Surprise !
Eh oui, je vous avais dit, à la fin du chapitre précédent, qu'on se reverrait avant mercredi si vous étiez sages. Et comme je vous ai trouvé irréprochables et adorables en reviews, je tiens ma promesse.
Voici donc le premier missing moment de cette histoire. Il est centré sur Hermione, comment elle a appris sa grossesse et comment elle l'a annoncé à ses proches (et moins proches). C'est un passage que j'ai ellipsé dans l'histoire, mais je trouvais intéressant de revenir dessus.
J'espère que vous aimerez !
Bonne lecture !
Merci à JK Rowling pour son œuvre.
Merci à Lyra Verin, Mery-Alice Gilbert et Cailean Charmeleon pour leur relecture, leurs conseils et leurs encouragements.
Missing moment 1.
Hermione accueillit avec une grande joie la sonnerie annonçant la fin de cette journée.
Elle ne se sentait pas très bien depuis ce matin et elle ne pensait qu'à une chose, rentrer chez elle pour pouvoir se détendre et faire passer ses maux.
Par chance, elle n'avait rien d'urgent à faire qui nécessitait sa présence plus longtemps, elle quitta donc l'école juste après le départ de tous les élèves.
La première étape fut de prendre une bonne douche chaude pour détendre ses muscles, mais elle en sortit plutôt rapidement, la chaleur ne faisant qu'accentuer cet état vaseux qu'elle ressentait depuis le matin.
Elle enfila une tenue très confortable avant de rejoindre la cuisine pour se préparer une infusion de gingembre, chose qui, d'habitude, la calmait considérablement lorsqu'elle était barbouillée.
Hermione s'installa dans son canapé avec sa tasse fumante et prit sur le guéridon le roman qu'elle lisait en ce moment. Normalement, tous les feux étaient au vert pour qu'elle se détende et bientôt, ses nausées ne seraient plus qu'un lointain souvenir.
Mais, malgré tout, Hermione ne pouvait s'empêcher de cogiter. Elle était rarement malade et, à chaque fois, ses maux avaient une explication logique. Alors, avant de se plonger dans sa lecture, elle essaya de trouver une raison à son état. Cela ne venait pas de son alimentation, puisqu'elle n'avait rien changé ni fait d'excès récemment. Cela ne pouvait pas être psychologique car, malgré la tristesse qu'elle ressentait suite au départ de Drago, tout allait bien.
Soudain, elle écarquilla les yeux en réalisant quelque chose. Elle sentit son cœur s'accélérer et, par précaution, elle déposa sa tasse sur la table basse du salon. Ses mains s'étaient mises à trembler et elle voulait éviter de salir le tapis.
Non… Cela ne pouvait pas être ça.
Ils avaient fait attention. Ils s'étaient protégés à chaque rapport qu'ils avaient eu. À moins que sa mémoire ne lui fasse défaut, mais elle en doutait, Hermione était sûre et certaine de ne jamais avoir oublié de lancer les sorts de contraception. Certes, ceux-ci n'étaient pas totalement infaillibles, mais quand même, c'était extrêmement rare qu'ils ne fonctionnent pas !
Hermione inspira un grand coup, essayant de calmer ses tremblements et ses pensées qui se bousculaient dans sa tête. C'était impossible.
Et pourtant…
Elle secoua la tête et, n'écoutant que son impulsivité de Gryffondor, elle se rendit dans la salle de bain où elle avala une potion de sommeil sans rêves. Il fallait qu'elle dorme et qu'elle arrête de cogiter, ce qui ne ferait qu'accentuer son état. Elle espérait sincèrement qu'à son réveil, toute nausée aurait disparu.
Le lendemain matin, Hermione émergea doucement des limbes du sommeil après avoir coupé son réveil.
Mais alors que le souvenir de la soirée de la veille lui revenait en mémoire, elle fut saisie d'une nausée soudaine qui la poussa à courir jusqu'aux toilettes pour vomir.
Non, non, non…
La panique s'empara très vite de la jeune femme, ce qui la fit vomir à nouveau.
Elle s'essuya la bouche avec du papier et, une fois assise par terre près de la cuvette - au cas où - elle essaya de rassembler ses pensées.
À quand remontaient ses dernières règles ? Avait-elle d'autres symptômes que ces nausées ? Était-elle plus fatiguée que la normale ?
Instinctivement, sa main se posa sur son ventre et elle soupira, sentant ses yeux se remplir de larmes.
Elle se devait d'être pragmatique. Avant toute chose, il fallait qu'elle fasse un test. Après tout, c'était peut-être la fatigue ou une gastro-entérite ? Oui, c'étaient des possibilités.
Il ne pouvait pas en être autrement, d'ailleurs, avec Drago de l'autre côté de la Manche.
Par Merlin, Drago…
Hermione se redressa sur ses genoux et eut à peine le temps de dégager ses cheveux de devant son visage qu'elle vomit à nouveau.
Elle ne pouvait pas être enceinte alors que Drago était parti pour huit mois et qu'elle ne pouvait absolument pas lui parler de quoi que ce soit.
Après une grande inspiration, Hermione se leva et partit dans la salle de bain afin de se rincer la bouche et de prendre une douche. Une fois prête, elle envoya un patronus à la directrice adjointe de son école pour la prévenir qu'elle ne se sentait pas bien et qu'elle serait absente aujourd'hui.
Ensuite, elle s'assit devant la cheminée et, après avoir jeté de la poudre de cheminette dans l'âtre, elle plongea sa tête à l'intérieur. Elle ne pouvait pas faire cela toute seule. Elle avait besoin d'une compagnie, d'un soutien psychologique et émotionnel, et il n'y avait qu'une seule personne avec qui elle pouvait faire ça.
Pas Ron, pas Harry. Elle ne voulait pas les inquiéter tout de suite alors que rien n'était sûr. Non, elle plaçait toute sa confiance en la seule personne qui connaissait aussi bien Drago que sa propre mère et qui saurait la rassurer, au besoin.
- Pansy ? Est-ce que tu es là ?
Rapidement, la jeune femme apparut dans son champ de vision.
- Granger ? Tu n'es pas au boulot ? s'étonna son amie.
- Non, je… j'ai un problème. Je peux venir ?
- Bien sûr, mais Ron n'est pas là, tu sais ?
- Je sais, c'est justement pour ça que je voudrais venir maintenant. Attends, j'arrive tout de suite.
Hermione ôta sa tête des flammes et répéta l'opération de façon à, cette fois, arriver entièrement dans le salon de Ron et Pansy. Cette dernière était là, encore en pyjama, et Hermione se sentit assez mal à l'aise de la prendre ainsi au dépourvu.
- Je suis désolée de te prendre de court comme ça, grimaça-t-elle.
- Oh c'est pas grave, je n'ai rien de prévu aujourd'hui. Mais tu m'inquiètes, tu es aussi pâle qu'un inferius, c'est dire !
Hermione soupira et sentit ses yeux se remplir de larmes.
- Pansy, je…
- Je ne voulais pas être blessante, désolée ! C'est vrai que tu es pâlotte, mais je…
- Non, non, ça n'a rien à voir, renifla Hermione, essayant de refouler un sanglot. Enfin, indirectement, un peu, mais je sais que je suis pâle. Ça fait quelques jours que je suis patraque, nauséeuse et ce matin, j'ai vomi au réveil.
Hermione se mit aussitôt à ronger son pouce, extrêmement nerveuse. Elle ne savait pas si Pansy avait compris où elle voulait en venir, mais elle était tout bonnement incapable de s'exprimer clairement et de prononcer le mot tant redouté.
- Par tous les caleçons de Salazar ! s'exclama Pansy. Tu es enceinte ?!
- Je ne sais pas…
- Vous ne vous êtes pas protégés ?
- Si, justement. Je sais que ce n'est pas infaillible, mais… Enfin il faut que je fasse un test, mais je ne me sens pas capable de le faire seule.
- On va faire ça ensemble, la rassura Pansy en la prenant par les épaules. Enfin, je ne peux pas le faire pour toi, mais tu as compris l'idée.
Elle sourit et Hermione ne put que rire un peu à sa tentative d'humour pour la détendre.
- Merci, souffla-t-elle.
- J'ai déjà eu à faire un test un jour où j'ai eu un doute, lui apprit Pansy, et les tests sorciers sont plus fiables que les moldus. Je peux aller t'acheter une potion, si tu veux, l'apothèque de Pré-au-Lard ouvre tôt.
Hermione hocha simplement la tête et s'installa dans le canapé pendant que Pansy se préparait rapidement avant de partir au village.
Ses mains serrées entre ses cuisses, Hermione se mordillait nerveusement la lèvre inférieure, tandis que son cerveau établissait mille et uns scénarii.
Qu'allait-elle faire si, effectivement, elle était enceinte ? Elle ne pouvait pas prévenir Drago… Bien sûr, elle tenterait tout pour essayer de le joindre, quitte à aller directement voir son directeur de recherches, mais il avait été formel, rien ne pouvait justifier qu'il soit dérangé pendant son huis clos.
Allait-elle le garder ? C'était impensable pour elle de prendre la décision toute seule et pourtant, c'était probablement ce qui risquait de se passer. Qu'elle décide de garder ce bébé ou qu'elle décide d'avorter, malheureusement, s'il lui était impossible de joindre Drago, elle allait forcément devoir prendre la décision finale seule.
Mais mener cette grossesse à terme sans l'avis de Drago, n'était-ce pas comme lui faire un enfant dans le dos ? Elle ne pouvait pas lui imposer un bébé…
Toutes ces réflexions se bousculaient dans sa tête et quand Pansy revint de l'apothèque avec la potion, Hermione n'avait pas bougé d'un millimètre.
- Je vais la faire chauffer dans un chaudron et il faudra que tu y ajoutes trois gouttes de sang, lui expliqua-t-elle pendant qu'elle fouillait dans un placard pour en sortir le récipient adéquat. Ensuite, on patientera treize minutes exactement et, selon la couleur de la potion, cela voudra dire positif ou négatif.
- Ok, soupira Hermione en se levant enfin du canapé.
Nerveuse, elle frotta ses paumes moites sur son jean. Pansy, qui venait de verser le contenu de la fiole de potion dans le chaudron, lui envoya un sourire bienveillant.
- Tout va bien se passer, ok ? voulut-elle la rassurer. Quel que soit le résultat, tu ne seras pas seule.
- Mais…
- Je sais. Il n'est pas là. Mais nous, oui. Et par nous, j'entends moi, Ron, Harry, Dean, tes parents, ceux de Ron… Tout va bien se passer, répéta-t-elle.
Hermione voulait profondément croire aux paroles rassurantes de Pansy, mais l'angoisse ne faisait que croître en elle.
- En attendant, même si je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire, essaie de te calmer. Pour l'instant, on ne sait même pas si tu es vraiment enceinte.
Hermione hocha la tête, consciente qu'elle avait raison. Mais malgré tout, au fond d'elle, c'était comme si elle savait déjà que le résultat serait positif.
Une fois la potion à la bonne température, Hermione piqua le bout de son doigt et fit tomber trois gouttes de sang dans le chaudron. Elles programmèrent ensuite un minuteur de treize minutes et ce furent les treize minutes les plus longues de la vie d'Hermione.
Le nœud dans son estomac prenait tellement de place que cela en devenait douloureux. Et la pression dans sa poitrine l'empêchait presque de respirer correctement.
Lorsque la fin des treize minutes sonna, Hermione sursauta.
- Regarde pour moi, Pansy, s'il-te-plaît.
- Ok, dit-elle en regardant le dos du flacon de potion. Si c'est argenté, ça veut dire que c'est positif, en revanche, si c'est noir, alors c'est négatif.
Quelle ironie que la potion, si elle était positive, prendrait la couleur des yeux de Drago…
De là où elle était, Hermione ne voyait pas le contenu du chaudron. Par contre, elle voyait très bien Pansy qui se penchait au-dessus et elle ne sut pas tout de suite comment interpréter son silence et le regard qu'elle lui renvoyait.
- C'est argenté, annonça-t-elle avant de se pincer les lèvres.
Hermione eut l'impression qu'une trappe venait de s'ouvrir sous ses pieds, qu'un poids était tombé au fond de son estomac et qu'on l'aspirait dans un tourbillon sans fin.
- Tu es enceinte de Malefoy ?
- C'est ce que j'ai dit, Ron, oui, soupira Hermione.
- Mais enfin, comment… Enfin si, comment je sais, mais je veux dire, tu…
- Ne rends pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà, s'il-te-plaît.
Les trois amis étaient installés à la terrasse d'un bar moldu et Hermione remercia le serveur qui venait d'apporter leurs boissons.
Cela faisait quelques jours qu'elle avait appris sa grossesse. Elle avait pris quelques jours de repos le temps d'assimiler la nouvelle et de faire le point. Même si sa décision n'était pas encore tout à fait prise, elle tenait à en parler à ses meilleurs amis avant, espérant qu'ils aient les mots justes qui lui feraient du bien.
Pansy avait été d'un soutien sans faille et elle l'en remerciait encore, mais maintenant, Hermione avait vraiment besoin de parler de ça avec Ron et Harry.
Ron qui semblait ne pas comprendre comment c'était possible qu'elle soit tombée enceinte et Harry qui la regardait avec un sérieux qu'elle le voyait rarement afficher.
- Et tu sais ce que tu vas faire ? demanda Harry après une gorgée de thé glacé.
- Pas encore, soupira-t-elle. À chaque fois qu'une option me paraît la bonne, je pense à l'autre qui pourrait aussi s'avérer être la bonne, du coup je suis toujours aussi perdue.
- Pour ce que ça vaut, tu sais que tu peux compter sur nous pas vrai ? voulut s'assurer Ron. Je veux dire, on a pas à t'imposer notre avis, mais on le respectera. Pas vrai, vieux ?
- Évidemment, confirma Harry. Quoi que tu décides, on sera là.
Hermione leur sourit, rassurée. Elle ne doutait pas de leur amitié, mais cela faisait toujours plaisir à entendre, surtout dans des moments de doute comme celui-ci.
- Merci. L'avortement me semble impossible… C'est un cadeau trop important pour que je le refuse. Mais le garder… Je ne peux pas demander son avis à Drago, je me sentirais très mal de lui imposer ce bébé. Ça me donne presque l'impression de lui faire un enfant dans le dos.
- Si tu occultes totalement Drago, est-ce que tu te sentirais de le garder ? demanda Harry.
Hermione prit un instant pour réfléchir. En effet, lorsqu'elle pensait à l'éventualité de garder ce bébé, c'était toujours Drago qui revenait dans l'équation, jamais son propre ressenti. Évidemment qu'ils s'y étaient mis à deux pour en arriver là, mais si elle ne pensait qu'à elle, avait-elle envie de ce bébé ? Se sentait-elle capable de devenir maman ?
La réponse semblait être oui.
- Je crois que oui, dit-elle avec une certaine précaution, comme si elle ne se sentait pas légitime de répondre cela.
- Alors garde ce bébé, conclut Ron avec facilité.
- Ce n'est pas si simple, Ronald.
- Je pense que ce que Ron veut dire, reprit Harry, c'est que tu dois penser à toi. Drago n'est pas là, il est injoignable, et toi, tu dois prendre une vraie décision. Tu auras beau tourner et retourner le problème dans tous les sens, Drago ne sera toujours pas là pour prendre cette décision avec toi.
- Et pour ce qu'on connaît de Drago, je pense que s'il était là, il te dirait que la décision te revient.
Les larmes montèrent aussitôt aux yeux d'Hermione.
Ils avaient entièrement raison.
Drago avait beaucoup de défauts, mais il savait reconnaître où était sa place. Il n'imposait jamais son avis et elle était d'accord avec Ron. S'il était là, il lui dirait que c'était son corps et que c'était à elle de décider. Il ne lui exigerait jamais d'adopter son point de vue.
Hermione déglutit et cligna rapidement des yeux, essayant de chasser les larmes avant qu'elles ne coulent.
Elle n'était pas encore tout à fait sûre de son choix, mais la balance semblait pencher plus d'un côté que de l'autre.
Hermione sortit du cabinet du gynécomage, soulagée et souriante.
Elle avait finalement pris une décision à propos de cette grossesse surprise et s'était donc rendue à ce premier rendez-vous de contrôle. Le gynécomage lui avait confirmé sa grossesse ainsi que le fait que, pour le moment, tout allait au mieux pour elle et le bébé.
Et même si elle ne pouvait s'empêcher de penser à Drago, elle était rassurée que tout aille bien.
Elle profita de sa présence à Sainte Mangouste pour se rendre au deuxième étage, celui des laboratoires où travaillait d'habitude Drago. Elle se renseigna auprès de la réceptionniste du service qui lui indiqua que le bureau de Avery Stevenson, son directeur de recherches, se trouvait au fond du couloir, à droite. Après l'avoir remerciée pour l'information, Hermione s'y rendit et toqua à la porte.
Elle avait décidé de mettre toutes les chances de son côté et de tout tenter pour pouvoir joindre Drago. Ainsi, personne ne pourrait lui reprocher - même pas elle-même - de n'avoir rien fait pour le tenir informé des événements.
- Entrez ! entendit-elle derrière la porte.
Elle pénétra dans le bureau de Stevenson qui l'accueillit avec un froncement de sourcils.
- Bonjour monsieur Stevenson, le salua-t-elle poliment. Je suis désolée de vous déranger, je suis Hermione Granger, une… hum, une amie de Drago Malefoy.
- Bonjour miss Granger, que me vaut votre visite ?
- Je… Je sais que Drago est actuellement à l'Institut Flamel pour des recherches en huis clos, mais… je dois lui faire part d'une nouvelle très importante.
- Je suis navré, mais ce huis clos porte très bien son nom.
- Je sais, il m'a expliqué toutes les raisons, mais c'est vraiment très important. Vous imaginez bien que je ne me serais pas permise de venir vous déranger si cela ne l'était pas.
- J'aimerais pouvoir vous aider, miss Granger, mais même moi je n'ai pas l'autorisation de le contacter.
Hermione soupira. Stevenson campait sur ses positions et dans ces moments-là, elle regrettait de ne pas avoir ce côté roublard qui lui permettrait de faire facilement du chantage.
- Écoutez, monsieur Stevenson, je comprends bien toutes les raisons de ce huis clos, mais… vous savez que la mère de Drago est très malade ?
Le directeur fronça les sourcils.
- Oui. Il y a un problème avec Narcissa Malefoy ?
Hermione ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit. Elle était tout bonnement incapable d'utiliser cette carte-là pour obtenir ce qu'elle voulait.
- Non, souffla-t-elle. Et quand bien même cela aurait été le cas, m'auriez-vous autorisée à le joindre ?
Stevenson secoua la tête et Hermione se retint de lever les yeux au ciel.
- Je suis enceinte, finit-elle par avouer. Je suis enceinte et Drago est le père. J'aimerais simplement pouvoir lui communiquer la nouvelle, je ne veux pas discuter avec lui, je veux juste qu'il le sache.
- Je suis navré, miss Granger, répéta-t-il. Je suis très heureux pour vous deux, mais…
- Vous avez des enfants, monsieur Stevenson ? le coupa-t-elle.
- Deux, oui, mais je ne vois pas le rapport.
- J'imagine que vous étiez auprès de votre femme lors des deux grossesses ? supposa-t-elle avant de continuer suite à son approbation silencieuse. Et j'imagine aussi que vous avez vécu de très beaux moments durant ces neuf mois ? Quand Drago va rentrer de Paris, je serai à deux doigts d'accoucher. Vous tenez vraiment à priver un père de ce moment privilégié que peut être une grossesse ?
Stevenson soupira et se mit à fuir son regard. Au fond d'elle, Hermione commençait à espérer. Elle espérait avoir touché un point sensible en parlant de ses enfants.
- Je comprends tout à fait ce que vous voulez me dire, miss Granger, mais l'Institut Flamel est intransigeant là-dessus. Rien ne peut briser le silence qui est imposé à monsieur Malefoy.
Hermione baissa les yeux, triste et acculée. Elle était coincée dans ce silence.
Stevenson semblait réellement peiné de lui dire non. Elle le sentait dans sa voix et dans son regard compatissant. Peut-être que s'il était seul juge, cela aurait été différent ? Mais il avait la pression de l'Institut Flamel et Hermione comprenait tout à fait qu'il doive s'y contraindre.
C'est le cœur serré et les larmes aux yeux qu'elle se leva du siège sur lequel elle était assise, adressant un sourire triste au directeur de Drago.
- Merci quand même, monsieur Stevenson.
- Je suis sincèrement désolé de ne pas pouvoir vous aider. En tout cas, je vous réitère mes sincères félicitations pour cette grossesse.
- Merci, répéta Hermione avant de quitter son bureau.
Elle savait dans quoi elle se lançait, mais c'était extrêmement difficile.
Hermione adorait venir chez ses parents.
Depuis leur retour d'Australie, ils avaient emménagé dans une petite maison ancienne au milieu des champs, en banlieue de Londres, et c'était un endroit chaleureux, bucolique et extrêmement reposant.
La plupart du temps, elle s'y rendait directement par cheminée, mais là, avec ce qu'elle avait à leur dire, elle avait besoin d'un bon bol d'air frais pour se donner du courage et se détendre.
En effet, elle allait annoncer à ses parents qu'elle était enceinte et si elle ne doutait pas qu'ils seraient heureux pour elle, elle allait devoir tout leur expliquer. Et ce "tout" sous-entendait qui était le père, que ce dernier n'était pas là et ne serait pas là de toute la grossesse.
Ses parents lui faisaient peut-être confiance, la situation n'en était pas moins délicate.
Alors, après avoir pris une grande inspiration, elle toqua à la porte.
- Bonjour ma chérie, l'accueillit sa mère avec un large sourire. Nous pensions que tu arriverais par la cheminée, comme tu fais d'habitude.
- Bonjour maman, répondit Hermione en entrant. J'avais envie de me promener un petit peu, du coup j'ai transplané un peu plus loin et je suis venue en marchant.
- Ça se voit, tu as les joues toutes rouges. Allez viens, j'ai préparé du thé.
Hermione se rendit dans le salon où son père remplissait justement des tasses.
- Bonjour ma grande ! J'ai entendu que tu étais venue en marchant, tu as vu comme tout est fleuri aux alentours ?
- Oui ! Le champ de jonquilles d'à côté est vraiment magnifique, dit-elle en embrassant son père sur la tête.
- Monsieur Gregor, le propriétaire, nous en a fait un bouquet en début de semaine, lui apprit-il tout en désignant, justement, le bouquet de fleurs jaunes sur la table du salon. Il est frais comme au premier jour !
- J'irai peut-être lui en demander un aussi avant de partir, sourit Hermione.
- Tu peux !
- Alors ma chérie, comment vas-tu depuis la dernière fois que l'on s'est vus ? demanda sa mère tout en s'installant dans le canapé, à côté de son père.
- Plutôt bien, répondit-elle, évitant volontairement de mentionner sa fatigue et ses nausées pour le moment. Et vous ? Vous étiez en vacances, non ?
- Oui, une petite semaine, mais nous n'avons rien fait d'extraordinaire, expliqua-t-elle. Nous avons seulement préparé le jardin pour l'arrivée des beaux jours.
Hermione se redressa un peu pour jeter un œil à l'extérieur et constater, en effet, que le jardin avait pris un coup de frais.
- Nous avons fait un petit potager, je te montrerai tout à l'heure, indiqua son père, on va avoir de quoi se régaler !
Elle sourit, heureuse de voir ses parents épanouis. Mais aussitôt, le sujet de sa visite lui revint en mémoire et elle essaya de masquer son trouble. Malgré les circonstances, c'était une bonne nouvelle qu'elle avait à leur annoncer, elle ne devait pas leur montrer qu'elle était inquiète. Ils allaient être grands-parents, leur vie prenait également un nouveau tournant.
Alors elle se lança après une gorgée de thé un peu trop longue qui lui brûla la langue.
- Hum, en fait, ma visite n'est pas tout à fait désintéressée, débuta-t-elle. J'ai quelque chose à vous dire.
Deux paires d'yeux curieux se posèrent sur elle et Hermione fut encouragée par leurs sourires bienveillants.
- Je… Je suis enceinte.
Ses parents, surpris si elle en croyait leur regard, restèrent silencieux, probablement le temps d'encaisser la nouvelle.
- C'est soudain, je sais, je ne vous ai même pas présenté le père, mais c'est juste que… enfin, ça a été un choc pour moi, même si maintenant ça va. Seulement je…
Hermione soupira, incapable de faire une phrase correcte. Tout ce qu'elle avait à dire se mélangeait dans sa tête.
- De combien de semaines, ma chérie ? demanda sa mère.
L'emploi du surnom et son ton doux rassura Hermione.
- Quatre semaines. J'ai préféré prendre le temps de tout assimiler avant de vous en parler.
- Et donc, qui est le père ? s'enquit-elle.
- Drago Malefoy, un ancien camarade de classe dont je pense vous avoir parlé. C'est le meilleur ami de Pansy, la petite-amie de Ron.
Son père fronça les sourcils.
- Ce Drago Malefoy, là, ce n'est pas le petit crétin qui a passé toute votre scolarité à t'insulter ?
Hermione grimaça. Elle maudissait ses parents d'avoir une si bonne mémoire et elle se maudissait, elle, d'être aussi bavarde.
- Si, c'est lui. Honnêtement, je ne vais pas entrer dans les détails de notre relation parce que c'est long et que ça nous regarde, mais faites-moi confiance, c'est devenu un homme bien.
Elle leur sourit, espérant que cette simple phrase suffirait à les convaincre.
- Écoute, Charles, si Hermione nous dit que ce jeune homme a changé, nous devons lui faire confiance. Après tout, tu sais comme moi qu'on a toujours été un peu dépassés par ce monde-là.
Sa mère lui sourit à son tour et un léger poids disparut des épaules d'Hermione.
- Cette grossesse n'est pas désirée, à la base, je ne vous le cache pas. Mais maintenant que ce bébé est là je… je ne vois déjà plus ma vie sans lui.
Hermione sentit ses yeux se remplir de larmes à cause de l'émotion. Et peut-être des hormones.
- Et pourquoi n'est-il pas là pour nous annoncer la nouvelle avec toi, ce Drago ? demanda son père avec une certaine amertume dans la voix.
- C'est là que réside l'autre problème. Drago est chercheur pour Sainte Mangouste et il a été appelé pour travailler dans un Institut renommé à Paris, l'Institut Flamel. C'est une session de recherches sur la maladie de Bowman Waits, une maladie dont souffre sa maman et il a accepté d'y participer. En revanche, cela se déroule à huis clos. Un vrai huis clos. Il est impossible pour moi de le joindre.
Elle leur expliqua sa visite à Avery Stevenson et toute sa plaidoirie qui ne l'avait pas convaincu.
- Et que pense Drago de cette grossesse ? demanda sa mère.
- Il n'est pas au courant, grimaça Hermione. J'ai appris la nouvelle juste après son départ.
Son père se laissa aller en arrière dans le canapé, probablement abasourdi par le trop plein d'informations.
Hermione comprenait parfaitement le flou dans lequel elle venait de les plonger, mais elle connaissait suffisamment ses parents pour savoir qu'ils avaient entièrement confiance en elle. Son père serait certainement un peu plus long que sa mère à accepter tout ça, mais elle avait bon espoir.
- Tu as confiance en lui ? demanda son père tout en ôtant ses lunettes pour se frotter les yeux.
- Absolument, affirma Hermione, sûre d'elle. Écoutez, j'ai conscience que ça fait beaucoup à encaisser, mais je suis sûre de moi maintenant. Cet enfant, c'est un cadeau de la vie, et je m'en voudrais toute ma vie si je devais m'en séparer. Les circonstances sont particulières, je sais, mais je sens au fond de moi que c'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver.
Un silence lui répondit. Silence durant lequel elle ne quitta pas ses parents des yeux.
- Je pense alors que les félicitations sont de rigueur, sourit son père en remettant ses lunettes sur son nez.
- Je suis contente pour vous, ma chérie, déclara sa mère en venant la serrer dans ses bras, suivie de près par son père.
Le poids sur les épaules d'Hermione, ainsi que celui au creux de son estomac, se dissipèrent en même temps. Finalement, cela s'était déroulé exactement comme elle l'espérait.
- Cette session de shopping chez madame Guipure était plus que nécessaire, déclara Hermione en sortant de la boutique, les bras chargés.
- Tu m'étonnes ! appuya Pansy en mettant ses lunettes de soleil sur son nez. Tu ne pouvais pas continuer à alterner entre ces deux robes, même si elles sont très mignonnes.
- Et avec tout ça, j'ai de quoi voir venir sur quelques mois, dit-elle en miniaturisant les sacs pour que cela prenne moins de place. Ça te dit d'aller boire un coup chez Fortarôme ? J'ai mal aux pieds et il fait plutôt chaud.
- Oh que oui ! Un bon thé glacé, là, hum ! saliva Pansy en prenant la direction de l'établissement.
Alors qu'elles descendaient la rue commerçante, Hermione fronça les sourcils, croyant reconnaître la personne qui venait de sortir de chez Wiseacres.
- Merlin ! s'exclama-t-elle, un peu trop vivement.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? s'étonna Pansy. Tu as vu un fantôme ?!
- Crois-moi, je préfèrerais. Presse le pas, s'il-te-plaît, implora-t-elle. Il y a Lucius Malefoy juste là et…
- Oh, on va aller lui dire bonjour !
- Non ! objecta vivement Hermione. Non, je n'ai pas du tout envie de me retrouver en face de lui et de devoir lui faire la conversation.
- Oh ne fais pas l'enfant, Hermione. Il n'est pas si méchant qu'il en a l'air ! J'ai deux trois anecdotes à son sujet qui pourraient te faire rire.
Hermione leva les yeux au ciel, douteuse.
- Pansy…
- Va chez Fortarôme, si tu veux, je te rejoins.
Pansy ne lui laissa pas le temps de protester encore une fois puisqu'elle trottina gaiement vers Lucius Malefoy, la laissant ainsi seule.
Pour qui allait-elle passer si elle faisait l'autruche ? Surtout que, une fois à sa hauteur, Pansy avait eu la brillante idée de faire un signe vers elle.
Alors, après avoir grogné envers son amie, Hermione traîna des pieds jusqu'à eux.
- Bonjour monsieur Malefoy, le salua-t-elle poliment.
- Miss Granger, répondit-il platement.
- Au fait, Lucius, comment va Narcissa ? demanda Pansy avec entrain. Maman lui a rendu visite en début de semaine, je crois.
- En effet, elles ont bu le thé, mais c'était un jour où Narcissa était assez faible alors cela n'a pas duré aussi longtemps qu'elles l'auraient souhaité. Aujourd'hui elle va plutôt bien, mais c'est plutôt fluctuant.
Hermione restait silencieuse, mais elle ne pouvait s'empêcher de trouver cette scène étrange. Jamais elle n'aurait imaginé entendre de la compassion dans la voix de cet homme qu'elle avait pu trouver si détestable. Et pourtant, il parlait de sa femme avec une telle douceur…
Lui, en revanche, ne pouvait s'empêcher de lorgner vers son ventre, bien que concentré dans sa conversation avec Pansy. Hermione se sentait mal à l'aise. Elle portait son petit-fils ou sa petite-fille et il n'en avait aucune idée… Elle se sentit aussitôt très coupable et gênée. Peut-être aurait-elle dû les contacter lorsqu'elle avait appris la nouvelle ?
Malheureusement - ou heureusement, elle ne savait pas trop - Pansy ne la laissa pas culpabiliser plus longtemps.
- Lucius, je vois bien que vous n'êtes pas du tout concentré dans notre conversation et je peux comprendre. Après tout, Hermione porte l'enfant de Drago.
Lucius blêmit à vue d'œil et Hermione laissa passer un hoquet de surprise avant de fusiller Pansy du regard. Son amie ne s'embarrassait pas souvent des convenances, préférant aller droit au but, mais dans certains cas, cela nécessitait un minimum de préparation.
- Ai-je mal entendu ? demanda Lucius sombrement.
- Je crains que non, souffla Hermione.
- Mon fils est-il au courant ?
- Non, j'ai appris ma grossesse juste après son départ pour la France.
Si elle était légèrement craintive au début, le ton froid employé par Lucius forcait Hermione à l'être également.
- Alors rien ne prouve que l'enfant que vous portez est bien le sien.
- Je vous demande pardon ? Pourquoi mentirais-je ? s'offusqua Hermione.
- Vous ne seriez pas la première à prétendre avoir fait un enfant à mon fils pour obtenir de l'argent ou quoi que ce soit d'autre.
Non, effectivement, elle n'avait plus aucune raison de craindre quoi que ce soit.
- Monsieur Malefoy, j'aimerais que vous n'insultiez pas mon intégrité. Vous n'avez pas de raison de me croire, soit, mais ayez au moins l'obligeance d'être respectueux.
Lucius la toisa du regard avant de la lâcher des yeux pour porter toute son attention sur Pansy.
- Bonne journée, Pansy. Salue bien tes parents de ma part.
Et il transplana, sans accorder aucune importance à Hermione, ce qui l'arrangeait.
Maintenant, Hermione avait tout à loisir d'incendier Pansy autant qu'elle le méritait.
Une fois devant les grilles du manoir Malefoy, Hermione regretta instantanément d'avoir accepté la demande de Narcissa.
En effet, quelques jours plus tôt, très exactement le soir de sa rencontre impromptue avec Lucius sur le Chemin de Traverse, Hermione avait reçu un courrier de la part de la mère de Drago. Celle-ci, au courant de la nouvelle, l'invitait à venir prendre le thé chez eux pour discuter.
Hermione avait d'abord été très surprise par cette lettre, avant de relativiser en se disant qu'elle, au moins, ne lui reprochait pas tout de suite d'avoir fait un enfant à Drago pour lui soutirer de l'argent.
Elle avait longuement hésité, pesant le pour et le contre pendant des heures, puis finalement, Harry l'avait convaincue d'y aller. Cela ne l'engageait en rien d'écouter ce qu'on avait à lui dire et puis, elle leur devait au moins ça. Elle portait quand même leur petit-enfant…
À peine eut-elle essayé d'ouvrir la grille qu'un elfe de maison apparut devant elle, la faisant sursauter.
- Bonjour miss Granger, le salua-t-elle en s'inclinant.
- Bonjour. Comment t'appelles-tu ?
Elle lui sourit et l'elfe baissa la tête, probablement gêné de la question.
- Je suis Arty, lui apprit-il. La Maîtresse Narcissa a dit à Arty de venir chercher miss Granger et de la conduire dans la chambre de la Maîtresse.
Dans un claquement de doigts, le portail s'ouvrit et Hermione put suivre l'elfe.
- Est-ce que… Est-ce que ton Maître est là ? demanda-t-elle timidement.
Elle n'avait pas très envie de le voir, mais si tel devait être le cas, autant qu'elle y soit préparée.
- Non, le Maître Lucius est absent pour le moment.
Hermione se retint de souffler un "tant mieux". Connaissant la loyauté des elfes envers leurs maîtres, Arty serait capable d'aller lui répéter.
Elle le suivit le long de la grande allée menant au manoir et, une fois à l'intérieur, Hermione fut surprise des changements qui y avaient été apportés depuis la guerre. C'était nettement moins froid et austère, bien que la décoration soit toujours vieillotte. Étrangement, elle ne s'y sentait pas aussi mal qu'elle l'aurait pensé.
- La Maîtresse Narcissa est dans sa chambre. Suivez-moi, miss Granger.
Arty grimpa les marches de l'escalier de marbre et guida Hermione jusqu'à la porte de la chambre en question. L'elfe toqua et pénétra dans la pièce lorsqu'on l'invita à le faire.
Narcissa était assise dans son lit, son dos reposant contre une montagne d'oreillers moelleux. Lorsque leurs regards se croisèrent, elle lui sourit avec bienveillance et referma son livre après y avoir glissé son marque-page.
- Miss Granger est là, Maîtresse Narcissa. Arty doit-il vous apporter quelque chose ?
- Du thé, s'il-te-plaît Arty, avec des biscuits à la cannelle.
L'elfe s'inclina avant de disparaître dans un claquement de doigts, laissant les deux femmes seules.
Gênée, Hermione resta là, à l'entrée de la chambre, sans savoir comment agir.
- Venez vous asseoir, miss Granger. Vous pouvez prendre le fauteuil juste ici.
Timidement, Hermione s'installa dans le fauteuil en question de façon à ce que Narcissa n'ait pas à se contorsionner pour la voir et lui parler.
- Je suis ravie que vous ayez accepté mon invitation, dit-elle avec un sourire.
- J'ai grandement hésité…, avoua Hermione. J'avais peur d'être mal à l'aise, de ne pas savoir quoi dire, ni comment gérer la situation.
- Il faut dire que l'attitude de mon mari l'autre jour n'a pas aidé, grimaça-t-elle. Veuillez l'excuser.
Hermione se retint de dire que ce n'était pas à elle de s'excuser pour la bêtise de son époux.
- Cela dit, poursuivit-elle, permettez-moi de vous féliciter pour cet heureux événement.
- Merci… Écoutez, madame Malefoy, mon intention n'était pas de vous cacher ma grossesse ad vitam æternam. Encore une fois, je ne savais pas comment gérer la situation et le temps m'a dépassée. Entre la nouvelle brutale, le départ de Drago, le fait que je n'ai pas pu l'informer… C'était beaucoup.
- Ce que je peux tout à fait comprendre. Je n'ose à peine imaginer ce que vous avez ressenti en apprenant tout cela. Mais rassurez-vous, vous n'êtes plus seule désormais.
- Comment ça ? releva-t-elle en fronçant les sourcils.
- Eh bien maintenant que je sais que vous portez notre petit-enfant, soyez sûre qu'il est hors de question que nous vous laissions seule. Drago n'est pas là, alors, sans vraiment prendre sa place, nous allons essayer de vous apporter le soutien nécessaire.
Hermione sentit les larmes gagner ses yeux. Elle était profondément émue par la prévenance de Narcissa et elle n'aurait jamais imaginé qu'elle puisse lui dire ceci. Elle savait que la mère de Drago n'était pas comme son mari, qu'elle ne pensait pas de la même manière, mais en être ainsi témoin était d'autant plus touchant.
Elles discutèrent un long moment, sirotant le thé apporté entre-temps par Arty, et Hermione se sentait de plus en plus à l'aise en sa présence. Cependant, elle se raidit lorsque Lucius fit son apparition dans la chambre.
- Puis-je me joindre à vous ? demanda-t-il, le dos droit, ses mains jointes sur sa canne à pommeau.
Narcissa la regarda, lui faisant ainsi silencieusement comprendre que la décision lui revenait.
Hermione se pinça les lèvres, hésitante. Elle n'avait pas très envie de discuter avec lui, vu la manière dont ils s'étaient quittés la dernière fois, mais elle n'était pas rancunière et elle devait lui laisser une chance de se rattraper. Cela dit, s'il ne le faisait pas, elle ne ferait plus d'efforts.
Alors elle hocha la tête et Lucius referma la porte derrière lui. Il s'assit au bord du lit, aux pieds de sa femme, déposant une main tendre sur l'une de ses jambes à travers le drap.
- Miss Granger, débuta-t-il d'une voix plate, je vous présente mes excuses pour l'autre jour. Mes mots ont dépassé ma pensée.
Au ton employé, Hermione devina qu'on avait dû le forcer à s'excuser, mais elle ne releva pas.
- Si je n'ai pas été ravi au début et que j'ai eu beaucoup de doutes, j'ai finalement décidé de vous faire confiance. Mon épouse le fait, mon fils semble aussi vous faire confiance, alors je me fie à eux. Après tout, vous avez accepté de venir ici, je me dois de faire également un pas en avant.
- Je- euh… merci, dit Hermione, peu sûre d'elle.
- Sachez que j'ai été rassuré par cette grossesse, en un sens. Mon fils semble penser qu'il a toute la vie devant lui pour procréer et que m'offrir une descendance n'est pas une priorité.
Narcissa claqua sa langue contre son palais en signe de désapprobation et Lucius fuit le regard noir que sa femme lui lançait.
- Ce que Lucius essaie de dire, reprit-elle, c'est que nous sommes ravis d'être enfin grands-parents. N'y voyez pas là un intérêt d'héritage ou autre, mon mari est un peu trop obtus sur certains sujets…
Narcissa laissa traîner sa voix en signe de reproche et Hermione se retint de rire.
- J'imagine que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre à votre sujet, dit finalement Lucius.
Rapidement, Hermione essaya de rassembler ses idées. Ce couple était surprenant, tant est si bien qu'elle en perdait facilement le fil de ses pensées.
- Eh bien je- merci, encore une fois. J'insiste, mais cet enfant n'est pas là pour piéger Drago ou quoi que ce soit d'autre. D'ailleurs, sans vouloir entrer dans les détails, nous étions protégés à chaque fois et…
Elle s'interrompit, rouge de gêne, réalisant qu'elle déviait sur un terrain un peu trop personnel.
- J'aurais évidemment aimé que les choses soient différentes, que Drago soit là, mais malheureusement ce n'est pas le cas et je dois faire avec. Ou plutôt sans.
Elle haussa légèrement les épaules, les yeux baissés.
- Hermione, souffla Narcissa. Puis-je vous appeler par votre prénom ?
Hermione la regarda et hocha la tête avant qu'elle reprenne.
- Drago vous a certainement parlé de ma maladie et, même si j'ai confiance en son travail, mon avenir est très incertain. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, peut-être que je ne me réveillerai pas de ma prochaine sieste, alors toutes les bonnes nouvelles me réjouissent au plus haut point.
Elle fit une pause, reprenant sa respiration, et comme elle semblait vouloir continuer sur sa lancée, Hermione n'osa pas répondre.
- Après avoir eu Drago, Lucius et moi avons essayé plusieurs fois d'avoir un deuxième enfant, en vain. Je suis tombée enceinte une fois, au bout de quelques années d'essais, mais j'ai malheureusement fait une fausse couche et cet événement nous a décidé à arrêter. Nous avons pris cela comme un signe de la vie, nous disant que nous devions concentrer tout notre amour sur notre fils unique, ce que nous avons fait. Mais au fond de moi, j'ai toujours nourri cette envie de famille nombreuse et c'est peut-être malsain, mais j'imaginais Drago m'offrir cela avec des petits-enfants.
Un sourire mélancolique se dessina sur les lèvres de Narcissa et les larmes montèrent à nouveau aux yeux d'Hermione.
- Quand j'ai appris ma maladie, j'ai mis ce rêve de côté. Je sais que mon temps est compté et qu'il y a des chances que je ne vois pas ce rêve se réaliser, alors j'ai arrêté de me faire du mal toute seule. Je dois me concentrer sur moi et ma guérison.
Hermione approcha son fauteuil du lit de Narcissa et se pencha légèrement pour prendre sa main dans la sienne. Elle ne savait pas si son geste spontané allait être mal interprété, mais elle fut rassurée de sentir l'autre main de Narcissa se poser sur la sienne.
- Je ne sais pas pour les nombreux petits-enfants, mais en tout cas, il y en a un, là, souffla Hermione en posant sa main de libre sur son propre ventre. Vous êtes forte, madame Malefoy, personne n'en doute et je ne vous laisserai pas en douter. Vous allez voir ce bébé naître et vous allez le voir grandir. Et vous savez pourquoi ? Parce que votre fils travaille comme un fou pour ça. Il est parti de l'autre côté de la Manche, laissant en Angleterre sa famille, ses amis et un amour naissant, pour trouver un remède et vous savez comme moi qu'il va y arriver.
Hermione ne contrôla pas la larme qui coulait sur sa joue. Narcissa, émue également si on en croyait son sourire, avait elle les yeux brillants.
Elle ne pouvait pas affirmer avec certitude que tout allait bien se passer, mais ce dont Hermione était sûre, c'était qu'elle allait faire tout son possible pour que Narcissa puisse vivre cette grossesse avec elle.
Elle avait déjà dit que ce bébé était un cadeau impossible à refuser, et elle n'avait pas le droit de priver cette femme de ce bonheur.
Eh voilà !
J'espère que ça vous a plu. Comme je disais plus haut, je trouvais important de revenir sur ce moment de l'histoire que je n'ai pas pu détailler. Hermione n'a donc jamais été seule, malgré l'absence de Drago.
Je reviens dans quelques jours avec le deuxième et dernier missing moment, où nous reviendrons plus en détails sur le secret de Narcissa et Drago que j'ai évoqué dans l'épilogue ;)
Du love pour vous, à mercredi !
