Hey !
Et voilà, nouvelle Nuit du Fof, nouvel OS ! Celui-là a été écrit sur le thème Oui. Et j'ai pensé à Joshua. Mais je pense à Joshua pour à peu près tous les thèmes, donc bon. Du coup, ce texte est la suite directe du précédent !
J'adore toujours autant cet UA, faut que je vois si je peux encore écrire dessus avec les thèmes qui restent. (Et juste de le dire, j'aii une idée. Lala)
(TW en fin de page)
Merci à Lae pour sa review tout le texte précédent !
Bonne lecture !
A la belle étoile
.
Sur sa joue, c'est froid. Et sur son torse aussi. Dans son dos. partout. Mais surtout sur sa joue. Si froid. Et dans sa tête, ça explose de partout. Il essaie de parler. Ça ressemble à un gémissement. Du genre pitoyable. Bam. Il bouge et mal de tête. Pleine puissance. Un reste de nausée au fond de sa gorge. Horrible.
Doucement, il ouvre les yeux.
– Oh, tu es reveillé ?
La voix lui déchire l'oreille. Un million de galaxies s'assemblent et éclatent. Un timbre inconnu. Pas Beat. Encore moins Shiki. C'est trop... C'est si léger, du pollen qui joue dans le vent.
– Putain… il marmonne.
– Eh bien, ce n'est pas la première fois qu'on m'appelle comme ça. Mais à choisir, je préfère Joshua.
Il… Hein ? Joshua. Ça lui dit quelque chose, Joshua. Ça sent l'alcool, le rire et le linge propre. Il imagine une chemise, et… Et il ne connaît pas de Joshua. Pourtant, ça lui dit quelque chose.
– Mm.
Ses mains sur le sol. Pas un matelas. Une surface meuble qui sent comme après la pluie, cette odeur qui lui serre le cœur. Et des brins, froids. De l'herbe. Un amas anarchique tassé sous lui. Les pièces s'assemblent.
Par terre. Dehors. C'est là que Neku s'est endormi. Et vu le tonnerre dans son crâne, il n'est pas simplement tombé de fatigue.
Sur ses bras faibles, il se redresse. Chasse d'un geste vague le truc qui pend contre sa peau. Une feuille morte ?
– Je…
Ou de la terre. Il ne sait pas. Mais ça s'est enfoncé dans sa peau. Sa peau molle.
– Tu ?
– On est dehors ?
– Eh bien, il semblerait. Je te laisse en juger par toi-même, mais les jardins d'intérieur les plus réalistes ne profitent pas de petits courants d'air de ce genre.
Oui ou non, c'est trop compliqué pour ce type ? Qui qu'il soit, Neku le trouve déjà agaçant. Il le lui ferait bien remarquer, d'ailleurs. Mais pour ça, il devrait trouver une force qu'il n'a pas. Formuler des mots qui fondent dans sa tête, et…
Il se tourne, et le monde s'effondre à nouveau.
Joshua.
Oui. Il se souvient. Du regard mauve, du rire et de la main dans ses cheveux. De l'horrible arrière goût au fond de sa gorge. De la bile, des crampes dans son ventre, de la douleur. Et de la douceur d'un doigt lisse contre sa joue.
Un sourire flottant, une masse de boucles étirées. Et au-dessus de sa tête, les étoiles d'une nuit sombre font comme une couronne. Il les voit qui s'assemblent, là, un fil invisible qui les relie sur la tête de l'angelot. Un diadème gelé. Il inspire.
Pourquoi est-ce que ça lui déchire le cœur ?
– T'es qui ?
– Je viens de te le dire. Joshua. Tu m'écoutes, au moins ?
Oui. Mais ce n'est pas ce qu'il voulait dire.
– Tu sais Neku, quand on est bien élevé, on doit se présenter en retour.
– Je suis…
Neku. Il vient de le dire. Donc il le sait. Alors il lui pose une question qui…
Comment est-ce qu'il sait, d'ailleurs ? Est-ce qu'il le lui a dit, entre deux giclées de vomi ? Ou alors… Oh seigneur, ce type l'a vu en train de vomir. C'est horrible.
– Pour être honnête, ce n'est pas mon prénom. Enfin, pas celui que mes parents utilisaient. Mais j'aime autant celui-là. Il n'est pas bien différent de l'ancien, de toute façon. Et puis, c'est comme ça que mon oncle m'appelle.
– Ton oncle ?
Neku essaie d'attraper les mots, mais ils lui échappent.
– Oui. C'est lui qui tient le café juste en face.
Joshua agite son doigt dans le vent, et il faut un moment à Neku pour comprendre qu'il doit tourner la tête. Il le fait. Pour contempler le bâtiment fermé qui attend derrière eux. WildKat, c'est écrit. Le jeu de mot monte au cerveau. Si tant est que ce soit vraiment un jeu de mot. Chat sauvage.
– Ton oncle bosse… Là ?
– C'est ça.
Il cligne des yeux.
– Bien sûr, à cette heure, c'est fermé. Mais si tu passes un de ces jours, c'est le type accoudé au bar avec une barbe de trois jours et une coupe qui va à l'encontre des lois de la gravité.
D'accord. Neku s'en fout, à vrai dire. Il est passé des dizaines de fois devant ce café sans y faire attention. Ces tables, cette vitre, c'est juste un point perdu dans le paysage. Mais Joshua les désigne et, soudain, il est curieux. Qui sont les clients qui s'attardent ici quand la porte est ouverte ? Et l'oncle en question, est-ce qu'il l'a déjà vu ?
Une douleur vive coupe court aux questions qui le titillent. Migraine. Des vagues qui s'échouent sur sa peau, se ramassent et frappent encore.
– Pourquoi t'es là ? il articule enfin.
C'est invraisemblable. Lui allongé par terre, perdu entre son reste d'ivresse et sa gueule de bois. Et ce mec, là, beau, et chiant, qui lui parle. Qui a attendu là qu'il se réveille, sans doute. Cet inconnu. Il aurait pu fouiller ses poches, voler sa carte de crédit, son portefeuille et…
Neku plonge sa main dans sa poche. Vide. Il panique. Fouille l'autre. Y trouve ce qu'il cherchait, et affronte les rires qui dansent dans les yeux de Joshua.
– Je ne suis pas resté pour te dépouiller, si c'est ce qui t'inquiète. Oh, j'aurais pu. Tu as dormi un moment, et franchement, je crois que même si je te prennais tes affaires maintenant, tu aurais du mal à te défendre. Mais je n'ai pas spécialement besoin d'argent.
Il parle trop. Ça lui donne envie d'appuyer sa trogne divine sur le sol froid, jusqu'à ce que les feuilles mortes s'amassent dans sa petite bouche irritante. Et en même temps, il pourrait écouter sa voix jusqu'à ce que le soleil se lève.
– Mais je suis seulement resté m'assurer que tu n'allais pas mourir étouffé dans ton vomi. Ça arrive parfois aux gens qui s'endorment ivres ou défoncés. J'ai pensé qu'il faudrait bien que quelqu'un prévienne la police, si tu y passais.
Il penche quand même pour les feuilles mortes.
– Qu'est-ce tu racontes.
– Quoi, tu aurais préféré mourir seul ?
Non. Neku ne veut pas mourir. La vie est horrible et, des fois, il voudrait en sortir pour ne plus jamais paniquer au milieu de la nuit. Mais il ne veut pas mourir, non.
Il voudrait vivre mieux. Mais il n'y arrive pas, et chaque jour lui rappelle comme c'est dur de se lever le matin dans la brume épaisse qui l'entoure.
– Non.
– Tu étais bien parti, pourtant. Sincèrement, c'est une très mauvaise idée d'ingurgiter autant d'alcool sans avoir mangé.
– J'sais.
– Sans vouloir insinuer quoi que ce soit, ce n'est pas le comportement de quelqu'un qui a prévu de rester en vie longtemps.
Non. C'est le comportement de quelqu'un qui ne sait pas quoi en faire, de sa vie. Qui la trimballe derrière lui comme un poids. Parce que Neku a beau essayer, il se prend les pieds dedans et il contemple le monde la joue collé sur son morceau de terre, à essayer de comprendre comment font les autres pour avancer tout droit.
Il essaie, pourtant. Il essaie si fort, et ça ne suffit pas.
– Mm. J'ai pas fait gaffe.
– Je me permets d'en douter. Tu m'avais l'air tout à fait conscient de ce que tu faisais.
– Qu'est-ce t'en sais ? Tu me surveillais ?
– Disons que j'ai commencé à faire attention à toi quand tu m'as bousculé, en arrivant. Tu aurais au moins pu t'excuser.
C'est vrai, ça ? Il ne s'en souvient pas. Mais à vrai dire, il ne se souvient pas de grand-chose, alors… Oh, qu'est-ce que ça peut faire, au fond.
Il redresse la tête, va pour chercher une réplique qui clouerait le bec à cet oiseau de malheur. Mais il croise son regard, et ça le désarme. Ces yeux sincères qui brillent comme un nid de fourmis. Des failles qui crépitent au rythme des étoiles. Neku inspire.
Personne ne l'avait jamais regardé comme ça, avant.
– Tu penses pourquoi te relever sans recommencer à vomir ?
La nausée est presque passée. Neku devrait s'en sortir, si on oublie le tremblement de terre qui lui broie le cerveau.
– Mm. Ouais.
– On dit oui, quand on est bien élevé.
Sans doute. Mais Neku s'en branle. Il pousse encore sur ses bras, chasse le nuage qui étouffe son cerveau et trouve le moyen de s'asseoir sur le sol frais. Au loin, les arbres rassemblent leurs murmures du bout de leurs branches. C'est comme une musique, sans paroles. Un bruit doux qui donne envie de rester là, pour toujours.
Et sous les cimes noires que découpent les étoiles, Joshua le regarde.
Neku baisse les yeux. Ce type lui remue l'estomac.
– Tu comptes rester là longtemps ?
– Je n'ai rien de mieux à faire.
– Tu devrais pas, genre dormir ?
Il doit être horriblement tard.
– Si. Toi aussi, d'ailleurs.
Oui. C'est vrai. Mais à choisir, il préférerait encore ne pas reprendre sa nuit là où il l'a commencée. Est juste de s'imaginer rentrer chez lui, à pied, à cette heure…
Est-ce que c'est trop tard pour appeler Shiki ? Définitivement.
Enfin. Au moins, il aura quelque chose à lui raconter, la prochaine fois qu'il la verra. Il pourra lui parler de ce drôle de type qui l'a veillé la moitié de la nuit alors qu'il s'était saoulé jusqu'à tombé endormi sur le sol. Après avoir rendu tripes et boyaux. Ouais, c'est assez pitoyable.
Et l'autre qui attend planté là, ses petits pieds nus dans l'herbe.
– T'as pas de chaussures ?
– Si. Enfin, j'en avais, avant que tu ne vomisses dessus.
Oh.
Un instant, court instant, Neku songe qu'il aurait préféré ne jamais se réveiller. S'étouffer dans sa gerbe, et ne pas entendre ce rire plein de verre brisé qui éclate sous ses yeux.
Est-ce qu'il veut vraiment vivre avec ce souvenir sur la conscience ?
Bah. En soit, il ne s'en rappelle même pas.
Et cette voix, là. Ces yeux, et ce visage. Cette main qui prend la sienne comme si c'était normal.
– Ne fais pas cette tête. J'en achèterai des nouvelles.
Ça lui fait quelque chose qui donne envie d'attendre demain.
Mais quand même. La honte.
[TW : Alcool, dépression]
Bon, la fin est abrupte, mais je savais pas comment continuer, et puis c'est un texte de nuit du Fof donc je suis pas censé les retravailler à fond. Et puis pauvre Neku. Il se sent assez mal comme ça.
Sur ce, je vais voir ce que je peux faire de cette nouvelle idée !
