurait pourtant aimé s'y reposer. Au lieu de cela, ils décidèrent de prendre une cheminé public jusqu'à pré-au-lard, Harry n'aimant pas beaucoup l'idée de transplaner en pleine rue Moldue. Ils l'avaient fait quelques fois avec Ron et Hermione pendant leur recherche des Horcruxes, mais c'était trop dangereux pour être fait dans une situation qui n'avait rien d'urgent.

Harry et Alaric se mirent en marche, et il fut rapidement évident pour le commandant des Aurors que son compagnon de route n'était pas hors norme que pour les sorciers. Plusieurs personnes se retournèrent sur leur passage, ce qui mettait Harry assez mal à l'aise : les rues moldues avaient toujours été une échappatoire à cette attention trop forte qu'on lui portait. Alaric, lui, ne semblait pas s'en formaliser.

— Ca ne te dérange pas ?

— Hm ? Quoi ?

— Tous les gens qui te regardent.

— Oh. Non, sourit Alaric. On ne me regarde pas pour quelque chose pour lequel je me sens illégitime contrairement à toi. Je n'ai pas anéantis le plus grand mage noir de tous les temps, je suis juste beau gosse. Et ça tu vois, je l'assume complètement.

Harry leva les yeux au ciel. Décidément, parler à Alaric n'amenait jamais de réponse sérieuse, sauf en cas de situation grave ce qui n'était, finalement, pas si mal. Cela permettait de savoir assez rapidement si la situation était désespérée : si Alaric parlait ne serait-ce qu'un peu plus sérieusement qu'à l'habitude, les chances de s'en sortir étaient minces. Cela nécessitait de supporter son arrogance et ses moqueries le reste du temps, et en y pensait Harry n'était plus tout à fait sûr que le match en vaille le vivet.

Ils marchèrent en silence encore un moment mais Harry se sentait de plus en plus mal à l'aise. Il avait l'habitude de gérer les regards qu'on lui lançait et l'attention qu'on lui donnait, tout comme il avait l'habitude de garder la tête haute lorsqu'on le jugeait ou qu'on se méprenait sur ses intentions et sa personnalité. En revanche, il devait admettre qu'il n'avait pas l'habitude de devoir gérer cette impression aussi inédite que désagréable d'être le faire-valoir de quelqu'un. Alaric, lui, était parfaitement à l'aise, il ignorait superbement toutes les personnes qui se retournaient sur son passage, les coups de coudes que se donnaient les occupants des terrasses ou encore les quelques personnes hésitantes qui tentaient de l'interpeller.

Harry regardait Alaric du coin de l'œil. Il l'avait toujours estimé plus séduisant que la moyenne, mais il n'avait jamais vraiment fait attention à son physique en réalité. Il n'avait jamais trouvé un homme réellement séduisant, voire attirant. Keanus était de ce genre là dans ses expressions malines et ses regards amoureux vers Charlie, et il était évident que Harry était entouré de personnes plutôt charmantes de manière générale. Mais Alaric était définitivement dans une autre catégorie. Était-ce sa jeunesse ? Non, sans doute pas, il avait de ces physiques qui se perfectionnent avec le temps. Était-ce son assurance ? Harry avait la sensation que c'était plutôt un argument contre. Alaric tourna ses yeux opalescents sur lui avec un sourire moqueur, et Harry regretta immédiatement de l'avoir détaillé pendant si longtemps.

— Tu tombes enfin sous le charme ?

— Je plains toutes les personnes qui se sont laissées avoir par ce physique.

— Pourquoi tu pars du principe que j'en ai profité ? Je n'ai jamais donné suite à qui que ce soit.

— Personne ne t'a jamais intéressé ? Je sais que tu dois avoir des critères excessifs, indiqua Harry, mais quelqu'un a bien dû te plaire à un moment ?

Alaric se contenta d'un sourire mystérieux, et Harry détesta se rendre compte que cela l'intriguait réellement. La vie sentimentale d'Alaric ne le regardait pas, et pourtant il aurait aimé savoir quel genre de personne serait capable de se rapprocher réellement de lui. Pas comme le faisait les gens qui semblaient graviter autour de lui, tout en recherche d'attention qu'ils ne pourraient jamais obtenir, mais comme une personne intime, qui pourrait dépasser le mur qu'Alaric semblait avoir bâtit autour de son esprit.

Perdu dans ses pensées, Harry ne réalisa pas tout de suite qu'ils étaient arrivés devant l'entrée du bâtiment où se trouvait la cheminée public qu'ils avaient décidé d'utiliser. Elle avait l'avantage de ne pas être trop proche du ministère, ce qui était un critère important étant donné la situation. Ils se trouvaient devant le numéro 23 de Leinster Gardens, une façade factice qui avait été érigée pour cacher le métro londonien. Le ministère avait profité de cet espace vide, caché à la vue de tous, pour placer quelques commodités magiques.

La façade factice s'étendait sur les numéros 23 et 24 de la rue, mais l'entrée, accessible uniquement par les sorciers, se faisait au numéro 23. Ils jetèrent un coup d'œil autour d'eux et traversèrent la fausse porte en bois, dépourvue de poignée, comme ils l'auraient fait entre les quais 9 et 10 de la gare de King's Cross. Au lieu d'arriver sur des grilles d'aération, ils posèrent le pied sur un parquet de bois brut, noircit par endroit à force de passage sans entretien. A leur droite se trouvait la cheminée qu'ils devaient emprunter. Devant eux, il y avait un guichet d'information, tenu par une sorcière qui ne fit même pas mine de lever les yeux sur eux. Comme cela arrangeait Harry, il pressa le pas jusqu'à la cheminée, suivit par Alaric.

Ils se positionnèrent tous les deux sur les bûches de bois partiellement consumées. Alaric semblait encore plus mal à l'aise que Harry, de part sa grande taille, et s'il avait plaint Ron pour cela, ce n'était pas le cas maintenant bien au contraire. Harry prit un peu de la poudre de cheminette laissée à disposition. Le pot était presque vide, mais cela ne semblait intéresser personne. Il jeta la poudre à leur pieds et, distinctement, prononça le nom de leur destination.

Harry épousseta ses épaules comme chaque fois qu'il finissait un voyage en cheminette. Il sentit la main d'Alaric dans son dos mais ne fit aucun commentaire, trop occupé à se demander pourquoi ce geste lui semblait si naturel. Il allait réellement devoir se poser de nombreuses questions sur les relations qu'il nouait ces derniers temps avec les personnes qu'il rencontrait. Evidemment, il était difficile de nouer une relation normale avec des caractères aussi forts que celui d'Alaric, mais cela ne justifiait en rien l'aisance qu'il y avait entre eux depuis le départ. A part quelques moments de lucidité pendant lesquels Harry se sentait prêt à l'envoyer en prison, il avait plutôt l'impression d'être mené par le bout du nez par un petit jeune de moins de trente ans. Il lui jeta un regard plein de frustration qu'Alaric accueillit de l'un de ses sourires amusés et quitta la poste par laquelle il les avait fait arrivé à Pré-au-lard.

— Allons y à pieds à partir d'ici.

— On pourrait aussi transplaner jusqu'au pont, proposa Alaric avec un sourire.

Harry soupira et lui indiqua qu'il ne se sentait tout simplement pas de transplaner, même si Alaric le savait et que c'était la raison pour laquelle il avait fait cette proposition. La dernière fois que Harry avait transplaner, il s'était tout simplement évanouit. Même s'il se sentait bien moins faible à présent, il n'avait aucune envie de tenter vous-savez-qui. Cette expression le fit ralentir le pas une seconde, il n'avait pas remarqué qu'elle s'était répandue au point que lui-même l'utilise. Devrait-il dire « tenter Voldemort » ? Non, il n'aimait pas ça. Il préférait que « vous-savez-qui » devienne petit à petit une simple expression, dont la provenance serait oubliée.

Lorsqu'ils passèrent devant les fils barbelés qui tenaient à peine debout, Harry tourna la tête vers la cabane hurlante. Son pas se ralenti sans qui ne s'en rende compte, et Alaric s'arrêta comme s'il avait conscience qu'il devait laisser à Harry un peu de temps avant de reprendre leur marche. Harry hésita quelques instants mais il fini par laisser sa curiosité, et peut-être aussi son espoir, prendre le dessus.

— Tu as déjà rénové une maison ?

— Oui, mais pas magiquement, répondit Alaric. Un ami moldu a acheté un vieux corps de ferme, je pense qu'une des dépendances était dans un état de ce genre. On a pas pu sauver grand-chose, mais on a reconstruit à l'identique.

— Sans magie, demanda Harry comme pour se le faire confirmer.

— Sans magie. Enfin, j'admets avoir allégé quelques matériaux quand je travaillais seul, c'était plus rapide que des aller-retours interminables.

— Tu m'aiderais, avec la cabane ?

Alaric releva les yeux vers la silhouette de la cabane hurlante qui se découpait sur le ciel. Il l'observa quelques secondes avant de hoche la tête.

— Pourquoi pas. J'imagine que ça m'occuperait l'esprit.

Harry ne put s'empêche de sourire un peu. Il ignorait pourquoi il avait demandé son aide à Alaric, peut-être essayait-il de se prouver quelque chose à lui-même, mais il appréciait de savoir que ce genre de demande n'était pas rejetée, comme s'ils étaient en quelque sorte ami. Pourquoi avait-il envie d'être ami avec Alaric ? Il l'ignorait. N'étaient-ils pas déjà amis ? Là encore, il l'ignorait. Evidemment, ils avaient fait ensemble des choses que les amis font, et ils avaient vécu des moments forts en très peu de temps. Mais Alaric était jeune, la différence d'âge avait son importance dans ce genre de relation, bien que le rapport de force semble inversé.

Ils se remirent en marche quelques instants plus tard. Le chemin jusqu'à Poudlard ne serait plus très long maintenant et Harry voyait déjà la silhouette du château se dessiner au loin, derrière un brouillard épais qui semblait toujours être là. Une vingtaine de minutes de marche plus tard, ils étaient à l'extrémité du pont. Harry s'arrêta pour regarder l'heure qu'il était et soupira de soulagement. Ses fils seraient en cours à cette heure, il était inutile pour lui de s'en préoccuper.

Alaric commença à avancer et Harry lui emboîta le pas en se demandant ce qu'il trouverait à redire, cette fois-ci, sur Poudlard. Il lui semblait qu'Alaric n'aurait jamais fini de se plaindre de tout ici, mais Harry ne pouvait s'empêche de le regarder avancer, conquérant, sa silhouette aurait dû sembler minuscule à côté du château et pourtant il semblait le dominer. Harry ne savait pas quoi en penser, une nouvelle sensation désagréable offerte par Alaric et contre laquelle il ne pouvait définitivement pas grand-chose.

Ils arrivèrent aux lourdes portes de bois et Harry ouvrit celle, plus petite, qui s'y imbriquait pour permettre le passage des étudiants et des professeurs. A sa connaissance, les grandes portes n'étaient ouvertes que le premier et le dernier jour de l'année, lorsque le flot important des élèves le nécessitait. Ils entrèrent tous les deux et, comment s'y était attendu Harry, virent le directeur de Poudlard les attendre au milieu des escaliers qui donnaient sur le reste du château.

— Bonjour Messieurs.

— Salut, répondit Alaric.

— Bonjour Professeur. Est-ce que nous pouvons aller dans votre bureau ? J'aimerais parler au Professeur Rogue.

Le professeur Brocklehurst haussa les sourcils, ne cachant pas sa surprise. Il avait déjà vu Harry discuter avec les tableaux alors qu'il s'était absenté quelques instants de son bureau, mais c'était la première fois que celui-ci venait uniquement pour cela. Comprenant que le propos devait être important il les emmena tous les deux vers son bureau, non sans jeter des coups d'œil à Alaric qui ne cessait de remuer sa baguette en fixant les escaliers pour tenter d'en briser le sortilège.

— Je vous serais reconnaissant de ne pas détraquer les escaliers, Monsieur Keeling.

— Sans vouloir être vexant, c'est maintenant qu'ils sont détraqués, j'essaye de les réparer.

— Ils ne sont pas...

Aristote tourna les yeux vers Harry qui secoua légèrement la tête, lui signifiant que ça ne servait à rien d'insister. Ils laissèrent Alaric continuer ses expérimentations, ce qui ralentit considérablement leur trajet : chaque fois qu'ils étaient sur le point de rejoindre une passerelle, l'escalier sur lequel il se trouvait semblait devoir lutter pour continuer sa route ou repartait tout simplement dans l'autre sens. Harry du même retenir Aristote par sa robe lorsque celui-ci posa un pied sur une surface fixe et que l'escalier continua sa route sans s'arrêter.

Ils arrivèrent finalement au bureau du Directeur. Harry fut tenter de dire à Alaric de l'attendre à l'extérieur, il doutait que lui et le professeur Rogue puissent s'entendre, mais il était inconcevable de le laisser errer librement dans les couloirs. Ils furent donc rapidement sous le mur où se trouvaient de nombreux tableaux. D'un coup de baguette, le Professeur Brocklehurst en réarrangea l'ordre malgré les grommèlements de leurs occupants et le tableau de Severus Rogue se retrouva face à eux.

— Je vous laisse discuter, je dois me rendre dans les cuisines.

Aristote quitta son bureau en lançant à Alaric un regard qui devait vouloir dire « ne touchez à rien ou je le saurais » et qui eut évidemment l'effet totalement inverse. Alaric commença immédiatement à fureté dans l'immense bureau, tentant de trouver quelque chose d'intéressant. Du temps de Dumbledore, il se serait amusé de tous les appareils étranges dont Harry ignorait totalement l'utilité mais à présent, il ne s'agissait au final que d'un bureau bien vide, sans âme, Aristote ne devait décidément pas se sentir bien entre ces murs.

— Potter.

— Bonjour, Professeur Rogue. Désolé de vous déranger, j'aurais besoin de votre aide.

— Vous avez gagné en politesse en grandissant, je n'aurais pas parié là-dessus.

Harry eut un sourire un peu crispé. Il avait beau savoir tout ce que Severus Rogue avait pu faire pour lui, et de manière générale pour tous ceux qui avaient combattu le Seigneur des Ténèbres, l'homme n'en restait pas moins désagréable. Comme il s'y était attendu, la voix nasillarde, moqueuse et froide de Rogue avait suffit à attirer l'attention d'Alaric qui approcha d'eux avec un sourire ravi.

— Enchanté Professeur Rogue. Je m'appelle Alaric Keeling, je suis conjureur de sorts.

Rogue le détailla, des pieds à la tête, et hocha la tête. Visiblement, Harry s'était trompé : ils allaient bien s'entendre, et c'était quelque chose de passablement agaçant. Si tous deux se mettaient à s'amuser, il allait rapidement se retrouver dans une situation désagréable, voire hors de contrôle. Harry compris l'entente mutuelle quand Rogue souligna qu'Alaric devait être également préparateur de potions à en juger par ses doigts. Harry n'était pas sûr de comprendre, mais Alaric souligna le sens de l'observation du professeur de potions, ce qui lui fit penser qu'il ne devrait poser aucune question à ce sujet.

— Bien, Potter. De quoi s'agit-il ?

— De deux sortilèges de votre création. Le... Le Sectusempra, hésita Harry. Et son contre-sort.

— Il ne s'agit pas d'un contre-sort à proprement parlé, Potter, vous devriez le savoir. Il s'agit d'un sort de soin, que j'ai créé afin de pouvoir réparer les dégâts du Sectusempra. Heureusement que j'ai eu cette présence d'esprit, n'est-ce pas, Potter ?

— En effet, Professeur. Heureusement que vous avez eu la présence d'esprit d'imaginer un sortilège pour réparer vos erreurs.

Harry eut un sourire parfaitement courtois, mais il s'en voulait d'avoir si facilement mordu à l'hameçon. Il ne devait pas avoir tant mûrit que ça, car les remarques désobligeantes de Rogue, qui avaient la terrible habitude de viser juste, le faisaient toujours bouillonner de l'intérieur. Alaric intervint avant que les choses ne dégénèrent en une dispute sans queue ni tête qui finirait indéniablement par le départ de Harry claquant la porte derrière lui.

— Nous aimerions savoir si vous aviez partager ce savoir avec quelqu'un.

— Non. Le Sectusempra est un sortilège dangereux, rempli de haine, je ne l'aurais jamais partagé à qui que ce soit.

Alaric jeta un coup d'œil à Harry mais ne le laissa pas parler, il le coupa même alors que ce dernier allait répondre. Sans doute craignait-il, à raison, que Harry se montre de nouveau trop agressif. Après tout, il avait juste envie de lui demander comment il pourrait le croire, alors même qu'il avait partagé sa haine à tout le monde pendant ses années d'enseignement.

— Nous avons de bonne raison de penser que quelqu'un d'autre connait vos sortilèges. Drago Malefoy, bien sûr, mais également au moins deux loup-garous qui les ont utilisés contre lui.

Le Professeur Rogue resta silencieux un moment. Finalement, son regard se dirigea très naturellement vers le tableau où se trouvait le professeur Dumbledore. Ce dernier, qui avait fait semblant de dormir jusque là ouvrir ses yeux bleus brillant de malice. Derrière ses lunettes en demi-lune, il fit un léger clin d'œil à Harry qui l'accueillit avec un sourire. Voir Dumbledore et Alaric en même temps ne faisait cependant que renforcer l'impression étrange que tous les deux étaient fait du même bois, comme s'ils étaient le cœur de deux baguettes jumelles. Alaric était encore jeune, mais cette sensation laissait penser à Harry qu'il accomplirait de grandes choses. Il espérait cependant, et il en était désolé, qu'il ferait moins d'erreurs que le professeur Dumbledore avait pu en faire au court de sa longue vie.

— Quelqu'un d'autre connaissait ces sortilèges, marmonna Rogue entre ses lèvres pincées. Un loup-garou.

— Greyback, souffla Harry.

Rogue hocha la tête. Son visage semblait avoir pâlit un peu plus à l'entente de ce nom, et il eut un geste nerveux pendant lequel il posa sa main sur son bras gauche, là où se trouvait la marque des ténèbres, comme pour en chasser une douleur fantôme. De nombreuses questions se bousculèrent dans l'esprit de Harry, mais aucune d'elles ne méritait vraiment d'être posées : c'était le passé.

— Comment les a-t-il connu ? Je doute que vous les ayez partager avec un individu de ce genre de bonne grâce, sourit Alaric.

C'est ce sourire là qui fit froncer les sourcils à Rogue. Une fois de plus, ce dernier leva les yeux dans la direction du tableau de Dumbledore, mais cela n'avait rien à voir avec une demande d'autorisation, c'était autre chose. Il tourna ensuite les yeux vers Harry et celui-ci comprit qu'il venait tout simplement de faire le même rapprochement que lui, parce que ce sourire qui savait tout et ces yeux trop profonds pour une seule vie ne leur était définitivement pas étranger.

Il fallut quelques secondes à Severus pour reprendre la parole, son regard continuant à papillonner entre les yeux d'Alaric et le tableau de Dumbledore dont il ne voyait sans doute que le cadre de bois. Tant de choses devaient se passer dans son esprit, tant de questions, si peu de réponse. Harry ne l'avait jamais vu aussi... humain.

— Par la force, fini-t-il par répondre à voix basse.

Le Professeur Rogue s'éclaircit la gorge comme pour en chasser une boule qui aurait appuyé sur ses cordes vocales. Était-ce de la colère ou de la peine ? Harry n'en était pas certain, mais ce fut Dumbledore qui reprit la parole pour éviter à Rogue de continuer son récit. Ce dernier détourna les yeux, il semblait ne pas vouloir entendre sa propre histoire sans pour autant avoir suffisamment de volonté pour fuir. Il semblait honteux, une expression que Harry ne lui avait vu que dans la pensine, alors qu'il y regardait les souvenirs partagés par des larmes mourantes.

— Le Professeur Rogue étant un préparateur de potions d'excellence, Fenrir lui a demandé de créer une potion qui lui permettrait de se transformer indépendamment de la pleine lune. Bien sûr, il était impossible pour le Professeur Rogue de refuser réellement cette demande, alors il prétexta ne pas parvenir à obtenir un résultat.

— Cela n'explique pas comment...

— Cessez donc d'interrompre vos professeurs, Potter, trancha Rogue.

Harry préféra ne pas souligner qu'ils n'étaient plus ses professeurs, car Severus Rogue semblait perdu dans ses pensées tumultueuses. Finalement, il soupira et redressa la tête, près à reprendre la parole. Sans doute aurait-il remercié Dumbledore de son intervention s'il avait été du genre à remercier qui que ce soit, pour quoi que ce soit.

— Vous vous souvenez sans doute du livre de potions dans lequel vous avez trouvé mes sortilèges, Potter.

— Oui. Bien sûr.

— Suite à la mort du professeur Dumbledore, je l'ai récupéré. J'espérais l'utiliser pendant mes recherches.

Harry se demanda évidemment comment le professeur Rogue avait pu trouver ledit livre, alors même qu'il l'avait caché dans la salle sur demande. Il mit de côté cette question, mais se promit d'y trouver une réponse dès qu'il aurait un instant.

— Des recherches ?

— Oui, Potter. Des recherches. C'est ce que l'on fait quand notre métier ne se résume pas à la force et au combat.

Harry ne releva pas, même si il sentit l'agacement venir lui titiller le coin de la bouche une fois de plus. Il aurait eu bien des réponses à donner, toutes moins courtoises les unes que les autres, mais il fit de son mieux pour les retenir. Si bien qu'il sursauta presque lorsqu'il entendit l'une des phrases qui hantaient son esprit être prononcés par la voix d'Alaric.

— Je ne crois pas qu'on puisse reprocher à Harry sa stupidité, étant donné qu'il a échappé au Seigneur des Ténèbres pendant toute la période de sa chasse aux Horcruxes. Pardon, je ne suis pas censés savoir pour les Horcruxes, n'est-ce pas ? Je finis par oublier à quelles informations les citoyens ont accès.

Dumbledore fixa sur Alaric un regard intéressé, alors que Harry et Rogue se contentaient d'un regard relativement vide. Ils ne s'étaient absolument pas attendu à ce qu'Alaric prenne sa défense, et l'entendre parler de Horcruxe mettait Harry étrangement mal à l'aise. Il y eut un silence de plusieurs secondes, puis Rogue reprit finalement la parole de sa voix trainante. Il semblait un peu hésitant, maintenant.

— Des recherches, disais-je, dit-il. Je pensais pouvoir créer une potion soignant la lycanthropie, et la faire boire à Greyback en prétextant que c'était la potion lui permettant de se transformer comme il l'entendait. Cependant, je n'ai jamais pu trouver la bonne recette et cela aurait de toute façon été infructueux : Greyback aurait sans doute fait des tests sur d'autres loup-garous, qu'il aurait tué ensuite pour être le seul capable de se transformer comme il l'entendait. Un jour, il est venu à mon atelier pendant que je travaillais. Le manuel de potion était ouvert à la page sur la potion tue-loup. Il l'a prit et la feuilleté en me menaçant, croyant que je cherchais à créer une potion tue-loup plus puissante. Puis il l'a vu et...

— Et il l'a utilisé sur vous, compléta Harry.

Rogue eut un sourire étrange, faible, pincé, ses lèvres fines et pâles semblaient ne s'étirer que pour satisfaire leur propriétaire, sans volonté, sans envie. C'était un sourire de fatalité, de ceux que l'on fait quand tout est perdu, quand nos secrets sont exposés et que l'on a plus rien à perdre. Ce n'était pourtant pas important, ce n'était pas honteux, mais sans doute le fait d'avoir été visé par son propre sortilège rendait-il tout cela bien plus humiliant que ne l'aurait pensé Harry.

— J'étais en train de mourir, et j'étais le seul à connaître le sort de guérison. Fenrir s'est approché, il s'est penché sur moi et a proposé de me transformer pour me permettre de survivre. Je n'avais pas d'autre solution. J'ai utilisé mes dernières forces pour me soigner, c'est ainsi qu'il a appris le Vulnera Sanentur.

Harry resta silencieux, son regard planté dans celui de Rogue qui le soutenait sans réelle envie, plus par habitude que par volonté. C'était légitime. C'était légitime et pourtant Harry lui en voulait un peu. Quelle autre solution aurait eu Rogue ? Se laisser mourir ? Alors qui aurait pu aider Harry, Ron et Hermione dans l'ombre ? Se laisser transformer ? Personne ne devrait subir cela, et à quoi bon se sacrifier ainsi alors que le pire était déjà révélé à Greyback ?

— Ce n'est pas tout, n'est-ce pas ?

C'était Alaric qui avait parlé. Rogue et Harry tournèrent les yeux vers lui d'un même mouvement. Alaric ne souriait pas, il était simplement calme, sérieux, et Harry sentit son estomac se tordre alors que la compréhension le heurtait violemment, comme un coup de poing dans le ventre. Il tourna de nouveau la tête vers Rogue qui avait redressé la tête mais n'avait pas lâcher Alaric des yeux pour autant. Les épaules droites, il semblait vouloir avoir l'air imposant et fort alors qu'il semblait si maigre, si faible, dans ce fauteuil de Directeur dans lequel il avait été peint et dans lequel il ne devait pas se sentir à sa place, ce siège qui semblait lui brûler la peau et dont il évitait les accoudoirs sans même s'en rendre compte.

— Vous êtes quelqu'un de perspicace, Keeling.

— Oui. Surtout concernant les humains.

Rogue hocha faiblement la tête, il n'y avait pas de colère dans ses yeux, pas même de haine ou de tristesse. Pour la première fois, il sembla à Harry que le professeur Rogue ne ressentait rien de réellement négatif.

— Il semblerait que je sois heureusement mort avant ma première transformation.

Harry ferma les yeux, accusant le coup. Il baissa la tête sans y penser. Jamais il n'aurait pensé pouvoir se sentir si mal, si désolé pour le Professeur Rogue. Il se réjouissait. Il se réjouissait d'être mort avant d'avoir du affronter sa nouvelle nature. C'était compréhensible, et c'était tellement triste. Comme pour Dumbledore il y avait une genre de fatalité, une évidence, un point final à leur vie qui n'aurait pu être nulle part d'autre. Dumbledore était mort peu avant que la mort ne le fauche. Rogue était mort peu avant qu'il ne devienne un loup-garou. Tout cela avait un goût amer, un goût d'achevé que Harry trouvait plus désagréable encore que les sensations d'inachevé qui le prenait aux tripes depuis la fin de la guerre. Il ressentait beaucoup de choses. Du dégoût, de la colère, de la haine peut-être même. Il aurait voulu avoir Greyback devant lui, et lui infliger le sortilège qu'il avait infligé à Rogue avant de profiter de sa faiblesse pour le mordre.

— Ne faites pas cette tête, Potter. Il ne sert à rien de ressasser le passé, je m'y suis laissé prendre et croyez moi lorsque je vous dis que cela n'apporte rien de bon. Je serais mort, quoi qu'il en soit. Tout ce que vous pouvez faire, conclu Rogue en détournant son regard, c'est faire votre travail et arrêter ceux qui agissent encore de cette façon.

Le Commandant des Aurors songea qu'il ne s'était jamais sentit aussi mal d'avoir été déchu de ses fonctions. Il devait reprendre son poste. Il devait cesser d'agir dans le dos du Ministre, cesser d'entrer dans le Ministère sous les traits d'un autre pour continuer officieusement son enquête. Il devait reprendre sa place, c'était tout ce qui comptait. Il devait reprendre sa place car il voulait de nouveau lutter, encore et encore, même s'il avait l'impression de lutter contre le vent comme un moulin en haut d'une colline que plus personne ne prend la peine de monter. Il voulait se battre, et rappeler au monde qui il était. Non pas la moitié d'un Survivant, non pas un héro à la retraite, pas un seul de ces termes que l'on avait utilisé dans les journaux pour le définir. Il voulait leur montrer qu'il était celui qu'il avait toujours été et qu'il serait toujours, il voulait leur montrer qu'il était Harry Potter et que cela devrait suffire à les persuader de sa ténacité. Il ne les lâcherait pas. Il revit le chien de sa Tante Marge lui courir après sans relâche et fut presque amusé de s'y comparer.

Il tourna la tête vers Dumbledore qui ne lui offrit qu'un sourire calme, puis vers Alaric qui ne le regardait pas. Cela lui laissa une sensation étrange, un peu comme s'il se rendait compte qu'il attendait de lui d'être toujours en train de le surveiller comme l'avait fait Albus pendant si longtemps. Il tourna finalement la tête vers Rogue qui soutint de nouveau son regard, puis il hocha la tête.

— Très bien, c'est ce que je vais faire dans ce cas. Si vous voulez bien m'excuser une seconde.

Harry tourna les talons et tira sa baguette. Il la pointa sur le haut de la bibliothèque qui occupait tout un mur de la pièce.

— Accio Choixpeau.

Ce dernier quitta son support en soulevant les deux plis qui semblaient lui servir de sourcils. Il ne fit aucun commentaire et n'entonna aucun chant, ce pour quoi Harry lui était reconnaissance. Il se tourna vers Alaric qui lui offrit un sourire amusé. Comme il le pensait, il n'eut pas à s'expliquer. Alaric tira tranquillement la chaise du directeur et s'y installa le plus naturellement du monde. Cette image étrange sembla suspendue hors du temps. Un instant, Harry le vit tel qu'il était réellement. Puissant, imposant, indomptable. Peut-être que ces définitions n'étaient pas les plus appropriées pour un Directeur, mais elles l'étaient pour le Directeur que serait un jour Alaric Keeling.

Harry fit flotter le Choixpeau jusqu'à Alaric, et rompit son sortilège une fois qu'il fut en place sur sa tête. C'était la seule personne qu'il connaissait qui n'avait jamais été répartie dans une maison. Il se souvenait avoir lu dans l'histoire de Poudlard, et il en remercierait jamais assez Hermione de l'avoir forcé à le faire, que le Choixpeau n'était pas soumis à une limite d'âge.

— Hmmmmmmm... commença le chapeau comme à son habitude. Intriguant, très intriguant... Difficile aussi... Le courage et la hardiesse d'un Gryffondor, la malice et l'obstination d'un Serpentard, la curiosité et la soif d'apprendre d'un Serdaigle, la conscience des autres et le sens de l'effort d'un Poufsouffle... Vous êtes bien difficile à répartir jeune homme...

— C'est ce qu'on m'a toujours dit. Mais je préférerais Poufsouffle.

— Vraiment... ? Laissez moi y réfléchir encore un peu...

Puis le Choixpeau se tue. Harry n'avait pas vraiment prévu cela, il pensait qu'Alaric arriverait aisément à le persuader de le répartir à Poufsouffle. Pourtant, le temps passa sans que le Choixpeau ne reprenne la parole. Harry cru à plusieurs moments qu'il s'était endormi, mais il continuait à froncer ses plis à intervalles irréguliers. Alaric commença à s'ennuyer après environ une minute d'immobilité. Il l'exprima d'abord en faisant tressauter sa jambe à une vitesse presque absurde. Après une minute de plus il se releva brusquement pour continuer son exploration du bureau comme si de rien était. Il avait beau pencher la tête en tout sens, le Choixpeau restait résolument posé sur sa tête, bien décidé à trouver la solution à ce mystère.

Alaric était en train de fouiller un placard quand le Professeur Brocklehurst entra dans le bureau. Il haussa les sourcils en regardant le Choixpeau et tourna la tête vers Harry, visiblement en l'attente d'une explication. Harry aurait aimé lui dire qu'il n'avait pas eu le choix, mais en réalité il avait prit sa décision à la hâte alors qu'il aurait simplement put demander à Alaric de conjurer le sortilège du parchemin.

— J'ai pensé que si Alaric devait vous remplacer, tenta Harry, il fallait qu'il soit officiellement réparti.

— Oh, dit Aristote. C'est vrai, oui. Il a donc accepté ?

Le conjureur de sorts se tourna vers Harry avait une expression que ce dernier ne lui avait encore jamais vu. Il semblait pris de court. Une fois qu'il fut parvenu à chasser la satisfaction que cela lui faisait ressentir, Harry répondit en faisant de son mieux pour ne pas en rire.

— Pas encore. J'espérais le convaincre avec ce rite de passage mais le Choixpeau... Cela fait déjà vingt minutes.

— Vingt minutes ?

Aristote regarda de nouveau Alaric avec une expression intriguée. Dumbledore expliqua alors qu'il arrivait que le Choixpeau mette du temps à se décider, mais que cela finissait toujours par arriver. Il les informa même que Minerva McGonagall était elle-même considérée comme une Choixpeau flou car le Choixpeau avait mis environ cinq minutes à décider de la maison dans laquelle il devait la répartir. Il admit cependant qu'il n'avait jamais assisté à un temps de réflexion si long de la part de l'artefact magique.

— Peut-être dans l'Histoire de Poudlard, ironisa Harry dans un soupir. J'imagine qu'on ne peut pas interrompre le processus, il va donc falloir attendre. Pouvons-nous l'emmener pendant que nous poursuivons notre enquête ?

— Monsieur Potter, s'indigna Aristote. Je suis navré mais même si c'est vous je ne peux pas autoriser une chose pareille. Le Choixpeau appartient à Poudlard.

— Considérez ça comme un service rendu au prochain Directeur de Poudlard, s'interposa Alaric avant que Harry ne puisse dire quoi que ce soit.

Ils le regardèrent tous les deux avec une expression surprise. Alaric venait il réellement d'accepter le poste ? Il ne devait pas réellement avoir conscience de ce que cela impliquait. Ou bien il comptait simplement revenir sur sa parole une fois qu'ils auraient eu ce qu'ils voulaient. Pourtant, Aristote était visiblement assez désespéré pour tomber dans le piège, et il accepta volontiers de rendre ce service à son remplaçant. Il lui serra fermement la main sous le regard réprobateur de Severus Rogue. Dumbledore, lui, avait un sourire mystérieux dans lequel Harry décelait un peu d'amusement. Quant aux autres directeurs dont les portraits avaient été ignorés, ils semblaient tout simplement abasourdis.

Harry et Alaric furent devant les portes de Poudlard, face au pont qui donnait sur la route menant à Pré-au-lard, avant que Harry n'ait pu totalement comprendre ce qui s'était passé. Il se tourna vers Alaric mais décida qu'il valait mieux s'éloigner avant de discuter. Le Choixpeau semblait ne pas avoir remarqué qu'ils étaient sortis, il restait tout entier concentré sur sa tâche qui semblait interminable. A ce rythme, Alaric risquait de se retrouver répartit dans l'une des trois autres maisons, ce qui rendrait tout ça totalement obsolète. Harry s'en voulait d'avoir agit sur une impulsion au lieu de réfléchir réellement aux options qui s'offraient à eux. Le fait qu'Alaric ait si facilement accepté son idée lui avait fait oublié qu'elle était particulièrement mauvaise.

Ils traversèrent le pont en silence et avancèrent de quelques mètres supplémentaires avant que Harry ne prenne finalement la parole après un soupir qui attira l'attention d'Alaric.

— Pourquoi as-tu dit ça ? Si tu ne comptes pas prendre le poste, ça revient à lui donner un espoir assez cruel.

— Je n'aurais qu'à prendre le poste, dans ce cas.

Harry s'arrêta net. Alaric fit encore quelques pas avant de s'arrêter à son tour et de se retourner vers Harry qui le regardait avec incompréhension. Avait-il réellement dit ce qu'il pensait avoir attendu ? Cela ressemblait à une blague de mauvais goût, et le Commandant des Aurors n'était pas sûr de pouvoir réagir avec calme s'il s'avérait qu'Alaric se contentait de se moquer de lui.

— Tu comptes devenir le Directeur de Poudlard ?

— Pourquoi pas, puisque tu me recommandes ?

— Tu as l'air de détester l'école, s'indigna Harry. Et puis tu es du genre à voyager non ? Tu es trop jeune pour un poste de ce genre, sédentaire et...

— Ce n'est pas un poste sédentaire, coupa Alaric avec calme. Il l'est parce que c'est comme ça que vous l'avez fait ici. Le Professeur Dumbledore s'absentait constamment car il avait une directrice adjointe, n'est-ce pas ? Je pourrais m'absenter quand j'en aurais besoin, mais j'occupe la plupart de mes journées à faire des recherches, je pourrais le faire en occupant ce poste.

— Le rôle de Directeur est prenant, il ne s'agit pas seulement de t'asseoir à un bureau et de faire autre chose pendant tes heures de travail, tu dois être là pour les étudiants, les professeurs.

— Je sais, Harry.

Alaric lui sourit un peu avant de lever la tête vers la silhouette imposante du château. Il avait dans les yeux une lueur conquérante qui fit comprendre à Harry qu'il n'avait pas réellement son mot à dire. En réalité, elle lui fit même comprendre qu'Alaric aurait pris cette place même si personne ne la lui avait proposé. Il avait des envies brutales de changement et d'ouverture sur le monde, des ambitions qui semblaient extrêmes, excessives, mais qui lui correspondaient si bien malgré tout.

— Tu verras. Laisses moi Poudlard un an... et j'en ferais la meilleure école de magie du monde, à tous points de vue.

Harry hocha la tête et se remit à avancer. Il croyait Alaric, que cela lui plaise ou non. Il croyait chacun de ses mots et chacune de ses capacités. Si Alaric disait qu'il allait être directeur, alors il le serait. Si Alaric disait qu'il ne lui faudrait qu'un an pour transformer Poudlard, alors l'école serait bientôt méconnaissable.

Ils reprirent leur marche sans que le Choixpeau n'ait encore pris de décision. Il y avait beaucoup à faire, mais Harry ne voyait pas comment ils pourraient faire quoi que ce soit s'ils leur fallait expliquer pourquoi Alaric portait un couvre-chef aussi particulier partout où ils allaient. Quand ils passèrent devant la Cabane Hurlante, Alaric s'arrêta.

— Eh. Allons nous occuper de ça. On sait pas combien de temps le Choixpeau va mettre avant de se décider, ça nous fera une occupation en attendant.

— On a plus urgent à faire, Alaric.

— Oui, mais on ne peut pas les faire. Occupons notre temps intelligemment.

Sans attendre sa réponse, Alaric enjamba les fils barbelés et commença à avancer vers la cabane. Harry hésita un peu, mais il ne pouvait décemment pas le laisser seul et il décida donc de lui emboîter le pas même s'il aurait préféré pouvoir continuer à avancer sur l'enquête. Si seulement Alaric n'était pas aussi imprévisible, il n'aurait pas d'inquiétude à l'idée de perdre le contrôle de cette enquête. Il lui faisait confiance pour prendre les bonnes décisions, mais aussi pour le forcer à se confronter à des situations qu'il préférait éviter. Si Harry avait tendance à trop miser sur sa chance il essayait malgré tout de ne pas prendre de risques inutiles lorsqu'il était dans un état normal. Alaric, lui, semblait miser sur ses capacités et prendre simplement la solution la plus rapide en sachant parfaitement qu'il s'en tirerait à moindre mal grâce à sa magie et à son intelligence.