Avertissement : J'emprunte ces personnages pour m'amuser. Ils ne m'appartiennent en aucune façon et je n'en tire aucun profit. Ils sont la propriété de leurs créateurs, Adam Horowitz et Edward Kitsis.

Appariement : Emma Swan/Regina Mills

Classification : Mature pour le vocabulaire utilisé et le contenu sexuel explicite à venir

.

.

RETOUR AUX SOURCES

.

Chapitre 1

Installation

.

Quand elle arriva à Fontconte, Emma eut l'impression de respirer à nouveau pour la première fois depuis dix ans. S'arrêtant à la frontière entre hameau et nature, elle s'assit sur un vieux banc en bois blanchi et ferma les yeux, abandonnant sa peau à la caresse du soleil. Elle huma les odeurs de la montagne, celle toujours un peu étrange et si particulière du buis, le parfum lourd et entêtant des œillets sauvages, la pointe citronnée du thym, la richesse de la lavande… Elle se laissa bercer par le grésillement des grillons et le bruit lointain de la Drôme qui s'écoulait entre les rochers. Derrière ses paupières closes, elle pouvait imaginer sa couleur vert amande serpenter entre les roches claires. Elle rêvait de tremper à nouveau ses pieds dans son eau pure et glacée. La matinée s'achevait et un vent de printemps, doux et tiède, enroula quelques mèches folles blondes échappées de son chignon. Elle poussa un profond et ultime soupir qui emporta avec lui les derniers fragments de mauvais rêves de la décennie écoulée. Elle était de retour chez elle.

.

Pourquoi avait-elle attendu si longtemps ? Oh, elle savait bien pourquoi. Elle avait fui tout ce qui faisait sa vie après la naissance de son fils et son abandon. Né sous X, il avait sûrement dû être adopté dès l'âge de trois mois. Dans son désespoir, elle se consolait de cette idée qu'il vivait dans une famille aimante, attentive à son bien-être, ce qu'elle n'avait jamais connu. Elle était montée à Paris, choisissant la distance, la ville, la surpopulation, le bruit… ce qu'il y avait de plus lointain pour oublier. Mais cela n'avait pas marché. Elle s'était juste rendue un peu plus malheureuse en se coupant de ses racines et de ces lieux qui la nourrissaient. Son art-même s'était étiolé tandis que son âme se vidait petit à petit de toute sa substance. Elle s'était obstinée pourtant, avait vécu de petits boulots sans grand intérêt, refusant d'admettre sa défaite, refusant de reconnaître que la fuite n'avait servi à rien, qu'elle ne parvenait pas à oublier son enfant, peu importe où et avec qui elle se trouvait. Alors, tant qu'à vivre avec ce trou dans le cœur, autant que ce soit dans ce pays qui l'emplissait aussi totalement qu'il serait jamais possible sans lui.

.

Traversant le village, elle admira l'école, le lavoir, les petites rues, la place du marché… avant d'arriver à ce qui serait désormais son atelier, sa boutique et son foyer. Une porte en bois joliment gravée donnait sur la boutique. Au fond de celle-ci, une autre sur un grand jardin avec, à gauche, l'atelier et le four et, à droite, sa maison. Elle n'avait visité les lieux qu'une seule fois, un peu plus de deux mois avant, mais il ne lui avait fallu qu'une poignée de secondes pour savoir que ce serait son refuge. Le bois, les pierres, les herbes folles, tout y avait la patine de l'ancien qui parlait à son cœur. Elle s'allongea dans le jardin, au milieu des herbes folles et contempla le bleu infini de l'azur. Elle s'assoupissait quand elle entendit un rire d'enfant derrière le grand mur de pierres sèches fermant son jardin à l'est, entre l'atelier et la maison. Une voix de femme se fit entendre : « Henri, reviens ici tout de suite et mets tes chaussures, tu risques de marcher sur une abeille ou un chardon ! » A ces mots, un nouveau rire clair s'envola dans les airs : « Tu n'as qu'à m'attraper pour me les mettre, maman ! » Un éclat de rire plus profond et riche retentit alors et la voix qui s'y rattachait arracha un frisson à Emma. Si on pouvait tomber amoureuse d'une voix à la première audition… « Attends que je te tienne, chenapan ! » Un sourire amusé se dessina sur le visage d'Emma. Cela lui rappela son enfance à courir dans les champs et les montagnes, pieds nus, au grand désespoir de ses familles d'accueil du moment. Elle aurait tant aimé, alors, qu'une seule des femmes qui en faisaient partie se comporte ainsi avec elle.

.

Elle respira profondément et se leva. Il était temps de se mettre au travail si elle voulait pouvoir ouvrir la boutique au début de la saison d'été. Inspirée par cet instant de légèreté que lui avait offert ses nouveaux voisins, elle dessina quelques oiseaux s'envolant sur l'azur pour sa première collection qu'elle appellerait « Rire d'enfant » puis se mit au travail fastidieux mais nécessaire du déballage de cartons. A la fin de la journée, elle avait fini de mettre en place tout l'atelier. La maison attendrait un peu, le lit était prêt et c'est tout ce qu'il lui fallait pour ce soir. Elle avala vite fait quelques tomates parsemée de basilic et un petit chèvre sur du pain. Cela aussi lui avait tant manqué, cette nourriture simple, mais si parfumée et goûteuse. La nourriture se languissait trop du soleil à Paris. Elle repensa à l'enfant qui vivait à côté, à la relation si naturelle qu'il semblait vivre avec sa mère, à l'amour dont leurs voix étaient saturées. Elle aspirait à connaître cela un jour, à se sentir aimée sans contrepartie, juste pour elle-même. Elle secoua la tête, chassa les idées sombres. Demain, sa nouvelle vie commençait et, qui sait, l'amour peut-être y prendrait racine. Elle alla se coucher la tête pleine de rêves et d'espérance.

.

.

Note : Cette histoire sera a priori assez longue. J'envisage d'en publier un chapitre toutes les une à deux semaines environ, cela dépendra de ma muse et du temps libre qu'il me restera.