Entrée du grimoire*

Rang VI (8/18)

Type : Avien / Humanimal

Wad-zoo-sen : Dans la mythologie Abénaquise, Wad-zoo-sen (Wajosen, Wuchowsen, etc.) est un élémental de vent. Cet oiseau géant est un aigle hypothétiquement immortel, que Glooskap, un des deux démiurge, fils de la divinité suprême et frère jumeau de Malsumis, tenta de tuer. Les rafales de vent que ses ailes projetaient étaient en effet si puissantes et si dévastatrices que le dieu voulut sauver la Terre, cependant même si les mers et les terres étaient en danger, si le vent ne soufflait plus alors l'équilibre de la Nature serait rompu et en particulier celui de la mer, Glooskap accepta donc un compromis, l'aigle de vent allait désormais ne pouvoir projeter ses bourrasques qu'à la condition qu'une de ses ailes soit ou cassée, ou attachée !

Retour à la narration*

LAVIGNA STHOT*

Petite précision, là où les Natas tiraient leur pouvoir de communication avec les animaux de leur héritage Wad-zoo-sen, Rshou le tirait d'un cikavac... Ce serait inutile à décrire alors il l'a oublié :

Entrée du grimoire*

Type : Humanimal / Abomination

Rang VI (6/18)

Cikavac : Cikavac (se prononce "sikavats") est un familier de la mythologie Serbe, c'est une créature ailée polymorphe qui peut se doter d'un long bec pourvu d'une poche sur la gorge, comme les pélicans, on le fabrique à l'aide de l'œuf d'une poule noire, qui a été tenu par une femme, sous son aisselle, pendant une période de quarante jours durant lesquels elle n'aura ni coupé ses ongles, n'est ni allée se confesser, n'a ni prié et n'a pas non plus nettoyé son visage. Le Cikavac est réputé pour voler du miel dans les ruches, du lait dans les fermes et d'autres objets pour son maître, auquel il peut donner le pouvoir de communiquer avec les animaux.

Retour à la narration*

Les Cikavac et les Wad-zoo-sen sont des thérianthropes, des humains à moitié-animaux. Comme les aswang, les aniukha, les moroii certains métis d'ascendance monstrueuse, les thérianthropes peuvent rivaliser physiquement avec les monstres.

C'était une des raisons pour lesquelles j'ai toujours détesté être humaine... Après, c'était peut-être à cause de mon handicap... Franchement! "Être humaine", ça a changé de définition depuis la dernière fois que j'ai posé la question?

Les mortels vivent à peine moins d'un siècle et s'inventent des croyances ridicules pour accepter cette fatalité. Ils écrivent des histoires pour se conforter sur le fait que seule la souffrance et le mal ressortent de ceux qui essaient de ne pas accepter cette tare!

Le principe même de la vie est la perpétuité, la prolongation. Disposer d'une conscience permet aux mortels de profiter des maigres années que leur chair grasse et "entropie-phile" (Essayez de trouver un terme!) pour trouver l'amour, se faire des amis, créer, modifier, améliorer. Quand on regarde l'Histoire humaine, on comprend pourquoi les mortels ont découvert le bien et le mal.

Le bien, c'est sauver des vies qui peuvent encore avoir la chance de connaître le bonheur, écrire des mélodies enchanteresses, détruire des traditions oppressives et liberticides pour permettre à ses héritiers de s'épanouir, immortaliser à travers des supports la beauté fragile, essayer de réparer ses erreurs pour devenir une meilleure personne, etc.

Le mal, c'est abuser de sa puissance pour traiter autrui comme un objet, imposer une unique façon de penser, provoquer la mort au nom de la volonté d'un ami imaginaire, imposer une série de traditions qui n'offrent l'épanouissement qu'aux psycho-rigides et à l'empêchement de l'ambition.

Quand je repense à ma mère, je me dégoûte... C'était l'une des personnes les plus importantes de ma vie et pourtant je suis passée à autre-chose, sa conscience s'est éteinte et je ne suis plus aussi effondrée que la semaine qui a suivi cette perte... Quand je la revois en rêve, je ne peux pas retenir mes larmes, mais quand je suis éveillée... Plus rien... J'arrive à accepter que c'est inévitable et il n'y a rien de plus horrible!

Comment les personnes normales arrivent à accepter la fatalité du néant. Maintenant que je suis fée, je ne peux plus croire en Dieu, je n'y ai jamais cru, mais ça me fait relativiser... Quand j'étais humaine, j'avais deux façons d'aborder la mort : la première me rongeait et me tiraillait en me rappelant sans cesse qu'il suffisait que mon cerveau n'émette plus un seul signal électrique pour que je cesse d'exister, alors que la seconde me pesait, j'acceptais ce destin et je m'en voulais de l'aborder avec autant de nihilisme!

C'était l'une des principales raisons de l'opposition entre mortels et monstres : l'espérance de vie! Les purs esprits ne craignent pas le temps, les zombies et les vampires ont déjà connu la mort... Même les monstres vivants savent qu'ils auront la possibilité de revenir un jour ou l'autre.

La différence des capacités, tant en ce qui concerne l'espérance de vie, qu'en ce qui concerne les possibilités, entre les deux peuples explique pourquoi les monstres acceptent l'idée qu'ils ne sont qu'une tentative de l'esprit humain d'essayer de contrôler une réalité froide et cruelle.

Les mortels sont faibles!

On ne peut pas réparer leurs articulations cassées en essayant de les remettre en place, quand on le fait, on ne peut qu'augmenter les dégâts! On ne peut pas faire repartir les battements de leur cœur en les soumettant à un défibrillateur! On ne peut pas les soigner d'un venin de méduse en urinant sur leur plaie!

Les mortels ne peuvent pas utiliser les arts martiaux réguliers ou leur propre force musculaire pour maîtriser les monstres. Ils ne peuvent pas non plus développer leurs muscles pour les rendre plus puissants que ceux de ces derniers. Ils ne peuvent pas voir dans l'obscurité. Ils ne peuvent pas respirer sous l'eau. Ils ne peuvent pas voyager dans l'espace sans équipement. Ils ne peuvent pas ressentir avec exactitude l'aura d'autrui pour en déterminer la nature. Ils ne peuvent pas non plus résister à la morsure d'un zombie!

Les espèces méta-humaines ou non-humaines, comme c'est le cas des Trasgus, sont souvent mises dans la catégorie "monstres". Sur la Terre Vanaheimienne, les thérianthropes ont appris aux mortels à maîtriser le pouvoir de l'aura pour qu'ils puissent se débarrasser des démones Malphas et Vassago. Cependant quand la magie fut interdite par la loi avatéique, les thérianthropes furent rejetés par les mortels... Sans doute parce qu'ils pouvaient utiliser naturellement la magie!

P.O.V RSHOU*

Je m'appelle Rshou Natas.

Je suis le troisième enfant de la famille Natas.

Mon grand-père, Grégory Natas était un philosophe, c'était un Wad-zoo-sen, tout comme son épouse, donc ma grand-mère. Contrairement à ce que disaient les légendes, Wad-zoo-sen n'a jamais été un oiseau immortel, mais juste une espèce de thérianthropes, des hybrides humains-aigles capables de manipuler l'élément du vent.

Mes grands-parents habitaient à Jotunheim, sur Terre, dans l'État le plus au nord de la Filanie, à l'époque, un groupe terroriste du nom d' "Essence" a commencé à faire parler de lui. Les membres du groupe étaient des Avatéistes extrémistes qui voulaient imposer la foi envers "celui-dont-les-yeux-sont-la-lune-et-le-soleil", malheureusement pour eux, l'athéisme existe.

Ainsi, mon grand-père qui n'était qu'un vulgaire prothésiste à leurs yeux commença à gagner en popularité grâce à ses prouesses philosophiques, il en a profité pour insinuer que la science étant le pouvoir qui permet à l'être humain de comprendre l'univers et tout ce qui existe, qu'il était logique d'utiliser le voyage dans le temps pour déterminer si Dieu existe ou non.

Cette blague fut le début d'un combat qu'il accepta de mener. Ainsi, deux groupes s'opposèrent :

- les Natasistes souhaitent savoir si Dieu existe, la question à leurs yeux n'est pas de savoir si oui ou non des gens croient en un dieu, mais si oui ou non ledit dieu existe. Par exemple, comment se fait-il qu'aucune personnalité importante de la communauté religieuse avatéique, que ce soit parmi les abchanchuistes ou les avatéistes ne prennent en compte le fait qu'il existe un monstre qui porte le prénom de leur divinité et qu'il est possible qu'il eusse juste été déifié.

- les Essencistes, eux, veulent juste imposer la croyance en Avatéa, ils estiment que Dieu existe et que tous doivent y croire.

Mes parents sont athées agnostiques, mais ils n'ont jamais eu de véritable avis sur la question. Aquila Natas a épousé un autre docteur en robotique, Halcyon, qui reprendra le nom de sa femme. Les deux scientifiques travaillent dans la fabrication de membres robotiques, ce que nous appelons communément les "cyborgs".

La régénération est une capacité fascinante, tant qu'un Nelapši a le sang de ses victimes en lui, il est capable de repousser la limite de ces dernières, cependant il n'est pas capable de les dépasser. Même les monstres les plus puissants ne peuvent pas survivre si leur corps subit trop de dommages. Il en va de même pour les métahumains tels que les Therianthropes, les Aniukha et les Aswang qui se vantent de leurs capacités de récupération et de guérison équivalentes à celles des monstres. Malheureusement, même les Aniukha peuvent mourir du cancer.

Ainsi, mes parents ont consacré leurs recherches sur la fabrication de membres robotiques et d'organes artificiels destinés à améliorer la vie des gens.

Le problème, c'est que cette technique coûte cher, on ne sait pas quand elle pourra rejoindre la vie de tous les jours.

Mes parents eurent un fils, Peter, et une fille, Serqet.

Alors que mon frère et ma sœur étaient tout jeunes, nos parents ont intégré un projet scientifique Natasiste : la fabrication d'une machine dotée d'une "âme"!

L'âme, c'est quelque-chose que seuls les Nzambés peuvent comprendre. Il a été prouvé que ma conscience des monstres pouvait revenir à travers une nouvelle vie. Il a aussi donc été prouvé que les fantômes existaient et qu'ils étaient bien l'esprit éthéré issu de la mort biologique.

Le but de ce projet était de poursuivre et de combiner plusieurs études et recherches préalablement effectuées afin de fabriquer un être humain artificiel. Mes parents ont mis le paquet dans ma conception. D'abord, mes os sont en métal, pour reproduire la moelle épinière, il a fallu réfléchir à comment reproduire le sang, chaque partie du corps humain devant pouvoir être reproduite dans mon organisme.

Ainsi, mon sang est en réalité un carburant spécial capable d'assimiler ce que je mange pour en faire ma source d'énergie. Pour les cellules, il a fallu s'appuyer sur la nanorobotique. Ajoutons à ça des muscles en tissus synthétiques, un cerveau artificiel et l'injection d'une décharge d'aura de mes parents. Les programmes qui m'ont été implantés étaient une intelligence artificielle évolutive. Sa seule commande était la suivante : devenir une personne à part entière.

Ainsi, mon intelligence artificielle se développa et acquit ses capacités, d'abord, elle observa la croissance de mon frère et de ma sœur pour que je sache comment acquérir ma conscience, comment éprouver des sentiments. Je dis ensuite apprendre à copier le développer de leur corps. Finalement, je suis bien devenu le troisième enfant Natas. J'ai même réussi à assimiler les pouvoirs de mes parents pour pouvoir développer un agaliarept capable de manipuler l'air.

Dans les média (je n'ai jamais compris si je devais mettre un "S"), mon existence a provoqué un scandale, en particulier auprès des avatéiques. Dans leur philosophie, l'âme immortelle est un cadeau offert par Avatéa et Vari-ma-te-takere, il est impensable qu'une machine ait réussi à en développer une.

Pour moi, Dieu n'aura jamais été que le besoin de l'esprit humain de soumettre la réalité à ses désirs à son image. Voir les réseaux du corps comme un arbre, voir les lois de l'univers comme un programme informatique... Chaque fois que je voyais un croyant, même un déiste, justifier la nécessité de l'existence de Dieu par la complexité de l'existence même me sera toujours apparu comme un caprice primaire issu de l'incapacité à exister la contingence, au sens sartrien du terme, soit l'accident derrière l'équilibre.

Quand j'en parlais à Peter, il me disait que la beauté du miracle que les croyants voyaient derrière l'existence était peut-être justement issu du fait qu'elle aurait pu peut-être ne jamais apparaître et que son apparition la rendra toujours éphémère et inconséquente, paradoxalement fragile et puissante, en même temps.

Je me rappelle de cette conversation que j'ai eue avec Peter, d'après lui, il est peut-être plus beau de se dire que, comme le pensent les monstres, la vie n'est qu'un accident. Quand on y pense, aucun des univers qui existe n'est réellement propice à cette dernière. Les cellules peuvent se dérégler et devenir des cancers, la vie n'est même possible que sur certaines planètes. Les monstres, même les Nzambés, ignorent si Dieu existe, mais Peter préfère se dire que la vie est un cadeau plus précieux si on la voit comme un "miracle" qui a eu la chance d'arriver que comme un don forcé.

Personnellement, je me suis dit que c'est peut-être parce que je suis un robot que je n'ai jamais cru en Dieu.

Ce n'est même pas un sujet qui m'intéresse. Si je réussis à mourir, que m'arrivera-t-il? Vais-je me réincarner? Ai-je une "âme"? Suis-je la réincarnation de quelqu'un qui a déjà existé.

D'après Peter et Serqet, je possédais sûrement une âme, n'en déplaise aux théistes! Même si on pouvait dire que modifier mon programme pouvait conduire à une altération de ma personnalité, n'était-ce pas ce qui pouvait arriver aux humains quand leur cerveau était victimes de coups ou de substances?

J'ai toujours été fasciné par mon frère, il était si parfait, c'était un athlète, mais il a toujours su faire preuve d'une grande intelligence. Quand j'étais adolescent, il m'a proposé une expérience.

La Terre Vanaheimienne restait un monde assez mystérieux pour la communauté magique, comme sur l'Avaikienne, la magie y restait proscrite, elle y était vue comme une activité avaikique, Avaiki désignant dans les religions avatéiques un au-delà chthonien, une sorte d'équivalent à l'Enfer des religions Abrahamiques. Les Vanaheimiens avaient eu à subir les exactions des démones Malphas et Vassago, les crimes de ces dernières poussèrent les thérianthropes à enseigner le pouvoir de l'aura aux mortels.

Là, un commentaire de Kave et d'Elatha me signale que je me répète!

Très peu de Vanaheimiens étaient enclins à accepter de cohabiter avec les créatures magiques, ainsi très peu d'opérations de rencontres transdimensionnelles pouvaient être mises en place. Plusieurs personnes de haut rang choisirent donc d'organiser une rencontre étudiante, malheureusement, il fallait que les participants cachent leur origine Jotunheimienne.

Un chef scout doté d'un agaliarept extrêmement difficile à utiliser voulait s'en servir pour envoyer un garçon de mon âge à Vanaheim, là où la magie est possible sans artefact, mais absolument interdite.

Cet homme s'appelait Vulcan Joyaky, Peter et moi le connaissions parce que nous l'avions souvent rencontré quand nous faisions du scoutisme!

J'acceptais donc de participer à l'expérience avec ce garçon, le but était de voir comment des êtres qui acceptent la magie pouvaient se débrouiller là où elle était proscrite.

Le garçons qui allait passer l'été avec moi avait gagné un concours organisé dans les collèges, c'était un martien, il s'appelait Luka Ygeb, il avait deux ans de moins que moi.

Quand nous nous rencontrâmes dans le camp scout dans lequel Peter, nous fûmes surpris d'apprendre qu'un troisième adolescent avait été invité.

Dans la salle dans laquelle j'attendais Vulcan, il y avait le garçon aux antennes, il ressemblait à n'importe quel adolescent de 14 ans, sauf qu'il était assez chétif et que sous sa tignasse blonde, il possédait une peau vert printemps, du bout de ses doigts aux petites boules situées à l'extrémité de ses antennes.

Ce garçon était assez mignon, on aurait eu envie de lui tirer les joues.

Luka ne parlait pas beaucoup.

ELATHA ALUSA*

Dans les souvenirs de Rshou, Luka apparaissait comme un enfant très faible, en plus de sa maigreur, le garçon avait à l'époque des cheveux un peu plus courts et n'osait pas regarder l'inconnu dans les yeux, il était vêtu de vêtements en mauvais état, le bout de ses manches était troué.

Le robot se présenta à Luka, ce dernier bégaya et lui avoua avoir déjà entendu parler de lui, il était quand même assez célèbre.

Dans le reflet des yeux de Luka, je pus voir le sourire de Rshou, il l'avait transmis à ce garçon.

Vulcan Joyaky arriva, il était accompagné d'un jeune homme qui sentait mauvais.

Le garçon avait le même âge que Rshou, il avait les cheveux en bataille et était plus petit, mais plus large d'épaule, son débardeur noir ne masquait pas sa puissante musculature.

Vulcan demanda au jeune homme qui s'assit brutalement sur une chaise en croisant les bras de se présenter. L'adolescent aux yeux bleus rétorqua qu'il n'avait pas de nom. Luka voulut poser une question, mais le jeune homme grogna. Le petit démon sursauta et se tut en baissant la tête, ses antennes pointaient vers le bas, ses joues étaient devenues rouges.

Le jeune homme grogna. Rshou soupira et se présenta. Il expliqua que tout le monde avait un prénom, le jeune aswang lui demanda d'où venait l prénom "Rshou", il apprit donc que c'était juste:

- Le prénom "Shou", comme le "dieu" de l'air, mais avec le "R" de "robot" devant. Mon agaliarept manipulant l'air!

- T'es un robot, fit le jeune homme? Ben, autant m'appeler "Tsobek", le "dieu" de l'eau le "T"... Parce que le "R", ne ferait pas un prénom assez joli. Oui, mon agaliarept manipule l'eau.

A suivre...