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Harry et Alaric étaient restés silencieux quelques instants, regardant tous les deux le parchemin sur lequel se trouvait les informations les plus inquiétantes qu'ils aient eu sous les yeux ces dernières semaines. Harry aurait voulu penser que c'était la pire chose qu'il ait jamais appris, mais il se souvenait encore très clairement de la sensation qu'il avait eu quand Dumbledore lui avait fait comprendre que Voldemort avait séparé son âme en sept.
Il lui semblait pourtant évident que ce rituel, s'il venait à être connu d'un large public, serait un problème aussi grave si ce n'est plus encore. Evidemment, la majorité des loups-garous s'en serviraient simplement pour vivre une vie normale, mais les autres ? Ceux qui appartenaient à l'organisation ? Seuls les leaders connaissaient le rituel, et c'était déjà un risque considérable. Il devenait urgent de les attraper.
— Est-ce que tu es certain de ce que tu dis ?
— Oui. C'est une adaptation du rituel pour devenir un animagus, je le connais plutôt bien.
— Quelles sont les différences ?
— Elles sont assez minimes. Ici, indiqua Alaric en montrant l'une des lignes. Ils disent que la formule est Amato Liberare Dimittis Animagus. La vraie formule est Amato Animo Animato Animagus. Ici, dit-il en indiquant la ligne suivante, ils disent que la potion doit être exposée à la pleine lune chaque fois qu'elle se lève, tant que l'orage n'a pas éclaté. Normalement, il ne faut l'exposer à aucune lumière. A part ça, tout est semblable, excepté qu'ils ne parlent pas de la douleur de la première transformation. Mais c'est assez logique, les loups-garous connaissent déjà la transformation.
Harry soupira et se laissa tomber sur la chaise la plus proche, qui tangua étrangement. En baissant les yeux, il réalisa que c'était en fait une pile de livres lui arrivant à hauteur du bassin, mais il décida qu'il s'en moquait pour le moment. Il fallait prendre une décision, et il fallait le faire rapidement. Ce rituel ne devait pas tomber entre les mains du public, de journaliste ou juste d'une personne avec la langue trop pendue. Il fallait qu'ils mettent ce parchemin en sécurité. Harry se redressa finalement, et la pile de livre s'écroula immédiatement.
D'un mouvement de main, Alaric la remit en place. Il s'était relevé et avait posé sa baguette sur le parchemin pour en effacer les inscriptions. Cela fait, il le replia et le glissa dans sa poche.
— Il faut mettre ce parchemin en sécurité au ministère, dit Harry.
— Tu en es certain ? Tu sais comme moi que le Ministère est un simple morceau de gruyère. Si c'est pour ça, autant faire publier les instructions dans la gazette.
Il était difficile de lui donner tort. Harry passa sa main dans sa nuque, en se cambrant légèrement pour détendre son dos. Il avait l'impression d'avoir passé la journée à faire du sport tant son corps lui semblait courbaturé maintenant. Il allait devoir profiter de cette pause forcée pour reprendre une activité physique un peu plus contrôlée, courir partout en espérant ne pas avoir de séquelle n'était pas un entrainement très efficace.
— Tu as raison, soupira Harry. Gringotts ? Mon coffre est au sous-sol.
— Oui, je l'ai vu. Jolie collection.
Harry fixa son regard sur Alaric une seconde puis il soupira une nouvelle fois. Evidemment. Un an plus tôt, Alaric s'était introduit dans Gringotts et avait été s'amuser à ouvrir les coffres les plus surveillés, simplement pour monter qu'il pouvait le faire. Quant à Harry, il avait pu s'introduire dans le coffre de Bellatrix avec Ron et Hermione, autrement dit le lieu n'était pas aussi sécurisé qu'il y paraissait. Restait Poudlard, mais là encore, l'endroit n'était pas aussi sûre que le croyait la plupart des sorciers. Le parchemin ne serait pas non plus en sécurité s'il le gardait sur lui, il n'était pas invincible. Si des loups-garous de l'organisation lui tombaient dessus, ils pourraient le récupérer par la force.
Son regard se tourna de nouveau sur Alaric. Lui, peut-être… Non. Alaric n'était pas infaillible. Il pourrait très bien se faire prendre par surprise, ou se transformer en dragon et l'oublier sur place. Mais alors, où ? Harry ferma les yeux un instant, et l'évidence lui sauta soudain au visage. Voldemort avait dû cacher ses Horcruxes, et tous avaient été retrouvés simplement car tous lui étaient liés d'une façon ou d'une autre. La grotte, le coffre de Bellatrix, Nagini, le journal, dans tous les cas son erreur avait été de se montrer presque sentimental. Prévisible. Il fallait un endroit prit parfaitement au hasard, qui ne pouvait être relié à Harry, à Alaric ou à quiconque au Ministère.
— Allons faire un tour. N'importe où, jusqu'à ce qu'on trouve un endroit où personne ne viendra le chercher.
Alaric approuva d'un signe de tête et ils quittèrent bientôt l'étage rempli de livres. Lorsqu'ils passèrent dans le salon pour rejoindre la porte qui donnait sur la petite cours derrière la Tête de Sanglier, Harry posa les yeux sur la petite étagère où se trouvaient les photos et s'arrêta.
— Pourquoi connais-tu son histoire ?
Le Conjureur de sorts s'arrêta à son tour, mais ne se retourna pas vers Harry. Un instant, les sens de l'Auror semblèrent s'arrêter, comme si une aura de colère et de crainte venait d'envahir l'espace. L'air était si pesant qu'il aurait pu se solidifier autour d'eux. Mais Alaric fini par répondre, et Harry devina sur ses lèvres un sourire qui n'avait rien de sincère.
— J'ai toujours été trop curieux.
Harry décida de ne pas insister, c'était la première fois qu'il avait la sensation de tomber sur un sujet qu'Alaric maitrisait à contre-cœur. Il le suivit dehors sans rien ajouter et ils se retrouvèrent rapidement de retour dans le bar qui s'était rempli depuis leur départ. Alaric posa la clé sur le comptoir et James la récupéra sans poser la moindre question sur ce qu'ils avaient fait là-haut. En jetant un regard autour d'eux, Harry posa les yeux sur une femme d'âge mûr, qui le fixait sans qu'il n'arrive bien à comprendre si c'était hostile ou non. Alaric lui tapota l'épaule pour lui dire de se remettre en route, et ils saluèrent James avant de quitter l'établissement.
Dehors, Alaric s'étira quelques secondes et tourna la tête vers Harry qui regardait autour d'eux en se demandant dans quelles directions ils devraient aller. Transplaner serait le plus simple, un endroit loin d'ici, puis ils n'auraient qu'à voler en balais pendant quelques temps, c'était le plus efficace. Il suffisait qu'ils repassent à Square Grimmaurd pour récupérer des balais.
— Tu as déjà été en Islande ?
— Non, jamais, répondit Harry.
— Parfait, moi non plus.
Alaric attrapa Harry par le bras et pivota avant que celui-ci n'ait eu le temps de comprendre ce qui se passait. Une seconde plus tard, ils se retrouvaient en chute libre quelques centaines de mètres au-dessus d'une falaise d'où se jetaient plusieurs cascades. Il faisait froid, suffisamment pour que Harry se demande s'il serait jamais de saisir sa baguette avant de heurter l'eau. A cette distance, à cette vitesse, ce serait comme du béton. Ses doigts se serraient difficilement autour de sa baguette quand quelque chose attira son attention sur le côté. Il tourna la tête et regarda Alaric qui, parfaitement calme, venait de se retourner en l'air pour faire face à l'eau. Le Conjureur de sorts ferma les yeux une seconde, puis des ailes immenses semblèrent transpercer sa peau à l'endroit où se trouvaient ses omoplates. Elles étaient immenses, si grandes que Harry ne voyait plus le ciel au-dessus de lui. Il jeta un coup d'œil vers le sol qui se rapprochait et cela suffit pour qu'Alaric finisse sa transformation.
D'un battement d'aile puissant, le dragon nacré se retrouva sous Harry qui parfait à s'accrocher à lla crinière blanche et soyeuse sur sa nuque. Un nouveau battement d'aile et il se stabilisait au-dessus de l'eau avant de tourner sur lui-même pour partir vers le nord. Harry resta silencieux, car il savait qu'Alaric ne pourrait pas lui répondre et, à bien y réfléchir, il ne savait pas trop ce qu'il pourrait lui dire. Ils avaient transplané, dans un endroit qu'aucun d'eux ne connaissait. Alaric s'était transformé en pleine chute libre. Rien de tout cela n'était suffisamment clair pour que Harry puisse faire un commentaire.
Harry profita du vol pour observer Alaric de plus près. Il imaginait l'excitation de Charlie s'il pouvait le voir de ses propres yeux lui aussi, un dragon si rare que les descriptions manquaient. Contrairement à ce que Harry se souvenait d'avoir lu, Alaric n'avait pas de crête mais bien une crinière. Entre ses doigts, il sentit pourtant qu'elle était différente de celle d'un cheval ou d'un sombral. Il ne s'agissait pas de poils, lui semblait-il. Il était difficile d'en être totalement sûr. En tout cas, cette « crinière » était assez courte, comme une fourrure épaisse sur les écailles lissent.
Sur le dos, l'Opalœil avait des plaques légèrement argentés, qui semblaient onduler au gré du vent. Elles se repliaient pour venir se plaquer contre le dos au point de devenir invisibles lorsqu'Alaric piquait vers le sol, ou qu'il montait en piquet.
Après de nombreuses minutes, et tout autant de kilomètres pendant lesquels les paysages défilaient sous eux, Alaric se posa sur un genre de mer de glace entourée de collines gelées. Harry glissa de son dos et atterrit dans un équilibre précaire par terre. Il s'éloigna un peu, pour laisser à Alaric la place de reprendre sa forme normale, ce qu'il fit après quelques secondes.
— J'ignore totalement où on est, dit Alaric. Quelque part en Islande.
— Comment tu as pu transplaner dans un endroit que tu n'avais jamais vu ?
— J'ai visualisé son emplacement sur un globe terrestre. C'est pour ça qu'on est apparu en hauteur, j'avais visé une haute altitude pour éviter qu'on se retrouve dans un relief, et pour avoir assez de temps pour me transformer au besoin.
— Préviens moi, la prochaine fois.
— Tu n'as pas aimé le voyage ? Je suis sûr d'être très confortable pourtant.
Harry leva les yeux au ciel et regarda enfin autour d'eux. Ce qui lui était apparu comme une immensité glacée était en réalité un peu plus complexe que cela. Il entendait, au loin, le bruit d'une cascade qui résonnait en écho contre des parois de pierre. Après avoir discuté quelques instants, ils décidèrent de se mettre en route vers le bruit de la cascade, car cela avait l'avantage de leur donner une direction. Harry décida qu'ils devraient faire le trajet à pieds même s'il semblait long : on ne pouvait prendre le risque que Alaric soit vu. Ils avaient pu profiter du ciel nuageux et des reflets de la neige pour dissimuler l'immense dragon grâce à sa couleur nacrée, mais Harry voyait au loin un peu plus de verdure.
Ils se mirent en route et, comme ils le pensaient, le trajet prit longtemps, très longtemps. Peut-être deux ou trois heures passèrent avant qu'ils n'arrivent enfin aux cascades. L'endroit être si grand, et les formations rocheuses si parfaites, que le son semblait pouvoir être transportés à des kilomètres sans perdre de sa clarté. Pour cela, Alaric et Harry décidèrent de ne pas échanger le moindre mot ici. La première cascade se jetait dans une rivière large mais peu profonde, percée à plusieurs endroits de roches acérées qui semblaient lutter contre l'érosion. Elle descendait alors en multiples petits cascades, étage par étage, avant de finalement constituer une nouvelle cascade qui se jetait dans une rivière tout aussi large mais bien plus profonde et tranquille. L'ensemble était entouré de falaise, et Harry et Alaric se trouvait tout en haut.
L'endroit semblait parfait pour cacher le parchemin, il suffirait de créer une ouverture dans la roche. Alaric avait du arriver à la même conclusion car Harry le vit sortir sa baguette et la pointer sur l'une des parois de pierre qui commença à se déformer légèrement, juste assez pour qu'un semblant d'escalier se forme. Harry passa devant, sa propre baguette en main au cas où il viendrait à glisser sur la pierre humide. Prudent, il lui fallait plus de dix minutes pour atteindre le bas de la première cascade.
Le bruit ici était assourdissant. Mais Harry voyait un peu mieux comment l'endroit était structuré, et il repéra facilement l'endroit parfait pour mettre leur plan silencieux à exécution. Il posa un pied sur l'une des roches que l'eau frappait avec acharnement mais renonça avant même d'essayer d'y monter : il était clair que la surface était trop glissante, et que la puissance de l'eau l'empêcherait d'avancer comme il le voulait. Alaric arriva à son niveau et pointa sa baguette au-dessus de la rivière tumultueuse. Un pont se forma immédiatement sous leurs yeux, composé de pierres et de racines mortes. S'il ne semblait pas particulièrement solide, il avait au moins le mérite d'exister. Harry le traversa avec prudence, suivit d'Alaric.
De l'autre côté de la rivière, il approcha de la cascade la plus haute. Comme il l'avait constaté, la falaise se creusait à cet endroit, laissant un espace entre l'eau et la roche. C'était impossible de s'y glisser entièrement en restant au sec, et l'eau derrière la cascade semblait plus profonde si bien que la roche y disparaissait sans laisser le moindre passage. Harry leva sa baguette et, comme Alaric l'avait fait plus tôt, il fit se déformer la roche pour leur offrir un passage. Ce dernier fut rapidement aussi humide et glissant que le reste des pierres, mais Harry n'en prit pas compte et il avança avec prudence le long de la parois.
Alaric et lui se retrouvèrent au centre de la cascade. Harry posa sa baguette contre la paroi et une ouverture s'y créa, dans laquelle Alaric glissa le parchemin. Il y jeta un sortilège de dissimulation, puis Harry reboucha l'entrée. Ils firent demi-tour et Harry fit reprend à la paroi sa forme d'origine, faisant disparaitre le semblant de corniche qui leur avait permis d'avancer. Le pont disparu à son tour quand ils l'eurent traverser, puis se fut le tour des escaliers abruptes quand ils furent retournés en haut des falaises. Ils regardèrent une dernière fois en arrière pour graver dans leur esprit cet endroit. Il faudrait qu'ils puissent y transplaner s'ils en avaient besoin.
Après cela, Harry posa sa main sur le bras d'Alaric qui hocha la tête et s'accrocha à lui. Harry pivota.
⁂
Harry les avait fait transplaner directement au Square Grimmaurd. Il dit à Alaric de s'installer et passa par la cuisine pour demander à Trotty de leur servir du thé. Ce dernier accepta de bonne grâce mais Harry vit qu'il attendait quelque chose de plus.
— Nous allons bientôt trouver quelqu'un pour t'aider, Trotty. Je suis désolé que ce soit si long.
— Ce n'est pas grave Monsieur. Trotty n'a qu'à faire le travail de trois Elfes.
Le sorcier grimaça un peu. Effectivement, il était vrai que la sœur de Trotty était également absente ces derniers temps, et Harry pensait qu'elle risquait fort de bientôt démissionner pour se consacrer à sa vie de famille, ce que Harry ne pouvait pas lui reprocher. Cependant, il lui semblait que la maison pouvait être entretenue par deux elfes, ne serait-ce pas exagéré d'en avoir trois ? Hermione lui dirait sûrement qu'il devait permettre à un maximum d'elfe de maison d'être payé pour leur travail, et c'était sans doute vrai, mais à ce rythme il y aurait plus d'elfe de maison que d'habitant ici.
Il remonta dans le salon, où Alaric avait prit ses aises, explorant l'endroit comme s'il était chez lui. Harry ne lui en voulait pas, il s'était douté que ça arriverait en l'amenant ici. Seulement, il avait besoin de faire une pause et il ne pouvait pas en faire ailleurs : Alaric n'était décidément pas sortable.
Quand Trotty eut servi le thé, Harry et Alaric s'assirent tous les deux dans un fauteuil. Ils semblaient n'avoir rien à se dire et pourtant les questions se bousculaient dans l'esprit de Harry. C'était la première fois qu'ils se posaient réellement pour parler, ce qui lui laissait penser qu'il aurait une chance d'obtenir des réponses plutôt que des questions, cette fois-ci.
— Depuis quand tu peux te transformer ?
— Un peu plus de dix ans.
— Pardon ?
— J'ai fait le rituel pendant ma première année à Beauxbâtons.
Harry resta bouche-bée. S'il avait encore eut des doute sur le fait qu'Alaric et lui n'appartenaient pas à la même espèce, c'était terminé. Harry, dans tout ce qu'il avait d'anormal, était infiniment moins différent qu'Alaric. Il se demandait comment on pouvait trouver sa place dans le monde, lorsque les questionnements de l'adolescence arrivaient et que l'on se rendait compte que l'on n'était comme personne. Était-ce ainsi qu'avait vécu Dumbledore ? A l'époque, quand il avait apprit pour Grindelwald, il en avait beaucoup voulu à son mentor, pour son immaturité et son arrogance. Face à Alaric, il se demandait si on pouvait ne pas être arrogant lorsqu'on était exceptionnel.
— Comment sont tes parents ?
Alaric releva les yeux sur Harry. Il avait dans le regard quelque chose de sombre, non pas dans un sens maléfique mais dans un sens profondément triste. Pourtant, Alaric répondit d'un sourire simple.
— Comme les tiens.
— C'est-à-dire ?
— Morts avant que je n'ai pu apprendre à les connaître, répondit Alaric. J'ai cherché pendant quelques temps des personnes qui les connaissait mais c'était des gens normaux, pas des héros.
Harry resta silencieux un instant. Il n'y avait jamais vraiment réfléchit, mais il était vrai qu'après la mort de ses parents il avait eu la chance de rencontrer les personnes qui les avaient le mieux connus. Sirius, Lupin, même Severus Rogue, ils avaient tous les trois pu peindre le tableau de ses parents sous leurs jours les plus sombres comme les plus beaux. Comment grandissait-on sans rien savoir ? Avant d'arriver à Poudlard, lorsque tout ce qu'il savait venait de son oncle et de sa tante, il avait toujours pu en tirer quelque chose quand même. C'était simple : tout ce que disait Pétunia sur sa mère était l'inverse de la réalité, et ainsi il en avait dépeint une imagine certes idéalisé, mais une image au moins.
Alaric avait il grandit en se demandant comment étaient ses parents ? D'où il venait ? Harry avait encore des dizaines de questions à ce propos mais il ne savait pas comment les poser. Il préféra rester factuel, ne pas creuser trop loin, juste pour reconstituer petit à petit un puzzle dont il lui manquait l'ensemble des pièces et l'image finale.
— C'était des sorciers ?
— Non, je suis né-moldu.
— Et… après leurs morts, commença Harry sans assurance, tu as grandi où ?
— En foyer.
Encore une fois, Harry garda le silence. Il ignorait comment les choses fonctionnaient en France mais quelque chose lui disait que ça n'avait rien de réjouissant. Était-ce pour cela qu'Alaric semblait toujours noyé dans un liquide sombre et visqueux ? Harry l'avait remarqué il y a peu de temps finalement, mais il semblait y avoir quelque chose autour du conjureur de sort qui l'emprisonnait. Cet excès de confiance, cette impression qu'il donnait de tout savoir et de tout maîtriser, derrière ces couches d'assurance et de mensonges il y avait quelque chose de plus fragile, et de bien plus triste lui semblait-il.
Harry allait questionner Alaric sur le jour où il avait été admit à Beauxbâtons, mais il entendit la sonnerie de son miroir et se leva donc pour aller le récupérer dans le poche de sa veste. C'était Owen, comme souvent ces derniers jours.
— Harry ? Tu es chez toi ?
— Oui, je suis rentré avec Alaric il y a une vingtaine de minutes.
— Bouge pas. J'arrive.
Owen raccrocha. C'était rare qu'il vienne ici sans l'avoir prévu en avance, c'était donc sans doute quelque chose d'important. Mais qu'est-ce qui ne pouvait pas être dit par miroir ? Il eut la réponse quand Owen monta l'escalier qui donnait sur la cuisine et la cheminée par laquelle il était arrivé depuis le ministère.
— Assis, commanda Owen et Harry s'exécuta. Je t'interdis de répondre tant que je n'ai pas fini.
— D'accord.
L'Auror lui lança un regard sévère et Harry grimaça légèrement en levant les mains en signe d'apaisement. Il ne dirait plus rien, dans ce cas, tant que Owen n'aurait pas terminé. Cela semblait important, ce qui fit monter dans la gorge de Harry une appréhension désagréable.
— Comme je te l'avais dit quand tu t'es réveillé à Sainte-Mangouste, les autres Aurors et moi avions prévu de parler avec le Ministre.
Harry voulu intervenir mais Owen le foudroya du regard et il opta donc pour une sage obéissance.
— C'est chose faite. On a plaidé que les autres avaient été appelés pour sécuriser la zone, l'objectif étant d'avoir achevé notre mission de sauvetage avant l'arrivée des renforts. Par conséquent, ton erreur tient plus d'un problème de prévoyance que d'un sabotage en règle. Le Ministre devrait t'appeler demain mais je voulais être le premier à te l'annoncer, souris Owen. Tu reprends du service la semaine prochaine.
Le Commandant des Aurors resta silencieux, le regard fixé sur Owen. Il s'était attendu à tout, à absolument tout, mais pas à ça. C'était une bonne nouvelle. Oui, c'en était une. Alors pourquoi l'angoisse ne quittait-elle pas sa gorge ? Pourquoi se sentait-il tomber dans un gouffre sans fond ? Son estomac sembla remonter vers son cœur, qui lui-même remonta dans sa gorge. Harry fut pris d'une violente nausée et, soudain, sans prévenir et sans que cela n'ait le moindre sens, une douleur comme un coup d'épée dans le crâne. Il se plia en deux et glissa du fauteuil, le souffle court.
Il ne l'avait pas ressenti aussi férocement, aussi violemment, depuis la fin de la guerre. Que se passait-il ? Il eut l'impression d'être foudroyé sur place, sa vision devint floue, un éclair vert…
Puis il était de retour, assis sur le fauteuil, un mince filet de sueur coulant le long de son dos. Moins d'une seconde semblait être passé et Owen le regardait encore avec avidité, attendant sa réponse comme un enfant attend le père-noël une nuit de décembre. Harry se força à sourire.
— Merci, Owen.
Le commandant des Aurors se leva et accepta l'étreinte d'Owen, le remerciant encore une fois. Son regard se planta dans celui d'Alaric qui le fixait d'une manière étrangement inexpressive. Quand les deux hommes brisèrent leur étreinte, le conjureur de sorts félicita Harry avant de changer totalement de sujet.
— Puisque tu reprends ton poste, j'imagine qu'on ne devrait pas aller parler maintenant à l'apprentie du fabriquant de baguette…
— Elle a disparue, il faudrait déjà qu'on la retrouve. Elle peut être n'importe où.
— Eh bien, dit Alaric, je me disais que dans la mesure où c'est une élève de Beauxbâtons et que j'en suis diplômé… disons que l'on pourrait y faire un tour pour obtenir quelques informations.
Harry hésita. S'ils partaient, ils risquaient de ne pas être rentré avant le lendemain. Devrait-il répondre à l'appel du Ministre en France, travaillant illégalement sur une enquête ? Ce serait du sabotage à ce stade, et non pas juste un manque de prévoyance comme semblaient vouloir le penser ses Aurors. Il avait la sensation d'y avoir réfléchit pendant plusieurs minutes, pourtant Owen le sorti de ses rêveries avec une voix enjouée, comme s'il répondait immédiatement à Alaric.
— Allons y tous les trois, histoire que Harry remette un pied à l'étrier. Enfin, à la légalité, plutôt. On va essayer de faire ça dans les règles.
— Excellente idée, répondit Alaric. Qu'en penses-tu Harry ?
⁂
Le commandant des Aurors ne se souvenait pas avoir répondu à Alaric et Owen, mais lorsque son regard se posa sur la basilique de Toulouse il comprit qu'il avait dû le faire à un moment ou à un autre. Harry passa sa main dans sa nuque en soupirant légèrement, Owen regardait autour d'eux avec l'excitation d'un enfant, tandis qu'Alaric semblait avoir parfaitement repris ses marques.
— On devrait se changer, dit Alaric. Les robes de sorciers c'est déjà limite en Angleterre, mais en France aucun sorcier n'en porte près des non-magiques.
C'était surtout Owen, dans sa tenue d'Auror, qui risquait de les faire remarquer. Ils marchèrent quelques minutes puis Alaric les fit entrer dans une magasin. Quelques minutes plus tard, Owen sortait d'une cabine d'essayage avec un t-shirt à manche longue et un jean. Son insigne d'Auror était attaché sur son torse, et il portait sa robe sur le bras. Harry, qui avait toujours avec lui sa bourse soumise à un sortilège d'extension indétectable, la lui prit.
— Comment va-t-on à Beauxbâtons ? demanda Harry une fois qu'ils furent dans la rue.
— On a plusieurs options. On peut prendre le train, transplaner dans le visage voisin, ou faire le trajet avec un Abraxan.
— Pardon ?
Harry fixait Alaric avec incrédulité. Comment les Abraxans pouvaient-ils être une option classique pour rejoindre l'école ? Il crut d'abord qu'Alaric avait dit cela pour le provoquer, mais il était en réalité parfaitement sérieux comme il le démontra en répondant aux interrogations de Harry.
— C'est ce que je préfère personnellement. Il suffit de se rendre à l'aéroport, il y en a tout un troupeau qui assurent plusieurs voyages différents, mais celui-là est sans doute le plus classique. La plupart des professeurs les empruntent. Comme le château est niché dans les montagnes, c'est le plus praticable. Même le village est assez loin à cause du dénivelé.
Il y eut un silence, mais Harry devait bien avouer que c'était le plus pratique, surtout quand Alaric leur expliquait qu'il n'y avait que deux trains par jour et qu'ils venaient justement de rater le premier. Le suivant ne partant que dans plusieurs heures, ils se plièrent à leur seule option viable : les abraxan. Cela ne ravissait pas Owen, qui n'avait encore jamais monté une créature de ce genre, ni Harry qui était habitué aux flancs maigres et décharnés des Sombrals.
— L'aéroport est à une heure et demi de marche, mais c'est une heure de moins en vélo.
— En vélo ? s'offusqua Owen.
Moins de cinq minutes plus tard, ils se retrouvaient deux rues plus loin devant une ligne de vélo rouges. Alaric s'arrêta devant la borne qui permettaient de les débloquer, tira une carte de sa poche et, bientôt, ils se retrouvèrent tous les trois sur un vélo. Owen et Harry n'étaient pas totalement à l'aise : un balais était une chose qu'ils maîtrisaient parfaitement, mais y ajouter deux roues ne semblait décidément ni pertinent ni efficace d'un point de vue équilibre. Alaric, lui, était parfaitement à l'aise.
— On aurait peut-être du prendre ma voiture, dit-il avec une mine faussement désolée.
— Je te déteste, grogna Owen.
Ils remontèrent la rue sur plusieurs centaines de mètres, elle était étroite mais peu fréquentée si bien que Harry et Owen eurent le temps de prendre en main leur vélo avant de déboucher sur la première intersection. Owen manqua de tomber en tournant à gauche. Pendant qu'ils roulaient, il expliqua qu'il avait apprit à faire du vélo enfant mais que l'adage moldu disant que « le vélo, ça ne s'oublie pas » était totalement surfait.
La rue qu'ils empruntaient restait étroite mais il y avait ici bien plus de passant et les pavés qui ne tardèrent pas à passer sous leurs roues manquèrent plusieurs fois de faire tomber les deux Aurors. Alaric, toujours aussi à l'aise, leur montrait la voie. Il était assez désagréable pour Harry de réaliser que le conjureur de sort ralentissait régulièrement, voire s'arrêtait pour ne pas les distancer. Ils tournèrent de nouveau, à droite cette fois, pour traverser une rue bien plus large, essentiellement piétonne, qui débouchait sur un rond-point. Ici, Alaric prit soin de rester à côté de Harry et de Owen, faisant barrage entre eux qui restaient près du trottoir et les quelques voitures qui passaient près d'eux.
La piste cyclable était régulièrement interrompue par une voie de bus, sur lesquelles Owen et Harry se sentaient toujours un peu stressé. Il était déjà difficile de s'habituer au fait que les voitures ne roulent pas dans le sens auquel ils étaient habitués, mais il fallait y ajouter l'appréhension de devoir éviter un bus avec ses angles morts. Alaric leur lançait régulièrement des regards désagréablement paternaliste. Si cela avait quelque chose d'agaçant, Harry devait admettre que c'était également rassurant. Peut-être Alaric regrettait-il de ne pas avoir simplement proposé la voiture dès le départ.
Après ce qui sembla être une éternité, ils traversèrent un pont qui enjambait le canal de Brienne. Cela ne faisait qu'une dizaine de minutes qu'ils étaient partis mais les efforts fournis par Owen et Harry pour rester en équilibre faisaient travailler leurs mollets plus que de raison. Alaric ayant l'air de savoir exactement où il allait, Harry se demanda s'il avait souvent fait ce chemin et s'il vivait à Toulouse lorsqu'il n'était pas à Beauxbâtons. Une fois que cette question lui eut traversé l'esprit, il commença à se montrer plus attentif à ce qui les entourait et il oublia l'angoisse lié au vélo qu'il maniait déjà avec bien plus de naturel qu'à leur point de départ.
La ville semblait être judicieusement articulée dans un mélange de neuf et d'ancien, les immeubles de briques se collaient aux immeubles de béton dans une harmonie dont Harry ne savait pas réellement quoi penser. Le décalage lui sautait parfois aux yeux, mais il ne pouvait pas nier que cela avait un certain charme auquel il ne restait pas totalement insensible. Les trottoirs, larges, étaient ensoleillés et l'endroit semblait donner la permission de respirer. C'était une sensation étrange que Harry connaissait bien, le sentiment d'avoir suffisamment de place pour s'arrêter au beau milieu d'une rue et respirer à plein poumon sans gêner personne.
Alaric les fit descendre près d'un pont et ils longèrent la Garonne sur plusieurs centaines de mètres, les berges ne ressemblaient pas du tout à ce à quoi Harry était habitué à Londres. Tout en restant passablement sauvage, on y sentait l'emprunte de l'homme dans les chemins de gravier et les terres arides qui se jetaient dans l'eau.
Ils remontèrent et traversèrent un pont qui leur fit rejoindre la rive opposée et ils furent de nouveau au cœur des habitations. A droite, une immeuble moderne, à gauche un autre dont les murs blancs-gris étaient fissurés par endroit. Harry repéra la tour de contrôle de l'aéroport lorsqu'ils commencèrent à rouler sur une rue dont les trottoirs donnaient sur des maisons individuelles avec de petits jardins accolés les un aux autres. Cela ressemblait un peu à Privet Drive, mais en moins… anglais. Tout simplement.
Ils roulèrent dans ce décor pendant une dizaine de minutes supplémentaires, les maisons anciennes se succédant aux maisons modernes avant qu'elles ne soient toute remplacés par des immeubles de bureaux où des entreprises diverses entassaient des employés désireux de rentrer chez eux. La zone, bien plus industrielle maintenant, ne semblait plus aussi accueillante que les rues précédentes. Harry se concentra de nouveau sur son vélo, considérant que cet endroit ne devait décidément pas faire parti de ceux où Alaric aurait pu vivre dans son adolescence ou son enfance.
Pendant un moment, les trois sorciers longèrent une autoroute avant de passer en dessous d'elle pour rejoindre l'autre côté. Ils virent un avion qui venait à peine de décoller, encore immense dans le ciel. La tête levée pour le regarder Harry ne vit pas le tram qui arrivait à sa gauche et il freina brutalement. Loin de maitriser la manœuvre, son guidon tourna en tout sens avant qu'il ne soit propulsé par-dessus dans un vol plané que même le Quidditch ne lui avait jamais infligé. Il se retrouva par terre avant d'avoir réellement eut le temps de comprendre ce qui se passait. Lorsqu'Owen lui présenta sa main, il la prit pour se relever. Quelques regards s'étaient tournés vers eux et Harry se sentit rougir sous le coup de la honte.
Deux hommes de près de quarante ans, un autre d'une vingtaine d'année, sur trois vélos, le nez en l'air à regarder les avions. Et en plus de ça, il tombait dans une chute ridiculement acrobatique. Il soupira profondément pendant qu'Alaric lui demandait s'il allait bien.
— Oui, ça va. J'ai déjà vécu pire.
— J'en doute pas.
Il y avait dans la voix d'Alaric un sourire sur lequel Harry préféra ne pas poser les yeux. Il releva le vélo qui était décidément bien plus lourd que nécessaire et y monta de nouveau non sans une appréhension nouvelle. Heureusement, ils étaient si proches de l'aéroport maintenant qu'on entendait distinctement le bruit des moteurs qui se mettaient en marche, les turbines avalant l'air avec une redoutable efficacité.
Ils arrivèrent en effet moins de cinq minutes plus tard et abandonnèrent leurs vélos tout près du portail qui donnait sur les pistes de décollage. Après avoir jeté un coup d'œil par-dessus son épaule, Alaric posa sa main sur le grillage et celui-ci se découpa net, leur permettant de passer bien que cela ne soit pas des plus agréables ou des plus pratiques.
Alaric les guida jusqu'à ce qui ressemblait à un hangar. Harry pensa qu'il devait être réservé aux quelques jets privés que les riches du coin avaient laissé là mais, en réalité c'était tout autre chose. Lorsqu'ils eurent passer la porte, il se retrouvèrent dans une immense prairie où un troupeau d'Abraxan était en train de paître sous un soleil éclatant. Il y avait dans l'air une odeur d'alcool qui ressemblait à du whisky pur feu bien que plus boisé que celui auquel il était habitué. Ils approchèrent d'un sorcier qui les regardait de loin, assis sur un rocher. Harry eut l'image d'un berger avec son troupeau, même si cela semblait en décalage avec la taille des chevaux que l'on devinait sans peine même à cette distance.
— Salut Bastien.
L'homme tourna les yeux vers Alaric et lui sourit tranquillement, sans pour autant lui répondre. Il regarda Owen et Harry puis se laissa glisser du rocher et s'étira longuement face au soleil, comme s'il cherchait à en absorber l'énergie.
— Vous allez à Beauxbâtons ?
— Oui. Deux abraxans suffiront.
Bastien hocha la tête et siffla. Les chevaux géants redressèrent la tête comme s'il n'était qu'une seule entité, et fixèrent leur regard perçant sur le berger. Ils ne bougèrent pas d'abord, puis celui qui semblait le plus grand hennit légèrement. Tous les abraxans reprirent leurs activités sauf deux d'entre eux qui se mirent à trotter dans leur direction.
— Voici Snowlight et Noblesilver, ils vont mèneront à bon port.
Les deux abraxans étaient objectivement magnifiques. Leur crinière d'un blanc de perle flottait comme si le vent s'était levé alors même que l'herbe restait parfaitement immobile sous leurs sabots, cachés par de longs poils plus clair que leur robe dorée. Leurs ailes, repliées sur leurs flancs robustes, semblaient frémir d'impatience. Au loin, l'abraxan qui semblait mener le troupeau étira les siennes et s'envola, rapidement suivi par les autres, et ils s'éloignèrent derrière les arbres dans des figures élégantes. Les deux abraxans s'ébrouèrent, et poussèrent de leur tête puissante le berger.
Alaric le paya sans avoir à demander le prix, sans doute prenait il souvent l'une de ces immenses créatures ailées pour rejoindre son école. Cela se confirma quand il monta sans difficulté sur le plus grand des deux, Noblesilver. Harry comprit d'où lui venait ce nom quand il étira ses ailes blanches dont les plumes étaient parsemées de reflets argentés. Snowlight, lui, avait des ailes entièrement blanches, et son poil semblait refléter le soleil comme un miroir. Harry et Owen comprirent qu'ils monteraient ensemble, et cela les arrangeait : aucun d'eux n'avait expérimenté ce genre de voyage.
Harry monta le premier puis il aida Owen a faire de même. Installé derrière les ailes puissantes, il retrouva la même sensation que lorsqu'il avait monté Buck pour la première fois : il se sentait impuissant, minuscule, et à la merci de la volonté d'un oiseau qui savait parfaitement ce qu'il faisait. Le berger les mena dehors et ils se retrouvèrent bientôt tout près des pistes de décollage. L'endroit devait être protégé par des sortilèges, car les moldus qui passaient près des grilles ne leur accordait pas la moindre importance.
Les deux abraxans s'élancèrent. Après un galop de quelques secondes ils déployèrent leurs ailes immenses et battirent l'air d'un mouvement amble et puissant, soulevant leur masse impressionnante avec une déconcertante facilité. Bientôt, ils étaient haut dans le ciel et Harry retrouvait le sensation grisante du vent glacé qui fouettait et faisait rougir ses joues. Il se pencha un peu en avant pour atténuer la sensation, et Owen l'imita. A leur droite, Alaric s'était entouré d'un sortilège qui empêchait le vent de faire bouger la moindre mèche de ses cheveux. Harry leva les yeux au ciel sans même y penser : comment pouvait on à ce point avoir besoin de tout contrôler, au point de ne pas profiter de la sensation incroyable d'un vol sur le dos d'un abraxan ?
Ils partirent en direction du sud, sans avoir à guider les deux chevaux qui hennissaient par moment, se répondant comme s'ils étaient plongés en pleine conversation. Harry se surprit à se demander de quoi ils pouvaient parler, même s'il lui semblait qu'ils devaient plutôt communiquer des choses assez primaire, pour ajuster leur vol au vent et au relief.
Après une heure environ, Alaric interpella Harry et Owen en leur indiquant une direction. Ils y tournèrent leur regard et le virent, nicher entre les montagnes, un château qui ressemblait bien plus au manoir des Malefoy qu'à Poudlard. Il n'était pas particulièrement long mais semblait profiter parfaitement de l'environnement dans lequel il se trouvait, se lovant dans une vallée verdoyante. Les chevaux amorcèrent leur descente et, quelques minutes plus tard, Harry, Owen et Alaric posaient le pied sur les pavés parfaitement entretenus de la cour de Beauxbâtons.
