Entrée du grimoire*

Type : Humanimal / Normal

Rang VI (6/18)

Aswang : Aswang est un terme générique de la mythologie Philippine pour désigner une créature surnaturelle (vampire, sorcier, loup-garou, etc.), c'est un polymorphe. Maître de la magie noire, l'Aswang (aussi appelé "Bayot", "sok-sok" ou "kling-kling") dispose de certaines capacités surnaturelles comme une salive guérisseuse ou la production d'un claquement spécial pour leurrer sa proie, plus l'aswang est près de cette dernière et plus le claquement sera faible, alors que le son sera plus fort si l'Aswang est éloigné! Le jour, l'Aswang est humain, mais la nuit, il se métamorphose en oiseau, en chauve-souris, en gros chien noir, en chat, en ours ou en monstre pour se nourrir d'organes humains (cœur, foie, etc.), surtout ceux des enfants et des fœtus, pour ce faire, il plante sa langue extensible terminée par des crochets dans le ventre de la mère enceinte. Il existe plusieurs façons de reconnaître un Aswang :

1) Les reflets sont inversés dans ses yeux.

2) Il paraît différent quand on le regarde la tête en bas.

3) Il peut ne pas avoir de philtrum (ou "doigt de l'ange").

Un proverbe Philippin dit "Mieux vaut un Aswang qu'un voleur!". En effet, les Aswang ne sont pas les ennemis des mortels, tout comme les Rokurokubi de la mythologie Japonaise, les Vetalâ de la mythologie Hindoue et les Djinns de la mythologie islamique, ils ont un libre-arbitre, ils ne sont pas malveillants par nature et ressentent des émotions. L'Aswang peut être combattu à l'aide du sel, de l'ail, du fouet en queue de raie, de l'agimat à l'entrée des maisons, des bracelets noirs et rouges que portent les nouveaux-nés et des concoctions d'épices. Il existe plusieurs variations chez les aswang :

- l'Amalanhig qui est une sorte de mort-vivant se déplaçant constamment en ligne droite.

- le Manananggal qui se fait passer pour une belle femme âgée le jour, pour que la nuit il se sépare en deux. Pour le battre, il faut attaquer le bas du corps, le buste se dote en effet d'ailes et d'éléments de chauve-souris pour laisser pendre ses viscères et aller se nourrir de fœtus humains et du sang que pompe sa longue langue munie de crochets.

- le Mandurugo (aussi appelé "Mandarugo" ou "Tik-Tik") qui ressemble à une goule, à une chimère d'être humain et de chauve-souris.

- le Penanggalan (ou Krasue) peut séparer sa tête de son corps et la faire voler en laissant pendre les viscères, il peut aussi ressembler à une abeille ou à un cochon.

- Sighbin est le familier de l'aswang, c'est une chèvre vampirisée qui se déplace sur ses pattes avant, on raconte qu'elle défèque de l'or et recycle le cœur des enfants pour en faire des pierres précieuses.

NUADA DUSZA*

Tsobek devait 4 ans quand il a rencontré Hâti. Dans les souvenirs qu'il me montrait, je pouvais voir la forêt enchantée où il vivait. Nous avions un point commun... Sauf que j'avais grandi auprès des fées et des elfes et lui auprès des démons et des croque-mitaines.

J'aimais bien la manière dont les souvenirs de Tsobek retranscrivaient sa perception du bois enchanté. Le vert dominait, on se serait cru dans une forêt tropicale, à cause de la lumière recolorée par toutes les feuilles et l'omniprésence de leur couleur, mais c'était clairement une forêt Européenne.

Comme la communauté des guérisseurs n'en avait rien à foutre, de lui, Tsobek avait l'habitude de se promener dans la forêt, donnant des coups de poings pour faire battre en retraite les Uwan et les Azcatl qui l'attaquaient. Ce petit garçon vêtu de haillons aimait beaucoup voir les cigaus.

Ces animaux ressemblaient aux loups qui peuplaient la forêt, mais ils avaient des ailes. Quand ils migraient, il leur arrivait de se téléporter dans le bois. Alors qu'il se promenait en suçant son pouce, le garçon sans nom perçut des cris. On aurait dit des aboiements. Alors qu'il courait vers l'origine de ces bruits, l'enfant se rendit compte qu'il n'avait pas vu de cigaus, quand il arriva dans la clairière, il découvrit l'origine des cris. C'était un louveteau. Il fut choqué de découvrir cette petite boule de poils. Où étaient ses parents? La petite bête ailée pleurait, une petite flaque rouge remplaçait une de ses pattes avant.

Le garçon se dépêcha de retourner au campement près des grottes... Il ne comprenait pas comme la petite louve pouvait avoir été abandonnée? Les loups étaient censés être de bons parents!

Quand il arriva auprès des créatures des ténèbres, il était essoufflé, il s'inquiétait pour la petite. Les monstres ne purent pas déterminer ce qui s'était passé dans la clairière, mais ils pouvaient la soigner.

Tso gagna donc une amie ce jour-là, une amie qui n'allait sûrement jamais savoir pourquoi ses parents ne purent pas prendre soin d'elle, une amie qui avait été abandonnée avec pour seule compagnie ses propres larmes.

Alors que les créatures guérisseuses n'avaient jamais trouvé d'intérêt dans le fait de donner un prénom à l'aswang qu'ils avaient trouvé, ce dernier voulut en donner un à sa nouvelle amie. Mais lequel? Fenrir? Garm?

Quand le petit garçon demanda aux bêtes maléfiques des prénoms de loup, ils lui rappelèrent que l'esprit en lequel se modelait son aura était appelé un "Amaguq", en hommage à une divinité humaine. Ce prénom ne lui plut pas, ils poursuivirent donc en lui expliquant qu'il existait d'autres Agaliarept, c'étaient ainsi qu'on appelait ces créatures d'aura servant de pouvoirs aux non-monstres, à apparence de loup, notamment les Skøll et la Hati, ces mots signifiaient respectivement "répulsion" et "haine", mais c'étaient les prénoms des enfants de Fenrir, un loup légendaire, le premier était le prédateur du soleil, le second était celui de la lune.

Même si ce mot voulait dire l'opposé de l'amour, le petit garçon se dit que "Hâti" était un très joli prénom, il le donna donc à sa louve.

Hâti grandit donc avec le garçon qu'elle appelait "papa". Elle découvrit le monde avec celui qui lui apprit à voler. Hâti était la seule personne à rendre le garçon heureux. Les créatures des ténèbres répétaient souvent qu'elles n'en avaient rien à faire, de cet enfant, qu'il pouvait rester parce qu'elles avaient pitié de lui... Et aussi parce qu'en plus de vivre sur une planète où la magie était limitée, parce que les procédures des services de l'enfance échappaient à ces guérisseurs.

Les croque-mitaines et les démons enseignèrent ce qu'ils savaient à leur squatteur, ils lui montrèrent comment lancer des sorts, maîtriser son aura, se transformer et soigner autrui. Le petit aswang avait beau se servir des pierres enchantées que collectionnaient les monstres, il n'arrivait pas à les utiliser, il n'arrivait pas à incanter des enchantements et des charmes, cependant son aura bleue lui suffisait. Comme cette dernière pouvait contrôler sous toutes ses formes, il était tout naturel pour lui de concentrer sa magie, non pas à travers des maléfices ou des formules incantatoires, mais à travers son corps et les rafales d'énergie qu'il pouvait expulser.

Le garçon put donc apprendre à son amie à lancer des éclairs d'aura, cependant, comme elle appartenait à un peuple réputé pour apprendre naturellement la magie de téléportation, les vendeurs d'objets magiques détestaient voir les cigaus voler leur marchandise pour pouvoir migrer, elle allait devoir trouver comment maîtriser ce don par elle-même!

Le jeune aswang pouvait compter sur Hâti et elle pouvait compter sur lui, les monstres oubliaient souvent qu'ils étaient là, les enfants se vengeaient donc souvent en leur volant des provisions.

Le garçon et la louve se rendaient parfois dans les villes adjacentes à la forêt maléfique, bien évidemment, les habitants n'aimaient pas voir un animal sauvage en liberté, surtout si un enfant de 10 ans prétendait être son ami. Dans les souvenirs de Tsobek, ses petites escapades dans les villes lui servaient souvent à voler des vêtements ou à mendier, ses haillons et sa façon d'oublier souvent de prendre une douche ne l'aidèrent pas à se trouver des amis... C'était du moins ce qu'il pensait, il ne prenait pas en compte ses habitudes sauvages et son habitude menacer d'un coup de griffes ou d'une boule de neige quiconque lui tapait sur les nerfs.

Les monstres considérant les cours de maîtrise de pouvoirs donnés à Tsobek comme un moyen de tuer l'ennui, le garçon anonyme dut développer la plupart de ses pouvoirs tout seul.

Le petit aswang dut apprendre tout seul à décoller du sol. Comme Hâti marchait difficilement avec ses trois pattes, le petit garçon lui apprit à voler. La louve était un peu envieuse. Alors qu'elle dépendait de ses ailes, son "papa" pouvait non seulement se changer en corbeau ou en chauve-souris, mais en plus soulever son corps à l'aide des énergies bleutées qu'il projetait.

Quand Tsobek fréquentait des mortels, il leur arrivait de frimer parce qu'ils possédaient un nom, mais lui, il pouvait voir dans l'obscurité, parler avec les animaux, voir les monstres qui savaient se rendre invisibles et étendre sa langue.

D'ailleurs, chaque fois qu'il essayait d'utiliser cette capacité, il lisait un profond dégoût sur le visage des citadins.

Alors qu'il approchait de ses quinze ans, le garçon sans prénom prit l'habitude d'aller voir des jeunes de son âge, peu importe leur genre, ils aimaient ce comportement féroce, sûr de lui, sournois et frimeur. Lui, il aimait exposer sa musculature plus développée que celle des autres adolescents qu'il rencontrait.

Le garçon profita donc de sa beauté pour perdre sa virginité.

Vous demanderez à quel âge j'ai perdu la mienne... Quand je l'ai dit à Elatha et Lavie, elles m'ont fait signer un contrat qui stipule que les lecteurs qui l'apprendront mourront!

Tout ça nous mènera donc au printemps de l'An - 2 du calendrier monstrueux.

TSOBEK*

6 mai de l'An - 2 du calendrier monstrueux

Te Parae-tea.

La lecture, c'était pas mon truc... Je ne me souvenais même plus de comment j'avais appris à lire.

Je pouvais quand même lire le nom de la ville sur le panneau. Mes tuteurs m'avaient laissé en plan. Hâti restait assise à mes côtés.

Tsobek : Non, mais t'as vu, je sais qu'on les a convoqués, mais ils auraient au moins pu dire "salut"!

Hâti : On va où, papa?

Tsobek : Aucune idée, à ce qu'on raconte, cette ville est surtout constitué de quartiers avats... Pfff... C'est pas comme ça que je vais trouver un mec... Pas grave, dois y a voir des filles.

Les mains dans les poches, je me promenais dans la ville, Hâti volait à mes côtés, certains chiens aboyaient en sa présence, mais il me suffisait d'un regard pour qu'il se taise. J'allais au parc, autour de moi, des enfants s'amusaient, ils volaient dans les airs en abusant de leurs super-pouvoirs. Je grognais. Heureusement que je parlais anglais, la plupart des gens parlaient portugais. Je vérifiai la carte de la ville, il y avait un quartier aswang. Je n'avais jamais rencontré de congénères, peut-être que si j'étais allé aux Philippines, j'en aurais vu par centaines.

J'appelai Hâti qui se roulait dans l'herbe, je changeai de forme, mon corps rétrécit et se couvrit de plumes noires, une fois sorti de mes vêtements, Hâti prit mon sac en accrochant la bandoulière autour de son cou et laissa les flots bleus de mon aura déposer mon short, mes sandales et mon débardeur dedans. Nous prîmes donc notre envol avant de nous poser dans une ruelle un peu sale qui sentait la viande. J'étais étonné de sentir autant de congénères. J'étais prêt d'une place du marché, je m'y rendais. Hâti ne pouvait pas se retenir. La boucherie avait l'air prometteuse.

Après avoir acheté des abats pour mon amie et des sandwichs au Hodag pour moi, je me posai sur un banc, je pus observer la place, comme nous nous trouvions sur une colline, je pouvais voir la cathédrale. Je sentis une odeur que je n'avais pas senti depuis longtemps, c'était celle d'un sang-mêlé!

Pris d'une curiosité potentiellement raciste, je me rendis auprès de la source de ce parfum. Comme je l'avais deviné, elle provenait d'un métis Trasgu-humain. Je le reconnaissais à l'apparence de ce garçon, il devait à peu près avoir mon âge. Sa peau était noire comme la nuit, mais parcourue par des marques blanches, des tatouages tribaux, même si sa silhouette était humaine, les deux cornes qu'il arborait sur le front, de même que celles de son menton, que la couleur vert printemps de la sclère de ses yeux, que l'iris vert émeraude de ces derniers et que ses cheveux couleur feuille trahissait son métissage.

Une jeune femme était assise sur un banc, il lui parlait. C'était une aswang, comme moi.

NUADA DUSZA*

Les souvenirs de Tsobek étaient assez flous en ce qui concernait la conversation.