Hey !
Et voilà encore un OS de la nuit Nuit FoF, rédigé sur le thème Pelote. Que je n'ai pas pris dans son sens le plus innocent (comprenez : on voit des fesses dans ce texte). Tout est de la faute de Joshua. Ou de Lae. Tant que ce n'est pas de la mienne.
(TW en fin de page !)
Edit : Et voilà, c'est tout relu !
Merci à Lae pour sa review sous l'OS précédent !
Bonne lecture !
Dieu en sa demeure
.
La première fois qu'ils couchent ensemble, ça se passe chez Joshua. Ça fait… Oui, ça fait bien plusieurs soird qu'ils se croisent. Neku ne sait plus exactement combien, il ne compte pas. Il sait qu'ils ont parlé, déjà, qu'ils se sont regardés. Et pas que. Parfois, Joshua s'adosse contre un mur, la tête à peine penchée. Il se laisse embrasser, et il glousse contre sa bouche. Ça ne va jamais plus loin, même s'il voudrait. L'autre le sent. Ça se voit, il se moque avec les yeux.
Alors un jour, un jour où ils ont déjà échangé leur numéro, ils ne se retrouvent pas dans les souterrains couverts de tags. Ils abandonnent la musique qui pulse, l'alcool jusqu'à ce que le cerveau s'y noie et quand la nuit tombe, Neku découvre un appartement plus grand que ce qu'il imaginait. Un salon rangé, impeccable, une chambre en bordel qu'il aperçoit derrière la porte entrebaillée. Il retire ses chaussures, va pour s'en approcher mais-
– Pas par là.
Un geste de l'index, et Joshua l'invite à retourner près du canapé. Ses intentions sont claires - surtout, elles concordent avec celles de Neku. Alors pas besoin d'attendre.
Comme un rapace, le jeune homme lui tourne autour. Ses pieds, déjà nus, caressent le parquet, le tissu de son pantalon flotte sur ses chevilles. Ses yeux, dans la nuit, le poussent dans la bonne direction.
Neku ignore encore tout ce qu'ils cachent. Il ne sait pas comme les plaies sont profondes, chez Joshua. Le pacte qu'il signe ce soir, il n'en a pas lu les lignes. Et pourtant, il sait que cette histoire ressemble à la sienne. Qu'il y a quelque chose chez l'autre qui résonne en lui, comme une vieille chanson que plus personne n'écoute. Leur mélodie.
– C'est pas ta chambre ?
– Si.
Il ne comprend pas. Et comme Joshua approche il se recule, et comme le canapé arrive bientôt contre ses genoux, il se laisse bêtement tomber dessus.
Il aurait dû comprendre, à ce moment, qu'il ne contrôlait plus rien. Mais Joshua l'observe de haut, et ça fait courir le sang dans ses veines. Ça cogne à l'intérieur.
Les boutons de sa chemise cèdent les uns après les autres, sous ses yeux. Le vêtement blanc dévoile un torse tout aussi pâle, comme une peau d'étoile. Il pense, vaguement, que les volets sont ouverts. Que la lumière entre par là et tombe sur lui comme une évidence.
Il tend la main pour l'aider à chasser le tissu, mais celle de Joshua s'impose et la chasse. C'est comme un oiseau qui passe. Un geste bref, à peine de douleur. Son sourire s'affine.
– Pas touche.
– Pardon ?
– Laisse ça à sa place.
Il voudrait lui dire que c'est ridicule, qu'il ne va quand même pas la garder. Qu'il a envie de la voir glisser, de passer ses mains sur ses épaules, le long de son dos, pour mieux les descendre sur ses fesses, revenir sur ses cuisses. Il voudrait parler, oui, mais il ouvre la bouche et rien ne sort. Et il reste là, bêtement à fixer ce garçon qu'il a naïvement suivi jusqu'ici, ce garçon qui défait devant lui le seul bouton qui retient son pantalon, le pousse et lui montre ses jambes nues, plus fines qu'il ne les imaginait.
Sous les manches courtes de sa chemise, ses coudes font des angles secs. Il y a comme une fragilité dans ce corps osseux, quelque chose qui le fascine. Il a envie de l'attraper. De le serrer. De lui faire mal, un peu.
Il imagine la voix de Joshua se perdre contre son oreille, et l'excitation frappe son ventre.
L'autre n'arrange pas les choses, en grimpant sur ses cuisses.
– Il te reste des fringues.
– Tu es très mal placé pour me faire ce reproche, Neku.
Neku. Dans sa bouche, quand il le dit, penché au-dessus de lui, la lune perdue dans une cascade de mèche, ses yeux traversé de lumière, quand il se penche sur sa bouche sans la toucher, ça brise une barrière qu'il n'avait jamais devinée en lui.
Il attrape sa taille.
– Tout doux.
Et il happe sa bouche.
Toujours, Joshua rit à l'intérieur de la sienne. Il ne le repousse pas, glisse ses deux mains autour de sa mâchoire. Des mains fermes, moins douces qu'il n'y paraît. Il les sent qui filent ensuite derrière sa nuque, attrapent le casque autour de son cou et le jette contre un autre oreiller. Et puis elles descendent brusquement, passent sous son haut, et il s'écarte pour mieux le laisser le retirer et là, il réalise.
Ça va se faire.
Merde.
Il l'a imaginé, plusieurs fois. Fantasmé l'appartement de Joshua, inventé des scénarios qui se terminaient dans sa petite chambre d'étudiant, sur son lit étroit. Même, il se voyait lui prendre la main, le tirer hors de leurs soirées souterraines pour baisser son pantalon à la va-vite contre un mur à l'abri des regards. Une baise à l'arrache, poussée par une envie trop pressante.
Mais là, ce n'est pas un rêve. Il est torse nu, et les mains de Joshua caressent son torse à la poursuite de son sourire.
Il a envie de Joshua. Et Joshua a envie de lui. Et il n'a plus qu'une chemise ouverte et un boxer appuyé contre son bassin. Et il sent sa-
Bordel. Ça arrive pour de vrai.
Les doigts du garçon tracent des chemins hasardeux jusqu'à son ventre. Ils l'effleurent, à peine, et pourtant Neku frissonne. Il ne bouge pas, laisse l'autre l'observer comme on appréhende un animal indocile. Ses phalanges glissent de la peau tendre jusqu'aux hanches, cherchent une prise dans son dos. Se posent, enfin, sur sa taille.
Qu'est-ce qu'il pense de ce qu'il voit, là ? Il aime ? Surement, s'il sent bien ce qu'il croit qu'il sent, là.
Il inspire.
C'est là, enfin. Pas comme il l'avait imaginé, mais c'est là, et ses mains se lèvent toutes seules pour chercher les jambes de Joshua. C'est chaud, là où l'épiderme s'affine. Ses pouces appuient entre ses cuisses.
– Qui t'as permis de toucher ?
– Tu te prives pas, toi.
Il peut bien se plaindre, Neku le sent qui s'approche, fait rouler son bassin comme il s'en va caresser ses fesses.
– Evidemment. Mais moi, j'ai tous les droits.
– T'es sérieux ?
Il caresse, doucement, d'abord, puis pelote plus fermement. Et soupire quand l'autre roule encore et se presse contre lui, des ronrons dans la voix. Joshua le zieute de toute sa hauteur, mais son corps le trahit, comme la voix qui se fraie parfois un chemin hors de ses lèvres.
Et Neku crève de le voir comme ça, ses yeux pleins de lumière, sa bouche si loin de la sienne alors que tout éclate au creux de son ventre.
Il ne veut pas attendre. Pas ce soir.
Ses mains remontent.
– Non.
Mais celles de Joshua les interceptent.
– Laisse cette chemise tranquille.
– Quoi, tu vas la garder ?
Il plaisante, bien sûr. Et la réponse de Joshua n'est pas celle qu'il attendait.
– Et si ça te déplait, je me verrai contraint d'arrêter ici notre petit jeu.
Non.
– Ce qui serait terriblement frustrant pour nous deux, tu en conviendras.
La peur, d'un coup. La peur que tout s'arrête et retombe. Et Neku sait déjà qu'il ne trouvera pas la force de protester, parce que les yeux de Joshua sont sur lui comme une lumière hypnotique. Il le laisse écarter ses mains. Ne bouge pas, quand la petite bouche rose trouve le chemin de son oreille et y laisse couler sa voix.
– Je suppose que tu n'as pas envie d'écourter notre soirée ?
Son souffle. Et sa langue, sur sa peau. Humide. Ses dents autour de son lobe.
– Non.
Sa propre voix qui tremble.
– Parfait. Alors reste tranquille.
Il laisse faire, tout. Abandonne contre ce serpent qui s'enroule autour de lui. Partout, il y a les mains de Joshua, sa langue qui se balade, son corps contre le sien. Ses doigts qui passent sur ses cuisses. Et son jean ne suffit pas à protéger sa peau fragile, qui tremble de le sentir si proche.
Ce n'est pas la première fois que Neku couche avec quelqu'un, loin de là. Mais c'est incomparable. Cette nuit n'a rien à voir avec les coups tirés à l'arrache, les expériences maladroites qu'il a connues. Le sexe confortable au sein d'une relation vouée à s'éteindre. La consolation qu'il cherchait, parfois, pour oublier que le monde est toujours trop et qu'il l'écrase constamment.
Cette nuit, Joshua l'effleure et il s'effondre de l'intérieur.
Il se précipite sur sa bouche quand le garçon dieu daigne enfin la presser contre la sienne, agrippe le canapé. Ne pas bouger, se tenir tranquille. Quel ordre horrible. Mais l'autre le sait, hein ? Et il jubile sans doute de le voir lutter, rit comme ses limites tremblent, intenables. Peut-être que c'est ça, qu'il veut. Le voir perdre, céder. Il cherche ce moment, celui où tout bascule, où Neku ne sera plus capable de simplement s'asseoir et se laisser toucher, où il-
Sa main. Entre ses jambes. Et le bouton de son jean qui saute. Ses doigts là et-
Merde.
Neku ne se sent pas bouger. Il sait juste qu'il y a sous ses propres paumes la tignasse hirsute de Joshua, qu'il la tire et la presse pour prolonger leur baiser et que son partenaire, loin de mettre fin à leur jeu, rit et appuie plus fort contre son sexe.
La suite, c'est une bataille perdue. Joshua a gagné depuis le début, c'est inscrit dans ses yeux, dans ses caresses, dans ses gloussements répétés qui s'échappent alors que Neku le tire contre lui en s'allongeant sur le canapé. La suite, c'est une forme de violence qu'il avait en lui sans le savoir, une énergie brutale qui l'enjoint à retirer tout le tissu qui reste sur ses jambes, alors que l'autre prend tout son temps pour faire glisser son boxer. C'est un regard implorant quand il le voit s'asseoir sur son bassin, ses fesses appuyées contre son érection, c'est cette fierté dans son sourire qu'il fixe.
C'est Joshua qui use ses nerfs jusqu'à la corde.
Qui se lève et laisse un vide immense entre eux.
– Attends.
Joshua qui disparaît dans sa chambre, et Neku terrifié à l'idée qu'il n'en ressorte jamais. Mais il revient, un tube dans la main comme un message clair qu'il lui transmet avant de s'installer à nouveau, l'air de rien. Comme s'il faisait ça tous les jours de la semaine.
– Laisse-moi faire, tu seras adorable.
Pas de réponse. Juste des soupirs quand le drôle d'angelot descend sa main froide et glissante sur sa queue. Neku sait qu'il s'amuse quand il resserre ses doigts, appuie son pouce là où il faut, descend et remonte plus que de raison sans jamais le quitter des yeux. Il ferme les siens mais son regard est là, toujours, il le sent. Le spectacle doit lui plaire, mélange de soupirs et de moues tordues.
Et puis c'est l'inverse et, comme Joshua prend son temps pour s'empaler sur lui, c'est Neku qui profite. De la chaleur brusque autour de lui, des étincelles dans son ventre. De l'étroitesse qui l'enserre et de la voie, d'abord évasive, qui perce le silence. La douleur qui pointe dedans, d'abord. L'inconfort. Puis le plaisir, comme le temps glisse à l'instar des hanches de Joshua. Son timbre assuré ne l'est plus tant, il se brise doucement quand le rouquin vient attraper son sexe pour l'aider. Il se perd et roule contre lui, gémit, se presse, couine indécemment. Soupire comme frustré de passer si près de ce qu'ils cherchent absolument, tous les deux.
Neku ne sait pas qui jouit en premier. C'est flou dans sa tête, et longtemps après, ce souvenir ne sera plus qu'un concert de bruits et une brève douleur sur son épaule, là où Joshua l'a mordu. Il sait juste que ça se finit, et qu'il se retrouve plein de fatigue cotonneuse, vautré dans le canapé, la tête sur l'accoudoir, un jeune homme haletant allongé sur lui. Son ventre est collant, sa peau moite, ses jambes fébriles. Il a le souvenir de son nom dans la bouche de l'autre, et juste ce qu'il faut de force pour relever ses bras et les passer autour de son amant.
Il repousse la chemise qui recouvre son dos. Et c'est là qu'il les sent, pour la première fois. Ces étranges bosses.
Les centaines de cicatrices parfaitement alignées qui recouvrent son dos.
[TW : Sexe explicite, mention de cicatrice]
Eeet voilà. Définitivement, c'est l'éclate d'écrire sur cet UA, je m'amuse beaucoup trop.
A la prochaine !
