Décision divine chapitre 3

La neige avait enfin cessé de tomber, et cette fois ce ne serait pas une accalmie.

Niorün jeta un coup d'oeil par la fenêtre : soixante quinze centimètres de neige de tombés ces deux derniers jours. Il faudrait rapidement prendre une pelle et déneiger le chemin, mais aussi penser à accomplir la corvée d'eau.
A chaque chute de neige abondante, c'était la même chance : de l'eau à profusion qui servirait pour la cuisine, la lessive les bains ou autres taches.
La fin de la tempête permettrait aussi aux enfants de pouvoir enfin se défouler dehors.
Mais ce n'est pas le moment de s'attarder sur ça, se dit elle pour elle même avec une certaine amertume.
Il y avait eu de très jeunes enfants qui étaient arrivés à l'orphelinat en même temps que cette tempête. Trois bébés qui devaient avoir entre trois et neuf mois et un petit garçon mal nourri et très maigre qui paraissait deux ans mais en avait trois.
Des rebuts, comme elle. Des enfants non désirés, probablement nés de pauvres prostituées, ou dans d'autres cas, des enfants de nobles qui faisaient tâche dans les familles bourgeoises.
Une chose était sure, leur présence était plus un poids qu'une bénédiction et ça ne dérangeait personne de les abandonner dans la rue exposés au froid à la neige et aux maladies.

Trois des six berceaux de la nursery étaient occupés dans la pièce qui jouxtait le dortoir. Niorün se déplaça sans hâte laissant échapper un soupir tandis que Solveig avait préparé des biberons.
La jeune femme observa les enfants, ils étaient faibles, l'un d'eux avait le teint assez rouge, peut être de la fièvre.
Elle recula pour regarder un peu mieux ce qui se passait et ne pas se laisser dominer par les émotions.
- On a de la chance de ne pas s'être retrouvé avec plus de bébés sur les bras. Mais les problèmes ne sont pas derrière nous pour autant.
- Qu'est ce qui te fait dire ça, demanda Solveig.

- L'un d'eux semble avoir de la fièvre, la petite tousse. D'éventuelles traces de pneumonie, ou quelque chose de plus grave peut être, répondit elle sans esquisser un sourire.
Solveig s'interrompit le temps de donner forme à ses pensées.
-Veux tu dire par là qu'ils risquent de ne pas survivre longtemps ?
-Exactement. Tout ce qu'on pourra faire, c'est de leur offrir assez d'attention, de chaleur le temps de leur petite vie.
Ils me dégoûtent, ajouta elle avec mépris en tournant les talons.

Incapables d'assumer les responsabilités ou de gérer les risques, et c'était à eux de payer les pots cassés, à eux d'enterrer sans doute dans une semaine ou quinze jours ces bébés dont personne ne voulait.

Bâtard, un mot aussi bien péjoratif que qualificatif que Niorün connaissait bien


Quand elle avait vu le jour dans la campagne de Vartmand, en plein sud d'Asgard, tout sembler se présenter pour le mieux.
Elle n'avait aucun souvenir de la femme qui lui avait donné le jour, même pas la voix, une odeur ou un contour flou.
Par contre, elle se souvenait très bien de son père. C'est de lui qu'elle tenait ses cheveux sombres, son petit nez droit et sa peau légèrement hâlée.
Il l'aimait, s'occupait du mieux possible d'elle. Si il n'était pas plus qu'un simple paysan avec ses champs et ses quelques bêtes, il arrivait quand même à lui offrir ce dont elle avait besoin. Nourriture, vêtements, amour, un lit et même une poupée. Elle ne se lassait pas de courir à droite à gauche près du champ, de jouer avec des poules ou de vouloir aller en forêt avec lui.
Tout cela, c'était avant cette histoire de mariage qui avait mis fin à cette vie sans histoires.
La seconde fille du meunier du village était en âge de se marier son père avait en plus de ses maigres possessions l'habitude de venir apporter les sacs de grains au moulin, de plus son blé et son orge étaient d'assez bonne qualité.
Il paraissait être le gendre idéal sur plusieurs points, mais un seul de taille posait problème : sa foutue bâtarde de gamine.
Une morveuse trop mignonne sans éducation, même pas jolie.
« Tu as des qualités, t'as l'air d'un bon parti, mais t'avais vraiment besoin de foutre ta queue là où ça te chante ? Et de garder cette chose en plus avec toi ? » avait lancé sa fiancée quand elle avait vu Niorün pour la première fois.
« J'ose espérer que tu répondras franchement à notre question : as tu oui ou non été faire le tour des bordels ? C'est ce qu'on peut penser vu cette gamine laide que tu traînes partout » Avait ajouté son beau père.
La fillette de trois ans avait eu beau sourire et se montrer gentille face aux grands, allant même jusqu'à offrir à la femme qui serait sa maman une pomme de pin. Tout ce qu'elle obtînt ce fût d'être jetée à terre dans la boue et que son père hésite à la reprendre, au vu des regards mauvais et haineux de sa belle famille.

-Tu n'es rien de plus qu'une sale bâtarde ! Une petite ordure dont je me passerai volontiers ! Avait hurlé la femme.
Tu crois vraiment que je prendrai soin de toi ? Que tu mérites des chansons ou des câlins ?
- C'est une enfant comme les autres, et est de sa faute si sa mère a disparu ?
- Non. Mais comment peux tu encore la garder, alors qu'elle n'est que la moitié de ton sang, qu'une bâtarde ? A moins que tu te foutes de ta réputation ?
- Ou est il tout simplement stupéfiant de bêtise, expliqua son beau père méprisant en jetant un regard perçant à la fillette couverte de boue.
Quoi qu'il en soit, fais très attention à ce que tu choisiras : nous te faisons une offre généreuse, toutefois n'essaie pas de pousser trop loin ta chance.
- Il est hors de question que je l'abandonne ! Elle n'a pas mérité cela !

A l'écart des adultes Niorün s'était prostrée et pleurait toutes les larmes de son corps se moquant bien des injures lancées par le reste de la famille.
Elle avait à présent quatre ans mais rien n'allait plus : pour commencer, elle dormait sur le sol à côté des bêtes et du garçon de ferme. Son père ne venait plus autant la voir trop accaparé par la naissance de son fils il y avait de cela un an.
Ça lui avait apporté un peu plus de richesse, la fierté de son beau père. Mais en contrepartie il se désintéressait d'elle, ne veillait qu'à ce qu'elle soit nourrie et vêtue, venait de moins en moins souvent la voir.
Était elle vraiment, une ordure, un rebut de la société, elle Niorün Snefnug ?
Snefnug, le mot employé pour désigner les bâtards dans la région. Certains ne vivaient pas aussi longtemps, soit abandonnés en forêt soit dans les environs, ou dans le cas inverse de maladies infantiles.
Très rares étaient les enfants qui se retrouvaient dans des familles ou pris en charge et non pas rejetés. C'était même exceptionnel.
Ce n'était pas rare qu'elle soit livrée à elle même errant dans le village, affrontant la fausse compassion ou les huées de la part des autres villageois. Beaucoup pensaient qu'elle aurait du finir dans un orphelinat au mieux.
Trois mois plus tard, un étranger était venu au village. L'agitation avant les fêtes d'automne régnait et encore une fois, Niorün avait été livrée à elle même. Bizarrement, la tête lui tournait, elle se sentait mal et fatiguée , frissonnant dans son pantalon de toile trop large pour elle.
-Hé ho le gamin tu t'sens mal ?

Sans répondre elle sentit son estomac se révulser et rendre aux pieds du cheval un liquide acide et chaud malodorant.
A cet instant les villageois s'étaient approchés intéresses : recevrait elle ce qu'elle méritait.
- Mais t'es brûlant p'tit gars. L'homme habillé d'une tunique bleue simple et d'un pantalon de toile de coupe correcte la dévisagea avec intérêt.
-Je suis une fille, articula elle faiblement.

Les cris de bâtarde, lèvres pincées des badauds renseignèrent l'inconnu aux cheveux miel mal coupés et attachés en queue de cheval.
- C'st pas p'ssible de faire ça. Toi, tu vas v'nir avec moi et dire où que tu habites. Dis le, qu'je dis aboya il devant le regard inquiet qu'elle lui adressa.

Les membres de la maisonnée vinrent la voir avec un grand sourire aux lèvres. Son père sortit de sa poche quelque chose qu'il lui fourra dans la sienne.
Ça avait appartenu à sa mère lui avait il dit, tout ce qu'il restait de sa vie et qui était à présent à elle. Un médaillon rond en verre avec des jolis motifs bleu et de petit ronds de paillettes dorées, quelque chose de joli d'enfin à elle.
En arrivant devant la clôture, elle vit l'inconnu la saisir fermement par le bras.
- La vie ici c'est f'ni pour toi mon gars. Tu va v'nir avec moi, ce s'ra un peu mieux et te t'nir tranquille. Tranquille, j' vais pas te manger !
- Je ne suis pas…
- Pas un gars adroit de ses dix doigts, c'est ce que tu vas dire ? T'vas apprendre.
Niorün s'était retrouvée dans une auberge, avec cet homme qui la mettait mal à l'aise.
Après un bain, il lui avait coupé les cheveux courts et donné des vêtement qui étaient à sa taille.
Un pantalon gris, des bottines de cuir et une tunique violette de qualité quelconque.
- Oublie c'que t'étais, c'est ce que t'as de mieux à faire, Niorün.

- Pourquoi ? Avait elle demandé d'une voix enrouée.
- T'es jeune. Tu sais pas c'qu'est être une fille est comme misère. Mais tu v'rras vite, c'est sûr.
Et le lendemain, elle partait de cet endroit pour se retrouver dans une garnison énorme, isolée dans un fort.

Peut être aurait elle droit à être autre chose qu'une ordure dont personne ne voulait, ou peut être pas.


La chambre était isolée, le lit confortable et chaud, procurant une agréable sensation d'oubli.

Si il se sentait quelque peu moins épuisé, Mime était quand même loin bien loin d'avoir récupéré de ses blessures.

Les rideaux avaient été tirés plongeant la pièce dans la pénombre même si les draps sentaient l'humidité et la sueur, étaient froissés, il se sentait à l'aise.
Plus rien à vraiment penser, juste pouvoir se permettre de laisser son esprit dériver, se glisser dans les affres du passé, récent ou ancien, sans aucun risque de courir un grand danger.
Il n'était plus vraiment le GodWarrior d'Eta, il n'était qu'un simple être humain, parmi tant d'autres. Mime, et rien de plus.
La blancheur des murs lui faisait tourner la tête, il avait encore envie de dormir de parvenir à tout oublier.
Inutile de chercher encore une fois à essayer de se lever, il parvenait certes à s'asseoir un peu dans une chaise et à attraper des objets, mais ça ne durait jamais très longtemps.
La tête enfoncée dans les oreillers moelleux, la couverture chaude enroulée, il se sentit glisser dans le sommeil.

L'endroit n'était plus le même, c'était une chambre d'enfant dont les murs étaient en bois. Un enfant qui ne devait pas avoir plus de sept ans s'était roulé en boule, complètement affolé à l'idée de partir en voyage au château de la famille royale.
Il n'avait vraiment aucune envie d'aller là bas, pas parce qu'il n'aimait pas les inconnus ou le château et le luxe, mais parce que son calvaire recommencerait.
La dernière fois que Mime avait accompagné son père pour deux jours, il avait pour la première fois rencontré des enfants de son âge. Siegfried un jeune noble et son ami Hagen, eux ils étaient à peu près corrects avec lui. Distants et polis, lui proposant de jouer avec eux par politesse. Mais il y avait quelqu'un d'autre qui était tout sauf de compagnie plaisante.
Le fils de la famille Mégrez. Quand ils s'étaient rencontrés, Albérich l'avait regardé de haut et lâché « Tu es là par charité, tu n'es même pas noble, juste un petit rien »

Mime avait failli lui répondre que ce n'était pas vrai, mais il s'était souvenu de sa promesse : ne pas faire d'histoires et se montrer sage, quoi qu'il advienne. Si seulement il aurait pu au moins avoir eu sa lyre avec lui, ou que Hagen, Siegfried ne soient pas loin.
Les problèmes n'avaient fait que débuter.
« C'est quand même bizarre qu'une fille comme toi sache aussi bien lire. Quoi, tu ressembles vraiment à une fille, ça surprend que tu ne portes pas de robes ! »

- Si je le voulais je t'enverrais bien mon poing dans la figure, qu'est ce que je t'ai fait ? Pourquoi tu m'embêtes, je ne t'ai rien fait !

Non content de l'empêcher de travailler, il avait fallu qu'il le provoque à nouveau.
- Fiche lui un peu la paix !
- Vous prenez la défense d'un gosse qui n'est même pas fichu de se défendre ? Très mignon, avait commenté Albérich avec un sourire mauvais.
Oh mais j'y pense, c'est pas assez bien écrit et tu n'as plus d'encre, pauvre petite. Oh désolé, je suis parfois maladroit, ajouta il sur un ton faussement contrit.
Mime se retenait de tout son être pour ne pas exploser en larmes et ne pas se ruer sur ce sale merdeux. C'était quoi au juste son problème ? Qu'est ce qu'il lui avait fait, était il juste un simple enfant du peuple ou un gamin trop gentil et aussi délicat qu'une gamine ? Que penserait au juste son père de lui ?
Incapable d'en supporter plus, il s'était esquivé de la bibliothèque, cherchant un endroit où personne ne le verrait, où il pourrait pleurer sans être jugé sévèrement.
Il n'avait rien dit quand son père lui avait demandé comment s'était passé la journée, il avait menti disant que les autres enfants étaient très gentils qu'il aimait bien l'endroit.
Il n'avait pas le droit de se plaindre de dire la vérité, sinon il serait encore plus une déception aux yeux de sa seule famille. Même pas capable de savoir se battre ou tenir tête aux autres, pas assez dur, pas digne d'une famille militaire. Peut être même qu'il finirait abandonné au beau milieu de la forêt…
Alors, il préférait se taire ne rien dire. Pour ne pas être abandonné ou méprisé, ne pas décevoir son père ou le mettre dans l'embarras.
Si il s'en prenait à ce sale fumier, ce serait sa parole contre la sienne. Il se retrouverait désigné comme l'agresseur et bourreau, ils devraient faire face aux conséquences.

Pendant le voyage, Mime avait ravalé ses larmes, essayant de se montrer courageux, de garder la tête haute. De montrer que pendant ce laps de temps il s'était entraîné, savait jouer d'autre chose que de la lyre ou aimer lire des livres de légendes. Même si ce n'est pas ce qu'il préférait.
Tous les quatre avaient eu le droit de jouer dans la cour intérieure, et cette fois il n'avait pas eu peur de se lancer dans la bataille de boule de neige au lieu d'essayer de faire un bonhomme comme à ses habitudes.
Mais une fois de plus le bon moment s'était vite interrompu.
Alberich avait prétexté qu'il lui avait fait mal alors qu'il était tombé sur une plaque de verglas tout seul.
- Ça t'amuse sans doute de t'en prendre à des nobles ? Tu l'as fait exprès n'est ce pas ?
Mime avait très envie de lui dire que c'était le cas, mais il était trop honnête pour ça. Il n'avait même pas eu le temps de réfléchir qu'il s'était retrouvé jeté dans un abreuvoir d'eau croupie dont la glace avait été brisée. Ce n'était pas un accident.
- Profite bien de cette dernière journée, c'est sans doute la dernière de ta vie de misérable.

Sur ces mots, il lui avait tourné les talons.
- On peut pas laisser passer ça, il mérite d'être puni. Mime ! Si t'es pas assez fort ou que t'as peur, tu peux compter sur moi pour lui envoyer mon poing dans la figure ! Et là, ça fera mal, ragea Hagen en l'aidant à se relever.
Moi, je risque rien, entre nobles y a pas ce genre de problèmes.
- Tu dois en parler, lui avait conseillé Siegfried, ou alors on peut aller chercher mon grand frère.
Mime s'était contenté de refuser cette proposition. Il s'était retrouvé dans d'assez beaux draps comme ça. Il avait quand même à présent une bonne raison de s'entraîner avec son père : devenir assez fort pour régler tôt ou tard ses comptes avec sa némésis.
Au final, la situation s'était enfin dénouée.
Du haut de ses sept ans et de son côté protecteur, Siegfried avait été raconter à Folken tout ce qui s'était passé en n'omettant rien : brimades régulières, rabaissement parce qu'il n'était pas un noble, pas assez dur et malin pour un garçon destiné à protéger le royaume…
Quoi qu'il en soit, Folken avait envoyé une gifle devant tout le monde à l'héritier Mégrez, signalant au passage que personne n'avait le droit de malmener impunément son fils.
Mime s'était senti triste et soulagé à la fois. Soulagé de voir que ce cauchemar allait peut être prendre fin, triste parce que son père connaissait la vérité.
De retour chez eux, tout ce qu'il avait réussi à faire c'est pleurer et lui demander pardon, car il se sentait nul, vraiment nul. Un parfait incapable.
Pourtant, son père lui avait assuré que ce n'était pas de sa faute, qu'il aurait du lui en parler. Que c'était ce que faisaient les parents : veiller sur leurs enfants…

Il avait des fois des souvenirs de lecture, de couvertures rabaissées quand il avait froid.
L'illusion du phénix avait déchiré le voile de mensonges qu'il avait tissé pour mettre le plus de distance possible entre lui et ses fautes.
Était il vraiment digne d'être un Godwarrior d'Odin ? Sans doute non !


Il avait assassiné celui qui l'avait élevé et protégé pendant tant d'années sans chercher la vérité, sans l'écouter.
Il avait choisi de cristalliser sur lui toute cette souffrance, ce mal être et de prétendre être un homme bon. Mais en fait, si il n'avait pas eu droit à cette bonté, il aurait été tué avec ses parents, servant de nourriture aux corbeaux.
Ou aurait fini par crever de maladie, ou vivre en mendiant dans les rues.
Il s'était voilé la face pendant tant de temps. Et d'accepter d'obéir aux directives d'Hilda en sachant pertinemment que ça allait à l'encontre de son devoir !

En affrontant les Saints d'Athéna, il mettait lui aussi le royaume d'Asgard en péril, exposant le peuple à des dangers mortels, dévastant cet endroit qui l'avait vu grandir.
Il avait choisi de faire primer le devoir et l'honneur, d'obéir quoiqu'il en coûte sans se préoccuper du pourquoi de ce rassemblement et du changement de sa souveraine qu'il n'avait que rarement aperçue.
Il aurait pu écouter son intuition et refuser d'exécuter les ordres quitte à devenir un traître.
Il n'aurait pas pris parti mais ça aurait été mieux que se livrer à cette exécution.
Une fois de plus ça ne lui avait pas posé de problèmes de prendre la vie de quelqu'un qui se trouvait en travers de son chemin même si il s'agissait d'un ennemi à abattre.

Et il pouvait encore croire longtemps qu'il était digne de respect ? Il se dégoûtait.
Se réveillant en sursaut dans la petite chambre, Mime reprit son souffle et sa respiration devînt saccadée.
« Je ne suis pas quelqu'un de bien. Je ne suis pas celui que les gens pensent que je suis.
Je suis ignoble et sale, méprisable.
Et je suis vivant, en dépit de toutes les choses horribles que j'ai faites…
Même si je ne me suis pas amusé à manipuler les hommes et les dieux, je suis quand même une belle ordure. Par ma faute en grande partie le royaume a failli aller au devant de graves problèmes.
J'ai refusé d'admettre mes torts durant tout ce temps, croyant stupidement que jamais je n'aurai besoin de personne.
Mais je ne suis qu'un idiot, et je me dégoûte ! Je me dégoûte, comment est ce que je peux encore parvenir à me regarder dans un miroir et à me dire que je suis quelqu'un de droit et bon ? C'est complètement faux.
Une main dans le visage, ses cheveux blonds vénitiens emmêles, Mime céda à la cupabilité et pleura, comme il y a de cela treize ans.

A suivre….