Chapitre 2 : Guérison
Disclaimer : Bonjour voici le second chapitre de Décision Divine ! Avant que vous ne le lisiez je tenais à préciser que l'histoire aura un côté héroïc fantasy, surtout inspiré par les livres de Feist. Mais je vous rassure, le récit restera assez fidèle au style du manga et de l'anime ainsi qu'à la mythologie nordique.
Le vent hurlait avec violence à l'extérieur.
Björn remit une bûche dans l'âtre, en temps de blizzard, il était préférable de bien chauffer toutes les pièces : une pneumonie pouvait être contractée très vite par ce froid. Tout en retournant à ses corvées, un hennissement de chevaux le tira de son activité.
En reposant le balai, il se dirigea vers le seuil alors qu'on tambourinait à la porte. Qui diable pouvait s'aventurer ici par un temps pareil ?
Björn aperçût deux hommes vêtus de capes tenir un jeune homme qui ne devait pas avoir plus de seize ans, dix neuf tout au plus, et qui semblait dans un état lamentable :vêtu seulement de fins vêtements blancs déchirés, maculés de sang séché. La peau de l'inconnu était bleuie par le froid et couverte de coupures et d'ecchymoses. En dépit de la mince cape de toile que les voyageurs lui avaient passé, il semblait à l'article de la deux voyageurs paraissaient aussi éreintés, habillés de vêtements chauds, leurs capes étaient couvertes de neige, ils avaient du faire un long voyage.
Björn aperçut le traîneau et les chevaux en sueur après pareille course, ils avaient du galoper plus que de nécessité, sans l'ombre d'un doute.
- Solveig, peux tu venir ? On a besoin de toi c'est urgent ! Demanda il d'une voix inquiète.
Quelques secondes plus tard, une femme aux cheveux châtains pâles presque blonds où on distinguait quelques mèches de gris apparût.
- Odin tout puissant ! Ne restez surtout pas sur le seuil de la porte avec ce froid ! Entrez vite. Elle ne perdit pas une seule seconde pour leur enlever leurs capes et les guider au bout du couloir dans la pièce qui servait de bureau où un feu avait été allumé dans la cheminée.
Björn était sorti dans la tempête malgré le froid et la neige qui tombait de plus en plus pour aller détacher les chevaux et les mener à l'écurie le plus vite possible. Tout comme leurs maîtres, ils avaient besoin de nourriture de chaleur et d'un peu de repos. Par chance, il restait encore assez de foin et d'eau.
Vous avez bien mérité un seau d'avoine, mais je ne peux pas m'attarder, dit il doucement.
Les chevaux commencèrent à avaler le foin sur le râtelier.
En sortant, Björn alluma la lampe qui traînait à l'entrée : La nuit était tombée depuis longtemps, en plus du froid, il était tout à fait possible que des loups rôdent dans les parages.
En dix ans depuis qu'il vivait ici, les visiteurs étaient très rares, ce qui venait de se passer n'était pas anodin, mais il n 'y avait pas de quoi s'en réjouir en cet instant.
Arrivé dans le bureau, il regarda les deux voyageurs assis devant l'âtre tandis que Solveig avait mis leurs capes maculées de crasse à sécher et leur avait déniché du pain ainsi que des harengs et du fromage frais. Tous deux se remettaient de leurs émotions et ne semblaient guère prêts à s'expliquer sur ce qui venait de se passer. Et vu la rigueur du froid ainsi que la longueur du voyage c'était compréhensible.
Sales éreintés, les cheveux et la barbe trempées, ils devaient avoir la quarantaine. A en juger par la simplicité de leurs tenues, ils pouvaient être aussi bien des marchands que des bergers, voire des mercenaires se baladant incognito dans les environs. Mais ce n'était pas le plus urgent, vu l'état piteux dans lequel était le gamin qu'ils avaient ramené ici, c'était lui la priorité.
Il soupira en s'approchant du fauteuil dans lequel le blessé avait été installé.
Il était dans un plus sale état que ce qu'il laissait paraître : sa peau était glacée et parsemée de marbrures, son cœur battait très lentement. Il respirait très faiblement, si sa poitrine ne se soulevait pas légèrement, il aurait pu passer pour mort. Toutefois, si il était resté un peu plus longtemps dans ce froid glacial, la mort se serait saisie de lui sans aucun doute !
Ses longs cheveux blond roux étaient trempés et emmêlés, il écarta une mèche avec prudence. Son visage était parsemé de coupures non cicatrisées couvertes de sang gelé.
La voix d'un de ses hôtes le tira de son observation
- On l'a trouvé non à quelques lieues de la route, seul dans le blizzard, et rien sur lui. Jamais vu par 'ci, ce gosse. L'aurait fini crevé si on l'avait pas ramassé et amené au chaud.
- Que comptez vous faire de lui ?
- M'dame, sauf vot' respect ici c'est ben un orphelinat non ? Qu'est ce qu'on foutrait d'un merdeux à deux doigts de clamser ? On l'a amené ici, fini.
Solveig soupira, bien sûr il était plus difficile ou stupide de s'occuper d'un blessé et d'un inconnu qui plus est. En temps normal, probablement il aurait fini dans une auberge ou un autre lieu, peut être repris sa route ou commencer à travailler comme apprenti.
- Êtes vous surs que vous devez repartir dans peu de temps ?
- Y a 'core du travail, et pas qu'un peu. C'est d'jà bien bon de vot part de nous avoir amené de la bouffe, répondit le second en passant sa main dans sa barbe sale et emmêlée. Et vous veillerez mieux sur c' gosse que nous.
- Sur ce. Ben le bonsoir. Et bien aimable de vot' part pour le foin.
Le second homme saisit sa cape qui était à peine sèche, imité par son comparse avant de déposer sur le bureau quelques pièces de bronze et de quitter les lieux.
Mari et femme les regardèrent sortir, Björn s'approcha du fauteuil et saisit avec aisance le jeune inconnu. Il fallait faire vite à présent et trouver une chambre libre, des couvertures et amener du bois de chauffage.
Une heure plus tard, dans une pièce du bâtiment rarement utilisée, un feu ronflait dans le poêle commençant à diffuser de la chaleur. Un lit avait été refait et garni de couvertures épaisses et de draps propres, avec un oreiller en plumes.
Prudemment, Björn déposa le blessé sur le lit après avoir poussé les draps et l'enveloppa dans une couverture chaude. Le bain chaud et la friction à l'alcool avaient permis de faire remonter sa chaleur corporelle mais il était encore dans un état critique et avait besoin d'un endroit chaud le plus vite possible.
Sans parler des coupures et des engelures qu'il faudrait traiter au plus vite avant qu'elles ne s'infectent, mais ce gamin était dans un tel état de faiblesse que si il le faisait maintenant, ça aggraverait les choses.
Pour le moment, il pourrait se reposer, et récupérer un minimum, songea Björn en lui remettant la couverture sur le corps et le bordant avant de le laisser seul. Il n'y avait plus rien d'autre à faire.
Une femme superbe tout de blanc vêtue aussi blanche que la neige le tenait dans ses bras, le caressant de ses doigts longs et fins, lui murmurant des paroles rassurantes à l'oreille.
Mime n'aurait voulu pour rien au monde se dégager de cette douce étreinte si réconfortante, il était à l'abri de tout, plus rien ne lui faisait mal. Il avait juste envie de sombrer dans le sommeil comme un enfant fatigué. Il savait de toute façon que cette femme veillerait sur lui…
Convaincu de son idée, il s'était enfoncé un peu plus dans la fourrure de sa sauveuse, avec une telle béatitude.
Combien de temps aurait il pu rester dans ses bras, il n'en avait aucune idée et refusait de quitter cette place douillette. Pourtant, à nouveau, il sentit les doigts glisser de son visage, retomber sur le sol et sentir le vent qui le fouettait de partout.
Il n'y avait plus rien, seulement du noir, pas la moindre lumière, pas un petit flocon. Une fois de plus il échouait dans l'inconnu.
Tout était obscur, trop obscur, seul des mots lui parvenaient "une chance inouïe" "plus de couvertures!"avant que plus rien n'existe et qu'il sombre à nouveau dans le néant le plus total, ne sentant plus rien, n'entendant rien, ses yeux étaient incapables de discerner quoique ce soit.
Les mots ne parvenaient plus à ses oreilles, il ne pouvait faire aucun geste, même avec la meilleure volonté du monde. Tout ce qu'il sentait, c'est quelque chose de lisse sur sa peau, mais quoi ? Et sans prévenir, il sombra à nouveau dans l'inconscience la plus totale.
Malgré ses yeux fermés, il distinguait de minces taches de lumière, très pâles mais de la lumière quand même alors qu'un murmure parvenait à ses oreilles.
Un temps indéfini devait s'être écoulé: une heure? Deux jours? Quatre mois? Impossible de le dire, mais il se sentit infimement plus près de la lumière, bougeant très faiblement, alors que des mains invisibles retiraient sur lui des draps, puis à nouveau le néant...
Des visages inconnus et connus, des lieux dont il se souvenait et un éclat bleuté aveuglant; il se remémorait très nettement de son dernier songe. A cet instant, il ne pût plus longtemps rester dans la douceur du sommeil, des mains mystérieuses le tiraient vers le jour.
Ouvrant difficilement un oeil, le jeune homme dut faire un effort considérable pour s'habituer à la lumière, bien que les rideaux étaient fermés et que la seule source de lumière soit la chandelle à coté de lui et un lustre.
Ne sachant trop où il était, il tendit violemment un bras en criant "OU?!" a cet instant, une femme qui devait avoir la quarantaine, quelques rides et des cheveux brun pâle le força à se recoucher.
- Du calme fiston, du calme, ordonna elle d'une voix apaisante. Tu es en sécurité, mais tu es encore très faible, plus qu'un petit chaton. Franchement, remercie les Ases d'être encore vivant. un peu plus et tu ne serais plus de ce monde mais à Niflheim.
Peut être se trompait elle, ou avait elle raison, pensa Mime qui avait réussi à ouvrir péniblement les yeux avant de la voir saisir un bol de bouillon fumante.
- On dirait que tu vas enfin un peu mieux, même si tu vas avoir besoin de beaucoup de repos. Il faut que tu manges, gamin.
Il aurait bien aimé protester : lui un gamin ? Il avait dix neuf ans quand même et aussi guerrier divin d'Eta ! Mais en cet instant, il était bien forcé de reconnaître qu'il n'était plus l'homme qu'il était, mais quelqu'un de marqué par les épreuves et très affaibli.
La perspective de manger le séduisait, mais en dépit de tous ses efforts, il n'arrivait pas à se relever et à se mettre dans une position assez confortable, merde.
Solveig l'aida à se remettre en position assise, le calant contre l'oreiller en lui approchant le bol .
De petits morceaux de pain et de poisson flottaient dans le bouillon, que sans cérémonie la femme lu fit manger. Il ne protesta pas, il était véritablement moulu et incapable de faire un geste, encore moins de se lever.
Alors, pour le moment, autant accepter ce qui était offert, songea il.
Il en était à sa dixième cuiller de soupe quand il se sentit un tout petit mieux.
- Qui.. êtes vous ? Finit il par demander d'une voix rauque, comme si il avait perdu l'habitude de parler.
- Une femme qui gère avec son mari un lieu depuis bien longtemps, près de vingt ans déjà. T'es bien curieux pour un type aux portes de la mort. Mais tu peux toujours connaître mon nom, je suis Solveig. Et toi alors ? T 'as bien un nom ? Ou tu préfères que je continue à t'appeler « gamin ? »
- Bien sûr que j'ai un nom. Je suis Mime.
Il en avait assez de cette discussion et commençait à être sérieusement fatigué, vaguement nauséeux.
- Mime, comme le légendaire guerrier divin d'Asgard ? L'un des sept plus grands protecteurs du royaume ? Répliqua Solveig incrédule en lui redonnant une nouvelle cuiller de bouillon.
-Oui, essaya de répondre fermement Mime, mais il n'y arrivait pas. Elle avait raison, il était plus faible qu'un chaton. Sans prévenir, il se sentit glisser dans le lit incapable de se rattraper. Il était tombé comme une poupée de chiffon sur le matelas, complètement moulu, incapable de se relever…
Mime cligna des yeux de perplexité, Odin Freyja, où avait il atterri? Et qu'était il arrivé à ses compagnons d'armes? Il chassa ses pensées avant de sentir à nouveau le sommeil commencer à le frapper de plein fouet. Tout ce qu'il vit, c'est cette Solveig qui le borda et rajusta un oreiller avant de s'effondrer et retomber dans l'inconscience.
Mime cligna faiblement des paupières, aveuglé par la clarté de la pièce, bien que les rideaux soient tirés. Combien de temps était il encore resté inconscient ? Une heure ? Une journée ou plus ?
Il essaya de se retourner en faisant appel à toute sa volonté, mais malheureusement si il y parvînt, il se sentit immédiatement épuisé par cet effort. Il réussit à voir un peu mieux la pièce dans laquelle il se trouvait : les murs étaient d'un blanc immaculé, certains coins étaient écaillés. A droite du lit se trouvait une table de nuit sommaire ainsi qu'une chaise. Dans l'un des coins, un poêle diffusait sa chaleur.
Il laissa échapper un petit gémissement en constatant que les draps étaient humides et sentaient la transpiration et la maladie. A cet instant précis, la porte s'ouvrit.
-Tiens, tu as fini par enfin émerger de ton sommeil ? C'est bon signe.
Mime releva difficilement la tête et aperçut une femme qu'il n'avait jamais vu de toute sa vie qui se tenait sur le seuil de la porte. Elle ne devait pas avoir plus de seize ou dix sept ans, faisant un bon mètre soixante dix avec des épaules solides. Elle était habillée d'une robe bleu roi taillée dans une coupe et une étoffe très simple. Ses cheveux étaient d'un brun inhabituel, tirant presque sur le noir et coupés très courts, des yeux d'un bleu profond, et des lèvres minces.
Elle tenait dans ses bras du linge soigneusement plié.
- Qui es tu ?
- Celle qu'on a envoyé s'occuper de toi aujourd'hui, répondit elle d'une voix calme où il percevait un accent qui lui était inconnu.
- Est ce trop demander que de connaître ton nom ?
- Donne moi d'abord le tien, je te donnerai le mien ensuite. Ça me semble quelque peu équitable comme ça, non ? Elle s'était avancée près du lit et déplia une chemise de nuit en flanelle ainsi qu'un châle taillé dans une laine épaisse.
- Je suis… Crois le si tu le veux ou non, soupira il après réflexion conscient qu'elle ne le croirait sans doute pas. Mime, de Benetasch précisa il.
- Mime, comme le forgeron légendaire ? Et comme le légendaire guerrier divin d'Eta ?
- Lui même.
Il hocha la tête quelque peu agacé, ce n'était pas sa faute si il s'était retrouvé affublé du nom de ce nain légendaire qui avait existé des siècles de cela.
- Moi, je m'appelle Niorün. Tu crois que tu arriverai à te lever si je t'aide ? Bizarre, ajouta elle pensivement. On dit que tous les guerriers divins ont été tués sans exception par des envahisseurs qui se prétendaient chevaliers. Et toi t'aurais réussi à pas crever ? C'est sacrément dur à croire…
Bon, essaie de te redresser.
Il la regarda incrédule. La croyait elle vraiment capable de pareil exploit ? Mais elle lui passa un bras sous l'épaule et réussit à le soulever tant bien que mal en approchant la chaise. Une fois assis, il sentit sa tête tourner horriblement vite et s'escrima à regarder devant lui, alors qu' elle lui posa le châle sur les épaules.
Elle ôta ensuite les draps du lit ainsi que la taie, tapant sur le lit et le changeant, en ajoutant au passage une couverture de plus, puis avec d'infinies précautions, le rallongea.
Bon sang, il se sentait fatigué, si fatigué et incapable de faire un geste sans être vidé. Si ça continuait comme ça, il perdrait très vite toute sa masse musculaire!
- Merci, lâcha il à contrecœur.
- Je n'en ai pas encore fini avec toi, Mime. Je reviens dans quelques minutes.
La porte se ferma pour se rouvrir peu ensuite. L'énigmatique jeune fille était revenue et avait cette fois une bassine remplie d'eau chaude, un morceau de tissu et un pain de savon dans les mains.
Elle replia soigneusement les draps et les couvertures pour éviter qu'ils soient mouillés.
Elle trempa ensuite le linge dans l'eau brûlante et le frotta contre le savon, qu'elle approcha de son visage.
-Ca va te faire du bien, sans l'ombre d'un doute. T'as eu un sacré pot, aucune de tes engelures ou coupures se sont infectées.
-Des coupures ? Répéta Mime, incrédule. Bien sur il aurait du s'en douter, son affrontement avec le chevalier phénix ne l'avait pas laissé indemne, et tout son corps lui faisait un mal de chien.
Il n'avait même pas la force de protester ou de continuer cette discussion, il sentait la douleur et la fatigue le tenailler à nouveau. Fort heureusement, la douleur était plus supportable quand il était en position couchée qu'assise. Niorün continuait de le laver lentement et soigneusement avec douceur, sans lui faire davantage mal. Il devait admettre qu'elle savait faire attention et que se débarrasser de cette odeur de crasse et du sang séché lui feraient du bien.
Perdu dans ses réflexions, il essaya de tourner la tête quand la porte s'ouvrit à nouveau.
Un homme grand et solidement bâti, âgé sans doute de quarante ans venait de faire son apparition.
Ses cheveux auburn étaient coupés courts et parsemés de poussière et de fil gris, tout comme sa barbe taillée court. Ses yeux étaient bordés par des rides prématurées, dues aux difficultés et aux malheurs de la vie. Habillé d'une tunique et d'un pantalon simple et presque usés, il l'observait avec un air de jovialité sur le visage.
- Content de voir que tu récupères un tout petit peu de forces, on s'y serait pas du tout attendu. Quand on t'a ramené ici, t'aurais fini par rejoindre le royaume des morts. T'as l'air d'être coriace, Mime c'est bien ça?
Mime hocha la tête en signe d'approbation.
-Björn, avec ma femme Solveig on gère cet endroit, nous en sommes les maîtres absolus. Vu que t'as pas l'air d'avoir un endroit où aller, tu peux rester ici autant que tu veux.
- A ce propos, finit par articuler lentement Mime. Vais je enfin savoir où nous sommes et quel est ce lieu ?
- Solveig avait raison t'es un putain de curieux, gamin ! Fais gaffe à pas trop foutre ton nez là où il faut pas, mais bon. C'est normal de se demander où on a atterri.
On est dans un orphelinat, à cinq lieues de Skovborg, la ville la plus proche. Sortavn est la plus grosse ville, à une demie journée à cheval.
Ici c'est un endroit où échouent pas mal d'orphelins de tous coins de Mellmand, à cause de la maladie, des guerres, des naufrages. Ils risquent moins ici que dehors et peuvent avoir un toit et quelque chose à se mettre sous la dent, tant qu'on réussit à se procurer de la nourriture.
Mime prit cette information qui était la plus importante de toutes en compte : Skovborg… Il se trouvait donc entre dans la partie nord est côtière d'Asgard, à plus de trois cent lieues de l'endroit où il avait vécu autrefois…
Bien sûr, il était complètement improbable de revenir là où il avait débuté sa vie. Si Frigg avait décidé de le renvoyer sur Asgard, elle n'allait sans doute pas prendre en compte sa vie première, il avait déjà eu un sacré pot de revenir à la vie. Il aurait pu être définitivement mort et ne jamais plus respirer pourtant il était là dans cette pièce, son cœur battant, respirant et expirant de l'air capable de voir et d'entendre, d'avaler de la nourriture.
Est ce que sa rencontre à Fensalir avec l'épouse d'Odin dont il n'avait que de très flous souvenirs avait été réelle ou non ? Ou rien de plus qu'un simple rêve ? Mais le plus important était qu'il était vivant.
- Un peu mieux comme ça, commenta Niorün qui venait d'essorer le linge et de poser sur la chaise la bassine.
Sans la moindre cérémonie, elle lui passa ensuite une chemise de nuit en flanelle. Même si le geste avait été bref, il se sentait complètement épuisé, prêt à s'évanouir à nouveau.
Repose toi, t'en a sacrément besoin. Si ça va mieux, je repasserai t'amener un peu de soupe, mais vaux mieux que tu dormes. A plus tard, Mime.
Bjorn le dévisagea de ses yeux calmes avant de rabattre les draps et les couvertures sur lui, lui redonnant une agréable sensation de chaleur. Il s'affaira ensuite avec le poêle ajoutant deux grosses bûches, de sorte que la pièce reste bien chauffée un bon moment.
- Si t'as besoin de quelque chose, appelle nous. Et t'en fais pas, tu peux rester ici autant que tu veux.
Mime aurait bien aimé réussir à le remercier, mais il n'y arrivait pas. Il se demandait par quel tour de force il avait réussi à rester éveillé aussi longtemps. Cependant, il retomba mollement sur le lit sa tête enfoncée dans l'oreiller, à nouveau profondément endormi.
A suivre
