Chapitre 12:

Harry lisait un livre sur la Défense contre les Forces du mal. ' Quel bonheur que Dumbledore me permette de m'instruire en lisant.' Il pouvait lui-même entendre le sarcasme de ses pensées.

Il secoua la tête. Lire ce livre était inutile s'il ne pouvait pas pratiquer. C'était comme un retour en 5ème année; à part que cette fois, il ne serait pas capable de créer une association de défense secrète. La théorie c'était bien, mais s'il ne pouvait pas la mettre en pratique, c'était inutile.

Harry était sûr que Dumbledore essayait de le tuer indirectement durant la guerre. Ca rendrait la vie de Dumbledore plus simple s'il mourrait durant une bataille. Ce serait comme un beau cadeau envoyé par le Destin.

Il nota la page du livre où il s'était arrêté avant de s'asseoir, l'air déterminé. Il n'avait peut-être pas de baguette, mais il pouvait toujours faire de la magie. Il pouvait faire de la magie sans baguette. Il l'avait déjà fait: c'est juste une affaire de contrôle.

Peut-être qu'Harry serait capable de la maîtriser avec un peu de pratique.

« Commençons par un sort facile. » Il déchira un bout de page avant de le placer sur le lit. « Wingardium Leviosa. » Rien ne se passa. Il plissa les yeux, face au bout de papier. Il réessaya. « Wingardium Leviosa. » Toujours rien. Pas même un frémissement.

Il se mordit la lèvre inférieure. Peut-être que c'était parce qu'il était trop préoccupé par d'autres choses? Il se souvint de quelques leçons d'Occlumencie avec Snape. Il se rappelait avoir dû méditer et faire le vide dans sa tête.

Il ferma les yeux et prit une grande inspiration. Il inhala, retint son souffle trois secondes, et expira. Il répéta l'opération, encore et encore, jusqu'à ce que son corps se détende.

Il vide son esprit de tous les soucis le rongeant, tous les problèmes dont ses sentiments pour Rabastan. Harry ouvrit à nouveau les yeux et fixa le bout de papier. « Wingardium Leviosa. » Le papier se mit à voler au-dessus du lit. Il ne s'éleva pas bien haut, mais il avait réussi à faire quelque chose. Harry sourit. Peut-être qu'il pourrait y arriver. Il avait sûrement besoin de plus de pouvoir pour la faire voler plus haut. Toujours concentré sur le papier, il se concentra pour mettre plus de pouvoirs derrière ses mots et ses pensées quand la porte s'ouvrit.

Harry attrapa rapidement le bout de papier et le glissa sous son oreiller. Il ferma le livre et lança un regard noir à l'intru. « Qu'est-ce que tu veux Charlie? Je suis en train de lire. »

Charlie ne sembla pas se rendre compte de l'humeur d'Harry. Il vint s'asseoir sur le lit et poussa le livre. « Ça va? »

Harry plissa les yeux. « Bien, pourquoi? »

« Je n'ai pas le droit d'être curieux concernant ton bien-être? Je sais que tu deviens probablement fou à force de rester ici. »

Harry sentit sa méfiance grandir. « Tu ne m'a jamais demandé avant comment j'allais. Pourquoi ça t'inquiète maintenant? »

Charlie le regarda droit dans les yeux. « Je déteste savoir que tu es enfermé ici. Je sais que Dumbledore a ses raisons, mais c'est comme s'il te punissait de quelque chose que tu pourrais faire dans le futur. »

Harry se força à ne pas lui répondre à propos des 'raisons de Dumbledore'. Ça ne servait à rien de débattre avec Charlie. « Charlie, je sais que tu veux quelque chose. »

Charlie ne le nia pas. « Eh bien, je sais que plusieurs personnes t'ont agressé à Azkaban, mais je sais aussi qu'un des principaux est mort. »

Harry haussa un sourcil, mais il ne dit rien. Il n'était jamais entré dans les détails à propos de ce que Yaxley avait fait. George avait dû parler, mais Harry était sûr qu'il avait une raison de l'avoir fait. Contrairement à tous les autres, il ne comptait pas douter de George juste parce qu'il avait parlé à son frère. George essayait sûrement de convaincre Charlie des mauvaises intentions de Dumbledore.

Si Harry comptait s'échapper, ça serait bien qu'il ait avec lui au moins une personne au sein de l'Ordre à laquelle les autres font confiance. Bien qu'il soit un Weasley, George n'avait pas la confiance des autres membres à cause de sa loyauté envers Harry.

« Je ressens quelque chose pour toi. » Sortit finalement Charlie. « Je pense que si tu nous donnes une chance, on pourrait avoir une relation spéciale. Je comprends ta peur. Personne d'autre ne le peut comme moi. Je pourrais t'aider à oublier cette peur. On serait bien ensemble. »

Harry recula. « Désolé, mais non. » Son cœur battait à tout rompre, mais ce n'était pas d'excitation. C'était sous l'effet de la peur. A Azkaban, quand il ne répondait pas de la manière qu'on attendait de lui, on lui faisait regretter de n'avoir pas coopéré.

Est-ce que Charlie lui ferait regretter d'avoir dit non? Est-ce qu'il allait le blesser? Charlie avait peut-être été violé par le passé, mais ça ne voulait pas dire qu'il ne ferait rien alors que ses sentiments avaient été rejetés.

Harry était sûr que Dumbledore ferait comme si de rien n'était si Charlie décidait de prendre ce qu'il voulait. Qui se souciait d'une simple arme après tout?

Charlie ne montra aucun signe de colère pourtant. Juste de la peine. « Tu ne m'as rien dit de tel, mais George a laissé échappé que tu pensais être bisexuel. Je sais que ça peut être effrayant d'être de nouveau avec un homme, mais je ne vais pas te blesser. Qu'est-ce que je peux faire pour que tu m'apprécies? »

Harry détourna les yeux. « Il n'y a rien que tu puisses faire Charlie. Je ne pense pas que je puisse avoir des sentiments pour toi. Il y a … » Il fit une pause avant de décider de continuer malgré tout. « Il y a quelqu'un d'autre que j'apprécie. Quelqu'un qui m'importe beaucoup. » Avec un peu de chance, Charlie ne creuserait pas trop ça étant donné qu'il n'avait croisé personne hors du quartier général ou des mangemorts à Azkaban. Peut-être que Charlie penserait que c'était quelqu'un qu'il appréciait déjà avant Azkaban, et qu'il n'avait pas été capable d'oublier.

« Est-ce que c'est George? »

Harry écarquilla les yeux. Il faillit grimacer de dégoût. Ce n'était pas que George était laid, loin de là, mais il était comme son frère. C'était pratiquement de l'inceste de penser à George de cette façon. Mais peut-être que c'était plus simple de laisser Charlie croire ça. Il ne poserait pas plus de questions comme ça. « George a été là pour moi. C'est la personne à laquelle je fais le plus confiance. Et toute bonne relation doit être fondée sur la confiance. » Voilà, il ne niait rien sans admettre non plus. Charlie pouvait l'interpréter comme il le voulait.

« George n'aime pas les hommes. » Fit doucement remarquer Charlie.

« Je sais, mais même s'il ne pourra jamais me retourner mes sentiments, je n'y peux rien, et je ne veux être avec personne d'autre. Pour le moment, du moins. »

Charlie hocha la tête. « D'accord, je comprends. »

Il devrait en avoir fini maintenant. Il espérait que Charlie ne mette pas de sel dans la plaie.

« Donc, si tu décides que tu es prêt pour une relation… »

« Je ne t'oublie pas. » Promit Harry. En parallèle, il se dit: 'Ça n'arrivera jamais. Et j'imagine que Rabastan avait raison d'être jaloux.'

La prochaine fois que George viendrait, il faudrait qu'il lui explique pour éviter toute discordance. Il ne voulait vraiment pas avoir à nouveau cette discussion avec Charlie.