Bonjour tout le monde! Me revoilà après une très longue absence avec une nouvelle histoire Mycroft et Molly (le temps n'a pas effacé mon ship et mon immense respect pour ses deux acteurs).
Cette fiction est le travail de Wetislandinthenorthatlantic. Pour celles/ceux qui suivent depuis un bout de temps mes traductions ce nom ne vous ai pas inconnu. Cela fait plusieurs fois que je traduis ses projets et elle est toujours assez gentille pour accepter.
Vous pouvez retrouver le lien de la fiction originale sur mon profile.
* Je traduis cette histoire avec l'accord de l'auteure Wetislandinthenorthatlantic.
* Les personnages ne m'appartiennent pas.
* Cette histoire est classée MATURE: et aborde les thèmes de la mort, de la maladie et du deuil.
* La traduction n'est pas mot à mot pour une meilleure lecture et la mise en page a été modifié pour correspondre à la norme "française".
* Cette traduction sera postée sur , wattpad, Archive of our own.
* Si par hasard vous avez connaissance d'un plagiat de cette histoire merci de me le signaler rapidement que je mette les points sur les i direct ;)
Merci d'avance de lire et de suivre cette histoire ! N'hésitez pas à laisser des commentaires ou des petits votes pour me dire si la traduction vous convient (ou non).
Bisous xx
Magic3d
Petite info: mon pseudo a dû changer c'est normal!
Bonne lecture
Le classeur de deux centimètres, à quatre anneaux reposait sur la table entre eux. Il était d'un blanc glacé. Les solides couvertures entourées d'une fine couche de plastique. Non pas un classeur à deux anneaux de couleur criarde, modèle préféré des étudiants du secondaire à l'échelle mondiale. Mycroft fit un calcul difficile : le classeur contenait 337 feuillets que pouvaient contenir les diverses feuilles de plastique à l'intérieur. Avec tellement de pages à l'intérieur, la couverture du classeur était presque à l'horizontale au-dessus de la table.
Mycroft pouvait voir les sections délimitées par les étiquettes de couleurs, les divisions, et comment tout cela fonctionnait – comment lui-même fonctionnait. Comment ses journées étaient organisées, à qui il parlait, à qui il ne parlait pas. Mots de passe, historiques, feuilles de route, tout était là. Toutes les astuces d'Anthea sur la profession, notées, cataloguées et avec des renvois pour un accès plus simple.
- Non.
Anthea lui lança un regard acerbe et ses lèvres se pincèrent.
- La personne suivante aura besoin de ceci.
Mycroft laissa son regard se poser sur Anthea. A l'arrière du menton il y avait un petit carré de peau jaunâtre qui dépassait de l'épaisseur inhabituelle du fond de teint qu'elle avait mis ce matin-là. Ses yeux n'avaient plus son vert lumineux habituel ; ils étaient ternes et fatigués. La tasse de thé à la camomille qu'il lui avait fait porter restait intouchée, le plus loin possible pour qu'elle ne puisse pas la sentir.
- Tu agis comme si tu n'avais jamais quitté ton bureau.
Mycroft fit un geste vers le classeur.
- Cela n'a pas été nécessaire quand tu as pris tes congés annuels.
Anthea tendit la main au-dessus de la table et posa une main sur le bras de Mycroft.
- Mycroft, ce n'est pas la même chose. Je suis en train de mourir.
Ses yeux papillonnèrent immédiatement vers la fenêtre, la pièce devint soudain étouffante et la température sembla augmenter de trois degrés. Ne le dis pas à voix haute. Je ne peux pas entendre ça.
- Arrête d'être mélodramatique. Techniquement nous sommes tous en train de mourir. Et deuxièmement, tu as la meilleure équipe d'oncologie de Londres. Tu seras de retour, me menant à la baguette avant que tu ne puisses le réaliser.
Anthea se débrouilla pour esquisser un faible sourire mais Mycroft comprit en voyant la tristesse dans ses yeux qu'elle n'y croyait pas.
Baissant son regard vers sa tasse, Mycroft fit courir un doigt sur le rebord de la tasse d'un air distrait.
- Comment ton épouse s'en sort ?
Un rire remplit la pièce, et pendant un bref instant, les yeux d'Anthea brillèrent. La tension dans la pièce fut rompue.
- Tu me demandes des nouvelles d'Hillary ! Les choses vont vraiment mal, pas vrai ?
- J'essaie d'être plus empathique et tout ce que j'obtiens c'est d'être ridicule.
Il y eut un sourire sur le visage de Mycroft tandis qu'il la réprimandait.
- Pour info, je ne la déteste pas.
- Pour info, elle te déteste.
Anthea apporta la tasse à ses lèvres puis, réflexion faite, elle la reposa sur la table.
- Elle est à bout de nerf depuis deux jours. Je l'ai chargée de faire des courses avec instruction de m'acheter des draps et des couvertures colorés pour l'hôpital.
- Si tu souhaites que je rapporte les choses hideuses qu'elle achète à Primark et que je m'arrête à Liberty à la place, fais-le moi savoir, répondit Mycroft avec un sourire espiègle sur le visage.
- Ne sois pas horrible.
Avec un haussement d'épaules, Mycroft leva la tasse à ses lèvres et prit une gorgée.
- Tu serais plus compréhensif si tu avais quelqu'un de spécial dans ta vie.
Le grognement poussa le thé avalé dans la trachée de Mycroft et il se plia en deux à cause de la quinte de toux. Du coin de l'œil, il put voir Anthea se déplacer avec quelques difficultés pour remplir un verre d'eau.
Il but le verre qu'on lui présenta et la remercia.
- Mes excuses. Je croyais que tu étais soignée pour un cancer pas que tu te transformais en ma mère.
Anthea baissa le nez vers lui.
- Molly t'apprécie.
- Elle est une amie de Sherlock.
- Elle s'occupe de tes casseroles.
- Par casseroles, fais-tu référence à mon frère accro à la drogue, à ma sœur qui a essayé de la tuer, ou à ma carrière dévorante ?
- Oui.
Une grimace traversa le visage d'Anthea alors qu'elle prenait un siège et, à nouveau, le duo se fixa l'un l'autre par-dessus le classeur.
- Assez. Tu es toujours ma PA, pas ma coach de vie. Dr Hooper est une –
Mycroft fit une pause tandis qu'une liste d'épithètes submergea son esprit : compagnon, alliée, camarade, collègue, pote.
- Une confortable connaissance à moi – rien de plus.
Anthea prit une minuscule gorgée de thé.
- Promets-moi qu'au moins tu y réfléchiras. Et si une opportunité surgit – saisit là. Elle ne sera pas toujours là.
Le timbre suppliant de la déclaration fit se comprimer la poitrine de Mycroft. Il espéra qu'un changement de sujet lui permettrait de respirer plus facilement.
- Quand seras-tu admise ?
- Cette après-midi. La première opération est demain matin. La suivante sera avec un peu de chance dix jours plus tard.
Anthea joua avec la manche de son cardigan, son regard parcourant toute la cuisine.
- Je suppose que c'est le protocole habituel.
Il détestait cette partie, vraiment, vraiment détestait cette partie. Une fois qu'Hillary entrait en scène dès qu'Anthea était en congé, c'était silence radio complet jusqu'à ce qu'elle revienne s'asseoir à son bureau.
Anthea détourna le regard et hocha la tête.
- C'est – elle est –
- Je sais. Elle te veut juste pour elle. C'est tout à fait compréhensible.
Il força un sourire et soupira profondément.
- Je devrais y aller avant qu'elle ne rentre à la maison.
Se tenant à côté de la table de la cuisine ils se regardèrent l'un et l'autre avec un air gêné pendant un moment avant qu'Anthea n'ouvre ses bras et avec une bouffée de soulagement, Mycroft laissa ses bras se replier autour de sa PA pour la troisième fois depuis qu'ils se connaissaient. Il posa sa tête contre la sienne et la serra dans ses bras, ignorant ses sanglots silencieux jusqu'à ce qu'elle le libère.
Plus tard ce soir-là, Mycroft effacera l'odeur de la maladie de sa mémoire et la remplacera par le parfum habituel d'Anthea – une senteur délicate avec des soupçons de citron vert, de genévrier et de rose.
- Au revoir Mycroft. Sois sage.
- Je ne le serai pas.
Anthea posa avec légèreté sa main sur le classeur et regarda Mycroft avec un regard rempli d'espoir. La réalisation : il est trop lourd pour qu'elle le soulève, provoqua un sanglot qui lui chatouilla le nez.
Lui lançant un petit sourire, Mycroft secoua la tête avec douceur avant qu'il ne se glisse rapidement par la porte de la cuisine.
