Holà!

Rappel, Sol est un personnage de Tori Aoshiro, et ce RP est le fruit de notre délire à toutes les deux XD


Réponse aux Reviews :

Yuedra : Je n'aime pas les grises barbes XD Donc go les skip. Mais je n'aime pas non plus les lames XD Je n'aime que Paarthurnax ! Go Team Dragon ! En parlant de Dragon, oui Sol a réussi un cri ^^ Il faut croire que Mar est un bon professeur. Et sinon... J'ai adoré le délire sur la matrice que tu nous as sorti XD Maybe un jour Mar et Sol pourraient tomber sur un ivrogne qui tiendrait le même discours, qui sait ! Et pour finir, sur les orientations sexuelles de The Elder Scrolls et l'acceptance de pays comme Bordeciel... Je te conseille de regarder les vidéos de "La sexualité dans les Elder Scrolls (expliquée)" de MrElderScrolls, il explique plutôt bien la mentalité liée aux jeux à ce propos. Bref ! On espère que cet épisode te plaira ~


Avant-propos:

Star vs The Forces of Evil

L'histoire reprend après la fin de la dernière saison, le monde a appris à vivre sans magie Mewmaine et la magie Démoniaque s'est développée. Sol est le fils de Tom, Star et Marco.

Skyrim

L'histoire débute en même temps que le début du jeu et suit approximativement l'histoire principale. Mar est un être immortel vivant dans un village dissimulé magiquement dans les montagnes entre Skyrim et Cyrodiil.


Des Papillons en Bordeciel

Chapitre 17 :


Le marécage était... humide. Vous me direz, comme tous les marécages, mais Sol en prit particulièrement conscience lorsqu'il se retrouva avec de l'eau boueuse jusqu'aux cuisses, forcé d'utiliser son bâton pour se trainer là où la terre était plus ferme.


Mar rigola intérieurement en imaginant la tête que devait faire le Daedra lié au dit bâton tout en continuant d'avancer.

Les arbres atténuaient tellement la lumière froide du soleil qu'ils avaient l'impression d'être en pleine nuit alors qu'il n'était même pas encore midi...


Et en plus de cela, des animaux dont Sol n'était pas sûr de connaître le régime alimentaire poussaient des cris menaçants dans les buissons. Bref, il ne manquait plus que la maison en pain d'épice et on était en plein conte de fée avec deux gamins égarés.


Et heureusement (ou pas) pour eux, ils finirent par arriver à bon port...

Entre deux arbres bas, Mar aperçut une sorte de petite colline en tous points semblable à toutes les autres dans ce stupide marais... si ce n'est les pierres taillées semblant sortir du sommet.


Les deux garçons s'y dirigèrent, avec quelques hésitations, mais surtout une certaine hâte de ne plus patauger dans la gadoue.

Le tertre était une construction circulaire qui s'enfonçait sous la terre de la colline. Le rebord n'était marqué que par ce cercle de pierres taillées que Mar avait remarqué le premier. Un escalier de pierre formé à même la paroi permettait d'y descendre.


Une fois en bas, ils trouvèrent une vieille porte en pierre à moitié cassée. Mar allait ouvrir la porte quand il hésita. Se retournant vers Sol, il lui lança un regard désolé.

— ... C'est une ancienne ruine nordique, Sol...


— ... Oui ? Et alors... ? » demanda Sol sans comprendre.


— ... Tu te souviens de ce que je t'ai dit sur les malédictions d'anciennes ruines nordiques ?...


— Oui ? Que c'était pour ça qu'il y avait des... » Le visage de Sol se décomposa comme celui des créatures qu'il devina enfin. Il jeta la tête en arrière et poussa un long gémissement de désespoir : « Nooooooooon... »


Mar avait plaqué sa main sur la bouche de Sol d'un air blasé sitôt ce dernier avait commencé son cri. Restant dans cette position qui n'empêcha pas Sol de continuer son instant drama.

Puis, au bout d'une minute, quand Sol n'eut plus de souffle, il se redressa avec un air mi-amusé mi-toujours-aussi-désespéré.

Ce qui, du point de vue de Mar, lui donna un air idiot.

— Je passe devant, du coup, » dit-il, en ouvrant la porte.


— C'est ça, passe devant, » confirma Sol, préparant une boule de feu d'une main tout en tenant son bâton de l'autre.

Et ils passèrent la porte l'un après l'autre.


Une fois la porte refermée derrière eux, ils ne s'éclairèrent qu'avec les flammes de Sol.

Ils descendirent plus profondément jusqu'à une grande salle de colonnes de pierre, heureusement vide.

De toute évidence, personne n'était venu perturber le sommeil des Draugr présents ici depuis longtemps... et c'était très bien ainsi !

Ils continuèrent dans d'autres couloirs descendant de plus en plus profondément... en silence... et discrétion...


Lorsqu'un immense bruit retentit autour d'eux !

— Je te jure, c'est pas moi ! » s'écria Sol lorsque Mar se tourna vers lui.


Et pour une fois... il avait raison. Ils en eurent la preuve lorsqu'une grosse explosion retentit au bout du couloir et qu'ils virent un énorme projectile foncer vers eux !


Sol, par réflexe, envoya la boule de feu qu'il avait préparée sur la chose qui explosa sur le sol, trois bons mètres plus loin.

— C'était quoi, un piège?


Conscient du brouhaha qu'ils continuaient à entendre en provenance du bout du couloir, Mar se dépêcha d'aller identifier ce que Sol avait fait exploser...

Il écarquilla alors les yeux.

— C'était... un homme.


— Oh putain, merde, j'ai fait exploser quelqu'un !
FUS ROH DAH, » hurla une voix d'outre-tombe au bout du couloir, suivie d'un souffle si puissant que les morceaux de cadavre se soulevèrent comme des feuilles mortes.
Cela eut au moins pour avantage de distraire Sol de sa panique.
— Mar, c'est un ami à toi ?


Notre cher enfant de dragon venait de devenir pâle. Très, très pâle.

— C'est... un Tyran Draugr...

Au même moment, un monstre à la chair putréfiée, portant une armure hérissée de pointes et une monstrueuse massue luisante de sang apparut au bout du couloir... trainant un homme à moitié mort derrière lui comme s'il s'agissait d'un jouet.

Et ce fut à ce moment-là que Mar comprit qui étaient les humains en question...

— Putain... » Il attrapa Sol et se jeta de côté derrière une colonne de pierre pour se cacher, « Des cons de nécromanciens ont réveillé le gardien du Tertre !


— Et je crois qu'il est pas du matin !

Heureusement, l'énorme Draugr ne semblait pas encore les avoir repérés, occupé qu'il était avec son "jouet".

— On peut peut-être passer discrètement ?


— Ou remonter chez les Grises-Barbes pour leur dire qu'ils se foutent de notre gueule... Ouais... Je crois que je vais aller les tuer et ensuite je fouillerai leurs archives voir s'ils ont des notes sur l'art de la voix... Tellement plus simple comme solution.

Au bout du couloir, le Tyran Draugr sembla se retourner et repartir plus loin. Après tout, leur côté du couloir était plongé dans la pénombre. La seule source de lumière venait directement de la grande salle où semblait être retourné le Draugr.


Sol prit une profonde inspiration et ferma les yeux, joignant les mains en un geste qui se voulait sage.

— Mar, » dit-il, « Je sais que c'est difficile et que tu ne vois pas les choses ainsi, mais tuer des gens, c'est pas b- et il est déjà parti... »

En effet, et en direction de la grande salle au fond du couloir. Sol secoua la tête et le suivit en silence. Les deux garçons jetèrent un regard prudent dans la pièce difficilement éclairée par quelques torches abandonnées par les nécromanciens. Le Tyran Draugr leur tournait le dos.


C'était risqué... Mais avec un peu de chance... Mar se redressa pour se dissimuler du mieux possible dans la pénombre du couloir.

Attrapant son carnet d'un geste habitué, il trouva l'incantation de son sort de silence et le lança avec la plus grande discrétion qu'il eut jamais eu !


Sol lui montra son pouce levé et tous deux commencèrent à raser les murs dans le silence le plus total. Ils arrivèrent ainsi jusqu'à mi-chemin lorsque le pire arriva.

Sol trébucha sur un petit caillou. Et certes, le bruit de sa chute fut absorbée par le sort. Mais pas celui du caillou.

Le draugr se retourna, et Sol faillit faire dans sa culotte.

Le monstre lâcha sa proie pour se diriger vers eux, l'air d'un boss final de jeu vidéo. Sol, pétrifié, cria mentalement en serrant son bâton de toutes ses forces...


N'ayant pas été aperçu, Mar pointa sa lame d'ébonite devant lui, prêt à attaquer le flan du monstre sitôt que ce dernier serait à portée, tout en priant pour réussir à le toucher avant que ce dernier n'atteigne Sol...

Puis, un bruit à mi-chemin entre un coup de vent et une aspiration retentit dans la pièce, accompagné d'un nuage violet qui se dressa entre le semi-démon et le mort-vivant.


— Sérieusement ? » fit une voix grave tandis qu'apparaissait une créature qui ressemblait à un William T. Spears noir avec des cornes.
Bételgeuse, car c'était lui qui venait (enfin) d'apparaître, claqua de la langue et se pinça l'arête du nez.
— Bon, procédons dans l'ordre.
Sol cligna des yeux et rata le moment où le serviteur daedra fonça sur le draugr qui continuait bêtement d'avancer et l'envoya s'encastrer dans le mur de l'autre côté de la pièce.
— Toi, tu retournes dormir, » dit-il en hochant la tête.
C'était extrêmement cool et Sol se sentit presque défaillir de soulagement. Puis Bételgeuse se retourna vers lui et le sang se glaça dans ses veines.
— A nous, maintenant...


Mar regarda le mur sur lequel venait de s'encastrer le Tyran Draugr... puis le Deadra qui venait d'encastrer un Tyran Draugr dans un mur d'un revers de la main. Puis re le Draugr pour s'assurer qu'il s'agissait bien d'un des spécimens les plus puissants après le Seigneur Draugr... puis re le Deadra en costume tiré à quatre épingles à deux doigts de faire subir le même sort à un Sol muet.

Wait.


— Qu'on me mette au service de quelqu'un, passe encore, mais est-ce qu'il fallait vraiment que ce soit un mioche indécis et incapable de prendre soin de ses affaires !? Si tu vas prendre mon bâton en main pense au moins à t'en servir ! Et pas comme tu l'as fait dans le marais, d'ailleurs tu vas me faire le plaisir de me le nettoyer dès que tu pourras, parce qu'on ne se sert pas d'un puissant instrument d'invocation comme d'une vulgaire canne ! Un peu de respect, nom d'un chien !

Sol voulait bien protester, mais de un il ne savait pas trop quoi dire, et de deux le sort était encore actif, l'obligeant à laisser le serviteur daedra lui souffler dans les bronches comme dans un ballon de baudruche.


Mar, toujours muet à cause du stupide sort qu'il avait lui-même lancé, se précipita entre Sol et le Daedra qui était sorti du bâton d'invocation de Sanghin. La Lame d'Ébonite modifiée de Mephala tendue, prêt à embrocher ce type s'il continuait de s'approcher trop de son compagnon et un regard de fureur mêlé d'une pointe de frayeur. « Pourquoi c'est toujours sur nous que tombent ce genre de situation merdique ? » dit-il sans qu'un son ne sorte de sa bouche.


Bételgeuse lança à Mar un regard peu impressionné, puis leva les yeux au ciel.

— Pourquoi c'est toujours sur moi que tombe ce genre de mission débile ?

Inconscient du fait qu'il venait de faire écho aux pensées de l'immortel, il se mit vaguement en position de combat, prêt à mettre une dérouillée au compagnon orgueilleux de son maître, lorsque ce dernier ouvrit la bouche. « Non, arrête! » tenta-t-il de hurler, en vain, bien entendu. Heureusement, il tenait encore le bâton serré entre ses doigts, et Bételgeuse fut obligé d'écouter l'ordre silencieux via le lien qu'il avait avec l'objet.

— Je ne peux pas lui apprendre les bonnes manières ? » râla le serviteur daedra.

« Attend, tu m'entends ? »

— Il te faut un mode d'emploi ?! Tout ce que tu dis, penses, ou fais en tenant mon bâton, je le ressens. Oh et puis tant pis, je n'ai pas le temps pour ça, j'ai du travail, moi !


Le vortex violet réapparut autour du daedra et celui-ci disparut à l'intérieur en lançant un dernier :

— Et prenez soin de mon bâton !

Et ce fut à l'instant même où le démon disparut que le sort de Mar arrêta de faire effet et qu'ils purent à nouveau parler...

— Par Akatosh...

Le regard de Mar se perdit sur le corps assommé du Tyran Draugr puis il se retourna vers Sol et regarda le bâton qu'il tenait encore contre lui.

— ... Première et dernière fois que tu invoques un daedra. C'est clair ?


— Mais il nous a bien aidé, non ? » tenta Sol


— Sol... Je préfère encore me battre contre Alduin que de devoir compter sur ces types.


Sol baissa la tête et rangea sagement son bâton dans son dos. Au moins, supposa-t-il, Betelgeuse serait content qu'on ne le dérange plus.


Se remettant de ses émotion, Mar repéra une porte au fond de la pièce où ils se trouvaient. Pas loin du reste de Tyran Draugr encastré dans un mur donc.

Prudemment, les deux enfants s'approchèrent de la porte en essayant de ne pas re-réveiller le mort-vivant. Mar poussa la lourde porte, et ils s'y engouffrèrent dans une semi-pénombre en la refermant derrière eux.

Là, alors que l'obscurité aurait dû être totale, une faible lueur émanait du couloir en contrebas.


Sol et Mar descendirent lentement jusqu'à une immense salle à couper le souffle. Il s'agissait plutôt d'une grotte que d'une salle, soutenue par des pilliers comme de gigantesques stalactites. Elle était si grande que des sapins y poussaient, nourris par quelques rayons de lumière bleutée filtrée par le plafond. Une cascade s'écoulait jusqu'à un petit lac, traversé d'un pont.

Sol siffla, impressionné.


— Ok... Rien que pour la vue, j'accepte de ne pas étriper les Grises Barbes quand on sera rentrés, » dit Mar.

Un bruit se fit entendre sur leur droite et ils n'eurent même pas besoin de tourner la tête pour deviner qu'un autre Draugr les avait repérés. Un plutôt faible cette fois-ci.

— Je retire ce que j'ai dit, » fit l'immortel en dégainant son épée pour trancher les jambes du cadavre maladroit.


Sol grogna, commençant à être habitué à la vue répugnante des cadavres. Il leva la main et mit le feu au corps réanimé.


Mar enjamba ce qui restait de la créature tout en gardant sa lame en main.

— Aller. Trouvons cette foutue Corne et rentrons.

Et il continua sur le sentier descendant.


Sol lui emboîta le pas et les deux garçons descendirent ainsi le long d'un passage creusé dans la roche, sur la paroi de l'immense grotte. Ça donnait le vertige. Sol ne put s'empêcher de siffler.


Sifflement qui se répercuta contre les parois dans une jolie mélodie.

Mar continua d'avancer jusqu'à tomber sur une place à l'architecture d'un autre âge. Au loin devant eux, la suite du chemin, bloquée par plusieurs grilles immenses. Et trois grandes pierres gravées d'étranges symboles.

Ah. Et des squelettes marchants. Au moins, ceux-là étaient plus fragiles et n'avaient pas de chair en décomposition comme le détestait Sol.


Ce dernier sourit en les voyant, un peu soulagé de retrouver une vision plus familière.

Puis les squelettes prirent une posture de combat et Sol déchanta bien vite.

— Euh, je suppose que vous avez pas envie de taper la discute ?


— Taper oui, » plaisanta Mar. « Mais pour discuter il me semble qu'il faut des cordes vocales. »

Il décapita le premier squelette qui arriva et le reste de son corps d'os tomba sur le sol lorsque son enchantement se brisa.


— Dommage, » fit Sol en tapant sur un second squelette avec moins d'enthousiasme mais surtout moins de crainte et de dégoût qu'avec les draugr.


Deux trois squelettes en moins plus tard, ils s'approchèrent des pierres et des grilles pour voir comment les passer.

— Bon. Le mécanisme d'ouverture ne doit pas être…

Soudain, alors que Mar passait devant l'une des trois pierres, cette dernière s'éclaira d'une lueur rouge dans un bruit étrange.

— Wha ! » Mar fit un bond, épée en main.


Sol eut un peu envie de rire, surtout lorsque, après plusieurs secondes, il ne se produisit rien de dangereux. Juste la première des grilles qui se souleva avec un cliqueti.

— Ah, c'est plus simple que je le croyais! » dit-il en s'approchant de la seconde pierre, s'attendant à ce que la seconde grille se lève à son tour.

Cependant, même collé à la grande pierre veinée, il ne se produisit rien. Pas de lumière, pas de bruit et encore moins de mécanisme.

— Zut, c'est cassé ?


— Ou alors il faut les activer dans un certain ordre, » supposa Mar en marchant jusqu'à la troisième et dernière pierre.

Mais alors qu'il passait devant la pierre de Sol, cette dernière finit par s'allumer.

— … Ne me dites pas qu'il faut être deux pour la deuxième et trois pour la troisième ! Non mais parce que j'ai pas envie de devoir aller capturer un Draugr pour leurs énigmes !


Sol rit nerveusement, pas du tout ravi de cette possibilité.

— Peut-être pas, peut-être que ça mettait juste plus de temps.

Il s'approcha alors de la troisième pierre, mais rien ne se produisit. Il attendit un moment, espérant qu'elle finisse par se déclencher, tandis que la première grille retombait.


En effet, la première pierre s'était éteinte, causant l'abaissement de ladite grille. Mar entreprit alors de déchiffrer les symboles encore lisibles sur sa pierre.

— Mm… C'est du nordique ancien, là encore… Mais le temps a été plus cruel ici que dans le tertre des chutes tourmentées… C'est presque illi… Attends quoi ? » s'écria-t-il comme si la pierre venait de l'insulter


— Quoi ? Quoi ? Qu'est-ce que ça dit ? » s'écria Sol en approchant pour regarder.


Mar releva la tête vers lui, l'air pas du tout content.

— C'est encore une de leurs épreuves débiles pour les enfants de dragon ! Les pierres ne s'activent que si un enfant de Dragon est proche. On est censés courir pour activer les rochers et utiliser le mot de puissance de la vitesse pour se propulser derrière les grilles avant qu'elle ne se referme ! Comme si ça ne m'avait pas suffi de risquer de tomber de cette maudite montagne, maintenant on veut que je fonce dans des grilles de métal !


— Ooooh ! » fit Sol en réfléchissant. « Mais c'est pas plus simple de juste faire ça à deux ? Genre... »

Il prit le bras de Mar pour le guider à nouveau vers la première pierre, et lorsque la première grille se leva, sans se presser, il passa dessous.

— Va vers la deuxième maintenant ! » dit-il.


Un sourire légèrement flippant apparut sur le visage de Mar à l'idée de pouvoir totalement ridiculiser les plans des anciennes grises barbes avec l'aide de Sol.

— Ils n'ont vraiment jamais pensé qu'on pourrait venir à deux ? C'est stupide…

Il avança de pierre en pierre jusqu'à ce que Sol se retrouve de l'autre côté.


— Eh ben voilà ! » s'écria Sol avec un sourire en tirant un levier qui fit se lever les trois grilles en même temps. « Il n'y a qu'à demander ! »

Il attendit que Mar le rejoigne puis regarda autour de lui.


— Vraiment… Les anciens nordiques étaient totalement stupides…

Mais tandis qu'il râlait, un bruit sourd se fit entendre et il se dépêcha d'observer les lieux pour comprendre d'où ça pouvait bien venir.

Face à eux se trouvait une grande salle à moitié remplie d'eau avec un chemin de dalles au centre, et au fond, une sorte de support en pierre taillé.

Et tandis qu'il se rapprochait de Sol, la main sur sa garde, il vit des remous se former dans l'eau de part et d'autre du chemin menant au fond de la pièce…


Quatre grandes statues sortirent alors des bassins, encadrant élégamment le chemin. Sol pouvait pratiquement entendre sonner les trompettes de la salle du trône accueillant un noble important.

Tout ça pour Mar. Pour célébrer le fait qu'il soit un enfant de dragon.

Mais tandis qu'ils approchaient du fond de la pièce Sol se demanda où était l'artefact si important qu'ils étaient venus chercher.


— Sérieusement ? Ils ont mis plus d'énergie et de travail à faire fonctionner ces statues dont le seul et unique but c'est d'être « stylé » que dans la protection de cette salle ! C'est n'importe qu…

Arrivé au bout de la salle, ils se retrouvèrent face à une statue dont les gravures indiquaient « La corne de Jurgen Parlevant ». Et sur cette statue se trouvait une main taillée dans une position étrange, comme si elle était censée tenir un objet.

Objet qui, évidemment, n'était pas là. Et qui semblait avoir été remplacé par une simple feuille de papier pliée en deux…


Sol hésita quelques secondes avant de s'emparer du papier. Il le déplia, s'attendant à trouver une nouvelle énigme ou une carte. Quoique ce papier ait l'air bien récent pour faire partie de ce temple.

A l'intérieur, cependant, ne se trouvaient que quelques mots qu'il ne pouvait pas lire. Il tendit alors le mot à Mar.


Deux secondes. Il ne lui fallut que deux secondes pour lire l'intégralité de cette petite lettre prétentieuse.

« Enfant de dragon,

Je dois vous parler. C'est urgent. Louez la chambre mansardée de l'Auberge du Géant endormi de Rivebois, je vous y retrouverai.

Signé : un ami. »

— Ah… ah ah… » Le visage de Mar prit un air fou et il explosa de rire tout en ayant l'air prêt à assassiner quelqu'un.


A la tête que faisait Mar, Sol ne s'y trompa pas : la lettre n'avait rien de drôle.

Il soupira et attendit que Mar se calme pour lui demander :

— Alors ? Quelle bêtise ils nous demandent encore ?


— Attends… » lui dit l'immortel en levant la main. « Je réfléchis… »


— ...

— ...

— ...

Sol commença à se lasser et se mit, comme à son habitude, à examiner les alentours. Les gravures sur ce qu'il supposait être le support de la corne étaient particulièrement intéressantes.

— Tu m'apprendras à lire la langue d'ici, un de ces quatre ? » demanda-t-il distraitement.


Mais en guise de réponse, Mar se tourna vers Sol et l'observa intensément… Ce qui finit par mettre le semi-démon mal à l'aise… Surtout quand un large sourire fleurit sur le visage de son « ami ».

— Dis-moi… Si je lance un sort d'ampleur sur ta magie de feu, tu penses qu'on peut faire cramer le pays ?


Le premier réflexe de Sol fut de pouffer de rire avant de se rendre compte que Mar était parfaitement sérieux. Puis il continua de rire en secouant la tête.

— On ne va pas cramer le pays.


— … Juste les Grises Barbes, alors ?

Mais Sol fut intransigeant avec les idées pyromanes de Mar. Même lorsque ce dernier lui lut la lettre… Même s'il hésita une seconde en se rendant compte qu'il y avait une autre entrée à cette grotte juste derrière le support de la corne et qu'ils avaient fait tout ce chemin, résolu toutes ces énigmes nulles et combattu tous ces cadavres pour rien… C'est donc énervés et agacés qu'ils sortirent de ce maudit endroit pour rejoindre Morthal où Bjorn les attendait pour retourner vers Blancherive. Vraiment, quand est-ce qu'ils inventeraient la téléportation ?


Assis dans la charrette, la fatigue et la mauvaise humeur avaient gagné les deux garçons dans un silence morose. Ce qui fit rire Bjorn lorsque ce dernier fut brutalement brisé par une bruyante manifestation de l'estomac de Sol.

Le semi-démon rougit, croisant les bras sur son ventre.


Mar leva les yeux au ciel pour deux raisons : exprimer son mécontentement et vérifier le trajet du soleil. Et même si les nuages étaient assez bas, il comprit qu'il devait être midi passé.

Bjorn farfouilla dans un sac posé près de lui pour en sortir deux pommes qu'il lança aux gamins.

— Alors… Et si vous me racontiez ce qui vous fait à ce point tirer la gueule ?


— Pour être honnête, je ne sais pas si vous nous croiriez, » admit Sol en croquant dans sa pomme avec avidité.


Ils parlèrent quand même de tout ce qu'ils avaient vu dans ces ruines, ce qui fit bien rire Bjorn, surtout quand il comprit que les gamins s'étaient fait devancer, pendant que Mar déversait sa mauvaise humeur sur sa pomme.


Au moins, le fait de manger rendait peu à peu sa bonne humeur à Sol. Il trouva même le courage de blaguer en racontant les dernières remarques de Mar.

— Vous auriez vu la tronche qu'il a tiré ! Pas vrai, Mar ? » dit-il en se tournant vers son camarade.

Immédiatement, il ouvrit des yeux ronds.

— Mais qu'est-ce que tu fais ?


Mar le regarda sans comprendre ce que lui voulait le semi-démon. Il tira sur la tige de sa pomme qu'il n'avait pas l'intention de manger et avala ce qu'il restait du trognon avant de lui demander :

— Quoi ?


Sol était bouche bée.

— Mais d'où tu manges le trognon des pommes ? T'as même mangé les petites feuilles d'en-dessous !


— Attends… C'est toi qui me harcèles tous les jours pour avoir tes trois repas et tu finis même pas ce que tu manges !


— Comme une personne normale ! Le trognon, ça ne se mange pas ! C'est pas bon !


— Hein ? » intervint Bjorn. « Mais tu en fais quoi alors ? Tu ne vas pas le jeter enfin, c'est du gâchis ! »

L'adulte quitta la route des yeux quelques secondes pour attraper le trognon que Sol gardait dans ses mains et l'avaler d'une traite. Tige comprise. Un vrai barbare nordique.


Sol ne savait pas s'il devait pleurer ou éclater de rire.

— Pourquoi je suis tombé dans un monde de barbares pareil ?


Bjorn laissa échapper un rire gras avant de fouiller à nouveau dans son sac de provisions.

— Pour le dessert, j'ai un chou et un papillon. Qui veut quoi ?


Et Sol regarda avec horreur tandis que le papillon disparaissait dans un gosier. Il avait presque l'impression d'avoir assisté à la mort d'un membre de sa famille...


Le trajet jusqu'à Rivebois se fit dans une humeur plus légère. Bjorn laissa nos deux compères à Blancherive en fin d'après-midi et ils marchèrent jusqu'à Rivebois.

Et tandis que le soleil entamait sa descente, ils arrivèrent devant la fameuse Auberge du Géant endormi.


— Au moins, on sait où s'arrêter pour la nuit, » relativisa Sol en poussant la porte de l'auberge.

C'était un lieu confortable et rustique. Un gros feu ronflait au centre de la pièce, en harmonie avec quelques ivrognes au comptoir. Un barde accordait sa lyre dans un coin et une femme passait le balai. Pas nécessairement le lieu où l'on s'attendait à trouver des complots et des rendez-vous secrets, mais qui sait...


Mar s'approcha du nordique qui nettoyait le comptoir d'un air concentré.
— Bonsoir, on aimerait louer une chambre. La chambre mansardée.
— La quoi, gamin ? » lui répondit l'homme d'une voix bourrue. « On a pas de chambre qui porte ce nom ici. On a même pas...
— Laisse Orgnar, je m'en occupe, » fit une voix dans leur dos.


Les deux garçons se retournèrent. Une femme blonde, assez menue, s'approchait derrière eux. Elle avait l'air sévère et les jaugea de haut en bas, le regard presque surpris.

— Euh, bonjour madame, » commença Sol.

— Suivez-moi, » leur dit-elle.

Et sans rien dire de plus, elle se dirigea vers une porte à droite du comptoir.


Mar la suivit, mi-curieux, mi-vexé suite au jugement de la femme. Il entra dans la chambre après elle et Sol et referma la porte derrière eux.

Et alors qu'il ouvrait la bouche pour questionner cette étrange femme, elle lui coupa la parole.

— Pas ici. Nous allons aller dans un lieu plus discret.

Si la voix dédaigneuse de la femme énerva Mar, il oublia bien vite de protester quand il vit la blonde ouvrir une armoire et dévoiler une sorte de porte dissimulée dans le fond. Sans un regard vers les deux compères, elle disparut entre les manteaux.


A suivre...


Et voilà ! Vous connaissez la chanson ^^ Laissez un pouce bleu et abonnez-vous !

(Ah non c'est pas ça)