Hello ! Et oui, le chapitre 8 est enfin là. Je suis vraiment désolée pour cette longue attente, ce n'était pas du tout prévu. J'ai eu pas mal de souci avec l'écriture en général. C'était assez compliqué de me remettre à travailler sur des fics longues. Mais j'ai fait mon Nanowrimo sur cette fanfiction et donc je suis heureuse de pouvoir vous dire que j'ai 50 000 mots d'avance. Bien sûr, il reste la correction, mais je pense donc pouvoir tenir le rythme d'un chapitre par mois (je préfère rester sur ce rythme-là pour me laisser le temps de finir d'autres histoires en parallèle. Dès que possible, je reviendrai à deux chapitres par mois). Un tout grand merci pour votre soutien en tout cas ! Il me fait chaud au coeur. Et j'espère vraiment que la suite vous plaira !
Attention, ce chapitre contient une mention de cruauté envers un animal. A nouveau, le système judiciaire de cette histoire est fictif. Bien que je m'inspire beaucoup d'exemples concrets de nos sociétés, je prends aussi quelques libertés vu que le monde de MHA est différent du nôtre et que ce programme est tout nouveau.
Un immense merci, Moira-chan, pour ta bêta et ton soutien ! Ton avis m'a beaucoup rassurée ! Merci pour tout ce temps que tu consacres à mes histoires !
J'en profite pour répondre aux reviews anonymes :
Mio : Merci beaucoup pour tes compliments, ça me fait très plaisir :) Je suis vraiment contente que tu aimes ma façon de gérer la famille Todoroki. Je trouve aussi que Fuyumi est très forte. C'est super que tu aies aimé l'ambiance du chapitre :) Et désolée pour l'attente du coup ^^'
Zeyane : A aujourd'hui :p
French : Merci ! :) Voilà la suite, j'espère qu'elle sera à la hauteur !
Chapitre huit
Émergeant lentement de son sommeil, Dabi posa un regard paresseux sur son réveil. Il n'était que cinq heures dix-sept. Et pourtant, il sentait déjà qu'il n'arriverait pas à se rendormir. Il roula alors sur le dos et inspira profondément. La journée à venir ne le motivait pas. D'autant plus qu'il avait sa première séance de thérapie au soir. Mais même sans ça, il savait qu'il ne ressentirait aucune motivation. Rien ne l'animerait aujourd'hui. Tout comme hier, et avant-hier, et tous les jours qui avaient précédé. Depuis combien de temps n'avait-il pas été porté par un quelconque désir d'avancer ? La réponse lui laissa un goût amer dans la bouche. Des années. La dernière fois qu'il avait ressenti un sursaut de vie, ça avait été lors de sa fuite avec Shigaraki. Une éternité s'était écoulée depuis. Une autre vie. Parfois, ça lui manquait. De se sentir vivant. Mais d'autres fois, comme aujourd'hui, il voulait juste se laisser engloutir par le vide en lui. Il était mort depuis si longtemps. Cette journée ne serait pas différente des autres. Il la passerait encore à faire semblant. Il supporterait la réalité, tel un automate. Rien ne changerait jamais. Il devait s'y faire. S'y faire ou juste se laisser brûler une bonne fois pour toutes. Qu'est-ce qui le retenait, dans le fond ? Il ne le savait pas lui-même.
Il fixa le plafond un moment. Avec un tel silence autour de lui, il pourrait presque se croire, de nouveau, en prison. Et s'il laissait son esprit dériver, il aurait l'impression de quitter son corps et de partir loin, si loin... Ce ne serait pas désagréable. Peut-être pourrait-il rester comme ça des années, à attendre juste que la mort vienne le chercher. Mais il l'avait fait pendant une partie de sa peine de prison et, au fond de lui, il le savait. La mort n'était pas clémente. S'il la voulait, c'était lui qui devrait aller la chercher. Un jour, sans doute... Un jour...
Mais si son esprit avait lâché prise, son corps décharné tenait, étrangement, le coup. Il continuait d'avancer, comme s'il y avait encore quelque chose à espérer. Peut-être qu'il revivait depuis que ses douleurs s'étaient atténuées. C'était le seul point positif de ces huit dernières années. Sa peau brûlée restait toujours insensible au toucher, mais ses agrafes ne le tiraient plus. Ne plus devoir les porter avait été un soulagement pour Dabi. Loin de ses souffrances quotidiennes, son corps allait beaucoup mieux. Mais ce n'était pas suffisant pour impacter son esprit...
Au bout de quelques minutes à fixer le plafond d'un air vide, Dabi finit par se forcer à se lever. Prenant sur lui, il se dirigea vers la salle de bain et s'apprêta rapidement. L'eau chaude lui fit du bien et acheva de le réveiller. Il sauta ensuite le petit-déjeuner, comme il le faisait souvent. Il n'avait jamais eu un grand appétit et ça ne s'était pas arrangé depuis sa sortie de prison. C'était même tout l'inverse d'ailleurs... Mais qu'importe... À la place, il se fit un thé. Comme il était encore trop tôt pour partir au travail, il alluma la télévision – tout nouvellement acquise – et écouta distraitement les informations du matin, l'esprit toujours un peu ailleurs.
Le premier sujet était inintéressant au possible. Il n'était question que d'un héros quelconque qui sauvait des gens ordinaires. Dabi roula des yeux. La suite, cependant, accrocha un peu plus son attention. Apparemment, il y avait beaucoup de débats autour de ce nouveau programme de réinsertion. Une pétition, ayant déjà récolté des milliers de signatures, réclamait de connaître l'identité des vilains actuellement en libération conditionnelle. Dabi resta un moment songeur. Pour l'instant, personne ne semblait l'avoir reconnu. Et c'était sans doute mieux comme ça. Ses cheveux blancs et l'absence d'agrafes jouaient un grand rôle dans cet anonymat. Mais est-ce que ça suffirait sur le long terme ? Dabi réfléchissait aux conséquences que ça pourrait avoir si quelqu'un découvrait son identité, lorsque le troisième sujet fut lancé. Il était question de vives tensions au sein d'une annexe psychiatrique à Kyushu, mais les journalistes n'avaient que très peu d'informations. Dabi tiqua un peu, sans trop savoir pourquoi. Puis, lorsque le sujet – rempli de suppositions et d'aucun fait – fut terminé, Dabi éteignit la télévision. Il termina son thé et décida qu'il pouvait bien se mettre en route pour son travail. Il arriverait trop tôt, mais c'était mieux que de tourner en rond dans son appartement.
Il passa alors sa veste noire, enfila ses bottes et quitta son studio. Une fois qu'il fut à l'extérieur de son immeuble, il affronta le froid hivernal. Il avait gelé pendant la nuit, rendant sa marche plus compliquée. S'il pouvait utiliser son alter, il n'aurait pas eu à s'en soucier, mais là... Il devait faire attention. L'air froid venait mordre son cou. Son corps, pourtant adapté à un alter de glace, n'aimait pas les températures extérieures trop basses. Foutu corps inutile ! Dabi plongea ses mains dans ses poches, pour les préserver un peu. Dans l'une d'elles, il retrouva son téléphone portable. Ah... C'était donc là qu'il l'avait laissé ? Il l'avait vaguement entendu vibrer la veille, mais il n'avait pas quitté le lit pour autant. Un peu ailleurs après avoir bu la moitié d'une bouteille d'alcool qu'il avait fini par s'acheter, il n'en avait rien eu à faire de savoir qui l'appelait. Même si, dans sa tête, il avait directement pensé à Fuyumi.
Après tout, elle lui avait bien envoyé un message, l'autre jour... Quand est-ce qu'elle l'avait fait encore ? Dabi se perdait dans le temps et les jours ne signifiaient plus grand-chose pour lui. Mais au bout de quelques secondes, il s'en souvint. Elle l'avait fait samedi. Dabi avait été un peu irrité par son message. Il aurait bien aimé qu'elle lui fiche la paix et, qu'avec le temps, elle se fasse à son absence, tout comme elle avait vécu sans lui toutes ces années, avant qu'il ne réapparaisse sous les traits de Dabi. Il aurait pu l'ignorer. Une part de lui en avait eu envie. Mais finalement... Il avait repensé à leur rencontre qui s'était mal passée... Il l'avait revue en train de pleurer... Et il s'était dit que ça ne lui coûterait sans doute pas grand-chose de lui répondre. Simplement. Rapidement. Il pouvait faire le minimum. Parce qu'elle le méritait, dans le fond. Mais il n'avait pas voulu faire plus. Alors si elle avait essayé de l'appeler, ça allait réellement l'agacer.
Seulement, maintenant qu'il y pensait avec l'esprit plus clair, ce n'était peut-être pas Fuyumi. Et si c'était Nekoka pour lui signaler un problème au café ? Ou, mieux, Aizawa pour le prévenir que sa première séance de thérapie collective était annulée ? Il pouvait toujours rêver... Dans tous les cas, il décida de sortir son téléphone, alors que ses pas continuaient de le guider jusqu'à la station de métro la plus proche. Sans faire attention au froid qui attaquait déjà ses doigts, Dabi observa l'écran. Un appel manqué et un message vocal. Génial... Le numéro qui s'affichait n'était pas enregistré dans son répertoire. En toute logique, ce n'était donc ni Fuyumi, ni Nekoka, ni Aizawa.
Un malaise s'installa dans le creux de son ventre. Il n'avait pas envie d'écouter le message. Il aurait aimé pouvoir faire comme s'il n'avait rien vu. Ne pas y faire attention. Et peut-être qu'il pourrait réellement l'oublier. Et que la personne qui le lui avait laissé n'insisterait pas. Il l'aurait voulu, oui. Mais il savait que cette sensation désagréable, qui se propageait dans son corps depuis qu'il avait regardé son écran, ne partirait pas de sitôt. Et il n'avait pas envie de la supporter. Surtout que ce n'était peut-être rien.
Dans un soupir, Dabi finit donc par écouter le message. Lorsqu'il entendit la voix qui s'adressait à lui, il se figea. Sans même s'en rendre compte, il arrêta sa marche. Il mit quelques secondes avant de réaliser ce que son esprit avait compris à l'instant même où le message avait commencé. Natsuo... C'était Natsuo. De toutes ses hypothèses, Dabi ne s'était pas attendu à... à ça... Trop surpris, il n'écouta pas ses mots. Il ne pouvait saisir que son ton ferme. Natsuo n'avait pas l'air content. Le message s'arrêta bien trop tôt. Lorsque le silence revint, Dabi inspira profondément. D'étranges émotions se bousculaient en lui.
Natsuo... Quand il pensait à son frère, il avait l'impression que son cerveau partait en vrille. C'était encore pire qu'avec Fuyumi parce que Natsuo... Touya avait été si proche de Natsuo. Touya l'aimait tellement... tellement que ça avait été une déchirure de le laisser derrière lui. Et sans doute n'aurait-il jamais osé franchir la porte de leur maison s'il ne l'avait pas aidé. Ce jour-là, Natsuo lui avait sauvé la vie. Parce qu'à force de se scarifier de plus en plus profondément dans la salle de bain, Dabi savait qu'il aurait fini par s'en trancher les veines.
Mais penser à Natsuo, une fois dans la rue, l'avait détruit. Alors, au plus il s'était enfoncé dans la noirceur, au moins il avait songé à lui. Ça avait été simple. Bien plus simple qu'il ne l'aurait cru. En coupant les ponts avec les membres de sa famille, lentement, il s'était mis à ne plus rien ressentir pour eux. En surface seulement, mais ça lui avait suffi... Même en prison, il avait su repousser son image tant de fois, avec une facilité déconcertante. Oui, tant que Natsuo était loin, Dabi avait pu se convaincre lui-même de son indifférence. Mais en entendant sa voix... sa voix si différente de ses souvenirs et pourtant étrangement reconnaissable... Il remarqua que ses doigts tremblaient légèrement. Il inspira profondément et écouta une deuxième fois le message. Cette fois-ci, il fit plus attention à ce que son frère lui disait. Seulement ça ne le fit pas se sentir mieux. C'était même pire...
Natsuo voulait le revoir et il ne lui laissait pas vraiment le choix... Dabi n'aimait pas ça. La colère s'empara un instant de lui, avant de repartir, fugace. Ce sentiment ne restait jamais longtemps... La lassitude reprit bien vite ses droits. Il ne voulait pas répondre à Natsuo. Parce qu'il n'était pas sûr de vouloir le revoir. À quoi est-ce que ça allait rimer, de toute façon ? Fuyumi ne lui avait donc pas parlé ? Dabi n'avait pas envie de faire semblant devant lui. Mais il ne souhaitait pas le blesser, non plus. D'accord, il avait donné son autorisation pour recevoir des messages, mais il ne s'était pas attendu à ce que son frère l'appelle. Il ne s'était attendu à rien, à vrai dire. Il n'avait pas voulu y réfléchir. Et maintenant...
Il inspira profondément. Il se sentait mal. Tout tournait si vite dans sa tête. Non, il ne pouvait pas y faire face. Il ne savait pas comment gérer ça et il ne voulait pas avoir à le faire. Il sentit son esprit se bloquer, comme il l'avait fait tant de fois auparavant. Il se força à repousser toutes ces pensées. Il verrait ça plus tard. Plus tard... Il avait le temps. L'appel de Natsuo ne demandait pas une réponse immédiate. Il se répéta plusieurs fois cette phrase pour bien l'imprimer. Il verrouilla ensuite son téléphone, le mit dans sa poche et reprit sa marche. Oui, c'était ça qu'il devait faire : ne pas y penser pour l'instant. Une partie irrationnelle de son esprit se mit à espérer que s'il ne faisait rien, le problème disparaîtrait de lui-même. Natsuo finirait peut-être par lâcher l'affaire. Mais il était encore plus têtu que Fuyumi, alors Dabi ne se faisait pas réellement d'illusions. Il sentit la tension grimper dans ses épaules. D'accord, Natsuo l'avait prévenu, contrairement à Fuyumi, mais ce n'était pas vraiment mieux. Parce que Dabi ne voyait pas comme il allait pouvoir éviter son frère.
Désabusé, il se battit une nouvelle fois contre ses pensées. Il fallait qu'il les retire de son esprit. Ce n'était pas un problème pour aujourd'hui. Il relégua ses tensions au plus profond de lui-même, encore et encore jusqu'à ce qu'il soit sûr qu'il parviendrait à les ignorer. Il savait comment s'y prendre. Au fil des année, il était passé maître en la matière, après tout. Après quelques minutes, le goût désagréable qu'il avait dans la bouche finit par s'estomper.
Arrivant à la station de métro, il eut alors le loisir de se focaliser sur autre chose. En effet, malgré l'heure matinale, il y avait déjà beaucoup de monde sur les quais. Comme chaque matin, Dabi se retrouva presque étouffé dans le métro lorsque celui-ci démarra enfin. Heureusement, le trajet était de courte durée. Lorsqu'il ressortit à l'air libre, il en avait encore pour une dizaine de minutes à pied. Pour éviter de repenser à ce coup de téléphone, il préféra encore songer à la thérapie de groupe qui l'attendait. Dabi n'avait pas envie d'y aller. Mais puisqu'il n'avait pas le choix, il se traînerait bien jusque-là. Il espérait, au moins, que ça passerait vite, même s'il se demandait bien ce qui allait s'y passer.
Ses réflexions à ce sujet l'occupèrent tout au long de sa marche. Dabi arriva ensuite au bar à chats qui ouvrirait dans une petite heure. Comme il s'en doutait, Nekoka n'était pas encore là. Ce n'était pas important, il avait un double des clés et elle lui avait déjà montré toutes les étapes à suivre. Nourrir les chats, leur remettre de l'eau fraîche, changer les litières qui se trouvaient à l'arrière du magasin. Rien de bien folichon, mais rien d'insurmontable non plus. C'était une routine qu'il avait déjà bien intégrée. Et la routine l'aidait à maintenir ses pensées à distance. Il se plongeait donc dedans sans réfléchir, aujourd'hui encore plus que les autres jours.
Dès qu'il fut à l'intérieur du café, certains chats miaulèrent et d'autres vinrent se frotter à ses bottes pour réclamer des câlins. Dabi les caressa distraitement, sans trop s'y attarder. Il avait du boulot avant que le café n'ouvre. Lorsqu'il se dirigea vers les gamelles, il fut suivi par plusieurs chats qui trottinaient derrière lui avec entrain. À chaque fois, Dabi se disait qu'il ne leur fallait, quand même, pas grand-chose pour être satisfaits.
Sur cette pensée, il reprit ses tâches. Mais lorsqu'il sortit dans l'arrière-cour pour jeter les déchets, une masse dans le fond attira son attention. Plissant les yeux, il n'arriva pas à distinguer ce que c'était. Dans tous les cas, ça n'avait rien à faire là... Il s'avança alors et reconnut enfin que c'était un chat. Un chat en bien mauvais état. Il y avait du sang tout autour de lui, ainsi que sur sa fourrure rousse. Dabi n'avait jamais vu ce chat ici. Il regarda autour de lui, pour comprendre comment il avait pu atterrir dans cet endroit. La seule solution possible, c'était que quelqu'un l'avait balancé au-dessus du grillage. Dabi ne voyait pas ce chat, avec toutes ses blessures, réussir à grimper quoi que ce soit. Mais dans le fond, peu importe comment il était arrivé jusqu'ici. Il était là et il allait bien falloir faire quelque chose par rapport à ça. Dabi tiqua. Comment était-il censé réagir ? Peut-être que le mieux, c'était déjà de vérifier qu'il était toujours en vie. Dabi se rapprocha, fixant le ventre de l'animal. Celui-ci se soulevait et s'abaissait lentement. Mais lorsque Dabi tendit une main vers lui, le chat ouvrit les yeux et gronda, menaçant. Eh bien... Dabi n'était pas impressionné, mais il n'allait pas non plus insister. En plus, ce n'était pas de son ressort, il n'était pas un spécialiste des chats. Il s'apprêta à appeler Nekoka avec son portable, quand il entendit la voix de cette dernière à l'intérieur du bâtiment. Il y rentra alors pour la rejoindre.
« Eh, Touya mon chou, comment tu vas ? »
Elle avait commencé à l'appeler comme ça trois jours plus tôt. Dabi avait cru que ça finirait par lui passer, sauf que, visiblement, ce n'était pas le cas. C'était agaçant. Mais comme toute chose dans son quotidien actuel, ça le laissait juste las. Il ne perdrait pas son temps à la reprendre. Encore moins aujourd'hui. Il lui parla immédiatement du chat et, sans attendre, Nekoka alla le voir. Elle revint plusieurs minutes plus tard, l'air inquiet.
« Je l'emmène chez le vétérinaire. Tu sauras t'occuper du café tout seul ?
—Ouais, ne t'en fais pas. »
Elle acquiesça et alla chercher une cage. Dabi ne savait pas comment elle s'y était prise, mais il ne lui fallut que quelques minutes pour revenir, le chat dans la boite. Elle partit ensuite rapidement. Dabi sentait bien qu'elle était très tracassée. Mais lui ne parvenait pas à s'en émouvoir plus que ça. Parce que ce n'était qu'un chat... Parce qu'il ne le connaissait même pas en plus... Peut-être parce qu'il était blasé, surtout... Un vague souvenir lui revint en mémoire. Quand il était petit, il aurait bien aimé pouvoir s'occuper d'un chat... Mais ça lui paraissait si loin. Ce genre de petites envies n'avait plus d'importance depuis bien longtemps.
Il ne s'attarda donc pas sur le sujet et continua la mise en place. Un peu plus tard, les premiers clients arrivèrent. Dabi passa la matinée à les servir et à veiller à ce que les chats aillent bien. Comme toujours, il ne vit pas le temps passer. Lorsque Nekoka revint, seule, plusieurs heures plus tard, il lui lança un regard interrogateur.
« Il doit être opéré. Mais le vétérinaire est plutôt confiant. Il me tiendra au courant dans la journée. Ceci dit, il pense que tu l'as retrouvé à temps. »
Elle lui sourit avec bienveillance. Mais ça ne le toucha pas plus que ça. Il se contenta d'acquiescer et reprit son travail. Plongé dans sa routine, il parvenait sans peine à ne plus songer au coup de fil de Natsuo.
L'après-midi s'écoula alors tranquillement. Mais alors que son service touchait doucement à sa fin, Dabi eut la désagréable surprise, en revenant de la réserve, de retrouver Aizawa installé à l'une des tables. Bien. Il savait qu'il venait parfois ici, mais ce n'était pas pour autant qu'il appréciait le croiser sur son lieu de travail. Il n'y avait rien à faire, Dabi n'arrivait pas à le supporter. Néanmoins, il n'avait pas le choix. Nekoka était occupée au téléphone avec le vétérinaire, de ce que Dabi avait cru comprendre. Il n'y avait donc que lui qui pouvait le servir. Il retint un soupir et s'avança vers le héros, tandis qu'un chat noir s'était déjà placé tout contre les jambes d'Aizawa et ne cessait de ronronner sous ses caresses. Dabi s'arrêta juste devant sa table et tâcha de garder un visage neutre.
« Qu'est-ce que vous voulez ? demanda-t-il d'une voix terne et sans beaucoup de politesse.
—Un thé à la menthe. »
Le regard d'Aizawa s'attarda à peine sur lui, comme s'il était un vrai client. Dabi hocha la tête et s'éloigna pour préparer sa commande. Il alla ensuite poser sa tasse sur la table et repartit derrière le comptoir, sans attendre. Merde, il détestait vraiment ça. Il se sentait humilié de devoir le servir de cette façon... Heureusement, Nekoka finit par terminer son appel un quart d'heure plus tard. Elle alla saluer chaleureusement Aizawa et échangea avec lui quelques phrases que Dabi ne pouvait entendre. Puis, elle le rejoignit derrière le comptoir.
« J'ai eu le vétérinaire au téléphone, lui confirma-t-elle d'un ton chaleureux. Il a réussi à sauver le chat. Il pourra sortir dans quelques jours. J'ai accepté de m'en occuper. On verra s'il arrive à se plaire ici. Ah... Je suis tellement contente, Touya. Tu ne peux pas savoir à quel point ! Merci pour ce que tu as fait ! »
Il n'avait rien fait, songea Dabi. Rien d'extraordinaire en tout cas.
« Oh, au fait, M. Aizawa voudrait te parler. Vas-y, tu peux aller le voir. Je me charge des autres clients. »
Dabi aurait bien aimé lui demander si c'était vraiment nécessaire, mais il connaissait déjà la réponse. Qu'est-ce qu'Aizawa lui voulait encore ? Il n'en avait pas assez avec leurs réunions hebdomadaires ? Dabi supposait qu'il venait lui donner quelques recommandations pour la thérapie de tout à l'heure. Ce que ça pouvait être pénible. Surtout que, à nouveau, Dabi devait céder. À nouveau, il devait suivre les ordres sans rien pouvoir dire. Il n'avait pas le choix ! Et c'était insupportable ! Contre son gré, il s'avança donc vers la table de son superviseur. Ce dernier lui fit comprendre par un geste de la main qu'il devait s'asseoir face à lui, sans vraiment prendre la peine de le regarder. Le chat noir semblait encore occuper toute son attention. Mais lorsque Dabi fut installé, Aizawa leva enfin les yeux vers lui. Son regard semblait le sonder, ce qui était plus que désagréable.
« Pour ta première séance, j'ai décidé de t'accompagner, lui apprit-il alors. Une voiture viendra nous chercher. »
Dabi fronça les sourcils en entendant ses paroles.
« Et pourquoi ça ? siffla-t-il. Vous voulez encore me contrôler ? Mes bracelets ne vous suffisent-ils pas ? »
Aizawa ne prit pas la peine de lui répondre tout de suite. Il but une gorgée de son thé, tout en l'observant par-dessus sa tasse. Il lui fit clairement comprendre qu'il n'était pas là pour rigoler. Comme si Dabi en avait douté un jour !
« Ce genre de thérapie n'est pas forcément évident », lui répondit-il ensuite d'un ton qui n'admettait aucun commentaire.
Et alors ? Dabi se retint de lui lancer cette réplique à la figure. Comme s'il pouvait croire qu'un héros puisse s'inquiéter pour lui. C'était n'importe quoi. Dabi sentait la colère monter en lui. Il aurait aimé pouvoir y céder. Tout détruire sur son passage. Retrouver le mordant de son feu. Mais, à la place, il prit sur lui. Il ne pouvait faire que ça de toute manière... Parce que cette colère était si faible. Et comme toutes les autres auparavant, sa flamme vacilla bien vite.
« Nous partons d'ici dix minutes, lui apprit Aizawa. Le temps que tu termines ton service. »
Dabi ne lui répondit pas. Il se leva, estimant que la conversation était finie, et rejoignit Nekoka. Il l'aida sur les dernières tâches, puis il alla chercher sa veste. Sans entrain, il la salua. Il remarqua ensuite qu'Aizawa l'attendait déjà dehors, debout devant une voiture grise. Dabi se traîna jusqu'au trottoir. Aizawa lui ouvrit la portière arrière. Le message était clair. Sans un mot, Dabi monta dans la voiture. Il aperçut alors qu'il y avait un autre homme déjà installé derrière le volant. Ses cheveux blonds, placés dans une coiffure improbable, ne laissaient aucun doute sur son identité. Present Mic. Dabi fronça les sourcils. Le héros lui lança un regard peu amène. Au moins le sentiment était réciproque. Lorsqu'Aizawa fut entré à son tour, le silence s'installa. Froid et peu agréable. Present Mic démarra alors et Dabi décida de ne plus faire attention à eux.
Son regard se perdit à travers la vitre. Il n'aimait pas cette situation... Il les détestait tant, ces foutus héros ! Au bout de quelques minutes, il les entendit parler tous les deux, mais il n'écouta même pas. Ça ne l'intéressait pas. Il avait l'impression d'être dans une voiture de flics. Un criminel, coincé à l'arrière, avec deux représentants de la justice. Pourquoi lui imposait-on ça ?
Heureusement, la route fut plus moins longue qu'il ne le craignait. Present Mic lui lança un regard qui se voulait menaçant, alors qu'Aizawa sortit de la voiture dès qu'elle fut à l'arrêt. Dabi se dit que c'était le signal. Il sortit à son tour. L'air froid se glissa dans ses cheveux. Il frissonna, tout en enfouissant ses mains dans ses poches. Son regard se posa sur le héros. Sans un mot, Aizawa s'avança vers le grand bâtiment qui leur faisait face. Dabi lui emboîta le pas. Il fit à peine attention à ce qui l'entourait. Ça n'avait aucune importance.
Ils entrèrent dans un grand hall. Le regard rivé sur le sol, Dabi se laissa guider jusqu'à une pièce qui ressemblait à une salle de classe. Une dizaine de chaises y étaient installées en cercle. Lorsqu'il releva les yeux, Dabi s'aperçut qu'ils n'étaient pas les premiers. D'autres hommes se tenaient un peu plus loin. Dabi les toisa. De toute évidence, c'étaient d'autres anciens détenus. Dabi inspira profondément. Il espérait que ça se passerait vite, cette connerie. Pourquoi fallait-il qu'il soit embarqué dans cette galère ? Il voulait juste rentrer chez lui et se coucher sur son lit, sans rien faire.
Quelques minutes passèrent, d'autres hommes arrivèrent. Ils devaient être, en tout, une petite quinzaine. Dabi en avait déjà marre. Mais il était coincé. Coincé dans sa vie. Coincé dans cette foutue réinsertion dont il n'avait rien à faire !
« Bien, nous sommes au complet ! finit par s'élever une voix sur sa droite. Venez, asseyez-vous où vous voulez, nous allons commencer. »
Dabi lança un regard à la personne qui venait de parler. C'était un homme de petite taille, aux cheveux gris et clairsemés. Il avait des lunettes rondes et un air qui se voulait sympathique. Dabi le trouva directement ennuyeux. Encore une personne qui aurait de l'autorité sur lui. Dabi détestait tellement ça ! Mais il n'avait pas le choix, il suivit donc le mouvement.
Derrière lui, Aizawa alla se poser nonchalamment contre le mur avec d'autres personnes qui devaient sans doute être des héros. Peu motivé, Dabi se dirigea vers la chaise la plus proche et se laissa tomber dessus. Il regarda à peine les autres en faire de même. Pitié, faites que ça passe vite...
« Bien, reprit le petit homme lorsque tout le monde se fut installé. Je me présente, je m'appelle Yukio Yasashi. Je serai votre éducateur tout au long de nos séances. Aujourd'hui, je vais essentiellement vous expliquer le fonctionnement de celles-ci et nous allons faire connaissance. »
Il afficha un sourire bienveillant et Dabi se retint de rouler des yeux. Ce serait donc une séance qui ne servirait à rien. Eh bien, c'était sans doute mieux que les séances qui l'attendaient, mais tout de même. Quel ennui...
« Avant tout, sachez que cet endroit vous est entièrement consacré. Le jugement n'a pas lieu d'être ici. Vous êtes tous logés à la même enseigne. Vous avez commis des crimes, vous avez été condamnés et maintenant, vous êtes en libération conditionnelle. Nous avons tous le même objectif : réussir à vous réinsérer dans notre société. Nos séances ne viseront que ça. Gardez-le à l'esprit dans les moments plus difficiles. Nous sommes là pour parler de tous vos problèmes liés à votre sortie. »
Mais bien sûr ! Les remarques sarcastiques ne cessaient de défiler dans l'esprit de Dabi. Ah, autrefois, il ne se serait pas gêné pour l'envoyer balader, cet imbécile. Quel bla-bla stupide. Ça allait durer combien de temps encore ?
« Nos séances seront donc découpées en plusieurs parties. Au début, vous parlerez de votre présent. Vos progrès, vos difficultés, vos craintes, etc. Ensuite, nous explorerons ensemble votre passé. Nous essayerons de comprendre la raison de vos crimes. Nous réfléchirons ensemble aux conséquences qu'ils ont pu avoir sur les autres. Nous parlerons de vos victimes. Dans ce cadre-là, plus tard dans nos séances, des rencontres avec des victimes de crimes similaires aux vôtres seront possibles. Moyennant certaines conditions, vous pourrez même discuter avec les personnes qui ont directement souffert de vos actes, si celles-ci le souhaitent, bien entendu. Enfin, nous aborderons votre futur. Vos projets, vos possibilités, vos envies. »
De mieux en mieux. Dabi ressentit une haine fugace contre Aizawa. Ce foutu héros devait bien prendre son pied, là ! Le forcer à subir ces conneries ! Il ne voulait pas faire ça. Il n'avait rien à dire, de son côté. Son présent ? Ces moments de vide qui défilaient aléatoirement sans qu'il n'ait aucune emprise dessus. Son passé ? Dabi ne voulait pas y penser. Il repoussa, à nouveau, le souvenir de l'appel de Natsuo. Quant à ses victimes... Eh bien, quelle importance ? Il ne voulait certainement pas leur parler. De toute façon, la plupart étaient mortes. Son futur ? Si Dabi ne se sentait pas aussi fatigué, il en aurait ri. Mais quel futur ? Cet imbécile heureux pensait réellement que tous ces gens ici avaient un futur ? La moitié d'entre eux retournerait bientôt en prison et l'autre moitié connaîtrait la misère ou la mort. Dabi se demandait bien dans quelle moitié il allait se retrouver...
« Nous allons faire un premier tour de table, reprit Yasashi. Je veux que vous me donniez tous votre nom et la façon dont vous vivez votre sortie jusqu'à présent. »
Sérieusement ? Dabi tiqua. Il perdait vraiment son temps ici. Il n'avait pas envie de prendre la parole devant les autres cinglés. Mais, bien sûr, ses envies n'étaient pas prises en compte. Le tour commença. Dabi écouta distraitement les anciens détenus parler. Il ne fit pas l'effort de retenir leur nom, il ne comptait certainement pas discuter avec eux plus que nécessaire. Tout le monde semblait faire court de toute façon, comme si eux non plus ne voulaient pas vraiment s'attarder. Mais certaines phrases s'imprimèrent plus que d'autres dans l'esprit de Dabi.
Je ne vis pas très bien ma sortie...
Les gens me regardent de travers...
J'ai eu des graffitis sur ma porte...
J'ai reçu des menaces par courrier...
Ma famille a été insultée en pleine rue parce qu'ils ont accepté de m'héberger...
Dabi repensa à ce qu'il avait entendu à la télévision, le matin même. Il caressa distraitement la peau abîmée de l'un de ses poignets. Lui qui hésitait à reteindre ses cheveux en noir... sans doute qu'il attendrait encore avant de le faire. Il n'avait pas peur de la réaction des gens s'ils apprenaient qu'il était Dabi, mais il voulait juste avoir la paix ! Pour l'instant, il l'avait et il comptait bien tout faire pour la conserver.
Lorsque son tour arriva, Dabi hésita quelques secondes. Il n'avait pas réfléchi à la façon dont il allait se présenter. Mais finalement, il reprit le même nom qu'il avait donné à Aizawa.
« Je suis Touya », dit-il alors simplement.
Ce prénom lui brûlait la gorge. Ça sonnait tellement faux. Il n'était pas Touya. Mais il était encore moins un Todoroki. Et Dabi... Il préférait ne pas utiliser ce surnom, non plus. Il n'était plus Dabi depuis si longtemps...
« Pour le reste, rien à signaler. »
Il souffla ces mots, tout en espérant que l'éducateur ne demanderait pas plus de détails. Heureusement, le tour se poursuivit, sans accroche. Dabi soupira. Quelle galère.
« Bien, reprit Yasashi lorsque tout le monde eut fini de parler. Merci pour vos présentations. Je vois que vous êtes plusieurs à soulever un point important : la réaction de la population. »
Certains détenus hochèrent la tête. Dabi, lui, sentait juste que cette première séance allait être bien longue.
« Soyons honnêtes, déclara tranquillement Yasashi, ce nouveau programme de réinsertion a reçu un accueil mitigé. De vives tensions sont souvent relayées dans les médias. C'est un aspect important de votre libération qui ne doit pas être passé sous silence. Ces tensions peuvent amener des situations inconfortables pour vous. Des situations où vous pourriez avoir envie de recourir à la violence pour vous défendre. Ce sont des moments difficiles que nous ne nierons pas ici. C'est pourquoi je vous invite à signaler toutes ces situations à votre héros référent, mais aussi ici. Entre vous, vous pouvez également vous donner des conseils pour vivre au mieux ces problèmes. »
Cette fois-ci, Dabi roula franchement des yeux. S'il avait un jour des soucis, il n'allait certainement pas en parler à Aizawa et encore moins les déballer ici. Il regarda plus attentivement les hommes à ses côtés. Ils avaient tous l'air franchement paumé. Comme s'ils pouvaient lui donner des conseils ! De toute façon, ils partaient tous perdants. Si la population voulait les lyncher, ils ne pouvaient pas se défendre. Ils ne pouvaient plus utiliser leur alter. Et s'ils commettaient un acte de violence, c'étaient eux qui seraient punis. Ah ! Quelle belle justice ! Dabi aurait été ravi de balancer cette vérité à la tronche de cet éducateur de merde, mais il savait que ce serait juste une perte de temps. Il se sentait si épuisé.
Son cerveau commença à décrocher au moment où Yasashi proposa à ceux qui le voulaient de déjà tenter l'expérience. Dabi ne voulait pas entendre leurs témoignages larmoyants. La fatigue était très pesante. Alors que les voix s'élevaient autour de lui, il sentit poindre un début de migraine. Pourquoi devait-il se farcir tous ces cas sociaux ? Et pourquoi est-ce qu'ils semblaient coopérer ? Ils voulaient bien se faire voir ou quoi ? Entendre ces débiles raconter leurs problèmes avec les médias et la réaction de la population était juste pénible. Yasashi encourageait ceux qui le souhaitaient à donner leur avis sur les situations rapportées et à donner des conseils. C'était si hilarant. Des criminels qui jouaient les gentils. Heureusement, Dabi n'était pas le seul à ne pas participer. Il y en avait donc d'autres qui trouvaient ça tout aussi débile que lui. Pitié, combien de temps encore allait-il devoir supporter ça ? Il n'y avait pas d'horloge dans la pièce. Surtout un autre moyen de les torturer.
Dabi avait l'impression que son esprit quittait son corps. Il ne se sentait plus connecté. Seule la migraine qui prenait de l'ampleur le ramenait à la réalité. Il en avait marre. Il voulait juste se barrer. La conversation devint un peu plus animée lorsqu'un ancien détenu commença à proposer des solutions plus radicales pour se protéger. Dabi sourit. Là, c'était plus amusant. Mais Yasashi calma bien vite le jeu, malheureusement.
« Comme je vous l'ai dit, dit-il d'une voix calme, il faut éviter la violence, même si vous avez l'impression que c'est la seule solution qu'il vous reste. C'est un cercle vicieux. La violence appelle la violence. Il faut essayer de le briser.
—Facile à dire ! grogna l'ancien détenu. C'est pas vous qui devez affronter leurs sales remarques tous les jours ! Sans parler des réseaux sociaux !
—Effectivement, reconnut Yasashi. Mais ça ne vous apportera rien sur le long terme. C'est à ça qu'il faut essayer de penser. À votre futur. Dans ces moments-là, songez aussi à ce que la violence vous a apporté jusqu'ici dans votre vie. Et si la situation est intenable, parlez-en à votre héros référent. Ils sont là pour vous aider spécifiquement dans ce genre de cas. »
Dabi renifla, moqueur. C'était si stupide que ça en était drôle.
« Est-ce que quelqu'un veut encore s'exprimer ? reprit Yasashi après un moment de silence. N'hésitez pas, vraiment. Ça vous fera du bien d'extérioriser vos problèmes. Et si vous n'êtes pas d'accord avec ce que j'énonce, vous avez tout à fait le droit de le dire aussi. On est là pour en discuter. »
Oh pitié... Il ne pouvait pas juste se taire ? Dabi avait envie de plonger son visage dans ses mains. Et voilà maintenant que d'autres personnes prenaient la parole. Ça n'aurait donc jamais de fin ? Dabi sentait le lancement dans sa tête se faire de plus en plus fort. Il avait besoin de prendre l'air. Il était en train de dériver. Les mots qu'il entendait n'avaient aucun sens pour lui. Le temps paraissait s'allonger indéfiniment.
« Bien, déclara Yasashi d'une voix un peu plus forte qui le fit sortir de sa léthargie, c'était une bonne première séance. Pour la prochaine fois, j'aimerais que vous notiez toutes les situations problématiques que vous rencontrerez jusque-là. Mais ce n'est pas tout. Pour effectuer une bonne réinsertion, il faut également que vous soyez honnêtes envers vous-mêmes. Songez donc aussi aux conséquences que vos actions passées ont encore actuellement sur votre entourage. Nous discuterons de ce que vous avez écrit lors de la prochaine séance. »
Dabi haussa un sourcil. Mais quelle connerie ! Comme s'il allait le faire... Il allait torcher ça vite fait, bien fait, oui ! Enfin... Du coup, la séance touchait à sa fin, non ?
« Faites ça correctement. Nous formerons alors des petits groupes pour avoir des conversations plus constructives. Nous commençons un chemin qui ne sera pas toujours simple, mais qui est nécessaire. Je crois en chacun de vous. Essayez de garder tout ça en tête. Nous allons nous arrêter là pour cette séance d'information. Merci pour votre coopération. Si vous le souhaitez, je suis encore disponible quelques minutes. »
Mais bien sûr ! Comme si Dabi allait s'attarder. Sa migraine empirait. Il voulait juste sortir et rentrer chez lui ! Dès qu'il le put, Dabi se releva donc et quitta ce maudit cercle. Ses yeux cherchèrent Aizawa. Il le repéra un peu plus loin. Dabi se dirigea vers lui. Il espérait que le héros n'allait pas lui faire tout un laïus comme il n'avait pas participé à la conversation. Heureusement, Aizawa lui fit juste un signe de tête, avant de s'éloigner. Dabi le suivit.
Il quitta le bâtiment et soupira de soulagement lorsque le vent froid vint frapper son visage. Sa migraine se calma quelque peu. Ils marchèrent ensemble jusqu'à la voiture. Sans un mot, Aizawa lui fit comprendre qu'il devait monter. Dabi s'engouffra dans l'habitacle. Present Mic arriva, à son tour, et s'installa derrière le volant. La voiture démarra peu après. Une horrible musique s'éleva alors dans les airs. Dabi siffla et ferma les yeux. Il n'en pouvait plus. Il voulait juste que son mal de tête s'en aille !
« Prends ça. »
Dabi releva les yeux pour voir qu'Aizawa s'était tourné vers lui et lui tendait une pilule. Sans se poser trop de questions, Dabi la prit et l'avala. Il se fichait de ce que c'était, tant que sa douleur se calmait. Il remarqua alors que Present Mic diminuait le volume de la musique. Le trajet se poursuivit en silence. Dabi s'était attendu à de longs discours de la part des deux héros, mais ceux-ci semblaient vouloir le laisser tranquille. Pour l'instant, en tout cas.
Dabi garda les yeux fermés le reste du trajet. Il inspira profondément. Ses douleurs se calmaient petit à petit. Lorsque la voiture s'arrêta, il rouvrit les paupières. Present Mic s'était garé devant son immeuble. Il allait enfin pouvoir être au calme chez lui.
« On se voit dans deux jours, lui rappela alors Aizawa. On reparlera de cette première séance. »
Dabi hocha vaguement la tête. Génial, il avait hâte d'y être ! Soupirant, il ouvrit la portière et quitta la voiture. L'air froid lui fit, à nouveau, du bien. Sans se retourner, il s'engouffra dans son immeuble.
Il entra dans l'ascenseur, soulagé. Sa tête était encore un peu douloureuse. Quelle soirée merdique et inutile ! Dire qu'il allait devoir continuer cette foutue thérapie pendant encore un bon moment. C'était sûr qu'Aizawa n'allait pas le lâcher. Mais rien que d'y songer, ça relançait sa migraine. Dabi avait besoin de penser à autre chose. Il était si épuisé qu'il aurait pu s'affaler directement dans son lit. Mais son estomac protesta à cette pensée. Oui, il fallait qu'il se force à manger avant.
Lorsqu'il entra dans son appartement, il ne perdit donc pas de temps. Il réchauffa son plat préparé avant de se laisser tomber sur son fauteuil. Il mangea ensuite sans aucun plaisir, devant la télévision, comme il avait commencé à en prendre l'habitude. Les programmes étaient insipides, mais, au moins, ça faisait passer le temps. Et c'était bien ce qu'il voulait. Il resta donc toute la soirée devant des émissions sans grand intérêt. Tant qu'il ne pensait pas, c'était tout ce qui comptait. Mais alors qu'il commençait à somnoler, un programme d'informations et de débats débuta.
« Bonsoir à tous, commença le présentateur. Notre édition du jour se penche sur cette nouvelle concernant l'hôpital psychiatrique de Kyushu. Un peu plus tôt dans la journée, un mouvement de rébellion a éclaté dans l'annexe qui renferme des prisonniers qui ont besoin de soins médicaux importants. Les gardiens ont pu réprimer ce mouvement. Mais nous en avons enfin la confirmation, deux morts et une vingtaine de blessés graves – dont quatre dans un état très critique – sont à déplorer. Les autorités ont assuré qu'aucun prisonnier n'avait réussi à s'échapper... »
Dabi sentit, à nouveau, le malaise s'emparer de lui. Quelque chose lui échappait, il le savait, mais quoi ?
« Cette situation est très inquiétante, reprit le journaliste. En effet, comme cela a été confirmé dans la journée, c'est dans cet hôpital qu'est enfermé Tomura Shigaraki, l'ancien leader de la Ligue des Vilains. »
Dabi se figea complètement.
« De nombreuses voix, au sein même du monde médical, se sont toujours élevées contre sa présence dans cet établissement. Espérons donc que le vilain ne soit pas associé à cette révolte, d'une façon ou d'une autre. Avec son passif, il est plus que possible qu'il fasse partie des blessés, ou même pire. Même si, pour l'instant, nous n'en savons pas plus. »
Il n'en savait peut-être pas plus, mais cela n'empêcha pas le journaliste de continuer de s'épancher sur le sujet. Des intervenants venaient à présent donner leur avis sur la présence de Shigaraki dans ce lieu, d'une voix où le mépris était à peine voilé. Il était évident que certains espéraient que Shigaraki soit dans un mauvais état.
« Vu son tempérament dangereux, il est plus que probable que ce vilain soit lié à tout ça d'une façon ou d'une autre, disait l'un d'eux. S'il a été blessé, ce ne serait qu'un juste retour des choses après tout. Je ne vois pas pourquoi nous devrions nous en faire pour ce type de criminel qui a déjà eu beaucoup de chance d'éviter la peine qui lui était due. Pourquoi devons-nous financer ses soins ? La peine de mort devrait être rétablie et- »
Dabi ne l'écoutait plus. Son mal de tête revenait le frapper de plein fouet. Il comprenait maintenant pourquoi il s'était senti mal ce matin. Il l'avait vu quand il avait fait ses recherches sur Shigaraki. Il avait vu qu'il était enfermé dans un hôpital psychiatrique de Kyushu...
Les mots du journaliste se mirent à tourner dans son esprit. Encore et encore. Dabi finit par se redresser. C'était impossible... impossible. Des blessés graves... des morts... Et le ton de cet odieux journaliste. Il espérait clairement que Shigaraki fasse partie des victimes. Dabi sentait la colère l'envahir. Il aurait dû n'en avoir rien à faire. Que Shigaraki meure ou non, ça ne devrait même pas le toucher. Ça ne devrait pas, mais Dabi ne pouvait s'enlever cette idée de la tête. Il inspira profondément... Sans qu'il ne le veuille, les souvenirs remontèrent à la surface...
Allongé sur la surface froide du bitume, Dabi respirait fortement. Plusieurs de ses agrafes étaient tombées. Le sang coulait sur le sol. Dabi frissonna et siffla de douleur. Sa peau saine était irritée. La dernière attaque des héros avait bien failli lui être fatale. Il avait trop utilisé son alter. Et un connard de nouveau héros avait réussi à l'atteindre. Une large entaille déchirait son ventre. Ça faisait un mal de chien ! Dabi commençait à voir flou. C'était la fin... Depuis le début de leur cavale, c'était la première fois qu'il perdait espoir. Toute la Ligue, en dehors d'eux deux, avait déjà été arrêtée. Et les héros semblaient, à chaque fois, de plus en plus proches. Shigaraki et lui ne pouvaient compter sur personne. Ils se cachaient et fuyaient le plus loin possible. Shigaraki pensait qu'ils seraient sauvés s'ils parvenaient à quitter le Japon. Dabi le pensait aussi, mais maintenant... Il n'arriverait plus à suivre le rythme. Il n'y arriverait plus...
« Enlève ton t-shirt. »
La voix froide de Shigaraki lui fit relever les yeux. Ce dernier ne semblait pas dans un bon état non plus. Il n'était pas blessé, mais les cernes ravageaient son visage et son cou était en sang. Pour une fois, Dabi ne protesta pas et fit ce qu'il lui demandait. Il sentait qu'il perdait des forces. Shigaraki se pencha vers lui et commença à soigner maladroitement ses plaies. Ça se voyait qu'il n'était pas sûr de ses gestes, mais il faisait de son mieux. Et Dabi ne pouvait pas le lui reprocher.
Cela faisait des jours et des jours qu'ils fuyaient à deux. Eux, qui s'étaient tant disputés dans le passé, parvenaient à collaborer sans peine, désormais. Mais Dabi le savait... ça ne pouvait pas durer.
« Eh, boss, chuchota-t-il alors aussi fort que son corps le lui permettait, ne perds pas ton temps avec ça...
—Je ne vais pas te laisser te vider de ton sang ! répliqua Shigaraki, de mauvaise humeur. Tu serais incapable de reprendre la route comme ça !
—Je sais, souffla Dabi. C'est pour ça que tu ne dois pas perdre ton temps. »
Shigaraki lui lança un regard étrange. Avait-il compris ce qu'il essayait de lui dire ? En tout cas, il ne fit aucun commentaire et reprit ses soins. Dabi soupira.
« Les héros se rapprochent. Il faut que tu fuies.
—On va fuir ensemble, répondit sèchement Shigaraki.
—Je vais te ralentir. Tu auras plus de chance de t'en sortir sans moi. »
Shigaraki ne lui répondit même pas. Il fronça les sourcils et lui lança un regard menaçant. Le genre de regard qui lui disait clairement qu'il ne devait pas discuter. Mais Dabi ne l'entendait pas de cette oreille. Il refusait d'être un poids mort pour qui que ce soit.
« Tu t'es assez occupé de moi, souffla-t-il. On a qu'à prendre des chemins séparés.
—Non, siffla Shigaraki. On reste ensemble. C'est moi qui décide, c'est moi le chef, alors tais-toi ! »
Dans d'autres circonstances, Dabi aurait ri de son entêtement. Mais là, ça commençait sérieusement à l'énerver. Shigaraki ne comprenait pas ou quoi ? La blessure de Dabi mettrait du temps avant de se refermer, mais ce n'était pas le plus important. Le corps du vilain était surtout en train de lâcher. Son alter le brûlait de plus en plus de l'intérieur. À ce rythme-là, ... Non, Dabi préférait ne pas y penser. Mais, dans tous les cas, il ne parviendrait plus à fuir aussi vite. C'était quasiment certain que c'était fini pour lui désormais. Alors, si Shigaraki voulait quitter le Japon, il allait falloir qu'il le laisse derrière lui. C'était ce qu'il avait de mieux à faire. Mais ce foutu cinglé s'obstinait !
« Pourquoi tu te traînes un boulet, hein ? demanda Dabi d'une voix la plus moqueuse possible.
—Tu fais partie de ma Ligue. C'est suffisant. »
D'accord. Shigaraki n'allait vraiment pas céder. Dabi soupira, de plus en plus agacé. Bien, puisqu'il le prenait comme ça, il ne lui laissait pas le choix. Dabi allait se montrer honnête avec lui.
« Je me fiche de la Ligue. Je me suis servi de toi et de tous les autres pour atteindre mon but. Vous n'avez jamais rien représenté pour moi. »
C'était l'entière vérité. Pourtant, il se détesta lui-même lorsque les mots franchirent ses lèvres. Il n'en avait jamais rien eu à faire des gens qui l'entouraient. Mais l'avouer à Shigaraki maintenant... il était vraiment un connard. Il s'attendait à être réduit en poussières. Mais Shigaraki réagit à peine. Il appuya juste un peu plus fort sur son abdomen en mettant une compresse dessus.
« Stupide ! grommela-t-il ensuite. Comme si je ne le savais pas déjà ! »
Quoi ? Dabi regarda Shigaraki, surpris. Qu'est-ce qu'il venait de dire ?
« On s'est tous servis les uns des autres, reprit Shigaraki. Je m'en moque de tes motivations ! Tu fais partie de mon équipe. Et je ne laisse pas mon équipe derrière moi. Jamais. »
Dabi pouvait encore voir ses yeux flamboyants rien qu'en fermant les paupières. Shigaraki avait tenu parole. Il était resté à ses côtés, l'avait aidé à se remettre de ses blessures. Il était resté et ça lui avait coûté sa liberté... Sans lui, Dabi était sûr que Shigaraki aurait pu quitter le pays. Mais il avait fallu qu'il se traîne un boulet comme lui.
Shigaraki l'avait traité comme jamais personne ne l'avait traité avant ça. Et Dabi s'en voulait tellement. Il s'en voulait de s'être servi de lui, d'avoir amené Hawks dans la Ligue, de ne pas avoir été à la hauteur pour se défendre contre les héros... Si Shigaraki était dans cet endroit horrible, c'était de sa faute... Et s'il était blessé ou pire... Dabi frissonna. Les pensées se bousculaient dans son esprit. Tout tourbillonnait de plus en plus.
Non, non, non... Dabi sentit les battements de son coeur s'accélérer, jusqu'à venir cogner violemment contre ses tempes. Pas ça... Il fallait qu'il en sache plus, mais comment ? Si les journalistes n'avaient pas d'autres informations, comment lui pourrait y faire quelque chose ? Qui pourrait le renseigner ? Il ne pouvait pas rester dans l'ignorance. L'espace d'un instant, il se voyait déjà aller à Kyushu, mais... d'accord, mais après quoi ? Ce n'était pas comme s'il pouvait se rendre à l'hôpital psychiatrique. On ne le laisserait pas entrer, on ne lui dirait rien. En fait, c'était même pire que ça. Il n'avait pas le droit d'y aller. S'il le faisait, cela pourrait être considéré comme une entorse aux règles de sa libération conditionnelle. Il ne pouvait pas reprendre contact avec les autres membres de la Ligue...
Dabi continua à fixer l'écran de la télévision, sans vraiment le voir. Il avait l'impression de revenir des années en arrière. Lorsqu'il tournait en rond dans sa cellule, désespéré de n'avoir aucune nouvelle des autres. L'absence de réponse l'avait rendu fou... Dabi ne voulait pas revivre ça... plus jamais. Il chercha alors des informations sur son téléphone, mais comme il s'y attendait, il ne trouva rien. Parce que ce n'était pas important pour les autres, parce que les gens s'en foutaient bien...
Il était piégé. Il ne pouvait rien faire. Rien faire, à part suivre les nouvelles... Mais combien de temps devrait-il attendre ? Dabi était persuadé qu'il devait y avoir des gens au courant... Mais qui... ? Dabi retint alors un soupir. Evidemment... Il y avait bien quelqu'un qui habitait à Kyushu – du moins, si c'était toujours le cas – et qui laissait traîner ses oreilles partout... Dabi fixa un moment son téléphone. Après tous les contacts qu'ils avaient eus, Dabi pensait encore se souvenir de son numéro... Mais pouvait-il le faire ? L'idée de faire appel à ce type... Ça le répugnait d'avance... Il se sentait de plus en plus mal. Sa migraine frappait ses tempes, sans relâche. Il fallait que ça s'arrête...
Dabi passa une main sur son visage. Etait-il capable de tenir le coup jusqu'à demain – voire plus – avant de savoir si Shigaraki allait bien ? Il pouvait si facilement se revoir dans sa cellule, à se passer en boucle tous les scénarios possibles, à demander des nouvelles aux gardes, encore et encore. Jusqu'à ce qu'il finisse par se taire. Jusqu'à ce que son esprit ne s'éteigne à petit feu. Ne pas savoir... C'était l'une des pires choses au monde. Dabi avait déjà passé huit années à se perdre dans ses incertitudes. Il ne pourrait pas en supporter davantage, surtout si la réponse pouvait être atteignable. Il fallait juste qu'il mette son ego de côté. Et vu où il en était, ce ne serait pas un grand sacrifice. Pour la vérité, il pouvait le faire.
Soupirant, il ferma les yeux un instant et réfléchit. Il eut besoin de quelques minutes, avant de parvenir à se souvenir des numéros. Sans se laisser le temps d'hésiter, il les composa alors et approcha son téléphone de son oreille. Mais, décidément, la chance n'était pas avec lui. Le numéro n'était plus attribué. Evidemment. Hawks avait dû utiliser un téléphone spécial pour sa mission. Et en huit ans, il n'y avait aucune raison qu'il l'ait gardé. Dabi passa une main dans ses cheveux, d'un geste nerveux. À quoi s'était-il attendu au juste ? Il n'avait rien à quoi se raccrocher, il était seul...
Il avait l'impression de perdre pied. Quelle journée horrible ! Et cette migraine qui ne le lâchait pas ! C'était insupportable... Il avait l'impression de vriller.
Son téléphone vibra alors entre ses doigts. Dabi sursauta et regarda aussitôt l'écran. Naïvement, il crut qu'il recevait un message de Hawks, mais non... C'était Natsuo.
J'attends toujours ta réponse, Touya.
Dabi soupira. À force de le reléguer au plus profond de son esprit, il avait vraiment réussi à l'oublier. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait écouté le message de Natsuo ce matin seulement. Il avait l'impression que des jours entiers s'étaient écoulés depuis. Il ne savait toujours pas comment lui répondre. Il avait du mal à penser à autre chose qu'à Shigaraki. Mais il le savait, Natsuo ne le laisserait pas tranquille tant qu'il ne lui aurait pas répondu. Cette journée était vraiment merdique du début à la fin. Mais il n'était pas d'humeur à supporter les tentatives de son frère. Il ferma alors son téléphone pour être sûr d'être tranquille, et partit dans la salle de bain. Il se prépara rapidement pour la nuit. Il se dirigea ensuite vers sa chambre. Sans attendre, il éteignit la lumière et se glissa sous les couvertures chaudes. Il se sentait si fatigué. Son mal de tête le lançait par vagues.
Il inspira profondément. Il détestait sa vie. Il savait qu'il fuyait Natsuo, mais il ne se sentait pas la force de lui faire face, ce soir. Il ne se sentait plus la force de rien. Sans trop savoir pourquoi, il se mit à repenser à cette maudite thérapie. Les problèmes qu'il rencontrait dans sa libération, hein ? Il pourrait très clairement parler du fait qu'il se sente aussi impuissant. Une nouvelle fois, il ne pouvait que subir sa vie. Il n'arriverait jamais à avoir des informations sur Shigaraki, à moins que les journaux n'en parlent. Il devait aussi subir leurs propos haineux et ne rien dire. La société n'avait pas changé. Les gentils d'un côté, les méchants de l'autre. Les héros intouchables et les vilains qu'on pouvait lyncher. Dabi sentit la haine le mordre. Mais elle était si faible... si faible... Que pouvait-il y faire ? Dabi sentait qu'il perdait les pédales. Tout continuait d'aller beaucoup trop vite pour lui. Il n'arrivait plus à gérer. Avait-il seulement su le faire un jour ? Et maintenant, Natsuo et Shigaraki se rajoutaient à tout ça... Dabi se sentait si épuisé. Il ne savait plus quoi faire. Et sa migraine ne cessait d'empirer. C'est juste trop pour lui... beaucoup trop...
Alors, lorsqu'il ferma les yeux, il se mit à espérer de toutes ses forces que jamais plus, il ne se réveillerait...
Et voilà, merci de m'avoir lue ! Comme toujours, j'espère que ça vous a plu ! On se retrouve donc début janvier pour le chapitre 9, promis !
Prenez soin de vous en cette période difficile !
