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Lorsqu'ils entrèrent dans le cabane hurlante, Alaric s'arrêta dans l'entrée. Il prit le temps de regarder le salon partiellement nettoyé par Harry, puis de lever la tête vers le plafond comme pour constater la fragilité de la structure. Le conjureur de sort avança finalement, permettant à Harry d'entrer à son tour, et s'arrêta au milieu de la petite pièce aux meubles dépareillées. La bibliothèque, vidée par Harry la semaine passée, semblait maintenant peiner à supporter son propre poids et penchait légèrement sur le côté. Alaric posa une main sur un des accoudoirs du fauteuil le plus proche, et sa main s'y enfonça anormalement.

— Il n'y a rien à sauver ici, tu sais ?

— Je m'en doutais, répondit Harry. Ginny et moi comptions juste faire le ménage à l'origine mais je me rend compte que c'est insuffisant.

Alaric hocha la tête puis il approcha de la fenêtre, en regardant le contour. Harry ne s'en était pas rendu compte la première fois mais le cadre de bois avait été rongé par la moisissure, si bien qu'Alaric n'eut qu'à passer un doigt sur le verre, en mesurant la saleté, pour qu'elle tombe vers l'extérieur dans un fracas de verre brisée et de bois cassé.

— On ferait mieux de tout remplacer. Des meubles jusqu'aux murs en passant par les sols et le toit. Il y a un sous-sol ?

Harry hocha la tête et Alaric regarda vers la porte qu'il lui indiquait. On y voyait encore, assombri par le temps les traces de sang laissé par Ron des années auparavant, sous une fine couche de poussière qu'avait un jour balayé la cape de Severus Rogue alors qu'il croyait tenir son ennemi de toujours.

— C'est un passage secret vers le parc de Poudlard. Il est difficilement empruntable depuis là-bas, mais d'ici c'est assez facile.

— Mon école est un morceau de gruyère. Charmant.

Ils échangèrent un sourire puis Alaric proposa qu'ils sortent : ils allaient tenter de comprendre la structure générale de la maison avant de se questionner sur la façon dont les pièces étaient agencées. Ils se retrouvèrent donc dehors. La maison penchait légèrement sur le côté, elle semblait peiner à garder son toit en place au point qu'il avait l'air de glisser lentement vers le sol. Pendant un moment, ils se contentèrent de faire le tour. Harry décrivait ce dont il se souvenait et qui avait changé ou disparu, les murs droits surtout.

Au bout d'un moment, Alaric sorti de la poche de sa veste un petit calepin qu'il agrandit d'un coup de baguette. De cette même poche, il tira ce qui ressemblait à un crayon. Lorsqu'il ouvrit sa main, le carnet s'ouvrit et se mit à flotter, le crayon se plaçant au-dessus. Après une seconde, le crayon commença à s'agiter pendant qu'Alaric continuait à faire le tour de la maison, suivit par son matériel. Moins de cinq minutes plus tard, il se tournait vers Harry en désignant le croquis magique.

— Est-ce que ça te semble correspondre ?

Harry s'approcha pour regarder avec attention les quatre croquis qui se succédaient, un de chaque face de la maison, alors que le crayon en suspens semblait attendre sa réponse.

— La cheminée était un peu plus grande je crois.

Le crayon se retourna pour gommer la cheminée en place sur les quatre dessins puis la redessina rapidement. Le résultat était satisfaisant, et Harry confirma donc que cela semblait être une représentation fidèle de la Cabane Hurlante.

— Passons à l'intérieur, mais soyons prudents.

Ils entrèrent, suivit du calepin. Une page se tourna et le crayon se mit à dessiner l'intérieur de la maison. Le couloir qui faisait office d'entrée d'abord, avec à droite les escaliers qui montaient à l'étage et à gauche la porte qui descendait au sous-sol. Ensuite, le calepin avança jusqu'au centre du salon et se mit à dessiner la pièce avec ses meubles. Alaric lui dit de les ignorer, le crayon les effaça et passa dans la cuisine adjacente.

Un instant plus tard, elle était de retour et attendait de nouvelles instructions. Alaric ouvrit la porte fragile qui donnait sur le sous-sol. La poignée sembla résister lorsqu'il la tourna et les gonds criaient presque. Il regarda vers le bas des escaliers, puis tira sa baguette pour lancer un lumos. Les escaliers de bois étaient trop fragiles pour être praticable. Le sous-sol, relié par un tunnel de terre à Poudlard, avait grandement souffert de l'humidité. Le carnet et la plume descendirent seuls, et furent de retour avec un plan détaillé du sous-sol et de la première partie du tunnel quelques instants plus tard.

— Comment c'est à l'étage ? Il y a encore les portes ?

Harry tenta de se remémorer les événements qui s'étaient produits ici des années plus tôt. Il indiqué ainsi qu'il était presque certains que toutes les portes étaient encore en place à l'époque, exceptée celle de la chambre où tout s'était passé et qui devait encore être écroulée au sol. Il indiqua qu'il y avait deux autres pièces dans lesquelles il n'avait pas été. Alaric réfléchit un instant puis il hocha la tête et indiqua à Harry de sortir.

— Je vais monter seul, c'est plus prudent. Si ça s'écroule il ne faut pas que tu sois à l'intérieur.

— C'est beaucoup trop risqué.

— Ne sois pas idiot Harry, ce n'est pas une maison qui aura ma peau.

L'homme commença à monter les escaliers grinçants, il semblait éviter par instinct de marcher sur les marches les plus fragilisée. Harry soupira et sorti en prenant garde à ne pas claquer la porte : à ce stade, ce simple geste aurait bien pu faire s'effondrer la cabane. Il attendit dehors un peu plus de cinq minutes, puis un grand fracas lui fit relever la tête en tirant sa baguette. Alaric était là, debout derrière un trou dans le mur. La fenêtre qui s'y trouvait était maintenant à quelques mètres de Harry, gisant au sol.

— Désolé Harry, elle avait l'air plus solide que les autres, rit-il un peu. J'ai fini ici, je te rejoins.

Harry l'attendit encore quelques secondes puis Alaric le rejoignit, le carnet fermé dans sa main et le crayon sans doute rangé dans sa poche. Il lui tendit les croquis que Harry consulta rapidement, cela semblait parfaitement en accord avec ce dont il se souvenait. Les deux autres pièces qu'il ne connaissait pas était une salle de bain apparemment minimaliste et une seconde chambre, un peu plus petite que la première.

— Qu'est-ce qu'on fait, alors ?

— On efface tout et on recommence, répondit Alaric. On va commencer par se débarrasser de tous les meubles, puis il faudra abattre les murs, débarrasser les débris, détruire le sous-sol, énuméra-t-il. Ensuite, on aura plus qu'à reconstruire.

— J'imagine qu'on a pas le choix.

Evidemment c'était beaucoup de travail. Les frais à engager n'était pas vraiment un problème : entre l'héritage inépuisable de ses parents, le succès de Ginny et son emploi plus que bien rémunéré, ils n'avaient jamais eu à s'inquiéter de l'argent. Mais tout cela en valait il bien tous les efforts qu'il faudrait fournir ? La cabane hurlante appartenait à Poudlard, et il savait que le Directeur Brocklehurst donnerait son accord, mais personne ne se souciait de cet endroit, il faudrait lui trouver une utilité réelle.

— Pourquoi est-ce que ça s'appelle la cabane hurlante ?

— Une vieille histoire, répondit Harry. De l'époque où mon père était encore étudiant à Poudlard. Les habitants du village l'ont appelé ainsi parce qu'on entendait des hurlements venir d'ici les nuits de pleine lune.

— Ah, Remus Lupin.

Harry tourna vers Alaric un regard étonné. Celui-ci sembla surpris, car tout cela lui semblait parfaitement logique. Des hurlements les nuits de pleine lune, c'était forcément un loup-garou. La cabane étant reliée à Poudlard, ça ne pouvait être qu'un étudiant ou un professeur. A l'époque en question, Remus Lupin était le seul loup-garou présent dans le château. Si cela était en effet logique, Harry restait impressionné par la rapidité avec lesquels les liens semblaient se faire dans l'esprit du conjureur de sort. Il se demandait, parfois, s'il n'était pas effrayant d'avoir un esprit qui fonctionnait si vite, trop vite même.

— Je capitule, soupira soudain une voix.

Harry et Alaric levèrent les yeux sur le Choixpeau qui semblait détourner résolument la tête. Cela faisait presque une heure et demi qu'ils ne l'avaient plus entendu et ils avaient fini par totalement oublier sa présence.

— Tu capitules ?

— Oui, Harry Potter, je capitule. Je ne peux pas répartir Alaric Keeling. Maintenant, laissez-moi tranquille.

Le choixpeau se renfrogna et les plis de ses yeux se rapprochèrent, montrant qu'il ne comptait pas faire mine de se réveiller de nouveau pour eux. Harry passa sa main dans sa nuque. Il ignorait, en réalité, s'il était possible d'être directeur de Poudlard sans y être réparti pour autant. Alaric retira le choixpeau de sa tête pour libérer ses cheveux qu'il ébouriffa, dans un geste qui rappelait son père à Harry.

— Allons le rendre au directeur, il n'y a plus rien à faire avec ça.

Une fois le choixpeau rendu, Alaric et Harry se retrouvèrent de nouveau au bout du pont qui menait à Poudlard. Harry, les mains dans les poches, se demandait pour le moment ce qu'il valait mieux faire. Il avait envie d'appeler Owen et Stan, ce qu'il ne tarderait pas à faire. C'était même ce qu'il devrait faire en premier, pendant ce temps, Alaric pourrait s'occuper du parchemin. Ils avaient donc besoin de se trouver dans un endroit tranquille où ils ne risqueraient pas d'être dérangés.

— J'imagine que tu connais la tête de sanglier ?

— Oh, ça fait une éternité que je n'y suis pas aller ! Le nouveau barman est vraiment sympathique, il a un chien énorme absolument adorable. Enfin, aussi adorable que peut l'être un chien-loup passablement antipathique.

Harry leva un sourcil. Il n'aurait même pas dû poser la question, c'était évident qu'Alaric connaissait l'endroit et il préférait ne pas savoir pourquoi. A l'époque, c'était un endroit où on allait lorsqu'on ne voulait pas être espionné, pour des affaires peu légales. Aujourd'hui, l'établissement semblait s'être racheté une conduite mais tout le monde savait au Ministère que ça restait un lieu de prédilection pour des individus peu recommandable. Cependant, tout comme à l'époque, ils n'intervenaient pas : savoir où trouver des informations était un avantage non négligeable dans de nombreuses enquêtes. Harry s'en voulait de n'avoir pas pensé à cela au début de son enquête, il aurait sans doute eu des réponses bien plus rapidement.

Alaric et Harry se mirent donc en marche, ils rejoignirent rapidement Pré-au-Lard et, au lieu d'emprunter la rue principale, où se trouvaient la plupart des commerces et des habitations, ils bifurquèrent vers la gauche. Après avoir contourné un premier bâtiment à l'angle de la rue, ils se retrouvèrent sur une route pavée certes mal entretenue mais très propres. Les maisons, de ce côté, avaient un charme très différent de celles de la rue principale. On y voyait des rideaux dépareillés, des pots de fleurs aux multiples couleurs, des fenêtres entre-ouverts d'où s'échappaient des rires et des éclats de voix tout à la fois. Cet endroit respirait la vie, la tranquillité des lieux cachés où l'on vit sans être dérangé.

Le conjureur de sort s'arrêta et Harry manqua de lui rentrer dedans. Ils étaient arrivés, et si les souvenirs affluaient à cause de l'endroit, il n'avait pourtant plus grand-chose à voir avec La tête de sanglier que Harry avait connu. Les fenêtres sales avaient été nettoyés et équipés de stores en bois clair, la porte avait été réparée et ne semblait plus constamment sur le point de partir en poussière. La devanture, autrement poussiéreuse et noircit révélait à présent l'orangé pur de ses briques apparentes.

Alaric poussa la porte et Harry lui emboita le pas après avoir pris le soin de transformer son visage avec un sortilège de métamorphose rapide. C'était sans aucun doute l'une des choses les plus utiles qu'il avait apprit en devenant Auror. L'apparence qu'il prenait habituellement était connue de ses collègues mais il avait pensé à en travailler une autre, connue de lui seule, juste au cas où. Il avait bien fait.

— Bienvenue !

La voix était chaude et entière, profonde, rien à voir avec le ton bourru d'Abelforth qui n'aurait même pas pris la peine de souhaiter la bienvenue à ses clients. Harry observa l'endroit, hésitant entre la mélancolie et l'heureuse surprise. On voyait le parquet qui avait si longtemps été dissimulé sous la poussière et le gras, les tables de bois étaient lustrées et leurs fissures avaient disparues, les chaises ne grinçait plus, les banquettes rongées par les mites avaient été remplacé, les vieilles bougies en fin de vie troquées contre un lustre et, finalement, le bar autrefois rudimentaire était maintenant large et brillant. Derrière ce dernier se trouvait un homme d'une trentaine d'année, aux épaules larges et à la haute stature. Si Alaric était déjà grand, lui semblait le dépasser de presque deux têtes.

Harry estima que l'homme, qui devait faire deux mètres, était le propriétaire du bar. Il ignorait comment il en avait fait l'acquisition, mais il semblait parfaitement à l'aise ici bien que, comme c'était le cas chez Alaric, il y avait dans ses regards quelque chose de sombre. En s'approchant du bar, Harry prit le temps de s'attarder un peu plus sur les murs de briques et il remarqua finalement les photographies magiques qui décoraient l'endroit. Il y avait plusieurs photos d'une ferme, d'un troupeau de Veaudelunes, et de plusieurs autres créatures que Harry peinait à distinguer à cette distance.

— Bonjour James, dit Alaric au barman. Tu nous sers un whisky pur feu ? Prends en un aussi.

Alaric se tourna vers Harry pour lui faire signe d'approcher. Il ne sembla pas surpris par sa nouvelle apparence, même si son regard s'attardait un peu plus longtemps que nécessaire sur son nez aquilin, avec un sourire que Harry n'appréciait pas. Désireux de trouver une apparence aisée à reproduire en cas d'urgence, il avait opté pour un mélange des traits de Sirius, Lupin, Severus et Albus, ce qui ne semblait pas échapper au conjureur de sort qui en savait décidément bien trop sur les personnes chères au cœur de Harry.

— Bonjour, dit Harry d'une voix plus enrouée que la sienne.

— Je te présente Eoghann MacIlleSheathanaich, un ami que j'ai rencontré assez récemment.

— Ecossais ? demanda poliment le barman.

— Heum, oui. Ecossais. Appelez-moi Hann.

Harry l'avait dit avec un peu d'amertume dans le voix, en tournant un regard réprobateur vers Alaric. Il n'avait certes pas encore choisi de nom pour cette apparence, mais il n'appréciait que moyennement le choix de son compagnon de route. Comment allait-il pouvoir retenir ça ?

Le barman, qui devait donc s'appeler James puisque c'était ainsi qu'Alaric l'avait appelé, et qu'il n'avait sans doute pas l'habitude d'inventer des noms à l'ensemble de ses connaissances, posa trois verres sur le bar. Il y versa le contenu d'une bouteille de Whisky pur feu et en poussa deux vers Harry — Eoghann — et Alaric. Contre toute attente, James bu son verre cul sec puis le posa dans l'évier avant de fixer son regard sur Alaric, semblant attendre quelque chose de sa part. Alaric, comme à son habitude, se contenta d'être agaçant. Il faisait glisser son doigt sur le bord de son verre sans un mot, et sans pour autant détacher son regard du barman. Finalement, ce dernier soupira d'une façon qui laissa penser à Harry qu'il avait l'habitude de devoir composer avec le comportement d'Alaric, et qu'il ne s'en formalisait plus réellement, ou du moins ne cherchait plus à lutter.

— Qu'est-ce que tu veux ?

— Rien, répondit Alaric en buvant enfin son verre. On avait juste besoin d'un endroit calme où bosser. Il faudrait qu'on soit à l'abris des regards.

James passa une main sous son bar et posa une clé devant le verre d'Alaric. Ce dernier ne baissa pas les yeux, mais Harry prit le temps de regarder l'objet. Il se souvint que l'endroit était également une auberge, bien que peu de personne n'ait utilisé cette fonction du temps d'Abelforth. Il tourna les yeux vers les escaliers de bois qui donnaient sur l'étage où se trouvaient les chambres, près à s'y rendre, mais Alaric ne semblait pas de cette avis.

— Je préférerais les clés de ton bureau.

— Et je préférerais que tu sois moins envahissant et connaisse les limites de la vie privée. Nous sommes visiblement deux grands rêveurs.

Harry ne put s'empêcher de lâcher un rire qu'il coupa tout net lorsqu'il l'entendit passer ses lèvres. James et Alaric tournèrent les yeux sur lui, et Harry s'immobilisa. Il n'avait pas suffisamment détailler James en arrivant, et maintenant ça lui sautait aux yeux. Ils avaient les mêmes yeux opalescents qui avaient l'air de tout voir.

— Ne me dis pas que tu viens seulement de percuter ? s'amusa Alaric.

Il ne donna pas plus d'informations pour autant et Harry ne put poser aucune question : James reprenait déjà la clé de la chambre qui portait le numéro sept pour en chercher une autre dans sa poche. Cette dernière était accompagnée de plusieurs autres, mais cela ne sembla pas perturber Alaric qui devait sans doute avoir l'habitude de les utiliser.

— Merci pour votre aide, dit Harry.

James se contenta de hocha la tête, et Alaric se releva. De nouveau, Harry lui emboîta le pas alors qu'ils quittaient le bar par une porte qui donnait sur la cours intérieure. Leur apparition soudaine dû réveiller le chien qui se trouvait là, une bête immense, semblable à un loup, qui releva sa haute tête pour les fixer. Ils longèrent le mur jusqu'à une nouvelle porte qu'Alaric déverrouilla, et le chien reposa sa tête sur ses pattes croisées.

Harry entra juste après Alaric. L'endroit était très clairement plus qu'un bureau, c'était la maison que devait habiter le barman. Il y avait ici plus encore de photos de créatures magiques et de cette même ferme qui semblaient apparaitre partout, parfois avec devant elle un pré-adolescent et ceux qui devaient être ses parents. Ils montèrent un escalier étroit qui se trouvait à leur gauche et se retrouvèrent rapidement dans un espace de travail. L'escalier continuait, sans doute pour desservir la chambre.

Le bureau ressemblait à une bibliothèque qu'on aurait oublié d'agrandir. Toutes les étagères étaient pleines, ce qui devait déjà constituer une collection de plusieurs centaines d'ouvrages tous plus gros que les autres, mais s'y ajoutaient des pilles de livres qui, dans un équilibre précaire, jonchaient le sol. Harry eut même du mal à voir qu'il y avait réellement un bureau ici, croulant sous les parchemins et les livres. Sans qu'il ne le voit sortir sa baguette, Alaric débarrassa la surface du bureau et fit venir une seconde chaise.

— Mets toi à l'aise. Et reprend ton apparence, je ne suis pas un grand fan d'Eoghann.

— Fallait y penser avant de le rendre Ecossais.

Malgré tout, Harry s'exécuta et reprit rapidement son apparence normale, dans laquelle il se sentait de toute façon bien plus à l'aise. Il ignora la chaise proposée par Alaric et commença à enjamber des livres, parchemins et pots d'encre pour approcher des étagèrent qui semblaient trembler sous le poids des livres.

— C'est un chercheur ?

— James ? En quelques sortes. C'est plutôt qu'il a besoin de s'occuper l'esprit et de tout comprendre, de tout savoir. Il était comme ça aussi à l'école, mais ça a empiré ces dernières années.

— Il ne peut pas être pire que toi.

— Pas sûr, répondit Alaric en passant sa main dans sa nuque. C'est juste qu'il ne se met pas en danger. Enfin… Disons plutôt qu'il n'a pas mon besoin d'adrénaline, ça ne rend pas ça moins mauvais pour lui.

Harry préféra ne pas fouiller plus dans cette histoire. Alaric semblait étrangement bavard sur le sujet, même si Harry aurait donc pu en profiter pour en apprendre plus sur lui cette perspective l'inquiétait étrangement. Il avait l'impression que poser ces questions le pousserait dans des eaux trop troubles pour lui, qu'il apprendrait des choses qu'il ne voulait pas vraiment savoir.

Il prit un livre au hasard dans la bibliothèque et le feuilleta. Quelque chose, glissé entre les pages, le fit s'ouvrir à un endroit précis. Le chapitre semblait parler de droit moldu, ce qui étonna un peu Harry. Il retourna le papier épais qui avait servit de marquepage et découvrit une photo immobile, d'un homme qui devait avoir un peu plus de 25 ans, à la carrure solide. Sa tenue laissait entendre qu'il devait être éleveur ou fermier mais, avant que Harry n'ait le temps de se poser la question, la photo brûla entre ses doigts. Il la lâcha par réflexe et se tourna vers Alaric qui ne le regardait pas, mais dont le regard fermé laissait voir qu'il s'agissait là encore d'un terrain sur lequel Harry ne souhaitait pas s'aventurer pour le moment.

Au bout d'un moment, Alaric s'assit au bureau et tira le parchemin de sa poche, ramenant Harry à la réalité. Il indiqua qu'il allait descendre passer ses appels et qu'il remonterait une fois qu'il aurait toutes les informations dont il avait besoin. Alaric ne répondit pas réellement, et l'Auror se demanda si c'était parce que cette photo l'avait troublé ou parce qu'il était déjà tout entier plongé dans sa tâche. Etrangement, il lui sembla que la seconde option n'était pas très plausible.

De retour dans le salon, Harry fit de son mieux pour ignorer les photographies et ne pas enquêter malgré lui. Il tira son miroir de sa poche, et commença par appeler Owen. Quelques secondes plus tard, le visage de ce dernier apparaissait, son regard semblant détailler le décor derrière Harry.

— Où est-ce que tu es ?

— Chez un ami d'Alaric. Je crois. C'est difficile à dire.

— Comme toujours, ironisa Owen. De quoi tu as besoin ?

— Est-ce que tu as eu des nouvelles de l'expertise de la baguette que j'avais ramené de Sainte-Mangouste ?

— Ah oui, on a eu un truc là-dessus.

Owen tira sa baguette et Harry comprit qu'il avait dû mettre en place une bulle de confidentialité. Il était très clairement à son bureau, et le fait de parler de la mission à Harry n'était donc pas une des choses les plus intelligentes à faire. Harry lui était reconnaissant de le faire malgré tout, il aurait détesté devoir s'introduire une fois de plus au Ministère pour obtenir des informations.

— Le fabriquant est français, mais décédé. On essaye de retrouver son apprentis mais on a rien là-dessus pour le moment.

— Comment s'appelle le fabriquant ?

— Attends, dit Owen en se mettant à tourner quelques pages. Georges Affré. Et son apprentie… Alexandra Baulne. Est-ce que ça te dit quelque chose ?

— Non, mais ça dira peut-être quelque chose à Alaric. Tu as plus d'informations sur elle ? Son âge peut-être ?

— Apparemment elle n'a que 17 ans. Elle est en dernière année à Beauxbâtons mais ils n'ont plus traces d'elle depuis le décès d'Affré.

Harry hocha un peu la tête. S'il se fiait aux informations dont il disposait pour le moment, il pouvait supposer que la jeune fille savait que son Maître avait fourni une baguette à une personne peu recommandable et avait pris la fuite à sa mort. Ou bien, elle avait été enlevée elle aussi.

— Comment est mort Affré ?

— On… On n'est pas sûrs, Harry, soupira Owen. On a pas à proprement parlé retrouvé tout son corps…

— Génial… Je vais essayer de voir ce que je trouve. Je te laisse, je dois appeler Stan pour me faire engueuler et demander encore plus d'informations.

— Bon courage.

Owen raccrocha après que Harry l'est remercié. Pour ne rien oublier de ces informations, Harry tira de sa poche un carnet sur lequel il écrit le nom du fabricant de baguette, et celui de son apprentie ainsi que les autres informations dont il disposait pour le moment. C'était un début, même si la route semblait encore longue.

Puisqu'Alaric semblait être encore occupé, Harry décida d'appeler Stanley pour savoir comment c'était passée l'opération destinée à arrêter l'ensemble des personnes présentes dans le QG de l'Organisation du Droit à la Pleine Lune. Stan accepta l'appel rapidement mais il ne semblait pas vraiment heureux de voir Harry. C'était explicable par le fait que, quelques heures plus tôt, il l'avait croisé en train de cambrioler le Ministère de la Magie. La disparition du parchemin avait-elle déjà été confirmée ? Il espérait que non. Il suffisait qu'aucun Auror n'en est besoin, finalement… Mais ses hommes étaient tous intelligents et bien formés. Ils se souviendraient du parchemin et pourraient vouloir l'examiner pour faire avancer cette enquête.

Et en même temps, pensa Harry, il semblait que tout le monde considère que cette enquête était terminée : Drago avait été retrouvé, les coupables des agressions contre les Apothicaires également. Pourquoi poursuivre ? Surtout si les deux leaders avaient déjà été capturés. Mais Harry était certain qu'il y avait bien plus de deux personnes à la tête de cette organisation.

— Salut Stan.

— Salut, Harry. Un autre acte illégal dont tu voudrais me faire part ?

Harry grimaça un peu. C'était mérité, et la voix quelque peu froide de Stanley lui faisait comprendre qu'il ne devrait pas chercher à minimiser ses torts. Au lieu de ça, il préféra éluder totalement cette partie de sa journée.

— Comment s'est passé l'intervention à la Tour ?

Stan soupira. Il se leva de son bureau et Harry l'entendit fermer la porte. Stan faisait toujours ça. Harry privilégiait les bulles de confidentialités mais Stanley trouvait ça inapproprié : c'était comme agir dans le dos de ses collègues. En fermant la porte il indiquait clairement qu'il avait une conversation privée.

— C'était complexe. Nous avons arrêté les 66 loups-garous qui se trouvaient là, sans aucun blessés grâce à Owen et toi. Cependant, les deux leaders dont tu avais parlé nous ont échappé. Monsieur Malefoy nous a aidé à faire un portrait-robot de chacun d'eux. Cependant… il avait l'air réticent. Il a demandé où tu étais en début de conversation, puis il s'est totalement renfermé sur lui-même.

Stanley sembla hésiter quelques secondes, mais il avait beau reprocher à Harry ses actions et trouver qu'il avait dépassé la limite trop souvent, il voulait que cette enquête aille quelque part.

— Je pense que tu devrais passer témoigner. Et que tu devrais parler à Monsieur Maleofy.

— Oui, approuva Harry. Je vais faire ça. Pour le moment, on est… occupés. Mais j'irais voir Drago quand on aura fini ici, puis je passerais au bureau. Owen sera disponible ?

— Harry, soupira Stan. Tu mets Owen dans une situation inconfortable. Tout le monde te faire confiance, mais tu ne sembles te fier qu'à lui, il est mal à l'aise vis-à-vis de ça, et les autres aussi.

Harry détourna les yeux. Il n'y avait jamais vraiment réfléchit, sans doute car il n'avait jamais voulu se demander si ses actes avaient de réelles conséquences. Ce n'était pas la première fois que ce déni était un problème. Il n'osait imaginer à quel point les Aurors avaient dû avoir l'impression qu'il n'accordait sa confiance qu'à Owen, et il n'osait se demander si c'était le cas. Il aurait mit sa vie entre les mains de chacun d'entre eux sans aucune hésitation mais… la vie de ses proches ? Il n'en était pas certain. Il aurait trop peur, trop peur d'en vouloir à une personne qu'il n'arriverait pas à pardonner. Il pourrait pardonner Owen car il serait certain, toujours certain, qu'il aurait fait tout ce qu'il pouvait au péril de sa propre vie. Mais les autres ?

Peut-être Harry en attendait-il trop. Peut-être que Hermione et Ron l'avaient habitué à un extrême qu'il n'aurait pas dû attendre de ses amis. Il avait toujours eu la sensation que chacun d'eux auraient donnés leur vie pour lui, et il aurait fait de même. Tout, n'importe quoi, pour garder saufs ceux qu'il aimait. Il ne pouvait garantir de les garder sains, il en avait conscience.

— Tu as raison. Je parlerais avec n'importe quel Auror disponible au moment de mon arrivée.

Stan approuva cette décision puis ils raccrochèrent. Harry resta immobile un moment, au centre du salon d'un homme qu'il ne connaissait pas, ou qu'il ne connaissait qu'à travers des photos qui ne disaient rien de lui. Comme pour se vider l'esprit, il commença à déambuler. Ici aussi, il y avait de nombreux livres. Ce qu'il avait prit pour un chemin de table en mauvais état était en réalité un parchemin déroulé qui avait fini sa course par terre. Il l'enjamba et s'arrêta devant une étagère.

Trois cadres étaient posés là, ainsi que deux petits pots de fleurs qui contenaient des plantes grasses, facile à entretenir et pourtant au bord de la mort. Les photographies semblaient en dire un peu plus sur le propriétaire de la maison. La première, à gauche, le représentait lorsqu'il était jeune, à peine adolescent. Il était entre ses deux parents, tous les trois souriaient joyeusement malgré l'épuisement visible. Sur la photographie suivante, le père avait disparu. Sa mère avait le regard éteint et lui, qui ne devait pas avoir plus de seize ans, avait le regard et les traits durs, il se tenait étrangement droit. Le vent soufflait et, pourtant, on ne les voyait pas bouger. Un autre jeune homme qui devait avoir son âge les accompagnait sa mère et lui, son sourire semblait totalement hors de propos.

La dernière photo ne montrait que James et le jeune homme de la photographie précédente. James avait les traits tirés et le regard hanté, alors que l'autre semblait au summum de sa joie. Harry avait la sensation de voir un détraqueur et sa victime, ce qui fit courir un frisson glacé le long de sa colonne vertébrale.

Au-dessus de l'étagère, un parchemin en mauvais état avait été encadré, sans doute après des années passées dans un tiroir. Harry reconnu l'entête de Poudlard, sous lequel on lisait « Résultats : B.U.S.E.S ». Il baissa les yeux sur les résultats et haussa les sourcils. James avait eut des résultats… impressionnant. Même Hermione aurait bien pu en être jalouse, enfin, pour certaines matières.

Outre un Piètre et un Désolant respectivement en Astronomie et en Histoire de la magie, James était définitivement un élève modèle. Il avait obtenu un Effort Exceptionnel en Métamorphose et en Soins aux créatures magiques. Pour ce qui était des Sortilèges, des Potions, des Défenses contre les Forces du mal et de l'Etude des runes, James pouvait se vanter d'avoir obtenu la mention Optimal.

Harry fit courir son regard sur les autres murs mais le résultat des Aspics n'étaient nulle part.

— Tu ne les trouveras pas.

Alaric était dans les escaliers. Il avait un regard étrange, et ne semblait pas aussi imposant et sûr de lui que d'habitude. Le conjureur de sorts descendit les quelques marches qui le séparaient encore du salon et approcha à son tour de l'étagère. Sans se demander si c'était un comportement approprié, après tout il semblait presque être chez lui, Alaric prit la photographie qui montrait la famille heureuse.

— Fergus et Ethna se sont rencontrés quand ils avaient 8 ans. Ils ne se sont jamais quitté, et se sont mariés dès qu'ils ont eu 18 ans. Ethna était déjà enceinte de James à ce moment-là, il est né quelques mois plus tard. Ethna était la fille d'un fermier, spécialisé dans l'élevage de créatures magiques communes. Fergus a du tout apprendre sur le tas, tout en élevant un garçon… disons trop intelligent pour son propre bien. James a commencé à aider dès qu'il a eu 6 ans, mais malgré tout ils peinaient à s'en sortir et ont décidé de ne garder que des Veaudelunes. C'était compliqué, financièrement, mais ça allait. Ils étaient heureux.

Harry avait fixé son regard sur Alaric. Il avait envie de lui dire qu'il semblait bien plus à l'aise à l'idée de partager la vie de ses amis que la sienne mais la façon dont il fixait cette photo, la colère qui semblait commencer à brûler derrière ses iris opalescentes, le lui interdit. Alaric reposa la photo et prit la suivante, les doigts crispés au point de blanchir.

— James a rencontré Marcus à cette époque. Un moldu. Ils avaient un petit groupe d'amis, ils étaient cinq. James, Marcus, Aurélie, Tiphaine et Quentin. Et puis un jour, Tiphaine a disparue. Ils avaient 10 ans. Tu sais ce qui arrive à ce moment-là, James a reçu sa lettre pour Poudlard et il est parti. Tiphaine n'a jamais été retrouvé. Deux ans plus tard, Aurélie et Quentin avaient disparus aussi. Déménagement, enlèvement, accident, ils n'a jamais su. Il ne restait que Marcus, et ils se sont rapprochés. Puis Fergus est mort. James avait 16 ans. Il a passé ses B.U.S.E.S, avec succès comme tu le vois, puis il a reprit la ferme pour aider sa mère. Il n'est plus jamais retourné à Poudlard. Quelques mois plus tard, Marcus et lui se sont mariés, avec l'accord généreux de leurs parents.

Il posa le cadre d'un mouvement sec, si violemment que Harry cru que la vitre allait se briser. Son esprit n'arrivait pas tout à fait à visualiser cette vie qu'on lui expliquait. Tout semblait se passer d'une façon précise, comme si quelqu'un tirait les bonnes ficelles au bon moment, au détriment d'un James qui devait se laisser porter. Il semblait à Harry que c'était une vie gâchée, James aurait sans doute pu devenir quelqu'un d'important dans la communauté magique mais il était là, à tenir un bar malfamé à la réputation désastreuse. Alaric prit la dernière photo. Ce n'était plus de la colère maintenant, qu'on lisait dans ses yeux, c'était de la rage et de la haine.

— Ethna est morte l'année suivante. James a continué à s'occuper de la ferme. Ce n'était pas parfait, il a dû vendre une bonne partie du terrain mais le troupeau de Veaudelunes était encore là, la petite maison aussi. Marcus lui disait régulièrement qu'il devait vendre la ferme. Qu'il s'occuperait de lui. Je crois que James s'accrochait parce que c'était la dernière trace de magie dans sa vie. L'héritage de sa famille aussi, évidemment. Puis James a eu 26 ans, et il n'a plus tenu. Il a vendu la ferme, comme le voulait Marcus. C'est là qu'il a commencé à réaliser que quelque chose n'allait pas. Quand il s'est retourné, il s'est rendu compte qu'il n'y avait plus personne. Il n'y avait plus que Marcus. Ses amis de Poudlard qui avaient gardés contact avec lui avaient disparus. Les clients réguliers dont il était proche quelques années auparavant ne lui parlaient plus vraiment. Petit à petit, sans qu'il ne s'en rende compte, Marcus avait réussi à l'isoler. Deux ans de plus son passés, James n'a jamais eu l'intention de divorcer. Sans Marcus, il aurait été complètement seul. La fatalité a fini par faire quelque chose de bon pour lui.

Alaric posa le cadre. Il sembla qu'il ne voulait plus entrer plus profondément dans l'intimité de James. Était-ce parce qu'il n'avait pas plus d'informations ou parce que même lui considérait que ce serait trop ? Harry l'ignorait, mais Alaric se contenta de dire qu'ils avaient fini par divorcer par la force des choses. James étaient venus s'installer à pré-au-lard pour renouer avec la magie et, quelques mois plus tard, il avait pu acquérir la tête de sanglier pendant l'été précédent.

Si Harry ne s'était pas perdu dans ses comptes, cela signifiait que James devait avoir 28 ou 29 ans, alors qu'il semblait en avoir presque quarante. Sans doute que l'épuisement d'une vie de souffrance, dont il semblait que Harry ne connaissait pas encore le pire, avait eu raison de son innocence et de sa jeunesse.

Alaric resta là un moment, à fixer les photographies comme s'il avait envie d'y mettre le feu, puis il se détourna et fixa son regard flamboyant dans celui de Harry.

— J'ai fini avec le parchemin.

Harry sursauta un peu, il n'était pas attendu à ça et était donc surpris que le sujet revienne si abruptement sur le tapis. Il remercia Alaric et proposa de remonter dans la bibliothèque pour voir ce qu'il avait trouvé. Alaric acquiesça et il remonta, suivit de Harry, sans jeter le moindre regard en arrière.

Sur le bureau où Alaric avait travaillé se trouvait le parchemin ouvert. Harry s'en approcha pendant que le conjureur de sort se réinstallait. Il le regarda poser sa baguette sur le centre du parchemin comme s'il allait lui demander de révéler tous ses secrets, mais c'est une autre formule qu'il utilisa.

— Disciplinam Revelio.

Immédiatement, le parchemin sembla prendre vit. Il se plia et se déplia plusieurs fois, dans des angles qui semblaient absurdes et impossibles, puis il se stabilisa enfin. L'encre semblait encore humide, comme si on venait tout juste de tracer les lettres qui se trouvaient devant eux. Harry eut un haut le cœur et se redressa pour s'éloigner d'un pas. Il s'agissait d'instruction. Des instructions à destination des loups-garous. Des instructions pour leur indiquer comment transformer un maximum de personne et comment poursuivre leur victime jusqu'à ce qu'elle accepte de rejoindre l'Organisation. Il refusa de lire. Il ne voulait pas savoir.

— Dux idem.

Le parchemin recommença à se plier et se replier. Le cœur au bord des lèvres, Harry approcha de nouveau et regarda le résultat par-dessus l'épaule d'Alaric. Cette fois-ci, il sentit le sang bouillir d'excitation dans ses veines. Sous leurs yeux se trouvaient non seulement la liste précise des leaders de l'Organisation et de leurs bras droits, mais aussi des instructions pour rejoindre la Tour en dehors de la pleine lune. Si Harry avait bien comprit la structure de l'ancien château, tout le monde pouvait entrer dans le QG mais la Tour, elle, n'était accessible qu'aux leaders pour une raison très simple… Il fallait connaître un rituel pour obtenir le droit d'y pénétrer. Alaric, cependant, semblait étrangement plus alerté que Harry.

— Harry, dit-il d'une voix blanche. Ce rituel… Si je ne me trompe pas, il pourrait permettre à un Loup-Garou de contrôler totalement sa transformation.

— Tu veux dire qu'il pourrait décider de ne pas se transformer pendant la pleine lune ?

Alaric secoua un peu la tête avant de la relever sur Harry avec une expression grave.

— Non, Harry. Je veux dire qu'il pourrait décider de se transformer n'importe quand, sans être soumis aux pouvoirs de la pleine lune.