Chapitre 11

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Ma reine

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Le retour se fit dans un silence confortable. Même s'il serait exagéré de dire que les deux jeunes femmes ne nourrissaient pas chacune quelques inquiétudes propres, l'impatience de se découvrir enfin prenait le pas sur tout le reste. Regina avait posé une main sur la cuisse d'Emma qui conduisait et la caressait inconsciemment, le regard brillant de la nuit à venir. De temps à autre, Emma quittait brièvement la route des yeux pour admirer sa passagère. Elle ne se rassasiait pas de sa vue, de sa présence. Arrivées au village, Emma quitta Regina quelques minutes pour aller garer la voiture pendant que cette dernière s'occupait de la baby-sitter. Quand la blonde frappa à la porte une fois sa tâche accomplie, ses angoisses étaient remontées en flèche mais elles s'évaporèrent instantanément au sourire qui l'accueillit. Regina l'attrapa par le col et la porte n'eut pas le temps de se refermer qu'elle l'embrassait déjà. Emma aurait été bien en mal de dire comment et à quel moment exactement elle se retrouva dans la chambre de la brune, manteau et chaussures envolés.

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Une fois derrière la porte close, Regina n'eut qu'une envie, revoir les dessous cerise si délicieux entraperçus à l'Evil Queen. Mais Emma la devança dans son désir :

- Vous êtes bien trop habillée à mon goût, Madame la maire.

- Oh, laissez-moi remédier à cela, Mademoiselle Swan, il m'attristerait infiniment de vous décevoir, répondit Regina en minaudant exagérément, un rire au bord des lèvres, avant de la renverser sur le lit.

Elle l'embrassa jusqu'à lui en faire perdre toute velléité de se relever puis se redressa et commença à ôter ce qu'elle portait avec toute la grâce féline qui était sienne. La chemise d'abord, un bouton après l'autre. Elle prenait tout son temps et parcourait délicatement la peau qui se découvrait de la pulpe de ses doigts au fur et à mesure. Se faisant, elle ne quittait pas Emma des yeux. Celle-ci s'était redressée sur les coudes et se laissait volontiers hypnotiser par la sensualité irréelle de la femme qui lui faisait face. La chemise tomba comme au ralenti et, fermant les yeux, Regina se caressa langoureusement des hanches au cou. Savoir que la blonde la regardait l'électrifiait, elle avait l'impression que toutes ses terminaisons nerveuses prenaient feu à chaque effleurement.

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Quand elle redescendit pour défaire les boutons de son jeans tout aussi lentement, elle l'entendit prendre une profonde inspiration et retenir son souffle. Elle rouvrit les yeux pour les plonger dans les siens, partageant l'intensité du désir qui brûlait en elle avant de ralentir encore davantage pour faire glisser son pantalon tout en lui offrant une vue détaillée de sa poitrine qu'une dentelle noire décorait plus qu'elle ne dissimulait. Elle se redressa lascivement, se caressant à nouveau, des chevilles jusqu'à la taille, passant dans son dos pour détacher les agrafes de son soutien-gorge et révéler des seins d'une perfection touchant au sublime. Les yeux refermés, elle entendit la respiration de sa spectatrice s'accélérer quand elle y posa les mains et commença à en exciter les pointes. Un gémissement venu du lit attira son attention. La blonde tremblait de retenue, son regard se brouillait et ses poings étaient si serrés que les jointures de ses doigts en étaient blanches. Elle n'aurait pas parié la chemise qu'elle n'avait d'ailleurs plus mais elle aurait juré qu'elle était sur le point de jouir. Elle eut pitié d'elle et s'approcha du pied du lit :

- A moi de vous trouver beaucoup trop vêtue pour mon bon plaisir, Mademoiselle Swan, murmura-t-elle en s'approchant pour ouvrir son jeans qu'elle ôta avec autant de délicatesse que le sien, embrassant, et embrasant, la peau qui se découvrait au fil de ses lèvres et de ses mains. Les dessous trempés de la jolie blonde témoignaient sans l'ombre d'un doute, s'il en subsistait encore un seul en elle à ce moment-là de la soirée, de l'effet qu'elle lui faisait. Elle jeta un regard attendri à sa compagne qui ne retenait plus ses gémissements tout comme les ondulations de son bassin où le plaisir tutoyait la douleur tant il était puissant.

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Emma avait désormais une réponse à la question qu'elle se posait au bar parce qu'il était indiscutable que, si Regina n'avait pas mis fin à sa représentation, elle serait venue encore toute habillée sans même avoir été touchée.

- Bon sang, Regina, tu veux ma mort ?

- De préférence, pas dans l'immédiat, se moqua gentiment la brune, j'apprécierais de pouvoir me délecter un peu avec toi avant de te mener à ses portes.

Seule une plainte de protestation échappa à la blonde à ces mots. Elle n'en pouvait déjà plus et Regina ne comptait visiblement pas la satisfaire dans l'immédiat. Celle-ci avait profité de leur bref échange pour la débarrasser de sa chemise et parcourait avec révérence la beauté défaillant sous ses mains.

- Mon Dieu, Emma, sais-tu seulement à quel point tu es belle ? Tu me donnes envie de me délecter de chaque parcelle de ton corps, lui souffla la brune au creux de l'oreille avant de la mordiller dans le cou après s'être installée à ses côtés. Elle lécha délicatement la morsure, savourant le parfum frais et doux de la peau sous sa bouche. Prenant tout son temps, de sa langue et de ses dents, elle se traça un chemin jusqu'à la poitrine aux pointes érigées par le désir. Elle repoussa délicatement la dentelle rouge et se mit à sucer l'une d'elle pendant que de sa main libre elle excitait l'autre. Emma poussa un cri rauque et tordit les draps entre ses poings. Elle n'allait pas tenir.

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- Regina…

- Hum, se contenta d'émettre une brune toute à son ouvrage et qui se découvrait un certain plaisir à entendre sa captive la supplier ainsi.

- Regina, je t'en prie…

- Tu me pries de quoi, Emma ? s'enquit Regina d'une voix de gorge qui remua les entrailles de sa proie. Pas étonnant qu'elle soit tombée dès la première fois où elle l'avait entendue. Et elle avait une façon de prononcer son nom, comme si elle le dégustait avant de le laisser échapper.

- J'ai besoin… de toi… en moi… maintenant ! cria presque Emma.

Regina sourit. Elle ne pouvait nier qu'il était flatteur d'avoir un tel pouvoir sur une femme aussi magnifique. Elle pourrait facilement y prendre goût. Mais elles auraient le temps pour ces jeux-là, il serait cruel de la laisser plus longtemps au bord du précipice. Sa main abandonna la douceur du sein pour la soie ferme du ventre avant de descendre encore, là où l'attendait une chair brûlante et palpitante. Sa langue quitta l'autre sein pour s'introduire dans la bouche d'Emma au moment où deux de ses doigts, puis trois, entraient en elle sans effort. Elle sentit son corps se cabrer contre le sien, les parois de son sexe la tenir comme dans un étau et un cri de jouissance résonner dans sa bouche. Une onde brûlante inonda sa main puis toute résistance cessa. Il n'y eut plus que le battement brutal du flux sanguin sous ses doigts et un corps chaud alangui contre le sien. Il fallut plusieurs minutes à Emma avant de pouvoir reprendre ses esprits. Elle se nicha contre Regina qui s'avisa alors qu'elle était toujours en elle.

- Reste, ronronna la blonde, j'aime te sentir là.

- A vos ordres, ma reine, ne put s'empêcher de rire la brune, enivrée de joie et de fierté d'avoir été capable de donner un tel plaisir à une créature aussi délicieuse et adorable.

- Oh non, c'est toi ma reine, rectifia Emma. Attends que je retrouve la force de te rendre hommage comme il se doit.