Auteur : Setsunafr - 19/12/2021

Disclaimer : Le monde de Kuroko No Basuke et les personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki

Rating : T

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Coucou à tous

Merci pour vos review, follow et favori. Je suis très contente que le premier chapitre vous ait plu :D

J'apporte ici une petite précision sur le contexte de la fic car cela manque : Aomine et Kagami ont une vingtaine d'années et sont tous deux à la fac (chacun la leur). Ils bénéficient d'une bourse d'étude et de l'aide de leurs parents respectifs pour gérer financièrement le quotidien. Voilou voilou :)

Shadow : Merci d'être toujours au RDV :). Et bien figure-toi que je comptais avancer au moins un chapitre de la fic de l'ascenseur avant d'entamer le défi de Noël mais j'ai eu une période compliquée niveau perso et pas du tout le goût décrire (surtout sur de l'humour). J'ai donc préféré attendre avant de me relancer dans cette histoire. J'espère parvenir à écrire un chapitre prochainement. En attendant, j'avance sur la fic de Noël en espérant la terminer le 25 décembre. Oui, partir au froid peut être romantique. Voici la suite :)

Bonne lecture à vous

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Chapitre 2 : Bouclez vos ceintures

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Durant ces derniers jours, Kagami a hésité à plusieurs reprises à rappeler Aomine pour en savoir plus. La curiosité le ronge. C'est la première fois, depuis qu'il connait l'ancien As de Tōō, qu'il le surprend à manquer un match d'une équipe de la NBA (ou en tous cas la fin d'un match). Alors bien entendu, de nombreuses questions lui passent par la tête. Quel évènement est parvenu à le faire décrocher de ce moment particulièrement intense ? Parce qu'à part lui dire de faire sa valiser, Aomine n'a rien précisé de plus… Pourquoi ce rendez-vous matinal ? Est-il le seul convié ou l'invitation s'étend-elle à d'autres de ses amis ?

Et puis, s'ils sont amenés à bouger, ce qui semble être le cas, quelle est leur destination ? Aomine a parlé de passeport et de vêtements chauds. Cela signifie donc qu'ils vont prendre l'avion. Très bien, l'avion ne lui fait pas peur. Il a l'habitude. Mais… le coût ? Aomine n'est pas à la rue mais en tant qu'étudiant, tout comme lui et il ne voit pas vraiment comment il peut financer un vol pour deux (s'ils sont effectivement deux), aller-retour qui plus est. Le mystère reste entier… Il s'est même demandé s'il ne s'agissait pas d'une mauvaise blague, envisageant la possibilité de se retrouver seul, comme un idiot devant la porte de l'appartement d'Aomine, avec ses bagages, son manteau épais, les pieds posés sur le « Je ne suis pas là ! » imprimé sur le paillasson du brun, ceci devant une porte qui resterait close.

Son sac à dos pesant sur ses épaules, Kagami avance donc d'un pas rapide, en ce dimanche matin, vers la résidence de son rival de basket. Les rues désertes lui donnent l'impression de traverser une ville fantôme. Au-dessus de lui, le ciel bas présage une averse imminente, à l'image du temps de la veille, de l'avant-veille et des jours précédents. Déprimant… Il accélère encore sa marche, espérant arriver à destination avant d'essuyer la colère du ciel.

Kagami regarde son portable : Huit heures précises. Pile à l'heure. Son doigt fait défiler les noms des habitants sur l'écran digital, jusqu'à ce que celui qu'il recherche s'affiche. Il pousse le bouton d'appel et patiente. L'idée, tellement incongrue lorsqu'on connait Aomine, que le brun soit encore au fond de son lit, lui traverse l'esprit. Il secoue la tête pour chasser cette pensée. Il va éviter d'être mauvaise langue de si bon matin, et laisser une chance à son rival de prouver qu'il est capable par moment de faire preuve de ponctualité. Pourtant, malgré les trois tentatives, personne ne répond… Kagami hésite à faire le tour de la résidence pour balancer un caillou sur la fenêtre d'Aomine quand une dame âgée lui apporte la solution sur un plateau en sortant de l'immeuble pour la balade matinale de son chihuahua. Il en profite pour s'y engouffrer et grimpe jusqu'au troisième étage. La possibilité qu'Aomine se soit moqué de lui commence à sérieusement le titiller et cela ne lui plait pas du tout !

Il ne lui faut que quelques poignées de secondes pour arriver au troisième étage et s'avancer vers la porte de l'appartement, empruntant un couloir désert. S'il s'agit d'un rendez-vous collectif, soit il est le seul à l'heure, soit les autres sont déjà entrés, ce qui pourrait expliquer le silence du brun lors de son appel via l'interphone. En revanche, s'il s'avère qu'il fait l'objet d'une entourloupe, il montrera à ce malotru qu'on ne se moque pas impunément de lui, et que toute mauvaise blague déclenche un revers de bâton bien senti. Mais alors que Kagami avance un doigt vers la sonnette, la porte de l'appartement s'ouvre sur un Aomine bien éveillé, et habillé.

- Salut Bakagami ! Il me semblait bien avoir entendu l'interphone mais j'étais aux toilettes.

Kagami roule des yeux. Va-t-il un jour arrêter avec ce surnom ridicule ?

- Salut, répond le tigre. Quand vas-tu arrêter le « Bakagami » ? Ahomine !

Aomine hausse les épaules et s'efface pour laisser entrer son invité.

- J'ai presque fini, fais comme chez toi, dit-il en fermant la porte derrière lui et l'abandonnant dans la pièce principale.

Kagami s'avance et regarde son hôte disparaitre derrière le petit couloir qui dessert la salle de bain et la chambre. Il connait bien cet appartement. Il a eu l'occasion d'y passer quelques soirées en compagnie de l'ancien As de Tōō, même s'ils se voient plus facilement sur un terrain de streetbasket ou à son appartement à lui, plus grand et mieux équipé. Celui qui appartient à son père et qu'il occupe depuis le lycée. Patientant donc le temps qu'Aomine revienne, il jette un œil à la pièce principale composée d'un espace de type salon et d'une petite cuisine, au fond. Les lieux sont toujours aussi désordonnés : vaisselle sale dans l'évier et sur la table, vêtements disséminés un peu partout, magazines éparpillés au sol… Kagami ferme les yeux. L'état de cet appartement ne le regarde pas. Ce n'est pas lui qui y fait le ménage alors peu importe. Si le maître des lieux est bien comme cela, alors c'est parfait.

Aomine réapparait avec un sac de voyage et deux billets. Il les glisse dans une enveloppe et les confie au tigre.

- Je préfère que ce soit toi qui les garde. Mais tu n'ouvres pas !

Kagami prend l'enveloppe. Il s'accroupit, pose son sac à dos sur le sol et l'ouvre. Il relève les yeux vers son vis-à-vis.

- Tu m'as dit de prendre mon passeport. Tu as le tien ?

- Ah ouais, merde, réalise Aomine en retournant dans sa chambre.

L'ancien As de Seirin secoue la tête de dépit. Ce mec est vraiment étourdi… Il entend du bruit dans la pièce adjacente. Un tiroir qu'on ouvre, des objets qu'on déplace, quelques jurons bien sentis et enfin un petit commentaire de soulagement.

Aomine réapparait dans la pièce et lui tend son passeport, sans un mot. Kagami le regarde quelques instants avant de prendre le carnet et le glisser dans son sac, avec le sien. Il se demande vaguement s'il n'a pas été convié à ce voyage pour lui servir de mère… Il referme son sac en observant Aomine décrocher son manteau de la patère.

- On sera combien ? demande le tigre.

- Ben deux…

- Oh ?! s'étonne Kagami. Tu me prépares un coup foireux ?

Aomine lui lance un regard mi froissé mi blasé et se détourne pour rejoindre la porte d'entrée. Merci la confiance… Il enfile son manteau sous les yeux légèrement coupables de Kagami. Il s'empare de son sac de voyage qui patientait juste à côté, prend le jeu de clé sur la porte et sort de l'appartement.

Le dunker aurait peut-être dû tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de lancer sa petite pique. Mais d'ordinaire, ce petit jeu plait bien à Aomine. Pourtant, en cet instant, le brun semble vexé. Kagami hisse son sac sur son dos et sort à sa suite. En passant devant lui, il murmure sans le regarder :

- Désolé…

Aomine hausse les épaules, claque la porte et la verrouille d'un double tour de clés.

- Ne vas pas t'imaginer n'importe quoi, se justifie-t-il en glissant ses clés dans la poche de son manteau. Tu étais le seul disponible.

- Ah…, répond Kagami, sans réellement savoir s'il doit se sentir froissé ou non de cette remarque.

Aomine s'engage dans les escaliers, suivi de son compagnon de voyage. Il vient de lui mentir, mais le tigre n'a pas besoin de le savoir. Sa petite pique ne lui a pas plu. Bon… il est vrai qu'ils ont l'habitude de se chercher des poux, même si cela s'est largement calmé depuis qu'ils ont quitté le lycée. Mais là, il n'y a pas de coup fourré. Bien au contraire. Mais il est hors de question de lui dire qu'il est content de partager ce moment avec lui. Parce que si son premier choix s'est porté, par habitude, sur sa meilleure amie avec laquelle il a partagé tant de choses, celui qui arrive très vite derrière elle dans la liste, c'est l'ancien As de Seirin. Alors il préfère lui mentir. « Tu étais le seul disponible »… la bonne blague… Il n'a demandé à personne d'autre ! Mais plutôt se trancher le petit doigt que lui avouer.

Leur voyage nécessite de rejoindre l'aéroport de Narita à une heure trente de là par la Keihin-Tohuku Line puis la Yamanote. A cette heure matinale, autant dire que ce temps est rapidement mis à contribution par Aomine qui s'installe sur un des sièges de la rame, pose la tête sur son sac à dos qu'il a jeté à côté de lui, et poursuit sa nuit. Mais avant cela, il passe un petit message à Kagami.

- On va à l'aéroport de Narita. A toute ! Dit-il avant de fermer les yeux pour un repos bien mérité…

- Oh ! Pourquoi c'est à moi de surveiller les stations pour qu'on ne manque pas l'arrêt ? Si j'ai envie de faire un somme, moi aussi ?

- Parce que t'as rien d'autre à gérer. Alors te plains pas et laisse-moi pioncer !

Assis à côté de lui, Kagami fait la moue. Il hésite à planter la panthère dans le métro et rentrer chez lui. Il y a un peu trop de mystère autour de leur escapade. En ronchonnant, il sort son casque, le branche sur son téléphone et s'en couvre les oreilles. Il décide d'éviter tout commentaire pour l'instant. Il verra bien une fois à l'aéroport. Il sera toujours temps pour lui de faire demi-tour.

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Aomine sort lentement des limbes du sommeil au fur et à mesure qu'il sent son corps secoué. Il ouvre un œil avec paresse sans réellement se situer et par réflexe se retourne pour mieux s'installer dans son lit. Le choc de son dos sur le sol le réveille instantanément. Étendu de tout son long dans le métro, il voit Kagami le surplomber de ses presque deux mètres. Le jeune homme se penche vers lui en lui tendant une main pour l'aider à se relever.

- Ben qu'est-ce que tu fais par terre ?

Vexé de sa chute, Aomine refuse la main tendue qu'il claque du bout des doigts. D'un geste souple, il se remet sur ses pieds et réajuste ses vêtements d'un air digne avant de récupérer son sac qui l'a suivi dans sa chute. Kagami sourit discrètement à la réaction de son compagnon de route. Aomine a parfois (souvent ?) un côté gamin. Devant eux, les portes du métro s'ouvrent, leur donnant accès au quai. Ils avancent parmi les flux de voyageurs à destination de l'aéroport.

Leur grande taille à tous deux leur permet de se repérer plus facilement dans les méandres de l'aéroport de Nirata. Ils s'arrêtent devant les grands panneaux permettant de se diriger vers les bonnes files pour leur enregistrement. Tout en cherchant leur destination parmi l'immense liste en lettres lumineuses, Aomine tend la main vers Kagami. Le tigre observe quelques instants cette main avant de réaliser que son voisin attend les billets. Il soupire en levant les yeux au ciel. Ne peut-il pas lui demander directement au lieu de communiquer par gestes ?

Kagami sort l'enveloppe de son sac et la pose en soupirant dans la main dont les doigts gigotent en signe d'impatience. Aomine l'ouvre dès réception, sort un billet et le consulte en se cachant, comme il l'aurait fait pendant un devoir surveillé, lorsqu'il était enfant, pour éviter que d'autres copient sur lui. Il reporte son attention sur les panneaux puis jette du coin de l'œil un regard suspicieux au tigre qui fronce les sourcils et secoue la tête de dépit.

- Bon, c'est là-bas. Tu fermes les yeux et tu ne cherches pas à savoir !

- Et comment je fais pour me diriger ?

- Tu me laisses faire. Et tu mets ton casque sur tes oreilles pour ne rien entendre ! Oh, et file-moi les passeports.

Kagami hésite… puis s'exécute, non sans une pointe d'appréhension. Et si Aomine en profitait pour le planter là, comme un con, aveugle, sourd et sans ses papiers, au milieu du flot de voyageurs qui se demanderait à quelle expérience il s'adonne ? Non… La panthère est ronchonne, râleuse et fainéante, mais ne lui ferait pas le coup de se barrer en courant avec son passeport.

Son casque sur les oreilles, il ferme les yeux. Aomine passe une main devant ses paupières pour s'assurer qu'il ne voit rien et lui attrape le poignet, l'emmenant à sa suite vers la file qui les concerne. Ils patientent de longues minutes avant que leur tour vienne. L'enregistrement se passe plutôt bien. L'hôtesse les regarde comme deux ovni lorsqu'elle se rend compte que Kagami garde les yeux fermés. Mais un clin d'œil bien placé du brun et un petit « une surprise pour son anniversaire » la déride instantanément.

Arrive le passage du portique détecteur de métaux, juste avant l'accès à la salle d'embarquement. Ici, ils n'ont pas le choix. Kagami doit enlever son casque et ouvrir les yeux. Mais Aomine veille au grain, s'assurant qu'il regarde bien devant lui et qu'il se fourre les deux index dans les oreilles pour parer à une éventuelle annonce, diffusée à ce moment précis, qui le renseignerait sur leur destination. Heureusement pour le tigre, un seul passage sous le portique suffit. Ils reprennent alors leur chemin, à l'aveugle pour l'un, en guide pour l'autre.

Leur manège se poursuit jusqu'à l'entrée dans l'avion, sous le regard ému de l'hôtesse de l'air face à une personne malvoyante épaulée par son ami. Aomine rigole intérieurement et s'installe à la place qui lui est réservée tout en faisant s'assoir son compagnon de voyage.

- Je peux ouvrir les yeux ? crie Kagami.

- NOOON, lui crie à son tour Aomine à quelques millimètres de son oreille gauche.

Kagami sursaute et lance un juron en anglais avant de bougonner quelques phrases qu'Aomine ignore. Le tigre se tait lorsqu'il sent l'avion bouger pour se diriger vers la piste de décollage. Il n'entend pas le chef de bord réciter son petit discours, souhaitant la bienvenue à tous, indiquant la destination et l'heure d'arrivée. Aomine patiente quelques instants, s'assurant que les annonces soient terminées, puis il signifie à son voisin qu'il peut temporairement enlever son casque et ouvrir les yeux.

Le tigre se tourne vers lui.

- Tu m'expliques ?

- Non… Tu as juste besoin de savoir que le trajet va durer treize heures…

- Treize heures ?!

- Ouais ! T'as qu'à dormir.

- Mais on va où ?

- Tu en sauras plus un peu avant notre arrivée.

Kagami le regarde quelques instants et finit par se laisser porter. Après tout, que risque-t-il ? Il fouille l'avion du regard avant de revenir sur Aomine qui vient de poser la tête son poing fermé en laissant son esprit vagabonder par le hublot, regardant sans la voir la terre qui s'éloigne au fur et à mesure que l'avion prend de l'altitude. Dans quelques minutes, ils seront dans les nuages. Le moment que la panthère préfère parce qu'elle a l'impression de se promener sur un gros oreiller moelleux, tout cotonneux et doux.

Kagami sourit. Il est rare de voir l'ancien As de Tōō avec un visage si serein. Alors il lâche prise lui aussi et se dit qu'il verra bien en arrivant. En attendant, il va tacher de dormir un peu, histoire de se donner l'impression d'un trajet plus court.

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Oui, je sais, c'est un peu long à se mettre en route. Promis, dans le prochain chapitre, on entrera dans le vif du sujet ^^

A très vite pour la suite :)

Setsu