TW : Cannibalisme


Chapitre trente-six : La Coupe d'Helga Poufsouffle


Les gros nuages noirs qui avaient surplombé le Wiltshire toute la journée larguèrent finalement leur pluie abondante au beau milieu de la nuit. Naturellement, les habitants du Manoir Malefoy dormaient tous à poings fermés lorsque deux silhouettes encapuchonnées émergèrent d'une porte discrète au bas de l'aile ouest. L'apparition attira la curiosité d'un élégant paon albinos qui marchait paisiblement sur la haie basse. Il les suivit du regard lorsqu'ils le dépassèrent.

Envy lui jeta un maléfice cuisant.

– Je déteste ces sales piafs, bougonna Envy en se massant le coude, où le paon l'avait pincé à son passage.

– Ce n'est pas une raison pour leur jeter des maléfices. On est censés rester discrets, je te signale.

Edward marcha dans une flaque et sentit ses orteils s'humidifier. Il jura à voix basse.

– Chut.

– Quoi, chut ?

– T'as pas entendu ça ?

Curieux, Edward tendit l'oreille. À l'exception de la pluie et du tonnerre au loin, il n'entendit rien de suspect. À sa gauche, Envy lui lança un regard perplexe et reprit sa route sans s'expliquer, laissant Edward derrière lui. Dépité, le blond lui emboîta le pas sans demander de réponse. Ils s'enfoncèrent dans le jardin fleuri, mais ne s'y attardèrent pas pour admirer les buissons de roses ni les statuts de sorciers et sorcières célèbres.

Un éclair illumina le ciel et le tonnerre gronda, puis la pluie redoubla. Au même moment, ils arrivèrent au bout du jardin et longèrent les hautes haies, suivant les souvenirs qu'Envy conservait de sa vision de la nuit passée. Après des recherches tumultueuses sous la pluie battante, le duo localisa l'endroit qu'il cherchait.

– Tu n'entends vraiment pas ?

Edward jeta un regard circonspect à Envy, mais l'Homonculus fixait le vide. Rapidement, ils examinèrent le buisson à l'aspect maladif d'un œil critique. Ses branches maigres arboraient d'impressionnantes épines aux reflets d'un vert venimeux. Edward pariait que la plante était empoisonnée.

– À toi l'honneur.

Avec un roulement d'yeux, Edward retroussa ses manches, planta sa pelle à côté de lui et prit la cisaille des mains d'Envy. Il plaça l'une des branches les plus basses entre ses deux lames et serra de toutes ses forces. Les lames fondirent aussitôt et le métal coula sur les branches nues. Une flaque de métal se forma à la base du buisson. Envy sursauta et lança un regard circulaire autour de lui.

– Tu as entendu ça ?

Edward secoua la tête négativement.

– Qu'est-ce que tu entends ?

– Il y a une... une femme. Elle pleure. C'est… C'est devenu plus fort quand tu as essayé de couper cette branche.

Edward se tourna vers le buisson et tendit l'oreille, les joues pâlissant d'effroi. Il n'entendait rien et n'aimait pas le fait qu'Envy en soit le seul capable. Ce n'était jamais un bon signe d'entendre des voix que personne d'autre ne pouvait entendre. Malgré son malaise, Edward agrippa la pelle et la planta dans la flaque. Il posa son pied sur le haut de la lame et appuya de tout son poids.

– Stop !

Malgré ses réflexes, Envy ne put le rattraper à temps lorsqu'Edward glissa en avant et tomba la tête la première sur les épines acérées. Le blond siffla de douleur entre ses dents tandis qu'il se relevait tant bien que mal avec l'aide de son ami. Une fois remis sur pieds, le blond vérifia l'étendue des dégâts.

À plusieurs endroits, les épines avaient déchiré son vêtement et entamé sa peau, laissant des plaies sanguinolentes au bord luisant d'un liquide verdâtre. Pour le moment, les coupures picotaient à peine, mais Edward sentait sa chaleur corporelle descendre à toute vitesse. Il ne s'agissait peut-être que de la pluie qui trempait ses vêtements.

– Pourquoi tu m'as dit d'arrêter ? demanda Edward en essuyant ses mains ensanglantées sur son pantalon.

– La voix que j'entends, je crois que c'est de ce buisson qu'elle vient.

Dans d'autres circonstances, Edward aurait sûrement charrié son ami, mais son expression l'en dissuada. Il n'avait que rarement vu Envy aussi ébranlé.

– Est-ce qu'elle dit quelque chose ?

Les lèvres d'Envy se serrèrent et il secoua la tête. Mal à l'aise, il ramassa le manche de la pelle pour en examiner l'extrémité.

– La pelle a fondu. Je crois qu'il y a un sortilège pour empêcher d'utiliser des outils. Ça doit être assez pour décourager les curieux.

– Ça ne peut signifier qu'une chose... Un sacrifice pour affaiblir l'ennemi. Abelforth a dû donner du sang pour entrer dans la caverne où était caché le faux médaillon.

– Tu vas vraiment arracher cette plante à mains nues ? Elle paraît empoisonnée.

– On n'a pas vraiment le choix. La magie ne fonctionne pas sur la plante et les outils fondent à son contact. J'ai seulement été égratigné. Ça veut dire que la chair ne fond pas à son contact. Je vais tenter le coup.

Les genoux d'Edward s'enfoncèrent dans une flaque de boue tandis qu'il s'agenouillait afin d'obtenir le meilleur angle d'attaque. Alors qu'il avançait les mains vers la première branche, Envy lui agrippa l'épaule et le fit reculer.

– Tu es sûr ? Je devrais peut-être le faire moi-même.

– Pas question. Tu dois garder tes forces pour empêcher Voldechose de prendre le contrôle. On ne peut pas prendre ce risque. Ne touche pas la plante, d'accord ?

Envy acquiesça puis lâcha prise. Il désirait plus que tout au monde se trouver à des lieux d'ici. Cette plante l'effrayait. Il ne voulait pas qu'Edward la touche. Malheureusement, son ami était déterminé à terminer cette tâche cette nuit. Envy le comprenait, mais maintenant qu'il voyait cette chose de plus près, il doutait qu'il ne s'agisse d'une simple plante comme ils l'avaient pensé de prime abord. Ces pleurs ressemblaient tellement à ceux de ses âmes lorsqu'il en abritait dans sa pierre philosophale. Il s'agissait d'expressions de pur désespoir. Il ne le supportait pas.

Après un temps de latence, Envy se rendit compte qu'Edward le fixait depuis un moment. Il tenta un pâle sourire pour le rassurer, mais sa crispation en plus de son visage actuel ne devait pas sincèrement convaincre. Edward lui tourna tout de même le dos et attrapa une branche de ses deux mains en évitant les nombreuses épines. Puis il tira. La fine écorce se craquela, envoyant une nuée d'échardes au visage de son agresseur. Ensuite, le bois craqua bruyamment.

Envy recula brusquement lorsque les lamentations sourdes se transformèrent en cris d'agonie. Comment Edward ne pouvait-il pas les entendre ?

Soudain, un jet de sang éclaboussa Envy en plein visage. Le liquide chaud et abondant le pétrifia. Il se précipita sur Edward et le prit par les épaules, essayant de le retirer du buisson, mais Edward se débattit.

– C'est pas mon sang, lâche-moi !

Surpris, Envy se pencha au-dessus de l'épaule d'Edward et remarqua qu'en effet, son ami disait la vérité. La plante saignait là où Edward avait arraché la première branche. D'épais grumeaux d'hémoglobine coulaient hors de la plaie. Les sanglots prirent une teinte maniaque. La dernière fois qu'Envy avait entendu de tels pleurs... Il ne préférait pas y penser. Que le passé reste où il est.

Edward attrapa une deuxième branche à la base, enfonçant ses bras loin entre les épines pour atteindre le tronc. Il craqua la branche vers le bas, déclenchant une pluie de cris de douleur qu'Envy ignora tant bien que mal. Sous la traction, la branche céda rapidement en un craquement sourd. Du sang jaillit de la plaie, se mélangeant au métal fondu et à la boue dans une mixture écœurante.

Les lamentations de lentes agonies montèrent crescendo au fur et à mesure que les branches cédaient les unes après les autres. Le souffle d'Edward se faisait de plus en plus haletant. D'abord, Envy pensa qu'il s'agissait du résultat de l'effort physique, toutefois, en écoutant de plus près, il se rendit compte qu'il ne s'agissait pas du tout de cela. Edward avait le visage crispé de chagrin, comme s'il s'apprêtait à pleurer.

– Edward, qu'est-ce qu'il y a ?

Edward secoua la tête et arracha la dernière branche d'un geste saccadé qui emporta une longue partie de l'écorce.

Bientôt ne resta plus que le tronc dénudé rendu humide par la pluie, la boue et le sang. Edward leva la main en direction d'Envy. Ce dernier l'agrippa et le tira vers le haut. Edward chancela un moment, le regard baissé vers son œuvre. Il essuya hargneusement ses joues maculées de boue et de sang.

– Finissons-en. Aide-moi à dégager les racines.

– Edward, t'as pas l'air bien. Tu devrais faire une pause.

– Non. On l'a assez fait souffrir comme ça. Je veux qu'on en termine au plus vite.

Envy obtempéra. Il s'agenouilla au pied de l'arbuste décrépi et planta ses longs doigts dans la terre détrempée. Peu de temps après, Edward se plaça à sa droite et l'imita, creusant avec acharnement. Les racines de dévoilèrent lentement avant de disparaître sous la mare de boue que la pluie torrentielle avait crée. Le duo était trempé jusqu'aux os et recouvert de toutes sortes de liquides nauséabonds.

Les mains d'Edward plongèrent jusqu'aux avant-bras dans le liquide marron et s'empoignèrent la plus grosse racine avant de tirer. Envy lui vint en aide et, à eux deux, ils parvinrent à déloger la plante. Ils glissèrent et basculèrent en arrière, l'arbuste toujours en main. Un cri à glacer d'effroi résonna assez fort pour couvrir le bruit de la pluie.

Apparemment, celui-ci avait été audible pour tous, car du coin de l'œil, Envy remarqua qu'on avait allumé la lumière à plusieurs fenêtres du manoir. D'aussi loin, personne ne les verrait au fond du jardin, cependant il restait un risque que l'un des occupants du manoir décide de vérifier ce qu'il se passait.

Edward plongea la main dans la crevasse nouvellement formée et pataugea dans la crasse jusqu'à ce que son expression change pour du soulagement. Il sortit la Coupe de Poufsouffle de l'eau usée et s'assit sur ses talons. C'était trop facile. Cela prouvait que c'était bien une cachette provisoire.

– Rentrons. Allez, lève-toi, commanda Envy lorsqu'Edward ne bougea pas.

Edward tomba à la renverse.

– Edward !

Envy se précipita vers lui et le tourna sur le côté. Les paupières plissées par la douleur et le visage crispé, Edward ne bougeait plus. Il demeura parfaitement immobile, le corps raide comme une statue. Après l'avoir hélé et giflé, Envy attrapa Edward derrière les épaules et sous les genoux afin de le transporter à l'abri. Il traversa le jardin en se dépêchant tout en évitant de glisser dans les flaques de boue. Quand il pénétra dans le couloir désert de l'aile ouest, Envy lâcha un soupir de soulagement. Son répit fut néanmoins de courte durée puisqu'Edward se mit à trembler violemment.

Le trajet jusqu'à leur chambre s'avéra laborieux et lorsqu'Envy déposa enfin son chargement sur son lit, quelqu'un toqua à la porte. Envy jura mentalement et espéra que son visiteur ne l'avait pas vu dans cette situation inexplicable. D'un coup de baguette, il nettoya sa robe de toute trace et tira les rideaux autour du lit pour dissimuler Edward.

Quand il ouvrit la porte, Envy découvrit Bellatrix en robe de chambre. Cette vision plutôt effrayante lui déplut particulièrement.

– Eh bien, parle ! aboya Envy avec impatience.

– Maître, loin de moi l'idée de vous déranger lors de vos festivités, cependant, je souhaitais savoir si tout allait pour le mieux. J'ai entendu un cri venant de l'extérieur...

– Tout va pour le mieux.

Envy fit mine de lui claquer la porte au nez, puis se retint au dernier instant.

– Fais venir Severus sur-le-champ. J'ai besoin de ses services.

– Bien entendu, maître.

Cette fois, Envy lui claqua la porte au nez et se précipita au chevet d'Edward. Ce dernier était conscient à nouveau et se massait la poitrine.

– Je crois que quelque chose cloche, commenta Edward avant d'être pris d'une quinte de toux.

– T'as quand même pas pu attraper la crève en restant sous la flotte !

– Si ça se trouve, les épines étaient vraiment empoisonnées. Eurk, je vais vomir.

– Pas dans le lit ! Pas dans le lit !

Au moins, Envy parvint à éviter le désastre lorsqu'Edward fut pris de violents hauts les cœurs. Les symptômes augmentèrent après les vingt premières minutes d'attente. Au bout d'une éternité, Rogue daigna se présenter à son maître et il débuta son auscultation immédiatement. Il posa toutes sortes de questions à son patient et il parut de plus en plus décontenancé au fil de la longue liste de symptômes. Lorsqu'Edward en vint à bout, Rogue referma les rideaux et s'adressa à Envy.

– Je connais ce poison et son antidote. La préparation est longue, toutefois, je pense parvenir à la terminer avant que les symptômes s'aggravent.

– À quoi doit-on s'attendre ?

– Fièvre, étourdissements, éruption de furoncles et dans certains cas, paralysie.

– Alors va et prépare cet antidote.


36 heures plus tard, Rogue revint avec l'antidote et tout revint à la normale. Edward redevint fidèle à lui-même et son despotisme notoire reprit ses droits. Comme le Cœur ne parvint pas à purifier la Coupe, Envy absorba le morceau d'âme malgré sa réticence à potentiellement offrir plus de pouvoir à l'âme de Voldemort. Malheureusement pour lui, il n'avait pas d'autre choix puisqu'Edward ne maîtrisait toujours pas très bien le maléfice de Feudeymon.

Au final, le résultat revenait au même. La guerre prendrait fin d'une semaine à l'autre ! Le plan d'Edward se composait désormais de quatre étapes majeures : transmettre son dossier au MIAM, purifier Harry, récupérer la cape d'invisibilité et détruire le morceau d'âme de Voldemort à l'intérieur d'Envy. La première étape serait la plus longue à réaliser compte tenu de l'implication de Gurdjieff, qui n'accordait qu'une confiance ténue à Edward. Le reste serait du gâteau.

Au matin du troisième jour après la reprise du Horcruxe, Edward retourna au ministère de la magie. Bien que l'ambiance soit à l'angoisse et la répression, cet endroit lui avait manqué. Il appréciait travailler au ministère, avec Gurdjieff, Matthew et Mrs Cunningham. Quand il se prenait à songer à l'après-guerre, Edward s'imaginait volontiers prendre un poste ici. Rien que pour vérifier que le dé-corruption se déroulait comme prévu.

Lorsqu'il arriva devant les ascenseurs, Edward remarqua tout de suite que quelque chose d'anormal se passait. La foule habituelle d'employés et de visiteurs s'était écartée d'un point bien précis vers lequel Edward se dirigea. Au centre du cercle laissé par les passants se tenait un homme à la carrure impressionnante et aux muscles surdéveloppés. Edward haussa les épaules et suivit l'inconnu dans la cabine d'ascenseur vide dans laquelle personne n'osa entrer. L'homme frappa le bouton « Haut » et les grilles se refermèrent.

Intrigué, Edward détailla du coin de l'œil l'inconnu au visage familier. Ses longs cheveux gris s'emmêlaient autour de quelques feuilles mortes et l'ourlet de sa longue cape en cuir était maculé de terre et de poussière. Son apparence bestiale ramena quelques lointains souvenirs. Lorsqu'Edward réalisa qui cet homme était, il ne regretta pas d'être entré dans cette cabine.

Fenrir Greyback en personne. Le loup-garou le plus craint de Grande-Bretagne, tueur d'enfants et cannibale notoire, se tenait à deux pas de lui, respirant la confiance en lui et le vice. Bien qu'il ait participé à toutes les réunions depuis trois mois, jamais il ne l'avait rencontré auparavant. Son statut d'hybride ne plaisait manifestement pas à Voldemort et Greyback n'avait jamais dû être invité au Manoir.

– Tu apprécies la vue, gamin ?

Edward rougit de façon incontrôlable. Grillé. Greyback esquissa un sourire carnassier qui découvrit ses dents pointues et ses canines proéminentes. Cool. Edward aimait bien son style, même s'il désapprouvait entièrement son mode de vie.

– Vous êtes Fenrir Greyback, n'est-ce pas ?

Greyback parut étonné qu'il ose lui adresser la parole sans balbutier. Il devait avoir l'habitude des regards apeurés et des bégaiements nerveux. Edward pouvait aisément le comprendre. Un homme de ce genre, ça effrayait facilement un frêle sorcier à la musculature sous-développée.

– En quoi ça te concerne ?

– Je suis juste curieux. Vous êtes comme je vous avais imaginé.

Maintenant, le loup-garou paraissait intrigué par cet audacieux petit bonhomme. Ses yeux bleus se posèrent sur le visage d'Edward et ne le quittèrent plus.

– Et comment m'imaginais-tu ?

– Comme le grand méchant loup.

Le rictus de Greyback s'agrandit. Avant qu'il ait pu répondre, la cabine s'arrêta et une voix désincarnée remplit l'habitacle.

– « Niveau deux, Département de la justice magique, Service des usages abusifs de la magie, Quartier général des Aurors, Services administratifs du Magenmagot, Archives de la Cour de justice magique, Département de contrôle de l'équipement magique. »

– Vous ne deviez pas vous arrêter au département de contrôle et de régulation des créatures magiques ? C'est là que les Rafleurs vont normalement.

– Tu causes beaucoup, petit. Fais gaffe ou je pourrais me faire des idées.

Edward ignorait de quelles idées il parlait et ça ne l'intéressait pas vraiment de l'apprendre. Si le loup-garou le trouvait à son goût et désirait le dévorer, il préférait rester dans l'ignorance. Il frémit à cette pensée et emboîta le pas de Greyback. Ils arrivèrent dans le Bureau des Aurors qui fourmillait de vie à cette heure matinale.

– Ah, Greyback. Et Elric, ajouta Gurdjieff en remarquant Edward derrière son invité. Bon retour parmi nous. J'ai entendu dire que vous étiez très malade.

– Je vais bien.

– Elric ? répéta Greyback en regardant Edward d'un autre œil. Edward Elric ?

– En personne.

– Tu n'es pas du tout comme je l'avais imaginé.

– Et comment m'imaginiez-vous ? demanda Edward d'un ton railleur.

– Plus grand.

Les narines d'Edward se dilatèrent brusquement sous le coup de l'irritation et Greyback ricana. Pendant ce temps, Gurdjieff observa leur manège avec un air dubitatif.

– Veuillez vous installer dans mon bureau, Greyback. Elric, va voir le directeur du Département de la coopération magique internationale et remets-lui ce document. Ensuite, va t'occuper aux Archives. Je te veux dans mon bureau à 10 heures. Je compte bien te faire rattraper ton retard.

– Très bien, monsieur le directeur.

Les deux hommes le suivirent du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse dans le couloir d'où il venait. Edward mena ses tâches à bien puis rejoignit Gurdjieff, Greyback et Savage qui discutaient de l'optimisation des rafles. Greyback, en tant que chef des Rafleurs, eut l'occasion de préparer la nouvelle stratégie avec les deux membres officiels du ministère. Pendant qu'ils conversaient, Edward rédigeait des rapports sans perdre une miette du dialogue d'à côté. Si la taupe de l'Équipe ignorait ce changement d'opération, Edward serait en mesure de prévenir Sirius.

En paiement de son absence imprévue, Edward accepta de bon gré les heures supplémentaires imposées par son supérieur. Pour mener son plan en quatre étapes, Edward avait de tout façon besoin de passer le plus clair de son temps au ministère pour se rapprocher de Gurdjieff. Des heures sup' à passer avec lui, c'était le jackpot !

22 heures sonnèrent. La majorité des fonctionnaires avait plié bagage quatre heures auparavant et la plupart des Aurors avaient quitté leur poste depuis deux heures. Gurdjieff venait de rentrer chez lui. Désormais, le bâtiment était entièrement vide à l'exception du personnel de garde et de quelques employés zélés comme Edward. Peu importe qu'il aime le bruit constant et l'atmosphère bouillonnante du Bureau, le calme de fin de soirée était le bienvenu.

En équilibre instable sur deux pieds de sa chaise, Edward étouffa son bâillement derrière sa main. Il avait trimé toute la journée et ne rêvait que de son bon lit douillet. Baillant à s'en décrocher la mâchoire, Edward décida de fermer les yeux un instant. Il posa sa tête sur ses bras croisés et s'endormit sur sa petite table de travail.

Le grincement d'une porte le tira de son sommeil. Il se frotta le visage avec lassitude après avoir vérifié l'heure. 23 h 46. Envy allait encore lui piquer une crise. Et en plus, il n'en avait de loin pas fini avec ses dossiers pour le lendemain matin.

– Tyran.

– On parle tout seul, mon mignon.

Edward se rattrapa in extremis au bord de sa table. Il fit volte-face. Debout dans la pénombre, Fenrir Greyback le scrutait de son regard acéré. Un frémissement désagréable prit Edward aux tripes tandis qu'il se demandait combien de temps le loup-garou avait passé ainsi à l'observer pendant qu'il dormait. C'était le genre de comportement flippant dont Envy seul avait le secret.

– Ça m'arrive, répondit Edward en feignant le désintérêt. Au moins je sais que quelqu'un m'écoute quand je parle tout seul. Ça change de d'habitude.

– C'est vrai que tu causes beaucoup.

Ils se scrutèrent en chien de faïence pendant quelques longues secondes.

– Qu'est-ce que vous voulez ?

– J'ai entendu parler de toi, Elric. En particulier de ta relation intime avec Lui. J'ai une requête à Lui faire parvenir et tu es un intermédiaire acceptable.

– OK. C'est quoi cette requête ?

– Je veux —

La porte explosa hors de ses gonds.

Bloclang !

– Impedimenta !

– Confu — !

Le sortilège d'entrave d'Edward toucha sa cible, qui se révéla être Tonks. Encore une fois. Le sortilège de mutisme de la sorcière l'avait touché et il jura silencieusement et contra le sortilège grâce à un informulé. Scrimgeour, quant à lui, avait échappé sa baguette lorsque Greyback le plaqua au sol.

Expelliarmus ! s'exclama Edward, récupérant ainsi la baguette de Tonks. Petrificus Totalus. Incarcerem.

Des cordes jaillirent de sa baguette et ligotèrent solidement la sorcière. Edward n'eut pas le temps de s'interroger sur l'évasion que Scrimgeour se mettait à hurler d'agonie. Un bruit écœurant de mastication suivit et la peur prit Edward au ventre. Il fit un tour sur lui-même et aperçut la silhouette sombre de Greyback penchée au-dessus du corps immobile de Scrimgeour. Edward eut envie de vomir.

Stupéfix !

Le sortilège toucha le loup-garou au milieu du dos et le sonna pour un moment. Edward se précipita vers Scrimgeour afin de vérifier son pouls. Trop tard. L'homme était mort.

– Merde !

Que faire ? Rester et appeler des renforts ? Fuir avec Tonks pour la mettre en lieu sûr ? Fuir seul ? Edward fit les cent pas pendant son intense réflexion. Pourtant, il n'eut pas l'opportunité d'agir selon l'une ou l'autre de ses options, car il entendit bientôt quelqu'un approcher d'un pas pressé. Pris de court, Edward se planqua derrière sa table de travail tout en conversant sa baguette au poing.

À sa grande surprise, Gurdjieff débarqua dans la pièce. Le sorcier lança un regard circulaire avant de vérifier le pouls de Scrimgeour. Il expira bruyamment et s'accroupit près de Tonks qu'il ranima et libéra de ses liens. La sorcière s'assit en se frottant la tête. Elle regarda autour d'elle et ses yeux se posèrent sur le corps inanimé de son ancien patron. Son visage pâlit à vue d'œil.

– Est-il... ?

– Il est mort. Que s'est-il passé ? Où est Elric ?

– Il a dû partir, murmura Tonks sans lâcher le cadavre de Scrimgeour du regard. Greyback était là quand on est arrivés. Il a attaqué Rufus et... Je n'ai rien pu faire. Edward m'avait déjà pétrifiée et ligotée. Que va-t-on faire maintenant ?

– Fol Oeil m'a dit que vous aviez tous des Portoloins d'urgence sur vous. Partez vous réfugier à l'abri. Je m'occupe de Greyback et Scrimgeour. Allez-y.

Tonks jeta un ultime regard à son camarade puis sortit un Portoloin de sa poche intérieure. Elle énonça le mot d'activation et disparut aussitôt. Edward n'en croyait pas ses oreilles. La taupe, c'était Gurdjieff en personne ! Maugrey l'avait sans doute dissimulé à l'Équipe, sinon Sirius l'aurait prévenu lors de leurs rencontres secrètes. Maudit Fol'Œil ! Edward avait perdu un temps précieux en effectuant ce stage pendant plus d'un mois alors qu'il aurait pu apprendre directement que Gurdjieff était digne de confiance. Quel manque de veine.

– Tu peux sortir de ta cachette, Elric.

Edward manquait peut-être de pratique côté discrétion. Il quitta sa planque et s'assit sur le bord du bureau. Les dés étaient jetés. Ce soir, il comptait jouer cartes sur table puisque de toute manière la mèche avait probablement été vendue.

– Donc c'est vous, la taupe. Je ne sais pas pourquoi ça m'étonne.

– Tu comptes me dénoncer à tes amis ?

– Les seuls amis que j'ai, nous les avons en commun tous les deux.

– Ce n'est pas ce qu'ils m'ont raconté, rétorqua Gurdjieff avec scepticisme. J'ai eu droit à un tout autre son de cloche venant de leur part. J'aurais davantage tendance à les croire, surtout après avoir vu la manière dont les Mangemorts agissent autour de toi.

– Je me fais respecter. Ça me garde en vie. Vous faites la même chose de votre côté, non ? Nous sommes pareils.

Quelque chose s'alluma dans le regard de Gurdjieff et il bondit sur Edward, attrapa son poignet gauche dans une poigne de fer et remonta sa manche pour dévoiler sa Marque des Ténèbres.

– Ne me compare pas à un sale petit mage noir dans ton genre, Elric. Nous ne sommes pas pareils. Je ne suis pas un meurtrier, contrairement à tes amis. Moi, j'abhorre le meurtre. Je ne pourrais jamais cautionner tes actions ni celles de ton maître. Vous êtes une bande de terroristes imbus d'eux-mêmes et barbares. Vous n'hésitez pas à tuer des innocents pour atteindre votre but. Comme Fiertalon, comme Bones, comme Scrimgeour, comme Dumbledore. Comme Martha Campbell, son mari, leur fille de quatre ans et leur nourrisson de quelques semaines à peine.

Les victimes de Barty Croupton Junior, se souvint Edward en entendant le dernier nom. Croupton avait tué cette famille et pris la place de cette Auror pour infiltrer le groupe d'intervention chargé de surveiller la troisième tâche du Tournoi des Trois sorciers. Ce meurtre avait choqué l'opinion publique et fait couler beaucoup d'encre.

– Vous êtes du côté de la Lumière depuis le début, réalisa Edward. Et Voldechose n'a jamais réussi à vous faire changer d'avis, n'est-ce pas ? Vous êtes exactement l'homme qu'il me faut.

En une fraction de seconde, Gurdjieff avait sa baguette pointée entre les deux yeux d'Edward.

– Je ne deviendrai pas Son pion, Elric. Si je dois vous tuer, je n'hésiterais pas à le faire.

– Je ne compte pas vous mettre sous Imperium ni vous dénoncer, si c'est ce que vous craignez. On est dans le même camp, je vous l'ai dit. J'ai infiltré les Mangemorts pour agir de l'intérieur parce que les circonstances m'y ont mené et que l'Équipe ne progressait pas aussi vite que je l'espérais.

– Tu prétends être un agent double ? questionna Gurdjieff avec méfiance. Personne ne peut Le berner. Pas aussi longtemps.

– Ça s'est déjà fait. Demandez à Maugrey, il vous le dira. L'Équipe compte un espion depuis la Première Guerre. Voldechose n'est pas infaillible. J'ai infiltré son cercle d'intimes et j'ai amassé des preuves pour faire emprisonner la plupart de ses partisans. C'est pour ça que j'ai demandé à être votre assistant. Tout ce qu'il me manque, c'est un homme de confiance pour remettre ces documents au Maintien international de l'Association Magique.

– Le MIAM est contrôlé par les Mangemorts.

– J'ai enquêté sur ses membres. Ryan Dee est le seul réel partisan des idéaux de la pureté du sang. Les quatre autres pourront le suspendre pour enquêter. Ils éliront un nouveau Serviteur et viendront remettre la Grande-Bretagne sur pieds en remaniant le ministère pour éliminer tous les mages noirs qui y travaillent. Si vous œuvrez effectivement pour la paix, alors vous devez m'aider. Je peux vous rapporter mon dossier dès ce soir si vous voulez y jeter un coup d'œil.

– Même si je te croyais et que j'acceptais ce plan bancal, le MIAM n'accepta jamais de me rencontrer.

– J'ai des contacts. J'ai déjà élaboré un plan pour réunir les quatre membres et garder Dee à l'écart. Tout ce qu'il me manque, c'est vous.

– Pourquoi ne le transmets-tu pas toi-même ? répliqua Gurdjieff.

– Je ne peux pas encore griller ma couverture. J'ai des choses à faire avant que l'on puisse mettre un terme définitif au règne de Voldechose. C'est aussi pour ça que j'ai besoin que vous gardiez le secret sur mes véritables loyautés. Je ne peux pas risquer que ça s'ébruite. Vous n'avez pas idée de ce qu'ils font subir aux traîtres.

Edward se tut. Il avait plaidé sa cause. Désormais, la balle était dans le camp de Gurdjieff. C'était quitte ou double. Soit Gurdjieff le dénonçait, soit il acceptait son offre. Edward espérait de tout son cœur que ces quelques semaines passées en compagnie de Gurdjieff lui avaient permis de mieux connaître Edward et de semer le doute quant à son statut de Mangemort fidèle.

– Je vais y réfléchir.

N'ayant pas d'autre choix qu'accepter, Edward hocha fermement la tête.

– Rentre chez toi, Elric. Nous nous reverrons demain, quoi qu'il arrive.

Edward hésita. Son regard glissa sur le cadavre de Scrimgeour et le corps immobile de Greyback puis revint se poser sur Gurdjieff.

– Je m'en occupe. Rentre chez toi.

– Très bien. À demain, monsieur le directeur.


– Mais quel idiot ! Et tu es juste parti ? Sans rien dire de plus ?

– Que voulais-tu que je fasse ? répondit Edward à un Envy excédé. Si je l'avais forcé à quoi que ce soit, tout le plan serait tombé à l'eau de toute façon.

– Et s'il répand la rumeur comme quoi tu es un espion ? Tu y as pensé à ça ?

– Évidemment que j'y ai pensé. Je n'aurais rien pu faire de plus. J'ai dit tout ce que j'avais à lui dire et si ça ne l'a pas convaincu, rien ne l'aurait fait. Tout ce qu'on peut faire, c'est croiser les doigts.

Exténué par sa journée, Edward se coiffait négligemment, assis sur le rebord de la fenêtre. Son humeur était à l'espoir plutôt qu'à l'angoisse. Être si proche du but le remplissait d'une foi bienvenue en l'avenir. Il ne voulait pas penser aux scénarios catastrophes. Ce soir, il voulait croire que tout tournerait pour le mieux.

– Qu'est-ce que tu feras, une fois que la guerre sera terminée ? demanda soudain Edward.

– Pourquoi tu me demandes ça tout à coup ? répondit la voix pâteuse de sommeil d'Envy depuis le lit.

– Je suis curieux, c'est tout. J'hésite à continuer à travailler au ministère. C'est intéressant là-bas.

Les ressorts du matelas couinèrent lorsqu'Envy roula sur le côté pour être en mesure de le voir malgré les rideaux du lit à baldaquin.

– Tu m'as promis qu'on irait en vacances pour se la couler douce quelque part au soleil en sirotant des cocktails. Moi, c'est tout ce que je veux pour l'instant. Je verrai la suite quand ce sera le moment.

– Je ne me souviens pas d'avoir promis un truc pareil.

– Pourtant c'est vrai. Et je vais t'y traîner de force si besoin. Quand on en aura terminé avec les vacances, je te laisserai à ta carrière ennuyeuse de fonctionnaire.

– Je te préviens tout de suite, tu ne vivras pas sur mon dos. Ta bouffe, ton salaire. Mon salaire, ma bouffe. Compris ?

– Pas sympa.


Gazette du Sorcier, Édition du 22 mai 1996.

« Évasion au ministère, par Betty Braithwaithe.

La nuit dernière, deux terroristes placés en garde à vue au ministère de la magie ont tenté de s'échapper. Rufus Scrimgeour (47) a trouvé la mort lors de sa tentative. Sa complice, Nymphadora Tonks (22), est parvenue à fuir les autorités parties à sa poursuite. Béatrix Savage, cheffe du Bureau des Aurors, enquête activement afin de découvrir comment les prévenus ont réussi à s'échapper de leur cellule malgré la présence d'une équipe de gardes surentraînés. »


Gazette du Sorcier, Édition du 23 mai 1996.

« Ryan Dee déchu de son titre de Serviteur ! Par Rita Skeeter.

Ce matin, le Maintien international de l'Association Magique (MIAM) a retiré son titre de Serviteur à Ryan Dee (43) après avoir obtenu des preuves de son implication avec le leader du mouvement connu sous le nom de Mangemorts. Mr Dee a été directement arrêté et interrogé.

Le nouveau Serviteur voté en temps de guerre, Babajide Akingbade (58) a également déclaré avoir reçu des preuves irréfutables de la présence de Mangemorts au sein du gouvernement britannique. Il a donc officiellement blâmé le ministère de la Magie. Il dénonce un régime politique et juridique abusif qu'il compte dissoudre dans les plus brefs délais afin de rendre sa liberté au peuple de Grande-Bretagne. »


Gazette du Sorcier, Édition Spéciale du 23 mai 1996 : Sorcier du soir.

« Le CSE mis en accusation, par Rita Skeeter.

Cet après-midi, Mr Akingbade, le nouveau Serviteur, a exigé un mandat d'arrêt à l'encontre de Lucius Malefoy (43), soupçonné d'être un Mangemort, d'avoir payé des pots-de-vin et d'avoir usé de chantage sur les membres du Conseil de Sorcellerie Européenne (CSE), ceci dans le but de faire voter des lois et mesures discriminant les nés-moldus et les hybrides. Mr Malefoy est aujourd'hui en fuite.

Toute information au sujet du fugitif doit être transmise aux autorités compétentes par le biais du réseau de cheminette mis à disposition par le MIAM (voir colonne 2).

La remplaçante provisoire à la tête du CSE, Edwina Cerchi (53), a d'ores et déjà affirmé son soutien à Babajide Akingbade dans sa recherche de purge du ministère de la Magie. »


Gazette du Sorcier, Édition du 25 mai 1996.

« Grande-Bretagne libérée ! Par Barnabas Cuffe (rédacteur en chef) et Rita Skeeter.

Après deux jours de lutte acharnée, la Bataille du ministère a pris fin sur la victoire du Maintien international de l'Association Magique.

L'ancien ministre de la Magie, Pius Thickness (45) a été écroué pour fait de haute trahison. D'autres membres clés de son gouvernement ont été arrêtés sur le même chef d'accusation : Béatrix Savage (36), cheffe du Bureau des Aurors, Dolorès Jane Ombrage (40), directrice du Département de contrôle et de régulation des créatures magiques, Arnold Bondupois (61), directeur du Département des accidents et catastrophes magiques, Augustus Rookwood (44), directeur du Département des Mystères. Lucius Malfoy, directeur du Département de la coopération magique internationale, est toujours en fuite.

Le MIAM a provisoirement confié ces postes à haute responsabilité à des politiciens de confiance. Ainsi, Hector Gurdjieff a été nommé Ministre de la Magie par intérim. L'ancien Auror Alastor Maugrey, célèbre chasseur de mages noirs, a été nommé chef du Bureau des Aurors. Il a déclaré vouloir mettre un point d'honneur à l'arrestation des Mangemorts en liberté (Liste non exhaustive des Mangemorts recherchés en page 2). »


Gazette du Sorcier, Édition spéciale du 25 mai 1996 : Sorcier du Soir.

« Nés-moldus et hybrides délivrés, par Rita Skeeter.

Suite au remaniement du ministère de la Magie, les mesures discriminatoires à l'encontre des sorciers d'origine moldu et des créatures magiques ont été abrogées. Les sorciers et hybrides détenus à Azkaban ont été relaxés et envoyés à l'hôpital sorcier de Sainte-Mangouste pour des soins d'urgence. Afin de ne pas submerger le service médical surchargé, la directrice de l'établissement prie les familles d'attendre quelques jours avant de venir rendre visite à leurs proches. Une liste des victimes a été communiquée à la Gazette (voire liste en page 3).

Les Rafleurs à l'origine de cette chasse aux "traîtres" du ministère ont été appréhendés et envoyés à Azkaban en attendant leur procès. Leur leader, le tristement célèbre Fenrir Greyback (54) est actuellement en fuite. Mr Maugrey, chef des Aurors, a déclaré : "Ce sorcier est extrêmement dangereux. Si vous le rencontrez, n'agissez surtout pas". Il a ensuite ajouté qu'une unité spéciale avait été montée pour le retrouver au plus vite. »


Gazette du Sorcier, Édition du 26 mai 1996.

« Poudlard rouvre ses portes, par Rita Skeeter.

Le fort-Poudlard a tenu sous les assauts Mangemorts pendant ces trois derniers mois, accueillant les réfugiés politiques en son sein contre les Rafleurs et les Mangemorts. Aujourd'hui, Minerva McGonagall (61), fraîchement sortie de Sainte-Mangouste et nouvellement nommée directrice de Poudlard, a annoncé la réouverture de l'école de sorcellerie Poudlard. Les élèves ayant quitté leur cursus à cause de la guerre sont invités à reprendre leurs études sous la tutelle d'une nouvelle équipe pédagogique. »


« Retour du soleil sur le pays, par Betty Braithwaithe.

Depuis hier, le MIAM a dépêché des experts en créatures magiques dans le but de chasser les Détraqueurs et géants en liberté sur le territoire. Une centaine d'individus ont déjà été capturés et placés dans un environnement adéquat. Les météorologues ont déjà perçu des changements climatiques encourageants et les températures ne cessent d'augmenter. Peut-être reverrons-nous la lumière du soleil d'ici l'été. »