Chapitre 6:
Harry fixait le mur de la chambre. C'était la seule chose qu'il pouvait faire. De temps en temps, il avait des visiteurs mais aucun d'eux ne fut reçu aussi bien que l'a été George. La première fois qu'il avait vu Kingsley, il avait ressentit de l'espoir car l'homme avait toujours semblé être quelqu'un de juste. Mais Harry apprit rapidement que l'homme était trop aveuglé par sa loyauté envers Dumbledore pour voir qu'il n'était pas omnipotent.
Ginny passa le voir, mais les mots blessants débités par Harry la firent fuir en larmes. Arthur entra, prêt à défendre sa fille, mais Harry le fixa de ses yeux perçants et dit: "Maintenant, vous avez le courage de parler?"
Arthur ouvrit la bouche, la referma et l'ouvrit de nouveau. Quand il finit par vouloir commencer sa phrase, George fit son entrée.
Pour la première fois en 2 jours, Harry sourit.
"Tu devrais y aller papa." Dit George mais il n'y avait aucune gentillesse dans sa voix.
"Pourquoi 2 jours?" Demanda Harry dès qu'ils furent seuls.
"Dumbledore ne m'a pas laissé venir te voir. Je suis sûr qu'il voulait quelqu'un qui l'écoute comme s'il était le Messi pour essayer de te faire revenir sous son contrôle. Malheureusement, il n'a manifestement pas eu ce qu'il demandait."
Harry gloussa avant d'arrêter aussi vite qu'il avait commencé: "J'ai fait un rêve à propos d'Hermione cette nuit."
George s'assit à côté de lui sur son lit. "Oh?"
"Je n'ai jamais même pensé à demander de ses nouvelles." Harry hoqueta en repensant au sort qui l'avait envoyé définitivement à St Mangouste.
Les remords de George se voyaient dans ses yeux. "Toujours pareil. D'après les guérisseurs, la seule chose qui la maintient en vie, c'est sa magie. Ils ne pensent pas qu'elle se réveillera un jour."
"Ça serait plus humain de la laisser mourir." Harry ne le dit pas à haute voix bien sûr, mais ce n'était pas juste qu'elle soit obligée de vivre dans cet état sans aucune chance de sortir du coma.
S'il allait la voir, il envisageait de mettre fin à ses souffrances mais il n'était pas sûr d'en avoir le courage.
"Je veux la voir."
George haussa un sourcil. "Tu sais, tu pourrais avoir presque tout ce que tu veux."
Harry le fixa, impassible.
George haussa les épaules. "J'ai dit presque tout. Evidemment tu n'as pas le droit de partir. Mais si ça lui permet de bien se faire voir de toi, je suis sûr que Dumbledore te laissera voir Hermione."
"Il ne me laisse même pas voir Tonks et Teddy? Pourquoi ce serait différent avec Hermione?"
George s'allongea sur le lit, fixant toujours Harry sans sourciller. "Parce que Tonks pourrait te dire que tu as raison de ne pas lui faire confiance. Hermione n'est pas capable de te dire ça. ça et aussi le lien que tu as avec elle. Il pense sûrement que la voir te fera réaliser que tu dois te battre dans cette guerre et la venger. Tu vas devoir faire profil bas, tout de même. Si tu te montres aggressif, il te gardera enfermé ici."
Harry acquiesça. "Va chercher Dumbledore."
George sauta sur ses pieds et se dépêcha de sortir. ça ne prit pas longtemps à Dumbledore pour arriver. Harry, amusé, nota qu'il gardait ses distances, effrayé de ce que pourrait faire le jeune homme.
"Si vous me laissez voir Hermione, je pourrais peut-être décider de coopérer." Harry ne tourna pas autour du pot. Pourquoi gâcher son temps?
"Mon garçon, elle ne saura même pas que tu es là."
Harry eut à se battre contre lui même pour ne pas envoyer de regard noir au directeur. "Sois gentil, sois gentil, sois gentil." Se dit-il. "Je sais, mais elle a été ma meilleure amie pendant des années. Ma soeur par tout sauf le sang. Je veux la voir. J'ai besoin de la voir."
Dumbledore l'examina. Harry baissa les yeux, redoutant la Légilimency. Finalement, Dumbledore hocha la tête. "Je pense que ça peut s'arranger. Mais tu vas devoir bien te comporter à St Mangouste. Si tu fais quoi que ce soit pour attirer l'attention sur toi, tu ne verras pas l'extérieur avant un bon bout de temps."
Harry se contrôla difficilement. Cet homme avait le courage de le menacer de l'emprisonner. Il garda le visage d'Hermione en tête. Tout ça c'était pour la voir. "Très bien, mais je veux que George vienne. C'est le seul auquel je fais confiance."
Dumbledore eut l'audace d'avoir l'air blessé. "Mon garçon-"
"Et arrêtez de m'appeler 'mon garçon'" l'interrompit Harry. "Vous n'en avez plus le droit. Quand est-ce qu'on part?"
Dumbledora continua à essayer de rendre Harry coupable en gardant un air solannel. "Demain. Je vais dire à sa guérisseuse qu'elle va avoir de la visite."
Harry opina et se retourna.
"Je veux encore voir George."
Dumbledore partit et fut remplacé par le seul Weasley qu'il appréciait désormais." Beau travail." Le félicita-t-il
Harry fixa ses mains. Il était un peu nerveux de voir Hermione, il savait qu'elle ne saurait même pas qu'il avait été là, mais n'était sûr de rien. Les Moldus pensaient que les patients dans le coma pouvaient quand même entendre. Peut-être qu'Hermione saurait qu'il était là et peut-être que le son de sa voix était ce qu'il lui fallait pour se réveiller.
"Je sais à quoi tu penses." Dit George.
Harry regarda George durement.
"Et je pense à quoi?"
"Que si Hermione t'entend, elle se réveillera. Pourtant, les guérisseurs disent qu'elle n'a aucune activité cérébrale. Même avec toi à côté, ça ne la réveillera pas."
Harry se dégonfla comme un ballon. Et voilà pour le mince espoir qu'il avait eu. S'il n'y avait plus d'activité cérébrale, Hermione ne se réveillerait jamais. Et si par le plus grand des miracles ça arrivait, sans activité cérabrale, elle serait un légume. Elle serait mieux morte que vivant ce genre de vie. Elle ne voudrait jamais vivre comme un légume. "Oh, je vois."
"Mais au moins tu vas pouvoir la voir."Dit George pour le réconforter.
Les larmes menaçaient de couleur mais Harry les retint. Il ne comptait pas pleurer sur l'épaule de George une fois de plus. Sinon, il pourrait décider de ne plus venir. "Ouais, au moins je pourrais la voir."
X
Harry entra à St Mangouste. Beaucoup de monde s'arrêta pour le fixer. Il continua à regarder devant lui. George passa un bras autour de lui et ne se formalisa pas de la raideur d'Harry au contact. "Ignore-les." Murmura-t-il. "Souviens-toi de pourquoi tu es là."
Harry opina. Si seulement il pouvait ignorer aussi facilement Kingsley, Molly et Percy. Ils le regardaient toujours comme s'il avait pété un plomb à tout moment. Harry mentirait s'il disait qu'il s'en fichait. S'il pensait pouvoir s'échapper, il le ferait. Il savait que George l'aiderait mais il ne pensait pas s'en sortir. Il avait aussi peur que George soit envoyé à Azkaban pour l'avoir aidé. Harry ne risquerait pas la liberté de George par égoïsme.
Une guérisseuse était dans la chambre d'Hermione quand ils entrèrent. La femme le fixa. "Je sais qu'on vous a dit qu'elle ne se réveillerait pas à cause du manque d'activité cérébrale. Je ne vois pas pourquoi vous vous dérangez pour quelqu'un comme elle."
Hary plissa les yeux en la regardant. "Qu'est-ce que vous voulez dire par 'quelqu'un comme elle'?" Dans le coin de son œil, il vit les yeux de George s'agrandirent avant de faire un petit pas en arrière. Il savait qu'il devait se méfier de ce ton.
"Eh bien, c'est une Née-Moldu donc elle n'est pas si importante que ça et-"
Le vent se leva. "Pas si importante. Ma meilleure amie n'est pas si importante. La fille qui a toujours couvert mes arrières, qui m'a sauvé plus de fois que je ne peux me souvenir n'est pas si importante? Et vous dites être une guérisseuse. Vous avez de la chance que je n'ai plus de baguette."
Le vent se renforça, frappant l'air comme un fouet. Une bourrasque coupa la joue de la guérisseuse et du sang coula de la plaie.
"Harry, calme-toi." Ordonna Kingsley en sortant sa baguette.
George lui lança un regard noir, derrière Harry. "C'est de votre faute! Il n'a plus de baguette pour canaliser sa magie. Elle ne fait que répondre à ses émotions!"
"Il vient de menacer cette femme," Se défendit Kingsley. "Heureusement qu'il n'a pas de baguette."
"Eh bien, étant donné que la guérisseuse vient d'insulter Hermione parce qu'elle est Née-Moldue, vous devriez vérifier son bras pour vérifier qu'elle n'ait pas la marque."
Harry avait réussi à calmer ses émotions, et sa magie refluait. Il prit quelques longues inspirations avant de se tourner vers George. " Peu importe. Elle n'a probablement pas de marque des ténèbres. Je suis sûr que St Mangouste l'a vérifié. De toute façon, Rabastan m'a dit que de nombreux sympathisants de Voldemort n'étaient pas marqués pour qu'ils puissent continuer à diffuser ses idéaux sans risquer d'être arrêté."
George haussa un sourcil. "Rabastan t'a dit ça? Rabastan Lestrange?"
Harry acquiesça. "C'était mon voisin."
Il n'eut pas à préciser où ils avaient été voisins. Molly, Percy et Kingsley grimacèrent. Les yeux de George étaient pleins de compassion mais ils étaient aussi questionneurs. Harry était sûr qu'il aurait beaucoup de questions concernant sa relation avec Rabastan lorsqu'ils seraient seuls.
Harry tourna le dos à la guérisseuse qui avait déjà guéri sa joue. Elle le fixait maintenant comme si elle espérait être autorisée à lui lancer quelques malédictions. "Sympathisante de Voldemort ou pas, vous devriez avoir honte de vous. Personne ne devrait dire qu'un patient n'est pas important, peu importe son sang. Tout le monde ici a quelqu'un qui tient à eux et vous devriez le savoir." Il regarda derrière elle et son cœur manqua un battement en voyant sa meilleure amie allongée. Elle avait l'air si pâle mais il n'y avait ni tubes ni fils vu que c'était un hôpital magique. "Vous pouvez partir." Murmura-t-il, passant devant elle comme si elle n'était pas là. Bien sûr, il aimerait demander un autre guérisseur pour Hermione mais vu que son état ne s'améliorait pas, il doutait qu'on l'écoute.
"Hermione." Chuchota-t-il.
Elle avait l'air en paix. S'il n'était au courant de rien, il penserait qu'elle dormait. N'était-ce pas ça que les gens pensaient d'habitude en voyant un patient dans le coma?
"J'aurais voulu venir plus tôt. Tu ne croirais pas ce que j'ai traversé. Je suis sûr que tu me pardonnerais pour n'être pas venu si tu savais la vérité." Le souffle d'Harry se bloqua dans sa gorge. "Ils ont dit que tu n'avais aucune activité cérébrale donc tu ne peux probablement pas m'entendre. Et même si c'est le cas tu ne sauras même pas de quoi je parle. Tu as toujours été impressionnante après tout, donc qui sait?" Harry ferma les yeux. "Je t'aime tellement. Tous les jours où j'étais à Azkaban, je me repassais le jour où tu as été touchée par le sort qui t'a envoyé ici. Je l'ai regardé de tous les angles possibles, me demandant s'il y avait quelque chose que j'aurais pu faire différemment. Si j'avais été plus rapide, plus fort , plus intelligent, peut-être que j'aurais pu faire quelque chose pour empêcher ça. Si nous n'avions pas été meilleurs amis, tu aurais sûrement quitté le Royaume-Uni pour un autre pays qui t'aurait accueilli comme l'ont fait les autres Nés-Moldus. Bien sûr, Hermione Granger n'aurait jamais pu abandonner son meilleur ami au milieu d'une guerre. Tu es trop loyale. Tu n'aurais pas été toi-même si tu étais partie. J'aurais aimé que tu le fasse pourtant. Au moins comme ça, tu aurais été à l'abri. Peut-être que tu serais tombée amoureuse d'un bel américain. Je te vois parfaitement en couple avec un étudiant américain. Je suis tellement désolé 'Mione. Je t'aime tellement. "
George passa ses bras aurout de lui par derrière et il ne sursauta même pas cette fois. "Ce n'est pas ta faute. Tu avais raison. Elle n'aurait pas été elle-même si elle n'était pas restée pour se battre. Et même si vous n'aviez pas été meilleurs amis, elle aurait sûrement quand même choisi de se battre. Elle n'est pas la seule Née-Moldue qui a choisi de rester. Elle est si courageuse; Je ne pense pas qu'elle pourrait même envisager de s'enfuir. S'enfuir ce n'était juste pas son style."
Harry se retourna et enfonça son visage dans le T-shirt de George, reniflant. "Dans le monde Moldu, il y a une prise qu'on peut débrancher lorsque quelqu'un va rester dans cet état pour toujours. Il y a une machine qu'on peut arrêter pour permettre à la personne de mourir quand il n'y a plus d'espoir. J'aimerais qu'il y ait la même chose ici. Hermione mérite mieux que de vivre comme ça." Il garda sa voix basse, de façon à ce que les autres occupants de la pièce ne puissent pas l'entendre.
George le prit dans ses bras et frotta son dos. Gentimment, il répondit: "J'aurais aimé être assez courageux pour faire ce qui doit être fait, mais Harry, je ne le suis pas. Je sais que Hermione serait mieux enfin libre, mais je ne peux pas être celui qui le fera."
"Je sais; je ne te demande pas ça. J'aimerais juste…"
"Je sais."
Les épaules d'Harry subirent des secousses alors qu'il pleurait. Il pleurait beaucoup depuis sa sortie d'Azkaban. "Je ne pleurais pas autant quand j'étais à Azkaban. Tu as une mauvaise influence sur moi George." Rit-il, faiblement.
George pressa ses lèvres contre son front. "Désolé mais je pense que pleurer te fait du bien. Tu ne t'étais jamais permis de pleurer pour Hermione avant."
"Ou Ron." Murmura-t-il. "Je n'ai jamais pleuré pour Ron non plus."
Molly choisit ce moment pour les interrompre. "On devrait y aller."
Harry se recula et se frotta les yeux. "Ils sont gonflés?" Demanda-t-il à George.
"Un peu rouge mais pas gonflés."
Harry hocha la tête.
Molly ouvrit ses bras comme si elle attendait qu'Harry s'y réfugie.
Harry la fixa comme si elle était folle. "Vous vous foutez de moi non?" Il passa devant elle vers Kingsley. "Allons-y. J'ai une prison dans laquelle retourner."
"Ce n'est pas une prison." Dit Molly secouée. "C'est pour-"
"Si vous dites que c'est pour mon bien une fois deplus, je vais hurler." l'interrompit Harry.
Molly ne dit plus rien. Il attrappa le bras de George et ils quittèrent la chambre d'hôpital ensemble, les 3 autres sur leurs pas comme depuis leur arrivée dans le bâtiment.
Ils se dirigeaient vers la salle d'entrée où était la cheminée pour rentrer quand un grand bruit retentit suivi de cris. Kinsley courut, baguette en main. Molly aussi. Elle n'était pas une guerrière donc Harry se demandait ce qu'elle comptait faire. Harry aurait pu profiter de la confusion pour s'enfuir, mais, comme lisant ses pensées, Percy lui attrappa le bras. "N'y penses même pas Potter."
George et Harry partagèrent un regard. George acquiesça et Harry reçut le message. "SI tu vois une ouverture, cours."
Leur connexion silencieuse fut rompu par deux figures en robes noires courant vers eux, portant tous deux des masques blancs.
Percy sortit sa baguette. Une des Mangemort lui lança un sort et George leur sauta dessus, à lui et Percy, les plaquant au sol.
"Allez." Murmura George
Harry n'eut pas à se le faire dire 2 fois. Il se relevait déjà quand George avait chuchoté et maintenant il courait dans la direction opposée.
"Potter reviens ici." Cria Percy, inutile.
Harry secoua la tête. Comme s'il allait l'écouter.
Il s'arrêta rapidement en voyant un autre Mangemort. Il regarda autour de lui. Il n'avait pas de baguette pour se protéger donc il rentra dans une chambre d'hôpital pour s'y cacher. Cette chambre se trouva être celle d'Hermione. Il regarda son lit. "Tu es toujours avec moi, n'est-ce pas 'Mione?"
Heureusement, le Mangemort ne le remarqua pas. La chance n'était pas avec lui car bientôt une grande silhouette se tint dans l'ouverture de la porte.
Harry déglutit et fit un pas en arrière. Il n'y avait nulle part où courir ou se cacher. S'il pouvait faire de la magie sans baguette, il aurait peut-être une chance.
"Pour être honnête, je ne suis pas surpris de te voir ici." Dit une voix familière derrière le masque.
"Rabastan." Ce n'était pas une question.
"Potter. Dumbledore t'a déjà remis sous sa botte. Pour être honnête, je suis un peu déçu."
"Je ne fais rien pour Dumbledore. Je suis pratiquemment un prisonnier. La seule raison pour laquelle j'ai pu m'enfuir c'est parce George a bloqué Percy, celui qui me tenait le bras quand Kingsley et Molly sont partis aider. Je n'ai même pas de baguette. George est le seul de mon côté."
"Pourquoi est-ce que tu es là?" Demanda Rabastan, sans montrer de réaction aux paroles d'Harry.
"Je prétends que je me tiens à carreaux pour voir Hermione." Dit-il en montrant le corps sur le lit.
Rabastan tourna la tête mais Harry ne pouvait pas voir son expression à cause du masque.
"Donc, tu comptes me tuer ou m'amener à ton maître? En vérité, je suis toujours d'accord pour une mort sans douleur."
"Tu pourrais toujours nous rejoindre. Je suis sûr que le Seigneur des Ténèbres pourrait récupérer ta baguette."
Harry secoua la tête. "ça n'arrivera pas. Je ne fais pas confiance à Dumbledore mais pas plus à Voldemort. J'ai besoin de mon propre camp dans cette guerre."
Rabastan acquiesça. "Donc, comment est-ce que tu veux que ça se passe?"
"Comme je l'ai dit, je n'ai pas de baguette et je ne suis pas très doué en magie sans baguette donc c'est toi qui mène la danse."
"La danse?" Demanda Rabastan, confus de la tournure de phrase.
"Expression Moldue. ça veut dire que c'est toi qui décide."
Rabastan leva sa baguette. Il hésita.
"Fais-le." Lui ordonna Harry.
Le corps de Rabastan s'affaissa et il descendit sa baguette. "Je suis un Mangemort ridicule."
Harry leva un sourcil. "Tu es le pire des pires."
Rabastan ricana. "Je n'arrive pas à tuer le Garçon-Qui-A-Survécu. Je suis le plus mauvais des méchants, ou le meilleur des pires ou...um…"
"Je vois ce que tu veux dire." l'assura Harry.
Rabastan entra complètement dans la pièce et ferma la porte. Il retira son masque. "Qu'est-ce que tu vas faire?"
"Si je peux semer mes gardes, je vais...Tu sais quoi? Je ne sais pas ce que je vais faire. Mon seul but était de partir loin de Percy. J'ai été enfermé dans une chambre depuis ma sortie d'Azkaban. Sans baguette. Franchement, si je ne me bats pas pour eux, il y a moyen que je reste bloqué là-bas jusqu'à la fin de ma vie. Je n'en peux plus qu'on me repète que j'ai été enfermé pour mon bien. Même quand je leur ai dit ce qui m'était arrivé, je n'ai pas eu une seule excuse. Même pas de fausses excuses. Et ils disent être les gentils." La dernière phrase fut à peine murmurée.
Rabastan avança vers lui et prit entre ses mains le visage d'Harry. "Si je pouvais t'aider à t'échapper je le ferais, mais…"
"Il n'y aucun moyen de me faufiler entre les Mangemorts, je sais."
Harry regarda dans les yeux sombres de l'homme en face de lui. Pour quelqu'un de si mauvais, il inspirait un sentiment de sécurité à Harry. Brusquement, il se mit sur le pointe des pieds avant de presser un baiser sur les lèvres gercées de Rabastan.
Rabastan recula, sous le choc. "Pourquoi?"
Harry haussa les épaules. "J'avais envie." Il regarda en direction du lit et une pensée lui vint. "Je sais que tu ne peux pas m'aider à m'échapper mais il y a quelque chose que tu peux faire pour moi."
Rabastan tourna la tête vers lui. "Je t'écoute."
X
Harry ouvrit doucement la porte. Il regarda des 2 côtés et quitta la pièce une fois qu'il fut sûr que le couloir était sans danger, refermant la porte derrière lui. Il traversa un second couloir avant d'être rattrapé.
"Je t'ai eu." grogna Percy.
"Au lieu de les aider à se battre, tu m'a suivi comme un baby-sitter." Dit Harry d'une voix monocorde. "Tu devrais être fier de toi."
George soupira tristement.
Percy ignora sa tirade. "Tu pensais pouvoir t'échapper, hein? Pas si rapide, n'est-ce pas?"
"Je n'ai pas de baguette pour me protéger. Tu penses vraiment que je te fais assez confiance pour te confier ma vie?"
Percy ignora ses mots et lança un regard noir à son frère. "Tu l'as aidé." Accusa-t-il.
"J'ai aussi sauvé ta vie, étant donné que tu as été trop stupide pour lancé un sort de bouclier." Le regard de George rencontra celui d'Harry.
Percy les ramena vers la cheminée pour retourner au 12 square Grimmauld avant d'être poussé de nouveau dans sa cellule/chambre. George le suivit. Percy tenta de l'arrêter mais George ne recula pas. "Tu penses vraiment pouvoir me battre?"
Quand la porte se ferma, George tomba sur le lit. "Tu n'as pas pu t'enfuir?"
Harry commença à dénombrer toutes les raisons pour lesquelles il n'avait pas pu fuir. "Voyons voir. Pas de baguette, pas d'endroit où aller, pas d'alliés en vie qui veulent m'aider, à part toi, et des Mangemorts partout. L'univers était contre moi. Si je décide de m'évader, j'ai besoin d'un plan."
"Dommage qu'on ne soit pas des Serdaigles. Ils pourraient concocter un plan facilement."
"Vrai, mais seraient-ils capable de le mener à bien? Ou assez courageux pour le faire?"
"Lovegood pourrait, mais c'est une exception."
Harry sursauta. Il se sentait coupable d'avoir oublié la blonde excentrique. "Comment va Luna?"
"Elle se bat. Elle déteste Dumbledore pour ce qu'il t'a fait mais elle ne peut pas tourner le dos aux gens qui meurent. Elle aurait été une bonne Gryffondor."
Harry acquiesça et s'allongea à côté de George sur le lit. "Malgré ses excentricités, elle ressemble beaucoup à Hermione au niveau du courage et de la loyauté."
Ils parlèrent encore un peu quand un grand bruit résonna en bas. Harry s'assit et George fit de même, le fixant.
Quand la porte s'ouvrit lentement, Harry ne fut pas surpris. Ce qui le surprit fut le visage de Charlie. "C'est toi qu'ils envoient. Ils doivent vraiment avoir peur de moi."
"Ils espèrent que ton opinion de moi est plus proche de celle de George que d'eux, surtout pour t'annoncer ce genre de nouvelle."
"Quelle nouvelle?" Harry décida de ne pas commenter son opinion du garçon. Il ne détestait pas Charlie mais il ne lui faisait pas confiance non plus. En vérité, il ne connaissait pas assez l'homme pour vraiment se soucier de lui.
"Hermione est morte. Ils l'ont trouvé dans sa chambre. C'était un Avada Kedavra. C'est bien évidemment un Mangemort qui a fait ça. Ils ont sûrement voulu finir ce qu'ils avaient commencé."
Harry regarda ses mains.
"Harry, ça va?" Demanda George, plaçant une main sur son épaule.
Harry hocha la tête. "Tu peux partir Charlie." La porte se ferma doucement et Harry releva la tête.
Quand ils furent seuls, George demande: "Tu as fait quelque chose?"
Le regard d'Harry se plongea dans les yeux de George. "Je n'ai pas de baguette. Comment j'aurais pu faire quoi que ce soit?" Silencieusement, il pensa: 'Merci Rabastan'.
