Chapitre neuf : Pris au piège
– Harry !
Le garçon se réveilla en sursaut, secoué d'un rire qui glaça le sang de ses camarades de dortoir. Désorienté, Harry mit une main devant sa bouche, horrifié par la vision de Voldemort qu'il venait d'avoir en rêve. Ce n'était pas bon du tout !
– C'était lui ? Tu l'as vu ? Dis-moi que ma famille va bien, le supplia presque Ron en le prenant par les épaules.
– Non... McGonagall, haleta-t-il, en proie à des sueurs froides incontrôlables. Faut que je voie... McGonagall.
Ni une ni deux, Ron le hissa de force sur ses jambes tremblantes avant de leur faire dévaler les escaliers des dortoirs. Pendant leur course précipitée vers les appartements de la directrice, le cauchemar de Harry ne cessa de se rejouer devant ses yeux écarquillés, le frappant avec un sentiment d'urgence de plus en plus percutant.
Le trajet lui parut péniblement interminable. Enfin, Ron tambourina sur une porte. McGonagall mit à peine quelques secondes à leur ouvrir, mais cela parut des années à Harry.
– Potter ! Weasley ! Quelle est la raison de ce raffut ? leur lança sévèrement la professeur avant de voir l'air hagard du Survivant. Harry mon garçon, tout va bien ?
Il secoua la tête, la bouche sèche.
– Il a eu une vision, répondit Ron à sa place.
McGonagall les pressa d'entrer et les assit de force dans les deux fauteuils inconfortables face à son bureau.
– Dites-moi ce que vous avez vu.
– Lucius Malefoy. Il... Il a rapporté une nouvelle à... Vous-Savez-Qui. Il a dit que — que Malefoy et Goyle ont réussi.
– Réussi quoi, Harry ? Racontez-moi tout ce que vous avez vu.
Harry lui rapporta son rêve dans les moindres détails.
– Ce qu'ils font dans la Salle sur Demande depuis le début d'année, je... Je ne sais pas ce que c'est. Mais c'est mauvais, professeur ! Très mauvais ! Il était si... euphorique. Envy est en danger !
Aussitôt, McGonagall s'excusa auprès d'eux pour passer un appel par cheminette. Il fallait vérifier de toute urgence si Envy était en sécurité dans le château.
En l'absence de la sorcière, les minutes s'écoulèrent lentement dans le silence oppressant du bureau, tandis que Ron et Harry se retrouvaient livrés à eux-mêmes.
– Tu crois qu'Envy va bien ? demanda Ron, le visage un peu vert.
Son ami ne put lui offrir de réponse. Il n'en eut pas besoin, puisque McGonagall revint, accompagnée de Gladpy et Envy. Ce dernier eut l'air de se réveiller définitivement lorsqu'il vit les deux Gryffondors.
– C'est quoi le problème ici ? Quelqu'un est mort ou quoi ?
Sa nonchalance n'était plus aussi bien feinte que par le passé.
– Vous courrez un grave danger, Mr Alighieri, lui annonça McGonagall sombrement. Il semblerait que l'Ordre noir ait effectivement infiltré Poudlard. Ce que nous soupçonnions s'est avéré. Drago Malefoy et Gregory Goyle ont repris leurs projets secrets vous prenant pour cible. Et ils viennent de les achever.
– D'où tenez-vous ces informations ? intervint Gladpy, méfiante. Si le Bureau avait appris quoi que ce soit, j'aurais sûrement été la première à avoir été mise au courant.
– L'information ne vient pas du ministère.
Envy comprit immédiatement la présence de ses amis. Une nouvelle vision de Voldemort. Quoi que les deux jeunes Mangemorts avaient préparé, ça craignait pour lui.
– Vous allez faire quoi de Malefoy et Goyle ? lâcha-t-il, plein d'idées déjà en tête.
– Je ne peux malheureusement rien faire à part mettre en route le plan « Départ », répondit McGonagall à regret.
– Attendez, ce plan, je devais l'utiliser seulement en cas de descente des Aurors pour m'arrêter. Là c'est pas pareil. Est-ce qu'au moins on sait ce qu'ils ont préparé exactement ? Sinon, ça pourrait ne pas viser que moi. Ed pourrait être en danger, ou tout autre ennemi de Voldemort. Je refuse de fuir comme ça. Je serais plus utile ici. On pourrait se servir de moi comme appât pour découvrir ce qu'ils mijotent.
– Hors de question ! s'exclama Gladpy.
Son éclat fut suivi d'un long silence.
– Si mon avis a la moindre importance, je dirais que je suis plutôt d'accord avec Ms Gladpy, reprit Ron avec hésitation.
McGonagall parut sur le point de le faire taire, mais il le fit de lui-même en voyant l'air rancunier d'Envy.
– On pourrait les interroger. Rogue —
– Professeur Rogue.
– Le professeur Rogue doit bien avoir du Veritaserum, lâcha Harry.
– Mr Potter ! Vous proposez de droguer des élèves !
– Il a pas tort, le défendit Envy, intéressé par l'idée. C'est pas comme si on allait les torturer pour leur tirer des infos.
– Moi directrice de cette école, cela n'arrivera pas. Le sujet est clos, ajouta-t-elle fermement lorsqu'Envy voulut protester. Maintenant que vous êtes prévenu, je vous prierai de rester ici pendant que je raccompagne messieurs Potter et Weasley à leur dortoir. Ensuite, nous déciderons de ce qu'il convient de faire.
Relégués au rang de témoins impuissants, Harry et Ron furent reconduits à la tour Gryffondor, sans plus de cérémonie. Ils décidèrent de se recoucher, amers d'être mis de côté, et ignorèrent les questions de leurs camarades de dortoir, qui n'avaient pu se rendormir après leur réveil dramatique. Ils prenaient le cauchemar de Harry pour un spectacle, et il ne voulait pas les encourager dans cette voie-là. Il n'était certainement pas un phénomène de foire.
Le lendemain matin, la mine de Harry faisait peine à voir. Hermione faillit lui sauter à la gorge lorsqu'il la mit au courant de sa nouvelle vision malgré ses leçons d'Occlumancie.
– Écoute, même si je déteste être dans Sa tête, si j'avais utilisé l'Occlumancie, Envy serait peut-être mort à l'heure qu'il est ! dit Harry entre ses dents serrées. Arrête de me répéter ce que je dois faire.
Son ton agressif eut le mérite de couper la chique de la jeune fille qui se redressa pour s'éloigner un peu de lui. Le front de Ron demeurait barré d'une ride anxieuse alors qu'il observait l'échange sans intervenir. Après un moment de flottement embarrassant, Hermione se racla finalement la gorge et changea de sujet.
– Où est Envy maintenant ?
– C'est exactement la question que je me posais.
Le trio sursauta, n'ayant pas vu Edward arriver. Il se fraya une place à côté de Harry qu'il dévisagea suspicieusement.
– Où est Envy ? Ou plutôt, pourquoi cette question a une quelconque importance par rapport à d'habitude ?
– C'est à cause de Malefoy et Goyle, répondit Harry, qui en avait assez de répéter son histoire. McGonagall a convoqué Envy dans son bureau.
– Tu devrais peut-être le rejoindre, ajouta Hermione. Le professeur McGonagall n'accepterait sûrement pas de nous dire quoi que ce soit. Alors que toi...
– Hum... Oui, je vous tiens au courant.
Edward se releva et repartit comme il était venu, disparaissant dans le hall d'entrée.
– Tiens... Vous avez remarqué ? Le professeur Rogue n'est pas là.
Harry et Ron suivirent le regard de Hermione vers la table de l'équipe professorale pour vérifier qu'en effet, contrairement à son habitude, la terreur des cachots ne s'y trouvait pas.
– Je ne sais pas si c'est un bon ou mauvais signe, commenta Ron, en quittant l'avant de la salle du regard. Mais Malefoy et Goyle ne sont pas là non plus.
– Il faut prévenir quelqu'un !
– Harry, non !
Hermione l'attrapa par le bras et le força à se rasseoir.
– Réfléchis un instant avant de foncer tête baissée. S'ils ne sont pas là, ça ne peut signifier que deux choses : soit ils sont en train de chercher Envy pour mettre leur plan en action, soit le professeur McGonagall s'occupe d'eux. Si c'est la première option, en partant seulement tous les trois, tu risquerais de te faire prendre tout autant qu'Envy. On ne sait pas ce qu'ils veulent exactement. Et si c'est la seconde option, on ne peut pas se permettre de mettre en péril le plan du professeur McGonagall en attirant l'attention sur l'absence de deux élèves.
– Surtout s'ils vont vraiment utiliser du Veritaserum sur eux, grommela Ron. Je crois qu'elle a raison, Harry.
– Mais s'ils recherchent Envy, on doit quand même prévenir quelqu'un !
– Toutes les personnes qui ont besoin de savoir ont été mises au courant du risque. Je suis sûre qu'Envy est sur ses gardes. Et s'il ne l'est pas complètement, Gladpy est là pour le protéger. Il n'aura pas l'occasion de déambuler seul dans les couloirs, même s'il le voulait. Ed ne le laisserait pas faire. On peut compter sur lui pour ça...
Difficile de trouver du réconfort dans le discours rassurant d'Hermione. Toutefois, elle avait raison, ils le savaient. Il ne leur restait plus qu'à accepter leur inutilité et à continuer à faire comme si ce jour ne se démarquait pas des autres.
Pour cette raison, la matinée leur parut encore plus longue. Malefoy et Goyle ne réapparurent ni en cours ni au déjeuner. Edward et Envy non plus. McGonagall et Rogue assurèrent leur cours comme si de rien n'était. À la fin de leurs deux heures de Métamorphose, le trio resta en arrière pour échanger un mot avec leur professeur.
– Que puis-je faire pour vous ? demanda McGonagall en les dévisageant un à un. Si vous désirez autre chose que des précisions sur la leçon d'aujourd'hui, je vous prierai de vous rendre à votre prochain cours.
– Mais professeur-
Elle lança un regard sévère à Harry par-dessus ses lunettes.
– Monsieur Potter, ne m'interrompez pas. Je vous prierai de retourner en cours, où je suis certaine que vous retrouverez vos camarades. Tous les quatre.
La précision les laissa bouche bée. Finalement, Hermione offrit un semblant de sourire à la directrice.
– Y a-t-il un risque... concernant... hum... vous-savez-quoi?
– Tout est sous contrôle.
Son ton décisif leur fit comprendre qu'ils n'obtiendraient pas davantage. Ils s'excusèrent et prirent la porte.
– Soyez prudents, les interpella le professeur une dernière fois avant de fermer la porte d'un mouvement rigide de baguette.
Comme elle l'avait prédit, ils retrouvèrent Edward et Envy dans la grande salle, où une séance de Défense contre les forces du Mal allait commencer.
– Où vous étiez ? demanda Ron du but au blanc quand ils abordèrent le duo.
Les deux garçons haussèrent les épaules de façon tellement synchrone que ça les fit sourire tous les trois malgré la situation. Ils faisaient ça bien trop souvent.
– Çà et là, répondit Envy évasivement en enfonçant ses mains dans ses poches.
– On a pris des précautions, ajouta Edward. Il n'y a pas de quoi s'en faire.
– Tu le penses vraiment ? intervint Harry, pas convaincu pour une mornille. J'ai vu à quel point Il est heureux. Vous êtes forcément passé à côté de quelque chose. C'est plus gros que ce qu'on pense, ça, j'en suis sûr et certain. Est-ce que vous avez la moindre idée de ce qu'ils ont préparé ?
Edward acquiesça.
– On sait déjà qu'aucun Mangemort ne peut entrer à Poudlard. Donc ils veulent à coup sûr attirer Envy dehors. Il suffit qu'on garde cette idée en tête et tout devrait bien se passer.
– Pourquoi est-ce qu'ils ne pourraient pas entrer ? répliqua Ron, les sourcils froncés. Il suffit qu'un Auror change de camp et les aide à entrer. Le Bureau a le contrôle du réseau de cheminette depuis la rentrée après tout.
– Non, c'est McGonagall qui a le contrôle. Elle sait immédiatement quand quelqu'un utilise le réseau et elle peut le bloquer. Ce qui veut dire que personne ne peut entrer ni sortir sans qu'elle le sache.
– Et si vous vous trompiez ? Et si Malefoy et Goyle avaient trouvé un moyen d'entrer ? intervint Hermione. Il existe peut-être des passages secrets que l'on ne connaît pas. Après tout, la carte ne montre pas la Salle sur Demande... S'il y a un passage qui passe par là...
– On a condamné l'entrée de la Salle dès que McGonagall vous a raccompagné cette nuit, annonça Envy. Quoi qu'ils aient préparé, ça ne pourra pas fonctionner. Bon, je vous laisse. Gladpy va exploser si je la fais attendre plus longtemps. Yo !
Il leur lança un salut décontracté avant de disparaître plus loin dans la foule d'élèves bruyants.
Harry le vit effectivement rejoindre Gladpy et remarqua l'air de franche exaspération de celle-ci. Que ce soit à cause d'Envy ou de l'arrivée d'Ombrage, il ne le sut pas. Lui-même grinça des dents en voyant son professeur de Défense afficher son sourire froid et insupportable. Au grand dam de tous les élèves, depuis la démission de Dumbledore, Ombrage participait à nouveau activement aux cours supplémentaires et prenait en charge les cinquièmes années pour les leçons de Patronus avec l'aide de Gladpy.
Cette dernière ne paraissait pas des plus ravies par la perspective de devenir professeur, mais la situation extérieure s'était tellement détériorée depuis qu'Envy avait été suspendu de son rôle de Serviteur que les Aurors en faction à Poudlard s'étaient proposé pour instruire les élèves en complément des leçons données par l'équipe éducative habituelle. Le Patronus demeurait la grande priorité, car les attaques de Détraqueurs s'étaient multipliées depuis une semaine... quand Malefoy senior était devenu Serviteur par intérim... et la liste de victimes ne cessait de s'allonger chaque jour. Les températures de toute la Grande-Bretagne avaient brusquement et drastiquement chuté, ce qui d'après les météorologistes était en partie dû à la propagation des Détraqueurs sur le territoire.
Pour ne rien arranger, les créatures du lac noir sentaient ce changement d'atmosphères et attaquaient à nouveau les barrières magiques, régulièrement et avec davantage de hargne. La peur que les protections cèdent se faisait de plus en plus ressentir.
Les Aurors enseignaient donc la défense et — grande nouveauté — l'offensive. Ombrage avait tenté de protester, ainsi que d'autres professeurs, qu'entraîner des enfants à se battre était irresponsable. Toutefois, McGonagall n'avait pas cédé. Elle désirait plus que tout que ses élèves soient en mesure de se défendre pour leur vie. Ni les élèves ni les parents n'y voyaient d'inconvénient. Ces derniers étaient même soulagés que leurs enfants apprennent des bases de survie par les temps qui couraient. En tout cas, Mrs Weasley et Sirius approuvaient, d'après leurs lettres.
Rien de tout ça n'aurait été possible sans l'intervention d'Envy en début d'année. Tout aurait pu être très différent, si les rênes avaient été confiées à Ombrage. C'était une réelle chance et Harry en profitait au maximum. Le cours de duel auquel il participait — avec les autres élèves sachant déjà faire apparaître un Patronus — se trouvait être son unique source d'amusement depuis son expulsion de l'équipe de Quidditch.
C'était même un excellent exutoire pour sa frustration causée par chaque nouvelle leçon d'Occlumancie avec Rogue. Ces séances ne s'arrangeaient pas, de même que sa relation avec son professeur particulier. À vrai dire, Harry sentait les choses empirer à chaque nouvelle rencontre. Si auparavant sa cicatrice ne faisait que le picoter occasionnellement, ces derniers jours son front ne cessait de le faire souffrir. Ses émotions connaissaient des hauts et des bas n'ayant pas le moindre rapport avec ce qui se passait autour de lui et ses sautes d'humeur s'accompagnaient d'une douleur aiguë.
Alors que cette pensée traversait Harry, cette même douleur le prit à sa cicatrice.
– Que se passe-t-il avec ton fils, Lucius ? Où est Alighieri ?
Étalé aux pieds de son maître, Lucius Malefoy colla son front au sol en signe de soumission. Ses mains tremblaient.
– Je l'ignore, maître. Draco et le jeune Goyle devaient agir cette nuit. J'ignore pour quelle raison le plan a échoué.
– Espèce d'incapable ! Je me suis montré plus que patient, Lucius. Pourtant, ta famille ne cesse de me décevoir.
– Maître, je peux arranger ce malentendu. Draco et Gregory sont jeunes et inexpérimentés. Nous pourrions avoir recours à votre espionne présente à Poudlard. Elle pourrait leur apporter son aide. Je sais qu'elle ne peut se dévoiler avant que toute présence ennemie ne soit éradiquée de Poudlard, cependant, son soutien me paraît indispensable. Si elle ignore nos plans, elle pourrait malencontreusement les déjouer en toute ignorance.
La colère de Voldemort décrut pour le laisser songeur.
– Harry ?
La vision laissa place aux visages inquiets de Ron, Hermione et Edward. Harry cligna plusieurs fois des yeux avant de se remémorer qu'il se trouvait à Poudlard et non dans une quelconque cachette mangemort.
– Il y a une espionne à Poudlard, murmura Harry, dans un souffle.
Si ses deux meilleurs amis s'alarmèrent de cette nouvelle, ce ne fut pas le cas d'Edward.
– C'est ce crapaud, j'en suis sûr, affirma Ron sans l'ombre d'un doute.
– Qu'as-tu vu ?
– Malefoy s'excusait parce que le plan d'hier soir a échoué. Il a proposé de demander de l'aide.
– L'aide de l'espionne ? voulut confirmer Edward en fixant un point fixe derrière Harry.
– Oui.
Harry se retourna pour voir que ses amis l'avaient amené dans un coin de la grande salle en attendant la fin de son « absence ». Personne ne faisait attention à leur petit groupe. En suivant le regard du Serdaigle, Harry découvrit que Ron n'était pas le seul à soupçonner Ombrage.
– C'est vraiment Ombrage ? C'est une mangemort ?
– Pas de doute.
Le trio attendit qu'Edward développe, mais il se contenta de soupirer en grimaçant.
– Fait chier.
En fin de journée, Harry ne rêvait que d'obtenir un peu de calme et de solitude. L'impatience de Voldemort avait remonté en flèche au cours de l'après-midi et son crâne menaçait d'exploser sous la pression. Malheureusement pour lui, ces sautes d'humeur extérieures à sa volonté lui avaient une nouvelle fois causé des ennuis et lui avaient fait écoper d'une heure de retenue avec Rogue, qui en avait profité pour passer son temps à dénigrer son manque flagrant de talent pour l'Occlumancie.
Dans ces conditions, Harry ne partagea pas sa vision la plus récente. En étant tout à fait honnête avec lui-même, la raison qui le poussait à ne pas en discuter avec Rogue était ses doutes quant aux vraies allégeances de l'ancien Mangemort. Le garçon ignorait à qui il pouvait réellement accorder sa confiance en dehors de son cercle d'amis et du professeur McGonagall. Cela dit, même au sein de ces personnes de confiance, le doute s'insinuait petit à petit concernant Envy.
À moins que cette incertitude ait toujours été présente, bien que tue, Harry ne comprenait pas la raison pour laquelle il se méfiait soudain de son ami avec une telle force. Au début, le Gryffondor se demanda si ce sentiment résultait de sa connexion avec Voldemort, mais il balaya rapidement cette réponse trop facile. Ce ressenti provenait de lui-même, il le certifiait. Quelque chose clochait.
Dès que Harry pensait à Envy, une alarme lui vrillait les tripes. Tout sonnait faux. Son histoire ne collait pas. Harry collectait soigneusement les innombrables défauts dans les histoires contradictoires qu'Envy déblatérait, mais il n'en avait plus fait cas depuis le début de leur amitié, pensant qu'en temps voulu, la vérité lui serait dévoilée. Harry attendait toujours des réponses.
Sur la prophétie et la démission de Dumbledore, dont la Gazette du Sorcier faisait une telle affaire. Sur le passé de ses amis, bourré d'incohérences et de vides, et dont personne ne pouvait démêler le vrai du faux. Sur l'apparence monstrueuse d'Envy, dont ce dernier refusait de dire davantage depuis leur longue discussion loin d'être éclairante une semaine auparavant. Sur le rôle que tenait Envy dans cette guerre ainsi que le lien qui l'unissait à Voldemort. Sur le lien qui unissait Harry à Voldemort. Sur l'origine de ses visions. Sur la mort d'Arthur Weasley. Sur l'immortalité d'Envy.
Harry avait besoin de savoir ce qui se tramait sous son nez depuis près de trois ans. C'était dans son droit. N'est-ce pas ? Ce n'était plus la même curiosité morbide qu'il démontrait depuis son arrivée dans le monde de la magie. Désormais, les circonstances étaient bien différentes.
Avec cette certitude profondément ancrée en lui, Harry décida qu'il était temps d'aller à la pêche aux informations s'il ne voulait pas rester dans le flou plus longtemps. Dès la fin de son heure de retenue, il retourna dans son dortoir, consulta sa carte du Maraudeur, prit sa cape d'invisibilité, et quitta la tour des Gryffondors sans prévenir Ron ou Hermione de son plan. Bien que « plan » soit un terme grandement surévalué puisque le garçon comptait suivre à la trace le premier membre de l'Ordre du Phénix qu'il trouverait. Il savait qu'à coup sûr une réunion éclair aurait lieu pour discuter de sa vision survenue plus tôt dans la journée.
Son plan comportait peut-être quelques failles. Béantes, soit dit en passant, mais son talent pour l'improvisation lui serait d'une grande aide.
Sa cible s'avéra être Edward. Pas de chance, il s'agissait de la seule personne — excepté Dumbledore et Maugrey — qu'il savait capable de sentir quelqu'un sous une cape d'invisibilité. Ce coup du sort ne le découragea pas et il eut bien raison de ne pas avoir abandonné, puisqu'il fut bientôt récompensé au-delà de ses espérances. Comme il l'avait prédit, Edward se rendit au bureau de la directrice, sûrement pour les raisons que Harry soupçonnait.
– Pardofelis marmorata.
La gargouille gardant l'entrée menant au bureau du professeur McGonagall fit un pas sur le côté et le pan du mur qu'elle gardait disparut. Edward s'y engouffra sans attendre et Harry se faufila à sa suite. Sa cape manqua de rester bloquée dès la réapparition du mur derrière lui. Par chance, Edward ne remarqua pas qu'il était suivi puisqu'il montait les marches en colimaçon en faisant autant de bruit qu'un Eruptif enragé. Harry favorisa la discrétion à la précipitation, ce qui le fit arriver bien après son ami. La porte se ferma dans un clic sans qu'il puisse se glisser à l'intérieur du bureau.
Vérifiant qu'aucun de ses membres ne dépassait de la cape, Harry se rapprocha jusqu'à être en mesure de coller son oreille à la porte close, dans l'espoir d'entendre quelques bribes de discussion comme il l'avait déjà fait par le passé.
Le bureau avait été placé sous un sortilège d'insonorisation.
Comme un malheur n'arrive jamais seul, Harry entendit tout à coup le bruit de pas venant des escaliers derrière lui. Paniqué, il se jeta sur le côté pour laisser passer la silhouette sombre qui arrivait à pleine vitesse. Il eut à peine le temps de reconnaître son professeur de potion que celui-ci ouvrait la porte en grand. Harry bondit derrière Rogue à l'intérieur de la pièce.
Malheur.
Sa cape se prit effectivement dans la porte lorsque celle-ci se referma plus vite que prévu.
S'il bougeait ne serait-ce que d'un pas, il serait découvert.
Le cœur de Harry tambourinait dans sa poitrine. Il releva anxieusement la tête pour voir que davantage de personnes que prévu occupaient le bureau. En face de lui se tenaient McGonagall, Rogue, Edward et, étonnamment, Rufus Scrimgeour. Cette réunion était peut-être plus sérieuse que ce à quoi il s'attendait.
– Où est Alighieri ? interrogea l'ancien Auror, sans s'adresser à personne en particulier.
– Il ne viendra pas, répondit Edward, assis face à McGonagall, à la droite de Scrimgeour. Je représenterai ses intérêts.
– Ce n'est pas un procès, Elric, fit remarquer Rogue en prenant place dans le fauteuil qu'il restait, à la gauche de Scrimgeour. Du moins n'en ai-je pas été informé si tel était le cas. Bien que cela ne m'étonnerait pas, étant donné le manque de communication flagrant-
Le lourd soupir d'Edward lui coupa la parole. McGonagall et Scrimgeour n'en parurent pas mécontents. Harry resta bouche bée que l'audace du Serdaigle ne soit pas rabrouée.
– Le temps nous est compté, Rogue, renchérit Scrimgeour sans le laisser continuer sa tirade non plus. Donnez-moi un rapport complet des récents événements.
– Le jeune Potter a reçu une nouvelle vision de Vous-Savez-Qui la nuit passée, résuma McGonagall d'un air grave. Malefoy et Goyle sont parvenus à mettre en place un piège dont nous n'avons aucune idée de la teneur pour l'instant. Nous avons contenu le problème en coupant l'accès des deux garçons à la salle dans laquelle ils semblent avoir organisé leur... manigance.
– La situation me semble propice à l'enclenchement du plan « Départ », répondit Scrimgeour, approuvée par la directrice.
– Sauf que la situation a évolué entre-temps.
Les trois adultes se tournèrent vers Edward. Harry n'avait pas la moindre idée de la nature de ce plan « Départ » qui ne cessait d'être mentionné. Déjà la nuit dernière, lorsque McGonagall avait fait part de la vision à Envy, elle avait souhaité enclencher ce « plan ». Ni Envy ni Gladpy n'avait donné l'impression d'ignorer de quoi il s'agissait. En ce moment même, Edward également avait l'air de savoir exactement de quoi il retournait.
– Harry a eu une autre vision ce matin, poursuivit Edward. Quoi que Malefoy et Goyle aient préparé, sans l'accès à la Salle sur Demande, ils resteront impuissants. Malefoy senior semble le penser, en tout cas. Ils vont recevoir l'aide de quelqu'un prochainement. Une personne à l'intérieur.
Scrimgeour et McGonagall se tournèrent directement vers Rogue, qui haussa un sourcil.
– Le Seigneur des Ténèbres ne m'a pas convoqué.
– Selon Harry, il s'agit d'une femme. Il a bien spécifié que Malefoy a mentionné « une espionne ».
Finalement, Harry avait eu raison. Une bouffée de colère insoupçonnée le prit à la gorge, mélange entre ses sentiments et ceux de Voldemort. Edward ne pouvait-il rien garder pour lui ? Se sentait-il vraiment obligé de tout rapporter à l'Ordre ? Harry sentit un malaise s'installer alors qu'il se demandait combien de fois son ami avait fait de tels rapports le concernant.
–... Elle n'a pas la Marque. Si elle a reçu un message du Seigneur des Ténèbres, il lui est parvenu par une voie différente. Quoi qu'il en soit, je n'ai repéré aucune activité suspecte durant ma surveillance. Bien que cette surveillance ne présente aucun intérêt, étant donné ses failles.
La terreur des cachots lança un regard empli d'ennui vers Edward, qu'il visait apparemment d'un reproche que Harry ne comprit pas. Le principal concerné, lui, le saisit immédiatement.
– Allez vous plaindre à Dumbledore. Ce n'est pas ma faute si vous devez faire des heures sup'. Si Dumbledore n'avait pas fait tout capoter en se la jouant solo, je serais sûrement encore en train de la surveiller à votre place. Arrêtez de vous plaindre de tout et n'importe quoi deux minutes. On est tous frustrés par ce qui nous tombe dessus ces dernières semaines.
L'expression de Rogue se fit suspicieuse.
– Vous réagissez étrangement comme Alighieri ce soir...
– Je sais où vous voulez en venir. Envy est vraiment occupé à quelque chose d'autre et je lui ai demandé de ne plus prendre mon apparence. Eh oui, je lui fais confiance pour m'écouter. Si je ne prends pas de pincettes, c'est parce qu'on n'avance pas et ça me fatigue. C'est vrai quoi, on tourne en rond sans agir ! Je commence à comprendre le point qu'Envy voulait marquer en proposant de se servir de lui comme appât.
– Edward ! Nous ne pouvons pas nous le permettre alors que Vous-Savez-Qui est si proche de mettre la main sur lui !
– C'est bien parce que Voldemort pense être sur le point de gagner que l'utilité d'un appât serait la plus grande ! répliqua Edward. L'Ordre du Phénix ne compte plus aucune victoire, aussi infime soit-elle, depuis que Lucius Malefoy a pris le contrôle du monde magique. Réfléchissez à ça : La Gazette du Sorcier est en train de laver le cerveau de toute la Grande-Bretagne, les moldus et les sorciers de la rue meurent tous les jours sans que personne puisse rien y faire et Envy est sous le coup d'une enquête qui approche d'une conclusion qui ne sera bonne que pour l'ennemi. Avec le corps de ce Langue de Plomb, Alexander, qui a été retrouvé hier matin, je donne pas cher de la peau d'Envy. Tout le monde est persuadé qu'il l'a tué pour le faire taire à propos des soi-disant pots de vin ! Ils vont vite réussir à tout lui mettre sur le dos en créant des preuves !
– Raison de plus pour enclencher le plan « Départ » sans attendre, riposta McGonagall. Nous ne cessons de le répéter : le temps d'Envy est compté. Qu'il soit piégé par le fils de Malefoy ou arrêté par le bureau des Aurors, le résultat sera le même. Ne jouons pas avec le feu, je préconise la précaution. Nous remporterons d'autres victoires, mais pour cela il faut garder patience. Envoyons Envy au quartier général. Là-bas, il sera en sécurité et aura davantage d'opportunité d'user des restes de son influence politique grâce aux conseils d'Albus.
Harry releva vivement les yeux à la mention de l'ancien directeur de Poudlard. Les rumeurs couraient — alimentées par Rita Skeeter — sur la démission surprise de Dumbledore. Harry ne savait pas quoi en penser. Pour lui, le mage avait toujours été un modèle, il ne pouvait pas s'imaginer Dumbledore quitter Poudlard de son plein gré en laissant ses élèves à la merci des Mangemorts.
– Vous dites ça comme si c'était un avantage, grinça Edward avec une profonde amertume. Ses conseils ont causé plus de mal que de bien —
– Assez ! explosa McGonagall, le visage rougi par l'indignation. Cessez donc de réagir comme un enfant, ou je n'hésiterais pas à vous interdire de participer à quelque réunion de l'Ordre que ce soit. Albus Dumbledore a œuvré plus que quiconque à la chute de Vous-Savez-Qui et je ne laisserai pas un jeune freluquet comme vous dénigrer ses efforts de guerre admirables ! Sans Albus Dumbledore, cette guerre serait déjà perdue !
Un silence pesant suivit le discours enflammé de McGonagall. Une envie irrépressible de se gratter le mollet prit Harry, qui pinça les lèvres en levant les yeux au ciel en une prière muette. C'était bien le moment.
Un raclement de gorge interrompit le malaise.
– Bien que je condamne fortement la position de Mr Elric sur Albus, je ne peux m'empêcher d'adhérer à sa précédente proposition. Non, attendez, laissez-moi vous expliquer, ajouta Scrimgeour lorsque McGonagall ouvrit la bouche pour réagir. Il a raison en indiquant que l'Ordre perd du terrain. Depuis qu'Albus s'est vu contrait de démissionner, les obstacles et les épreuves se sont enchaînés, tant et si bien que nous avons perdu le peu d'avance que nous pouvions avoir sur l'ennemi. Nous étions auparavant en stratégie d'attaque contre les partisans de Vous-Savez-Qui. Depuis, les coups durs nous ont obligés à nous retrancher dans une stratégie défensive avec pour but de défendre l'Ordre et plus particulièrement Albus et Alighieri. Il faut que nous nous reprenions en main.
– Risquer une offensive dans la situation actuelle revient à un suicide de l'Ordre, intervint Rogue. Nous sommes désorganisés, débordés et certains de nos membres sont découragés par la maladie d'Albus. L'Ordre doit avant tout se concentrer sur lui-même avant de reprendre la lutte.
Les yeux de Harry s'écarquillèrent. Dumbledore était malade ?
– Soignons nos blessures, reprenons nos forces et reformons nos rangs, renchérit McGonagall, qui reçut un hochement de tête reconnaissant de la part de son collègue. Tant que je serais directrice de Poudlard, les alliés de la lumière seront en mesure de trouver un refuge dans ce château. Pour cela, Envy Alighieri doit partir. Sa présence représentera un danger tant que Vous-Savez-Qui saura qu'il peut le trouver ici. Et Envy sera en danger tant qu'il restera à portée de vue. Il doit partir.
– C'est la meilleure solution que nous ayons. Même en étant directeur des Serpentards, je ne peux pas empêcher Draco et Gregory de vagabonder dans le château sans une bonne raison et sans attirer l'attention des mauvaises personnes sur mes motivations profondes. Par Merlin, je peux à peine les suivre, alors que je dois aussi assurer la surveillance d'Ombrage ! Préparer un traquenard avec Alighieri comme appât est un risque inconsidéré tant que nous n'aurons pas toutes les cartes en mains.
– S'il fallait attendre d'avoir toutes les cartes en main, on n'avancerait encore moins ! rétorqua Edward. Et ce plan serait justement un moyen de créer l'opportunité de gagner des informations supplémentaires ! Nous pourrions désamorcer le piège de Malefoy et Goyle et dans le même temps les démasquer officiellement. Que ce soit deux ou trois Mangemorts en moins à Poudlard, c'est toujours bon à prendre !
Harry approuvait plutôt le point de vue d'Edward, bien que ses professeurs de Métamorphose et de Potion le dévisageaient comme s'il était un troll des montagnes. Son esprit Gryffondor parlait peut-être pour lui.
– Vous êtes impulsif et irréfléchi, aboya Rogue, sur le même ton qu'il utilisait en cours de potion. La moindre négligence de notre part et Alighieri mourra. Après les heures que vous avez passées à pleurnicher sur les manquements à sa sécurité, vous êtes culotté de faire une telle proposition hasardeuse.
– Il y a une différence entre prendre Envy comme un appât sans le lui dire comme Dumbledore l'a fait et le faire en mettant Envy dans la confidence ! Je ne compte pas lui faire prendre des risques inutiles, seulement ceux qui sont nécessaires. Tout pour faire expulser des Mangemorts du château.
– Vous ne nous dites pas tout. Il y a une autre motivation à ce plan, n'est-ce pas ? commenta Scrimgeour.
Découvert, Edward se mordit la lèvre avant de soupirer fortement.
– Auriez-vous l'amabilité de nous éclairer ? siffla Rogue sombrement.
Edward passa une main dans ses cheveux avant de les ébouriffer en soupirant à nouveau.
– Si le public apprend qu'Envy a permis de débusquer des Mangemorts, ça pourrait aider sa réputation.
Ce qui n'était pas une mince affaire. Toutes les rumeurs colportées à son sujet renvoyaient au même résultat : il était un Mangemort. Rita Skeeter n'avait pas chômé. Certaines de ses théories prenaient de plus en plus de légitimité à chacun de ses articles qui paraissaient de moins en moins tirés par les cheveux. Elle trouvait des preuves, en créait, faisait des liens improbables qui s'expliquaient. Avoir son nom traîné dans la boue par la Gazette du Sorcier et la méfiance des habitants du château à son égard croître affectait Envy bien plus qu'il ne voulait l'admettre.
– La réputation d'Alighieri n'est pas notre priorité.
– Au contraire ! S'il doit reprendre son rôle de Serviteur !
– Ne soyez pas naïf, s'exclama Rogue. Ça n'arrivera jamais. C'est terminé pour lui. Il a perdu le soutien et la confiance d'un trop grand nombre de sorciers et sorcières.
– Il reste quand même un symbole de la résistance pour certains ! Avec Dumbledore sorti du devant de la scène, il faut quelqu'un pour le remplacer si l'on veut éviter que le monde magique abandonne. Il faut que tout le monde sache que tout espoir n'est pas perdu et qu'il y a toujours une résistance qui lutte activement contre l'Ordre Noir !
– Potter remplit déjà ce rôle.
Harry déglutit difficilement.
Il se rendit compte trop tard qu'il n'avait pas été aussi silencieux qu'il le pensait.
Harry pressa sa main sur sa bouche et se mit à suer à grosses gouttes.
Il avait été repéré.
Deux yeux dorés acérés étaient vrillés sur lui.
Heureusement, Rogue s'était attiré les foudres de McGonagall et de Scrimgeour avec sa remarque et aucun d'eux n'avait entendu l'intrus. Ils entrèrent dans un débat virulent que Harry fut incapable de suivre, trop accaparé par sa peur d'être découvert. Si Edward le dénonçait, il lui causerait de gros ennuis. Harry savait pertinemment qu'il ne devait pas être ici. Que ce qu'il faisait était dangereux pour une multitude de raisons dont la principale était le risque de divulguer des informations compromettantes sans le vouloir.
Harry prit le risque de lâcher son nez pour essuyer la sueur de son front.
Edward détourna le regard.
– Vous avez raison, déclara-t-il tout à coup en interrompant la conversation qu'il avait délaissée. Mieux vaut enclencher le plan « Départ ». Ce serait trop risqué de préparer un plan pour utiliser Envy comme un appât alors qu'il y a tant d'inconnus et que l'ennemi semble avoir des yeux partout. Restons en là pour Malefoy et Goyle. Autant les garder à Poudlard pour les avoir à l'œil.
– Que nous vaut ce brusque revirement ? demanda Scrimgeour, légèrement suspicieux.
– Vos arguments m'ont convaincu. J'admets avoir eu tort et avoir agi avec impulsivité. Bien que la situation exige un départ immédiat d'Envy, je vous demanderai de lui laisser un délai supplémentaire. Nous avons une dernière affaire à régler à Poudlard avant de pouvoir partir.
– Comptez-vous agir en solitaire ? l'accusa Rogue.
– Non. Je viens de prendre pleine mesure des risques que comporte cette opération et je refuse de poursuivre cette idée. J'en informerai Envy au plus vite.
Pour couper court à la rencontre, Edward se leva, ignora les questions qu'on lui posait et salua l'assemblée cordialement tandis qu'il se dirigeait droit sur Harry.
– Quatre jours. C'est tout ce que je demande. Que nous soyons parvenus à régler ce problème ou non, Envy quittera Poudlard définitivement.
