Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit lors d'un atelier drabble : sept minutes et un mot, ici "Basculer"


Contexte : début série

Personnages : Scintilla

Merci à Marina, Angelica, Plume et Nanthana (x2) pour leurs review sur les textes précédents !


« Mon monde a basculé lorsque je vous ai rencontré. Il y a tellement de choses que j'ignorais... », lui avait dit un jour Adora.

Scintilla pouvait aisément comprendre pourquoi l'ex-membre de la Horde pensait ainsi. Tout son monde s'était écroulé lorsqu'elle avait pris conscience des horreurs que perpétuait son camp. Mais ce qu'elle ignorait, c'était que le monde de la princesse avait aussi basculé ce jour là.

Elle ne s'en était pas rendue compte immédiatement, son âme d'enfant conditionnée à croire naïvement que le monde se divisait simplement en deux catégories, les méchants – la Horde – et les gentils – les princesses. Mais même si c'était encore inconscient, cette rencontre avec Adora avait bouleversé beaucoup de choses en elle.

Ce jour-là, elle s'était rendue compte que la Horde n'était pas constituée de guerriers sanguinaires, mais d'une association malheureuse d'enfants soldats élevés comme des armes de guerres, tenus dans l'ignorance des actions de leur supérieurs, dont l'horreur de leur serait révélée que lorsque des massacres leur paraîtrait une chose normale. La Horde n'était pas des ennemis sans cœurs, elle n'était que des orphelins à qui l'on avait retiré le droit d'apprendre à aimer. La Horde, ce n'était pas des monstres qui naissaient monstres à la naissance ; c'était des enfants que l'on forçaient à devenir monstres.

La Horde, au fond, c'était elle, si jamais elle était née à un autre endroit, à un autre moment.

La Horde, ce n'était qu'un immense gâchis, auquel son propre camp avait contribué, par sa faiblesse, sa lâcheté, sa capacité à fermer les yeux.

Alors oui, enfant, Scintilla n'avait pas réalisé tout ce que sa rencontre avec Adora signifiait. Mais alors qu'elle était devenue reine et suffisamment mature pour comprendre la difficulté de la vie, elle se rendait bien compte que son monde aussi avait éclaté en morceaux.