LUKA YGEB*
Tsobek : Martwink, que penses-tu du débat "les humains ne sont pas faits pour se battre?"... Je dis ça juste parce que jouer les snobs, ça fait "classe".
Ben, je suis désolé, mais c'est une réalité... Ben quoi? Les mortels ne peuvent pas faire des bonds de six mètres de hauteur. Ils ne peuvent pas s'accrocher aux parois verticales... Bref, vous connaissez la chanson.
On pourrait pas parler d'autre chose. Par exemple...
RSHOU NATAS*
Rshou : Vous pouvez me résumer Luka en une information que vous connaissez sur lui?
Elatha : Alors... Y a cette fois où on jouait au foot... Comme il était préoccupé par toutes ces vies perdues à cause des vampires, il a dit qu'il n'aimait pas le sport, parce qu'il estimait que c'était une activité qui permettait certes à l'humain de s'épanouir, mais qui, contrairement à l'art ou à la science... Il a dit quoi, déjà?
Elatha nous montra son souvenir. Luka disait en effet ne pas aimer le sport parce qu'il estimait que cette activité avait volé les lettres de noblesse de la science et de l'art, certes ces activités, en plus d'être un peu plus solitaires, misaient sur le futur et non sur le présent, mais c'était ce qui leur offrait leur valeur, le sport offrait des liens amicaux, des moments de dépassement et "toutes ces c*n*eries", mais... Là, le discours de Luka devint un peu vulgaire, mais pourrait être abrégé par l'idée qu'un effort intellectuel surpassait un effort physique. Kave, lui, préféra parler du point de vue de notre sorcier concernant la morale de Tsobek.
Kave : Quand vous vous êtes rencontrés, il avait un peu peur de lui, parce qu'on lui avait répété que les monstres qui avaient choisi de ne pas vivre dans la société humaine n'étaient que des bêtes mues par leurs instincts, comme celles qui avaient élevé Tsobek, et que comme il passait son temps à se comporter comme s'il se moquait de ce que pouvaient penser les autres et n'avait pas reçu une éducation influencée par des millénaires de patriarcat et de bourrage de crâne avatéique, il avait peur de son "immoralité"!
Message d'Elatha : Oui, essayez de réfléchir après avoir passer un mois à massacrer du vampire, vous verrez dans quel état sera ce que vous essaierez de débiter.
LAVIGNA STHOT*
Lavigna : EH! Chaton! J'espère que tu vas nous raconter ta biographie?
Luka : Non, pourquoi? Y a rien d'intéressant à raconter!
Jean : Luka... Tso est en train de tout expliquer à Elvira et à Nuada, Rshou raconte tout à Kave et à Elatha. Tu reconnaîtras que ça attise la curiosité sur ton passé, à toi.
Je me retins de critiquer la construction de la phrase de mon ami.
Lavigna : Et surtout, je nous ai connectés à Carla, elle veut tout apprendre!
Luka : Sérieux? Tu voudrais en savoir plus sur la famille biologique de Tso?
- Eh, "Robotman", nous fit la voix de Tsobek pour m'embêter, c'étaient qui, mes parents biologiques, déjà? Il a fait des tests A.D.N et je l'oublie tout le temps jusqu'à ce qu'on me le rappelle!
- D'après mes données, nous communiqua l'androïde, ton père s'appelait Waldo Werys, c'était un mineur qui possédait un Amaguq (agaliarept-loup) de manipulation de l'oxygène, il est mort dans un éboulement, ta mère s'appelle Charlie Houhay, une prostituée d'origine Busau, une tribu Aswang Padnomienne, son agaliarept-rat manipule le dihydrogène...
- Oui, merci, ta gueule, on t'aime, le coupa Tsobek...
Luka : Tsobek déteste qu'on en parle parce que Rshou essaie toujours de le convaincre de rencontrer sa famille biologique. Tso oublie tout le temps leur existence parce qu'il pense qu'un jour, il subira une expérience traumatisante qui lui fera réaliser qu'il pourrait essayer de rencontrer ses cousins, neveux, frères, sœurs et...
- Ouais, ouais, intervint Tsobek, raconte juste ta vie et gave-nous d'images tellement mignonnes que Lavie se sentira sale de fantasmer sur toi.
JEAN "BUER" ALUCARD*
Je pouvais comprendre que Tsobek puisse trouve Luka "mignon", il l'avait connu à 14 ans, mais il oubliait le fait que notre ami démoniaque avait très peu de souvenirs de l'évolution de sa propre apparence.
Les images et les sons fusèrent donc. L'un des premiers souvenirs de Luka était dans une voiture, il se reposait sur la banquette arrière, mais il pouvait entendre ce que ses parents disaient. L'ouïe des Martiens n'avait plus à prouver sa qualité. L'enfant faisait semblant de dormir, il entendait clairement sa mère se plaindre qu'elle ne voulait plus voir son fils dormir une nouvelle fois à l'arrière de cette voiture, son père soupira et accepta d'appeler sa belle-sœur.
Par la suite, nous pûmes voir à quoi ressemblait l'appartement dans lequel vivait la tante de Luka et son petit ami. Cette femme n'était qu'à moitié démone, ça se voyait parce que contrairement à son neveu, qui, lui, était un "pur-sang", Elvira, j'espère que tu es contente, je l'ai dit, elle pouvait complètement prendre forme humaine.
Quand nous vîmes les photos qui montraient l'évolution de notre ami, les petits soupirs d'émerveillement de Lavie finirent de m'achever, je la suppliai d'arrêter de s'extasier chaque fois qu'elle trouvait Luka mignon, mes oreilles n'allaient pas y survivre!
Je n'avais jamais vu Luka ainsi, je savais qu'il avait grandi dans un quartier difficile, mais je ne me serais pas attendu à ça... En plus d'être très maigre, le garçon portait des vêtements très souvent recousus. Je le voyais très souvent très seul quand il s'amusait, quand d'autres enfants apparaissaient dans ses flash-backs, je voyais uniquement leurs bouches, leurs sourires me glaçaient le sang. Quand Luka nous montrait une scène durant laquelle il pleurait, c'était souvent quand il venait de se faire couper ses antennes... Il y avait aussi cette fois où sa tante rencontrait le principal du lycée pour se plaindre des insultes racistes que recevait son neveu.
Luka : Vous êtes contents, on peut en revenir, au scoutisme? Je suis désolé de vous imposer mon amertume Elatha-esque, mais là, on arrive au jour à mes introspections philosophiques... C'est à partir de mes 11 ans que j'ai compris que j'étais responsable de mes propres insomnies!
Jean : Quoi, comme introspections philosophiques?
Luka : Principalement sur la religion, la mort, la vie et ma frustration de ne pas pouvoir utiliser la magie...
Lavigna : Vivement que je t'épouse! Hmmm... Par contre, Carla, Nuada, Kave et toi, je vous épouserai dans quel ordre?
Je n'avais jamais vu Luka aussi rouge!
LUKA YGEB*
7 juillet de l'An -2 du calendrier monstrueux
Je venais d'arriver sur la Terre Vanaheimienne, c'était la première fois que je lançais un sort de téléportation en dehors des cours. Je venais de prendre ma forme humaine, j'avais un peu peur... Même si je pouvais recharger le sort de transmutation toutes les semaines, je me posais des questions concernant le pouvoir du chef scout qui conduisait la voiture.
Tsobek : Tu vas arrêter de trembler, gamin, j'ai l'impression que je te fais peur. Mais bon, c'est vrai que de nous deux, c'est toi, l'humain... Ah non, c'est vrai : C'EST MOI!
Rshou : Tsobek, il est timide, c'est tout.
Tsobek *en train de soupirer* : Bravo, papa-scout, tu as trouvé la meilleure manière de m'empêcher de passer du temps avec Tard, après tout, si ton fils peut pas sortir avec elle, pourquoi en aurais-je le droit?
Rshou et moi étions en train de fixer Tsobek, assis sur le siège du milieu, j'étais à sa gauche, il nous expliqua:
Tsobek : J'ai rencontré ce mec quand son fils agressait sa petite amie. Elle voulait rompre, j'ai empêché "Monsieur Cornes" de la frapper et heureusement, elle allait l'étriper, ensuite je l'ai viré à coups de pompes dans le cul, Tard, c'est le prénom de la fille, m'a dit que son féminisme la poussait à rejeter mon comportement, on s'est engueulé, elle m'a remercié de l'avoir aidée, on a discuté, elle s'est plaint que j'avais pas de prénom, on a flirté, son mec est revenu avec des copains, Tard a ricané et a parié avec "Monsieur Cornes" que je le défoncerai, j'ai tabassé les quatre cons...
Au moment où Jean et Lavie pouvaient apercevoir mes souvenirs de cette conversation, je pouvais découvrir la manière dont Tso avait vécu ce jour. Les images qu'il nous transmettait nous montraient en détail ce qu'il avait résumés. Nous avions vu le bras de Phœbus se faire saisir par la main de notre aswang préféré, ce qui lui permit d'empêcher le fils Joyaky de se prendre les rafales d'aura propulsées par Tard. Par la suite, nous la vîmes enrager quand il se mit à enchaîner les coups pour mettre K.O chacun des trois amis de Phœbus avant de laisser ce dernier se faire gifler par sa nouvelle ex-petite amie. Elle n'aimait pas l'image qu'on pouvait avoir d'elle!
Après cette histoire, Tsobek a rencontré Vulcan, ce dernier a dû modérer le jeune homme et Tard pour apprendre que son fils était en tort!
Vulcan : Tsobek, j'ai discuté avec tes... "Parents"... Ils étaient d'accord, tu as besoin de ce séjour en camp de vacances.
Tsobek : Oh pitié! Ils se sont foutus de toi, la dernière fois qu'on a fait du camping, c'était dans une grotte envahie par des goules sauvages qui ressemblaient à des chauves-souris sans ailes. J'ai passé la nuit à cogner ces connards, ils essayaient de me bouffer. Finalement, mes "parents" LES auront bouffés!
Vulcan : Tu sais que c'est un peu parce que tu parles comme ça que je pense que tu devrais participer?
Rshou : Monsieur Joyaky, vous vous rendez compte que vous donnez l'impression que ce projet d'échange a pour but d'imposer l'idéologie d'un mode de vie humain à deux personnes qui ont plus d'affinité avec le mode de vie monstrueux. Le fait que ce projet demande à un jeune homme élevé par des monstres et à un monstre issu d'une banlieue délaissé par l'Etat, de se conformer à un style de vie d'origine militaire et religieux ne m'apparaît pas sain.
Tsobek : Merci, Lénine!
Vulcan : C'est comme ça que tu vois le projet?
Rshou : Mon frère m'a demandé de vérifier si ce projet était adapté aux monstres, je ne fais qu'exposer mes observations.
Tsobek : Voilà, je fais ça pour me débarrasser de toi, papa-scout et après, je retourne dans ma forêt avec les croque-mitaines et les ogres... Et aussi faudra que je retourne voir Tard pour lui dire qu'un homme pas foutu d'élever son fils juge de mon éducation. Toi, gamin, si tu veux, je te montrerai comment c'est la vie sans le... C'est contre quoi, qu'il était Lénine, déjà? Le "machin-ta-isme"? Le truc que Staline adorait, par contre!
Luka : ...
Le mot "capitalisme" avait été si discret en sortant de ces lèvres.
Tsobek : Je te fais toujours peur?
Rshou : Tsobek!
Tsobek : Je vais passer deux mois avec lui, j'ai pas envie que... Non, en fait, je m'en fous!
L'androïde trembla, il regardait à droite et gauche comme s'il cherchait de l'aide, il bafouillait, il voulait me rassurait, changeait de sujet de conversation, il voyait comment je baissais la tête:
Rshou : Euh... Luka... Tes sortilèges sont vraiment impressionnants! Ta transmutation et ta téléportation sont très précises.
LAVIGNA "LAVIE" STHOT*
Sur le chemin, comme Rshou était occupé à sermonner Tsobek, et comme ce dernier était en train de lui reprocher son hypocrisie par rapport à ce qu'il disait sur son mode de vie, Luka essayait de lire un livre sur Vanaheim, c'était surtout un catalogue des différences entre les Terres Alfheimienne, Jotunheimienne et Vanaheimienne. Trois univers, trois versions de la même planète! Un monde où la magie était accessible, mais cachée, un monde où la magie était limitée, mais publique, et un monde où la magie était accessible, mais interdite. Sur cette Terre, un Martien comme Luka pouvait lancer ses sorts sans dépendre d'artefacts, mais ne pouvait le faire que sous l'influence du pouvoir de l'aura de Vulcan!
La voiture se gara devant l'entrée du camp scout, les trois garçons savaient ce qu'ils devaient faire. Il leur était interdit de lancer des sorts en dehors de la zone protégée par le pouvoir de Vulcan, c'était à dire cinq mètres autour de Luka, ils devaient faire semblant d'avoir passé leur vie sur une planète où la magie était interdite et où la population n'était composée que de personnes capables d'utiliser les agaliarept. L'agaliarept étant un esprit représentant l'aura de son propriétaire, la plupart des habitants l'appelaient juste "nyama", c'était ainsi que la légende s'était adaptée à cet univers où les Ivoiriens avaient conscience de l'existence de vrais phénomènes paranormaux. Luka s'intéressait à la manière dont les différentes cultures trouvaient des terminologies bien à elles pour pouvoir désigner le monde de la magie, il savait que c'était inutile, mais trouvait le sujet fascinant.
Les monstres ne pouvant pas être vus par les mortels, Luka avait reçu l'ordre de ne pas se rendre invisible, à moins que quelqu'un ne soit en danger. Comme Tsobek et Rshou possédaient un nyama, ils n'avaient pas besoin de mentir sur la nature de leurs pouvoirs, tout le monde accepterait facilement qu'ils en avaient plusieurs, même si, statistiquement, dans ce pays, tout le monde ne possédait qu'un pouvoir par nyama! Les créatures surnaturelles étant mal vues, Tsobek comprit qu'il ne devait pas révéler être un aswang, mais se disait que c'était une chance de se trouver dans un pays où cette légende n'était pas très connue. De plus, même s'il faisait croire qu'il était Philippin, ce qui était facile, compte tenu de sa couleur de peau et de ses traits, personne ne ferait le rapprochement avec une créature anthropophage issu du folklore de ce peuple!
Luka, lui, faisait tout simplement croire que son nyama lui offrait le pouvoir de respirer sous l'eau et de voir dans l'obscurité, à l'époque, il ne pouvait toujours pas manipuler l'élément de la terre sans magie, mais pouvait quand même se servir des pouvoirs télékinétiques des martiens.
Quand les trois adolescents déposèrent leurs bagages dans leur chambre, il rencontrèrent leur camarade, c'était un jeune homme appelé Gabriel Yrâ, les quelques affaires qu'il avait mis dans la chambre indiquèrent à Rshou que ses parents travaillaient dans une exploitation agricole biologique, les chefs scouts avaient été assez fainéants, alors pour l'esthétique, ils avaient mis les trois garçons dans la même chambre qu'un scout capable de convertir son qi en feu... Comme ça, c'était facile de retenir où se trouvaient les garçons issus du programme d'échange culturel : c'était dans la chambre où il y avait un représentant de chaque élément! Une aura jaune pour la terre! Une aura bleue pour l'eau! Une aura rouge pour le feu! Une aura verte pour l'air!
Luka n'osait pas intervenir pendant que ses deux amis se présentaient à Gabriel. Tsobek devait se retenir de rire, les monstres devaient rester cachés, les locaux prétendaient qu'aucun monstre n'approchaient de leur pays, mais sur le chemin, il avait vu deux dragons, une succube, une muse, un popobawa caché sous une voiture et cinq fantômes. Il allait peut-être falloir expliquer à Gabriel qu'un lutin les regardait, assis sur une chaise...
Tsobek prétendit être un garçon issu d'une tribu recluse aux Philippines, Luka faisait croire qu'il était Français et Rshou qu'il était Paraguayen, après tout en dehors de la Filanie et de l'Ulutini qui remplaçaient la plupart des pays situés autour du Brésil et du Chili, ces pays devaient exister sur la Terre Jotunheimienne. Le soir, les garçons déjeunèrent, Tsobek fit la tête, il ne supportait pas les remarques de Rshou, le jeune androïde lui rappelait tout le temps des choses inutiles comme "Ta serviette!" ou "Les coudes", voire "C'était à Luka, ça". L'adolescent aux yeux de saphir se contenta de lui faire un doigt d'honneur, ce qui faillit faire abandonner l'héritier des Natas.
Quand Luka apporta le dessert, notre Luka, celui du 16 juillet de l'An 2 du calendrier monstrueux, qui avait passé sa matinée à se battre contre Jean pour entraîner leurs techniques de combat, voulut passer à la suite, il essaya de masquer ce souvenir, il oubliait que c'était MON pouvoir télépathique qui nous liait.
Que voulait-il cacher?
Tsobek vola le gâteau de Luka, le lui arrachant des mains, ce qui fit que ce dernier se leva. Un peu plus tard, Luka était dans le cabanon où se trouvait sa chambre, il était en train de dessiner, il avait allumé une bougie, son ventre gargouillait, ce qui n'échappa à un certain aswang, le démon sursauta quand il se rendit compte de sa présence. Par réflexe, il posa ses mains à l'endroit où se trouvaient ses antennes sous sa forme démoniaque, puis se rendit compte qu'il n'avait aucune raison de réagir ainsi.
Tsobek : Dis, pourquoi tu as peur de moi?
Luka *son ventre ne voulait pas se taire* : Je... Je...
Tsobe *énervé par ces mots bafouillés* : Tsss... Laisse tomber, je t'ai pris ça à la cuisine.
Il tendit au garçon les sandwichs qu'il venait de voler. Le petit démon enleva la main qu'il avait posé sur son poignet et en prit un en disant un "merci" à peine audible, il avala sa salive et se répéta en articulant. Le regard bleu se posa sur la main qui avait vu un gâteau la quitter.
Tsobek : Je t'ai fait mal?
Luka : C'est pas grave, ce sera guéri dans quelques heures...
Tsobek : Petit, tu as peur des humains?
Luka : Oui...
Tsobek : Gabibi est parti avec les autres scouts espionner la femme du directeur et son professeur de yoga, "Robot-man", lui, nous espionne, nous, caché derrière la porte! Désolé, mais contrairement à moi, tu sais pas camoufler ta présence, amateur!
Le simple fait qu'il se mette à hausser le ton et à parler plus fort fit sursauter Luka:
Tsobek : Alors, j'aimerais savoir... Moi, je suis là pour la bouffe gratuite et pour faire plaisir à une pote, le voyeur, lui, ben, dès qu'on est arrivé, il a sorti ses badges, donc il a l'habitude du scoutisme, mais toi, pourquoi tu es là? J'avais cru comprendre que tu avais gagné un concours.
Luka : Je... *Il reprit son inspiration* Le collège avait organisé un concours d'incantations pour les élèves qui allaient passer au lycée... Mon oncle m'a un peu forcé la main, c'était son patron qui y était à l'origine et il a persuadé ma tante que c'était l'occasion de me faire des amis... Humains...
Tsobek : Et donc tu fais tout ce qu'ils te disent?
Luka *réfléchit, ne sut pas quoi répondre* : ...
Tsobek : Oh ben putain... Je comprends pourquoi tu aimes dessiner, ça doit te plaire de créer des gens qui ont encore moins de conversation que toi! Et tu espères pouvoir te faire des amis dans un monde où les démons sont vus comme la cause de tous les maux de la société?
Le Gremlin du placard : Oh, attends de voir ce qu'on pense des aswang et des gremlins!
Tsobek : Bordel, mais y a combien de monstres dans le coin? Est-ce que moi, j'écoute vos conversations! Bref, gamin, tu sais qu'ici, tu dois cacher ce que tu es, le racisme, c'est pas une expérience amusante!
Luka : J'ai l'habitude... Je suis désolé...
Tsobek : De quoi?
Luka : De t'avoir vexé!
Tsobek : Oh oui... Ouin ouin! Le blondinet veut pas être mon ami, j'ai plus qu'à me suicider! Franchement, j'en ai rien à foutre si tu veux pas de moi, c'est juste que je t'ai pas vu sourire une seule fois depuis notre rencontre, tu fais quoi, pour t'amuser, d'habitude? J'évite de te rappeler ce que tu risques, tu vas te pétrifier!
Luka : Je... Je dessine, je lis et j'écris.
Tsobek : Ah, un truc que je ferai pas... *en voyant la tête de Luka se baisser, Tso grogna* J'ai jamais autant été exaspéré... C'est pas parce que je trouve un truc chiant que c'est de la merde!
Rshou intervint donc pour critiquer le comportement de Tsobek, il essaya de lui expliquer comment il aurait dû faire, mais la seule réaction qu'il reçut fut les éclats de rires des deux garçons.
Le lendemain, Gabriel montra à ses nouveaux amis la plupart des activités du camp, entre les corvées, les épreuves sportives et le temps libre, les scouts passaient le plus souvent du temps à maîtriser leurs pouvoirs auriques.
Tsobek était mort de rire en voyant Luka essayer d'expliquer à Gabriel comment fonctionnaient ses pouvoirs, le garçon aux dreadlocks projetait ses flammes pour essayer de faire deviner des formes aux autres joueurs alors que le martien étudiait l'espèce représentée par son nyama et la manière dont il changeait son qi en flammes. Il disait que là où les autres scouts avaient des hylochères, des antilopes, des singes ou des oiseaux, lui, avait hérité de ses parents d'un nyama-crinoïde, une bête aquatique à l'apparence de plante.
Luka avait étudié le qi, même s'il ne pouvait pas apprendre les arts martiaux le manipulant, il flattait donc le jeune homme en lui disant que son pouvoir était unique!
Le premier maléfice de Luka s'abattit sur le camp : en effet, son laïus convainquit Gabriel que son pouvoir était un argument pour "pécho"!
Un moment qui fut gênant fut quand Luka reconnut une illustration des dieux Philippins Libulan et Sidapa dans un livre de maîtrise des chakras, il dut expliquer à Gabriel la relation amoureuse qui unissait les deux divinités, ce qui entraîna la réaction de Gabibi qui lui expliqua que c'était très mal vu dans ce pays. Luka abattit une deuxième malédiction sur le camp quand un autre scout, issu d'un foyer traditionaliste, expliqua que l'homosexualité était une abomination importée par l'Occident, et que notre sorcier se demanda si ce n'était pas plutôt l'homophobie qui était le fruit de la colonisation, qui aura poussé les victimes d'une dissonance cognitive a essayé de réécrire l'Histoire Africaine.
Ces mauvaises expériences n'aidèrent pas Luka à essayer de se rapprocher des autres, mais restait souvent auprès de Rshou.
Quand on demandait à l'androïde ce qu'il pensait du scout blond, il répondait que Luka était assez timide, qu'il n'osait pas vraiment devenir ami avec les autres, en raison de ses mauvaises expériences et préférait rester avec lui, j'étais son protecteur.
RSHOU NATAS*
Ce dimanche, plus d'une semaine avait passé, je devais réveiller Tsobek, ce qui prenait dix minutes de regards avec des sourcils froncés et de supplications, d'après lui, essayer de négocier avec les Nelapši ou la Gil-team était la seule chose plus difficile que de le faire sortir de son lit, même des Adjule ayant échoué,
Comme nous devions aller à la messe, je lui rappelai qu'il était impossible que Luka, Gabriel se réveillant, emploie ses talents pour nous remplacer par des illusions. Après ma douche, j'accompagnai mes colocataires là où Luka et Tsobek allaient s'ennuyer. Le sujet du sermon du curé concernant les démons, de nombreux représentants de cette race étaient réunis au plafond, ils riaient en entendant que "l'eau bénite" et les symboles de foi étaient censés pouvoir les blesser.
Les incubes et les succubes en profitèrent pour voler quelques chapelets pour que leurs chiens des Enfers puissent avoir des jouets sur lesquels tirer.
Tsobek disait qu'ayant grandi sans fréquenter d'humains, n'ayant aucune attache, il passait son temps seul et devait profiter de la première occasion pour faire ce qu'il voulait.
Ma relation avec Tsobek était loin d'être parfaite. Il devait croire que je le détestais. Il disait que j'étais un moralisateur trop mou, pourtant je ne faisais qu'appliquer ce que mon frère m'a appris.
Tsobek n'était pas ordonné à mes yeux, il ne prenait aucun soin de ses vêtements, oubliait souvent de se doucher, prenait un malin plaisir à jouer des tours à nos camarades et pouvait même se disputer avec eux. Il disait être le "mâle alpha" et qu'en tant que tel, c'était pour ça qu'il devait avoir le droit de faire ce qu'il voulait.
Luka évitait de parler avec Tsobek, ils me disaient qu'ils préféraient éviter, l'un s'intéressant au dessin et l'autre à la démonstration de sa supériorité.
Tsobek se plaisait dans la défiance de tout ce que je pouvais lui conseiller, cependant, j'ai rapidement vu ce qu'il cachait quand il nourrissait les chats qui fouillaient les poubelles et quand il aidait les autres scouts a porter des charges trop lourdes en prétextant qu'ils devaient s'incliner contre la vraie force!
J'ai eu du mal à l'empêcher de sortir du camp la nuit, faisant le mur pour aller en ville... Et nous nous sommes violemment criés dessus quand il a rapporté une bouteille de cocktail...
Cependant, un jour, Luka et moi découvrîmes son secret. Dans la forêt à côté du camp, Tsobek avait emmené avec lui une cigau.
Cette louve ailée, il l'avait élevée depuis qu'il l'avait trouvée bébé, une patte avant en moins. C'est mon frère qui lui avait mis la prothèse qu'elle possédait, c'est pour ça qu'il m'avait conseillé de participer à cette expérience.
Nous n'avions pas mis Gabriel au courant de l'existence de Hâti, les cigaus sont des animaux très détestés en Côte d'Ivoire. Comme vous le savez, les Cigaus ont une espérance de vie plus longue que celle des humains, presque équivalente à celle des Aswang, ainsi ils vivent assez longtemps pour apprendre à se servir de la magie, à lancer un sort de téléportation.
Cette dernière étant interdite, les répurgateurs, les personnes chargées de combattre la magie, ont fini par haïr quand des cigaus apparaissaient et perturbaient leurs données. Les incidents se sont répétés si souvent qu'on raconte qu'un Vanaheimien attaquera un Cigau et le bombardera de pierres dès qu'il le verra. Parfois il arrivait que des monstres profitent des migrations des cigaus pour pouvoir s'accrocher à eux juste pour voir la réaction des forces de l'ordre chargées d'endiguer et de combattre la magie, pour le plaisir sadique du spectacle et de la moquerie.
JEAN "BUER" ALUCARD*
C'était dingue! En quatre ans, mes amis avaient tellement changé, Tsobek était déjà très musculeux, mais Luka était si petit à l'époque, si maigre...
Je le voyais se cacher derrière Rshou, il était assez intéressé par la louve ailée, mais son maître l'effrayait. Quand Tso tournait son regard vers Luka, ce dernier s'accrochait un peu plus à l'androïde.
Les chefs scouts disaient que Tsobek était un délinquant, que c'était un jeune indiscipliné, car issu d'une tribu dont les membres se moquaient de sa présence, ils disaient qu'il était épouvantable en ce qui concernait les bonnes manières et le comportement, ils ne comprenaient pas pourquoi Rshou essayait de le défendre, cependant, Luka voulait apprendre à le connaître, et par extension, à connaître Hâti, il voulait passer du temps avec elle, ayant perdu des animaux de compagnie à cause de l'âge et de sa fatalité.
L'aswang comprit rapidement ce que voulait Luka, Rshou et lui avaient bien analysé la manière dont il restait en retrait par rapport aux autres groupes pendant les appels et les activités de groupe, ils avaient la manière dont il semblait analyser les personnes avec lesquelles il parlait pour essayer d'interpréter leurs émotions et d'anticiper leurs réactions.
Un matin, Rshou réussit à pousser Tsobek à se lever tôt. Comment? Il lui expliqua qu'il savait que le maître de l'eau lui avait volé de l'argent de poche pour pouvoir acheter de la nourriture et avait vu Luka l'emporter dans la forêt.
Les deux jeunes hommes allèrent donc dans la forêt avant que tout le monde ne se réveille, Tsobek ,ne comprenait pas pourquoi l'androïde tenait à passer du temps avec lui, il disait avoir l'impression qu'il ne pouvait pas faire un geste sans que deux yeux verts ne suive les mouvements de ses muscles, Rshou sembla étonné, il se serait attendu à ce que le jeune homme rajoute un commentaire humoristique sur le fait qu'il comprenait que ses muscles pouvaient justement être une source d'admiration. Tsobek lâcha un petit rire et accepta de céder que la fatigue affectait son cerveau.
Quand ils arrivèrent à la cachette de Hâti, le robot et l'aswang la trouvèrent sur le sol, sur son dos, la louve aux ailes d'ange se faisait assaillir par les tentacules de Luka. Le martien était en train de rire, il agitait ses longs doigts pour taquiner les pattes et les crocs de la bête:
- Non, mais dis donc, lâcha le garçon qui se faisait mordre les tentacules, c'est que tu essaies de me bouffer? Eh ben, t'as raison, parce que c'est moi, qui vais te manger!
Le petit démon commença à chatouiller le ventre de la cigau, mais cette dernière se jeta sur lui, elle le plaqua au sol pour pouvoir venir lécher son visage, ce qui le chatouilla. Alors qu'il pleurait de rire, le démon reconnut l'aura et l'odeur de ses amis:
- Va vraiment falloir que tu arrives à utiliser ton pif et tes oreilles, martwink, se plaignit Tsobek.
Luka rougit en se relevant alors que la louve mordillait ses antennes, il relança son sort de transmutation et expliqua être venu pour s'assurer que Hâti aime ce que Tso avait acheté. Tsobek s'approcha donc du plus jeune en souriant, ce qui le fit sursauter, il tremblait, restait immobile, une main se posa sur ses cheveux dorés et les mit en bataille. Tsobek soupira et lâcha un "merci" à peine audible.
Tsobek et Luka finirent donc par briser la glace. Aux yeux de tous les scouts, ils formaient un quatuor avec Gbariel, mais en réalité, c'était un trio...
A suivre...
